Saturne: je me doutais fort que c'était toi ;) et en effet, ils vont le constater assez rapidement selon moi.
Je ne suis pas morte! Aye, navrée pour le gros laps de temps, examens finaux, blocus mental d'écrivain et rank avec mon duo partner (augmentation de deux rang, quand même!) alors voilà, pour me faire pardonner, voici un chapitre un peu plus gros, en espérant qu'il vous plaira aussi!
Le petit enfant devant moi les suppliait d'arrêter. Cela ne fit que les encourager de plus belle. Ils l'insultaient en le traitant de faible déchet pendant qu'ils lui assénaient des coups de pieds dans les côtes. Il pleurait à chaudes larmes et je ne pouvais rien faire d'autre que de le regarder souffrir. Une fois qu'ils en eurent assez, les trois hommes partirent et le laissèrent là, seul et faible dans la nuit sombre. Le petit se recroquevilla sur lui-même et renifla.
- Darius... Souffla-il en sanglotant. Où es-tu grand frère...
Je me réveillai à ce moment-là, inconfortable. Je m'assis lentement dans le lit et pris ma tête entre mes mains, tentant en vain d'effacer ces images de mon esprit. Le poids de mon corps qui se déplaçait réveilla la belle endormie à côté de moi. Elle marmonna mon nom avant de s'agenouiller et d'appuyer ses bras croisés sur mon épaule.
- Ça va? Me demanda-elle doucement.
- Un mauvais rêve, expliquai-je brièvement.
Lux posa momentanément ses lèvres sur ma joue et me caressa l'arrière de la tête. Je tournai un peu la tête en sa direction et rencontrai son petit sourire. J'enroulai un bras autour de sa taille et rivai mon regard dans le sien. Son sourire se figea un peu et je vis transparaître un filtre d'inquiétude dans ses yeux, à cause de mon silence. Nous nous regardâmes pendant de longues secondes avant qu'elle ne rompit le contact en se dérobant. Elle n'avait pas l'air de supporter le silence autant que moi. Je sortis du lit et me dirigeai vers la fenêtre. D'un doigt, je dégageai le rideau blanc et jetai un œil au ciel encore obscur et couvert d'étoiles. Je regardai ces deux étoiles qui brillaient plus que toutes les autres, comme toujours. J'entendis Lux m'imiter et elle vint se poster à côté de moi.
- Il doit être encore très tôt, commenta-elle en laissant échapper un bâillement.
- Tu vois ces deux étoiles là? Lui lançai-je.
- Oui, les jumelles cosmiques comme on les appelle. Qu'est-ce qu'elles ont?
Elle enroula mon bras des siens et se colla sur moi. Ne quittant pas les astres des yeux, me remémorai des souvenirs de jeunesse.
- Quand j'étais jeune, continuai-je, j'étais persuadé qu'elles étaient mes parents qui veillaient sur Draven et moi. D'ailleurs, Draven y croit encore.
- Mignon, commenta-elle en s'esclaffant doucement.
Ses mains glissèrent de sur mon bras pour prendre la mienne. Je me perdis une dernière fois dans mes pensées en observant le ciel parsemé de lumières.
- Regarde Draven, c'est papa et maman, ces deux boules de lumière dans le ciel.
- Sérieux? Woah! Et c'est pour ça qu'elles brillent plus que les autres? Parce qu'ils étaient extraordinaire?
- Oui, mais non. C'est pour que nous soyons capable de les différencier.
- Hmm Hmm... Et quand nous allons mourir comme eux, nous serons nous aussi des étoiles qui brillent?
- Ouais. Nous serons juste à côté d'eux pour toujours.
Je secouai légèrement la tête avant de retourner mon attention auprès de Lux. Je posai mes lèvres sur son front et l'invitai à retourner nous coucher, puisque notre voyage de retour recommençait bientôt. Étendue près de moi, elle sombra en quelques instants. Un bras autour de ses épaules, je l'attirai un peu plus vers moi et rivai mon regard au plafond, attendant que le sommeil ne décidât de me choisir comme proie. Je soupirai profondément et me laissai succomber par les souvenirs et m'assoupis au bout de quelques longues minutes.
Je me réveillai définitivement avec le soleil. Toujours agrippée après moi, la démacienne était encore assoupie. Ne tenant pas à la réveiller une seconde fois, je décidai de ne pas bouger et d'attendre un peu. Avec un peu de chance, les traces que nous avions laissé derrières nous en allant vers Freljord seraient encore présentes, de sorte que retrouver notre chemin soit moins compliqué. Ou bien, il était peut être possible de longer la rivière serpentine, mais de l'autre côté. Cela demandait de la traverser, mais il y avait peut-être un moyen de le faire avec un bateau traversier ou quelque chose du genre. Je ne tenais pas vraiment à refaire tout le chemin, surtout puisqu'il pouvait s'avérer à être relativement dangereux.
Je sentis sa main, posée mollement sur mon torse, bouger un peu. Je tournai un peu la tête et entendis Lux gémir faiblement. Elle fronça les sourcils avant d'ouvrir les yeux. La démacienne mît quelques secondes à proprement se réveiller avant de me sourire.
- Bon matin, chantonna sa voix.
- Bon matin, répondis-je gravement.
Elle me serra un peu avant de s'asseoir dans le lit. Lux s'étira en baillant, les cheveux en bataille et le teint rosé. Avec le mince rai de lumière qui entrait par la fenêtre et qui tombait directement sur elle, elle me faisait penser à un ange. Je me redressai et m'appuyai sur mes coudes, la regardant simplement. La jeune femme débarqua du matelas et, me faisant dos volontairement, se dirigea d'un pas rapide vers la salle de bains, agrippant des vêtements au passage. Esquissant un sourire, je l'imitai et m'habillai. Remettre toutes les pièces de mon armure prenait du temps. Quand Lux sortit de la salle de bains, elle approcha et me tendis ses mains pour que j'y pose mon bras dessus. Habilement, elle lassa mon morceau pour mes avants-bras. Je lui adressai un hochement de tête pour la remercier et elle me répondit de son sourire lumineux. Elle alla ensuite se munir d'une brosse et démêla ses longs cheveux blonds. Ces derniers tombaient en douces cascades dorées sur ses épaules, une fois dénoués. Quand nous fûmes prêts, nous quittâmes la chambre d'invités par aller remercier la reine de son hospitalité. Cette dernière, déjà sur son somptueux trône, nous accueilli avec gentillesse et nous informa que nous étions les bienvenus à Freljord en tout temps. J'appréciais vraiment la politesse de cette femme. En gardant une distance qui semblait froide entre nous deux, Lux et moi nous dirigeâmes vers la sortie. Soudainement, le roi Tryndamere nous intercepta et me prit l'épaule.
- Général Darius, Dame Luxanna, nous salua-il. Vous partez déjà?
- Il le faut, lança Lux avec entrain. Mes parents doivent s'inquiéter!
- Attendez donc un peu, marmonna le roi dans sa barbe. J'ai peut-être de la place pour vous deux dans le bateau de commerce que j'ai envoyé pour Demacia...
- Quand lève-il l'ancre? Demandai-je.
- D'ici une heure ou deux, si je ne m'abuse, marmonna Tryndamere en réfléchissant.
- Ça serait très aimable de votre part, votre Majesté, répondit la démacienne.
- Ce n'est rien. Je tenais d'abord à m'excuser de la conduite de mes hommes hier soir, dame Luxanna.
- J'ai entendu pire, ne vous en faites pas, gloussa Lux. Au fait, est-ce vrai ce que l'on raconte à propos de vos aigles de glace?
Le roi fronça légèrement les sourcils. Je fis de même, ne sachant pas à quoi elle faisait allusion.
- Les messagers de ma femme? S'enquit-il. Ces oiseaux qui envoient des lettres partout dans Runeterra?
Lux acquiesça en hochant la tête et sourit légèrement. Le roi esquissa un sourire et croisa ses bras.
- Oui, c'est bien vrai. Voulez-vous envoyer une lettre à quelqu'un, mademoiselle Luxanna?
- Si possible, implora-elle. J'adorerais informer ma famille de mon état.
- Soit, accepta le barbare. Si vous trouvez des boîtes aux lettres dans la ville, vous pourrez y déposer vos messages, chaque jour nous envoyons des aigles de glace.
Lux le remercia et nous nous dirigeâmes vers le port grâce aux indications précises du roi barbare. Ce dernier nous assura qu'il y avait moyen d'embarquer nos montures dans le navire et de les installer dans la cave du bateau. Nous avions réussi à nous dégoter une chambre pour deux dans les quartiers relativement riches du bateau. Comme nous avions environ une demi-heure devant nous avant que le bateau ne leva l'ancre, nous pouvions nous mettre à la tâche. Lux s'empressa d'écrire trois longues lettres et elle fut surprise que je décide d'en écrire également. Elle me regarda en haussant un sourcil et en s'esclaffant.
- À qui donc écris-tu? Me demanda-elle.
- À mon frère, répondis-je tout bonnement.
J'avais en effet écrit un petit mot pour mon frère, mais je comptais plutôt écrire quelque chose à Lux, de sorte qu'elle aille quelque chose qui puisse lui rappeler que j'étais toujours là, qu'elle garde un morceau de moi. La lettre que j'avais écrite pour Draven était relativement simple.
Cher Draven,
C'est moi, ton frère. Je suis toujours vivant. J'espère que tu as été sage pendant mon absence et que je ne t'ai pas trop manqué. Je devrais arriver à Demacia sous peu.
Darius
Pour la lettre de Lux, j'y avais été moins rudement et plus aimablement. C'était difficile pour moi d'écrire quelque chose qui pouvait avoir l'air romantique. Ce n'était pas du tout dans mes veines, la romance, mais j'avais tout de même essayé d'écrire quelque chose de beau.
Chère Luxanna,
Je tenais à t'écrire ces lignes pour que tu puisse te souvenir de moi. Les paroles s'envolent mais les écrits restent, dit-on. Je tenais simplement à ce que tu saches que tu comptes beaucoup à mes yeux, que tu hantes mes rêves et que j'ai bien peur que je ne sois pas en mesure de m'échapper du sort que tu as lancé sur moi. J'aurais sincèrement préféré te rencontrer dans de meilleures circonstances...
Avec tout le respect que je te dois,
Une personne qui t'aime.
J'écrivis cette dernière lignes les lèvres pincées. Il fallait bien entendu que je signe le mot d'une manière que seule la dame de la lumière pouvait comprendre. Je me relis quelques fois et décidai finalement d'envelopper les deux lettres et les mis une par-dessus l'autre. Je me levai et tendis la main à Lux. Elle me remis quatre lettres. Je haussai un sourcil, lui demandant silencieusement à combien de personnes pouvait-elle bien vouloir écrire. La démacienne s'esclaffa légèrement devant mon air intrigué.
- une pour mes parents, m'expliqua-elle, une pour Garen et deux pour mes proches amies Sona et Quinn.
Je me contentai de hocher la tête. Elle était une amie de la musicienne que mon frère avait dans sa ligne de mire? En même temps, Lux était bien trop amicale et sociable pour que cela puisse surprendre quelqu'un. Je me dirigeai vers les boîtes aux lettres non loin du port et y déposai cinq enveloppes pour Demacia et une pour Noxus. J'aimais bien le concept d'utiliser les aigles de la reine pour envoyer des lettres. Le principe était ingénieux et nous aurait évité de nous taper tout ce transport, à Lux et moi. Mais à bien y réfléchir, sans cela, aurais-je découvert une tout autre Lux que celle que tous connaissaient? Probablement pas. Il fallait bien être avec elle pendant des moments en dehors de la modestie et des manières pour apprendre à bien la connaitre.
Je me retournai et rentrai vers le bateau. Du coin de l'œil, je vis des écuyers qui faisaient monter nos montures à bord. Personnellement, je n'avais jamais entendu parlé de chevaux sur un navire, mais tant que la traversée vers Demacia était faite, rien ne m'importais. Je détestais devoir faire semblant que je ne blairais pas cette démacienne, je haïssais le fait d'avoir à accepter de prendre une voie plus courte pour rentrer plus tôt et je maudissais le fait que nous étions de deux nationalités différentes. Il était vrai que Demacia et Noxus étaient en trêve, mais cela n'empêchait pas le fait qu'une union entre ces deux villes serait mal vu, surtout entre deux personnes très hautement placé dans la hiérarchie. En tant que général du haut commandement de Noxus, mon devoir était de mener des troupes, non seulement à la guerre, mais à la victoire et de montrer à tout ces citoyens ce qu'est la vraie force et ce qu'est qu'un bon noxien. Tandis que Luxanna, elle, se devait d'être littéralement une sainte, pas de relation sexuelle avant le mariage, marier un noble ou l'équivalent. Cela me faisait suer au plus haut point, toute cette merde.
Je jetai un œil aux alentours, une fois à bord. Je vis Lux qui bavardait avec une corsaire. J'étais étonné qu'il y avait quelques femmes sur le navire hormis la demacienne. En même temps, la reine Ashe était la femme qui dirigeait cette nation. Elle avait plus de pouvoir que le roi Tryndamere, si j'en croyais ce que je voyais. Un peu comme une société où la femme avait sa place et son mot à dire dans tout.
Après quelques préparatifs de dernière minute, on leva l'ancre et le bateau commença sa traversée jusqu'à Demacia. Je lançai des petits coups d'yeux furtifs vers Lux, m'assurant qu'elle allait bien et que personne ne l'importunait. Elle avait l'air d'aller relativement bien. J'espérais mentalement qu'elle n'eut pas le mal de cœur. Je cherchai du regard le conducteur du bateau, sachant qu'ils étaient toujours bavard. Les mains derrière le dos, l'air noble et sérieux, je me dirigeais vers ce dernier et me postais à côté de lui. Je regardai droit devant moi la mer gelée. Quelques oiseaux volaient proche de la terre ferme. Le vent frais caressait ma peau et soufflait doucement sur ma cape rouge. Le conducteur me salua d'un hochement de tête.
- Bienvenue à bord, général Darius, me lança-il avec respect.
Je lui retournai sa salutation en inclinant la tête. Je relevai le menton et admirai le paysage devant moi.
- La mer semble bonne, commentai-je en ne quittant pas les vagues des yeux.
- En effet. Douce et paisible, comme je l'aime.
Un moment de silence régna entre nous deux, le seul son qui flottait dans l'air étant les discussions entre les marins et le vent qui sifflait. J'avais pris quelques fois le bateau pour mes déplacements lors de mes missions et j'avais toujours apprécié cela. C'était paisible malgré la présence de bien des gens. Sans parler du fait que le bateau qui tanguait au rythme des vagues offrait un excellent endormissement quand venait le temps de sombrer dans le sommeil. J'inspirai profondément l'air frais et profitai de sa pureté. Le navigateur à côté de moi s'esclaffa, ce qui attira subitement mon attention. Je tournai la tête vers lui et haussai un sourcil, le questionnant silencieusement sur cette subite hilarité. Il sourit et pointa devant lui avec son menton.
- Il semblerait que notre invitée démacienne n'apprécie pas la mer, expliqua-il.
Je reportai mon regard sur le navire et vit en effet la jeune blonde penchée dessus le rebord du bateau, se faisant caresser le dos par la femme qui discutait avec elle un peu avant. J'avais bien envie d'aller m'occuper d'elle, mais...
- En effet, marmonnai-je.
L'homme se racla la gorge.
- Alors, général, continua-il, votre voyage vers Freljord s'est bien déroulé?
- Oui, très bien.
- La démacienne ne vous à pas posé problème? S'enquit-il.
Je réalisai à ce moment que je la fixai et décidai de continuer ma contemplation des vagues bleues.
- J'aurais préféré voyager seul, bien entendu, mentis-je. Mais bon, je n'avais pas le choix.
Le navigateur hocha la tête, les lèvres pincées avant de lancer un ultime commentaire.
- Malgré sa faiblesse en mer, je dois avouer que cette fille à l'air d'en avoir en dedans!
Je ne répondis rien et quittai, restant de marbre. Il avait bien raison. Elle avait beau avoir le mal de mer, Lux restait la femme la plus forte que j'avais rencontré dans toute ma vie, et j'en avais rencontré un bon nombre. Elle n'avait probablement pas la vitesse et l'agilité de Katarina Du Couteau, ni la mesquinerie et la tromperie d'Emilia Leblanc, ou encore la sorcellerie de Morgana, mais Luxanna avait en elle cette lumière qui brûlait de mille feux. Elle avait le cœur tendre et qui avait été longtemps fendu, mais elle a su se créer un masque de joie et duper tout le monde avec. Elle était l'incarnation de la joie, de l'optimisme et du positif malgré son âme torturée, et c'était là qu'elle puisait toute sa force. C'était ce que j'avais appris sur elle, entre autres, en voyageant avec cette démacienne. D'une certaine façon, elle avait gagné tout mon respect. Lux avait su, comme moi, rester forte dans les moments les plus difficiles de sa vie.
Ne sachant quoi faire, je décidai d'aller vers la proue et de continuer mes réflexions là-bas. Je me demandais ce qu'il allait arriver à mon retour à Noxus. Comment allais-je parvenir à faire entretenir une relation avec cette femme sans éveiller aucun soupçons et en continuant d'œuvrer en tant que général d'armée. Penser à mon armée me fit questionner sur son état. J'espérais de tout cœur que tout allait bien en mon absence, que mon frère se comportait convenablement et ne s'ennuyait pas trop. J'essayais de comprendre les émotions que je ressentais envers tout le monde. J'avais l'air si indifférent et rude envers tout ce qui m'entourais, alors qu'au fond, il y avait des choses auxquelles j'accordais de l'attention et de l'importance. Mon frère était une preuve vivante. Tout le monde croyait que je souhaitais qu'il me fichât la paix, une bonne fois pour toutes, probablement car ils me voyaient toujours exaspéré quand il faisait des conneries. Mais au fond, je l'aimais, mon frère. Un vrai grand gamin, mais mon préféré. Il n'y avait qu'avec lui que je réussissais à avoir du plaisir quelques fois, à m'amuser et à déconner quand personne n'était aux alentours. Avec lui et... Lux. J'entendis alors des bruits de pas. Les siens. Elle approcha et, les bras entourant son ventre, se posta à ma droite.
- Bonjour général Darius, me dit-elle faiblement et le plus formellement possible.
- Bonjour mademoiselle Crownguard, répondis-je le plus froidement possible. Un problème?
Elle ne sembla pas insultée par ma rudesse, sachant très bien que c'était pour faire bonne figure. Ou bien elle l'était et le cachait à merveille.
- Non non, marmonna-elle. Je voulais simplement savoir combien de temps durera le voyage en bateau.
- On m'avait parlé de deux semaines, l'informai-je. Peut-être un peu moins.
- Merci général Darius.
Je hochai la tête, le regard sérieux et froid, et continuai d'observer droit devant moi. Du coin de l'œil, je vis qu'elle avait un teint d'une pâleur extrême à cause du mal de mer. La pauvre... Elle se racla la gorge pour attirer mon attention. Je posai les yeux sur elle sans bouger mon visage.
- Je serai dans la chambre, si vous me cherchez, me lança Lux.
Je ne répondis rien et fis mine de l'ignorer. Je savais pertinemment qu'elle ne me disait pas cela pour rien. C'était une invitation. J'attendis qu'elle parte et qu'elle soit déjà vers les chambres à l'étage du dessous avant de me diriger vers la même place. Afin de ne pas me faire remarquer, je décidai de marcher lentement et de scruter les détails du bateau. Le navire était beau et bien fait, si je me basais sur mes connaissances maritimes. Je devais admettre que la flotte de Freljord avait l'air bien équipée. Une fois rendu en bas, je fis un petit détour afin d'avoir l'air de vouloir tuer le temps. Au bout d'un moment, je perdis moi-même patience et allai directement vers la chambre que l'on nous avait attitré. Il y avait deux lits de taille simples superposés, un petit bureau et quelques étagères. C'était apparemment une chambre d'invités très importants puisque nous bénéficions d'une table et d'étagères. D'ailleurs, nous étions non loin de la trappe pour montrer en haut, de sorte qu'en cas d'évacuation, nous étions les premiers à sortir. Sur un des lit se trouvait Lux, plongée dans le livre que je lui avais donné. Je déposai ma hache sur la table. Le bruit du métal la fit sursauter et elle leva la tête vers moi.
- Tu relis ce bouquin? M'enquis-je en fermant la porte derrière moi.
- Pourquoi pas? Me répondit-elle en souriant. C'est une belle histoire.
- Hmm.
Je retirai mes pièces d'armure pendant que la jeune démacienne marquait sa page et se levait. Elle s'étira longuement tandis que j'enlevai le dernier morceau de mon accoutrement. Une fois débarrassé de ce second corps lourd et métallique, j'allai tout droit à sa rencontre. Je saisis brusquement sa taille, la collai contre moi et attaquai son cou. Je l'entendis d'abord retenir son souffle par surprise et ensuite soupirer d'aise. Je savais que je tenais là un point faible. Une de ses mains remonta et caressa mes cheveux. Je l'entendis souffler mon nom et je continuai mon chemin, menant ma bouche vers la sienne. Nous avions tous les deux soif l'un de l'autre. Quand je la libérai, elle me regarda avec un regard suppliant. Ce regard qui voulait tout dire. Elle mordit sa lèvre, un peu incertaine. Je ne tenais pas à faire cela dans un bateau, au plus profond de mon être, je voulais faire en sorte que cela se passe dans de meilleures conditions et que ce soit un moment mémorable pour elle. La connaissant, je savais que cela allait marquer sa vie, et je ne tenais pas qu'elle se souvienne qu'un beau jour, le général Darius l'a prise dans un bateau de Freljord alors qu'ils revenaient d'une mission. Cependant, une autre partie de moi voulait la prendre sur le champ et l'envoyer au septième ciel. Je pris sa joue dans ma paume et la caressai du pouce.
- Lux, tu veux vraiment que ça se passe ainsi? Murmurai-je.
- Je... Je ne sais pas, me lança-elle en hésitant. Je... J'ai peur.
- C'est normal, la réconfortai-je. C'est quelque chose d'important pour toi.
Elle ne dit rien et détourna la tête, fuyant mon regard sérieux. Délaissant sa joue, je l'entourai de mes bras et la serrai un peu plus fort contre moi. Je déposai mon menton au dessus de sa tête et passai une main dans son dos, l'effleurant assez pour la caresser.
- Ne t'inquiète pas, marmonnai-je. Je saurais rendre cet instant-là mémorable pour toi.
Je me détachai pour voir son visage. Elle semblait normale, un peu comme si elle comprenait qu'accélérer les choses ne servirait à rien et que cela n'en aurais pas valu la peine. Je posai rapidement mes lèvres sur les siennes pendant un bref instant, soulevant son menton.
- Maintenant sois sage, lui lançai-je sérieusement. Je vais aller voir le capitaine.
Lux se contenta de hocher la tête et me laissa partir sans rien ajouter. Soit elle comprenait que je devais m'efforcer d'avoir l'air de la détester, soit quelque chose la tracassait. Malheureusement, peu importe ce qui se passait, je ne pouvais pas traîner plus longtemps sans éveiller des soupçons. Quand je sortis, il y avait une petite table de marins qui jouaient à un jeu de carte quelconque. Il était déjà rendu tard, la journée avait bien avancé. Je me rendis au cabinet du capitaine du navire, histoire de lui rendre une petite visite et me renseigner. L'homme était derrière un bureau de bois en train de regarder ce qui m'avait l'air d'une carte et traçait quelque chose avec une plume à côté. Quand il m'entendit entrer, il leva la tête et eut un sourire en coin.
- De la visite surprise, bonjour général Darius, m'accueilla-il. Cela fait des lustres que nous ne nous sommes pas vus.
- Bonsoir Shay, lui répondis-je en inclinant la tête.
Shay avait longtemps été capitaine de bateau à Noxus, mais nos valeurs ne semblaient pas l'attirer plus qu'il ne le fallait. Il s'était donc tourné vers Freljord, selon les rumeurs, pour aller rejoindre une connaissance et recommencer sa vie.
Il s'installa confortablement dans sa chaise et m'invita d'un geste de la main à prendre place sur le fauteuil devant lui. Ses yeux m'avaient toujours perturbé un peu; ils étaient d'un orange brûlé, une couleur peu commune chez les humains, disons. Il devait avoir un petit quelque chose de différent chez Shay, mais je n'en tenais pas compte. D'un tiroir, il sortit une bouteille de rhum et deux verres en bois, typiquement marin. Il servit deux verres de boisson et m'en tendit un que j'acceptais volontiers.
- Alors général, quoi de neuf dans ta vie? S'enquit-il.
- Rien de bien nouveau...
- Ne joue pas à ça avec moi, Darius, me lança-il avec un sourire narquois aux lèvres. Il doit bien avoir quelque chose pour que tu te retrouve à Freljord... Et accompagné d'une personne aussi charmante...
Il me fit un clin d'œil salace et je levai les yeux au ciel.
- Elle est démacienne, maugréai-je. Et puis nous sommes en mission.
- Ah bon? M'interrogea-il, les sourcils froncés, l'air de se questionner. Depuis quand les noxiens font affaire avec des démaciens? Et surtout toi!
Je pris une gorgée de rhum, enfin, je calai plutôt la choppe et m'essuyais la bouche du revers de la main, gardant mon regard fixé sur le bureau.
- Je n'ai pas eu le choix, commençai-je. Swain et le petit prince ont fait un pacte de paix et ils ont jugé qu'envoyer un émissaire de chaque ville porter un message à Freljord était une bonne idée...
Shay éclata de rire et posa nonchalamment ses pieds sur son bureau. Il bu un coup de rhum et prit un air surpris.
- Eh bah, les temps changent! S'exclama-il. Au fond, on est tous tanné de la guerre, non?
- La guerre, c'est mon métier, commentai-je avec un sourire en coin.
- En effet, s'esclaffa le capitaine. Comment s'est passé cette mission? Pas trop pénible avec mademoiselle?
Je levai les yeux au ciel et reculai un peu, croisant les bras sur mon torse.
- J'aurais franchement aimé mieux faire ce voyage seul, maugréai-je.
- Darius le loup solitaire, tu n'as pas changé, mon ami!
- Solitaire sauf quand il s'agit de la guerre, rectifiai-je.
Il leva son verre et l'entrechoqua avec le mien. Nous discutâmes encore pendant un bon moment. J'appris qu'il s'était marié avec une corsaire, l'autre femme qui était sur le bateau et qui discutait justement avec Lux plus tôt et qu'ils essayaient tous les deux d'avoir un enfant. Apparemment, leurs tentatives récentes avaient échoué, la pauvre femme eut droit à une fausse couche. Shay s'était établi à Freljord, car il trouvait vraiment que les noxiens en général manquaient franchement de cœur et de bonté et il avait toujours aimé la paix, chose qu'il ne voyait pas chez Noxus. Il n'avait pas tord, depuis ma tendre enfance, je baignais dans la guerre et la violence.
Plus tard, la femme de Shay entra dans le bureau et vint l'informer qu'il était rendu tard et qu'elle allait se mettre au lit. J'en profitai également pour prendre congé et retourner dans ma chambre. Quand je sortis, je vis les quelques marins de nuit encore en train de jouer aux cartes tandis que les autres étaient couchés un peu partout. Nous étions vraiment chanceux de bénéficier d'une chambre, Lux et moi. C'était réellement parce que nous étions des invités. Quand je rentrai dans la chambre que nous partagions, Luxanna était encore en train de lire le livre, avec une petite boule de lumière au dessus d'elle pour continuer sa lecture. Elle sursauta quand elle m'entendit rentrer. Quand nos yeux se rencontrèrent, je vis une petite lueur s'illuminer à l'intérieur et un sourire naquit sur ses lèvres.
- Salut, me chuchota-elle.
- Bonsoir, répondis-je. Je déduis que tu prends le lit du bas.
Elle fronça des sourcils et inclina un peu la tête, ne saisissant pas. Je soupirai légèrement.
- Les portes ici ne se barrent pas, expliquai-je. Si quelqu'un devait entrer par mégarde...
- Je vois...
Elle baissa la tête, visiblement déçue de ne pas pouvoir dormir avec moi. Je levai les yeux au ciel et m'approchai d'elle. Je retirai mon chandail et le lançai vers mes équipements qui traînaient sur la table que nous avions. D'un doigt, je levai son menton, la forçant à me regarder.
- Bonne nuit, Lux, murmurai-je.
Elle n'eut pas le loisir de me répondre puisque ma bouche était déjà soudée à la sienne. Pendant de longues secondes, nos langues se bagarraient pour dominer l'autre, une vraie guerre de passion si l'on voulait. Je la délaissai une fois qu'elle fut hors d'haleine et pris l'échelle pour monter sur le lit supérieur. Je l'entendis chuchoter un bonne nuit et m'étendis paisiblement sur le matelas de paille. Fermant les yeux, je me laissais bordé par le bruit des vagues, le seul son qui pouvait couvrir les marins qui riaient et jouaient aux cartes à l'extérieur.
Après plus ou moins trois heures, j'entendis quelque chose. Des genre de bruits de pas, assez lourds pour être entendus, mais assez furtifs pour déduire que quelqu'un essayais de sortir sans se faire remarquer. Cependant, j'avais le sommeil léger. J'ouvris péniblement les yeux et regardai autour de moi une fois assis sur le lit. Je jetai un oeil en dessous et n'entendis pas le léger ronflement de mon accompagnatrice demacienne. D'un bond, je descendis du lit et tombai nez à nez avec un second lit vide. Lux avait quitté la chambre. Je commençai à me demander ce qu'elle pouvait bien faire dehors à une heure pareille et surtout, je me demandais ce qui avait bien pu lui arriver. J'avais entendu un bon nombre de jeunes femmes violées ou abusées sur un navire tard le soir. Les marins qui se saoulaient comme des trous étaient des agresseurs potentiels, je le savais. Et honnêtement, cela m'inquiétait.
Sans prendre la peine de me revêtir, je sortis en pantalon de cuir. En même temps, tout les autres marins avaient une tenue semblable à la mienne, cela ne me dérangeais pas. Quand je fus à l'extérieur, je remarquai que tous les hommes étaient ivres mort et dormaient. Aucun ne pouvait vraiment m'aider. Je décidai de faire une brève recherche sur l'étage du bas et ne trouvais aucune démacienne. Elle devait alors être dehors. Je montai les escaliers qui menaient sur le pont. Il n'y avait personne hormis le conducteur du bateau... Et Lux. Elle se trouvait à l'extrémité du navire, à la proue, en train de regarder droit devant elle. Prenant soin de ne pas être vu par l'autre homme, je me dirigeai vers Lux d'un pas rapide. Plongée dans ses pensées, elle ne m'entendis pas arriver et sursautai quand je pris son épaule dans ma main. Elle se retourna immédiatement et me lança instinctivement une cage de lumière.
- Charmant, commentai-je.
Ses lèvres prirent une forme de «O» et elle rougit aussitôt.
- Oh pardonne-moi, j'ai eu peur, s'excusa-elle en défaisant immédiatement la cage magique.
- Que fais-tu dehors au beau milieu de la nuit, grondai-je.
Lux croisa les bras et eut un petit sourire en coin.
- Tu n'es pas mon père, mon cher Darius, me taquina-elle. Je fais ce que bon me semble.
Je ne trouvais pas sa blague très drôle et elle le vit sur mon air sérieux et mes sourcils froncés.
- C'est dangereux d'être seule sur un navire en pleine nuit, Luxanna, grognai-je.
- Je n'arrivais pas à dormir et j'ai décidé de prendre un peu d'air, c'est tout, s'expliqua-elle.
- Tu aurais dû me réveiller.
La démacienne roula des yeux, tourna les talons pour me faire dos et fit un pas vers la proue.
- Je suis capable de faire des choses par moi-même, Darius, soupira-elle. Je n'ai pas besoin d'être constamment supervisée.
Un peu frustré par cette discussion qui revenait toujours, je pris son poignet et la forçai à me faire face. Je détestais employer la force avec elle, mais je devenais à bout de patience.
- Écoute, Luxanna, grondai-je, j'ai déjà été sur des navires, je sais ce qui arrive aux jeunes femmes imprudentes qui se promènent seules tard le soir, alors j'aimerais bien que tu m'avertisse si tu veux sortir.
Fronçant les sourcils, elle dégagea sa main avec un mouvement brusque. Elle croisa ses bras sur sa poitrine et me regarda avec une lueur un peu en colère.
- Pourquoi tu dois toujours me surveiller comme un enfant, cracha-la jeune femme.
Je soupirai et fermai les yeux.
- Parce que je m'en fais pour toi, voilà tout, marmonnai-je.
- Je sais me défendre, Darius, répliqua-elle en levant les yeux au ciel.
- Lux, commençai-je.
Je marquai une pause, cherchant comment formuler ma phrase. Je regardai au plus profond de ses yeux et essayais de puiser la force à l'intérieur de moi pour lui dire. Elle attendait que je dise quelque chose, mais les mots ne venaient pas. C'était pourtant vrai, je me faisais un sang d'encre quand je songeais à la possibilité qu'il puisse lui arriver quelque chose, et je savais pertinemment pourquoi je me sentais de la sorte. Je devais simplement mettre cela au clair et me l'avouer, à moi-même. Je devais arrêter de le cacher et de me mentir, je devais l'admettre et surtout le lui dire. Dans la mesure ou un lendemain n'arrivait jamais, je ne voulais pas ne plus jamais la revoir sans qu'elle sache comment je me sentais.
- Je m'en fais pour toi, continuai-je, tout simplement parce que... Je t'aime, bon. Et je ne veux pas que quelque chose t'arrive.
Je vis la flamme de son regard se dissiper peu à peu pour se transformer tranquillement en émotion. Elle n'en pleurait pas, elle était tout simplement touchée. Lux savait très pertinemment que je ne partageais pas mes émotions et sentiments envers qui que ce soit, et pourtant, j'avais réussi à lui dire concrètement que je l'aimais. Elle baissa la tête et s'enfouit dans mon torse. Je refermai mes bras sur elle.
- Je te jure que j'ai essayé, marmonna-elle.
- Hmmm?
- De rester fâchée contre toi. Mais je n'y arrive jamais. Je t'aime aussi.
Je gardai le silence pendant un instant, laissant mon regard porter au loin. Je devais admettre que la lune d'argent qui éclairait la mer offrait une vue splendide. La nuit avait toujours eu don de me fasciner. Sombre et élégante, mais en restant éclatante à sa manière. Je jetais un petit coup d'œil derrière moi, tout juste assez longtemps pour m'assurer que le navigateur ne nous avait pas vu et reportai mon attention sur Lux. Je décidai donc de lui poser la question qui me trottait dans la tête depuis mon éveil.
- Pourquoi ne dormais-tu pas, Lux?
Toujours enfouie contre moi, elle tourna légèrement la tête pour regarder elle aussi la mer argentée.
- Ma famille me manque et je ne sais pas quoi leur dire à mon retour, murmura-elle.
- Que veux-tu dire? M'enquis-je.
Elle soupira avant de continuer.
- Mes parents veulent me marier. Comme je suis rendue à vingt trois ans, ils jugent que je dois me trouver un mari rapidement et assurer la descendance de ma famille.
- Je vois.
- Mais pour moi, souffla-elle, mariage rime avec amour... Et le seul homme que j'aime est impossible à marier.
Elle me serra plus fort et je gardai le silence, ne sachant quoi ajouter. Pendant un moment, j'avais oublié qu'elle était issue d'une famille noble et riche, et que son devoir était principalement de se marier et d'avoir des enfants avec un autre noble ou un prince. Cependant, juste imaginer un autre homme poser les yeux sur elle me rendait agressif et je ne tenais pas à la voir dans d'autres bras que les miens. J'avais l'impression de devenir extrêmement possessif envers elle, mais elle m'avait rendu littéralement fou d'elle. Je ne savais pas trop ce que je devais faire avec ce truc de mariage, mais je comptais bien trouver une solution à ce problème. Il étais hors de question qu'elle épousât un autre homme, il ne fallait pas que cela arrive. Si cela devait se produire, cela aurait le don de briser le cœur que j'avais peut-être au fond du torse. Je lui promis alors que j'allais trouver un moyen de remédier à la situation et l'invitai à retourner nous coucher. Il faisait froid sur le pont. Tellement que quand nous rentrâmes dans la chambre, Lux étaient encore froide.
- J'ai froid, Darius, me dit elle avec des yeux suppliants.
- Oui je sais, mets ceci.
Je lui tendis sa cape de fourrure et elle la vêtis immédiatement, en quête de chaleur. Cependant, même vêtue de la fourrure, elle continua de me dévisager avec ces yeux doux. Elle cligna des cils, se voulant charmante. Je levai les yeux au ciel et soupirai.
- Juste pour cette nuit, grommelai-je.
Elle sourit de toutes ses dents et ses joues rosirent un peu. J'allai m'installer au fond du lit inférieur, essayant de lui laisser le plus de place possible. Toute heureuse, elle vint me rejoindre et se collait contre mon corps chaud. Il était vrai qu'elle était gelée, mais la fourrure aurait suffit à la réchauffer en un rien de temps. Seulement un prétexte pour que je dorme avec elle cette nuit-là. Et elle savait malheureusement qu'elle pouvait gagner contre moi avec ses yeux doux... En même temps, je devais admettre qu'être à ses côtés pour la nuit ne me déplaisait pas. Sentir son cœur battre au rythme du mien et sentir son souffle chaud sur ma peau, tout cela était bien agréable. Plus j'y pensais, et plus je me disais que oui, je l'aimais vraiment, cette petite magicienne de Demacia.
