15 Mars 1997
Raccoon City; Zoo
Tant d'inquiétudes et de dégoûts qui ont de quoi surcharger même le plus solide des cœurs provenant de l'heureuse élue à avoir eu l'infime chance de pouvoir être entrainée chez la Delta Force.
Jill Valentine n'en croit pas ses yeux qui sont sur le point de vomir, face à ce triste spectacle qui tient devant elle, impuissante.
Ce qui aurait dû être un simple concert du groupe de rock local, les "What The Fuck ?", souvent abrégés en "WTF ?", s'est soldé en une véritable boucherie dont les circonstances sont encore inconnues, mais une chose est sûr les survivants sont très peu nombreux nombreux si on en croit les témoignages des premiers officiers qui sont intervenus avec la sécurité du lieu.
Malheureusement, aucun des musiciens n'a réussi à s'en tirer.
Paix à leur âmes.
Les de ces centaines se personnes sont en train d'être comptés un par un alors, alors que la première fournée est déjà emmenés par des ambulanciers et autres employés de la morgue locale loin d'ici, afin de dégager un peu la voie, même si ça leur demande énormément de boulot contrairement aux fois habituels. Quant au médecin légiste en chef, vulgairement appelé "Coroner", il n'avait jamais rien vu de tel et a été obligé de s'absenter quelques minutes pour aller vider le contenu de son estomac dans des toilettes publiques.
Que l'acide le protège !
Tous les policiers sur l'immense scène de crime se déplacent dans tous les sens en étant complètement débordés, sans que ça soit leurs supérieurs ou la presse oppressante qui ne viennent calmer la situation. Au point où plus personne ne fait vraiment gaffe à cette âme perdue au beau milieu de la foule, n'étant visiblement plus en état d'exercer son job correctement telle elle est rongée par l'angoissé que le reste de sa précieuse famille ait disparu pour de bon.
Ce n'est pas son béguin, Chris Redfield, revenant auprès d'elle avec un tête d'enterrement, qui va trouver les mots pour la rassurer, puis il apporte une terrible nouvelle avec lui.
Chris : Jill, ta mère...
Jill : Elle est... ?
Chris : Je suis navré... Ce n'est pas beau à voir.
Jill : Brandi... Et Holt ?
Chris : Nous ne l'avons pas encore retrouvé. Avec un peu de chance, son côté insolent et j'en fais qu'à moi même aura pu lui éviter le pire.
Jill : J'espère...
Une main ferme se voulant douce se pose sur l'épaule de celle qui est en train de subir l'un des pires moments de sa vie à peine consommée.
Chris : Courage Jill.
Jill : Est ce que on a une idée de ce qui a bien pu se passer ici ?
Chris : Pas vraiment, mais il y a des trucs qui me chiffonnent. Comme la présence de troupes de l'ONU dans le coin.
Jill : De quoi ?
Chris : Ne crois pas que je fais une mauvaise blague, car je serai un connard à faire ça à ce moment là précis.
Jill : Je te crois, mais c'est juste que ça parait irréel d'avoir les casques bleus ici sans prévenir.
Chris : Je partage ton avis. Wesker est en train d'essayer de leur tirer les vers du nez, bien qu'il y ait très peu de chance pour que ça donne quelque chose.
Jill : En vrai, je ne serai pas surpris d'apprendre qu'encore une fois ces forces d'interventions internationales ont regardé des types massacrer des civils sans rien faire, voir même qu'ils leur ont filé un coup de main. Ce ne serait pas la première fois.
Chris : Je vois à quoi tu fais allusion. Comme tu le sais, j'ai été en service en Yougo quand t'étais dans l'Air Force. C'était pas jojo à voir là bas.
Jill : J'imagine bien.
Celle qui a en général les tripes solides a pour une fois dû mal à contenir son envie pressante de s'envoler très loin de cet endroit de malheur afin de pas penser au fais que sa tendre maman n'est plus et ne reviendra plus jamais, ce qui lui donne la sensation qu'on l'a poignardé en plein cœur en ayant commis cet acte intolérable.
Essayant de contenir ses larmes du mieux qu'elle peut pour que personne ne puisse la voir aussi faible que ça, elle qui est toujours la plus costaude du groupe, elle baisse ses yeux vers le sol avant d'orienter sa tête vers la sortie de la scène.
Sans être un génie, ce qui serait mensonger, son fidèle ami sait très bien ce qu'elle ressent car lui aussi a perdu ses parents dans une tragédie, quand il était assez jeune en plus, ce qui l'avait obligé à élever sa petite sœur tout seul, ce qui n'était une mince tâche à faire, mais ça a néanmoins permis aux deux frangins se rapprocher jusqu'à devenir complémentaire.
Toutefois, ce n'est pas le même type de tragédie, donc il doit quand même faire gaffe aux mots qu'il va de suite employer.
Chris : Viens, allons traîner ailleurs pour pouvoir un peu respirer.
Jill : D'accord.
Assez subtilement, il l'invite à l'accompagner dans un coin plus reposant, éloigné du public, où elle pourra un peu plus se lâcher en exprimant ouvertement ses émotions devant celui dont ce ne serait pas la première fois qu'il la verrait pleurer à chaudes larmes, même si ça lui crève le cœur de la voir ainsi sans pouvoir rien faire pour réellement pouvoir la réconforter.
Cela n'a jamais été son fort il faut dire, même avec Claire, où c'était plus elle qui était douée pour lui remonter le morale quand il n'allait pas bien.
Le duo de policiers d'élite se dirige ainsi vers l'enclos des zèbres où un banc de libre assez propre et isolé est l'endroit idéal où ils peuvent se poser quelques minutes, le temps nécessaire à la décompression.
À fut elle installée que la pauvre fille endeuillée se met à sa lâcher totalement, faisant couler un torrent d'eau jusqu'à son pantalon pas préparé pour ce genre de chose, enfonçant ensuite sa tête dans ses mains qui finissent elles aussi par être inondées.
Impossible de s'arrêter, tellement que la morve vient accompagner ce flot incessant, laissant une trace plus marquant de son passage.
Jamais sa vie ne reviendra à celle d'avant aujourd'hui.
Elle le sait.
Elle l'a déjà vécu quand son père, Hervé, est parti sans jamais revenir.
Pourtant...
Cela fait toujours aussi mal.
Voir même bien plus mal.
Au moins pour lui, il y a toujours l'espoir qu'il soit en vie quelque part, et qu'elle le retrouvera un jour.
Pour Brandi...
Rien ne la ramènera.
En revanche...
Il y a une âme qui a été épargnée par toute cette violence, et on pourrait même parler de miracle à ce niveau là.
Brad : Jill ! Chris ! Holt est avec moi ! Il est sain et sauf !
Jill écarquille instantanément des yeux, le souffle coupé, alors que les dernières goutes pleuvent pour s'arrêter ensuite.
Sa tête se relève lentement vers l'horizon sombre et pas si lointain de ce zoo nocturne où elle peut découvrir avec une joie inégalable, Brad Vickers s'approchant vers eux au pas de course, sa main droite empoignant le petit Holt Valentine ayant à peine dix ans au moment des faits.
Immédiatement la grande sœur se précipite vers celui qu'elle craignait avoir perdu pour faire preuve d'une affection qu'elle ne montre guère souvent, en l'enlaçant dans ses bras, faisant relâcher la poigne du pilote en jaune juste à côté.
Du côté de celui qui a vécu aux premières loges la folie humaine prendre le dessus dans une carnage sans aucun sens, la réaction n'est pas forcément celle attendue au rendez vous puisque le gamin semble assez détaché de prime abord de l'effroyable situation qu'il a vécu ce soir là, bien que cela ne soit qu'en apparence, et ça, son ainée l'a très bien remarqué.
De toute façon, il n'a jamais été connu pour afficher facilement ses craintes et sa tristesse, alors un traumatisme de ce genre, il risque très fortement de l'intérioriser, même si cela veut dire que ça puisse faire empirer sa personnalité à fortiori.
Ceci, sa seule famille restante le vivra aussi un an plus tard.
28 Septembre 1998
Raccoon City; Commissariat
Une mimine tremblant et hésitante se tient en air devant une poignée qui n'attend qu'une seule chose, qu'on vienne la tourner avec délicatesse.
Ce qui nous attend derrière n'est pas inconnu pour cette paume pouvant sembler rude, puisqu'il s'agit de son ancien lieu de travail où l'attendent quelques affaires qu'elle avait laissé en arrière avant de se cloisonner dans son appartement.
Qui sait si elles sont toujours là ou si quelqu'un les a jeté entre temps ?
Elle aurait dû demander à Brad si Irons avait déjà réaménager leur bureau ou pas.
Au moins, elle va pouvoir le vérifier par elle même sans avoir recours à une séance de spiritisme.
Bien qu'il n'y ait plus besoin de vieilles voyantes pour entrer en contact avec des morts à présent.
Dans tous les cas, quand faut y aller, faut y aller.
Jill Valentine pénètre dans ce lieu aux multiples souvenirs qui est actuellement plongé dans la pénombre, même si l'éclairage du couloir permet de discerner quelques objets, ainsi que le contour d'autres, bien que ce serait imprudent de se lancer à l'aventure à l'aveuglette au risque de cogner le gros orteil contre un meuble.
Pas trop de risque en revanche qu'un ennemi soit tapis dans l'ombre puisque la porte était fermée à clé jusqu'à ce que notre survivante la déverrouille, non pas avec son kit de crochetage malheureusement absent de son inventaire, mais plutôt avec la très belle clé des S.T.A.R.S. où l'on peut admirer l'emblème de ce groupe d'élite gravé au milieu de l'anneau rempli avec un fond bleu foncé marquant.
Tel Dieu à la création du monde, la policière chevronnée enclenche un interrupteur à sa gauche, et la lumière fut.
Aucun cachotier planqué dans le coin pour nous faire une farce de mauvais goût, comme nous l'avions prévu, et à vrai dire, tout semble avoir été quasiment laissé tel que cela était la dernière fois qu'elle a visité cette pièce, comme si celle ci était restée prisonnière d'une bulle temporelle invisible à l'œil humain. Cela en est presque déconcertant, surtout que le manque de poussière tient à souligner que cet endroit était très bien entretenu et pas simplement laissé à l'abandon, mais reste à savoir qui s'est occupé de maintenir tout ça en bon état.
Peut être que la réponse se trouve quelque part dans les affaires laissés à disposition du premier venu ?
En attendant, observons d'un peu près celle dont on suit les mésaventures car sa figure transpire d'une profonde tristesse et amertume que lui procure ce pétrin dans lequel elle patauge en s'enfonçant progressivement sans jamais avoir une leur d'espoir de voir le bout un jour, et surtout pour s'y accrocher afin de s'extirper de cette mélasse de malheur une bonne fois pour toute.
Ses yeux bleus trahissent tout ça, avec les traces encore visibles de larmes séchées en dessous d'eux, et la fatigue qui émerge des lourdes paupières.
Nul doute que l'alcool consommé tout à l'heure n'aidera pas se maintenir en forme pour affronter des monstres, bien qu'elle ait été raisonnable dans la dose ingérée, et que c'est sans compter sur une résistance naturelle à la boisson qui fait que lors des beuveries entre collègues, ça se finissait souvent entre elle et Enrico Marini dans des matchs plutôt tendus. Barry Burton qui est pourtant fort ne suffisait jamais en final, dû au principal fait qu'avec l'âge, il s'est assagi, et abandonnait largement avant d'être totalement bourré.
Marvin Branagh est plutôt bon lui aussi, même si on ne pourra pas vraiment le vérifier par nous même et celui du point de vue de notre protagoniste fortiche puisque cette dernière s'est éclipsée avant d'en avoir le cœur net, en promettant de revenir à son collègue, et sans prolonger leur conversation plus que ça par rapport à là où l'on s'est quitté la dernière fois.
Je peux sentir la déception en vous qui auriez sûrement voulu un peu plus de développement de ce personnage apprécié de la communauté.
Ce à quoi je répondrai que c'est déjà mieux que un simple caméo où l'héroïne le croit mort dévoré par des zombies, ou une scène ridicule où un Brad Vickers ne sait pas se décider si il est un mort vivant ou non.
Quoique l'on en pense, revenons sur la principale concernée afin de la suivre de cette dernière visite d'un gros morceau de son passé où nous n'allons pas y passer autant de temps que la sœur de son intérêt amoureux la nuit suivante.
En effet, depuis les fenêtres derrières elle, nous pouvons constater que le soleil s'en est pour de bon, déjà qu'il n'était pas vraiment visible, et l'obscurité terrifiante à pris sa place.
Jill s'approche d'un pas lent de la partie la plus à la gauche de la salle où se trouve le plus grand bureau du lot qui provoque le plus de colère au fond d'elle, étant donné qu'il s'agissait de celui du défunt Capitaine Albert Wesker qui s'était avéré être un vilain traître travaillant pour Umbrella, puis pour son propre intérêt qui ne valait guère mieux.
Si elle rend dans cette partie précise qui lui cause autant de désagréments sentimentaux, c'est avant tout pour observer l'une des décorations visibles du mur juste derrière, à savoir une photo de tous les membres des S.T.A.R.S. qui a été prise l'année dernière, en plein été, à l'époque où Rebecca Chambers ne les avait pas encore rejoint en tant que médic.
Kevin Dooley, un pilote de la R.P.D. qui n'a rien à voir avec cette force spéciale, y est aussi présent étant donné qu'il agissait en tant que remplaçant d'un des deux pilotes de leurs équipes quand il fallait que l'un d'eux serve de bras armé en plus.
Un hélicoptère de patrouille qui n'est pas l'un des leurs est visible en arrière plan, et cet Eurocopter AS350B, désigné "N21RA", leur a été très utile sur plusieurs missions, et pour ceux qui l'ont reconnu, c'est ce même appareil qui sera attaqué par des corbeaux le lendemain soir avant de se crasher sur le toit du commissariat en lui même.
On pourrait dire que ce fragment du passé rappelle la belle époque, comme en témoignerait les sourires qui y sont présentés, mais pour autant il y en avait bien une pour qui ça n'allait pas.
Une pour qui la vie commençait déjà à devenir un véritable enfer...
Presque trois mois après ce qui s'était passé au zoo.
Trois mois que Nikkei était morte.
Trois mois que Holt ne voulait plus me parler.
Trois mois qu'Umbrella avait décidé de me pourrir la vie avant celle de mes camarades.
Si j'avais su que c'était eux, on aurait pu commencer la lutte bien avant que tout parte en vrille.
Ce n'est que maintenant que je me rends compte qu'ils ne pouvaient être que derrière quelque chose comme ça.
Un public qui devient fou au point de s'entre tuer lors d'un concert, ne laissant aucune survivant puisque même ceux qui ont survécu au drame en lui même ont péri de leurs blessures à l'hôpital peu de temps après.
Ou devrais je dire qu'ils ont été euthanasier pour être sûr de ne pas pouvoir parler.
Seul Holt s'en est tiré, grâce à des mensonges.
Pour autant, il ne veut rien me dire.
J'espère qu'après tout ça, il pourra enfin s'ouvrir à moi.
Pour cela il faudrait encore que je m'échappe de cette décharge pour prendre le premier vol vers le Canada.
Je dois survivre.
Enfin je retrouve un but.
Grâce à mon petit frère, et aussi cette photo.
Je vais tâcher de ne plus être l'idiote inutile que j'ai été pendant deux mois.
Même si pour cela je dois en souffrir personnellement.
Notamment avec ce Predator à mes trousses.
D'ailleurs je me dem...
En tournant la tête vers sa droite, elle remarque quelque chose de posé sur le bureau en bois à ses côtés qui attire immédiatement son regard.
Il s'agit du casque de pilote appartenant à Brad qui semble avoir été oublié par ce dernier lors de son dernier passage par ici, mais ce n'est pas la seule chose qu'il a égaré puisque nous avons aussi un carnet jaune, sa couleur emblématique, qui traîne juste à côté en attente d'une petite curieuse qui viendrait fourrer son nez dans les affaires des autres.
Cela tombe bien en effet, car une main tremblotante ouvre maladroitement cette sorte de mini journal intime afin d'y lire sa dernière page où il n'y a pas de date pour définir quand est ce que ça a été écrit.
Merde ! C'est encore cette chose en noir ! Pourquoi est-ce qu'il me harcèle !? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça !?
Jeez, c'est une blague vraiment malsaine. Si j'avais eu la moindre idée que rejoindre S.T.A.R.S. finirait comme ça, je me serais barré il y a bien longtemps.
Eh bien, il n'y a pas de raison de s'en plaindre maintenant, je suppose. Je serai mort bientôt de toute façon.
Hm... Je parie que les fleurs chez nous à Delucia fleurissent comme des folles en ce moment. J'aurais aimé les voir une dernière fois...
Au moins Rebecca a pu s'en tirer avant que ça ne parte en vrille, et j'espère qu'elle vivra heureuse le restant de ses jours.
Il me reste comme souvenir d'elle la photo que j'ai trouvé dans un tiroir du bureau de Wesker...
Brad Vickers
Pendant qu'elle termine cette lecture, elle se met à froisser lentement les pages, tandis qu'une forte émotion qui n'est point de la colère vient la submerger alors qu'elle se rend compte que celui qui est mort pour elle avait caché un fait très important, le tout pour éviter qu'elle ne baisse les bras.
Mais ça, elle le dit bien mieux que moi, tout en verser quelques larmes sur le papier dans ses mains.
Idiot...
Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais déjà venu ici durant l'épidémie et que tu avais déjà ce Prédator à tes trousses ?
Il fallait que tu le gardes pour toi.
Pour ne pas que je puisse risquer de perdre espoir en voyant qu'ici la situation était désastreuse.
Tu préférais te sacrifier toi, plutôt que ça soit moi qui soit sacrifiée.
Tu...
Tu étais le meilleur ami qu'on rêver d'avoir.
D'ailleurs...
D'où tu te trouves tu ne peux très certainement m'entendre Brad, mais je te promet de retrouver Rebecca pour lui faire part de la vérité, et lui annoncer ton décès.
Je lui dirais que tu t'es comporté en vrai héros pour me sauver la vie.
Ce n'est même pas enjoliver les choses.
Tu as été très bon sur ce coup là pour une poule mouillée.
Tu vas me manquer.
Au revoir.
Fermant cette dernière trace laissée de son vivant par son défunt camarade tombé au combat, non sans mal, elle ferme ainsi un pan entier de sa vie dans le même temps, laissant les bons souvenirs se stocker dans un coin de sa mémoire où elle n'y retouchera que quand il faudra être un peu nostalgique, ce qui ne sera pas le cas pour le moment car elle va devoir enfin faire un peu d'effort sur elle et aller à l'essentiel.
Se focaliser sur sa propre survie au lieu de se laisser consumer par ses hantises qui se font toujours aussi fortes, même si ce ne sera pas une partie de plaisir que de les vaincre, et qu'il y a de fortes chances qu'elle reste pour toujours auprès d'elle, l'obligeant à apprendre à vivre avec comme bon nombre de soldats traumatisés avant elle qui ont continuer à lutter seuls dans leur coin alors que l'Etat pour lequel ils se sont battus n'en avaient plus rien à faire d'eux.
Quelques doux d'inspirations et d'expirations afin d'essayer d'avoir un rythme cardiaque des plus calmes et cesser ses tremblements du mieux qu'elle peut, elle tourne le dos au carnet puis avance de quelques pas, le laissant derrière elle.
Prochaine étape, faire un petit tour à son propre bureau personnel pour voir si il n'y a rien à récupérer de ce côté là, et si c'est le cas cela ne devrait pas être trop galère à mettre la main sur ce qu'il faut puisque contrairement à Chris par exemple, elle range bien mieux ses propres affaires. D'un côté on a tout un tas de jeux de PC qui traînent sur les quatre coins du meuble avec beaucoup de poussière à certains endroits, et de l'autre la laisse chose qui a un peu été laissé à l'abandon sans être rangé, c'est le béret bleu avec le logo de l'unité spéciale dessus que la membre de celle ci a cessé de porter suite aux évènements du Manoir Spencer.
Il y a aussi un très beau tapis de souris avec la symbole des Guns N' Roses dessus qu'elle a réussi à obtenir en allant à l'un de leurs concerts, et nous avons aussi un cadre photo posé là en évidence représentant un homme plutôt jeune avec une assez bonne carrure et un teint basané. Il s'agit de Zackary Youssan, son instructeur durant son court séjour dans l'US Army avec qui elle s'est liée d'amitié et a revu encore quelques fois après ça, et dont elle avait donc gardé de côté ce souvenir de lui.
Sauf que ce n'est pour rien de tout ça qu'elle a décidé de revenir à son troisième chez elle où elle passait la plus grosse partie de sa vie au cours de ces dernières années, mais bien pour autre chose.
Notre Valentine ouvre l'un des tiroir à sa droite pour y dénicher son outil le plus précieux, à savoir son crochet de serrurier qui lui sera très certainement d'une grande utilité pour manœuvrer dans cette cité déchue sans avoir à exploser chacune des portes sur son chemin à coup de pompe, au risque d'alerter toutes les nuisances aux alentours.
Ceci étant fait, elle le range dans sa petite pochette prévue à cet effet et où elle sent le contact d'un morceau de papier froissé dont elle avait oublié l'existence et qui contient une touche de poésie sur la situation actuelle qu'elle avait écrit durant les heures où elle attendait que Brad arrive.
Pas sûre que cette frustration marquée à l'encre soit vraiment d'une quelconque utilité une fois sortie de ce guêpier.
Je vais laisser ça là.
Peut être que quelqu'un d'autre ira le ramasser plus tard.
Même si c'est peu probable.
Surtout que je n'en vois pas l'utilité.
Il doit y avoir des documents plus intéressants à prendre par ici.
Enfin bref...
Maintenant faut que je m'équipe comme il se doit.
Abandonnant ce morceau d'elle même, elle s'écarte ensuite de ce lieu emplie de réminiscences d'un passé révolu et décide de le contourner pour aller dans la partie tout à droite de ces locaux où se trouve un grand appareil de communication encore ne état de marche dont elle sait se servir, bien qu'elle se doute qu'il est impossible de contacter l'extérieur de la ville depuis la mise en quarantaine de celle ci, sinon on en serait pas arriver à un tel désastre dans la situation actuelle.
Sur le mur adjacent, près de la porte d'entrée, se trouve aussi un placard à double porte servant à entrepose leur matos de type armes à feux ou de corps à corps, ainsi que les munitions qui vont avec, ce qui est un sacré privilège car normalement tout ça devrait aller dans l'armurerie au sous sol où ce n'est pas pratique à aller tout récupérer par les temps qui courent.
Sauf qu'une mauvaise surprise l'attend en l'ouvrant.
Il n'y reste plus grand chose.
Quelqu'un a presque tout déplacé.
Est ce que cela a à voir avec notre dissolution, ou alors c'est une tentative de sabotage des opérations de notre service ?
Connaissant Irons, cela m'étonnerait même pas qu'il veuille nous entraîne dans la même tombe que lui, le tout en prenant un malin plaisir à le faire.
Je ne veux même pas imaginer ce qu'il a pu faire d'autres en mon absence ce salopard vicieux.
Tant qu'il crève dans d'atroces souffrances, je serai un minimum comblée.
Même si ça ne résout pas le problème "Umbrella".
Au moins, cela soulagera ma tête dont il doit rester encore des marques sur son bureau.
C'est déjà ça de pris.
Tout ce qui a laissé dans cette armoire, ce sont deux lance grenades avec leurs munitions respectives.
Le M79 et son proche cousin, le Hk-P qui attire bien plus l'œil de celle qui est habituée à le manier celui ci, tandis que Chris avait en général l'autre.
Son choix est donc fait, d'autant plus qu'elle n'en a besoin que d'un seul sur elle pour des questions de place et de pratique car il faut éviter de faire doublon quand même.
Il reste encore beaucoup de cartouches au nitrogène pour l'accompagner.
Avec quinze de ces cartouches, je devrais aisément m'en sortir si je ne les gâche pas sur le premier t'as de morts-vivants venu.
Au moment où elle ramasse ce gros atout, plusieurs bips sonores à sa gauche viennent l'avertir de l'entrée d'un message tout juste reçu.
Voix : Ici le Caporal Carlos Oliveira de l'Umbrella Biohazard Countermeasure Service, est ce quelqu'un me reçoit !? Pitié ! Nous ne sommes plus que trois dont notre Capitaine qui est blessé ! Répondez moi si vous recevez ce message !
Umbrella ?
Ils ont donc décidé d'envoyer leurs loups dans la bergerie pour se débarrasser des pauvres moutons qui ne comprennent pas ce que leur arrive.
Sont ils réellement dépassés par les événements au point de demander de l'aide ?
Ou est ce une tactique pour se débarrasser des survivants de cette tragédie pour qu'ils ne puissent pas témoigner contre eux une fois sortie de là.
Quoiqu'il en soit, il faut que je lui tire les verres du nez.
Jill s'approche du micro intégré à la machine qui vient de capter le signal du dénommé et elle se décide à lui répondre.
Jill : Ici Jill Valentine de la RPD, je vous reçois cinq sur cinq.
Carlos : Enfin ! Vous ne pouvez pas savoir à quel point ça fait plaisir d'avoir enfin une réponse dans cette foutue radio ! En plus que ça soit une aussi charmante voix qui me réponde ! Avec un doux nom mélodieux pour l'accompagner.
Ppffff...
Il fallait que ça soit un dragueur lourdingue en plus.
Surtout que je n'ai pas l'impression qu'il joue un rôle.
À croire qu'il ait vraiment envie que je le tue.
Jill : Où êtes vous actuellement ?
Carlos : Je me suis séparé du reste de mon groupe pour essayer de réparer le moyen de transport où nous sommes planqués, et si possible sauver des civils si je venais à en croiser. Malheureusement ça ne s'est pas vraiment passé comme prévu... Une horde de ces choses me sont tombés dessus et j'ai été obligé de me réfugier dans le restaurant à côté pour qu'ils me fichent la paix. Depuis je suis coincé là et j'aurais bien besoin d'un petit coup de main.
Jill : Quel est le nom du restaurant ?
Carlos : Grill 13 je crois.
Jill : Je vois où c'est. Je vais vous rejoindre.
Carlos : Attendez... Vous êtes toute seule ma jolie ?
Jill : Quasiment tout le monde dans le commissariat est mort et si je m'attarde ici, je finirai par les rejoindre.
Carlos : Oh... On est deux dans ce cas là.
Jill : Ne crevez pas avant que j'arrive Monsieur le Latino Dragueur.
Carlos : Ne vous en faites pas, je ne le laisserai cette occasion en or de vous rencontrer sauter à cause de ces monstres qui ont mauvais goûts.
Jill : Au moins eux n'ont pas un accent à couper au couteau.
Carlos : Toutes les dames renardes adorent mon accent !
Jill : J'en profiterai pour vous coffrer pour zoophilie.
Carlos : Attendez, quoi !?
La conversation se coupe plus tôt, laissant l'appelant causer dans le vide.
Un nouvel objectif se dresse dans la tête de celle qui n'avait rien de mieux que de simplement survivre, et essayer de trouver des secours pour père endeuillé qu'elle a laissé dans leur entrepôt.
Dorénavant, elle va essayer de profiter d'être dans ce trou à rat pour essayer de trouver n'importe quelle preuve incriminante contre la société pharmaceutique qui pourrait aider à la faire s'effondrer tel un château de cartes.
Pour cela, il va falloir mettre la main sur ce caporal sans perdre de temps.
L'ancienne membre des STARS quitte enfin cet endroit, et définitivement cette profession, en revenant tout d'abord dans le couloir précédent, puis l'autre corridor encore avant où il y avait une zone carré contenu une statue tenant un rubis, symbolisant les drôles de goûts du Chef dont ce n'est pas un hasard si il a choisi d'établir les forces en son pouvoir dans un ancien musée justement, car comme ça il pouvait continuer à entretenir ton goût pour l'art en général, accouplé à celui pour l'empaillage.
Dans les cas il reste encore un bon petit chemin à faire avant de revenir en territoire connu, pour ceux qui auraient suivis les aventures du lendemain que j'ai déjà conté ailleurs, et nous allons donc découvrir de nouvelles parties de ce magnifique commissariat, avec pour commencer, ce sur quoi nous tombons en arrivant au bout de ce chemin.
Un escalier en L permet d'accéder à l'étage inférieur où nous pouvons accéder à la chambre noire si nous tournons ensuite deux fois directement à gauche, puis que nous prenons la porte au fond à droite de ce recoin. Celle ci servait avant tout aux équipes scientifiques pour pouvoir développer leurs clichés pris sur les scènes de crime, sans pour autant avoir un résultat aussi magique que dans CSI où tout sera exagéré pour le passage à l'An 2000.
Sinon, si nous continuons tout droit après avoir tourné une seule fois à gauche une fois en bas des marches, nous finirons par croiser une première porte qui nous amène à la salle des opérations, avant de finir tout au bout avec celle qui nous ramène au bureau ouest où se trouvait Marvin, le tout en passant par la pièce des pièces à conviction.
Il y a aussi une unique fenêtre donnant sur l'extérieur qui se trouve sur le mur face à nous quand on a posé le pied sur le sol tout en bas.
C'est d'ailleurs un miracle qu'aucun zombie n'ait pensé à casser un carreau pour entrer.
Seuls les célèbres Lickers semblent être doués de cette capacité là quand ils sont sous leur forme finale, bien plus robuste que la version précoce toute molle qui a pu être aperçu principalement aux premiers jours de l'épidémie.
Jill descend enfin ces marches sans plus tarder, voulant emprunter la porte tout au fond du corridor où se trouve une rampe rappelant celles ud hall d'entrée, qui se trouve là pour justifier une cohérence dans l'architecture de ce lieu, car sinon on peut dire que ça aurait fait une erreur très visible.
Ce n'est en revanche pas celle plus important puisqu'un étrange frisson vient parcourir l'échine de notre héroïne quand elle passe devant la fenêtre donnant sur un noir quasiment complet à cause du reflet de la lumière artificielle intérieure.
Sentant le roussi, elle presse le pas pour ne pas rester une minute de plus ici.
Ce qu'elle fait bien étant donné qu'à peine quelques pas plus tard que voilà que les carreaux sont brisés par une masse énorme qui s'est précipité contre eux afin d'entrer sans permission chez les forces de l'ordre avec son imposante stature.
Le Poursuiveur est de retour, ayant réussi à vaincre l'une de ses cibles, et voulant passer à l'autre avant de pouvoir rentrer chez lui par on ne sait quel moyen, en attendant une future mission qui arrivera forcément un jour.
Dans tous les cas, sa première mission à tout l'air d'un succès pour l'instant.
Déployant ses forces, il se redresse avec une majestuosité qui terrifie celle qui pensait vraiment avoir tout vu après l'incident du manoir, alors que ce n'étaient que les hors d'œuvres.
Voici le plat principal, à consommer avec modération.
La peur, la véritable peur pure, entrave les mouvements de la pauvre femme traumatisée qui s'est jurée de luter contre son propre mental déconnant.
Ses épisodes reviennent, toujours aussi forts, voir même peut être de plus en plus, ou en tout cas c'est l'impression qu'ils donnent.
Des images du passé viennent se mélanger au présent, l'empêchant de clairement de focaliser sur la menace qui se fait de plus en plus proche qui est cachée par la vision de Lisa Trevor se suicidant en portant le crâne de sa défunte maman avec elle, tout en poussant un dernier hurlement qui résonne encore aux oreilles de la témoin de tout cela.
Témoin qui se retrouve en cette pauvre âme dont un vieillard sénile a pourri la vie jusqu'au bout, causant la perte de sa famille.
Les similitudes ne sont que plus renforcées si on valide l'hypothèse que la boucherie ayant au lieu au zoo l'année dernière est aussi plus ou moins sa faute.
En vérité, ce que craint la Valentine qui a tant de charges sur les épaules, c'est de finir comme cette petite fille dont elle s'est sentie très proche, au point de vouloir trouver une solution pour ne pas avoir à la tuer à cause de ce que le virus lui a fait.
D'ailleurs, la fille de l'architecte partage quelques éléments en communs avec l'abomination se trouvant même plus à un mètre de notre protagoniste, car tous les deux présentaient des tentacules qui ont en réalité la même origine parasitaire.
Mais je n'en dirai pas plus car l'horloge tourne et si l'ultime survivante des STARS en ville ne fait rien, elle risque de finir aussi avec la bouche percé, comme son ami pilote avant elle.
Grâce à ses reflexes, elle parvient à orienter au dernier moment son lance grenade chargé à l'azote sur le monstre et à lui tirer une cartouche glacée au visage qui fait tout son effet, elle le faisant pousser un petit cri rauque de douleur.
Voilà l'occasion en or de l'affronter qu'elle va se dire, mais son ange gardien vient la ramener à la raison, puisque sa condition actuelle n'est pas vraiment excellente et vraiment pratique pour un combat frontal comme celui ci.
Brad : Jill non ! FUIS !
Brad !?
Je...
Tuas raison encore une fois.
Je ne suis pas encore prête à le battre.
Je dois me replier !
N'écoutant que sa raison, elle se barre à tout allure alors que la créature voit sa peau décongeler à vitesse grand v, signifiant qu'il sera très rapidement prêt à reprendre la chasse et à éliminer quiconque se mettre entre lui et elle.
Cela explique pourquoi en repassant par le bureau ouest, Jill ne prendra pas le temps de tenir informer Marvin de la situation, et je vous laisse imaginer la tête qu'il a fait en voyant l'autre grand costaud débarquer peu après elle.
Le jeu du chat et de la souris reprend.
En espérant que le résultat soit moins tragique que pour Brad.
