Saturne: je dirai plutôt sensible au lieu de faible :) (je trouvais ça touchant aussi le grand gaillard au cœur tendre :3) mais bon, tu marques un bon point, je prends en note!

Note: navrée du retard de la publication de ce chapitre, gros party + boisson ne doivent pas entrer en contact avec la rédaction de cette fic, selon moi ;p

Temps pour un brin de romance :3 j'espère que vous aimerez autant que moi!

Lux détourna la tête et j'arrêtai mon mouvement, subitement. Mon cerveau me hurla toute sortes de choses alors que j'essayais de comprendre ce que j'avais tenté de faire. Je décidai d'agir comme si rien ne s'était passé alors que mon esprit se chamailla avec ma conscience violemment. J'avais délibérément tenté de l'embrasser. Je savais que cette demacienne m'intriguais, qu'elle avait ce petit quelque chose de different des autres qui me plaisait, mais c'était bien trop déraisonnable de commettre un tel acte. Personne ne l'aurait jamais su sauf nous deux, mais je savais bien que cela traînerait dans le fond de ma tête pour toujours. Je n'aimais pas vraiment la façon dont je me sentais par rapport avec cette fille, je ne saisissais pas et je me savais pas comment exprimer non plus ce que je ressentais. S'il y avait quelque chose qui me tapais royalement sur les nerfs, c'était de ne pas comprendre quelque chose et de n'avoir aucun contrôle là dessus.

Un peu mal à l'aise, Luxanna se donna une poussée avec ses bras pour sortir du bassin. Je me tournai et m'accotai le dos sur le rebord, détournant le regard de sa nudité. Pendant qu'elle s'habillait, j'essayais tant bien que mal de me remettre les idées en place, sans succès. C'était bien trop étrange et nouveau pour moi, ces sensations. Je décidai donc de laisser tomber. Il était inutile de tourner le fer dans la plaie.

- Tu peux monter, m'avertit la jeune demacienne.

Je ne me fis pas attendre. Je grimpai et me revêtis en un rien de temps. Une fois la tâche faite, je regardai aux alentours en quête d'une façon pour nous de sortir de ce trou pendant que Lux remplissait les gourdes d'eau. Je vis, à quelques mètres de là, deux gros rochers. Ils étaient assez massifs pour me permettre de monter dessus et sortir sans problème. Pour Lux, je comptais simplement opter pour la courte échelle. Je lui fis part de mon plan et elle acquiesça d'un simple hochement de tête. Je m'agenouillai près du rebord rocheux et attendis qu'elle vienne. Elle posa sa main sur mon épaule et son pied entre mes paumes. Elle me regarda longuement avant de me donner un petit hochement de tête. Je la soulevai alors un peu brusquement, histoire de lui donner une bonne lancée. Lux réussit à surmonter le mur sans problèmes. J'allai chercher nos effets personnels et les lui lançai banalement. Pendant que ma partenaire allait les remettre dans les sacs, je grimpai sur les rochers et gravit le mur. Les gros muscles servaient à quelque chose, disons. Une fois propre et hydratés, nous continuâmes notre route vers le château de glace de la reine Ashe.

Une cinq jours s'écoulèrent avant que le temps ne devienne vraiment très désagréable et froid. Nous étions près du but, enfin. Seulement quelques jours avant notre arrivée, et c'était là que le froid nous fit le plus souffrir. Nous avancions de plus en plus lentement, la nourriture se faisait plus rare, bref, ce n'était pas tout rose. Et c'était d'ailleurs là que nous nous sommes le plus rapprochés, Lux et moi. J'admirais sa débrouillardise, son sens de l'humour et son petit air... Noxien. Quelque chose au fond de son âme reflétait ma ville natale, cette flamme qu'elle avait dans le cœur, ce désir de faire comme elle le voulait et cette résistance envers la soumission. Elle n'aimait pas se faire commander et me l'avait montrer de nombreuses fois durant notre long voyage. Elle me rappelait un peu mon jeune frère, lui qui était comme un lion indomptable, désirant plus que tout faire ce qui lui plaisait. Contrairement à lui, elle avait cette notion de respect et bon sens, ce qui faisait en sorte qu'elle pouvait obéir sans ronchonner.

Durant cette phase du voyage, j'en appris beaucoup sur la jeune blonde. Notamment que dès que ses parents en eurent la chance, ils l'avaient envoyé dans l'armée pour qu'elle puisse se rendre utile à sa manière. Elle était une magicienne assez puissante et était toujours une petite fille modèle dès sa tendre enfance. Elle avait longtemps servi sa nation lors des missions d'espionnage et elle se sentait vraiment blessée que sa famille l'eut traité ainsi. La demacienne se sentait comme un jouet entre les mains des dirigeants de Demacia, malgré l'amour qu'elle leur portait. Je trouvais cela bien dommage pour elle, une âme si bonne et potentiellement noxienne, prisonnière dans ces parfaites frontières blanches. Je fus tenté de lui proposer de s'installer à Noxus, mais c'était de la folie et elle restait proche de sa famille à un point tel qu'il lui aurait été trop difficile de s'en séparer définitivement.

La nuit, il faisait tellement froid que le vent me mordait la peau, littéralement. J'étais du genre résistant au froid glacial, mais la température devait battre un record puisque j'en avais la chair de poule. Pendant une grosse tempête, nous décidâmes de nous cacher sous un abri naturel formé par des arbres déracinés et brisés par le poids de la neige, histoire que nos chevaux puissent aussi bénéficier d'une certaine protection. Une fois notre tente montée sous les arbres entrecroisés, je décidai de laisser Lux seule et de partir chasser pour nous nourrir.

- Non, ne fais pas ça, m'interdit-elle, les yeux froncés. Tu ne partiras pas seul.

Elle s'enroula plus fortement autour de sa couverture, assise sur le sol couvert de toile et me regarda avec des yeux gros. Je levai les bras au ciel, exaspéré. Nous avions déjà eu une discussion de la sorte des dizaines de fois...

- Nous n'avons pas mangé depuis deux jours. Hors de question que je te laisse mourir de faim, répliquai-je rudement.

- Et s'il t'arrivait quelque chose? Lança-elle.

- Il ne m'arrivera rien, et à toi non plus. Les chevaux sont là, s'il y a quelque chose, ils vont hennir. Tu es une puissante magicienne, il n'y a aucun danger. C'est une question de vie ou de mort.

Elle leva les yeux au ciel, n'aimant pas vraiment que je contourne ses arguments en revenant sur sa sécurité personnelle.

- Je parle de TOI, bêta, rectifia la demacienne. Je saurai me débrouiller, mais toi, tu pourrais te faire attaquer et tu es seul!

- Pourquoi tu t'en fais autant pour moi? Grondai-je.

Les joues de Lux rosirent visiblement malgré la noirceur de la tente. Et cela ne relevait pas du froid, j'en étais persuadé. Elle baissai un peu la tête et marmonna quelque chose d'inintelligible. Je soupirai et fis quelques pas vers elle. De mon index, je relevai le bout de son menton, la forçant à me regarder dans les yeux. Je n'appréciais pas voir cette teinte d'inquiétude dans son regard.

- Je reviendrai vivant, murmurai-je gravement, et avec de quoi te nourrir, je te le promet.

Elle hocha doucement la tête et me regarda partir sans broncher. Au moment où je traversai l'ouverture de notre abri, elle m'interpella une dernière fois. Je tournai légèrement la tête, suffisamment pour la voir dans mon champ de vision.

- Fais attention.

J'acquiesçai et sorti. Je pris ma hache au passage, l'accrochai à mon dos, saisis l'arc à flèche de chasse ainsi que son carquois et parti me promener. Il faisait extrêmement froid, même vêtu de ma grosse parka. J'errai non loin du campement et me laissai des repères, histoire de ne pas me perdre. Je marquai certains arbres au passage avec mon poignard de poche, une technique qui s'avérait utile lorsque la neige couvrait nos traces de pas. Au loin, je vis un animal marcher très lentement, comme s'il était apeuré. Je tendis mon arc et visai. Au moment où ma flèche quitta l'arc, je savais que je n'avais pas manqué ma cible. J'entendis alors le beuglement de l'animal. Il n'était pas mort, mais marchait difficilement, le rendant facile à capturer. Je piquai une course rapide à travers les bois et rejoignis la bête en quelques secondes. La pauvre me regarda avec supplice, me suppliant de l'achever. La flèche prise dans sa hanche l'empêchait de marcher et l'avait fait tomber. Je daignai mon poignard et lui tranchai la gorge d'un vif mouvement. Étant pressé, je dépeçai l'animal en vitesse et récoltai suffisamment de viande pour Lux et moi. Muni d'un petit sac, je rempli ce dernier de la chair et fit demi tour. Les deux beaux morceaux en poche, je me sentis comme un boucher, fier de ma prise. Heureusement pour moi, la tempête s'était un peu calmée et mes traces sur le sol étaient encore un peu visibles. D'un pas rapide, je rebroussai le chemin. Pendant mon absence, Lux avait fait un petit feu et était entrain de se réchauffer les mains. Quand elle me vit arriver, elle se leva brusquement et courut vers moi, un immense sourire aux lèvres. Elle s'arrêta subitement à un mètre de moi et se mordit la lèvre. Elle rougit et croisa ses bras autour de sa taille.

- Je... Heum... Balbutia Lux. Je suis contente de te voir! Je... J'ai entendu des bruits étranges tout à l'heure, et je... Enfin...

- Tout va bien, la rassurai-je en posant ma main sur son épaule momentanément. J'ai de quoi manger. As tu des branches de surplus?

- Heum... Oui, je crois... Oui! Oui, bien sûr!

Le visage plus rouge que ma cape, la demacienne tourna les talons et retourna au campement. Je la suivis et m'esclaffai intérieurement. Je trouvais bien drôle les petits moments de gêne spontanés qu'elle avait comme cela. Une fois près du feu, je sortis un des deux morceau de viande et l'empalai, comme je le faisais toujours. La viande était excellente. Bien entendu, puisque nous n'avions rien mangé depuis deux jours, il allait de soi que le repas allait être un des meilleurs jamais mangé. Une fois notre viande engloutie et le feu éteint, nous rentrâmes chacun notre tour dans la tente. Le ciel étoilé était à peine visible à cause des arbres de la forêt dense. J'aurais aimé contempler les étoiles, comme je le faisais régulièrement. J'avais toujours l'impression que quelque part là-haut se trouvait mes parents et qu'ils me regardaient. Je me demandai parfois même ce qu'ils auraient pensé de moi. Une fois dans la tente, je vis Lux s'enrouler à nouveau dans sa couverture et soupirer.

- Je me sens stupide, lança-elle soudainement.

- En quel honneur? Demandai-je.

- J'ai amené seulement trois livres...

- Et alors?

Elle me regarda comme si je venais de dire une des choses les plus absurdes de tout les temps.

- En temps normal, j'en amène toujours quatre, parfois même cinq! Je n'ai plus rien à lire avant de dormir!

- Hmm.

Je haussai les épaules et me levai. Je me rappelai alors de ce livre que j'avais pris pour le voyage et que j'avais délaissé, étant simplement dégouté. Peut-être qu'il allait lui plaire. Au fond, les filles aimaient les histoires d'amour, non? Fouillant un peu dans mon sac, je réussis à dénicher le bouquin en question. Je revins m'installer à côté d'elle et le lui tendis.

- J'ai ça, lui dis-je. Si tu aime les aventures et la romance.

- Tiens donc, le Général Darius qui lit de la romance, me taquina Lux avec un sourire en coin.

- J'ai arrêter de lire ce truc à cause de la romance, justement.

Elle s'esclaffa un peu et prit le livre entre ses mains froides. Elle me remercia et commençai à lire. Sachant qu'une fois partie dans sa lecture elle ne me reparlerait plus, je pris ma couverture et m'étendis. Elle avait cette manière d'entrer dans une bulle incassable dès qu'elle commençait à lire un livre. Je trouvais cela fascinant de la voir dans cet état, si concentrée et imperturbable.

Je regardai alors devant moi et repensai à ce livre. Ce noxien qui s'était attaché à cette demacienne... Au fond, ce n'était pas de sa faute, il était forcé de la côtoyer pendant des journées entières, il devait s'en occuper, la nourrir et tout. Un peu comme ce qui se passait avec Lux. Était-je vraiment en train de tomber pour cette fille? Au plus profond de moi-même, je connaissais déjà la réponse, mais je ne tenais pas vraiment à le savoir. Il y avait des choses qui n'avaient pas besoin de sortir des tréfonds de l'âme, et cela en faisait parti. Le seul bruit qui dérangeait mes réflexions était le claquement des dents de Lux. Je lui lançai un regard en coin. Fatiguée d'avoir froid, elle posa le livre à côté d'elle et rentrai ses mains dans son cocon de couverture.

- Ça va aller? M'enquis-je.

- O-Oui, bégaya-elle. J'-j'ai ju-juste froid.

Sans réfléchir, je me levai et m'approchai de la jeune femme sous son regard interrogateur. Ma couverture sur le bras, je m'installai directement à côté d'elle. Lux me dévisagea sans comprendre et recula un peu, inquiète. Pendant une fraction de seconde, j'avais oublié que cette petite était littéralement une sainte, n'ayant jamais vu d'homme nu dans sa vie ou n'ayant jamais eu un quelconque contact physique autre qu'une accolade avec un homme en général.

- Tu avais froid? Lançai-je en ouvrant mes bras.

La demacienne me jugea de haut en bas et me gratifia d'un air incertain, à croire que j'étais un ours prêt à l'attaquer.

- Je ne mords pas, soupirai-je.

Toujours en hésitant, elle défit sa couverture, la laissant sur ses épaules et se vautra contre mon torse chaud. Une fois collée sur moi, je l'entourai de mes bras et de ma douillette par le fait même. Elle était littéralement gelée, la pauvre. Je sentis ses mains froides sur ma peau et j'en frissonnai presque. Ils étaient gelées comme des glaçons.

- Mieux?

- Oui, murmura-elle avec gêne. Merci Darius.

- Pas de problème.

Il ne lui fallut pas beaucoup de temps avant de s'endormir dans mes bras. Je me sentais un peu étrange d'avoir contre moi cette belle endormie. Je profitai de la vue que j'avais sur son visage paisible avant de moi aussi me laisser emporter dans les bras du sommeil. Elle était jolie. Vraiment jolie. D'un doigt fin, je déplaçai une de ses mèches qui obstruait ma vue sur son visage angélique. J'écoutais le son de sa douce respiration lente et sentis ce souffle chaud contre mon corps. Je soupirai. Je ne devrais pas être en train d'apprécier ce moment, je devais me contenter de la tenir au chaud pour la ramener à sa chère Demacia en un seul morceau et vivante.

- Dans quel merdier me suis-je foutu, pensai-je tout bas avant de m'assoupir.

Je me réveillai avec le soleil, comme toujours. La tempête s'était calmée, il n'y avait que quelques flocons qui tombaient ici et là avec une lenteur extrême. Lux dormait encore paisiblement dans mes bras. En bougeant le moins possible, je décidai de prendre le livre et d'en continuer la lecture en attendant. Je n'aimais pas les romans à l'eau de rose, mais je voulais savoir la suite de cette relation impossible. Je me demandais comment ils pouvaient se permettre un tel amour alors qu'ils étaient des rivaux depuis toujours. Je réussis à lire une trentaine de pages, sans plus. La demacienne, toujours sur moi, bougea un peu. Je délaissai mon ouvrage et portai mon attention sur elle. Je l'entendis gémir faiblement, un peu comme si elle rêvait. Tout à coup elle souffla mon nom. Je restai de marbre, ne sachant quoi faire. Si elle rêvait de moi, j'avais de bonnes raisons de m'inquiéter. Il ne fallait pas qu'elle ai quelque chose pour moi. J'avais déjà assez de difficulté à comprendre comment je me sentais par rapport à elle, je ne voulais pas l'impliquer dedans cela. Je la sentis raffermir sa prise à ma taille et murmurer une seconde fois mon prénom, mais de façon un peu plus alarmante cette fois. Sa respiration s'accéléra et je sentis une tension courir dans ses muscles. Je décidai alors de la réveiller, le plus doucement possible.

- Lux, réveille-toi, dis-je gravement en la secouant légèrement.

Elle gémit une ultime fois avant d'ouvrir brusquement les yeux, un peu haletante. La demacienne semblait plutôt perdue, comme lorsque l'on réveillait quelqu'un subitement. Elle regarda un peu aux alentours avant de relever la tête vers moi. Lux me décrocha son sourire lumineux et ses joues rosirent légèrement.

- Bon matin, marmonna-elle en baillant.

- Tout va bien? La questionnai-je, neutre.

- oui, un simple mauvais rêve, me rassura-elle.

Elle défit alors notre étreinte et se détacha complètement de moi. Je sentis un petit vide, tout à coup, comme si je m'étais fait à l'idée d'avoir cette demoiselle sur moi. Délaissant la couverture, j'allai chercher mon chandail, que j'avais retiré pour lui procurer un maximum de chaleur, et mon plastron pendant qu'elle s'étirait. Je lui lançai sa cape de fourrure et lui approchai son équipement. Elle souffla un merci et se vêtit convenablement avant de sortir de la tente.

Les quelques jours restants furent comme le précédent; froids, épuisants et sans nourriture. Lux avait l'habitude de se lover contre moi pour s'endormir, puisqu'elle gelait chaque nuit et que je ne tenais pas à devoir transporter une statue de glace avec moi. Heureusement pour nous, deux jours avant notre arrivée au château de la reine, nous tombâmes nez à nez avec un sanglier des neiges. Nous avions eu assez de nourriture pour manger deux fois pendant la journée, histoire de ne pas mourir de faim lors de notre rencontre avec la reine de glace.

Alors que nous étions à quelques kilomètres de l'énorme château, je sentis ma partenaire devenir un peu nerveuse. Comme je n'aimais pas la voir ainsi, et qu'il était préférable pour elle de rencontrer la reine en état serein, je la questionnai sur ses inquiétudes.

- J'ai entendu dire qu'il y a des trolls ici, mon confia-elle, et qu'ils sont dangereux.

- C'est vrai, confirmai-je, mais leur roi, Trundle, est allié avec la reine Ashe, si je me m'abuse.

- Est-ce vrai aussi que les deux autres meneuses veulent la peau de la reine? Lissandra et Sejuani?

- Luxanna, soupirai-je, tu as aucune raison de t'en faire, tu t'inquiètes trop.

- je n'aime pas ce qui m'est inconnu, se justifia-elle.

- pourtant tu voyage avec un des noxiens les plus dangereux.

Elle leva les yeux au ciel alors que nous descendions de nos montures. Prenant les rennes de Lumière, elle me rejoignit en avant. La demacienne me lança un regard taquin et me donna un léger coup de coude.

- Tu es moins dangereux que tu ne le prétends, me nargua-elle.

À côté se trouvait un banc de neige qui définissait le genre de sentier de neige tapée sur lequel nous marchions. Quelque chose de mou, en vrai. Rapide comme l'éclair, je la saisis par la taille et la lançai dans le banc de neige. Pas assez fort pour la blesser, mais suffisamment pour qu'elle s'enfonce un tantinet dans la neige, me donnant un peu de temps. En une fraction de seconde, je l'encadrai de mes deux mains de chaque côté de sa tête et de mon poids pesant sur elle, rendant tout échappatoire impossible. Mon visage, à quelques centimètres du sien, esquissa un sourire en coin devant la demacienne haletante et effrayée qui se trouvait devant moi.

- tu disais? Lui demandai-je avec vantardise.

- rien du tout, souffla-elle.

- c'est ce que je me disais, répondis-je sur le même ton.

Ce fut alors sans préavis, sans réfléchir et surtout en suivant simplement mon instinct et mon envie du moment que j'embrassai les lèvres de la belle demacienne pour la première fois.