Chapitre 9 : Explications
J'espère que ce chapitre vous plaira tout autant que j'ai pris plaisir à l'écrire. Je remercie la charmante Kty Koneko pour son aide N'hésitez pas à laisser des reviews, ça fait toujours plaisir.
Bonne lecture !
Il est bien connu qu'une mission à bord du vaisseau Enterprise ne se déroule jamais sans problèmes. Et pour confirmer ce fait légendaire, la mission sur Teseos n'y fit malheureusement pas exception.
L'équipe était au sol depuis trois jours, quand Spock appela le Capitaine en communications privée comme il le faisait chaque soir, afin de le tenir au courant des avancées de leur travail.
- Bonsoir monsieur Spock, salua le Capitaine. Cela avance bien ?
- Bonsoir Capitaine. En effet, notre équipe est efficace et chacun travaille de manière remarquable. Cependant, notre mission sera retardée de trois jours et quatre heures précisément.
- Pour quelle raison ?, s'étonna Jim, en fronçant les sourcils.
- Le rapport que nous a envoyé Starfleet est erroné dans bien des informations. Le nombre d'individus est bien supérieur à celui indiqué. De plus, la colonie s'est répartie dans une zone de 50 kilomètres du point initial où nous avions rendez-vous. Par conséquent, de nombreux points de notre programme ont dû subir une modification.
- He bien monsieur Spock, je vais prévenir de ce pas Starfleet de leur erreur. Les amiraux ne se gênent pas pour critiquer les moindres anomalies des rapports que je leur envoie. Je vais pouvoir leur rendre la pareille.
- Bien Capitaine, répondit le Vulcain, les yeux légèrement moqueurs. Je vous souhaite une bonne nuit Jim, enchaina-t-il.
- Bonne nuit à vous aussi Spock, répondit Jim, avant de couper la conversation.
Il grimaça à l'idée de devoir attendre 2 jours de plus que prévu le retour de Spock. Lui qui était si impatient de pouvoir enfin avoir la discussion qu'il attendait depuis si longtemps.
…..
La mission sur Teseos se termina sans autres problèmes majeurs, au grand bonheur de l'équipage qui commençait à ne plus supporter l'inactivité dans laquelle ils se trouvaient depuis de nombreux jours. L'équipe était remontée à bord depuis deux heures et attendait à l'infirmerie afin de passer un examen chez le docteur McCoy pour éviter tout risque de contaminations. Bien que tous à bord du vaisseau soient vaccinés, la grippe Romulienne avait tendance à être parfois capricieuse. Et le docteur McCoy ne voulait absolument pas perdre son temps à soigner des contaminations qui auraient pu être évitées.
Finalement Spock fut relâché au bout de trois heures d'examens médicaux ennuyants et qu'il estimait, pour certains, parfaitement inutiles. Cependant, il n'avait pas osé argumenter son point de vue. Bien qu'il soit Vulcain et qu'il ait parfois des difficultés à comprendre les émotions des humains, il avait bien vu que McCoy était d'une humeur massacrante. Décidément, c'était assez fréquent avec le docteur.
Il devait absolument parler avec Jim. Le drôle de situation dans laquelle ils se trouvaient depuis de nombreux jours, nécessitait des explications. Ils ne pouvaient pas vivre continuellement comme ça. Spock avait conscience que c'était en grande partie sa faute, s'il existait une légère tension dans les relations avec le Capitaine et que ce dernier faisait comme si elle n'existait pas.
Cependant, avant tout, il avait besoin de prendre une douche et de longuement méditer. Il devait être totalement maïtre de ses émotions lorsqu'il serait avec Jim.
…..
Jim venait à peine de sortir de la salle de bain, après une douche relaxante, qu'on sonna à la porte de ses quartiers. Spock, pensa-t-il, en ressentant l'habituelle douce présence dans son esprit.
- Oui, entrez Monsieur Spock, dit-il en allant rapidement monter la température de quelques degrés.
- Bonsoir Capitaine
- Bonsoir Spock, répondit-il en utilisant un langage plus familier. Après tout, ils étaient tous deux en repos. Une tasse de thé ?
Spock comprit le sous-entendu et prit aussi une attitude moins professionnelle.
- Merci Jim, fit-il en s'installant près du jeu d'échec.
- La mission s'est bien passée ?
- Sans soucis. Je t'enverrai mon rapport dès demain matin.
Jim servit le thé à son ami, et bu une gorgée de son verre de Scotch. Histoire de lui donner un peu de courage. Ils restèrent dans un silence total pendant une dizaine de minutes, chacun dégustant sa boisson, plongés dans leurs pensées. Finalement, Jim prit la parole.
- Tu avais des choses à m'expliquer.
- Oui.
- Je t'écoute, fit Jim en voyant que Spock ne parlait plus.
- Je sais que tu as des sentiments pour moi.
Pour être direct, c'était direct. Jim écarquilla des yeux sous le choc. Il lui fallut quelques secondes avant de retrouver le contrôle de sa voix.
- En effet. Et te concernant ?, osa-t-il demander.
- Je ne peux nier que j'éprouve une certaine attirance envers toi.
- Est-ce une bonne chose ?
- Je ne sais pas, avoua le Vulcain. Il ferma les yeux un instant, et quand il les rouvrit, Jim pu y voir une lueur de détermination.
- Je souhaite que tu sois mon compagnon.
Son cœur battait à folle allure, Jim ne s'attendait pas du tout à ça. Il s'apprêtait à répondre, mais Spock l'interrompit.
- Cependant, il y a de nombreuses données que tu dois prendre en compte avant de me répondre.
- Je t'écoute.
- Lorsqu'un Vulcain, choisit un compagnon, c'est pour la vie. Seule la mort peut les séparer.
- Il n'y a pas de divorce chez les Vulcains ?
- Non. Le kash-naf [lien mental] qui se forme lors de l'union est indissociable, éternel. Il permet aux compagnons de ressentir la présence de l'un et de l'autre, de partager des pensées,….
- Et comment choisissez-vous vos compagnons ?
- Dans notre culture, pour des raisons que je t'expliquerai par après, les enfants dès l'âge de sept ans sont liés à un partenaire. L'équivalent de ce que vous appelez sur terre, des mariages arrangés. De ton point de vue, cela peut paraître barbare et inconcevable, mais chez nous, c'est une question de vie et de mort.
Jim avait peur de comprendre.
- Tu as une fiancée alors ?
- Oui, elle s'appelle T'Pring et ...
Mais Jim l'interrompit.
- Tu l'aimes ?
- Non. Nous avons été liés à sept ans et demi. Cependant, le lien n'est qu'à son stade initial, il prendra de son amplitude lors du kal'i'farr [mariage].
- Tu comptes te marier avec elle ?, s'inquiéta Jim. Décidément, la conversation allait dans une direction qui ne lui plaisait pas du tout. Il ne savait plus quoi penser.
- Non, sinon je n'aurais pas entrepris cette conversation avec toi.
- Je vois.
- Chez les Vulcains, il existe un lien particulier, bien plus puissant que celui qui se forme dans un couple. Il se crée entre deux personnes qui ont leurs esprits hautement compatibles. Mais c'est extrêmement rare. On les qualifie de T'hy'la ou T'hylara pour être plus exact.
Ce mot ! Jim, se souvenait qu'il avait entendu Spock le prononcer.
- T'hy'la. Que signifie ce mot ? Je me débrouille avec le Vulcain, mais je ne sais pas ce que cela veut dire.
- Il n'existe pas de traduction exacte en standard. Cela signifie « frère », « ami », « amant ».
- Un concept des âmes sœurs ?
- A peu de choses près, oui. Tu es mon T'hy'la, Jim, fit Spock, d'une voix solennelle. Je l'ai seulement compris quand tu as parlé de ce mot que tu n'étais pas censé connaître.
- Tu l'as prononcé quand nous dormions dans la grotte, suite à la panne du téléporteur.
- J'en déduis que c'est à ce moment-là que le lien s'est mis en place. Ténu, mais bien présent.
- Un lien ? C'est pour cela que je peux sentir ta présence lorsque tu te trouves à proximité ?
Spock leva un sourcil, signe qu'il était étonné.
- Les humains ont très peu, voire aucune capacité télépathique. C'est étonnant que tu aies conscience du lien. Tu as un esprit fort.
Un esprit fort ? C'était bien la première fois qu'on lui disait ça, pensa Jim.
- Et tu veux que nous soyons T'hy'la dans tous les sens du terme ?
- Oui.
- Et concernant T'Pring, comment cela va se passer si j'accepte ta proposition ?
- Comme je disais, un lien T'hy'la est extrêmement rare et prédomine sur le lien qui se forme entre fiancés. Il est interdit par la loi Vulcaine de séparer deux T'hy'la. Par conséquent, mon clan ne pourra pas s'opposer à notre liaison. Si tu choisis de devenir mon compagnon, le lien avec T'Pring n'aura plus lieu d'être.
- J'accepte de devenir...
- Attend Jim, avant de décider, je te dois encore quelques explications.
- Je t'écoute.
- Ce que je vais te révéler est très intime, tu ne dois le révéler à personne. C'est un sujet tabou parmi mon peuple. Nous en parlons qu'en très petit comité et très peu d'étrangers sont au courant.
- Je te promets que je parlerai de ça à personne.
Le Vulcain prit plusieurs profondes inspirations, avant de prendre son courage à deux mains et de se lancer, dans des explications nécessaires, mais qu'il redoutait d'aborder.
- Quand un Vulcain atteint la maturité sexuelle, il subit tous les sept ans ce qu'on appelle le Pon Farr. C'est une période où nous sommes réduits à l'état d'animaux en rut, incapables de contrôler ce que nous faisons. La logique disparaît totalement et est remplacé par un puissant besoin de s'accoupler.
- Cela semble dangereux, remarqua Jim, sans porter de jugement à ce qu'il venait d'entendre.
- Oui, c'est une période où malheureusement, nous devenons assez violents. C'est causé par un fort dérèglement biochimique qui libère en continu des hormones en grande quantité dans notre corps. Les seuls moyens pour y survivre sont l'accouplement ou le combat à mort.
- Pour y survivre ? Si tu ne fais rien contre, tu risques de mourir ?
- Oui. Ce sont les seuls moyens pour stopper le dérèglement hormonal. C'est pour cela que nous sommes fiancés si tôt. Pour ne pas être dépourvu au moment où Pon Farr se présentera.
- Tu l'as déjà vécu ?
- Non pas encore. J'ai atteint la maturité sexuelle il y a huit ans et deux mois. Ayant une ascendance humaine, il est logique de penser que mon Pon Farr est retardé, voir complètement inhibé, bien que je doute sur ce dernier point.
- Tu le sauras donc d'ici quelques années si cela se produit.
- Oui. Si tu deviens mon sa-telsu [époux], nous serons obligés de nous marier lors de la cérémonie qui précède le Pon Farr. C'est le seul moyen pour que notre lien soit pleinement actif et reconnu par ma famille. Je sais que le kal'i'farr [mariage] n'a jamais été dans tes projets, c'est pour cela que je préfère être honnête. Pour que tu puisses faire le choix qui te convient le mieux, en connaissance de cause.
Jim appréciait sincèrement la franchise de son ami. Il n'avait jamais voulu se marier. Au fil de sa carrière, il avait eu plusieurs fois la possibilité, mais jamais il n'avait franchi ce cap. Mais être uni à Spock pour la vie était différent. Cela avait un petit côté excitant.
- Et si je ne souhaite pas me marier ?
- Nous resterions des T'hy'la, notre lien sera toujours présent, mais dormant. Il n'atteindra jamais sa pleine capacité. Je serai et je resterai toujours votre ami, assura Spock.
- Et tu épouseras T'Pring ?
- Oui.
- Les Vulcains ont-ils des rapports sexuels en dehors du Pon Farr?, demanda soudain Kirk. Il n'avait pu s'empêcher de poser la question. Après tout, il était humain et il ne pouvait nier qu'il avait une libido assez élevée. Il se voyait mal attendre tous les sept ans. Surtout si le Pon Farr de son ami était retardé par son côté humain.
A ces mots, la peau de Spock prit une légère teinte verdâtre. Il but une gorgée de son thé désormais froid pour reprendre contenance.
- Oui, bien que moins fréquemment que les humains. Cependant, ils ne sont possibles qu'après le premier Pon Farr. Avant, notre corps n'est pas suffisamment mature pour expérimenter une érection.
- C'est aussi ton cas ? Comme tu es à moitié humain.
- C'est aussi mon cas, fit Spock, le visage encore plus vert que l'instant précédent. Il était de nature pudique et n'aimait pas parler de sexe aussi ouvertement. Mais il préférait ne rien cacher, son ami méritait de tout savoir avant de prendre une décision. Surtout si cet ami avait une sexualité assez mouvementée.
Pourtant, c'était bien une érection qu'il avait senti lors de son réveil sur Altaïr III. Peut-être que Spock voulait se convaincre qu'il était cent pour cent vulcain. Ce qui était totalement faux, bien que son côté humain ne soit pas dominant.
Jim en avait appris plus sur les Vulcains en l'espace de quelques minutes que sur les nombreuses années où il avait côtoyé son ami. La culture Vulcaine regorgeait de surprises, que les Vulcains préféraient garder pour eux. Et il était sûr qu'il en restait encore beaucoup à découvrir.
Brusquement, le Vulcain se leva, faisant presque sursauter Jim, perdu dans ses pensées.
- Je sais que tu as besoin de temps pour assimiler tout ce que je t'ai expliqué et pour prendre une décision. Je vais te laisser réfléchir. Bonne nuit Jim.
Et sur ces mots, Spock laissa Jim seul dans sa cabine. Ce qu'il ne savait pas, c'est que son Capitaine avait déjà pris sa décision, dès le début de la conversation.
