Disclaimer: Pas à mouuuah.
Note : Je m'excuse d'avance pour cette nouvelle fic, qui a été nourrie par la folie actuelle. (J'ai cédé à la tentation le 2, ficelé le plan le 3 et enfin réussi à terminer ce chapitre cette nuit !) J'attends donc vos retours... Surtout que, c'est censé être drôle !
Rating : Rien ne va plus, c'est bien du M !
Note importante : On organise un fest d'écriture sur HP - la date limite est le 16 août. Mais même sans participer, si vous voulez venir échanger des fics, des fanarts, parler écriture, ou juste papoter, on a un discord très sympa ! ;) Toutes les infos sont sur mon profil !
Mille mercis à ma beta, mon alpha, la fabuleuse : cinnamonbun24 qui me conseille même quand je la spamme de poésie française, et qu'elle n'y comprend rien. ;)
Bonne lecture !
Lodestar
I
« Par delà les confins des sphères étoilées »
— Baudelaire, « Élévation » in Les Fleurs du Mal
Le couloir, sombre et lugubre, était vide, éclairé seulement par le clair de lune qui pénétra derrière ses pas lorsqu'elle poussa la porte.
« C'est bon, tu l'as ? »
Dans le silence de la pièce, la voix chuchotée résonnait comme un cri.
« Moins fort », murmura la jeune fille.
Soulevant sa robe, Hermione en sorti l'ingrédient qu'elle venait de subtiliser dans les réserves du professeur de potions. Elle échangea un regard avec son meilleur ami, sourire en coin, avant de lui adresser un clin d'œil.
« Pour qui me prends-tu ? »
Il émit un petit sifflement, ses yeux verts scintillants dans l'obscurité.
« Clairement, pas pour la bonne personne ! »
Elle s'approcha doucement, reniflant d'un air circonspect tandis que le brun s'impatientait.
« Dépêche-toi, la potion ne va pas attendre éternellement. »
Fronçant les sourcils, la brune croisa les bras d'un air dédaigneux.
« Ça ne sert à rien que je joue les voleuses si tu ne peux pas surveiller un chaudron plus de vingt petites minutes... »
Soupirant, il s'immobilisa également, baguette à la main.
« Ramène tes fesses ici, Granger. »
Le sourire de la fille s'élargit un peu plus :
« Sinon quoi, exactement ? »
Levant les yeux au ciel, le jeune brun soupira :
« Je croyais qu'on n'avait pas le temps… »
Avec un petit rire, Hermione s'approcha du récipient avec assurance.
« T'inquiète, je gère. »
Elle poussa son ami d'un coup de hanche et se pencha sur la préparation, qui semblait parfaite. Mais Hermione ne se fiait qu'à l'exactitude et la précision de leur travail. Les dangers étaient trop importants avec le breuvage en question.
« A vrai dire », commença-t-elle d'un ton taquin, « je ne suis pas sûre que tu as besoin de cette potion. Tu as déjà la chance de me connaître. »
Sans arrêter pour autant de réduire en miettes la coquille de l'œuf d'Occamy, il ricana :
« Je ne change pas d'avis, Hermione. Si je t'invite cet hiver - et je t'invite, nom d'une pipe ! - on a besoin de tous les bons auspices qui soient. »
Elle l'observa en silence ajouter la poudre, et remua doucement.
« Ton père sera absent, je suis majeure désormais, et toi aussi bientôt... »
Il ralluma le feu, l'air agacé, le regard furieux comme à chaque fois qu'elle mentionnait son unique parent.
« Tu ne connais pas mon père, et c'est mieux ainsi. Ne prenons pas de risques. »
Grimaçant, la jeune femme tenta de contenir le reproche qui suintait dans ses propos :
« Tu connais mes parents pourtant, Théo. »
Car c'était vrai : les Granger adoraient le jeune homme, toujours poli et distingué en leur présence. Mais ce n'était nullement étonnant : bien qu'étant relativement absent, son père avait veillé à ce que son unique fils reçoive une éducation aristocratique digne des Nobles Familles. Théodore Nott était donc, aux yeux de sa pauvre mère, un parfait gentleman. Si elle savait...
« Tes parents sont dentistes, Hermione. »
Sa voix sèche claqua dans le calme de la pièce qu'ils avaient déniché et utilisaient depuis des mois pour la confection de potions. Leur modeste havre de paix, où Hermione oubliait parfois le reste du château, de l'école, du monde.
Elle détourna la tête, se refusant à la baisser, mordit ses lèvres. Il était compliqué, d'être Née-moldue dans le monde magique, dans cette société où tout semblait régi par la naissance, par le statut, par la caste. Elle avait beau essayer, Hermione n'avait pas toutes les connaissances, tous les codes, et oubliait parfois qu'elle demeurait une éternelle pièce rapportée. D'autant qu'elle détonnait fortement : une Gryffondor qui étudiait autant qu'une Serdaigle, et dont le seul ami était un Serpentard...
Hermione détonnait trop des conventions, trop pour qu'on lui accorde le bénéfice du doute, trop pour qu'on l'accepte. Et même si cela lui importait peu d'ordre général, elle aurait aimé ne pas se sentir exclue de la vie de son meilleur ami.
Comme s'il avait senti qu'il l'avait blessé, ce dernier posa sa main sur sa joue, la caressant avec douceur.
« Mon père n'est pas important. Toi, tu l'es. Et je te promets que tu rencontreras toutes les autres personnes qui comptent pour moi à Noël. »
Elle croisa son regard, se noyant dans le vert de ses yeux et Hermione sourit. Oui, ça lui allait. Avec Théo, tout allait toujours.
« On peut savoir ce que tu fais ? »
Les mines dégoutées qui l'accueillirent amusa Hermione au plus haut point.
« Je m'installe pour déjeuner. J'ai bien le droit, Weasley ou tout ce plat t'est-il exclusivement réservé ? »
Le rouquin eut le bon ton de rougir, mais Potter lui jeta tout de même un regard noir.
Hermione n'était pas la bienvenue dans la tour. Elle le savait. En conséquence, elle n'y était que bien peu. Mais elle correspondait encore moins à l'archétype de sa table, bruyante et insatiable, mettant autant de dévotion à dévorer les plats qu'à perdre les points qu'elle s'acharnait à gagner – vainement, puisqu'ils n'arrivaient jamais à gagner la coupe des Quatre Maisons. Et ce malgré les prouesses de Potter. Qui était peut-être divinement doué sur un balai, mais qui se fourrait surtout dans tous les problèmes possibles le reste du temps. Heureusement que le sort du monde sorcier ne reposait pas sur lui.
Hermione fusilla son camarade en retour, et remplit son assiette, décidée à se restaurer malgré la place qu'elle avait dû prendre à cette table trop remplie. Londubat esquissa une vague grimace dans sa direction à laquelle elle répondit d'un bref hochement de tête. De tous ses camarades, c'était le seul avec qui elle s'entendait, en petit comité, du moins ; il n'était pas assez inconscient pour se mettre à dos les élèves de la maison Gryffondor, et surtout pas le Sauveur qu'était Potter.
Le Sauveur, ce titre du monde sorcier qui l'avait intrigué mais face auquel elle ne s'était pas laissée impressionner en première année. Et pour cause, malgré ses facilités, surtout en défense contre les forces du mal, Harry Potter était un élève bien moyen, plus occupé à s'amuser qu'à étudier. Il avait peut-être raison d'en profiter : lui, toutes les portes lui seraient ouvertes à la sortie de Poudlard...
Hermione croisa le regard amusé de Théo à la table de Serpentard, qui fit mine de consulter sa montre avec un sourire railleur. Elle leva les yeux au ciel face à cet inutile rappel.
Ignorant ces condisciples, elle sortit son livre d'arithmancie et le posa en équilibre contre un pichet de jus de citrouille.
Le Choixpeau n'avait peut-être pas eu tort, sept ans auparavant. Elle aussi pouvait se montrer vorace si cela lui permettait de regagner la bibliothèque plus vite.
« Théo... »
Sa voix n'était qu'un souffle rauque.
« Plus fort... », murmura-t-elle, se mordant les lèvres.
Il gémit.
« Je fais ce que je peux, Hermione... »
Elle se cambra plus, tenta d'enfoncer ses ongles dans le bois par dépit.
« Fais un effort, on y est presque... »
Il grogna entre ses dents, cognant à nouveau de tout son poids contre le meuble.
« Encore une fois, je ne vois pas pourquoi on ne peut pas utiliser la magie... »
Elle soupira, répétant avec ténacité le même refrain.
« Parce qu'on risque de mélanger les magies, vu qu'on ne sait pas encore ce qu'il y a dans cette armoire. »
A son tour, il appuya de tout son corps contre la lourde porte qui refusait de s'ouvrir.
« Et si on prenait le risque ? »
Hermione reprit sa respiration :
« Non ! On y est presque. Si elle a été scellée de la sorte, c'est bien qu'il y a des choses importantes dedans ! A trois... »
Dans un dernier cri, il poussa, elle tira, et le meuble céda dans un craquement sinistre, un déferlement de livres s'abattant sur eux. Des ouvrages - petits, grands, épais et poussiéreux, certains cornés, d'autres en parfait état - tombèrent pêle-mêle à leurs pieds en un vacarme infernal.
Théo jeta un regard confus vers son amie.
« Cette porte était bloquée par... Des livres ? »
Reprenant sa respiration, Hermione semblait aussi abasourdie que lui.
« Tu me fait pousser et donner des coups, tout ce temps, comme un Moldu... Pour une porte bloquée par des bouquins ?! »
Sa voix enflait dangereusement sur la fin, et la brune recula prudemment.
« Ces livres sont peut-être très importants... »
Elle n'osa pas croiser son regard. Et elle allait sagement patienter avant de ramasser la couverture qui lui faisait de l'œil, près du pied de Théo. Parce qu'il risquait bien de lui jeter un sort si elle esquissait le moindre mouvement brusque. Un vrai animal sauvage, son meilleur ami.
Qui, levant sa baguette d'un air menaçant, s'avança vers elle, encore rouge de leur lutte contre le meuble. Et elle ne devait guère avoir meilleure allure. Il posa sa baguette sous son menton, ramenant son visage vers le sien.
« Tu es infernale, Granger. »
Son souffle contre sa peau lui fit relever les yeux. Il souriait, malgré tout.
« Pendant ces vacances, je te promets de te montrer ma bibliothèque, Granger. Alors, par pitié, arrête. »
Elle eut un petit rire, soulagée de ne pas être la cible d'un sortilège de Chatouillis. Qu'elle aurait pu contrer facilement, bien sûr, mais Théo pouvant être un tantinet dramatique, cela n'aurait été que la première étape des représailles de son ego blessé. Il était bien plus prudent de guetter sa réaction et d'agir en fonction.
Hermione se pencha pour ramasser le grimoire qui l'intriguait, répondant évasivement.
« Tu as prévu de m'occuper ou de me cacher ? »
Elle grimpa sur un bureau abandonné, feuilletant rapidement le livre. Théo vient s'asseoir près d'elle, regardant par-dessus son épaule, ce qu'elle détestait absolument. Il lui lança un sourire narquois. Ce serait donc ça, sa vengeance.
Il lui caressa la joue du pouce, comme à son habitude.
« Je ne te cache pas, Granger. Jamais. »
Elle fronça les sourcils. Ce n'était pas vraiment son ressenti, mais cette impression n'était pas du fait de son ami malheureusement. Car tout le monde les connaissait ; ou plutôt, savaient qui elle était, une Née-moldu, et qui il était, l'un des descendants des Vingt-huit sacrés. Tous, s'épouvantant de leur association, ignoraient donc leur relation et s'efforçaient de ne pas en parler. Tous, hormis Potter qui les fusillaient du regard constamment. Mais personne, même pas Théo, ne comprenait que ce sentiment lui pesait. Il était quelqu'un lui, on le voyait, peu importe ses notes, les points gagnés, les amis qu'il avait...
« Et tu vas rencontrer mon meilleur ami, il m'a répondu ce matin. »
Son regard s'éclaira. Ou peut-être que si, il savait, mais, pudiquement, n'évoquait pas le sujet. En dépit de tous ses gestes tactiles et son affection, Théo était un être taciturne. S'ils ne s'étaient battus pour le même ouvrage en première année à la bibliothèque et retrouvés en retenue ensemble, peut-être qu'ils n'auraient même jamais été amis. Hermione tressaillit à la pensée d'un monde où Théo et elle n'étaient pas amis.
« Celui dont tu es amoureux ? »
Il grimaça, tirant sur son nez pour l'embêter.
« Amoureux est un grand mot. Disons que j'ai un penchant pour lui. »
Elle repoussa sa main d'un air agacée, reprenant sa lecture.
« Tu aimerais juste un flirt, donc ?
- C'est compliqué avec ton ami d'enfance... »
Elle lui sourit malicieusement.
« Vu les descriptions que tu en fais, et à en croire tes notes où tu gribouilles son visage, je dirai quand même que tu es amoureux, Nott...
- Eh bien, tu peux prendre Nott dans ton torchon que je ne le suis pas ! »
Hermione rit plus fort à son ton indigné.
« Un torchon ? Cet ouvrage vieux de plusieurs siècles que nous avons retrouvé au prix d'incommensurables souffrances ? »
Il secoua la tête, soupirant d'un air fatigué et se laissa retomber en arrière.
« En fait, tu as raison, entre lui et toi ensemble, vous allez me tuer. Je vais devoir recéder mon invitation, Granger. »
La jeune fille prit son meilleur air penaud, s'allongeant près de son meilleur ami qui enserra ses épaules de son bras.
« Je promets d'être sage », murmura-t-elle, bercée par sa chaleur. Qui avait besoin d'une ribambelle d'amis quand on avait un Théo ?
Celui-ci la serra contre lui, étouffant un rire, pas dupe pour un sou. Si Hermione connaissait Théodore Nott comme sa poche, lui aussi la connaissait au mot près après sept ans d'amitié : elle allait bien sûr essayer de le pousser dans les bras de ce blondinet dont il rêvassait en cours. Drago Malefoy n'avait qu'à bien se tenir, foi d'Hermione Granger !
Elle pouvait sentir son regard pensif sur elle quand il se décida à répondre.
« Pas trop de bêtises, alors ! Après tout, tu te dois d'être à la hauteur de ton statut de meilleure amie ! »
Hermione n'avait jamais eu aussi hâte que les vacances arrivent.
