Saturne: tu as vu juste ;) à croire que nous avons les mêmes OTP! Je ne te dirai pas lequel (ou lesquels... MYSTÈRE) de tes choix par contre ;)

Tu as 100% raison, mais bon, amener notre cher Draven ne fait qu'ajouter un peu de piment dans l'aventure ;) Darius saura s'en occuper... J'espère ;)

6? 8? 43? On peut compter sur Draven pour mettre le doigt sur ce nombre ;)

Ange: merci bien :) et j'avoue, j'aurais du mal à supporter Draven aussi! Ou pas. C'est quand même un de mes 5 chouchous... :)

Merci pour vos commentaire, c'est très apprécié! Je répondrai à chaque commentaire avant les nouveaux chapitres. (Petit clin d'œil à Shrek 2 en ce début de chapitre) En route pour la suite de l'histoire!

- On est bientôt arrivés?

Je soupirai. Encore. Cela devait faire deux fois en vingt minutes qu'il le demandait. Je quittai mon livre des yeux et foudroyai mon frère avec mon regard de glace.

- Comme je t'ai déjà dit, il nous reste encore une heure ou deux avant d'arriver. Maintenant ferme-là, Draven.

Swain ne parla quasiment pas de tout le trajet. Nous étions en route vers Demacia depuis un mois et nous étions très près. Mon frère était si impatient de mettre les pieds là-bas qu'il ne cessait de demander toutes sortes de choses. J'arrivais à peine à lire mon bouquin. Il était pourtant bien intéressant: il racontait les diverses aventures d'un valeureux noxien fictif. Cela me permit au moins de m'occuper l'esprit et d'essayer d'oublier, en vain, mon jeune frère. Pendant le mois qui avait précédé, Draven avait été capable de se maîtriser et de ne pas agir trop en princesse. Il restait lui-même, obsédé par son apparence et tout, mais il faisait des efforts remarquables. Je devais admettre qu'il était un excellent chasseur, il ne manquait jamais sa cible avec l'arc de chasse dont nous possédions. Il m'avait dit «Pourquoi penses-tu que je ne rate jamais mes exécutions lors de mes prestations? Draaaaven sait viser, mon cher frère!». Il était bien drôle à voir, dans la nature, sans ses filles de joies pour lui tenir compagnie. Il me demanda souvent de lui raconter des récits de guerre pour lui occuper l'esprit. Je remarquai à ce moment-là que mon cadet n'avait probablement pas la moindre idée de ce que je faisais, puisque j'avais presque volontairement mis un épais mur entre nous. J'appréciais les quelques moments où nous discutions pendant des heures, où j'avais l'impression de réapprendre à connaitre Draven.

Notre voiture passa devant un marchand ambulant qui venait de quitter Demacia pour se rendre je ne savais où. J'étais tenté de l'arrêter pour me prendre un petit quelque chose à manger, puisque j'avais très faim, mais je ne tenais pas à nous ralentir, Draven en perdrait la tête. Ce dernier tourna vivement la tête vers moi avec un large sourire.

- LÀ, on est bientôt arrivés? Lança mon frère.

Jericho soupira, à croire qu'au final, il aurait préféré laisser mon cadet à Noxus, au prix de devoir ramasser la ville à la cuiller à notre retour. Swain ouvrit ses yeux et darda Draven d'un regard peu amène.

- Je vous prierai, monsieur le bourreau, de bien vouloir arrêter de poser la même question. Vous nous l'avez demandé il y a de cela à peine dix minutes...

- oh allez, vielle branche, ronchonna mon frère en posant ses pieds à côté de moi, se mettant à l'aise comme dans son salon. Ce n'est pas comme si je vous coupais dans votre discussion! Je veux dire, c'est mort ici, personne ne parle.

- Le silence est agréable, Draven, répliquai-je, quelque peu agacé.

- J'aurais dû amener Caroline avec moi, murmura-il.

Je levai les yeux au ciel et reportai mon attention sur mon livre. Heureusement pour nous, mon frère avait compris et ne nous embêta pas du trois quart d'heures restant au voyage. Il était trop occupé à se regarder dans le petit miroir qu'il avait amener et à se coiffer adéquatement. Il tenait tellement à faire une bonne impression chez la gente féminine démacienne que ça en devenait presque ridicule. Quoi qu'il avait toujours été un peu (beaucoup) ridicule...

Notre charrette s'arrêta devant deux immenses portes de fer forgé gardées par deux soldats en grosse armure d'argent. Je baissai mon ouvrage et écoutai ce qui se passait dehors.

- Halte, mon brave, dit un demacien. Qui êtes-vous?

- Je me nomme Faudric de Noxus, messieurs. J'escorte des émissaires de la ville noire.

J'entendis des épées sortir de leur fourreau et me raidis aussitôt, prêt à un éventuel combat. Je sentis la main de Swain se poser sur mon genou brusquement. Nous échangeâmes un regard et je me détendis un peu. Il ne tenait pas à assister à un bain de sang, il fallait croire. Surtout pas en tant qu'émissaire pacifiste.

- Avez-vous une preuve ou une autorisation? Demanda l'autre garde.

- J'ai bien peur que ce ne soit un de mes passagers qui ai la lettre.

Une épée se rangea dans son fourreau. Et j'entendis des pas lourds et métalliques approcher vers nous. Swain se leva et s'apprêtait à sortir quand la porte de la voiture s'ouvrit brusquement.

- Messire Swain, dit le soldat en inclinant la tête et tendant la main.

Le mage sorti la lettre d'une poche de sa tunique et la lui donna en main propre. L'ennemi l'ouvrit et en prit connaissance avant de hocher légèrement la tête.

- Êtes-vous accompagné? S'enquit-il. Déclarez tout immédiatement avant qu'il n'y ai des problèmes avec les nobles et la famille royale.

- Nous avons avec nous quelques vivres, nos armes respectives ainsi que des effets personnels, informa le noxien. Je suis escorté des frères de sang, le Général Darius et le glorieux bourreau Draven.

Le garde passa un coup d'œil dans la charrette et croisa mon regard ainsi que celui de Draven, qui avait cessé de s'admirer dans sa glace. Le sourire tordu de mon frère le fit frissonner légèrement. Il pouvait aussi foutre la trouille à certaines personnes, s'il le voulait. Probablement une affaire de famille. Le demacien s'inclina légèrement avant de faire un pas en arrière.

- Soit, déclara-il. Nous enverrons quelques soldats demaciens pour vous escorter jusqu'au palais. Vous pourrez laisser vos chevaux et votre carrosse à l'écurie, nous en prendrons soin.

- C'est bien aimable à vous, répondit Jericho.

- Que votre séjour à Demacia soit des plus agréable, messieurs.

Sur ces mots, il ferma la porte et le chariot avança de nouveau. Un fort grincement se fit entendre. Les portes venaient de s'ouvrir, nous étions désormais dans la grande cité blanche de Demacia. J'étais déjà venu quelques fois dans cette ville et franchement, cela ne me manquait pas. Tout le monde semblait apeuré quand ils avaient le malheur de croiser mon regard. Cela devait être la seule partie agréable de mes voyages ici. Au bout d'une minute, la voiture s'arrêta à nouveau, définitivement cette fois. À tour de rôle, nous quittâmes l'habitacle. Je m'étirai un peu, histoire de dégourdir mes muscles endoloris par l'absence de mouvement pendant une longue période. Seulement Draven en fit un spectacle, s'étirant sur tout son long et poussant des soupirs bruyants. Je levai les yeux au ciel et allai prendre mes affaires. Au passage, je l'accrochai.

- Comporte-toi comme une personne civilisée, Draven, grognai-je. Ne me fais pas honte.

- JAMAIS je n'oserais embarrasser le grand Général Darius, voyons, répliqua mon frère avec sarcasme et ironie.

Je lui envoyai un regard noir et lui lançai son sac dans ses mains. Il pouffa de rire et vint me rejoindre pour prendre ses effets personnels. Une fois tous prêts, nous furent escortés par cinq gardes royaux demaciens. À croire qu'ils ne nous faisaient pas confiance... Au fond, s'il devait y avoir un demacien dans notre cité, j'enverrai un assassin pour le traquer également, je ne leur ferais aucunement confiance aussi. Beaucoup de gens du peuple nous regardaient avec curiosité, comme si c'était la première fois qu'ils voyaient des étrangers, surtout des noxiens. Je me contentai de regarder droit devant et de rester silencieux, tandis que mon frère envoyait des baisers soufflés à qui voulait bien les recevoir et des clins d'œil salaces aux jeunes femmes qui passaient non loin de notre groupe. Au moins il ne commençait pas à flirter littéralement avec elles devant moi. Cela avait toujours eu le don de me lever le cœur, de voir à quel point elles tombaient si facilement dans ses bras. Nous franchîmes deux belles portes de bois sculptées et nous entrâmes dans le palais. C'était vaste, blanc, bleu et or, comme à mon souvenir. Des longues bannières portant le symbole de Demacia étaient accrochées sur les murs, encadrant de grandes et lumineuses fenêtres. Il y avait trop de lumière ici, j'en était presque aveuglé. À Noxus, tout était bien plus sombre, beaucoup moins agressif pour les yeux... Nous suivîmes les gardes jusqu'à la salle de réunions. Un des soldat cogna à la porte fermement. On entendit une voix dire quelque chose que je ne compris pas.

- Les émissaires de Noxus sont arrivés.

À peine dix secondes plus tard, quelqu'un sortit de la salle en refermant rapidement la porte derrière lui. Il devait penser que nous allions épier leur conversation. L'individu en question était un grand et costaud soldat en armure étincelante, sans heaume contrairement aux gardes. On pouvait voir ses yeux bleus clairs qui me scrutaient profondément. Sa mâchoire se crispa légèrement quand il réalisa ma présence et fronça les sourcils.

- Tiens donc, dit-il, acide. Bonjour Général Darius.

- Bonjour Général Crownguard, répondis-je le plus neutre possible.

Il détestait mon air désinvolte en sa présence, et le voir en colère me ravissait. Je n'aimais tout simplement pas cet idiot. Garen Crownguard, un imbécile qui ne savait qu'hurler «Demacia» sur un champ de bataille et qui faisait tout pour préserver l'honneur de sa famille et de sa cité blanche. Il salua néanmoins mon supérieur avec respect et avec dédain mon frère. Draven trouvait cela drôle, apparemment, puisqu'il ricana en silence en regardant le chevalier. Ou bien il se moquait de lui autant que moi. Quoi qu'il en fut, Garen se racla la gorge et prit soin de ne plus croiser mon regard, sûrement par peur de s'enrager.

- Le prince Jarvan m'a demandé de vous conduire à vos chambres en attendant que sa réunion soit terminée. Nous irons vous chercher pour le souper et ensuite nous parlerons affaire. Suivez-moi.

Nous marchions derrière le chevalier en silence, entourés par les même gardes. Simples précautions, à mon avis. En même temps, je détestais me sentir coincé de la sorte, encadré par cinq hommes de la faction ennemie. Nous montâmes un chic escalier en colimaçon et nous rendîmes dans un grand couloir qui comportait plus ou moins six chambres. Garen s'arrêta devant une, fouilla dans une de ses poches et en tira un porte clef. Il déverrouilla la porte devant lui et l'ouvrit.

- Nos avons trois chambres d'invités à vous prêter le temps de votre visite, nous informa-il. Les autres quartiers sont gardés, il sera donc impossible pour vous d'aller rendre visite aux nobles du palais.

Il ajouta ce détail en portant un regard accusateur sur Draven. Ce dernier murmura un juron et s'esclaffa légèrement. Avait-il vraiment osé penser pouvoir s'envoyer en lair avec une noble?! En même temps, cela ne me surprenait pas tant que cela, il s'agissait tout de même de Draven...

- Merci bien, Général Crownguard, le remercia Swain avec un hochement de tête.

Ce dernier entra alors dans la pièce que l'on venait d'ouvrir et refermai derrière lui. Notre hôte se contenta de déverrouiller deux autres chambres et quitta, non sans me lancer un dernier regard foudroyant. Je lui répondit d'un sourire en coin. Il devait à coup sûr bouillir de rage. Je passai le cadre de porte et me débarrassai de mes affaires, une fois rendu seul. L'espace que l'on m'avait attribué était relativement grand, moins que ma chambre à Noxus, mais quand même. Il y avait un lit double couvert d'une douillette blanche qui semblait douce comme un agneau. Les murs étaient d'un bleu clair et de long rideaux aux reflets dorés encadraient une majestueuse fenêtre. L'architecture demacienne était lumineuse et assez jolie, je devais l'admettre. Mais elle me semblait superficielle, un peu comme ses habitants. Il y avait une petite salle de bains personnelle, un peu comme à Noxus. Je me permis de prendre une bonne douche, après un long voyage, c'était la moindre des choses. Je n'appréciais pas particulièrement l'odeur désagréable que mon corps émanait. Je pris un temps considérable sous l'eau chaude. Je me sentais nettement moins tendu une fois propre, un peu comme si une partie de moi avait oublié que je me trouvais en terrain demacien, entouré d'ennemi.

Je pris soin de vérifier chaque coin de la pièce afin de m'assurer que personne n'eut la brillante idée de poser un piège ou quelque chose du genre. Rien. On ne savait jamais, par contre. Bien que les demaciens prônaient l'honneur, en tant que noxien, il était de coutume d'être discret et vil, tuer dans le sommeil de l'autre ne nous importait peu. Tant que la victime était disparue, c'était tout ce qui comptait.

J'avais un peu de temps devant moi, alors je décidai de prendre mon livre et de continuer ma lecture dans le fauteuil blanc qui se trouvait contre le mur opposé du lit. Je lus pendant plus ou moins un quart d'heure avant que je ne m'arrête brusquement. L'ouvrage me semblait de moins en moins intéressant à force de constater que le personnage principal commençait à trop s'intéresser à une prisonnière d'origine demacienne. Je commençais à comprendre pourquoi personne ne lisait ce bouquin. Je le jetai littéralement dans mon sac, sans aucune agressivité. Je me mis les mains derrière la tête et patientai. Je me permis même de fermer un oeil, profitant du confort de la chaise. À peine dix minutes plus tard, on toqua à ma porte. Je me levai, me rendis directement à la porte et ouvrit.

- L'heure du repas, Général, dit formellement un soldat.

Ce dernier leva un sourcil en jugeant ma tenue de la tête au pieds. Il devait s'attendre à ce que je sois vêtu de ma célèbre armure, mais une tunique sombre et un pantalon de cuir ordinaire ornait mon corps. Je hochai fermement la tête et allai remettre les pièces de mon armure. Elle ne me gênait absolument pas, et j'avais l'impression d'être plus imposant avec cette dernière. Le garde m'accompagna jusqu'à chaque chambre, ramenant chaque fois un nouveau compagnon. Le nombre de gardes augmentait en fonction du nombre d'invités que nous étions. Il y avait une autre personne avec nous, qui n'était pas noxienne, et qui avait franchement peur de nous. Un petit homme d'un certain âge, probablement un ionien ou quelqu'un de Piltover. Je souris légèrement. Sa peur m'amusait tout de même un peu.

Nous entrâmes tous ensemble dans une immense salle à manger. À l'extrémité de la table se trouvait le prince Jarvan IV. Derrière lui se cachaient deux soldats armés jusqu'au dents en armure étincelante. Il y avait trois places vides à sa gauche, tandis que les places de sa droite étaient occupés par la famille Crownguard, que je reconnus immédiatement. Une place vide au milieu de la droite était la, probablement pour l'autre invité. Une longue table ornée d'une nappe blanche et d'une multitude de plats nous attendait patiemment. Mon estomac gronda à la vue de ce festin. En même temps, nous n'étions pas les invités de n'importe qui, je ne m'attendais pas à moins que cela. Le prince demacien se leva et ouvrit les bras.

- Bienvenue à Demacia, invités Noxiens et de Piltover! S'exclama l'héritier du trône avec un sourire chaleureux. Venez prendre place.

Cela répondait donc à ma question. Swain s'installa directement à côté du dirigeant demacien, par coutume probablement. Je pris place à côté de lui et mon frère prit la dernière chaise disponible. En face de moi se trouvait une charmante demoiselle du nom de Luxanna Crownguard. C'était probablement une des seules demacienne que je trouvais bien physiquement. Et elle ne semblait pas aussi bornée que les autres. Durant tout le repas, elle ne quitta pas des yeux son assiette ou bien elle suivait le regard de ses semblables. En fait, elle évitait formellement de croiser le mien ou celui d'un autre noxien. Avec raison, nous étions probablement très intimidants. Draven et moi restâmes silencieux aussi durant le repas, c'était plutôt Swain qui parlait en notre nom. Je fus surpris de constater que mon cadet pouvait se la fermer dans des moments importants comme celui-ci. Nous mangeâmes de la bonne volaille avec des légumes fumés de toutes sortes. Au dessert nous avions eu droit à une pâtisserie aux fraises. Peu avaient bu du vin pendant le repas, hormis mon frère, bien sûr. Je dus l'arrêter d'un regard menaçant avant qu'il ne se saoule. Il était pire qu'un enfant quand il s'agissait d'alcool...

Une fois le repas terminé, le prince demacien nous invitai à le suivre jusqu'à la salle de réunions pour notre entretien. Swain se leva et nous invita à faire de même. Je soupirai légèrement, sachant très bien que quelques heures de bavardages m'attendaient, et je n'avais tout simplement pas envie de me taper tout cela.

Heureusement pour moi, la discussion ne s'éternisa pas. Les deux dirigeants élaborèrent quelques termes à respecter durant la fabrication de l'acte, du genre les désirs de l'un versus les désirs de l'autres. Cela se résumait pratiquement à cela. Un secrétaire neutre, l'autre invité de Piltover, était là pour rédiger l'acte et toute la paperasse. Au fond, nous voulions préserver notre alliance avec Zaun, que Demacia ne touche pas à ce lien-là, et nous voulions forger une alliance militaire avec Demacia, en cas d'une attaque de la part de n'importe quelle autre cité, de préférence secrète pour ne pas trop attirer l'attention. En gros, nous voulions l'immunité, le temps de forger une cité plus forte. Noxus était fragmentée et Swain et moi savions très clairement que si nous réussissions à unir chaque morceaux, nous pourrions dominer le monde. S'allier avec Demacia n'était qu'une protection temporaire. Le but était que notre plan original ne se fasse pas découvrir, car personne ne voudrait faire un pacte de la sorte avec une ville sur le point de devenir gigantesque.

Une fois la réunion terminée, on nous escorta vers nos chambres respectives. Mon frère eut la permission de venir passer un moment avec moi. J'entrai suivi de mon cadet et il referma la porte derrière lui. Il sorti de son top de fourrure une bouteille de vin. Je haussai un sourcil en sa direction et pris un air grave.

- Quoi? Rigola-il. Quoi de mieux qu'un peu de vin?

- D'où tu sors ça, Draven, soupirai-je.

- De mon habit. Simple, non?

- Ne me prends pas pour un idiot...

- tu m'avais dit d'amener les essentiels dans mon sac, alors voilà.

Je levai les deux au ciel.

- Tu ne changeras donc jamais, lançai-je en secouant la tête, un sourire aux lèvres.

- Jamais, ricana mon cadet. De toute façon, c'est comme ça que tu m'aimes.

Il sorti de sa poche de ouvre bouteille et débarrassa la bouteille de son bouchon. Il chercha du regard des coupes. Il murmura un «bingo» et s'éclipsa dans la salle de bains. Je le suivis du regard sans rien dire. Mon frère sorti de la pièce avec les deux verres de chambre de la salle de bains, ceux qui servaient à je ne savais quoi. Draven nous servi chacun un verre et c'est comme ça que la soirée débuta.

Je me rappelais quand Draven et moi étions de jeunes adultes, frôlant la vingtaine. Nous étions encore proche et quand j'avais terminé mes entraînements dans l'armée, nous allions boire un verre ensemble et nous finissions très souvent saouls mort. J'aimais ces moments avec mon jeune frère, où nous ne faisions que nous amuser. J'étais encore jeune et insouciant, par contre. Le temps eut raison de moi et m'a changé, contrairement à Draven, qui lui semblai prisonnier dans ce temps de festivité, et puis, cela n'avait franchement pas l'air de le déranger non plus.

Nous réussîmes tout de même à passer à travers la bouteille de vin ensemble. J'avais l'esprit un peu embrumé, j'avais perdu l'habitude de boire comme un trou. Je n'étais pas à la cheville de l'état dans lequel je me retrouvais quand j'étais plus jeune, mais j'étais déjà réchauffé. Je n'en avais sincèrement plus le temps et forcement l'envie, par ailleurs. Draven était beaucoup trop jovial, lui avait tout de même bu quelques verres au souper... Ce gars-là pourrait être considérer comme un alcoolique, littéralement.

- Alors, Daaaaarius, commença mon frère. Comment ça va dans ta vie, sérieusement.

- ça va comme je peux, murmurai-je.

- pauvre toi, je te plains... Tu devrais t'amuser plus, mon frère, tu peux pas rester puceau toute ta vie!

- Attends, tu me crois si coincé? M'esclaffai-je.

Draven sourcilla et recula un peu, s'enfonçant plus profondément dans le fauteuil qu'il occupait.

- Attends, t'as déjà...

- Plus d'une fois, idiot, ris-je. Tu me prends pour qui?

- Oh ouais, tu me l'avais déjà dit... Avant de partir.

J'acquiesçai en prenant une dernière gorgée de vin. L'alcool avait l'air d'altérer sa mémoire, le pauvre.

- Daaaaarius...

- Ouais? Répondis-je.

- Allez, dis le nombre, me supplia-il.

- Et en quoi ça te concerne, Draven? Pourquoi veux-tu tant le savoir?

- Darius! S'indigna Draven. La santé entre les deux oreilles est aussi importante que la santé entre les deux jambes!

J'éclatai de rire. Je me dis à ce moment même qu'il serait parfois hilarant de prendre en note toutes les âneries qu'il disait et en faire un recueil philosophique.

- ça va, tu as gagné, soufflai-je une fois remis de mon hilarité. La réponse est sept.

- Quoi?! Que sept?! Tu dois te moquer de moi!

- Draven, j'ai participé à sept grands combats et guerres Et il y a des filles pour ça dans les camps. Je n'ai pas le temps pour ce genre de trucs, de toute façon.

- houlala Darius...

- Sept filles ne veut pas dire que sept fois, Draven, ajoutai-je.

Draven secoua la tête et se passa une main dans les cheveux. Il avait l'air scandalisé. Il savait pourtant que je considérais les femmes différemment de lui. Pour moi, il s'agissait quand même d'êtres humains, et non de machines à plaisir. Nous bavardâmes sur le sujet pendant encore une demie heure avant qu'il ne décida, fortement encouragé par moi, de retourner à sa chambre et dormir. J'étais quand même éreinté et cette discussion prenait une tournure douteuse. Je ne tenais pas à savoir en détail ce qui se passait dans la chambre à coucher de mon frère, disons, et c'était ce qu'il était littéralement en train de me raconter.

Je rangeais alors quelques affaires, une fois mon frère parti. Je n'aimais pas forcement vivre dans un espace bordélique, contrairement à Draven, qui lui réussissait, d'une certaine manière, à se retrouver dans son désordre mental et matériel. Une fois la tâche faite, je retirai ma tunique et la laissai tomber mollement sur mon sac de voyage. Au moment où je m'apprêtai à gagner le lit, j'entendis un faible cognement. Fronçant les sourcils, je me retournai et allai répondre. J'ouvris la porte et dévisageai la personne qui se trouvait devant moi. Il s'agissait de Luxanna Crownguard. Je croisai les bras et vis ses yeux s'agrandir sous l'effet de la surprise.

- oui, mademoiselle? Demandai-je de ma voix grave.

Elle me démystifia de la tête aux pieds avant de faire un pas en arrière. Nos yeux se rencontrèrent un bref instant avant qu'elle ne baisse la tête rapidement, les joues en feu.

- Je... Toutes mes excuses, Général Darius, je me suis trompée de porte... Balbutia-elle.

Je remarquai qu'elle tenait entre les mains une lettre.

- Un message pour Swain? M'enquis-je.

-N-non, heum, une lettre destinée à notre invité de Piltover... Monsieur heum... Rufus, je crois...

- Il est à côté, l'informai-je en désignant la porte d'un coup de tête, chose qu'elle ne vit pas, ayant le regard rivé sur le sol.

Elle eut un petit rire timide et releva brièvement la tête, prenant soin de ne pas croiser mon regard.

- Heum, oui, merci Général Darius! Bonne... Bonne soirée, et navrée pour cette erreur.

- Il n'y a pas de problème dame Luxanna, la rassurai-je en décroisant les bras. Bonne nuit.

J'eus à peine le temps de la voir sourire. J'avais déjà tourner les talons et fermé la porte derrière moi. Avait-elle vraiment fait une erreur ou est-ce qu'ils l'avaient envoyée pour m'espionner? Cette jeune fille s'était introduite de nombreuses fois dans ma cité pour espionner, ayant le don de se cacher aisément et de se fondre aux masses facilement. Il était facile pour elle de surveiller n'importe qui, surtout qu'elle était intelligente et analytique. Je haussai les épaules et allai me coucher, épuisé par cette journée et par les quelques verres de vin. Au pire, elle n'avait pas découvert grand chose, hormis le fait que le Général Darius dormait sans chandail...