Bonjour tout le monde !
Merci pour les lectures, fav et nouveaux follow :) J'espère que l'histoire continue de vous plaire ! Si oui, n'hésitez pas à me laisser une petite review, sinon laissez-en une aussi pour me dire ce qui vous déplait ;)
Réponse à Jenny : Merci beaucoup pour ta review ! Ravie que tu aimes l'histoire, d'autant plus si tu n'es pas fan de Sirius à la base :) J'espère que ça continuera de te plaire !
Au menu du jour, Sirius se confie un peu plus auprès d'Hermione, des invités célèbres arrivent au Square Grimmaurd et un certain "Ordre" est évoqué ;)
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Chapitre IX : Les Weasley
Une série de coups légers contre la porte eurent raison du sommeil de la jeune femme. Elle se retourna plusieurs fois dans son lit, consciente de l'intrusion. Ses yeux s'ouvrirent enfin et sa main vint tapoter la table de chevet, à la recherche de la lampe.
"Ohhh…", soupira Hermione avec difficulté. Elle avait l'impression d'avoir été piétinée durant son sommeil.
Maugréant contre l'intrusion sonore, elle se leva péniblement et ouvrit la porte sans prendre le temps de mettre sa robe de chambre. La lumière matinale pénétra en un instant la chambre d'Hermione et elle fit face à un imposant Sirius devant elle.
"Bonj…" , gémit-elle. Mais elle ne put terminer sa salutation, les évènements de la veille lui revenant en un éclair à l'esprit.
Sirius ivre, hurlant sur le portrait de sa défunte mère, les insultes échangées, l'ébahissement… et le contact. Ce contact. Aussi inattendu qu'inopportun. Qu'elle n'avait pu expliquer. Rougissant face à cette brusque révélation, Hermione entoura prestement ses bras contre sa taille, cherchant à se cacher. Sirius la contempla un instant, le regard inquiet.
"Qu'est-ce qu'il se passe ?, demanda-t-elle face à son air sérieux. Des nouvelles de Lupin ?
- Non, non je suis désolé, il n'a pas encore refait surface, expliqua l'animagus, en passant une main dans ses cheveux. C'est moi. Je suis venu pour m'excuser."
Hermione haussa les sourcils à l'annonce de son hôte.
"Je peux entrer ? , demanda-t-il face au silence de son interlocutrice.
- Euh oui, je… Je vais ouvrir les volets", bredouilla celle-ci qui s'écartait pour le laisser passer.
Sirius pénétra dans la chambre et se posta contre l'armoire. Hermione ouvrit les volets un peu plus brusquement que nécessaire et s'assit sur le lit, face à son camarade. Elle n'avait pas pensé que Sirius viendrait de lui-même évoquer cet épisode maladroit. Attendant qu'il reprenne, elle se mordit le bord de la lèvre inférieure.
"Je me suis réveillé avec un sacré mal de crâne ce matin…, lança-t-il enfin.
- J'imagine bien.
- Je suis désolé de t'avoir laissé voir un spectacle pareil. Je n'ai pas les mots. La nuit dernière est un peu floue mais je me souviens qu'il y a eu des cris, des insultes et quelques babioles brisées."
Hermione hocha longuement la tête avec une grimace.
"Ça n'était pas joli à voir, avoua-t-elle.
- Non. Non, je me doute. Je sais de quoi je peux être capable lorsque je suis dans cet état…", confirma Sirius, mal à l'aise.
La jeune femme leva enfin les yeux vers lui.
"Je ne comprends pas… Enfin, si, je comprends pourquoi tu le fais, mais je ne comprends pas pourquoi comme ça et pourquoi hier soir", bredouilla cette dernière. Elle se prit à regretter de ne pas avoir entamé cette conversation après un thé fumant et quelques minutes de réflexion.
Sirius s'adossa davantage contre la porte de l'armoire. Ses yeux fixèrent le plafond quelques minutes, le temps de formuler ses idées. Puis il reprit.
"Je sais que ça ne résout rien de combler mes problèmes avec ça. J'étais déjà porté là-dessus lorsque j'étais jeune adulte. On faisait de nombreuses soirées entre Maraudeurs et elles impliquaient toujours des épisodes arrosés. Mais c'étaient de bons moments, des moments conviviaux. L'alcool exacerbait juste notre bonne humeur. Depuis mon retour… disons qu'il a pris une autre connotation…"
Il regardait son interlocutrice, espérant qu'elle rebondisse sur ses aveux. Mais Hermione n'en faisait rien, se contentant de répondre à son regard. Ce silence augmenta sa frustration et la gêne qu'il avait de se trouver là, à lui déballer ses problèmes.
"Je ne sais pas ce que je peux te dire de plus ! Il m'est difficile de tenir, nerveusement parlant, face à tout ça. Il y a des moments où tout va bien, je suis heureux d'être là, avec les gens que j'aime, je rattrape le temps perdu… et parfois tout m'échappe. Je suis de retour mais j'ai sur mes épaules un bagage trop lourd. Je ne peux pas sortir de chez-moi sans ameuter la moitié de la communauté Auror à mes trousses, l'Ordre ne me confie aucune mission car certains n'ont pas encore foi en moi, je ne peux même pas porter assistance à mon filleul qui est là-bas, tout seul, avec cette famille de dégénérés ! Je me sens juste… Impuissant.
- Tu ne l'es pas Sirius, déclara Hermione. Elle enlaçait ses mains, dessinant sur ses paumes. Moi aussi j'ai eu l'impression que le ciel me tombait sur la tête hier matin. Tous ces malheurs, toutes ces attaques et ces blessés… Comment ne pas se sentir impuissant face à un monde en guerre ? Mais tu vas avoir l'occasion de faire tes preuves. Quel que soit cet « ordre » que tu as mentionné, je sais que vous allez faire tout ce qui est en votre possible pour contre-attaquer. Tu es un sorcier puissant, tu manies l'art du duel comme personne selon Lupin, je ne doute pas que tu serviras durant cette guerre."
Sirius l'écouta sans broncher. Il sentait ce poids quitter peu à peu son cœur à mesure qu'Hermione le rassurait. L'animagus ressentait presque de la honte à se faire consoler ainsi par une jeune femme plus jeune que lui. Mais ses mots avaient du sens. Hermione le contempla quelques secondes puis reprit, avec un ton désolé.
"Mais tu ne trouveras aucune consolation là-dedans, je peux te l'assurer. Tu vas juste sombrer petit à petit et à ce moment-là seulement, tu ne seras pas en mesure de nous aider."
Le grand brun fit un pas vers elle, hochant longuement la tête. Hermione se releva pour lui faire face et esquissa un léger sourire.
"Tu as raison. Je suis désolé de t'avoir imposé ça hier. Ça ne se reproduira plus, affirma-t-il, d'une voix sérieuse.
- Merci… Et par pitié, ne m'oblige plus à monter ces quatre étages avec toi au bout de mon bras, j'ai cru que je n'arriverais jamais à nous hisser là-haut", glissa-t-elle avec humour pour dédramatiser la situation.
Sirius la regarda avec des yeux ronds, ce qui redoubla l'amusement de la jeune femme.
"Tu as du me porter jusqu'à ma chambre ?! S'écria-t-il, incrédule.
- Porter, c'est un bien grand mot. Disons que je t'ai soutenu."
Il porta une main à son visage pour cacher son embarras.
"Mais quel enfer…
- J'ai de quoi te faire chanter pour une bonne décennie je pense, affirma Hermione avec un sourire narquois.
- Je n'en doute pas… Est-ce que j'ai fait preuve d'un autre épisode inconvenant comme celui-là ?", demanda-t-il, craignant le pire.
Hermione s'arrêta alors, mal à l'aise. Ce rapprochement physique entre eux deux pouvait-il être considéré comme un épisode inconvenant ? Il n'avait rien fait en soi de répréhensible, au sens où elle l'entendait. Ce contact lui avait fait ressentir quelque chose d'étrange mais elle trouvait son explication dans le fait qu'ils n'avaient jamais encore été si proches. Il n'y avait rien de plus à analyser là-dedans. Secouant la tête, elle lui répondit enfin :
"Rien d'inconvenant. Et puis, pour être honnête, tu t'es montré plutôt attentionné."
Sirius arqua un sourcil face à cette dernière remarque.
"Attentionné ? De quelle façon ?"
Hermione soupira, regrettant que Sirius ne se souvienne pas des mots qu'il avait prononcés pour elle. Quand bien même il avait été soûl, cette promesse qu'il avait faite de la protéger l'avait véritablement touchée. La jeune femme haussa les épaules de dépit et répliqua :
"Tu tâcheras de noyer ton désespoir dans autre chose, la prochaine fois que tu souhaiteras conserver tous tes souvenirs intacts.
- Touché", répondit Sirius avec une grimace.
Hermione passa une main amicale dans son dos et reprit :
"Allons déjeuner, je meurs de faim. Et tu me dois un bon bol de thé après cette conversation très sérieuse.
- Vos désirs sont des ordres, madame."
Tous deux descendirent ainsi les escaliers et se rendirent dans la cuisine où ils préparèrent le déjeuner. Ils échangèrent leurs pronostics sur le plan de Rémus et s'accordèrent pour dire que de grands changements allaient avoir lieu au square Grimmaurd. L'heure passant et voyant que les Weasley n'avaient donné encore aucun signe de vie, Sirius proposa à Hermione de reprendre leur entraînement musical. Celle-ci accepta et le duo s'installa au piano pendant une bonne partie de l'après-midi.
Lorsque les seize heures sonnèrent, ils entendirent alors une grande dénotation qui provenait de la cheminée. En un éclair, deux jeunes garçons roux, aux visages rieurs et en tout point identique, apparurent dans leur salon.
"Fred ! George ! , S'écria Hermione, avec un sourire ravi.
- En chair et en os, répondit Fred.
- Plus en os qu'en chair pour être honnête. Drôle de phénomène, la croissance", commenta George du même ton égal.
Hermione se rapprocha d'eux pour leur administrer une brève étreinte. Les garçons se dirigèrent l'un après l'autre vers Sirius et lui serrèrent chaleureusement la main.
"Sirius Black, de la part de mon jumeau et moi, commença George avec cérémonie.
- Nous souhaiterions te remercier pour tout le bien que tu as fait à la communauté magique de Poudlard, continua Fred.
- Surtout à nous-deux, en réalité…
- Grace à toi, le secret des Maraudeurs est bien protégé.
- La carte s'est transmise de malfaiteurs accomplis en malfaiteurs à accomplir…
- Belle tournure George.
- Je te remercie Fred", ponctua ce dernier en esquissant un sourire ravi à l'intention de Sirius.
Ce dernier haussa les sourcils suite à la déclaration des jumeaux.
"Vous l'avez trouvée ? leur demanda-t-il avec stupeur.
- Dans le bureau de Rusard, répondit Fred.
- Sur l'armoire de rangement dans le tiroir « Objets dangereux confisqués », ajouta George.
- Tu sais, George, je me disais que pour un gardien, il n'est quand même pas très futé de rassembler la totalité des objets prescrits à Poudlard dans un seul et même tiroir.
- Qui plus est avec le nom inscrit dessus, je ne te le fais pas dire Fred."
Sirius s'esclaffa et posa une main amicale sur l'épaule des deux jumeaux.
"Je suis ravi qu'elle vous soit revenue les garçons. Ainsi le nom des Maraudeurs perdurera dans Poudlard, des années après notre départ.
- Lorsque Rémus a laissé échapper ton surnom de l'époque, nous avons tout de suite fait le lien, expliqua Fred avec connivence.
- Vous, Monsieur Black, avez donné de votre personne pour que de jeunes apprentis comme nous ayons la chance de reproduire mille et une farces au sein de l'école. Nous vous en sommes éternellement reconnaissants, annonça fièrement George en mimant une révérence.
- Il semblerait que les élèves aient de loin dépassé les maîtres ! Lança Sirius, railleur.
- Et ainsi mes ennuis de future préfète commencèrent…", gémit Hermione en regardant le duo infernal.
Les jumeaux se retournèrent vers elle tandis que Sirius s'esclaffait de plus belle.
"Ne t'en fais pas Mione, on fera en sorte que tu ne nous prennes jamais sur le fait ! Promit Fred en traçant une croix contre son cœur.
- Je préfèrerai que tu promettes de ne rien faire du tout ! Se lamenta la jeune femme, qui savait qu'elle s'engageait dans un combat perdu d'avance.
- Tu nous connais Mione, les méfaits sont inscrits dans notre code génétique", reprit ce dernier, en passant un bras compatissant sur les épaules de la jeune femme.
Cette dernière roula des yeux et maugréa :
"Faites le nécessaire pour que je ne vous coure pas après durant l'intégralité de l'année scolaire.
- Mais comment résister à l'appel d'une jeune et jolie fille qui nous courrait après ?" Lança Fred en faisant mine de s'offusquer.
Sirius et George haussèrent d'un sourcil tandis qu'Hermione lui adressait une bourrade amicale.
"Trêve de galanteries, Mr Weasley, je sais bien que vous n'en pensez pas un mot !" Répondit-elle cyniquement.
En guise de réponse, Fred lui ébouriffa les cheveux affectueusement et ajouta :
"Bien au contraire, très chère !"
Avant que cette dernière ne puisse lui renvoyer la balle, une nouvelle détonation retentit dans le salon, laissant apparaître Ginny et Molly Weasley. Les deux femmes s'époussetèrent en sortant de l'âtre de la cheminée. Hermione se précipita vers son amie et toutes deux s'étreignirent fort.
"Ginny ! Ma Ginny ! S'écria Hermione avec ravissement tandis qu'elle pressait la petite rousse contre elle.
- Mione ! Ça fait tellement longtemps ! Répondit cette dernière avec autant d'enthousiasme.
- Ma chère Hermione ! Tu as encore grandi, s'exclama Mrs Weasley tandis qu'elle prenait à son tour la jeune gryffondor dans ses bras. Tu as la peau sur les os ma pauvre enfant, on ne te nourrit pas suffisamment ici ? Sirius ! Cette jeune fille est en pleine croissance, il faut doubler les rations", s'écria-t-elle ensuite, virevoltant près d'Hermione.
Cette dernière leva les yeux au ciel, avec un grand sourire. La figure maternelle des Weasley ne changerait donc jamais.
"Je vais bien Molly, je vous assure. Et Sirius s'occupe plus que correctement de nous. C'est un hôte charmant, lui assura-t-elle.
- Tant mieux, ma chérie, tant mieux. Oh comme je suis heureuse de vous voir tous ! Annonça Molly en embrassant à son tour Sirius qui lui tapota amicalement le dos.
- Moi aussi je suis ravi de vous accueillir Molly. Vous êtes la bienvenue, il était temps que nous nous retrouvions…
- Oui oui Sirius, nous aurons bien le temps de discuter de tout cela lorsque les enfants seront… Mais où sont passés Arthur et Ron ?!"
Sa question fut élucidée en un instant avec une dernière détonation qui fit apparaître Arthur Weasley, vêtu d'une robe de sorcier gris anthracite et d'un chapeau rond. Celui-ci se décala et Hermione fut ravie de voir la silhouette familière de son meilleur ami.
Ron sourit à l'assemblée et s'approcha d'eux.
"C'est bon de vous voir, tous !", lança-t-il, son visage éternellement constellé de tâches de rousseurs, souriant jusqu'aux oreilles.
Hermione s'approcha de lui et ouvrit grand les bras.
"Ronald Weasley ! Pas une seule carte en l'espace d'un mois, tu avais promis de m'écrire !", s'écria-t-elle en le prenant dans ses bras.
Ron reçut son étreinte avec maladresse et garda les bras grands ouverts.
"Salut Mione. Désolé, je t'ai dit que je n'étais pas doué dans ces choses-là…, s'excusa-t-il, gêné.
- Il va falloir être plus convaincant pour la prochaine fois", le railla-t-elle en s'écartant de lui. Ron passa une main dans ses cheveux ébouriffés tandis que son visage tournait au rouge. Ce qui passa inaperçu chez Hermione, mais pas chez Sirius. Celui-ci esquissa un fin sourire et invita l'assemblée à s'installer dans la cuisine où ils pourraient discuter.
"Est-ce que Bill a trouvé son bonheur ?" , demanda Hermione aux parents Weasley.
Le groupe était réuni autour de la table à manger, avec devant eux, une tasse de thé fumante. Ron et les jumeaux piochaient avidement dans le panier en osier où reposait une fournée de gâteaux aux épices.
"Pas encore ma chérie. Nous avons fait le tour de quelques maisons mais il n'arrivait pas à se projeter suffisamment pour en choisir une, répondit Mrs Weasley avec une mine embarrassée.
- Je pense qu'il attend d'être davantage établi à Gringotts avant de faire son choix, compléta Arthur Weasley qui reprenait une gorgée de thé.
- Ou peut-être qu'il attend d'être suffisamment établi avec une certaine jeune femme…, marmonna George en lançant des coups d'œil insistants vers Ginny. Cette dernière poussa un soupir dépité.
- Tu exagères Georgie, je pense qu'il attend d'être davantage projeté envers cette grande blonde aux yeux bleus, française de surcroît…, reprit Fred avec la même lueur amusée dans le regard.
- Oh il suffit vous deux ! Laissez votre frère à ses histoires", maugréa Molly en les houspillant.
Hermione constata la grimace de Mrs Weasley à l'évocation de la partenaire de Bill. Manifestement, elle ne portait pas dans son cœur la demoiselle en question. Pour ne pas importuner la matriarche plus longtemps, elle glissa avec espièglerie.
"C'est vrai vous deux. À trop s'intéresser aux histoires de cœur des uns, on en oublie d'en commencer soi-même."
La jeune femme fut ravie lorsqu'elle captura l'éclat de rire de Ginny et Sirius, ainsi que la mine effarée des deux jumeaux.
"Mais c'est qu'il griffe le chaton, s'exclama Fred, mimant une mine offusquée.
- Tu as gagné en piquant, Mione, pendant ces vacances, je me demande de qui tu as adopté ça", susurra George en jetant une œillade en direction de Sirius.
Ce dernier, amusé, répondit :
"Je plaide non coupable. Hermione n'a pas eu besoin de moi pour ça. Elle est juste très éclairée."
Hermione rosit sous le compliment pendant que Fred et George clamaient en cœur :
"La sorcière la plus brillante de sa génération !"
Le groupe se mit à rire, Hermione la première. Il était bon de retrouver ces visages familiers, d'autant plus après l'enchainement de mauvaises nouvelles.
"Je pensais que Rémus était avec vous", fit remarquer Arthur après un moment.
Sirius et Hermione se regardèrent, maintenant sérieux, et celui-ci prit la parole.
"Il l'était, jusqu'à hier. Les nouvelles vont vite, même par ici. Lorsqu'il a entendu parler des attaques, il a décidé de rejoindre Tonks et Maugrey pour en savoir plus.
- Les informations sont filtrées au maximum au Ministère, c'est un vrai mur de plomb qui s'abat entre eux et le monde extérieur, expliqua Arthur. Je n'aime pas ça Sirius, je n'aime pas ça du tout…
- Moi non plus, répondit l'animagus en hochant la tête. Il va falloir agir vite pour contrer la menace qui approche…
- Et Harry ? Où est-il ? s'enquit Mrs Weasley.
- Toujours chez les Dursley à priori, soupira Sirius, désappointé. Je n'en sais rien, Rémus devait s'informer auprès d'Al…
- Auprès de la hiérarchie, le coupa-t-elle avec un regard entendu. Cette reprise déclencha un rire amer chez Sirius.
- Chez la hiérarchie oui, mettons. Savoir s'il convenait de le laisser encore là-bas ou de le ramener avec nous.
- Il serait bien plus heureux ici ! S'exclama la matriarche Weasley.
- Tu prônes un converti Molly, assura Sirius en haussant les épaules. Si cela ne tenait qu'à moi, je serai déjà allé le chercher depuis longtemps.
- Mieux vaut éviter de te voir dans le secteur Sirius… Tu connais ta situation, objecta Arthur avec une mine embarrassée.
- C'est peu de le dire…", souffla le grand brun avec lassitude.
Hermione perçut le trouble de son camarade et tenta de changer d'angle d'attaque.
"Qu'est-ce qui devrait retenir Harry auprès des Dursley ? Ils ne pourraient pas le protéger face aux menaces extérieures.
- Et je suis presque sûr qu'ils n'essayeraient même pas, approuva Ron d'une mine sombre.
- Ce n'est pas à nous de discuter des ordres. Il suit son plan et je suis sûr qu'il a déjà réfléchi à tout cela, tempéra Arthur en tapotant la table.
- Vous voulez dire que Dumbledore isole consciemment Harry du reste de l'Ordre ? Pourquoi cela ?", lança Hermione après un instant de réflexion.
Le silence se fit alors autour de la table tandis que les Weasley la dévisageaient avec des yeux ronds. Molly renversa sa tasse de thé alors qu'elle bredouillait de faibles « mais » à répétition. Arthur, suffoqué, lui demanda :
"Hermione, comment es-tu au courant ?"
Cette dernière haussa les épaules et prit la parole.
"Ça n'était pas bien difficile à deviner. Il faut que ça soit un puissant sorcier qui soit hissé au rang de chef, quelqu'un qui a déjà eu à affronter Voldemort et honnêtement, Dumbledore est le lien qui vous unit tous et toutes autour de la table", expliqua-t-elle, un peu embarrassée.
Arthur écarquilla davantage les yeux tandis que Molly se lamentait à voix basse. Sirius quant à lui éclata alors d'un grand rire, rejetant la tête en arrière. Le couple se retourna vers lui, atterré.
"Sirius, ce n'est pas drôle ! Nous nous sommes jurés de ne pas leur en parler ! S'exclama Molly d'une voix fluette.
- Pardon… pardon, répondit Sirius entre deux hoquets de rire, mais une fois encore, Hermione est la preuve vivante que nous aurons beau tout faire pour les maintenir dans l'ignorance, ces « enfants » finiront par en savoir autant que nous !
- Vous voulez dire qu'Albus Dumbledore est derrière… quoi, l'armée de défense contre les forces du mal ? Demanda Ron en posant les mains sur la table.
- Bien joué Ronald, souffla George.
- Le cerveau de la bande, ajouta Fred en hochant la tête.
- J'ai toujours cru en lui.
- Petit Ronnie est devenu grand."
Puis les jumeaux éclatèrent de rire en donnant une tape amicale dans le dos de leur frère cadet.
"On t'apprécie quand même Ron.
- Tu es comme un frère pour nous, assura George.
- Mais je suis votre frère, espèce de scroutt à pétards !", s'écria Ron, qui fulminait contre ses deux frangins.
Sirius suivit l'échange entre la fratrie et son regard fut attiré par Hermione. Cette dernière lui lança une œillade entendue, lui montrant par là ce qu'elle traversait chaque année en compagnie de ces garçons. L'animagus esquissa un sourire narquois et proposa :
"Quoi qu'il en soit, maintenant que certaines révélations ont été faites, je vous propose de prendre vos marques dans la maison. J'ai réparti les chambres, en espérant que chacun y trouve son bonheur."
L'assemblée se leva de table et les Weasley suivirent Sirius qui s'engageait déjà dans les escaliers. Il fut convenu avec le groupe que Ron dormirait dans la chambre du deuxième étage, et serait rejoint par Harry lorsque ce dernier arriverait ici. Les jumeaux s'installèrent dans la chambre du troisième étage et le couple Weasley prit ses quartiers dans l'ancienne chambre de Régulus. Ginny, elle, fut ravie à l'idée d'investir la chambre d'Hermione. Sirius lui avait proposé une chambre à l'étage mais la cadette des Weasley était trop heureuse de pouvoir retrouver son amie, et Hermione n'avait pas le cœur à la contredire. La famille déballa ainsi ses affaires et s'installa au sein du square Grimmaurd.
En début de soirée, Ron vint rejoindre Hermione qui lisait tranquillement dans la bibliothèque.
"Mione ? Tu veux sortir un peu ? Fred et George sont en train de nous montrer les derniers gadgets qu'ils ont inventés pendant les vacances.
- Bon sang, n'arrêteront-ils jamais… Soupira-t-elle. Après mûre réflexion, mieux vaut que je t'accompagne oui. Il faut que je sache à quel genre d'objets j'aurais à faire face à la rentrée", annonça-t-elle en refermant son livre d'un coup sec.
Tous deux se dirigèrent vers le jardin où Ginny et Sirius étaient déjà en train d'observer les jumeaux à l'œuvre. Fred et George se lançaient tour à tour un feu d'artifice modeste mais lumineux. Hermione sourit malgré elle devant l'enthousiasme des deux frangins. L'un comme l'autre soignait leur lancer en tentant d'effectuer des figures avec leur sortilège. Le feu d'artifice suivait les mouvements de poignet des jumeaux et zigzaguait, tournoyait, se tortillait sur lui-même. La jeune gryffondor s'adossa contre la façade de la maison, amusée. Ron se rapprocha imperceptiblement d'elle :
"Dément non ?
- C'est… Un sortilège plutôt bien ficelé, je le reconnais.
- Allez Mione, tu peux le dire, on n'est pas encore à Poudlard", insista le rouquin en lui décochant de petits coups de coude.
Cette dernière roula des yeux mais éclata de rire. Sirius se retourna à l'écoute de ce son et constata la présence des deux amis derrière lui. Il sourit lorsqu'il vit la mine réjouie de la jeune femme qui observait les jumeaux. Son regard passa d'elle à Ron et il remarqua avec un certain amusement que ce dernier lui jetait fréquemment des coups d'œil. Il se fit la remarque que bon nombre de choses allaient changer au square Grimmaurd, en particulier maintenant qu'une bande d'adolescents prenaient possession des lieux. Esquissant un sourire songeur, quoi qu'un peu amer, il se retourna pour contempler les acrobaties des jumeaux.
"Les enfants, c'est l'heure de manger !", s'écria Molly, sa voix provenant de la cuisine.
Fred et George lancèrent un bref « finite incantatem » et se ruèrent dans la maison, Ron à la suite. Ginny se retourna vers Hermione et lança un « Les garçons… » avec une moue fatiguée. La belle brune lui adressa un clin d'œil tandis que son amie rentrait à son tour. Elle s'apprêtait à la suivre mais au dernier moment, se tourna vers le seul compagnon encore à l'extérieur.
"Tu ne veux pas nous rejoindre ?", demanda-t-elle à Sirius, qui restait en retrait.
Ce dernier se retourna pour mieux la contempler et répliqua avec un sourire pincé.
"Je vais rester là quelques minutes. J'ai envie de me dégourdir un peu les jambes et de profiter de l'air frais.
- Tu veux de la compagnie ? Proposa la jeune femme.
- Non, j'ai déjà suffisamment abusé de ta présence Hermione, répondit-il après un temps. Et puis tu viens seulement de retrouver tes amis. Profite-en…"
Hermione resta immobile quelques secondes, pour s'assurer que son interlocuteur était bien sûr de lui. Puis elle lui adressa un sourire chaleureux et murmura :
"N'attends pas trop. Molly va te faire aussi une foule de reproches sur ton alimentation."
L'animagus émit un rire narquois.
"Je me doute. Commencez sans moi, j'arrive."
La jeune femme hocha la tête et se retourna pour pénétrer dans la maison. Sirius la laissa partir et contempla l'immensité de la nuit. Il tritura machinalement ses poches de blouson et sortit une cigarette qu'il alluma. Il ferma les yeux à la première bouffée. Là où il était, il ne distinguait que les bruissements du vent et les piaillements des créatures nocturnes.
"Prends une autre portion ma chérie ! Il faut te nourrir !
- Merci Molly mais je suis déjà repue. C'était excellent", affirma Hermione en décalant légèrement son assiette pour la mettre loin de portée de son interlocutrice.
Mrs Weasley fronça les sourcils et bougonna.
"Ne t'en fais pas maman, ça ne sera pas perdu ! S'exclama George qui se servit une large portion du gratin que sa mère avait concocté.
- Eh, laisse-en pour les autres ! S'écria Ron qui tendait lui-aussi son assiette.
- Ron ! Sirius n'a pas encore eu une assiette, attends un peu !" Le réprima Hermione.
À la mention de son nom, l'hôte de maison fit justement son apparition.
"Désolé pour le retard. Ça a l'air fameux Molly ! Merci beaucoup."
Sirius s'installa en bout de table, là où une chaise l'attendait. Tout le monde reprit la conversation avec vivacité et bonne humeur. Le regard de l'animagus papillonnait entre les invités, s'accrochant aux quelques bribes de conversation qu'il entendait. Cela faisait une éternité qu'il n'avait pas eu une telle assemblée autour de lui. Il en était infiniment heureux mais ressentait quelque vertige face à cette animation sans fin. Le repas terminé, l'assistance prit congé et tout le monde se dirigea progressivement vers les escaliers.
"Et que je ne vous entende pas préparer Merlin-sait-quoi là-haut vous deux, vous n'êtes pas à la maison, prévint Mrs Weasley à l'attention des jumeaux, pointant un doigt menaçant dans leur direction.
- Au moindre bruit suspect, ou détonation, je vous renvoie à la maison avec matériel confisqué", confirma Arthur.
Fred et George levèrent les yeux au ciel, mais conservèrent leur sourire mutin. Ginny et Hermione restaient dans l'encadrement de la chambre, discutant fébrilement. Ron fit un pas vers elles et lança :
"Alors, on va rattraper le temps perdu ? J'ai encore énormément de choses à te montrer de nos vacances à la mer !
- Tu attendras demain Ronald, j'ai beaucoup de choses à lui raconter aussi, annonça Ginny d'un ton déterminé.
- Mais bien sûr, tu pourras lui raconter aussi tes histoires, ça n'empêche pas !
- Nuit entre filles Ron, tu n'es pas convié", décréta sa jeune sœur en articulant chaque syllabe.
Ron regarda Hermione d'un air atterré.
"Et tu es d'accord avec ça Mione ?"
Cette dernière eut un éclat de rire et répondit.
"On aura tout le temps de se raconter nos vacances ces jours-ci. Et puis il faut en laisser à Harry.
- Bon… Si tu le dis", maugréa le jeune homme, en passant une main dans ses cheveux.
Puis il monta de mauvaise grâce se coucher. Sirius le suivit dans la foulée, en prenant le temps de dire :
"Bonne nuit les filles. Ne veillez pas trop tard, avec un sourire en coin.
- Bonne nuit !", pépia Ginny alors qu'elle se saisissait de la main d'Hermione pour mieux l'emmener dans la chambre.
Hermione fit un sourire d'excuse devant l'enthousiasme de la petite rousse et glissa un « Bonne nuit Sirius » avant de refermer la porte derrière elle.
Se retournant, elle vit que Ginny était déjà assise en tailleur sur le lit, la mine réjouie.
« J'ai une foule de choses à te raconter ! » Annonça-t-elle fièrement.
Hermione pouffa et la rejoignit sur le matelas pour discuter.
