Saturne: Darius n'oserait pas faire une telle chose, voyons *wink wink*
Note: Ce chapitre me plaît énormément, en espérant qu'il vous plaise aussi! Bonne lecture!
Le ciel était devenu sombre à un point tel que la visibilité était beaucoup trop réduite pour continuer d'avancer à cheval. De toute façon, nos montures devaient être épuisées par tout ce chemin. Je demandai à Ombrage de ralentir la cadence en tirant sur les rennes et Lumière suivit également.
- Darius? Me demanda Luxanna, un peu inquiète.
- Il fait trop noir pour continuer, expliquai-je. Arrêtons-nous.
- Pas bête.
Nous descendîmes de nos montures. Une fois au sol, Luxanna vint me rejoindre pour me donner un coup de main. Nous avions ce qu'il fallait pour monter un abri, d'une manière ou d'une autre. De plus, nous avions très faim, car nous n'avions pas encore mangé depuis le dernier arrêt qui remontait à plus ou moins sept heures. Je demandai à la blonde de me faire un feu pendant que je m'arrangeais avec l'abri. Au bout d'une dizaine de minutes à peine, seulement le temps de trouver et de placer des branches en forme de tipi, le feu était déjà allumé. Je devais avouer que j'étais fort impressionné. Haussant les sourcils, je lui lançai un regard admiratif.
- Pas mal, lançai-je.
- Merci, répondit-elle en souriant. Vous savez, la magie peut faire bien des choses...
En disant cela, elle fit remuer ses doigts et l'abri se monta tout seul. J'étais franchement impressionné. Je tournai la tête, bouche bée et attendais des explications. Devant mon air abasourdi, Luxanna s'esclaffa.
- N'êtes-vous pas une magicienne contrôlant la lumière? Demandai-je avec intrigue.
- je suis spécialisée en lumière, oui. C'est mon élément, si on veut, mais je connais la base.
Je hochai la tête en signe d'approbation, toujours aussi renversé. Je guidai les deux chevaux vers un tronc d'arbre et les attachai là. Je sortis un bol et versai de l'eau dedans pour hydrater nos montures. Une fois la tâche faite, je saisi deux morceaux de viande crue et deux branches de bois relativement minces. Je revins auprès de la demacienne et lui montrai le repas.
- Cela vous va, mademoiselle Luxanna? M'enquis-je.
- oui bien sûr, souffla-elle.
J'empalai un morceau de chair et le fit cuire sur le feu. Le crépitement des flammes me détendis. Pendant un instant, je me sentais comme chez moi, assis à côté de mon foyer, en train de savourer un bon livre. Mon regard se perdit à travers la lumière des flammes dansantes. Le feu me rappelait toujours la guerre et la mort, d'une certaine manière. Je me remémorai une série d'événements assez violents et secouai la tête un peu après. Je n'appréciais pas forcement les actes que j'avais commis dans le passé, sans pour autant en avoir des remords. Une fois le morceau de viande cuit, je le retirai d'en haut des flammes et passai la branche à Luxanna.
- Merci, murmura-elle.
Je réservais le même sort au deuxième morceau. Le temps de cuisson fut un peu plus long puisque le mien était plus épais que celui de mademoiselle Crownguard. Contrairement à mon plan initial, nous ne mangeâmes pas en silence.
- Avons nous assez d'eau pour la journée de demain, selon vous? Me demanda Luxanna.
- Je ne crois pas.
- Voulez-vous que je parte en éclaireur trouver une source? Proposa la jeune femme.
- Hors de question, refusai-je.
Elle soupira et me tourna légèrement le dos.
- Je ne pourrai jamais rien faire seule, n'est-ce pas? Me lança-elle, fâchée.
- En quelque sorte, repliquai-je sèchement.
Je l'entendis soupirer à nouveau et la vis se croiser les bras violemment.
- Écoutez, je suis là pour aller porter un foutu message à Freljord et vous garder en vie pendant tout ce temps là, pouvez-vous simplement ne pas me compliquer la tâche? Grognai-je.
Les caprices des jeunes femmes en manque de liberté me démangeaient beaucoup. Je ne tenais pas forcement à être méchant avec elle, mais au fond, cela m'énervait. Elle me regarda pendant un instant, les yeux gros et larmoyants. La demacienne se leva, lança sa branche dans le feu et entra dans l'abri sans rien ajouter. Pour ma part, je me contentai de rester assis dans l'herbe fraîche et de jouer dans la braise avec mon bâton. Au bout d'une vingtaine de minutes, quand je la croyais endormie, je perçus un son qui contrastait avec le silence de la nuit. C'était des sanglots à peine audible. Je levai les yeux au ciel. Encore une autre âme sensible qui ne savait pas prendre sur soi. J'étais déçu, je la croyais différente des autres filles. Je devais m'être trompé. Délaissant ma contemplation, je jetai mon bâton dans le feu aussi et entrai dans l'abri. Tout à coup, ses sanglots cessèrent et elle roula sur elle même, me faisant dos. Je m'assis à côté d'elle et mis ma main sur son bras, essayant d'être un peu moins brusque que d'habitude.
- Luxanna, marmonnai-je, ce n'est qu'une question de sécurité.
- Je sais.
- C'est ce à quoi on s'attends de moi.
- Je sais, répéta-elle.
- Alors pourquoi ce drame?
Elle soupira et se redressa, me faisant maintenant face. Son visage souillé par les larmes était à peine visible par le manque de lumière.
- Vous ne comprendrez jamais, Darius, souffla-elle.
- Sans explications, ça commence mal, en effet, commentai-je avec sarcasme.
Elle leva les yeux au ciel mais s'esclaffa malgré elle.
- Nous en discuterons éventuellement, me lança la mage.
- Bien. Bonne nuit mademoiselle Luxanna, répliquai-je, neutre.
Je m'étendis à l'autre extrémité de l'abri, histoire de rester le plus loin possible de la demacienne. Une fois bien installé, je l'entendis se retourner sur elle-même.
- Darius? Chuchota la jeune femme.
- oui? Répondis-je sur le même ton.
- Juste Lux, s'il vous plaît.
- Bien. Bonne nuit, Lux.
- Bonne nuit, Darius.
Je mis un certain temps à m'endormir, mais je réussis néanmoins à me laisser emporter dans les bras du sommeil en écoutant la respiration de la jeune femme assoupie à côté de moi.
Trois semaines s'écoulèrent avant que nous ne rencontrâmes notre plus gros obstacle: la neige. Avec le temps, malgré la distance que j'essayais de conserver entre la demacienne et moi, il était rendu difficile de ne pas m'en intéresser ne serait-ce qu'un peu. Elle était de nature bien curieuse et essayait souvent de me soutirer quelques détails personnels sur ma vie. Quand nous vîmes les premiers flocons de neige tomber, la jeune mage sourit chaleureusement.
- J'ai toujours aimé la neige, m'avoua-elle. C'est si beau.
- Surtout froid, maugréai-je.
- Un vrai rabat-joie! S'écria Lux en riant un peu. Tu me lances ma cape, s'il te plait?
Je fouillai d'une main dans le sac à ma droite et dénichai son morceau de linge. Je lui lançai habilement et elle l'attrapa au vol, me gratifiant d'un merci au passage. Une genre de frontière s'était affaissée entre nous deux. Nous n'étions plus aussi formels, délaissant le vouvoiement et favorisions la survie aux manières. Juste jeter un œil à Lux en disait long sur notre condition. Nous n'avions pas réussi à mettre la main sur un lac ou une rivière assez profonde pour nous laver adéquatement, nous devions probablement sentir très mauvais. Nous avions l'air sale et fatigués. Il commençait alors à faire un peu froid, donc je sorti également ma parka et me la jetai sur les épaules.
Durant le trajet, nous n'avions pas cessé de nous poser des questions (surtout elle, personnellement, je préférais répondre). Elle savait quelques détails sur ma vie personnelle, mais comme je restai bref, elle n'en apprenait que peu et me le reprochait souvent. Alors que je venais tout juste d'attacher mon nouvel équipement, la jeune femme me lança une question.
- Te souviens tu de ce petit garçon, à Demacia?
- Si tu savais le nombre de petits que je croise par jour, répondis-je avec ironie.
- Te fous pas de moi, gloussa-elle. Ce petit pauvre.
- Oui, je m'en souviens.
Je tournai légèrement la tête et scrutai son visage. Comme à chaque fois, il prit une tournure plus rosée que d'habitude, surtout au niveau des joues. Elle détourna la face, s'échappant de mon regard inquisiteur. C'était une drôle de manie chez elle.
- Eh bien, continua Lux, pourquoi as-tu fais ça? Je veux dire, non que ce soit mal, mais je me demandais juste...
- J'ai eu un passé difficile, je croyais te l'avoir dit, soupirai-je.
Cette fois-ci, elle arrêta sa monture pour me river d'un regard des plus sérieux. Mon cheval fit de même, alors je fus forcé de lui rendre la pareille.
- Allez, sois honnête avec moi, m'implora-elle. J'en ai assez de jouer aux devinettes avec toi.
- je n'ai aucune raison de raconter ma vie à qui que ce soit, grondai-je. Encore moins à une Demacienne.
Elle me dévisagea avec un air choqué au visage. Lux détestait au plus au point que j'utilise sa nationalité comme argument. Au fond, j'avais raison, je n'avais pas à lui dire quoi que ce soit sur moi. Elle donna un petit coup de rennes, ordonnant aux chevaux de continuer.
- Après tout ce temps, tu ne me fais toujours pas confiance?
Son ton de voix prouvait que mon commentaire rude l'avait offensée. Je ne répondis rien, ne tenant pas à être plus méchant que nécessaire. Après un certain temps, elle laissa tomber, devinant qu'elle n'obtiendrait aucune réponse de ma part. Frustrée, elle ne dit rien pendant une heure de trajet. Plus nous avancions dans la forêt, plus il faisait froid et plus le sol devenait blanc. Comme nous avions été beaucoup plus rapide que selon mes prédictions, atteindre Freljord nous prendrait encore un peu plus d'une semaine. Mais c'était tout de même la semaine la plus difficile de toute notre voyage. Le sol commençait à être de moins en moins stable à cause de la présence de neige. Les chevaux avaient plus de difficulté à marcher. Lumière trébucha justement sur une roche, passant proche de tomber. Heureusement pour la cavalière, j'eus le réflexe de la rattraper avec mon bras valide, coupant court à son cri de frayeur. Lux releva lentement la tête et découvrit son visage littéralement enfouis sur mon torse. Je vis ses joues tourner au rouge pendant qu'elle plaçait sa main sur mon épaule pour se donner une poussée. Une fois replacée sur sa selle, elle murmura un merci à peine audible. J'eus un sourire en coin. Était-elle orgueilleuse à ce point? Cela me fit rire un peu. Je me sentais tout de même un peu mal de l'avoir blessée avec ma rudesse, une heure auparavant. Je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait non plus. D'habitude, je ne me sentais jamais coupable de quoi que ce soit. Cependant, dans ce cas-ci... Cela devait être le voyage, on devait probablement s'attacher à nos compagnons de voyage puisque notre survie et la leur était en jeu... Je soupirai doucement et me lançai, gardant le regard porté au loin.
- J'étais comme lui, avant, marmonnai-je.
- Quoi? Demanda Lux. De quoi parles-tu?
- Le petit mendiant.
La jeune demacienne ne prononça pas un mot, attendant patiemment que je continue moi-même la parenthèse que je venais d'ouvrir. Au moins elle avait du respect, contrairement à Draven. Je m'ennuyais un peu de lui, justement. Sa folie et ses récits sans dessus (et surtout sans dessous, disons) plus particulièrement.
« Je ne m'ouvre pas à grand monde, alors je te conseille de bien ouvrir tes oreilles, Crownguard. Je suis un orphelin, j'ai perdu mes parents assez tôt. Je ne me souviens qu'à peine d'eux. J'avais quelque chose comme sept ans quand ils sont morts, et j'avais comme tâche de veiller sur mon frère, qui lui était âgé de trois ans. N'ayant plus rien, nous n'avions pas eu d'autres choix que de vivre dans les rues, et crois-moi, à Noxus, les mendiants ne sont pas traités avec autant de respect que dans ta chère Demacia... Alors quand j'ai vu ce petit bonhomme, j'ai pensé à mon frère. Quand je croise des orphelins comme ça dans les rues, à Noxus, je leur lance toujours quelques pièces d'or discrètement et leur dit de rester fort, car la force leur permettra de survivre dans ce monde cruel. C'est ce qui nous maintenu en vie, moi et mon frère.»
J'entendis un reniflement. Encore en train de pleurer? Draven avait raison, je ne me tenais pas assez souvent avec des femmes, bonté divine. Je gardai le regard au loin, n'ayant pas envie de croiser ses yeux en larmes.
- Wow, souffla-elle doucement. Tu avais raison... Les noxiens ne sont pas comme je le pensais.
Je sentais son regard sur moi, mais résistai à l'envie de la regarder. Un silence un peu gênant s'installa entre nous deux, mais j'étais habitué. Je venais de lui faire part d'une partie importante de ma vie. C'était probablement la plus importante, car elle avait fait de moi une personne un peu sensible en dessous de cette carapace et cet air mauvais que j'avais.
- Darius? Me demanda-elle timidement.
Je ne répondis pas et me contentai de la regarder du coin de l'œil. Elle me sourit de toutes ces dents et ses joues rosirent.
- Je savais qu'une partie de toi était gentille, s'esclaffa la jeune femme.
Je levai les yeux vers le ciel qui devenait rougeâtre et épiais les alentours, entendant le bruit d'une chute. Je fis part de mon observation à mon accompagnatrice et elle se mît à chercher elle aussi. Une chute d'eau signifiait qu'il devait forcement avoir un lac ou une rivière, bref, quelque chose pour nous laver et faire le plein d'eau.
- Avec un peu de chance, l'eau ne nous congèlera pas! Lança Lux avec entrain.
- nous ne sommes pas assez loin de toute façon, commentai-je. On est encore au dessus du point de congélation.
La demacienne sourit et encouragea son cheval à accélérer. Au bout de quelques minutes, le lac était en face de nous. Nous descendîmes de notre monture respective et Lux sorti d'un de ses sacs deux couvertures et nos gourdes d'eau. Elle me rejoignit en un rien de temps. Le lac était beau, une chute se trouvait au fond et une barricade de rochers protégeait l'étendue d'eau, littéralement. Un peu comme si le lac s'était formé dans un trou qui lui même était dans un trou. J'allai sur le bord extrême et regardai la hauteur. Un saut de cette hauteur était plutôt dangereux, surtout debout. Je demandai à Lux de patienter pendant que je m'agenouillai au sol. Une fois assis sur le bord, je me donnai une petite poussée avec mes bras. J'atterris directement sur mes pieds en émettant un bruit assez fort à cause de ma grosse armure. Je secouai les jambes pour me remettre du choc et me demandai comment nous allions bien pouvoir sortir de là. Lux fit quelques pas vers moi.
- Et moi, je saute? Demanda-elle avec peur.
- Mademoiselle a peur des hauteurs? La narguai-je.
- Bien sûr que non, répliqua-elle en croisant les bras. J'ai seulement peur de me briser une jambe.
- Saute, je te rattraperai.
- Mais tu es fou?!
Je la regardai avec mon regard le plus sérieux et ouvris les bras, prêt à la recueillir. Elle marmonna quelque chose d'inintelligible avant de me lancer les couvertures et les gourdes, que j'attrapais sans problèmes. Je déposai les articles par terre et relevai la tête. Lux mordit sa lèvre avant de sauter en laissant échapper un cri. Comme prévu, elle atterrit dans mes bras grands ouverts. Son visage, si près du mien, prit une intéressante teinte et elle tourna la tête rapidement.
- Oui heum, merci Darius, marmonna-elle, toute rouge.
Je me contentai de hocher la tête. Elle débarqua de mes bras et passa les siens autour de sa taille. La jeune femme approcha un peu de l'eau du lac et y jeta un coup d'œil. Pendant que je commençai à enlever les morceaux de mon armure, elle tourna les talons et me regarda, toute timide.
- pourrais-tu... Heum... Balbutia la demacienne. Te retourner?
- Je pourrais, dis-je avec un petit sourire.
Lux leva un sourcil en l'air et posa ses mains sur ses hanches. Je me retournai en m'esclaffant, faisant face au mur de pierre. Pendant que je retirai mon plastron, j'entendis un son de plongeon. Je reconnus la voix de Lux quand elle soupira d'aise en entrant dans l'eau.
- L'eau est bonne, me lança-elle. Comment est-ce possible?
- Si cela se trouve, nous sommes dans un bassin chauffé par chaleur naturelle, répondis-je en haussant les épaules.
Je me retournai et eut le temps de la voir rougir comme une tomate avant de se retourner vivement, une main devant les yeux.
- Darius! S'écria-elle. Tu aurais pu au moins m'avertir!
- Je suis encore vêtu...
- Tu appelles ça être vêtu?! S'indigna la demacienne.
Je m'esclaffai et retirai mon dernier morceau, ma ceinture avec la bande de tissus rouge qui y était fixé. À mon tour, je plongeai dans le lac. Elle avait raison, l'eau était bien bonne. Il devait s'agir d'un bassin géothermique à coup sûr, ou bien cela relevait de la magie ou un truc du genre. Lux, à trois mètres de moi, retira sa main et me regarda. Heureusement pour elle, l'eau s'arrêta juste assez haut pour cacher sa nudité.
- Vous êtes trop pudiques, vous les demaciens, soupirai-je.
- Pudiques? Répondit-elle en sourcillant vers moi. Il s'agit d'un manque de respect que de se promener ainsi, Darius!
- À Demacia, rectifiai-je en soutenant son regard.
Elle hocha lentement la tête, pensive.
- Oui... À Demacia...
Je frictionnai mon corps, histoire de retirer une bonne couche de saleté. Voyant mon initiative, Luxanna fit de même en évitant strictement de croiser mon regard, cette fois-ci. Pendant que je me lavai, je décidai de lui poser une question.
- Est-ce que tu te plais vraiment, à Demacia?
Elle sembla désarçonnée par ma subite interrogation. Lux inclina la tête et fronça un peu les sourcils en souriant.
- Qu'est-ce qui te fais dire une telle chose? Répliqua-elle avec un rire jaune.
- Une impression que j'ai, répondis-je simplement.
La jeune blonde perdit son sourire et baissa un peu la tête. Elle nagea en direction du bord du lac et y déposa ses bras. En laissant échapper un soupir, elle releva pour regarder le ciel devenu étoilé.
- Disons simplement que je n'ai pas autant de pouvoir que je ne l'aurais désiré, m'expliqua Lux avec une voix qui semblait blessée.
Je m'approchai doucement et m'agrippai au bord comme elle, a à peine un mètre d'elle. La demacienne ne broncha pas, comme si cela ne l'a dérangeait pas, ou bien elle ne m'avais pas encore remarqué. La lune d'argent scintillait sur le lac, rendant l'atmosphère très calme et intime, bref, parfaite pour ce genre de discussion. Avec ce filtre, sa peau semblait être en porcelaine, si douce et si fragile, me donnant presque envie de la toucher du bout des doigts.
- Tu veux du pouvoir? M'enquis-je gravement.
La jeune femme tourna la tête vers moi, me montrant un joli visage triste. Quelque chose chez elle me rendait également triste, un peu comme si cette douleur était contagieuse. Elle reporta son attention sur ses mains et inspira profondément.
- Je ne veux pas vraiment être puissante, continua la demacienne. Je veux juste... Être maître de mon destin...
- Personne ne l'est vraiment...
- C'est possible, d'une certaine façon, s'exaspéra-elle. Il y a une différence entre vivre et se faire dicter sa vie...
- C'est pour ça que je hais les demaciens, affirmai-je.
Lux se retourna en un clin d'œil, insultée par ma remarque.
- Je te demande pardon?
- Vous suivez un chemin déjà fait par quelqu'un d'autre au lieu de vous en créer un, m'expliquai-je en haussant les épaules.
- Parce que tu crois que j'ai un choix? S'indigna la jeune femme.
- Non, soufflai-je en n'approchant un peu.
Furieuse, elle croisa les bras et détourna le regard furtivement, m'assenant un coup de cheveux d'or mouillés au visage. Doucement, je reculai son épaule et pris sa mâchoire dans ma paume, toujours dans la plus grande lenteur possible. Je la forçai à me regarder droit dans les yeux.
- Et c'est pour cette raison que je ne te hais pas, murmurai-je. Il y a quelque chose chez toi qui est différent de ces stupides demaciens.
Son visage, à quelques centimètres du mien, perdit toute trace de colère et fut remplacé par quelque chose que je ne saurais identifier. Nos lèvres se rapprochèrent alors dangereusement...
