Note: Coucou! Navrée, je risque de mettre un peu plus de temps avant de publier de nouveaux chapitres, examens finaux à l'école et party d'anniversaire en vue, mais je vais essayer de publier aussi vite que possible! Alors plongeons sans plus attendre dans ce petit chapitre romantique, en espérant que vous allez aimer!
Je délaissai alors cette douce bouche lentement. Lux était rouge et sourit timidement en se mordant la lèvre inférieure. Elle baissa la tête, fuyant mon regard sérieux. Je me demandai honnêtement pourquoi j'avais décidé de céder à ma pulsion. En temps, normalement, j'étais assez en contrôle de moi-même pour me retenir de trancher la tête de Draven lorsque celui-ci disait les pires âneries ou commettait les pires conneries inimaginables, mais cette fois-ci, je n'avais pas réussi à m'empêcher de le faire. Je me donnai une poussée et me relevai. Je proposai alors une main à la demacienne pour qu'elle puisse sortir de ce banc de neige dans lequel je l'avais poussée dedans. Cependant, une fois remise sur ses pieds, elle garda ma main entre ses paumes froides. Elle n'osa toujours pas relever la tête avant quelques secondes.
- Darius, je... Commença-elle.
- Ne dis rien, l'intimai-je.
Elle m'observa alors avec un regard différent de l'habitude. Je levai le bras et balayai la neige restante dans ses cheveux et sur sa cape. Je remontai alors sur son épaule et pris sa joue dans ma paume pendant de longues secondes. Nous ne nous quittâmes pas des yeux un seul instant. Plus je la regardais et plus je comprenais pourquoi elle m'attirait autant. J'avais beau ne pas l'apprécier plus qu'il ne le fallait au début, mon oeil changea envers elle de jour en jour pour en finir comme cela. Je secouai légèrement la tête et soupirai.
- Qu'est-ce que tu me fais, Luxanna? soufflai-je.
Elle ne répondit rien, sachant très bien qu'il s'agissait d'une question rhétorique. Devant son visage bouche bée, je ne pus me retenir de poser rapidement un baiser sur son front. Toujours en conservant sa joue, je baissai légèrement la tête pour avoir l'air plus sérieux.
- Que ceci reste entre nous, d'accord? Murmurai-je.
La jeune femme me répondit d'un hochement de tête vif et nerveux.
- Bien, nous aurons le temps de discuter de tout ça plus tard. Continuons.
Je laissai tomber ma main et retournai auprès d'Ombrage, tandis que Lux, encore hébétée, reprit les rennes de Lumière dans sa main. Elle sembla un peu choquée, mais pas dans le mauvais sens du terme. Je devais admettre que se faire embrasser par un noxien, en étant demacien, devait être plutôt perturbant. D'autant plus qu'il s'agissait, si je ne me trompais pas, de son premier baiser.
Nous avions encore un peu moins d'un kilomètre de marche avant d'arriver à la frontière du royaume de la reine Ashe. Le reste du trajet se fut en silence, compte tenu du fait que ma partenaire était probablement encore très mal à l'aise. Cela me fit presque sourire. Presque. Je ne devais pas laisser transparaître un simple indice sur ce qui venait de se passer. Il allait de soi que la reine et tout le peuple de Freljord devait croire qu'il existait toujours une certaine tension entre Demacia et Noxus. En gros, personne ne devait savoir qu'un lien plus fort venait de se former entre le général noxien et la jeune noble et magicienne de la ville blanche. Quand nous furent à quelques pas des gigantesques portes de glace, je touchai le bras de Lux du revers de la main. Son regard rencontra alors le mien et je ne dis rien. Un simple hochement de tête était suffisant pour lui faire comprendre de ne rien laisser transparaître. Elle me répondit également d'un hochement avant de reporter son attention droit devant. Deux gardes se trouvaient devant les portes et raffermirent leur prise autour de leur lance en nous voyant arriver avec notre démarche confiante.
- Halte, nous ordonna la voix grave d'un garde. Qui êtes-vous?
- Général Darius de Noxus, avec Dame Luxanna Crownguard de Demacia, nous présentai-je avec sérieux.
- Demacia et Noxus, tiens donc, rigola le second homme. Et qu'est-ce qui vous amène ici?
- Nous venons livrer un message à la reine Ashe, expliqua Lux en tendant la lettre de son prince aux gardes.
Il la prit entre ses mains et reconnu le sceau royal de Jarvan IV. Il hocha la tête et ouvrit les portes de glaces. Son compagnon nous pria d'attendre l'escorte avant d'aller rencontrer la reine. Deux jeunes écuyers vinrent d'ailleurs prendre soin de nos montures respectives, nous laissant avec rien d'autres que nos capes, nos armes et la lettre. Je fus surpris qu'ils ne nous demandèrent pas de disposer de ma hache et du sceptre magique. Au fond, cela ne devait simplement pas être aussi stricte qu'à Demacia. Une petite escouade de cinq gardes vinrent nous rejoindre et nous encadrer. On nous escorta alors jusqu'au gigantesque château de glace de la reine. Je devais admettre que c'était remarquablement beau. Étrangement, l'intérieur était chaud, contrairement à ce que je m'attendais. Se sentant un peu intimidée, Lux se rapprocha un peu de moi, sans pour autant me toucher. Notre petit groupe passa dans un bel arc blanc qui mena dans une grande salle bleutée. Au fond de cette pièce se trouvait deux somptueux trônes, chacun occupé.
- Ma reine, nous avons deux invités pour vous, s'écria un des gardes.
La femme aux cheveux blancs sourit chaleureusement et inclina légèrement la tête.
- Merci messieurs, vous pouvez disposer.
En tirant une révérence synchronisée, ils quittèrent tous ensemble la salle du trône. Le roi des barbares, le grand Tryndamere, nous jugea de la tête aux pieds avec un air sceptique. Il n'avait pas l'air aussi enchanté que son épouse, disons. Cette dernière nous invita à approcher d'un geste de la main.
- Bienvenue à Freljord, Général Darius et demoiselle Crownguard, nous lança-elle aimablement.
- Tout le plaisir est pour nous, votre Majesté, répondit Lux avec le même enthousiasme.
La reine tapota son accoudoir de ses longs doigts fins et nous sourit avec politesse.
- Selon ce que je connais de vos villes respectives, il va de soi qu'une simple visite de courtoisie n'est pas votre motif, déduit-elle.
- Nous avons une lettre de la part du Prince Jarvan IV à vous faire parvenir, Majesté, expliqua Lux en approchant avec assurance, la lettre entre les mains.
Elle la lui donna en se penchant un peu, comme si elle tirait une révérence à la femme devant elle. Ashe murmura un merci et se contenta d'ouvrir, Tryndamere lisant par dessus l'épaule de sa femme. Ce dernier lut en diagonale et reporta son attention sur nous, avec son air toujours aussi sévère. Quelque chose ne me plaisait pas trop chez cet homme. Nous patientâmes quelques instants, le temps que la reine terminât de lire. Je l'entendis murmurer quelque chose à son mari avant qu'elle ne se levât de son trône.
- Eh bien, mes chers invités, je suis heureuse d'apprendre que vos cités, autrefois ennemies, essaieront de coopérer désormais! S'exclama-elle. Et puis pour ce qui est des échanges commerciaux, j'enverrai des bateaux avec mes responsables du commerce vers vos villes respectives.
- Bien madame la reine, approuva Lux.
- Avant de repartir, voudriez-vous vous joindre à nous pour le repas et rester ici une nuit? Vous avez fait un long voyage jusqu'ici, n'est-ce pas? Nous proposa la reine. Nous avons une chambre de prête pour les invités.
Lux me consulta du regard, comme si la demacienne avait besoin de mon approbation pour quelque chose.
- Ce serait très aimable de votre part, votre Majesté, répondis-je. Nous vous serions très reconnaissants.
- Excellent, s'écria la reine en tapant dans ses mains. Vous pouvez disposer, nous avons de quoi vous laver et vous installer confortablement avant que le repas ne soit servi. Nous enverrons quelqu'un vous chercher.
- Merci, votre Majesté, dis-je en baissant la tête avec respect.
La dame de glace nous sourit et reprit sa place sur son trône pendant que Lux et moi quittâmes la salle royale. Nous sortîmes dehors afin de prendre nos sacs de voyage, toujours escortés par la petite escouade de gardes, et nous fûmes guidés vers la seule chambre d'invités disponible pour le moment, qui se trouvait sur le deuxième étage. La décoration intérieure était bien, tout était inspiré de l'environnement extérieur de Freljord. Cela faisait différent de Demacia et Noxus. On aurait presque dit que cela sortait d'un conte. Il y avait beaucoup de cristaux et d'imitation de glace un peu partout. Les marches qui nous menèrent au deuxième étaient tapissées d'un doux tapis bleu royal très chic. Le château était plutôt élégant, il me plaisait bien.
Une fois rendus dans la chambre, je déposai mes affaires sur le bord de la porte et me retournai vers Lux. Cette dernière, faisant comme si je n'étais pas là, se dirigea vers la salle de bains. À ce moment même, je n'avais qu'une seule envie. Quelque chose à l'intérieur de moi désirait plus que tout cette jeune demacienne, et pour des raisons inconnues, je ne savais pas comment refréner ce désir bouillant en moi. D'un pas rapide, je la rejoignis et saisis son poignet. Surprise, elle fit volte-face et me dévisagea, les sourcils froncés. Sans plus attendre, j'écrasai mes lèvres sur les siennes. Elle répondit à mon baiser de façon moins brutale, plus douce, à sa façon. Je me retirai pendant quelques secondes pour lui murmurer à l'oreille:
- Qu'est-ce que tu m'as fait bon sang...
Je sentis ses bras monter et crocheter derrière ma nuque pendant que je serrai sa taille contre moi. Il y avait quelque chose de totalement malsain dans ce baiser, mais c'était pourtant un sentiment tellement bon... Je continuai mon doux assaut sur cette bouche divine pendant encore quelques instants avant de me reculer définitivement. Hors d'haleine, la demacienne me sourit.
- Je ne sais pas ce que j'ai pu te faire, souffla-elle, mais je suis drôlement contente de l'avoir fait.
Je fermai les yeux et soupirai. Lentement, une de ses mains quitta mon cou et vint se poser sur ma joue, la caressant du bout des doigts.
- Il faut qu'on parle, marmonnai-je.
- Oui...
Je rouvris les yeux et pris sa main qui était sur ma joue. Je me dirigeai vers le lit et l'amenai à s'asseoir à côté de moi sur l'unique matelas de la pièce. Je posai ma paume sur sa cuisse et la regardai profondément. Je n'y voyais que cette émotion étrange, en fait, celle que je voyais toujours et que je n'arrivais jamais à détecter. C'était vraiment la première fois que je voyais une telle lueur dans les yeux d'une personne qui me regardait, moi. J'avais vu des femmes avec cette flamme de désir dans les yeux, ces femmes qui ne voulaient, que pour une nuit, se perdre dans les méandres du bonheur avec moi. Cependant, chez Lux, il y avait quelque chose d'autre, une étincelle, si je pouvais dire. Quelque chose qui brillait à chaque fois que nous étions ensemble et qu'elle posait les yeux sur moi.
- Lux, commençai-je, écoute...
- Darius, me coupa-elle, je sais que... Tu n'es pas du genre romantique ou quoi que ce soit... Je... Je sais ce que tu veux dire, et je... Je comprends que tu veuilles laisser tout ça derrière et...
Je l'interrompis en posant mon index sur ses lèvres.
- Laisse-moi terminer, s'il te plait, lui demandai-je gravement.
Elle me répondit d'un hochement de tête et me regarda avec de grands et beaux yeux bleus attentifs.
- Je crois que nous pourrions faire fonctionner ce... Truc... Que nous avons, tout les deux, expliquai-je. Je pense qu'avec de la subtilité et en gardant ça secret, ça serait possible. Je sais que ça serait difficile, mais je crois que ça en vaudrait la peine. Je ne suis pas du genre bouquet de fleurs et chocolats, mais je pense que quelque chose de bien pourrait se forger.
Lux me sourit avec les yeux un peu humides. Elle était facilement émue, mais en même temps, je ne pouvais lui reprocher de l'être face à une maladroite déclaration d'amour. Je n'avais jamais été doué pour ce genre de chose et la romance me donnait la nausée, mais il y avait quelque chose chez elle qui me rendait littéralement fou et me nourrissait d'un certain désir que je n'avais jamais ressenti auparavant.
- Tu sais Darius, me confia-elle, j'attendais ce moment-là toute ma vie. Au diable les fleurs et le chocolat, je t'aime comme tu es.
La blonde m'entoura alors de ses bras et me serra fort contre elle. Je passai alors un bras autour de sa taille et la rapprochai de moi. Je posai un petit baiser sur le sommet de sa tête et soupirai profondément.
- Tu sais que ça va être difficile, n'est-ce pas? Lui dis-je à nouveau.
- Peut-être, murmura-elle, mais ça en vaudra la peine.
Nous restâmes enlacés comme cela pendant de longues minutes, sans rien dire, ne faisant qu'apprécier la présence de l'autre. Je ne regrettai en aucun cas de lui avoir fait part de mes sentiments, et je fus même heureux qu'elle eut réussi à lire entre les lignes, ne me forçant pas à avouer comment je me sentais directement. Je me demandai vraiment comment nous allions pouvoir faire fonctionner cette relation, par exemple. Il y avait tout de même un mois de route qui nous séparait et je n'avais pas forcément de motif de me rendre régulièrement à Demacia... D'autant plus que les missions d'espionnage seraient franchement moins fréquentes compte tenu du traité de trêve que nos dirigeants avaient établi. J'étais cependant convaincu qu'il y avait une façon quelconque de réussir.
Un bruit tira court à mes réflexions: on cognait à la porte. Je me levai pour aller répondre et je vis Lux s'empresser de s'installer à l'extrémité du lit et de faire semblant de lire un livre. L'homme devant moi nous informa qu'il était temps d'aller rejoindre le roi et la reine pour le dernier repas de la journée. Je passai le message à Lux, le moins amicalement possible. La demacienne délaissa l'ouvrage et vint me rejoindre en gardant une certaine distance entre nous deux. Elle jouait bien son rôle, j'aimais cela. Nous suivîmes le garde jusqu'à la salle à manger. Celle-ci était plus petite qu'à Demacia et était bien plus chaleureuse. Il y avait un foyer qui chauffait la place ainsi qu'une peau blanche couverte de fourrure qui s'étalait sur le sol, directement devant le feu. J'aimais le concept, ils gardaient le côté barbare dans leur demeure somptueuse. Un peu comme si cela représentait l'union de la chasseresse de glace et du barbare. La table était moins garnie que celle à Demacia, mais ce qui était servi dessus me rappelait Noxus. Il y avait un énorme sanglier et des fruits sauvages un peu partout avec de nombreuses bouteilles de vin. Des hommes à l'air barbare entrèrent dans la salle également et nous regardèrent avec intrigue. Au même moment, le couple royal fit leur entrée. La reine Ashe nous sourit et nous invita à prendre place. N'aimant pas l'air un peu douteux des barbares, je préférais garder mon accompagnatrice à côté de moi par mesure de sécurité. Comme je le pensais, il s'agissait des hommes du roi Tryndamere. La reine expliqua aux autres que nous étions des émissaires et que nous restions une nuit avant de repartir vers nos villes respectives.
- Alors c'est à ça que ressemble Demacia, ricana un homme en mimant des formes féminines avec ses mains.
Ses compagnons s'esclaffèrent avec lui, rendant Lux et Ashe, les deux seules femmes dans la place, légèrement mal à l'aise. La dite demacienne ne répondit pas à la moquerie, sachant très bien que c'était inutile et inapproprié. Voulant effacer le malaise, la reine commença à discuter avec sa voisine de droite. Je me concentrai sur mon assiette en tâchant d'éviter de porter attention sur les remarques des autres hommes, histoire de ne pas bouillir de colère. Ce manque de respect me frappait littéralement au visage. Pendant que je me servais un verre de vin, le guerrier à ma gauche me donna un petit coup de coude dans les côtes, voulant capter mon attention.
- Dis donc, où as-tu trouvé une belle petite femme comme elle? Me lança-il avec un ton laissant transparaître des idées croches.
- Nous sommes des émissaires, répondis-je avec rudesse. Nous ne sommes en aucun cas lié autrement que par notre mission.
- Mon oeil, pouffa l'homme. Impossible que tu ai voyagé jusqu'ici sans lui avoir fait goûté!
Le barbare qui se trouvait à côté de lui ricana aussi. Je serrai la mâchoire et sentis une main de poser sur mon genou. Elle devait probablement avoir ressenti ma frustration et me demanda de me calmer. Prenant une grande inspiration, je tournai légèrement la tête vers mon interlocuteur.
- J'ai un certain respect pour les femmes, c'est tout.
- on doit simplement les respecter différemment, mon ami, rectifia-il en s'esclaffant bruyamment avec son compagnon.
Je levais les yeux au ciel et les laissait faire. Plus la soirée avançait, moins il restait de vin sur la table. À croire qu'ils n'avaient pas une aussi grande tolérance que moi ou ils étaient seulement trop stupides pour savoir quand s'arrêter. Je commençai à moins apprécier cela quand les commentaires sur la demacienne devinrent plus fréquents. Malheureusement, je ne pouvais pas vraiment la défendre sans éveiller un quelconque soupçon. Après un moment, elle eut son quota et quitta la pièce en s'excusant auprès de la reine. Compréhensive, cette dernière lui envoya un sourire aimable et lui permit de quitter la table. Ashe m'interpella discrètement et, d'un signe de tête, m'encouragea à aller la rejoindre. Je baissai lentement la tête en guise de révérence et quittai moi aussi la table. Je pressai le pas et réussis à rattraper Lux dans les escaliers. Elle tenait sa taille entre ses bras et avait les sourcils froncés. Je ne dis rien et me contentai de la suivre, juste au cas où quelqu'un pouvait nous remarquer. Elle ouvrit brusquement la porte et la referma presque sur moi. La demacienne sursauta en entendant le bruit de la porte frapper mon avant bras. Je la regardai en sourcillant. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me ferme la porte dessus, disons. Elle fit volte-face et prit un air un surpris.
- Oh, je ne savais pas que tu m'avais suivi, navrée, s'excusa Lux timidement.
Je refermai la porte et approchai vers elle, toujours en gardant un contact visuel et ne disant rien. Je levai son menton de mon index et posai mon autre main sur sa hanche. Elle soupira reprit son expression un peu fâchée.
- Comment les hommes peuvent-ils être aussi... Ronchonna Lux.
- Dégoûtant? Suggérai-je.
- Oui... Et irrespectueux. C'était tout simplement gênant!
- Hmm.
Je me penchai un peu et posai un baiser dans son cou. Je l'entendis soupirer d'aise.
- Disons simplement qu'ils ont de la chance, repris-je en me détachant. Si nous n'avions pas à tenir notre langue, j'aurais pu te montrer pourquoi je ne suis pas une gentille personne.
- Tu sais que je ne crois pas à ça, rigola-elle.
- Parce que tu ne m'as jamais vu de cette façon là, marmonnai-je avec sérieux.
- On a tous notre passé, mon cher Général, pointa Lux en touchant momentanément mon nez du bout de son doigt. Et on a tous des regrets et on a tous commis des actes dont nous sommes loin d'être fier. Nous sommes humain.
Je ne tenais pas à argumenter avec elle sur le fait que j'étais quelqu'un de mal. Je ne répondis rien et pris sa joue dans ma paume. Je l'embrassais légèrement sur le front avant de la délaisser pour aller me laver. Elle sourit en rougissant et allai prendre le livre que je lui avait prêté pendant que j'utilisai la salle de bains. Je pris un peu plus de temps que d'habitude pour me laver puisque je me sentais vraiment sale. L'espace était aussi esthétique que le reste de la demeure, chic et glacé. Une fois que je me sentis propre et relativement sec, j'enfilai un pantalon de cuir et sortis. Le bruit de la porte qui s'ouvrit attira l'attention de la demacienne qui était assise sur le lit en train de lire. Je vis ses joues tourner au rouge et elle referma le livre. Je levai les yeux au ciel et allai la retrouver.
- Ca te gêne toujours autant? Lançai-je en m'esclaffant un peu.
- Un peu, marmonna-elle. Mais heum, le problème c'est que je n'ai pas amené de vêtements de nuit...
Je fronçai les sourcils, confus, et pris sa taille entre mes mains, l'approchant un peu. Elle leva les yeux au ciel devant mon air.
- Je risque de ne pas être très vêtue, expliqua-elle en rougissant. En tout cas, moins qu'en armure.
- Tu pourrais aussi ne pas être vêtue du tout, ça ne me poserait aucun problème, répondis-je avec un sourire en coin.
- Tu es terrible, s'esclaffa la demacienne me donnant un petit coup sur le torse et en se décollant de moi.
Elle se dirigea vers la salle de bains et me laissa seul dans la chambre. Je m'étendis alors sur le lit et regardai le plafond, me perdant dans mes pensées. Je me demandai particulièrement comment nous allions faire pour rentrer à Demacia. Je n'avais pas forcément envie de refaire le même trajet à cheval et à camper dans la nature. Non que c'était désagréable, je restais quand même avec Lux dans une certaine proximité, mais c'était toujours un peu risqué. Je nous comptais déjà assez chanceux de n'avoir rencontré aucun brigand ou animal dangereux sur le chemin, je n'avais pas vraiment envie de courir ce risque à nouveau. Surtout depuis que Lux prenait une place plus importante dans ma vie, je ne tenais pas à risquer la sienne inutilement. Le son de sa voix fredonnant me tira hors de mes réflexions. J'aimais bien entendre sa voix chanter, cela m'apportait un certain réconfort. Cela me rappelais surtout des souvenirs brumeux de ma propre mère qui me chantait des berceuses avant que je ne sombre dans ses bras accueillants, endormi comme un petit bébé. Sa chanson parlait, cette fois-ci, de bonheur et d'amour. Une chanson qui devait forcement refléter son état d'âme. Lentement, la poignée se tourna et la porte s'ouvrit, me donnant la vue sur cette sublime demacienne. Rouge de honte, elle se recroquevilla presque sur elle même quand elle approcha vers le lit. Elle était tout de même en sous-vêtements, je pouvais comprendre sa gêne, surtout étant une demacienne très pudique. Cependant, c'était la première fois que j'avais une vue sur son corps, et je devais admettre qu'il était magnifique. Elle avait beau être relativement petite, Lux possédait de belles et longues jambes bien modelées avec une taille fine, sans pourtant avoir l'air fragile et un teint crème. Aucune partie n'échappa à mon inspection et elle le remarqua.
- Regarde-moi pas comme ça, me demanda-elle en rougissant de plus belle.
Une fois assise sur le matelas, elle s'empressa de se glisser sous les couvertures et de se cacher. Ne la quittant pas des yeux, je pris le rebord de la douillette et le retirai brusquement, dévoilant son corps peu vêtu. Elle poussa un petit cri de surprise et me regarda avec de grands yeux intrigués.
- Je ne veux pas que tu aies honte de ce corps magnifique, Luxanna Crownguard, ordonnai-je gravement.
La jeune blonde se mordit la lèvre et détourna la tête, fuyant mon regard sérieux. Elle ne devait probablement pas croire un traitre mot de ce que je disais, mais je voulais vraiment qu'elle sache ce que je pensais d'elle. Je pris son menton et la forçai à garder le contact.
- Tu es magnifique, soufflai-je en approchant ma bouche vers la sienne.
Si je n'avais pas autant de respect, elle aurait perdu sa virginité à ce moment-là. Ce n'était pas l'envie qui manquait, c'était plutôt le fait que nous étions en visite à Freljord, et disons que je ne tenais pas vraiment à me faire prendre en flagrant délit en train de coucher avec la représentante de Demacia à Freljord. Nous étions enlacés sous les douces couvertures et elle passa un doigt frais sur chaque cicatrice qui décorait mon corps en entier. Les années de guerres avaient laissées leurs traces sur moi, autant sur mon physique que sur mon mental. Elle leva le doigt et effleura à peine la marque qui barrait mon oeil.
- D'où as-tu celle là, me demanda-elle curieusement.
Les yeux clos, je soupirai et raffermis l'étreinte entre nous deux.
- C'était pendant une bataille, comme toute les autres, répondis-je, las.
- Je sais, s'esclaffa Lux, mais je veux savoir quand.
- C'était pendant une bataille contre Demacia... Celle où je suis devenu général.
- Raconte-moi, je t'en prie.
Je rouvris les yeux et vis sa main se retirer instantanément de mon visage pour se poser sur mon torse. Je regardai au loin, remémorant la bataille telle qu'elle était. Je revis les corps de centaines de valeureux noxiens qui avaient donnés leur vie pour Noxus et qui avaient perdu la vie au combat, ces pères, ces frères, ces fils... La guerre était essentielle, mais en repensant à toutes les pertes humaines que nous subissons, nous et les demaciens, je trouvais cela toujours aussi déplorable.
- C'était il y a de nombreuses années...
«... Et nous étions en train de perdre la bataille. Les troupes demaciennes nous surpassaient en nombre et mon chef nous demandait, nous ordonnait plutôt, de battre en retraite. Je n'étais pas du genre à reculer devant quoi que ce soit alors j'ai essayé de le convaincre de continuer, car je savais que la victoire était possible. Il jugeait cela trop risqué et refusa catégoriquement de foncer. Alors... Je saisis ma hache et le rayai de la liste. Grâce à mon geste, je pus mener mes hommes à la victoire mais... Cela coûta la vie d'un autre noxien, et cette fois-ci, par ma faute. Mais au fond, qui sait combien d'autres hommes noxiens seraient morts si je n'avais pas fait cela.»
Lux resta silencieuse, balayant son index sur mon torse décoré de marques. Personne ne prononça un mot pendant quelques minutes. Un peu inquiet de l'avoir offensée, je levai son menton et la força à me regarder. Elle me sourit faiblement et posa la tête contre mon cœur.
- Excellente chose que la trêve soit enfin mise en place, marmonna-elle.
- Hmm.
Je passai une main dans ses cheveux et caressai ses cheveux tendrement. À en juger par des soupirs à peine audible, elle appréciait. Mes doigts se baladèrent dans ses boucles jusqu'à ce que je la croyais endormie, confortablement installée sur moi. À ce moment là, elle raffermit sa prise sur moi et posa un petit baiser sur mon cœur.
- Darius? Chuchota Lux.
- Oui? Répondis-je gravement.
- Tu sais ce livre que tu m'as prêté...
- Hmm.
- Je l'aime bien. Je l'ai terminé tout à l'heure.
- Comment se termine-il?
- Eh bien, murmura-elle en caressant mon ventre, le noxien a réussi à libérer son amour et ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps, se cachant à Ionia.
- Je vois.
Je continuai de passer mes doigts à travers sa douce chevelure d'or jusqu'à ce qu'elle tombât réellement endormie. Je savais qu'au fond, savoir que j'avais orchestré plusieurs batailles contre sa nation et tué un bon nombre de demaciens la blessait, mais c'était ça, la guerre. Cela blessait tout le monde, même ceux que l'on voulait à tout prix protéger. Je posai alors un baiser au sommet de sa tête et me laissais partir aussi vers le sommeil qui me guettait depuis un moment.
