OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture !
Warning : inceste, scène explicite.
Pendant combien de temps lui avait-il parlé de Jin Satsu ?
Qu'est-ce qui l'avait poussé, qu'est-ce qui lui avait donné la force de raconter tout ce que Jin Satsu lui avait infligé à Weiss ?
Weiss ne saurait le dire. Il eut l'impression que, durant toute la conversation qu'il eut avec Shiro concernant son tortionnaire, une part de lui disparaissait à chacun de ses mots. La conversation lui semblait interminable et il eut la sensation qu'il n'en verrait jamais le bout.
Plus Shiro parlait, plus Weiss ressentait de la rage. Une rage discrète, qu'il camoufla derrière un masque sans expression, mais qu'il laissa accidentellement s'échapper à quelques reprises. Cela pouvait être ses yeux qui se plissèrent ou une prise plus ferme autour de la main de l'enfant. Mais de manière générale, Weiss sut intérioriser ce qu'il ressentit. Il l'avait toujours fait, après tout, même quand cela concernait une personne qui lui était proche.
Etait-ce cela ? L'instinct familial qui unissait un parent et son enfant ?
Car plus Shiro parlait de Jin Satsu, plus l'envie de le protéger grandissait. Cette envie de protéger ainsi qu'une... certaine culpabilité.
Il s'agissait de la même culpabilité qu'il ressentait à Deepground, à chaque fois que Nero avait souffert et qu'il n'avait pas été en mesure de le protéger des dangers qui les entouraient quotidiennement.
Mais Shiro n'était pas Nero...
Il ne l'aimait pas de la même manière...
Non. Il ne savait même pas s'il l'aimait. L'aimait-il tout court ? Ou était-ce simplement lié à cet instinct qui lui prenait au corps ? Etait-il possible de l'aimer ? D'aimer une autre personne que Nero ?
« ... Et Jin Satsu... » lui demanda Weiss, d'une voix sourde. « Enfin... Monsieur Cigarette. Que lui est-il arrivé ? »
Shiro se frotta les yeux, les joues encore mouillées par les larmes.
- ... Papa Nero... il a dit qu'il... s'était assuré que Monsieur Cigarette ne revienne plus hanter mes rêves.
Weiss ferma les yeux, hochant lentement la tête, l'expression sombre.
Il comprit ce qu'il voulait dire par là. Il savait pertinemment ce qu'avait fait Nero.
Une nouvelle preuve que Nero était bien plus apte à ce rôle que Weiss ne l'était.
Et cette pensée ne fit qu'accentuer son amertume, sa culpabilité. De savoir que son petit frère était potentiellement un meilleur père que lui. Alors que nul doute que si Jin Satsu avait été encore vivant, et si Weiss l'avait su plus tôt, nul doute qu'il lui aurait infligé pire que ce que Nero avait pu lui faire. Mais Nero s'en était déjà chargé.
Ces choses que Jin Satsu avait fait subir à Shiro... c'était comme si lui-même les avait subies.
Il ne pouvait l'expliquer.
Weiss se redressa. Il en avait assez entendu.
Il avait assez vu Shiro pleurer.
« ... On ferait mieux de redescendre. »
Il n'avait pas envie de s'arrêter pour la nuit. Il ne souhaitait pas s'endormir avec ces images en tête.
Des images potentiellement pires qu'Hojo qui prenait le contrôle de son corps, qui poignardait la poitrine de Nero...
Et apparemment, l'enfant partageait le même état d'esprit. Shiro hocha la tête, se relevant péniblement, prêt à suivre Weiss.
Alors qu'ils reprenaient le trajet inverse, Weiss s'arrêta soudainement.
Il se retourna vers l'enfant derrière lui.
Les mots sortirent d'eux-mêmes de sa bouche, sans que Weiss n'ait le moindre contrôle.
- Je n'ai pas été présent auparavant, lui déclara Weiss. C'est vrai.
Il devait l'admettre. Cela ne servait à rien de prétendre le contraire.
Peut-être avait-il été un bon frère. Et encore, il avait même des doutes par rapport à cela. Mais l'évidence était claire : il n'avait pas été un bon père.
Pouvait-il seulement le devenir ?
Il l'ignorait.
- Mais je veillerai... enfin, j'essayerai de faire en sorte que plus personne ne t'inflige de tels sévices, Shiro. Que plus personne ne s'en prenne à toi. Pour des expériences ou... pour autre chose.
Dire qu'il n'avait jamais désiré cet enfant...
Le voilà qui lui faisait des promesses...
Et en plus, ce n'était pas une promesse en l'air.
Weiss le pensait sincèrement. Shiro releva lentement la tête vers lui. Ses yeux étaient encore embués de larmes.
- Vraiment ?
Weiss acquiesça.
- Tu es mon héritier, après tout.
Le terme « héritier » était plus facile à prononcer qu'un autre.
- ... Héritier, répéta Shiro. Oui.
Les deux demeurèrent immobiles, se contemplant silencieusement. Tandis que Weiss lui faisait signe de reprendre la marche, il sentit la petite main de Shiro se poser sur la sienne.
Weiss se figea au contact.
Juste... peux-tu me tenir la main quand je te parlerais de... Jin Satsu ?
C'était si étrange... mais tellement naturel.
Sans le regarder, Weiss referma sa main autour de la sienne, la lui serrant fortement tandis qu'ils poursuivirent leur chemin.
Encore quelques jours à passer ensemble...
C'était comme un pressentiment.
Mais il y avait l'impression que ces jours seraient moins pénibles qu'à l'aller.
Six jours étaient passés depuis que Weiss et Shiro l'avaient quitté.
N'ayant pas souhaité rester seul dans cette maison en leur absence, Nero avait préféré rester la majeure partie de son temps au campement, en compagnie des survivants de Deepground. Et quand leur présence lui devenait trop désagréable, Nero s'isolait au lac ou dans la forêt.
Encore aujourd'hui, il se demandait s'il avait bien agi. Si cela avait été une bonne idée de les y envoyer seuls, tous les deux, même dans leur dos.
Ils devaient être furieux contre lui. Auparavant, Nero n'avait jamais agi de manière aussi sournoise envers son frère adoré. Envers ses ennemis, envers les soldats de Deepground, oui. Mais jamais à l'égard de Weiss.
Pour être franc, il appréhendait leur réaction. A chaque fois que ces pensées parasitaient son esprit, Nero essayait de se concentrer sur autre chose. Il essayait de se justifier. Quel autre choix avait-il ?
Tenter quelque chose ou tourner en rond ?
Le visage de Nero se fissura à ce choix. Pour être honnête, le même raisonnement pouvait s'appliquer à sa propre relation avec Weiss.
Pas seulement à celle entre Weiss et Shiro...
« Sir... »
Nero se retourna d'un bloc vers la source de la voix qui l'interpellait.
Officier Courage... pardon. Officier East, se tenait devant lui, lui octroyant le salut militaire.
- Avé, Weiss, s'empressa-t-il d'ajouter.
- Que me veux-tu ?
- C'était pour... vous informer que Weiss et Shiro étaient revenus. Ils seront très prochainement à votre demeure.
Oh...
Nero se détourna de l'Officier East, songeur.
Six jours...
Avait-ce été utile ? Avait-ce été suffisant ?
- Bien.
Nero tendit le bras, créant un portail de ténèbres à quelques mètres de là où se tenait East, qui bondit en arrière, comme pour éviter les ténèbres que Nero pourrait potentiellement user contre lui. Mais ce n'était pas dans l'objectif de Nero de passer ses nerfs sur lui et s'amuser tout en le torturant.
Il avait autre chose en tête, après tout. Sans lui accorder d'attention, Nero s'immisça à l'intérieur du portail, quittant le campement.
Quelques instants plus tard, il se téléporta devant la maison. Il comptait les attendre de pied ferme devant la terrasse. Les ténèbres s'agitaient autour de lui, signe évident de sa nervosité. Il poussa un bref soupir. Il ne saurait cacher son état d'esprit à Weiss. Ni même à Shiro.
Il calcula bien son timing.
Dix minutes après, il aperçut au loin les silhouettes de Weiss et de Shiro qui revenaient, leurs sacs à dos respectifs sur leurs épaules.
Nero plissa les yeux. Il voulait profiter de ces quelques moments de latence pour observer leurs comportements. S'il y avait eu une avancée, s'il avait bien agi en les envoyant là-bas, seuls dans la montagne...
Cela fut subtil... mais Shiro se tenait assez proche de son père. Ils marchaient l'un à côté de l'autre. Pas l'un derrière l'autre...
Etait-ce un signe ?
Dès qu'ils l'aperçurent, Weiss et Shiro s'arrêtèrent. Ils fixèrent Nero avec la même expression.
Une expression semblable à celle d'un Empereur qui découvrait un traître.
« Alors, toi... » déclara Weiss. « Je n'aurais jamais cru cela de toi. Mon propre frère. Ma chair et mon sang. »
Nero baissa la tête. Le ton de son frère aîné était calme et posé. Il y avait même une trace de légèreté.
Mais malgré tout, le Tsviet sombre se raidit par réflexe.
- Oui, Papa Nero. Moi non plus, soupira Shiro. Tout seul ? tu parles !
- Le monstre dont tu m'as parlé était terrifiant, renchérit Weiss, blasé. Le plus coriace que je n'ai jamais rencontré. Même Arch Azul était inoffensif à côté de redoutables cailloux.
- Et encore, tu n'as pas parlé des grands méchants poissons qui nous ont attaqués dans le lac. Ils étaient si tenaces.
Les deux s'échangèrent un regard confus.
Ok. Ils s'entendaient assez pour se liguer contre Nero. Enfin, il espérait que cela soit bon signe.
Non. Cela l'était. Auparavant, ils ne se seraient même pas adressés la parole. Dommage que cela soit contre lui.
- Dois-je en conclure que cela s'est bien passé ? demanda-t-il, le ton amusé.
Ni Weiss ni Shiro ne répondirent franchement.
- ... Cela s'est passé, fit simplement Weiss.
L'enfant s'inclina quand Weiss lui fit signe d'aller dans sa chambre. Contrairement à la dernière fois, il ne contestait même pas son ordre.
Alors que Shiro passa devant Nero, son oncle ne put s'empêcher de l'attraper par le bras avant de l'étreindre fortement contre lui.
- ... Tu m'as manqué.
- C'est toi-même qui m'y a envoyé ! glapit Shiro, gêné.
- Mais tu m'as manqué quand même. Tout comme toi, mon cher Weiss, déclara Nero en jetant un coup d'œil au concerné.
Parce que c'était vrai.
Dans d'autres circonstances, il les aurait certainement accompagnés.
Shiro lui rendit son étreinte, quoiqu'avec moins d'enthousiasme que Nero. Il se détacha de lui, avant de s'adresser à Weiss, embarrassé :
- ... Merci pour m'avoir montré la... la « lame immaculée ».
- On peut s'y entraîner demain, fit Weiss en inclinant la tête sur le côté. J'espère simplement que tu auras retenu ma leçon. Je n'ai pas envie de te la réexpliquer pour la centième fois.
C'était... clairement le jour et la nuit. La dernière fois, ils se criaient dessus et ils ne voulaient rien avoir à faire avec l'autre. Même Weiss paraissait moins sarcastique et un peu plus ouvert à son égard.
Honnêtement, Nero apprécia la tournure de ces évènements.
- Je pense que ça ira, répondit Shiro en s'inclinant une nouvelle fois avant de se diriger d'un pas rapide vers sa chambre, refermant les portes coulissantes derrière lui.
Oui.
Cela confortait Nero dans son idée. Discrètement, à l'abri du regard de Weiss, Nero s'autorisa à sourire.
Il avait eu raison de le faire.
- Avoue-le, susurra Nero une fois que Shiro fut hors de leur champ de vision.
Weiss garda les bras croisés, un air indéchiffrable.
- ... On va dire que c'était bien, répondit-il simplement avant de se diriger vers sa chambre.
Cela était toujours meilleur que « cela s'est passé ».
Tu es trop fier.
Assis à son bureau, Weiss était plongé en pleine réflexion, repensant aux mots de Shiro qui tournaient encore et encore dans sa tête. Il n'avait pas cessé d'y penser depuis le retour de leur voyage.
Il considérait les mots de l'enfant, sans admettre directement et ouvertement qu'il avait raison.
Tu sais... je pense que tu ne devrais pas laisser Hojo continuer de rendre Papa Nero malheureux. Tu ne devrais pas le laisser gagner, surtout si ce que vous partagez est... ce qui vous rend heureux.
Dire que c'était Shiro qui lui donnait des conseils...
A la fois, Weiss avait honte. Il avait honte d'avoir paru si vulnérable à l'égard de Shiro.
Et en même temps... peut-être avait-il besoin de l'entendre.
Oui... il savait que c'était ce qui le rendait heureux. Peut-être même plus que Deepground, plus que sa vengeance envers la Shinra...
Cet échange l'avait fait réfléchir.
Il se rendait compte de ce qu'il était en train de perdre. Pas l'amour de Nero. Il savait que cet amour était inné chez lui autant que chez Weiss. Il savait que Nero serait toujours à ses côtés, qu'il le suivrait quoi qu'il arrive.
Mais il était en train de perdre leur complicité, la raison pour laquelle ils étaient appelés les frères de Deepground... La raison pour laquelle ils étaient deux moitiés d'un même tout.
Il était en train de rompre leur promesse de rester ensemble quoiqu'il arrive. De ne laisser personne les séparer.
Shiro avait raison.
Malgré lui, en dépit de ses souhaits, c'était effectivement ce qu'il était en train de faire. Il était en train de laisser Hojo les séparer.
Ce n'était pas ce que souhaitait Weiss.
Il désirait seulement que Nero règne à Deepground, à ses côtés. Que personne ne se mette entre eux, entre leurs projets...
Mais à l'heure actuelle, la décision revenait à Weiss. Et il devait l'admettre. C'était Weiss qui avait choisi cette situation, pas un autre...
Tu as dit que tu protégerais Papa Nero. Que tu le protégerais toujours. Mais... tu crois que tu peux le protéger en prenant tes distances, quitte à ce qu'il reste éternellement malheureux ?
Non.
Il ne pouvait pas laisser Nero rester éternellement malheureux... Il l'avait suffisamment été comme ça, enfermé à Deepground tout au long de sa vie...
Weiss se leva de son siège.
Il inhala, exhala. Il compta jusqu'à dix, puis jusqu'à vingt, jusqu'à trente...
Sa décision était prise.
Weiss prit une autre inspiration. Enfin, il ouvrit les portes coulissantes de sa chambre et sortit dans le couloir.
Ce n'est pas la solution.
Weiss demeura immobile devant la chambre. Ses poings se serrèrent, se desserrèrent.
Il ne pouvait pas enlever cette image de sa tête.
Il ne pouvait pas enlever l'image de sa main poignarder Nero, avant de le rejeter, le lançant au loin, ses ailes métalliques brisées suite à l'impact...
« Je n'ai que faire de toi. »
Tout cela était faux. Ce n'était pas lui.
Weiss ferma les yeux, se répétant ces mêmes mots, encore et encore.
Ce n'était pas lui.
Il tendit la main et toqua.
Quelques minutes après, les portes coulissantes s'ouvrirent en deux, dévoilant Nero qui l'accueillit avec surprise et curiosité.
« Weiss... »
Weiss ne changea pas d'expression. Son bleu céruléen plongea dans le regard magenta de son frère, le fixant avec intensité.
Cela dura de longs instants, les deux ne bougeant pas, ne parlant pas.
Mais ils n'avaient pas besoin de mots.
Ils n'avaient jamais eu besoin de mots pour communiquer ce qu'ils désiraient.
Sans dire quoi que ce soit, Nero s'écarta pour le laisser entrer dans sa chambre. Comme par un automatisme propre à leur relation, Weiss s'exécuta et pénétra à l'intérieur.
Il entendit les portes coulissantes se refermer.
Nero se retourna pour lui faire face, tandis que Weiss continuait de lui faire dos.
« Je n'ai que faire de toi. »
« ... Que me vaut le plaisir de ta visite ? Est-ce pour le rapport quotidien ? »
Weiss inspira, expira.
Ses poings se resserrèrent. Lentement, il se tourna vers son frère cadet qui n'avait pas bougé.
C'était comme si... il l'attendait.
Non. Il l'avait toujours attendu.
Il ignorait encore ce qui avait poussé Weiss dans ses derniers retranchements. Ce qui l'avait conduit à sauter le pas.
L'instant d'après, Weiss s'était jeté sur lui.
Il l'avait saisi par les épaules, le repoussant loin de lui pour le plaquer contre le mur.
« Weiss ! »
Les yeux de son frère aîné se plissèrent à son appel.
« Je n'ai que faire de toi. »
Weiss le coinça entre lui et le mur, tandis que son visage se rapprochait du sien.
Ses lèvres se plaquèrent avidement sur celles de Nero.
Tout devint noir autour de lui.
Alors que Weiss gardait leurs lèvres scellées dans un contact qui lui avait tellement manqué, les mots d'Hojo, la présence du scientifique fou, tout ce qui lui appartenait commençait progressivement à s'éloigner.
Weiss rompit le baiser, gardant ses lèvres à seulement quelques millimètres de celles de son frère. L'instant d'après, il réitéra le contact, entrouvrant la bouche pour laisser sa langue goûter les lèvres du Tsviet sombre.
Nero gardait les yeux fermés. Tandis que Weiss insistait, il finit par entrouvrir sa propre bouche.
Leurs langues se rencontrèrent, se mêlant frénétiquement à une danse passionnée. Weiss remonta les mains vers le visage de Nero, lui caressant les joues tandis qu'il l'enfonçait peu à peu contre le mur, sa poitrine pressée contre la sienne.
« Hmm... Aaah... »
Alors qu'ils rompirent à nouveau le contact pour reprendre leurs souffles, Weiss se pencha vers Nero, susurrant dans son oreille, son souffle rauque lui chatouilla le visage :
- Je suis l'Empereur de Deepground, lui répondit-il, faisant écho à la question posée par Nero quelques jours plus tôt. Je ne laisserais pas Hojo gagner.
Il entendit Nero pousser un gémissement de plaisir à cette phrase.
Weiss garda ses lèvres à quelques centimètres de l'oreille de son cadet. Sans hésiter, il l'embrassa avant de lui mordre le lobe.
Nero frissonna à son contact. Presque machinalement, ses bras se nouèrent autour du cou de son frère aîné, l'étreignant contre lui.
- ... Je t'aime, lui chuchota Weiss alors qu'il capturait ses lèvres pour un énième baiser passionné.
Nero le lui rendit volontiers tandis que les mains de Weiss se baladèrent sous le haut de Nero, titillant les tétons noirs de son cadet tandis qu'il pressait à nouveau son corps contre celui de Nero, cherchant à être le plus proche possible de lui.
Unissons-nous...
- Je t'aime aussi, mon cher Weiss, lui répondit Nero tandis qu'il lui saisissait le menton, gardant ses lèvres là où elles étaient supposées être.
Sans cesser leur baiser, Weiss agrippa le col de Nero, l'éloignant du mur pour le guider aveuglément vers le lit de la chambre.
Weiss poussa Nero, la tête de son cadet atterrissant sur l'oreiller. Sans attendre davantage, Weiss monta sur lui, échangeant davantage de baisers, de caresses le long de son corps. Pendant un instant, Weiss quitta les lèvres de son cadet pour remonter le haut de la combinaison de Nero, laissant une traînée de petits baisers partant de son cou jusqu'à son bas-ventre, laissant au passage quelques légères morsures.
Complètement embrumé par ce qu'il ressentait, Nero rejeta sa tête en arrière, répondant aux attentions de Weiss par de légers glapissements de plaisir.
Sous ses dents, une légère coulée de sang émana de la blessure de Nero. Ignorant les ténèbres qui assombrirent abruptement la pièce, signe de l'excitation grandissante de son cadet, Weiss sortit sa langue, léchant le sang avec appétit.
« Ahh... aaah... hmmm... »
Les glapissements se transformèrent bientôt en cris.
Weiss agrippa à nouveau la tête de Nero d'une seule main, le redressant pour capturer ses lèvres. En même temps, Weiss tira violemment sur sa chevelure noire, arrachant un nouveau cri de la part de son frère.
Continuez à me donner ces sensations de douleur...
Nero aimait la douleur. Mais Weiss avait toujours oscillé entre lui donner ce qu'il voulait et en se montrant doux avec lui.
Sans réfléchir davantage, Weiss ôta son manteau, le jetant dans la pièce. Il fit de même avec le haut de Nero qu'il retira, dévoilant la peau nue et pâle de Nero, marquée par les traces de morsures.
Weiss sentit les ténèbres lui lécher le visage. Les ignorant, il attrapa le menton de Nero et plaqua sa bouche sur la sienne, dévorant ses lèvres tandis que sa main palpait son entre-jambe, abaissant le pantalon de Nero pour lui stimuler le membre.
« Aaah... Weiss... aah... »
Nero continuait de gémir, les yeux ostensiblement clos.
Les mouvements de va-et-vient de Weiss devinrent de plus en plus rapides, de plus en plus insistants. Il remplaça bientôt sa main par sa bouche, capturant le membre entre ses lèvres pour le lécher avec appétit.
Les bras étendus, Nero souriait, ne cherchant pas à réfréner ou étouffer la sensation de plaisir qui l'enveloppait. Il n'avait qu'un seul nom en tête. Un seul visage.
Weiss...
Weiss qui lui montrait tout son amour, toute sa dévotion...
Alors qu'il croyait que... Il croyait que leur relation ne serait plus jamais pareille. Qu'elle ne serait plus comme celle qu'ils partageaient auparavant. Une relation si proche, si fusionnelle...
Deux moitiés d'un même tout.
Il était si heureux d'avoir tort...
Quand Weiss se redressa, les lèvres humectées, Nero passa la langue sur les siennes, complètement endolories par leurs baisers successifs. Weiss l'embrassa encore avant de le retourner doucement, Nero se retrouvant soudainement à plat ventre sur le lit.
Le pantalon de Nero glissa. Il fut à présent complètement nu sur le lit, les jambes écartées. Bientôt, Weiss fit de même avec le reste de ses vêtements.
Il se plaça au-dessus de lui, approchant ses lèvres de son cou pour le lécher tandis que ses doigts massaient le postérieur de son cadet.
Nero couvrit sa bouche, étouffant les cris qui s'échappaient de sa bouche tandis qu'il sentit les doigts de Weiss le stimuler.
« Weiss... » commença-t-il.
Weiss tourna sa tête vers lui, capturant à nouveau ses lèvres, ce à quoi Nero lui rendit avec beaucoup de plaisir.
« ... Weiss... unissons-nous... »
Unissons-nous... de sorte que plus personne ne pourra jamais plus nous séparer.
Weiss rompit le baiser, sa langue touchant les lèvres entrouvertes de son jeune cadet.
Nero laissa sa tête tomber contre l'oreiller, au même moment où Weiss s'enfonçait en lui.
« Haah... Haaah... Hmmm... »
Weiss demeura immobile, le laissant s'habituer à la sensation, avant de produire progressivement des mouvements de va-et-vient, de plus en plus rapides, son souffle chatouillant le visage de Nero.
« Aah ! Weiss ! Hmm... Je vais... je vais... »
Cela fut trop pour Nero. Il se sentit venir et se relâcha, le liquide coulant sur ses jambes et sur les draps. Weiss se relâcha quelques instants après.
Lentement, précautionneusement, Weiss se retira, se laissant retomber à côté de lui, chacun reprenant son souffle.
Nero se redressa et embrassa Weiss sur les lèvres.
Ils partageaient ensemble une victoire... cette victoire...
Hojo n'avait pas gagné.
Non. Hojo avait perdu. Il avait perdu face à eux, pour la deuxième fois.
Weiss ne quitta pas la chambre de Nero.
Les deux frères étaient allongés dans le lit, sous les couvertures, dans les bras l'un de l'autre. Weiss caressait distraitement la crinière de Nero, ses cheveux s'enroulant autour de son index tandis qu'il déposait des petits baisers sur son front.
« Andrea, hein ? »
Nero releva la tête vers lui, une moue embêtée sur son visage.
- Qui t'en a parlé ?
- A ton avis ? ricana Weiss.
Nero inclina la tête sur le côté, provocateur.
- Cher Weiss... on dirait que tu es jaloux.
- Moi ? Jaloux ? Héhé. N'y compte pas.
- Oui, oui. Bien sûr.
Weiss s'abaissa, l'embrassant à nouveau sur les lèvres.
- ... Je veux que tu restes avec moi, lui susurra-t-il dans l'oreille.
- Hmm...
Nero entrouvrit un œil, décontracté et surtout heureux.
- Tu acceptes que je revienne ? Dans ta chambre ?
- On peut rester dans la tienne, mais le lit est bien plus confortable dans la mienne.
- Héhé. Je suis d'accord, mon frère adoré.
Nero posa sa tête sur la poitrine de Weiss, pensif.
- J'ai une idée...
Oserait-il ?
Oserait-il lui proposer ? Est-ce qu'il ne risquait pas de le prendre de la mauvaise manière ?
- Hm ?
- Est-ce qu'on pourrait essayer ensemble cette chose que les humains appellent « rencard » ?
Weiss fronça les sourcils à cette proposition.
Il toisa Nero, confus.
- « Rencard » ?
Nero hocha la tête.
- ... Un rendez-vous entre adultes. On va dans un endroit et on passe du bon temps ensemble. C'est comme ça que me l'a décrit Shiro, du moins.
- Je ne connaissais même pas ce terme.
- Moi non plus... Mais j'aimerais quand même essayer un « rencard » avec toi, mon frère bien-aimé.
Il marqua une pause avant de lui sourire.
- Seulement si tu l'acceptes, bien sûr.
- Je commence à croire que tu es également affecté par le monde des humains...
Non.
Mais il désirait partager chaque expérience agréable avec Weiss.
Les lèvres de Weiss se posèrent à nouveau sur les siennes, Nero basculant en avant tandis que Weiss se plaçait au-dessus de lui. Nero lui rendit le baiser, nouant ses bras autour de son cou et ses jambes autour de sa taille.
Les mèches blanches lui cachant le visage, Weiss lui murmura :
- ... Très bien. Va pour un « rencard ». Je te laisse choisir.
Nero sentit son cœur se réchauffer.
Weiss avait accepté.
Il ferma les yeux, accueillant un nouveau baiser de Weiss.
Et pour la deuxième fois de la journée, il se laissait posséder par l'homme qui l'avait jamais aimé et qu'il aimerait à jamais à Deepground.
