Bonjour tout le monde,

J'espère que vous allez bien. Désolée pour ce petit retard dans la parution des chapitres, j'ai eu un gros coup de remise en question / prise de tête concernant cette fiction et je ne savais plus trop où j'en étais.

Je me trouve face à un petit dilemme et j'aurais besoin de vos avis : ces dernières semaines, j'ai avancé dans l'écriture mais je trouve mes chapitres de plus en plus longs. Est-ce que vous préférez que je publie des chapitres de même "taille" que les dix premiers (en gros, 3000 et quelques mots) ou est-ce que les chapitres de trois pieds de long vous plaisent ? J'ai vraiment besoin de vos opinions là-dessus.

Merci aux nouvelles lectrices qui ont mis un favoris sur ma fiction, ça fait vraiment plaisir de savoir que vous existez et que vous êtes là sur cette histoire :)

Réponse à LilithPhantasterei : Tu ne peux pas savoir comme ta review m'a fait plaisir ! Ça a illuminé mon combat intérieur de cette semaine ^^ Cet épisode de Sirius soûl est un de mes préférés, j'avais tellement hâte de l'écrire. Et oui, je voulais montrer le côté un peu torturé de Sirius : ce n'est plus un jeune homme insouciant, il revient de nombreuses années d'enfermement, il a perdu de nombreux amis et forcément, les névroses sont là. Et j'adore l'idée que Sirius et Hermione s'occupent l'un de l'autre : je ne voulais pas tomber dans le "cliché" de l'homme toujours présent et de la demoiselle en détresse ^^ Enfin bref, MERCI, MERCI, MERCI pour ton commentaire ! :D

Là-dessus, je vous souhaite une bonne lecture !

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Chapitre XI : Teaspoon

Fred et George s'envoyaient des sourires goguenards lorsque Ron pénétra dans le salon. Il rejoignit ses frères qui étaient avachis dans les fauteuils.

"Qu'est-ce que vous faites de beau ?, demanda-t-il.

- Ahum Ronald, c'est un débat que nous menons entre jumeaux, annonça Fred.

- Voyons Freddie, ça n'est pas très gentil d'écarter ainsi son propre frère", le contredit George.

Le premier leva les yeux au ciel et répondit à son frère cadet, en lui désignant un bout de parchemin :

"Nous nous apprêtons à rédiger une liste des plus importantes, que dis-je, des plus essentielles de l'année à venir.

- Une liste qui est, chaque année, très attendue par la communauté des sorciers, pouffa George.

- C'est quoi ? Demanda Ron, qui avait bien du mal à ne pas paraître intéressé.

- La liste…

- Des sorcières les plus canons de notre école !, termina George avec un sourire triomphant.

- Sérieusement ? , lâcha le plus jeune frère, abasourdi par la puérilité de la réponse.

- Je t'avais dit Georgie, il est trop jeune pour comprendre.

- Je crains que tu n'aies raison Freddy, il faut se rendre à l'évidence…

- Je m'attendais à mieux, c'est tout. Et puis d'abord, sur quoi vous fondez vos critères ? , reprit Ron qui ne voulait pas être en reste.

- C'est simple : les attraits du visage.

- Les formes.

- Le sourire.

- L'éclat dans ses yeux lorsqu'elle nous parle.

- L' esprit vif.

- L' intelligence.

- La capacité à mener une conversation.

- Bref, tout ce qui en fait une sorcière canon et digne d'être désirée !, résumèrent les frangins.

- Vous n'avez pas l'impression que vous demandez la lune ?, lança Ron narquoisement.

- Décidément Ronald… L'intérêt n'est pas de faire une compétition entre filles. C'est d'estimer quel sera notre coup de cœur cette année ! Expliqua Fred avec un sourire mutin.

- Et il arrive souvent que l'on soit d'accord sur la même fille", concéda George.

Avant que Ron n'ait le temps de rebondir sur cet aveu, George lui tendit un morceau de parchemin.

"Alors, tu en es ou pas ?"

Le jeune homme accepta le bout de papier et demanda :

"Combien doit-on mettre de noms ?

- On s'est décidés sur cinq. Ça éliminera déjà pas mal de monde."

Les garçons se mirent alors à écrire, chacun sur son parchemin. Ron lançait des petits coups d'œil furtifs vers George pour glaner quelques informations. Mais son écriture était tellement rabougrie qu'il ne parvint à reconnaître aucun prénom. Il était ébahi par la rapidité avec laquelle ses deux frangins écrivaient sur leur morceau de papier. Le jeune roux se creusa les méninges et finit par gribouiller un premier nom.

Sirius entra alors dans le salon, cherchant de tous les côtés son briquet. Il vit les trois frères assis sur les fauteuils, concentrés chacun sur un bout de papier.

"Les garçons ? Est-ce que vous ne seriez pas en train d'étudier ?! Faites attention, vous êtes sur la mauvaise pente…", les nargua-t-il tandis qu'il contournait le canapé.

Les jumeaux émirent un rire railleur.

"C'est une étude très sérieuse qui est menée actuellement, figure-toi, répliqua George.

- Nous sommes en plein débat d'idées, ponctua Fred.

- Tu veux nous rejoindre ? Proposa le premier.

- Eh ?! Pourquoi est-ce que vous n'avez aucune hésitation lorsqu'il s'agit de Sirius ! Accusa Ron, levant le nez de son parchemin. Sirius esquissa un sourire goguenard et s'approcha d'eux.

- Quel est le plan ? Lança-t-il, maintenant curieux.

- On rédige la liste des sorcières les plus canons de notre école ! Clama George avec fierté.

- Oh la non, sans moi, s'empressa de répondre Sirius qui, déjà, se détournait du groupe. Je ne veux pas m'attirer d'ennuis.

- Il a raison Georgie, en plus Sirius ne connaît même pas les nouvelles têtes de Poudlard.

- Mmh pas faux Freddie, mais tu pourras peut-être nous départager ! Ta réputation de Dom Juan est encore à jour à Poudlard !" , annonça le jeune homme.

Sirius haussa les sourcils, surpris que les jumeaux soient là encore au courant de cette information le concernant. Il s'apprêtait à répondre mais la voix joviale de Ron le coupa dans son élan.

"Terminé !

- Et bien, il t'en a fallu du temps…

- Ce qui m'inquiète moi, c'est la rapidité avec laquelle vous avez rédigé.

- L'expérience, l'ami, l'expérience… " , expliqua Fred avec philosophie.

Ron se leva, cérémonieusement et tendit la liste devant lui.

"Je commence… À la dernière place, Padma.

- Il commence fort, le bougre…

- Je dirais qu'il se montre surtout rustre, le bougre.

- Lavande Brown en quatrième.

- Je vois, glissa George avec un sourire narquois.

- Hannah Abbott en troisième position.

- Blonde et angoissée, je note.

- Katie Bell pour la deuxième place, murmura-t-il en rougissant. Et enfin… Romilda Vane.

- Ah, la belle Romilda… murmura George, rêveur lui-aussi.

- Belle et vénéneuse", compléta Fred.

Sirius suivit les regards des garçons avec amusement. Il se rappela un temps pas si éloigné où lui-même avait fait ce genre de listes avec ses amis. Ça ne s'était jamais bien terminé. Essentiellement parce que ces listes étaient stupides et qu'elles finissaient toujours par blesser quelqu'un. Mais il ne pouvait s'empêcher de rester auprès des garçons, curieux de voir où mènerait ce petit jeu.

"À vous ! annonça Ron.

- Prêt Freddie ?

- Toujours Georgie, répondit son frangin du même ton. Ils prirent une inspiration et lancèrent en même temps.

- Romilda Vane, Alicia Spinnet."

Mais arrivés à la troisième position, leurs voix ne furent plus en accord.

"Hermione Granger, continua George.

- Katie Bell, renchérit Fred.

- Luna Lovegood.

- Hermione Granger.

- Angelina Johnson", terminèrent-ils de concert, en éclatant de rire.

Ron fit les yeux ronds en entendant le contenu de la liste.

"Vous n'êtes pas sérieux ?! Leur lança-t-il.

- Après moult concertation, le jury a bien délibéré.

- Rien n'indique que nous ne devons pas avoir les mêmes noms, confirma Fred.

- Non mais pour Hermione ?! Pourquoi est-ce qu'elle figure dans votre liste ?" Reprit Ron avec une voix aigüe. Sirius fronça des sourcils en l'entendant. Les jumeaux se regardèrent, puis leur attention se fixa sur leur plus jeune frère. Ils étaient à la fois incrédules et amusés.

"Ben parce qu'elle est canon, répondit Fred sans sourciller.

- Sans parler de son cerveau, ajouta George d'un ton entendu.

- Canon ? C'est… Vous essayez de me faire marcher là hein ?" Lança Ron d'une voix un peu trop forte en essayant de découvrir la ruse cachée de ses frères.

À l'entente de son prénom, Hermione, curieuse, se dirigea vers le salon d' où provenaient les voix des garçons.

"Ronnie enfin… Tu la côtoies tous les jours. Tu ne vas pas me dire que tu ne la trouves pas attirante, affirma Fred en secouant la tête.

- Mais non ! Hermione c'est… Hermione quoi ! C'est déplacé de la ranger dans la catégorie des sorcières canons.

- Euh non… Ce qui est déplacé, c'est de ne pas l'intégrer dans la catégorie des filles tout court, fit remarquer Fred, maintenant mal à l'aise.

- Mais parce qu'elle a rien à faire dans cette catégorie !", s'écria Ron qui était éberlué par les propos de ces frères.

Fred et George s'apprêtaient à répliquer mais leur regard se posa derrière leur plus jeune frère. Ils se décomposèrent soudain. Inquiet, Ron murmura un « quoi qu'est-ce qu'il… » puis il se retourna. Hermione était juste derrière lui, immobile. Sirius, ne l'ayant pas vu arriver, murmura une injure en secouant la tête. Les yeux de la jeune femme étaient grands ouverts, sans ciller. Elle semblait incapable de prononcer un mot.

"Mione, on est d'accord que…

- La ferme Ronald, souffla Fred en lui décochant un coup de coude. Ce dernier grimaça.

- Mais c'est tout de même de votre faute : pourquoi vous l'avez intégrée dans votre liste ?!"

Cette dernière réplique eut le mérite de faire sortir Hermione de sa stupeur. Ses yeux exorbités flamboyèrent enfin tandis qu'elle ouvrait la bouche.

"Peut-être bien parce que JE SUIS UNE FILLE, RONALD WEASLEY ! Que tu ne t'en sois pas rendu compte avant prouve une fois encore que tu as les yeux d'une taupe et le cerveau d'un bulot !" S'époumona-t-elle. La jeune femme se saisit du premier coussin dans son champ de vision et le lança d'un coup sec en direction du rouquin. L'objet arriva en pleine figure de Ron qui, éberlué, répondit :

"Mais… Mais… Mais qu'est-ce que j'ai dit ?"

N'en pouvant plus, Hermione tourna le dos, non sans jeter un regard noir à l'assistance. Sirius se figea face à la tempête qui grondait dans le regard de la jeune femme. Il y discerna de la colère, mais aussi une vaste honte. Il fit un pas dans sa direction mais la belle brune claqua violemment la porte et s'enfuit dans les escaliers.

Immobiles, les garçons se regardèrent sans rien dire. Sirius se mordit la langue, conscient de la bêtise dont il avait fait preuve en restant dans la pièce. Enfin, Fred, le regard noir, décocha un coup de coude à son jeune frère et lâcha un : « Bien joué frangin. » avant de se lever et de quitter la pièce, George à sa suite. Ron resta éberlué, seul dans le salon.

Le diner se déroula dans une atmosphère lourde et orageuse. Si Molly avait essayé par trois fois de comprendre les raisons du silence général, elle dût bien se rendre à l'évidence qu'elle n'obtiendrait aucune réponse de ses fils. Hermione toucha à peine à son assiette, jetant de temps à autre des regards noirs en direction de Ron. Ce dernier était mal à l'aise et se tortillait régulièrement sur sa chaise, comme s'il avait été sur le coup d'un maléfice. Ginny posa une main affectueuse sur la cuisse d'Hermione, en signe de soutien. Sirius, lui non plus, ne disait rien. L'animagus savait qu'il n'avait rien fait de mal en soi, mais le visage blessé d'Hermione suffisait à ce qu'il sente les étaux de la culpabilité se resserrer sur lui. La jeune gryffondor fut une des premières à quitter la table et elle déclina les propositions d'Arthur de faire un jeu de cartes.

Derrière la porte de sa chambre, elle attendit que tout le monde aille se coucher. Lorsqu'elle n'entendit plus un bruit de pas, la jeune femme se glissa hors de la chambre, laissant son amie dormir. Hermione descendit les escaliers, prit le couloir jusqu'à ouvrir la porte menant au patio. Elle avait besoin d'air. Le vent frais du jardin vint balayer ses boucles brunes désordonnées. Hermione soupira longuement, à l'écoute des bruits nocturnes. Elle sentait le calme revenir peu à peu.

Ce à quoi elle ne s'attendait toutefois pas, c'était à trouver de la compagnie dans le jardin à cette heure. La jolie brunette sursauta en découvrant la faible lueur que dégageait la cigarette allumée de Sirius. Ce dernier se leva brusquement du petit muret sur lequel il était appuyé. Hermione leva les yeux au ciel et se retourna d'un geste vif pour retourner dans la maison. Sirius s'écria alors :

"Hermione, attends ! Je suis désolé pour…

- Est-ce que tu l'as fait aussi ?" , le coupa-t-elle alors, d'un éclair de rage. Sirius constatait que la jeune femme fulminait. Il ne l'avait jamais vu ainsi. Décontenancé par sa question, il murmura faiblement :

"Non… Non, bien sûr que non."

Hermione le contempla quelques secondes puis poussa un long soupir. Elle se rapprocha et s'inclina contre le muret.

"Je suis désolée, balbutia-t-elle après un moment.

- Non… Ne le sois pas", répondit Sirius dans un même souffle, s'installant de nouveau à sa place. Il était quelque part blessé qu'Hermione ait pu penser qu'il ait eu quelque chose à voir dans cette histoire. Mais, en y réfléchissant bien, il serait parvenu aux mêmes conclusions s'il avait été à sa place.

"C'était une liste stupide Hermione… C'est des trucs débiles qu'on fait une fois dans sa vie, des trucs de gamin", tenta-t-il d'expliquer.

Hermione hocha la tête, le nez dans les étoiles.

"Je sais. Je ne vais pas jouer les ignorantes : il se passe la même chose dans le dortoir des filles… Ce n'est pas ça qui me blesse…

- C'est Ron, affirma Sirius d'un ton entendu. La jeune femme hocha la tête.

- C'est pire que ce que je craignais. Ça n'est pas seulement qu'il me voit comme une amie… Il ne me considère même pas comme une femme", avoua-t-elle, la gorge nouée.

Sirius demeura pensif quelques secondes puis écrasa sa cigarette dans le cendrier à sa gauche. Il se redressa et proposa sa main à Hermione.

"Est-ce qu'on peut en parler dans la bibliothèque ? Il fait froid et tu as l'air gelée."

Hermione hocha la tête et se dirigea vers la bibliothèque, Sirius à sa suite.

Il ferma la porte derrière eux, indiqua le canapé à Hermione qui s'y assit, et il s'installa à ses côtés. Le grand brun attendit qu'elle reprenne.

"Honnêtement, je ne sais même pas pourquoi je suis surprise. C'est Ron, il a toujours été maladroit et aveugle sur certains sujets… J'aurais dû me douter qu'il répondrait quelque chose dans ce goût-là… Je ne pensais juste pas être aussi bouleversée.

- Ça n'est jamais plaisant de se voir relégué à un être asexué, expliqua Sirius en hochant la tête. Hermione émit un petit rire déconfit.

- Oui, je pense que c'est assez bien résumé. Pour lui, je suis une amie, sans distinction. Et je devrais m'en contenter.

- Je suis désolé de t'avoir induit en erreur Hermione. Si tu savais… Avoua Sirius au bout d'un long instant de réflexion.

- Il n'y a rien à excuser Sirius, annonça la jeune gryffondor en posant une main sur la sienne. Il se peut que tu m'aies même fait gagner du temps en évoquant le sujet. J'ai enfin la réponse à ces questionnements obscurs de l'année dernière. Je pense que Ron a agi ainsi durant le tournoi parce qu'il ne supportait pas de voir son amie fréquenter de nouveaux garçons. Il n'y avait rien de plus à y voir, Déclara Hermione avec un sourire triste.

- Hermione… Il ne faut pas que tu y vois une occasion de te remettre en question, annonça Sirius après un temps. Hermione leva les yeux vers lui.

- Je ne mets pas en doute ton intelligence mais je ne veux pas que tu penses que c'est de ta faute et qu'il y a quoi que ce soit à changer chez toi."

Hermione pouffa, la gorge nouée. Elle réprimerait ses sanglots coûte de coûte, ne souhaitant pas se ridiculiser davantage aujourd'hui.

"C'est difficile… La partie rationnelle de mon esprit le sait. Mais l'affect a encore quelques réticences, avoua-t-elle.

- Je t'assure qu'il n'y a rien à changer chez toi. Et puis, Fred et George t'avaient bien mis dans leur liste non ? Il existe donc des Weasley qui ne sont pas complètement demeurés. Je pense qu'il faut se rendre à l'évidence : Ron a la capacité émotionnelle d'une petite cuillère, ajouta-t-il, en changeant de tactique pour la faire sourire. Sa remarque toucha juste.

- L'image est vraiment efficace, pouffa-t-elle. Puis elle reprit plus sérieusement.

- Les jumeaux… Je me suis quand même demandé à un moment si ça n'était pas une de leurs ruses… Mais je ne les ai jamais encore connu cruels.

- Je suis sûr qu'ils le pensaient vraiment. Je ne vois pas d'autres possibilités Hermione. Comment est-ce qu'ils ne pourraient pas être sous ton charme ?"

En prononçant ses mots, Sirius fut surpris de voir à quel point ceux-ci étaient vrais. Son interlocutrice baissa vivement les yeux vers le tapis, consciente qu'elle rougissait.

"Merci Sirius… murmura-t-elle enfin. Mais je crois que ce genre de choses n'est pas fait pour moi."

Sirius la regarda longuement et soupira. Puis il se leva du canapé, souhaitant lui laisser de l'espace. Il se dirigea vers la fenêtre et s'adossa à celle-ci.

"Je comprends que tu penses ça maintenant. Mais tu verras… Lorsque la bonne personne arrive et que tout commence, c'est la plus belle chose au monde, on est traversé par une myriade de sensations vertigineuses", lui confia-t-il.

Hermione, curieuse, se retourna vers lui et prit appui sur le canapé.

"Ah oui ? Et on se sent comment ?

- On se sent… ", commença Sirius.

Mais il s'arrêta. Le grand brun fronça lentement les sourcils, son regard voguant au loin. Les secondes s'écoulèrent avant que la réalité brutale ne s'impose à lui. Il ne savait plus ce que l'on ressentait alors. Trop d'années s'étaient écoulées maintenant sans la présence de quelqu'un à ses côtés, sans affection ni liaison aucune. À court de mots, et bouleversé par cette révélation, Sirius ne conclut pas sa phrase.

Hermione ressentit le trouble de son hôte et murmura alors :

"Je suis désolée Sirius… Je ne pensais pas à mal", d'une voix enrouée. Le chagrin était bien vite revenu, provoqué par la détresse subite du grand brun.

Sirius se retourna vers elle : Hermione contempla son visage livide et la tempête dans ses orbes grises.

"Ce n'est rien Hermione… Je crois que je vais aller me coucher", répondit-il d'une voix faible.

La jeune femme se releva vivement.

"Moi aussi. Je suis désolée de t'avoir embêté avec mes états d'âme… Il est tard, je raconte n'importe quoi", s'excusa-t-elle.

Sirius hocha négativement la tête et ouvrit la porte de la bibliothèque, la laissant passer devant lui. La belle brune se retourna vers lui :

"Bonne nuit Sirius, dans un souffle.

- Bonne nuit Hermione."

La jeune femme franchit le couloir à pas légers puis monta les escaliers menant à sa chambre. Sirius avança dans le couloir et s'arrêta en contre-bas. Il attendit quelques secondes dans le couloir silencieux. Le grand brun savait pertinemment qu'il n'arriverait pas à trouver le sommeil. Pas après cela…

Éperdu, il fixa la porte d'entrée du square Grimmaurd. Les minutes défilèrent tandis qu'il débattait intérieurement. Puis il prit finalement sa décision : il enfila son blouson de cuir, prit sa baguette magique, quelques billets et quitta le 12 square Grimmaurd.

Les ruelles étaient désertes. Sirius marchait seul, guidé par les uniques éclairages de la voie publique. Il ne sut réellement où il se dirigeait que lorsque ses pas l'arrêtèrent devant un établissement familier. La façade était peinte dans des nuances pourpres et mauves. Le nom de la gardienne des lieux était placardé en haut avec des lettres d'or. Devant l'établissement, quelques badauds s'arrêtaient un instant pour contempler les ombres projetées magiquement sur les vitrines. Sirius alluma une cigarette et prit une longue bouffée. Il avait pris un risque inconsidéré de se glisser hors des murs de son sanctuaire. Mais il était maintenant trop tard pour reculer, d'autant que les gens du Ministère n'auraient pas lieu de le trouver ici.

« Sirius Black de retour dans une maison close… Nous voilà tombés bien bas… » Pensa-t-il avec amertume. Il tira une dernière bouffée et jeta son mégot au loin. Puis il pénétra dans l'établissement. La maison close en question dégageait une profonde et agréable chaleur dès son entrée. L'entrée donnait lieu sur un large escalier qui menait à la salle principale. Celle-ci était garnie de lourdes tentures de soie et de satin. Des lustres immenses pendaient au plafond magique, qui gondolait légèrement, donnant une impression de flottement à l'ensemble. Une scène se découpait dans le fond de la salle où des sorcières effectuaient des numéros acrobatiques et des sortilèges envoûtants. Les courtisanes évoluaient dans la salle, s'arrêtant parfois pour proposer leurs services aux hommes présents. Sirius contempla le spectacle avec amertume. Il fut accueilli par une femme toute de vert vêtue. Cette dernière était brune, son chignon laissant échapper quelques boucles élégantes. Elle faisait une tête de plus que lui et l'aborda avec un demi-sourire.

"Bienvenue monsieur. Que puis-je faire pour vous ?

- Je voudrais… de la compagnie", affirma l'animagus, en la regardant droit dans les yeux.

L'hôtesse ne se départit pas de son sourire. Elle lui tendit le bras, qu'il prit, et lui indiqua la salle.

"Que recherchez-vous en particulier ?" Demanda-t-elle aimablement.

Sirius contempla l'assistance qu'il avait devant les lieux. Les filles présentes étaient de tous les âges et de toutes les morphologies. Il prit un instant de réflexion puis répondit :

"Cela n'a pas d'importance… Je recherche juste quelqu'un pour la nuit."

L'hôtesse sonda le regard du beau brun à ses côtés. Ses yeux s'attardèrent sur lui puis elle détourna le regard et lança d'une voix claire :

"Ambroise."

La dénommée Ambroise se retourna et leva les yeux. La gérante lui fit un bref signe de la tête et cette dernière approcha. Tandis qu'elle montait les escaliers, Sirius la contempla avec attention. La jeune femme devait avoir dans la trentaine. Elle était un peu plus grande que lui et portait une robe rose pâle, tenue par deux rangées de perles dorées. Celle-ci lui arrivait presque jusqu'aux chevilles, et s'évasait à la taille. La robe suivait la moindre ondulation de ses hanches. Elle avait un visage en cœur, des yeux marron, un joli nez en trompette et des lèvres fines, mutines. Ses cheveux étaient blonds et bouclés, ramenés du côté droit de sa nuque au moyen d'une broche en plumes de paon, et descendaient en cascade sur son épaule. La jeune femme arriva enfin à leur hauteur et adressa au beau brun un sourire en coin.

« Est-ce qu'Ambroise vous convient ? Demanda la gérante, en se tournant vers le beau brun.

- Tout à fait », prononça-t-il d'une voix faible. La jeune femme sourit davantage et lui tendit la main. Sirius la prit et se laissa guider dans l'établissement. Le couple ne s'arrêta pas dans la salle principale mais prit les escaliers qui menaient aux chambres. Ambroise réserva la seconde chambre dans le couloir de gauche et ouvrit doucement la porte, laissant Sirius entrer le premier.

Le grand brun jeta un coup d'œil à la chambre. Elle avait des tons pastel et était impeccablement rangée. Il posa son blouson sur une chaise et fit face à la jeune femme. Celle-ci ferma la porte à clé et s'avança jusqu'à ne plus être qu'à quelques centimètres de lui. Ses yeux scrutaient le visage de l'animagus. Elle murmura enfin :

"De quoi as-tu envie ?" d'une voix séduisante.

Sirius la contempla longuement. Il leva enfin la main vers son visage et caressa lentement sa joue.

"De tendresse", répondit-il dans un souffle.

Ambroise lui sourit chaleureusement et se pencha vers lui pour l'embrasser. Sirius ferma les yeux et goûta aux lèvres chaudes et attirantes de la jeune femme. Elle passa une main délicate dans ses cheveux et l'attira à elle. Sirius vint déposer des baisers chauds contre le cou d'Ambroise tandis qu'elle défaisait lentement l'accroche de sa robe. Celle-ci tomba à ses pieds dans un doux bruissement. Elle plaça alors ses bras contre le corps de Sirius et l'invita contre le lit. Le beau brun se laissa tomber sur ce dernier et ferma les yeux lorsque la jeune femme reprit ses baisers.