Bonjour tout le monde !
Moult mercis à Pauline et à HarukaN pour vos réponses, vous m'avez sortie de l'impasse :D Merci d'avoir pris le temps de commenter :)
Je pars donc sur de longs chapitres, alors cramponnez-vous, ça va chauffer (enfin, métaphoriquement hein, vous voyez...)
Je suis assez enthousiaste sur ce chapitre parce qu'on embraye sur un nouvel axe de la relation entre Sirius et Hermione. La petite escapade de Sirius va bouleverser leur rapport et ça va commencer à bien bouger dans cette chaumière hihi. J'ai pris aussi beaucoup de plaisir à écrire les passages de réunion entre les membres de la maison sous fond de crise majeure. J'espère que vous sentirez un peu la tension et l'impatience qui habite chacun de nos petits amis :)
Comme d'habitude, désolée pour la redondance, mais votre avis compterait beaucoup pour moi alors n'hésitez pas à laisser des petits commentaires, ça fait super chaud au coeur lorsque c'est positif et ça me permettra de corriger ce qui a besoin de l'être lorsque c'est négatif.
Sur ce, bonne lecture et à ce week-end !
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Chapitre XII : L'Ordre du Phoenix
"Debout beau brun."
Sirius sursauta vivement à l'entente de cette voix. Il lui fallut quelques secondes pour se rappeler qu'il n'était pas dans son lit. Face à lui se trouvait Ambroise, qui souriait espièglement.
"J'en connais un qui avait besoin d'une bonne nuit de sommeil", lança-t-elle en caressant son épaule d'une main légère.
Sirius émit un petit sourire triste. Il fit passer une main dans le cou de la jeune femme et contempla le reflet du soleil sur les boucles d'or.
"Je suis désolé si je suis resté plus longtemps que prévu, s'excusa-t-il. Je payerai le dédommagement."
Ambroise eut un rire cristallin et se redressa vivement.
"Il n'y a aucun dédommagement beau brun. Tu m'as permis de passer une nuit tranquille, je t'en remercie. Et puis les premiers clients n'arriveront qu'en début d'après-midi."
Sirius hocha la tête et se leva à son tour, à la recherche de ses vêtements. Il enfila son pantalon de toile et sa chemise. La jeune femme passa alors ses bras contre le torse du grand brun et noua les premiers boutons. Maladroitement, Sirius demanda :
"Est-ce que je dois te donner…
- Humberta s'occupera de tout cela, à l'accueil. Ne t'en fais pas."
Lorsqu'elle eut fini de boutonner sa chemise, elle le fit retourner vers elle et lui adressa un sourire chaleureux.
"Impeccable…", murmura-t-elle, tant pour lui que pour elle-même.
Sirius esquissa une moue amusée.
"Merci pour cette nuit, répondit-il. Et… désolé si j'ai été maladroit par instants. Ça faisait longtemps…"
Ambroise sentit sa gêne et lui passa une main affectueuse sur la joue.
"C'était très agréable. Et je ne te dis pas ça pour faire plaisir… Je suis hors service, ajouta-t-elle avec un petit rire.
- Je te remercie", répondit Sirius avec un sourire amusé.
Tous deux restèrent quelques secondes face l'un à l'autre. Puis Ambroise se détacha du regard de l'animagus et prit le blouson de ce dernier qui reposait toujours sur sa chaise. Elle passa derrière lui pour lui enfiler le vêtement et murmura à son oreille.
"À une prochaine fois peut-être Sirius…"
Ce dernier se retourna vivement, paniqué. Comment avait-il été aussi stupide de penser qu'il ne serait pas reconnu ? Mais la jeune femme répondit à sa détresse par un ferme hochement de tête.
"Non, ne t'en fais pas. Je ne dirais rien. Tu resteras « beau brun » si d'aventure, quelqu'un venait à passer, affirma-t-elle en posant le doigt de son partenaire contre sa bouche.
- Je…
- Ne dis rien. Tu n'as rien à craindre ici, nous protégeons nos âmes en peine."
Sirius la contempla longuement puis se décida à lui faire confiance. Il fit un bref hochement de tête et déposa un baiser sur son front.
" Au revoir Ambroise.
- Au revoir beau brun" , lui répondit-elle.
Puis il quitta la chambre d'un pas lent et se rendit dans le hall principal. Il était le seul client encore là et se dirigea vers Humberta. Sirius régla sa note, remercia son hôtesse et sortit de l'établissement. De brefs coups d'œil lui permirent de constater qu'il était seul dans la ruelle désertée. Il regarda les vitrines voisines : l'une d'elles disposaient d'un vieux cadran poussiéreux. Il n'était pas plus de sept heures. Sirius se colla contre la façade de la maison close et, vérifiant une fois encore qu'il était seul, se changea en Patmol. Courir lui ferait du bien…
Il arriva devant le square Grimmaurd vers les sept heures et demie. Revenant à sa forme initiale, il murmura l'incantation et vit bientôt la façade de sa maison apparaître devant lui. Le grand brun profita d'une dernière bouffée d'air extérieur puis franchit le seuil de sa maison.
Alors qu'il pénétrait dans le hall, il entendit un brusque bruit de vaisselle. Il fut surpris de se trouver nez à nez avec une Hermione aux yeux écarquillés. Cette dernière venait de faire tomber une tasse de thé qu'il imaginait fumante.
" Sirius ? Murmura-t-elle, estomaquée.
- Euh… Bonjour ?" Annonça-t-il, aussi embarrassé qu'elle.
Son espoir de rentrer chez lui inaperçu venait de tomber à l'eau. Il se frotta l'arrière du crâne avec confusion.
"Désolé pour la tasse", affirma-t-il. Puis il prononça un simple « reparo » et l'objet revint, intact, dans les mains d'Hermione. Celle-ci sursauta en sentant de nouveau de la chaleur autour de ses doigts.
" Merci, souffla-t-elle… Mais où étais-tu ?", demanda-t-elle enfin.
Il était difficile de répondre à cette question en temps normal, sachant qu'il avait interdiction de quitter le square Grimmaurd. Mais il était surtout impensable pour lui de répondre honnêtement à cette question. Tandis qu'il essayait de trouver une idée pour se sortir du pétrin, les jumeaux Weasley arrivèrent dans sa direction et le saluèrent :
" Bien le bonjour Sirius ! Claironna George en déposant une main amicale sur son épaule.
- Fais attention, tu as une marque de rouge à lèvres dans le col de ta chemise, remarqua Fred avec un sourire narquois.
- Et ce parfum… Quelque chose me dit que tu as croisé Ambroise. Salue-la pour nous la prochaine fois !", s'exclama George, ravi.
Pour la première fois depuis de longues années, Sirius Black piqua un fard. Les jumeaux conservèrent leur sourire grivois et remontèrent les escaliers jusqu'à leur chambre. Hermione resta face à lui, interdite. Ses yeux se déposèrent vers le col de la chemise de Sirius. Il y avait effectivement la marque d'un baiser au feutre rose. Elle ressentit un pincement dans la poitrine, qu'elle ne put expliquer. Le grand brun n'avait toujours donné aucune explication et le silence commençait à devenir pesant. Triturant le rebord de sa tasse, la jeune femme tenta :
"Tu as passé la nuit à l'extérieur ?"
Elle savait au fond qu'elle n'avait aucun droit de lui poser cette question, quand bien même l'animagus était vivement recherché et que son incarcération aurait des conséquences dramatiques pour le groupe. Mais la question avait franchi ses lèvres avant même qu'elle ne s'en empêche. Sirius plongea son regard dans le sien, hésita puis finit par murmurer.
"Oui. Oui, c'est le cas."
Hermione hocha la tête, les lèvres jointes. Elle ressentit de nouveau ce tiraillement malvenu. Sirius remarqua le cillement de la jeune femme. Il y perçut de la déception et cette observation l'oppressa soudain. Alors qu'il ouvrait de nouveau la bouche, Hermione reprit la parole.
"Fais bien attention pour les prochaines fois."
Puis elle le dépassa vivement pour grimper les escaliers dans un geste brusque. Sirius se retourna prestement :
" Hermione !"
Mais il n'eut le temps que de prononcer son prénom avant d'entendre le bruit d'une porte qui se refermait. Il resta seul dans le hall, se demandant ce qu'il aurait bien pu lui dire. Le grand brun se mordit longuement la lèvre inférieure, puis décida qu'il avait besoin d'un bain pour réfléchir aux évènements de la veille.
Vers les dix heures du matin, toute la famille Weasley était réunie autour de la table de la cuisine et profitait de son déjeuner. Ron engloutissait des petits pains tandis que Ginny et Hermione discutaient vivement. Arthur lisait les dernières nouvelles sur un journal sorcier. Sirius descendit alors pour les rejoindre. Ses cheveux étaient encore mouillés et tombaient en mèches désordonnées sur ses épaules. Hermione leva les yeux quand elle le vit arriver, rougit et se reporta à sa conversation. Il fit semblant de ne pas le remarquer. Saluant tout le monde, il s'installa à table et s'enquit des dernières nouvelles. Sirius tenta aussi d'éviter le regard grivois des jumeaux qui chuchotaient entre eux. Ce fut alors que la sonnerie de la maison des Black retentit. Tous levèrent les yeux vers le hall et Hermione se dirigea la première dans le couloir, suivit d'Arthur et de Sirius. La jolie brunette reconnut le dernier arrivant et se jeta dans ses bras.
"Rémus !"
Le loup-garou lui rendit son étreinte. Arthur et Sirius, le voyant dans le hall, laissèrent le soulagement se peindre sur leur visage. La jeune femme s'écarta pour les laisser se saluer.
" On était inquiet Lunard, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda enfin Sirius.
- Vous n'avez pas reçu mon hibou ? Répondit Lupin, surpris.
- Rien, pas une nouvelle", affirma Hermione.
Rémus poussa un long soupir. Sirius regarda son ami avec un peu plus d'attention. Il semblait exténué, de larges cernes dévoraient ses joues. Ses vêtements étaient rapiécés et tombaient de travers sur lui. Son sac de voyage reposait à ses pieds, semblant avoir été fait dans l'urgence.
"Qu'est-ce qui ne va pas ? Rajouta-t-il, craignant le pire en voyant l'état pitoyable de son camarade.
- Rien de grave, assura ce dernier d'un voix hachée. Enfin… Si l'on met de côté la nouvelle salve d'attaques des mangemorts. Simplement j'ai retrouvé Maugrey et Tonks. Ils avaient déjà prospecté de leur côté. Tout le monde est prêt.
- C'est une bonne nouvelle", souffla Arthur qui s'appuya dans le couloir.
Rémus hocha la tête mais conserva un air inquiet. Cela ne passa pas inaperçu chez son camarade.
"Lunard ?"
Le loup-garou soupira longuement et finit par répondre.
" C'est Harry… On a un problème."
Le trio devint livide, à commencer par Sirius.
" Qu'est-ce qu'il est arrivé ? Il va bien ?! Demanda-t-il, d'une voix blanche.
- Oui il va bien… Il y a eu une attaque de Détraqueurs à Privet Drive.
- Quoi ?! Hurla Mr Weasley, perdant son flegme habituel. Sirius jura tout haut.
- Mais… Mais c'est impossible… Les Détraqueurs sont censés être… Murmura Hermione, qui tentait de comprendre.
- Je suis d'accord avec toi Hermione. Et c'est ce qu'assène le Ministère de la Magie. Harry a défendu son cousin contre ces détraqueurs, tous les deux n'ont rien. Mais il va devoir comparaître devant le Magenmagot.
- Je te demande pardon ?! S'exclama Sirius d'une voix tranchante.
- Patmol…", murmura le dernier arrivé, dans un souffle.
Hermione remarqua alors l'immense fatigue de Rémus et le prit par le bras.
" Rémus, tu devrais te reposer. Si tu veux, il y a encore quelque chose à manger sur la table. Ou on peut te laisser dormir quelques temps."
Le loup-garou esquissa un sourire affectueux tandis que Sirius se morigénait d'avoir assailli son ami de questions alors qu'il tenait à peine debout.
" Hermione a raison, Rémus. Il faut que tu te poses. Je vais monter ton sac.
- Merci vous trois. Je vais me reposer quelques minutes et je vous promets de tout vous raconter. Mais il me faut… un peu de temps."
Sirius hocha la tête et prit le sac de voyage de son ami pour l'emmener à l'étage. Hermione passa en coup de vent dans la cuisine pour préparer un thé fumant qu'elle emmena avec elle dans la chambre de Rémus. Celui-ci était déjà assis sur le lit, ses chaussures reposant à côté de l'armoire. Il remercia la jeune fille d'un hochement de tête puis s'allongea. Sirius laissa le sac ouvert sur une chaise et referma la porte de la chambre derrière lui.
Il se retrouva avec Hermione à l'étage. Tous deux se regardèrent un moment.
" J'espère que ça va aller pour lui, dit-elle enfin, inquiète.
- Je l'espère aussi. C'était stupide de ma part de le presser autant…
- Tu étais inquiet.
- Ça ne devrait pas m'empêcher de réfléchir. Tu y parviens bien toi, ajouta-t-il avec un sourire triste.
- Des années de pratique…
- Et le titre de sorcière la plus brillante de toute sa génération.
- Sirius…" , le pria-t-elle en levant les yeux au ciel.
Ce dernier haussa les épaules en pouffant.
"Quelque part, on est bien assortis…" , déclara Hermione après un instant de réflexion.
Le grand brun haussa un sourcil interrogateur. Son sourire réapparut, avec une lueur intriguée dans le regard. Hermione vit clair dans son jeu et reprit bien vite.
" Ce que je veux dire, c'est que j'ai beau être plus jeune, je n'en suis pas moins mature par rapport à l'assemblée.
- Et par assemblée, tu veux dire moi… Répondit Sirius avec une voix amusée.
- Eh bien oui, argua-t-elle avec une moue narquoise.
- Donc si je comprends bien, je suis le sénile avec un comportement immature, et tu es la gamine avec une mentalité d'adulte responsable ?
- C'est à peu près ça…", répondit la jolie brunette avec un temps.
Sirius éclata de rire et passa une main dans ses cheveux.
" Alors vu comme ça, oui, on est quelque part bien assortis, concéda l'animagus avec un regard tendre pour son interlocutrice. Et quelle moyenne d'âge est-ce que cela nous fait ?
- Je dirais… qu'on est un bon vingt-sept, proposa Hermione en hochant la tête.
- Ça me plait. Partons sur le vingt-sept", acquiesça Sirius en passant sa main contre l'épaule de la jeune femme. Ils prirent la direction des escaliers, bras-dessus bras-dessous, en échangeant sur les avantages et inconvénients de leur âge commun. Arrivés au rez-de-chaussée, le duo se retrouva nez à nez avec les jumeaux Weasley. Ces derniers jetèrent un œil vers Sirius puis Hermione, constatèrent l'accolade et esquissèrent un sourire salace.
"Décidément, plus rien ne l'arrête…, décocha George.
- Le grand Sirius Black en action", ponctua Fred.
La remarque des jumeaux ne passa pas inaperçue puisque le visage d'Hermione s'empourpra. Conscient de la gêne de la jeune femme, Sirius retira alors son bras et décocha un regard irrité aux frangins. Sans attendre de réponse, le grand brun se dirigea vers le jardin où l'appelait désespérément le besoin de nicotine. Hermione s'arrêta devant les jumeaux qui s'apprêtaient à remonter, l'air courroucé.
" Qu'est-ce que vous manigancez tous les deux ? Leur demanda-t-elle sans détour.
- Nous Granger ?
- Par la barbe de Merlin, mais est-ce qu'elle parle bien de nous ?!
- Ne jouez pas aux plus malins les jumeaux. Je sais que vous trafiquez quelque chose.
- Veut-elle parler de nos excursions sauvages ?
- De nos messes-basses à table ?
- Ou s'agit-il de nos petites remarques adressées à Mr Black ?
- Y aurait-il un conflit d'intérêt entre les résidents du square Grimmaurd ?
- Oh laissez tomber ! Vous me fatiguez avec vos jeux d'esprit, s'exclama Hermione en maugréant. Sa perte de sang-froid amusa les jumeaux.
- Ne t'inquiète pas Mione, on te charrie.
- Tu as l'air à fleur de peau aujourd'hui… Remarqua George, enjôleur.
- Y aurait-il quelqu'un qui te fait tourner la tête ici ? Lança Fred avec un rictus.
- Pour le moment, il n'y a que vous deux !" Répondit la jeune femme avec exaspération.
Alors qu'elle s'en allait au loin, elle entendit Fred lancer :
" Tu l'as entendu Georgie ? Ça y est, notre Mione succombe à nos charmes !"
La jolie brunette se dirigea vers le salon en fulminant contre les deux frères. Ils avaient le don de la faire tourner chèvre, elle ignorait comment Ginny parvenait à garder son calme avec des sorciers pareils ! Cette journée comportait déjà un lot trop élevé de frustrations. Hermione se laissa tomber sur le canapé et prit un livre. Elle ignorait d'où venait ces sautes d'humeur qu'elle ressentait depuis ce matin mais une chose était sûre, les jumeaux ne la laisseraient pas tranquille avec ça.
À l'heure du déjeuner, Rémus émergea de sa chambre avec un teint plus coloré. Hermione fut ravie de le voir sur pied et rassembla la maisonnée autour de la table de la cuisine pour le repas. Tous attendaient avidement le récit de Rémus et celui-ci n'attendit pas plus longtemps.
" Des Détraqueurs étaient postés à Privet Drive il y a de cela deux nuits. Ils ont attaqué Dudley, le cousin de Harry. Il les a fait fuir et s'en est retourné chez son oncle et sa tante. Dans la soirée, il a reçu une lettre du Ministère lui annonçant qu'il avait fait un usage abusif de la magie devant un témoin moldu et qu'il était renvoyé de Poudlard.
- Mais c'est complètement dément ! S'insurgea Ron, en frappant du poing contre la table. Hermione hocha vivement la tête.
- Ils menaçaient par ailleurs dans cette première lettre de détruire sa baguette magique", ajouta Rémus d'un air grave.
Tout le monde autour de la table l'écoutait avec horreur. Sirius, en bout de table, serrait vivement les poings.
" Quelqu'un au Ministère a du suffisamment faire des pieds et des mains pour qu'une autre lettre lui soit envoyée en lui annonçant qu'il pourrait conserver sa baguette jusqu'à l'audience disciplinaire…
- Bonté divine, murmura Molly Weasley, les larmes aux yeux.
- Tous les membres de l'Ordre étaient sur le qui-vive après cette annonce… On nous a demandé de nous tenir prêts à exfiltrer Harry des Dursley. L'endroit n'est plus sûr et, par ailleurs, il devra se rendre devant le tribunal avec une défense digne de ce nom.
- Je l'accompagnerai", assura Arthur Weasley.
Sirius voulut objecter mais en y réfléchissant et au vu de sa situation, il ne pouvait espérer une meilleure solution. Il remercia Arthur d'un hochement de tête.
" Ce soir, nous nous rendrons à Privet Drive et ramènerons Harry ici", termina Rémus.
L'assemblée poussa un soupir de soulagement. Hermione prit alors la parole.
" Est-ce que Harry est au courant de tout cela ? Je n'ai reçu aucune nouvelle de lui depuis mes dernières lettres."
Le loup-garou grimaça alors. Il joignit les mains et sembla chercher ses mots.
" Le fait est… Qu'il n'a reçu aucune nouvelle.
- Comment c'est possible ? Je lui ai envoyé des cartes et je lui ai annoncé que l'on arrivait plus tôt que prévu", demanda Ron, éberlué. Hermione ferma les yeux, inspira longuement pour contenir sa colère et reprit.
" Harry a-t-il reçu la moindre de nos lettres ?"
L'assistance regarda Hermione avec stupeur et se retourna vers Rémus. Ce dernier soutint leur regard et soupira.
" Non… Quelqu'un a fait en sorte qu'il ne les reçoive pas.
- Lorsque je verrai Albus, je vais devoir lui dire deux mots… Grogna Sirius en serrant davantage ses poings sur la table.
- Patmol ! S'écria Rémus, scandalisé.
- C'est bon Lunard, ils sont au courant. Hermione avait compris depuis bien longtemps…
- Évidemment... , ponctua le loup-garou, les épaules affaissées. Toujours est-il que Dumbledore a tenu à ce que Harry en sache le moins possible. Il a essayé de le maintenir loin de tout cela.
- Ça n'a pas de sens ! Il est le premier à être concerné ! Objecta Ron.
- Et il sera dans une colère noire contre nous lorsqu'il arrivera… Prédit Hermione avec peine. À raison d'ailleurs… Il a dû penser que nous l'avions abandonné."
Le silence se fit autour de la table. Ginny avait du mal à conserver son calme, et c'était le cas de bon nombre de personnes présentes. Les motivations de Dumbledore quant à la protection de Harry restaient une fois de plus obscures. Quelque dessein qu'il ait en son esprit, il parvenait à garder un mystère complet sur ce sujet. Rémus finit par reprendre :
" Quel que soit le plan qu'il a pour lui, nous devons avoir confiance en Dumbledore. Tout finira par s'éclaircir au bout d'un moment. Il faut nous concentrer sur ce que nous pouvons faire à ce moment précis. Le groupe qui sera chargé d'aller chercher Harry sera composé de Maugrey, Tonks, Hestia, Kingsley et moi-même. Avant que tu ne t'y opposes Sirius, des rumeurs courent sur des apparitions de mangemorts et certains fanfarons de la Gazette du Sorcier commencent à ressortir ton nom…"
Les traits de l'animagus se durcirent. Hermione remarqua la lueur incendiaire dans les prunelles du beau brun. Sirius parvenait à se contenir mais il y concentrait toute sa force.
" Ne t'en fais pas Patmol, nous le ramènerons ici dès ce soir et vous pourrez enfin vous retrouver", compléta Rémus avec un ton conciliant.
La mâchoire serrée, Sirius hocha la tête en signe d'acceptation et détendit ses poings.
" Je partirai en début de soirée. Nous devons nous retrouver dans le quartier de Privet Drive avec une partie des membres. Une fois que Harry sera avec nous, on prendra la direction de Grimmaurd. L'audience n'aura lieu que dans une semaine. D'ici là, Harry restera avec nous et vous pourrez lui expliquer tout ce que vous savez ", conclut le loup-garou, à l'adresse cette fois-ci d'Hermione et de ses camarades.
L'assemblée passa le repas avec une relative sérénité. Des questions fusaient de temps à autre, que Molly rabrouait d'un ton sec. Fred et George avaient tenté d'en savoir plus sur cette mystérieuse organisation mais le couple Weasley s'était fermement opposé à nourrir la curiosité de leurs enfants. Tous finirent par passer à autre chose et la fin de repas se conclut tranquillement.
En début d'après-midi, tandis que chacun vaquait à ses occupations, arriva Maugrey Fol-Œil. Hermione et Ron eurent un peu de mal à agir normalement au début. Il faut dire qu'ils avaient passé toute l'année scolaire en pensant que ce Maugrey n'était qu'un professeur de Défense contre les Forces du Mal. Étrange certes, mais inoffensif. Lorsque son identité avait été mise à jour, il avait été difficile pour les deux jeunes gens d'accepter l'idée qu'ils avaient côtoyé le tristement célèbre Barty Croupton Jr, mangemort de son état. Depuis cette révélation, le visage de Maugrey leur inspirait des sentiments contradictoires. Ils le saluèrent toutefois avec toute la politesse possible. L'Auror était venu accompagné d'une jeune sorcière aux cheveux noirs et courts, encadrant un visage assez allongé. Cette sorcière était la fameuse Hestia Jones qui ferait partie du comité d'accueil chargé de rapatrier Harry. Le groupe se présenta devant les deux derniers arrivés. Maugrey regarda tour à tour les adolescents puis annonça de sa voix éraillée :
" Bon, il est temps que ces jeunes gens veillent à leur activité. Je demande à ce que chacun et chacune d'entre nous s'installe à la cuisine pour débuter.
- Débuter quoi ? Demanda Ron en regardant à regret son ancien professeur. Ce dernier focalisa son regard sur le jeune roux et son œil magique virevolta frénétiquement. Ron eut l'impression qu'il parvenait à le disséquer tout entier et n'osa plus reprendre la parole.
- Il serait peut-être avisé que nous renvoyions ces jeunes freluquets dans leur chambre, reprit Alastor.
- Allons, allons Maugrey, nous n'allons pas non plus les consigner, tempéra Arthur.
- Et puis vous aurez sûrement besoin d'une paire de mains supplémentaires ! Ajouta George d'un ton joyeux.
- Il est hors de question que toi ou ton frère assistiez à ces réunions, annonça fermement Molly, les mains sur les hanches.
- Maman, nous ne sommes plus des enfants ! Se plaignit Fred.
- Et vous n'êtes pas non plus des adultes, vous resterez en dehors de ça et ça n'est pas négociable" , annonça à son tour Arthur.
Les jumeaux maugréèrent mais n'eurent pas gain de cause. Hermione haussa les épaules et se rapprocha de Ginny. Elle n'était pas aussi impulsive que ces camarades : un plan se fomentait déjà dans son esprit. Il s'agissait juste de la jouer discrète. Les adultes entrèrent un à un dans la cuisine et Hestia ferma la porte devant les adolescents, avec un petit sourire désolé. Retrouvés seuls, les jumeaux s'échangèrent un regard entendu et montèrent comme un seul homme dans leur chambre. Ginny, Ron et Hermione se dirigèrent vers le jardin où ils profitèrent du soleil pendant de nombreuses heures.
Hermione leva le nez de son livre pour contempler l'astre solaire. Ce dernier entamait sa lente course vers l'Ouest. Elle qui avait remonté son T-shirt jusqu'à son torse pour prendre des couleurs, frissonna et recouvrit sa peau du fin tissu. Elle tourna la tête pour constater que Ginny et Ron étaient partis depuis bien longtemps. La jeune femme se mit sur les coudes et prit une longue inspiration. Puis elle se releva et quitta le jardin. Un rapide coup d'œil dans le salon désert lui indiqua que les autres devaient probablement être dans leur chambre. L'horloge murale indiquait les dix-huit heures trente passées. Surprise de ne voir personne, Hermione se dirigea finalement vers la cuisine.
La porte était encore fermée. On pouvait distinguer un faible trait de lumière sous celle-ci, indiquant que les adultes s'y trouvaient encore. La jolie brunette jeta quelques coups d'œil vers les escaliers. Aucun mouvement. Elle se rapprocha alors de la porte de la cuisine jusqu'à y coller une oreille. Ça n'était pas la tactique la plus adaptée mais elle ferait avec. Elle entendit quelques éclats, notamment de la part de Molly et de Maugrey qui avaient, par chance, des voix qui portaient. Hermione ne pouvait discerner que leurs intonations, les mots étaient trop étouffés par la porte qui se dressait entre eux et elle. Sans prendre en compte les risques, elle colla davantage son corps à la porte, espérant glaner deux ou trois mots. Ce fut sans compter l'interruption de Sirius qui ouvrit la porte à ce moment-là.
Étant tout à fait concentrée sur son ouïe, Hermione n'eut même pas la présence d'esprit de se décaler. La porte s'ouvrit sur son corps tendu à l'extrême et elle manqua de vaciller. L'animagus la rattrapa de justesse, calant une main contre sa taille. Hermione eut un hoquet de surprise et son regard vint accrocher celui du grand brun. D'abord stupéfait, le regard de Sirius se fit amusé lorsqu'il reconnut la jeune femme pendue à son bras. Son sourire s'étira peu à peu en une mimique malicieuse. L'embarras d'Hermione redoubla lorsqu'elle constata que non seulement, elle avait été prise la main dans le sac, mais qu'elle était par ailleurs affaissée de tout son long contre le bras de son sauveur. Elle sentait les battements désordonnés de son cœur et redoutait que Sirius ne le sente aussi. La jeune femme bafouilla alors :
" Tu peux me lâcher maintenant…"
Le sourire de Sirius s'accentua mais il ne desserra pas son étreinte.
" C'est une drôle de façon de remercier son sauveur Hermione, lança-t-il d'un air narquois.
- J'avais un mauvais appui, ce n'est pas que je…
- Que tu écoutais aux portes ? Non, je me doute bien. C'est une drôle de façon que tu as en revanche d'accoster les gens."
La manière qu'il avait de la regarder la rendait folle. Bredouillant davantage, elle fit un pas en arrière pour se soustraire à son étreinte. Sirius leva la main en signe de reddition mais conserva son sourire enjôleur. Le visage d'Hermione peinait à se départir des nuances cramoisies qu'il portait. Elle reprit enfin, les yeux résolument fixés derrière lui.
" Je voulais simplement savoir quand est-ce qu'on aurait la chance de diner. Les garçons s'impatientent, mentit-elle.
- On en parlait justement avec les autres. Rémus et Molly sont en train de s'en occuper. Tu peux aller rassurer les autres."
À la mine moqueuse de Sirius, Hermione comprit qu'il voyait clair dans son jeu et qu'il n'était pas dupe. Elle se mordit le bout de la langue et se dépêcha de tourner les talons pour grimper les escaliers. Sirius la regarda s'enfuir en secouant la tête, incrédule. Il constata qu'il ne pouvait pas s'empêcher de sourire jusqu'aux oreilles, même après le départ de la jeune femme.
La fratrie Weasley et Hermione redescendirent quelques temps plus tard et tout le monde se mit à table. À la surprise générale, Fred et George ne mentionnèrent nullement la réunion qui venait de se dérouler. L'assemblée mangea de bon appétit et les discussions allèrent bon train. Tandis que Ron débattait sur les nouveaux attrapeurs de son équipe favorite avec Rémus, Ginny discutait avec Hermione des créatures magiques qu'elle aurait aimé adopter cette année. De temps en temps, cette dernière quittait son amie des yeux pour jeter un œil à l'hôte de la maison. Sirius remarqua son manège et répondit à son regard avec amusement. Lorsqu'il lui fit un clin d'œil, Hermione se mordit l'intérieur de la joue et revint à sa conversation.
Le diner se conclut et Maugrey se leva de table, en compagnie de Rémus et Hestia. Tous trois saluèrent l'ensemble des sorciers et quittèrent le 12 square Grimmaurd en direction de Privet Drive. Arthur et Sirius les regardèrent partir, les saluant de loin tandis que le groupe disparaissait en un transplanage. Puis ils fermèrent la porte derrière eux et rejoignirent le foyer.
Ginny était allongée sur les genoux d'Hermione. Cette dernière jouait distraitement avec une mèche de cheveux de la jeune fille. Face à elles, les jumeaux étaient assis tous deux dans un fauteuil et discutaient avec Ron. Sirius s'adossa contre la porte du salon et profita du spectacle réconfortant.
" Drôle d'époque", finit par lancer George alors qu'il triturait un filament argenté.
Ginny lui jeta un regard étonné mais conserva son appui sur les cuisses de son amie.
" Je dis juste qu'on vit une drôle d'époque. Vous ne sentez rien ?
- Si tu parles de cette odeur de chaussettes défraichies, je t'avais bien dit qu'il fallait s'en séparer, répondit Ron narquoisement. Son grand frère lui envoya un coussin qu'il s'empressa de récupérer.
- Tu as raison Georgie, je le sens aussi.
- Et voilà les apprentis philosophes en action… Annonça fièrement Ginny avec le même sourire narquois que son grand frère. Seule Hermione restait songeuse.
- Ça n'est pas une question de philosophie…
- Quoique l'on aurait de sacrées leçons à donner là-dessus, compléta Fred.
- C'est juste de l'observation basique. Vous ne la sentez pas ? Cette tension électrique dans l'air… Comme si l'on marchait sur un fil tendu à l'extrême, expliqua George en calant sa tête entre ses mains.
- Il a raison, approuva Fred. Il y a des moments où tout est comme d'habitude. On s'amuse, on traite des problèmes quotidiens, on pense à la rentrée prochaine… Et puis des fois où un détail nous rappelle que rien ne va plus. Que Vous-Savez-Qui est de retour, que nos jours sont peut-être comptés et que l'essentiel est à réévaluer."
Un long silence suivit l'intervention des jumeaux. Le regard de Sirius était plongé dans les crépitements du feu de cheminée. Ginny et Hermione se joignirent les mains discrètement. Ron, le regard pensif, finit par lancer :
" C'est ce que vous avez trouvé de mieux pour nous faire comprendre que vous ne voulez pas retourner en cours cette année ?"
George eut un ricanement sans joie et haussa les épaules.
" C'est exactement ça Ronald… Le monde s'effondrera autour de nous avant que nous ne devenions des élèves studieux.
- Dites-nous quand même que nous ne sommes pas fous, demanda Fred en tournant la tête de tous les côtés vers ses amis, vous le sentez aussi non ? Cette tension ?"
Hermione leva alors les yeux pour les diriger vers Sirius. Lui-aussi la regardait à cet instant précis. La jeune femme ne baissa pas le regard cette fois-ci. Elle murmura, sans se départir de son regard, dans un souffle :
"Oui."
L'animagus tressaillit légèrement tandis que les autres adolescents hochaient lentement la tête avec amertume. Fred s'installa à la manière de son frère jumeau, la tête dans les mains, le regard vissé au plafond. Le salon demeura silencieux durant de nombreuses minutes, jusqu'à ce qu'il soit perturbé par des coups à la porte. Sirius se retourna pour faire face à Arthur Weasley. Ce dernier jeta un coup d'œil à l'assemblée, puis s'adressa au maître de maison :
" Nous avons reçu de nouvelles informations. D'autres membres vont nous rejoindre."
Sirius hocha la tête à l'entente de la nouvelle. Il remarqua qu'Arthur se montrait hésitant et haussa un sourcil interrogateur.
" Il sera là aussi", annonça le patriarche Weasley avec une mine chiffonnée.
Le grand brun prit un temps et fronça alors les sourcils lorsqu'il comprit.
" Oh non, pas lui… Maugréa-t-il en secouant la tête, incrédule.
- Tu sais ce qu'il en est. S'il est là, c'est bien parce qu' Albus…
- Je sais, je sais. J'aimerais parfois bien savoir ce qui se trame dans la tête de ce vieux fou..."
Arthur hocha la tête en guise d'approbation et s'adressa cette fois-ci aux jeunes gens :
" Je vais vous demander de monter à l'étage… Il va y avoir une réunion avec davantage de membres et certains doivent conserver l'anonymat. Nous vous enverrons Harry dès qu'il sera arrivé."
Cette fois-ci, Fred et George ne firent aucun geste de protestation. Ils se levèrent l'un et l'autre et les plus jeunes suivirent leur exemple. Arthur déposa une brève accolade à sa fille et fit un hochement de tête entendu à Hermione. Celle-ci haussa les épaules avec un sourire résigné. Tous sortirent du salon, Arthur se dirigeant vers la cuisine et les Weasley à l'étage. Avant qu'Hermione ne monte à son tour, Sirius la retint par la manche. Celle-ci se retourna, étonnée.
"Qu'est-ce qu'il y a ?", demanda-t-elle face à l'indécision de Sirius.
Ce dernier prit un temps et déclara enfin.
" Je veux que vous sachiez… Que je ferais tout mon possible pour vous protéger. Quoi qu'il m'en coûte."
À sa surprise, Hermione sourit tendrement et posa une main chaleureuse contre le torse de son interlocuteur.
" Tu te répètes Sirius…", glissa-t-elle avec un sourire à la fois tendre et amusé.
Sirius haussa les sourcils, interdit. Il n'avait aucun souvenir d'avoir jamais dit une chose aussi importante à la jeune femme depuis qu'elle était arrivée. Mais celle-ci ne se départait pas de son air confiant. Il voulut la retenir et en savoir plus. Il posa à son tour sa main sur la sienne pour la faire rester mais la jolie brune fit un pas en direction des escaliers.
" Les enfants doivent monter se coucher, tu te souviens ?", lança-t-elle avec un sourire sans joie.
Sirius esquissa un rictus en secouant lentement la tête. Hermione put gravir deux marches de l'escalier, sans que l'emprise de l'animagus ne l'arrête. Leurs mains restèrent jointes avant que Sirius ne reprenne, la regardant droit dans les yeux.
" Hermione, on aura cette discussion toi et moi."
La jeune femme réprima les frissons qui montaient en elle pour mieux lui répondre.
" Un jour, peut-être."
Le grand brun ne se satisfit pas de cette réponse mais Hermione tira un peu plus et leurs mains se séparèrent. Elle adressa un dernier sourire à Sirius et monta en direction de sa chambre. Perdu dans ses pensées, Sirius se dirigea vers la cuisine pour rejoindre le couple Weasley.
Alors qu'Hermione s'apprêtait à entrer dans sa chambre, elle vit Ron dévaler les escaliers avec un sourire ravi.
" Ils l'ont fait ! S'exclama-t-il, les yeux brillants vers la jeune femme.
- Qui a fait quoi ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Viens !", lança le cadet Weasley en lui prenant la main et en la dirigeant vers les escaliers.
Ils gravirent les trois étages et pénétrèrent dans la chambre assignée aux jumeaux. Fred et George étaient penchés sur le bureau, absorbés par un objet qu'Hermione n'arrivait pas à distinguer. Ginny était déjà dans la chambre, assise sur l'un des lits.
" Refermez la porte !", s'écria George qui se retournait vers les deux derniers arrivants.
Ron envoya valser la porte. Puis il s'approcha du bureau des jumeaux. Ces derniers s'écartèrent un peu pour leur montrer leur travail. Hermione se pencha, curieuse, devant l'objet de toutes les convoitises. Ce dernier avait la forme d'une longue ficelle couleur chair. Elle semblait s'étirer sur plus d'un mètre de longueur et se dilatait sur les deux bouts. Intriguée par la sobriété de l'objet, elle se tourna vers Fred et demanda :
" Qu'est-ce que c'est ?
- Ceci, ma chère, est une oreille à rallonge, annonça Fred, fièrement.
- On travaille sur ce prototype depuis la fin de l'année scolaire, expliqua George.
- Maman avait tenté de nous le confisquer mais sans succès.
- Mais en quoi ça consiste ? Demanda à son tour Ginny, qui restait sur le lit.
- C'est simple sœurette, il s'agit de poser cette extrémité à l'endroit où tu souhaites entendre les conversations, puis tu déroules le fil et le tour est joué !
- Tu peux espionner n'importe quelle discussion, derrière une porte ou à quelques kilomètres à la ronde ! Reprit Fred sans se départir de son sourire.
- On a essayé, assura George. Le fil dispose d'un sortilège d'extension.
- Ouah… Vous vous êtes vraiment surpassé les garçons, affirma Hermione, impressionnée malgré elle.
- Allons les essayer ! Annonça alors Fred, qui se redressait vivement pour atteindre la porte.
- Attendez, attendez, l'essayer sur quoi ?"
Les jumeaux lancèrent un regard éloquent à leur benjamine.
" Sur la réunion de l'Ordre enfin ! On l'a peaufiné exprès.
- C'est la cible idéale", confirma Fred.
Hermione lança un regard dubitatif à Ron. Ce dernier haussa les épaules, ne sachant que dire. Qu'ils essayent ou non de les arrêter, Fred et George finiraient par avoir le dernier mot. Et il ne pouvait cacher la curiosité qui l'habitait concernant ces réunions secrètes. La jeune gryffondor se mordit l'intérieur de la joue, songeuse. Mais elle n'arrêta pas les jumeaux et les suivit même alors qu'ils sortaient dans le couloir.
"Freddie, à toi de jouer !"
Le grand frère acquiesça et descendit jusqu'à la porte de la cuisine. Il posa délicatement l'extrémité du fil à rallonge puis remonta prestement. Le groupe se tenait en haut des escaliers, attentifs au moindre bruit. Mais aucun son ne provenait de l'oreille à rallonge.
"Il ne marche pas votre truc ! Finit par dire Ron après quelques minutes.
- Bien sûr que si, on l'a encore testé tout à l'heure, répliqua vertement George.
- Attendez, je pense savoir… Lança Ginny avec un œil acéré. Tonks m'a parlé d'un sortilège d'impassibilité utilisé par certains sorciers. Elle m'a appris à repérer une porte victime de ce sort."
Hermione regarda son amie avec admiration. Fred et George soupirèrent bruyamment.
" Et alors, qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Laissez-moi vérifier que c'est le cas…
- Et comment tu vas faire ?"
Alors que George terminait sa question, Ginny fila de nouveau dans leur chambre et ressortit, les bras chargés de bombabouses. Hermione écarquilla alors les yeux devant le stock de la jeune rousse.
" Oh non… Non, pitié Ginny, ne fais pas ça. On n'arrivera jamais à se débarrasser de l'odeur ! La prévint-elle avec dégoût.
- Je compte sur toi pour trouver un sortilège qui fera l'affaire", répondit plutôt la jeune fille.
Et sans attendre de réponses, elle se faufila dans les escaliers. Ses autres camarades la regardèrent faire, dans l'expectative. Parvenue au rez-de-chaussée, Ginny attendit quelques secondes puis lança une première bombabouse. Celle-ci repartit immédiatement dans l'autre sens, n'effleurant même pas la porte. Elle explosa près du pied de troll qui trônait dans le couloir. Se bouchant le nez, la petite rousse lança une deuxième bombabouse. Sans succès. Elle prit alors l'extrémité de l'oreille à rallonge et annonça, d'une voix pincée :
" Abandonnez la mission, la porte est impassibilisée.
- Merci sergent Ginny. Veuillez retourner à votre poste, indiqua Fred avec une moue de déception.
- Ginny, appela Hermione en prenant dans ses mains l'autre bout de l'oreille à rallonge, lance un Recurvite sur le sol avant de remonter.
- C'est noté lieutenant Granger", répondit la plus jeune.
Quelques instants après, ses frères la virent remonter avec l'autre extrémité de l'oreille à rallonge.
" Désolée vous deux, peut-être une autre fois", leur dit-elle en leur tendant l'objet.
George le rangea dans sa poche en maugréant dans sa barbe. Alors que chacun se dirigeait dans sa chambre, la porte du square Grimmaurd s'ouvrait sur un petit groupe de sorciers.
