Deux ans se sont écoulés depuis notre victoire. Cette idée m'arrache un sourire mais je sais que celui-ci reste douloureux. Il n'atteint jamais mes yeux, tout le monde me le dit. Nous avons combattu, longtemps, et nous y sommes finalement arriver. Je me sens plus léger, j'ai tenu ma promesse et c'est à ça que je pense alors que je m'enfonce dans la forêt.
C'est la première fois que je viens alors qu'il fait jour, en fait je n'y suis plus revenu depuis qu'on l'a enterrée. Je l'ai demandé à Harry, je savais que c'était là qu'elle voudrait être et, étonnement, il m'a écouté. Par la force des choses, nous sommes devenus amis lui et moi, à force de combat et de parler d'elle. Aujourd'hui, nous sommes deux héros de guerre, comme beaucoup d'autres, mais ce statut, je sais que je lui doit, à lui comme à elle. Elle m'a sauvé, et quand elle n'a plus été là, il m'a aidé à survivre.
Aujourd'hui, je retourne à son côté, j'ai tant de choses à lui dire. Et quand j'arrive sous le grand saule, je m'agenouille près d'elle. Elle a une stèle toute simple, nous n'avions pas le choix, mais je continue de penser qu'elle aurait aimé, l'esbroufe ça n'a jamais été son truc.
-Bonjour mon ange, dis-je doucement en déposant les roses bordeaux que j'ai amené. Il y a longtemps que je ne suis pas venu ici, non pas que tu quittes mes pensées une seconde mais je t'ai fait une promesse, je voulais la tenir. On te l'a surement déjà dit mais nous avons gagné, il y a deux ans. Ce soir ils célèbrent une nouvelle fois cette victoire mais je ne pouvais y être. Je voulais être près de toi, c'est là qu'est ma place. J'aurais pu venir tout de suite après la victoire mais ça n'aurait pas été totalement honnête, il fallait encore capturer les derniers Mangemorts en fuite et reconstruire notre monde, ça nous a pris du temps mais maintenant, c'est fait. Alors je suis là. Je dois te dire quelque chose.
Je reprend mon souffle, rassemble mon courage, et poursuis :
-Je ne suis pas heureux. J'ai essayé, vraiment, mais je ne suis pas heureux. C'est trop dur, trop douloureux, je ne sens que mon désespoir en moi. Je ne pourrais pas tenir cette promesse, pas ici en tout cas, tout me ramène trop à toi.
Je me redresse, sors la petite fiole de ma cape.
-J'ai besoin de toi pour être heureux.
J'enlève le bouchon en liège et l'odeur me pique aussitôt le nez.
-Il y a une dernière chose que je dois te dire, que je ne t'ai jamais dite.
J'avale le contenu de la petite bouteille et me sens aussitôt mieux, soulagé, même si une douleur vive se répand dans mon corps. C'est fait, enfin. Je sens mes membres s'engourdir très vite et la fatigue me gagne. Je me laisse allé contre la stèle de mon unique amour et souris doucement.
-Je t'aime, Hermione.
