29 Septembre 1998


Raccoon City; Commissariat


Cette sensation de bois dur contre sa joue gauche lui rappelle quelques souvenirs de sa vie d'avant l'incident du Manoir Spencer.

Une période dont elle est un peu nostalgique, et aimerait trouver le moyen d'y revenir pour n'importe quoi au monde, bien qu'une certaine société a décidé que cela ne serait pas le cas.

Jill Valentine, la S.T.A.R.S. solitaire émerge petit à petit de ce qui aurait semblé être un long et éprouvant cauchemar interminable, ouvrant les yeux sur un endroit qui fait donc plaisir à voir pour elle puisqu'il s'agit de la pièce aménagé pour elle et son équipe. D'ailleurs elle a actuellement la tête couchée sur le côté gauche de son bureau personnel où tous les éléments décrits précédemment y sont toujours, y compris la photo de son instructeur de l'US Army, ou encore son fameux béret bleu qui n'attend qu'une chose, être porté.

Sa vision de retour à un monde normal et de paix se porte très vite sur un objet se trouvant juste en face de ses yeux et qui bouche un peu beaucoup la vue il faut dire, tout en débordant d'une glaciale ironie, puisqu'il s'agit d'un Safsprin, un médicament pour le soulagement de la douleur.

Là où est la blague de mauvais goût est au niveau de l'entreprise qui créé et fournit ce médicament.

Umbrella Pharmaceuticals, qui était autrefois la seule et unique branche fondatrice de cette puissante entreprise, mais qui désormais fait partie de ses nombreuses subsidiaires, incluant notamment des voyages sur des paquebots de luxe.

Leur slogan :

La Science pour une Vie Confortable.

Il y aussi l'inscription "Rien n'est impossible" sur la boite de médocs, ce qui correspond mieux à la philosophie de cette horrible boite internationale.

Avant de pouvoir se pincer pour vérifier si elle n'est pas encore en train de rêver, la policière cette fois ci en uniforme, sent une main puissante mais chaleureuse se poser sur ses doux cheveux bruns lisses taillés mi courts afin de pouvoir ensuite les passer entre des doigts encore assez fins par rapport à ce qu'ils seront dix ans plus tard.

Une voix familière qui fait bouger les petits papillons dans son estomac à chaque fois qu'elle s'exprime décide justement de faire preuve d'un peu d'orale.

Chris : Encore un mauvais rêve ?

Jill : Chris... ?

Chris : Qui d'autre ?

Jill : Je ne comprends pas...

Encore mal réveillée, elle passe ses mains sèches sur son visage humide dû au fait qu'elle ait bavé durant son sommeil, avant de se frotter un peu les yeux pour essayer du voir plus clair dans ce qui se passe par ici.

Autour d'elle se trouvent différentes petites scénettes qui se déroulent chacune de celle principale où nous y reviendrons sous peu, après avoir fait le tour.

Brad Vickers est en train d'offrir une dahlia rouge qu'il a cueilli dans sa ville natale rien que pour une personne, et l'infirmière personnelle de l'équipe est hyper contente de recevoir ce présent, au point de sauter dans les bras de son petit ami pour l'embrasser avec une profonde passion.

Barry Burton est en train de lustrer son gros canon nommé "Colt Anaconda" afin de s'assurer qu'il soit bien brillant la prochaine fois qu'il ira étaler de la cervelle de morts-vivants sur tous les murs d'un manoir perdu en pleine forêt, ce qui n'arrive pas souvent donc ça va encore.

Étrangement, Albert Wesker n'est pas présent, probablement en train de chercher avec tous les autres membres tertiaires des STARS qui sont censés avoir péri il y a deux mois, les toilettes de cette station de police qui n'en possède pas et qui devait ainsi être un très mauvais musée auparavant.

Voilà donc l'explication de cette mystérieuse odeur acide émanant de certains coins de murs drôlement tachés.

Plus sérieusement, en plissant les yeux sur le nom inscrit sur le plus grand bureau, une surprise de taille attend celle qui essaye de piger dans quoi elle s'est embarquée là.

Kevin Ryman ?

Ou Kevin N°2 pour ne pas oublier le N°1 qui restera toujours dans nos cœurs.

Je savais qu'il voulait absolument rentrer dans notre service, en ayant échoué à chaque fois, mais là...

C'est notre nouveau Capitaine ?

Chris : Un problème Jill ?

Jill : Disons que...

Rien qu'à ses yeux on peut savoir que l'imperturbable Miss Valentine est totalement perdue.

Jill : Je ne sais pas ce que je fais là. J'étais dans le tram avec l'autre Terminator ne voulant jamais crever, et puis...

Chris : Arrête tes bêtises ! Tu vois bien que tu t'es juste assoupi après avoir fait une overdose d'Umbrella !

Jill : Ouais... Si tu le dis Chris.

Chris : Allez prends ma main.

Il tend sa main droit devant son visage à elle, prenant au piège celui ci, tellement qu'il ne pourra pas s'en échapper.

Jill : Qu'est ce que tu me fais ?

Chris : Tu ne me fais plus confiance, partenaire ?

Jill : Si, mais il y a quelque chose qui ne va pas ici.

Chris : Tout va très bien. Ce n'est même jamais allé aussi bien depuis des années.

N'arrivant plus à penser clairement, notre protagoniste n'a pas d'autre choix que d'accepter cette main tendue par le Diable.

Une fois ceci fait, celui ci entraîne tout le corps de la pauvre femme vers lui, au point d'être nez à nez avec elle, révélant ainsi son véritable visage démoniaque.

Des iris infernaux pénètrent l'intérieur de ceux innocents qu'elle arbore, la faisant trembler d'une peur qu'elle n'ose jamais afficher en face de ses amies, collègues ou inconnus.

Du souffre se faufile ensuite dans ses narines quand la bouche du malin se met à s'ouvrir de manière difforme.

"Chris" : La dernière des Valentine va mourir !

D'un coup il la pousse dans une piscine de sang où elle ne parvient pas à nager, ayant un boulet à ses pieds.

C'est ainsi qu'elle coule, coule jusqu'à des profondeurs inexplorées, jusqu'à pouvoir réussir à atteindre la terre ferme dans un décor atrocement familier.

Il s'agit de la scène de spectacle du zoo de Raccoon City où sa mère a péri.

En plus c'est sur le devant de cette même scène qu'elle pose ses pieds, devant un public composé que de visages affreusement souriant qui rigolent sans s'arrêter face à elle en la pointant du doigt et en la critiquant ouvertement.

Spectateur 1 : Elle n'avait pas sauvé son père !

Spectateur 1 : Elle n'a pas sauvé sa mère !

Spectateur 1 : Elle ne sauve pas son frère !

Spectateur 1 : Elle ne se sauvera pas elle même !

Jill : Mon frère !? Que va t-il lui arriver !?

Holt : Hé connasse !

L'attention de la grande sœur bien attentionnée se dirige vers le sommet de l'estrade où les sièges sont écartés afin de laisser place à un bûcher public où se retrouve attaché un certain Holt Valentine sur un poteau en terre bientôt cuite, autour duquel a été amassé de la paille, des fagots et des bûches, histoire d'avoir le plus fou des barbecue jamais organisé dans cette bourgade du Midwest.

Malgré la situation compromettante, le gamin de onze ans ne semble pas plus inquiet que ça sur sa propre condition qui risque très bientôt partir en fumé, mais à la place il porte un regard accusateur, teinté d'un sourire sadique, envers celle qui a trahi sa propre famille selon lui.

Cette dernière ne perd pas de temps et tente de se faufiler parmi les rangées de chaises, alors que celles ci se déplacent d'elle même pour obstruer encore plus le chemin, l'empêchant d'atteindre son petit frère.

N'ayant pas le choix, elle déploie ses cordes vocales afin de lui envoyer un message rassurant dont il n'a nullement besoin comme sous entendu juste avant.

Jill : Holt, tiens bon ! Je vais te sauver !

Holt : Ah ouais !? Je croyais pourtant que tu n'étais qu'une bonne à rien incapable de veiller sur tes proches !

Jill : Arrête ça !

Holt : Arrêter quoi !? De dire la vérité !? Que tu aurais dû être là le jour où maman est morte mais que tu as préféré rester au boulot avec tes amies qui n'en ont rien à faire de toi, tellement qu'ils t'ont quasiment tous abandonné dés que les choses devenaient grave !? N'est ce pas !?

Jill : Tu dis n'importe quoi !

Holt : Ce que je dis, c'est que tu aurais dû être là durant cette soirée ! Tu aurais dû crever avec maman, et le monde s'en serait mieux porté !

Ces mots durs frappent de plein fouet la cage thoracique de celle qui ressent ces doutes soulignés au plus profond d'elle, la paralysant encore une fois, alors qu'elle aimerait enfin s'en débarrasser lors d'un affrontement face au Poursuiveur dont elle craint fortement la survie, faisant en sorte qu'une réapparition de ce dernier ne la surprendrait pas tant que ça.

D'ailleurs c'est ce qui arrive quand soudainement quand le garçon pris au piège avec son gré prend subitement feu sans prévenir, puis les flammes se répandent sur tout le bûcher, le laissant disparaître derrière celle ci de manière trop carbonisée pour pouvoir en fait quelque chose par la suite.

Le responsable, j'ai mis le doigt dessus, puisqu'il s'agit du colosse toujours vêtu de son manteau ajusté à sa taille gigantesque et imposante.

Ce dernier sort de derrière le brasier, avec des lueurs chaudes pour l'accompagner, et en étant armé d'un lance flamme fictif jamais vu auparavant dont il a prévu de se servir contre sa cible principale qui se met alors à reculer sur les marchés derrière elle sans trop savoir que faire cette fois ci face à ce balourd.

Contrairement à son habitude, on peut même dire qu'elle est en train de perdre son sang froid, et cela va se prouver être exact dans même pas quelques secondes.

Jill : Pourquoi est ce que vous ne pouvez pas me laisser tranquille !? Juste une fois ! Au lieu de vous en prendre à ma famille ! JE VOUS HAAAAAIIIISSSS !

Dégoulinant de larmes et de morves, la jeune femme a fini par craquer par rapport à toute cette pression sur les épaules au point de finir par se mettre à genou devant cette création dégueulasse envoyée pour l'exterminer.

Cet exterminateur s'arrête alors et exprime pour la toute première fois des paroles bien plus profondes que le simple acronyme qu'il n'arrêtait pas de sortir jusque là.

Poursuiveur : Tu es pitoyable.

Jill : Je sais...

Poursuiveur : Tu comptes donc rester ici à te morfondre sur toi même en abandonnant ceux qui comptent encore sur toi ?

Jill : Personne ne compte sur moi. Ils se débrouillent tous bien de leur côté sans que je sois présente.

Poursuiveur : Même Carlos ?

Jill : Carlos... ?

Une sorte de révélation sans extraits de Dante lui fiat capter quelque chose qu'elle efforçait de ne pas reconnaître jusqu'à présent tant qu'elle était à fond sur son délire d'être complètement inutile, voir un boulet pour les autres.

Ce qui n'est pas le cas.

Voix 1 : Je crois qu'elle s'en rend compte chérie.

Voix 2 : Je le crois aussi.

Un accent français et un autre japonais, tous caricaturaux, proviennent de derrière la survivante, avant que deux paires de mains l'aident à se remettre droit sur ses jambes, en la tenant par chacune de ses épaules.

Sans même avoir à se tourner vers eux, la policière aux cheveux bruns sait très bien qu'il s'agit de ses parents, et même si elle s'essuie le nez plein de morves, elle continue de verser quelques larmes en repensant à eux.

Jill : Vous me manquez.

Hervé : Tu nous manques aussi, mais tu dois aller de l'avant, et prendre de l'assurance.

Brandi : Tu as déjà affronté les pires horreurs dans cet asile de fou dans la forêt, alors ce n'est pas une ville remplie de zombies qui aura raison de toi.

Hervé : En plus, tu as toujours des amies sur qui compter si jamais tu es incapable de te battre.

Brandi : Comme maintenant.

Jill : Maintenant ?

Ses forces l'abandonnent d'un coup, l'obligeant à s'écrouler en plein sur le sol comme si elle n'était absolument plus maître des membres de son corps, tel un pilote de ligne où son appareil ne répondrait soudainement plus du tout, et après ce crash du tonnerre, elle tente vainement de se remettre debout comme il se doit, car quand ça ne veut plus, c'est résolu à rester ainsi.

Du moins, c'était sans compter sur une voix qu'elle n'aurait jamais cru entendre dessus, alors que les premières gouttes de pluie viennent mouiller sa chevelure, ainsi que le reste de sa peau métissée et fatiguée par tout ce qu'elle a vécu depuis deux mois déjà.

Carlos : Jill ! Attrape ma main !

Jill : Carlos !?

Carlos : Dépêche toi ! Nous n'avons plus beaucoup de temps !

Jill : D'accord !

Décidant de lui faire confiance, elle tend sa main vers cette lueur là haut dans le ciel étoilé qui essaye de l'extirper de ce cauchemar insurmontable de prime abord, sauf que ce qu'elle découvre à ce moment là, c'est qu'en réalité il est surmontable.

Il faut juste qu'elle l'idée qu'elle n'est ni surpuissante, ni impuissantes.

Elle est juste une humaine comme les autres, qui a parfois besoin d'un coup de main d'autrui pour réussir à surpasser ses obstacles.

Ce qui est évidemment réciproque, et elle fera de son mieux pour aider cette main masculine à laquelle elle réussit à s'accrocher, à triompher de ses ennemies le moment venu.

Moment qui se rapproche petit à petit.

Il faudra juste être quelque peu patient.