Raccoon City; Égouts
Des godasses salies par une soirée mouvementée pataugent dans une eau nauséabonde.
Niveau odeur pestilentielle, la survivante qui se trouve dans ce merdier a déjà connu pire, avec notamment celle de la mort qui a ce doux parfum qui te reste sur le bout de la langue et des narines durant toute la journée que tu passeras aux chiottes histoire d'essayer d'évacuer celle ci par la bouche sans que ça n'y change vraiment quelque chose.
Quoiqu'il en soit, on peut dire qu'au moins, elle n'a pas subi le même sort que le pauvre Sergent Nikolai Zinoviev qui n'est probablement plus de ce monde au vu du hurlement qu'il a pu prononcé, lui qui était plutôt du genre peu bavard, c'est pour dire.
Se faire dévorer vivant par une bande de morts est sûrement l'une des pires façons de décéder qui doit exister, et chercher à contredire ce fait sorti de nul part ne serait qu'une perte de temps considérable qui viendrait écourter le votre qui est si précieux.
Jill Valentine à autre chose à faire que de penser à ce genre de trucs qui vous angoissent pour un rien, et vient surtout vous faire commettre une erreur tôt ou tard car vous serez un peu trop distrait par cela justement.
Si elle a pu s'en tirer, c'est grâce à la chance, aussi improbable que cela soit de le mentionner par écrit.
Si il n'y avait pas eu une plaque en métal donnant droit vers les égouts, cette histoire se serait déjà terminer et nous n'aurions pas eu de futurs épisodes en sa compagnie, y compris sa dernière aventure connue où elle s'est faite une petite teinture jaune au niveau des cheveux.
Tout ce qu'elle peut faire à présent qu'elle a échappé à la horde par ce chemin peu agréable, c'est de trouver un accès vers l'extérieur où il n'y aura pas énormément de monde pour l'accueillir à bras et dents ouverts.
Pour l'instant, là où elle est aussi chanceuse, c'est qu'elle est parvenue à éviter les ennemies qui squattent habituellement dans les zones humides de ces lieux, que ça soit des grands crapauds voraces, ou d'énormes araignées venimeuses, ainsi que quelques petites surprises cachées parfois dans la flotte en elle même, ce qui fait que tu fais hyper attention où tu marches dans le coin.
Coup de bonheur, cette douloureuse aventure dans le liquide toxique se finit dans quelques mètres car elle la suite de l'aventure se passera sur un sol bien plus sec, bien que cela veut aussi dire qu'on entre dans une zone où d'autres types d'ennemies pourraient se trouver planqués dans la pénombre.
Avant de faire chuter cette bonne étoile par notre méfiance, glissons nous dans la tête de l'héroïne pour voir où elle en est mentalement parlant.
J'espère que Carlos va bien.
Si seulement j'avais eu une radio sur moi pour rester en contact avec lui.
Cela me rappelle la galère qu'on avait eu avec Chris et les autres dans ce foutu manoir.
C'était des vacances à côté de la situation actuelle où ils ont eu du budget pour les emmerdes que je croise.
Des hordes de zombies, un harceleur blindé...
C'est quoi la suite ?
La suite, c'est ce qui est en train de se dessiner droit devant elle.
Une sorte de gigantesque cocon éclot prend la moitié de l'espace de cet assez large couloir, ce qui vous laisse imaginer un peu la taille que le machine fait réellement, et aussi je tiens à vous alerter sur un détail que j'ai mentionné et qui alerte aussitôt la flic aux aguets, c'est le fait que ce qui était dedans n'y est plus, donc qu'il erre peut être encore dans les environs si ça s'est fait assez récemment.
Peu importe ce que ça doit être, ce n'est sûrement pas commode.
Il n'y a aucune raison que ça ne le soit.
Ce sera ça la suite.
Attends, ça bouge !
Quelque chose se déplace de derrière la carcasse vide et finit par ramper en passer par dessus afin d'atteindre la toute nouvelle proie qu'il vient de sentir.
Alors que cela croule vers elle, la forçant à reculer un peu pour prendre l'ampleur de la menace, elle en profite aussi pour découvrir de quoi il s'agit exactement.
Plusieurs Vers Coulissants, comme nous pourrons les appeler, viennent passer à tables, et ceux ci font un mètre de long avec leur corps verdâtre qui semble avoir pourri pendant quelques semaines déjà, et ils affichent un air menaçant avec leurs quatre crochets au niveau de la denture, ainsi que le fait que leur gueule reste ouverte en permanence, sans que celle ci ci soit des plus accueillantes.
Contrairement à leurs lointain cousins puces déjà rencontrées précédemment, eux ne sont pas là pour sucer la cervelle jusqu'à dernier centilitre de liquide céphalorachidien, mais plus proches des vampires ou lointaines cousines sangsues, là pour aspirer le sang de leurs victimes jusqu'à en devenir rouge rassasié, puis d'attendre plusieurs jours, juste le temps de grandir suffisamment pour...
Vous verrez.
Elle verra aussi.
Impossible que ça soit eux qui soient eux qui soient sortis de ce cocon.
Je ne préfère pas savoir qui est leur grand frère.
Viens là mon fusil à pompe.
Je dois dégager le passage.
Pas bien résistants, quelques coups de chevrotines bien placées ont tôt faits de leur faire fermer leur grand gueule, bien que quelques individus désespérés tentent de bondir avec une agilité remarquable vers leur casse dalle en sous estimant ses reflexes qui font qu'elle parvient à dévier leur attaque par les côtés, puis à les éliminer une fois atterris sur le sol.
Pile poil un chargeur suffit à se débarrasser d'eux, et immédiatement après ça, la guerrière urbaine sort les cartouches qu'elle a dans son inventaire pour pouvoir recharger le bousin, au cas où qu'il y aurait des renforts.
Une fois l'engin chargée, elle braque devant elle puis attend un petit peu, le regard vif, pour guetter leur potentielle arrivée.
Quelques sueurs perlent de son front, et les jambes tremblent pas mal, dû à l'effort que cette dure soirée demande pour se maintenir en vie.
Je ne dois pas faiblir.
Je le dois à Brad.
À tous ceux qui n'ont pas pu fêter cette fin de mission dans les montagnes.
À toi maman si jamais tu m'entends par un quelconque moyen.
Je le dois à vous tous.
Il le faut.
Vos disparitions ne doivent pas rester impunies.
Ils ne doivent pas s'en sortir.
Il ne doit pas s'en sortir.
Je d...
Est ce des secousses que je ressens ?
Oui, s'en est.
Qu'est ce qui se passe encore ?
Le séisme qui frappe soudainement toute la zone dans laquelle elle se trouve sans prévenir, vient la troubler au plus haut point, surtout qu'il lui est impossible de prévoir d'avance d'où est ce que cela va attaquer dans de telles conditions.
L'origine de ce phénomène sismique n'est clairement pas naturel dans aucun scénario possible, car le destin est cruel comme nous le savons tous.
Tout à coup, une portion du mur à cinq mètres dans son dos explose, dans la direction pour revenir à l'intersection entre les portions humides et non humides de ces égouts d'où Jill provient.
Sans se louper dans son geste, elle réussit à parfait demi tour sur elle même, afin de faire face à cette nouvelle menace qui lui fait face, et qui sera son Fossoyeur si jamais elle ne fait rien pour s'en débarrasser au plus vite.
Vous vous souvenez de ces petites bestioles de tout à l'heure ?
Imaginez que l'une d'elle devienne aussi grosse d'un semi remorque et qu'elle veuille de vous dévorer tout crue, avec ses énormes crochets affutés, et une belle rangée de dents qui ont poussé derrière afin de mâcher correctement tout ce qui va passer par sa bouche, contrairement à un lointain cousin qui vit sur une île reculée d'ici au nom sentant bon le fromage.
Ce ver domine notre vaillante protagoniste au niveau de la taille, qui ne perd pas de temps pour arroser de cartouches la bête affamée tout en ne prenant aucun risque inutile en progressant à reculons, au lieu d'aller de l'avant pour l'affronter, bien qu'en vérité il y ait toujours le risque que ses petits frères soient postés de l'autre côté pour prendre leur proie en tenaille.
Ce qui, après avoir dépassé le cocon à l'abandon ne semble pas être le cas, heureusement pour celle dont on suit le périple.
Cet endroit est trop étroit pour que je puisse lutter efficacement contre...
Ce truc.
Je dois trouver une échelle !
Au plus vite !
Pas le choix au final quand vient le manque de munitions dans son chargeur, et le fait que malgré sa taille imposante, l'arthropode mutant parvient à avancer sans trop de problème en rattrapant son retard sur la simple humaine, cette dernière est obligée de poursuivre une retraite de dernière minute.
Personne ne la jugera sur son choix raisonnable.
Brad en serait peut être même fier.
Bien que toujours fuir comme un peu tout jusqu'à présent, n'est pas forcément une bonne idée non plus.
