Raccoon City; Central Station


Au beau milieu d'un silence de mauvais augure, des tirs en rafales finissent par résonner dans cette nuit sans fin, et tout se clos par une détonation dont elle suivi à nouveau un calme très peu rassurant.

Jill Valentine qui était en train de marcher le long de la ruelle fermée menant au tramway, à entendu tout ce vacarme, et si ses sens ne la trompent point; il semblerait que les tirs et l'explosion devaient provenir de l'endroit où elle se dirige justement.

Ni une, ni deux, la voilà qui sprinte avec ses jambes en galère vers la porte droit devant pour retourner à une zone déjà plus familière pour nous puisqu'il s'agit de là station de tram avec le feu toujours au meilleur de sa forme, et les palettes en bois qui bloquent le chemin, forçant à les escalader pour espérer les passés.

Une fois de l'autre côté, notre héroïne se tourne vers la droite pour découvrir qu'il n'y avait en réalité nul besoin de se précipiter comme ça.

Une flopée de corps atrocement mutilés sont éparpillés un peu partout dans un rayon d'action dont le centre est ce qui reste d'un tonneau métallique rouge hautement explosif. À croire que ça a été gorgé de nitroglycérine pour rajouter plus d'effets spéciaux à ce spectacle qui ne vaut pas la pulvérisation de la station service qui a été visible jusqu'ici.

Il n'y a pas besoin de se creuser les méninges trop longtemps pour trouver qui s'est occupé de ces Zombies, et c'est probablement le haut gradé de l'U.B.C.S. se trouvant sur un banc situé sur le mur du fond, et qui est très pratique quand on aune vilaine blessure qui nous gêne au plus haute point.

Ayant remis tous ses vêtements, on ne la voit plus, même si elle est toujours aussi douloureuse.

Mikhail Viktor est soulagé de constater que que ce n'est pas un autre de ces rejetons du diable qui viennent essayer de débarrasser de lui, mais bien quelqu'un de vivant et qu'il connaît déjà un peu. Le bonheur de se retrouver est d'ailleurs réciproque, tant l'ancienne soldat trouve que cet officier mérite son grade malgré les pertes occasionnées au sein de ses rangs.

Jill : On dirait que vous vous êtes bien amusé durant notre absence.

Mikhail : Il faut bien que je m'occupe un peu pour rester en pleine forme.

Jill : Puis je m'asseoir à vos côtés ?

Mikhail : Bien entendu.

C'est ce qu'il fait, en gardant le bidon d'huile bien sur les genoux pendant toute la conversation qui va suivre.

Mikhail : Encore merci de toute l'aide que vous nous avez apporté. Ce tram sera remis en état de marche avant l'aube grâce à vous.

Jill : J'ai vraiment eu autant d'incidence sur le déroulement des opérations ?

Mikhail : Votre présence et le fait que vous ayez trouvé en avance l'une des pièces qui nous manquait à fait remonté le moral des troupes. Enfin, de Carlos je veux dire.

Jill : J'imagine que pour Nikolai, ça n'a pas changé grand chose.

Mikhail : Ne soyez pas si sûr que ça. Personne, pas même moi, ne sait ce qui se trame dans sa tête d'ancien spetsnaz.

Jill : Ancien spetsnaz ? Je comprends mieux son attitude. Cela me rappelle un peu ma vie.

Mikhail : Vous avez fait parti des forces spéciales de votre pays ?

Jill : Juste un entrainement à la Delta Force.

Mikhail : Je croyais que vous autre américain n'admettiez pas encore les femmes dans vos rangs d'élites.

Jill : C'est le cas. Je suis l'exception qui confirme la règle.

Mikhail : Dans ce cas, je comprends mieux pourquoi Nikolai a accepté si facilement votre coup de main. Il a du sentir ceci en vous.

Jill : Non, ça doit être mon nouvel Eau de Cologne.

Cette remarque le fait bien rire, et moins grimacer de douleur par rapport à son sale coup qu'il s'est pris.

Chic type ce Mikhail quand même.

Je comprends mieux pourquoi ils lui accordent tous autant de confiance malgré le fait qu'il soit blessé.

C'est un très bon officier.

Comme on en fait plus par chez nous.

Ou très rarement plutôt.

Comme Zack.

Une petite brise de ce début d'automne vient faire virevolter quelque peu les cheveux de la jeune femme en plein dans ses pensées, et qui finit par en tirer une conclusion qu'elle exprime ensuite à l'oral.

Jill : Dommage que nous ne nous soyons pas rencontrer dans d'autres circonstances.

Mikhail : C'est réciproque. Je pense que vous vous seriez entendu avec ma femme.

Jill : Cela aurait été la première moldave que j'aurais connu.

Mikhail : Moldave et kosovar, j'ai oublié de mentionner ce dernier détail.

Jill : Je sais ce que c'est les mélanges, étant née d'un père français et d'une mère japonaise. Même si j'ai eu de la chance de ne pas être persécuté pour ça.

Mikhail : Je ne le souhaite à personne ce qu'elle a vécu au cours de sa vie, depuis sa plus tendre enfance.

Jill : Comment s'appelle t-elle ?

Mikhail : Belina.

Jill : J'espère un jour pouvoir la rencontrer, surtout comme vous me dites que nous risquerions de bien nous entendre.

Mikhail : Je dis ça mais avec votre caractère bien trempée à toutes les deux, cela pourrait être l'inverse qui pourrait se produire.

Jill : Au pire des cas, vous irez arbitrer le duel.

Mikhail : Cela dérange si je prends parti pour elle ?

Jill fait un non de la tête en retenant un petit rire rien d'imaginer un affrontement avec cet être qu'elle n'à jamais rencontré.

Mikhail : Et vous ? Avez vous un membre de votre famille auquel vous pensez le plus en ce moment même ?

Jill : Pas de petit copain. Juste un petit frère avec l'ambiance est tendue depuis le décès de notre mère. Déjà que l'absence de père pour lui a été dur.

Mikhail : Vous devez jouer tous les rôles pour lui à présent. Ce ne doit pas être facile tous les jours.

Jill : Ouais... Surtout que ça a toujours été un cas à part.

Mikhail : Comment ça ?

Jill : Il y a deux ans de ça, moi et notre mère, nous avions été convoqué à son école primaire suite au malaise qu'il a causé en faisant un exposé sur le thème du dentiste, sauf qu'il a poussé une sorte de réalisme un peu trop loin au niveau des effets spéciaux.

Mikhail : Oh mon dieu...

Jill : Je ne te le fais pas dire. Il était couvert de sang quand on l'a cherché, et tous ses camarades ont été un peu été traumatisé par cette expérience hors du commun.

Mikhail : Je n'ai jamais eu de frère ou se soeur, donc je ne saurai dire comment j'aurais réagi dans une telle situation. Une seule chose est sûre, c'est qu'il faut savoir pardonner quand il s'agit des personnes qui te sont proches.

Jill : Ainsi que savoir se pardonner soi même.

Mikhail : J'aimerais pouvoir en être à ce niveau là, mais malheureusement ce n'est pas encore le cas.

Jill : De même pour ma part.

L'ambiance s'est alourdi alors que des pensées nostalgique accablent ces deux personnes qui se voient comme leur reflet dans un miroir.

Mikhail : J'ai failli y rester.

Jill : Votre blessure ?

Mikhail : Affirmatif.

Jill : Vous vous l'êtes fait comment ?

Mikhail : Peu de temps après avoir débarqué sur notre point repère de cette ville, à la mairie.

Jill : J'y suis passé pour venir ici.

Mikhail : C'était un véritable massacre sans nom. Les morts nous ont encerclé par centaines, et j'ai essayé de protéger mes hommes comme je les avais déjà protégé l'équipe de ma cellule rebelle en refusant de les balancer après ma capture par le FSB. Sauf qu'ils se sont tous fait tuer un par sous mes yeux... Enfin...

Il retire le béret de sa tête et le met contre sa poitrine en signe de respect pour ses camarades disparus, tout en fermant les yeux.

Mikhail : C'était pire que de simplement mourir. Même les prédateurs sauvages ne font pas ça à leurs proies. J'ai vu l'un de mes hommes se faire arracher la gorge à main nus par trois femmes, leur laissant avoir sa chair dans leurs ongles. Le cri d'agoni qu'il a fait a subissant ceci résonne encore dans ma tête.

Il rouvre les yeux, faisant parler quelques larmes, avant de lancer un regard attristé vers celle qui comprend et partage son ressenti.

Mikhail : Je préfèrerai combattre éternellement les Moudjahidines plutôt que d'avoir à revivre cette scène une seconde fois. Vous comprenez que la blessure est bien plus mentale que physique ?

Jill : Je comprends. Chris a ressenti la même chose après avoir vu Joseph se faire dévorer vivant par une meute de chiens infectée par ce virus qui rend tout le monde monstrueux.

Mikhail : Même mon père qui a combattu les nazis et découvert les camps serait sous le choc en voyant ça.

Jill : Je ne serai même pas surpris si j'apprenais qu'Umbrella a engagé à sa création de véritables scientifiques nazis, comme ont pu le faire nos deux gouvernements.

Mikhail : En effet...

Il pose son béret du côté où ne se trouve pas son interlocutrice avant de baisser les yeux sur l'endroit où se situe sa blessure physique.

Mikhail : Quant à ça, c'est une de leurs créatures qui me la fait. Une sorte de... Comment on pourrait le décrire ? De lézard nu, couleur saumon, qui est capable de s'accrocher au plafond avec ses énormes griffes, et qui a une énorme cervelle mise en évidence. Tellement qu'il n'a pas d'yeux pour voir et se concentre uniquement sur le son pour nous attaquer. Cela vous dit quelque chose ?

Jill : Je n'ai pas encore rencontrer cette bestiole, et je ne crois pas avoir envie de la saluer.

Mikhail : Si vous en rencontrez un prochainement, faites attention à ses griffes aiguisées, mais aussi et surtout à sa langue qu'il est capable de vous balancer tel un crapaud, sauf qu'elle est bien pointu comme il faut. La preuve est là.

Jill : Merci du conseil.

Mikhail : À vrai dire, notre survie à nous trois. Moi, Carlos, et Nikolai, nous la devons avant tout à ce dernier qui a su nous dégager une voie jusqu'à cette planque provisoire. Sans lui, personne n'en serait sorti vivant. excepté lui sans doute.

Jill : Normal pour un ancien Spetsnaz je dirai, donc il ne faut pas vous en vouloir. Vous aurez l'occasion de vous rattraper, j'en suis sûr.

Mikhail : Merci encore du soutien que vous nous apportez... Que vous m'apportez.

Jill : Normal, nous avons un même ennemi en commun et il faut s'entre aider pour y venir à bout, et pour s'échapper de là surtout.

Mikhail : Effectivement.

Il lève les yeux vers le ciel sombre comme les ténèbres, puis expire un bon coup en rigolant un peu.

Mikhail : Je vous ai fait perdre assez de temps comme ça avec mes histoire. Vous devriez aller mettre l'huile puis repartir chercher le reste avec Carlos et Nikolai.

Jill : D'accord.. En espérant poursuivre cette conversation un peu plus tard.

Mikhail : De même pour moi. En attendant je vais rester encore un peu ici. Ça me fait du bien un peu d'air frais.

Jill : À plus tard.

Il approuve d'un petit signe de la main plutôt amical et avant tout militaire.

Encore une fois, notre pauvre âme en peine qui est rongé par les évènements de cet été parvient à nouer des liens avec d'autres survivants, et ces liens précisément, parviendront à la faire évoluer dans un stade où elle aura maîtrisé son traumatisme grâce à son propre mental avant tout, mais aussi au soutien de ses pairs.