Bonjour tout le monde !
J'espère que vous allez bien :)
Merci à toutes les nouvelles vues, fav, follow :D Et merci tout plein pour les reviews, elles m'ont tellement fait chaud au coeur !
Réponse à Jenny : Merci à toi ! Oui c'était très étrange, j'avais reçu une notification annonçant une review, et puis arrivée sur le site, nada! Pour enfin en voir deux arriver coup sur coup aha, petit problème technique ^^ Effectivement Ron en prend un peu pour son grade : c'est le garçon pas méchant en soi mais tellement maladroit et inconsidéré sur certains aspects ! Merci encore pour ton commentaire !
Réponse à Marine76 : Merci beaucoup pour ta fidélité :D Ah ça fait tellement plaisir de lire ça, j'espère que tu seras contente de voir cette alerte poper aujourd'hui héhé ! Merci encore à toi et j'espère que la suite te plaira tout autant !
Réponse à Juliette : Bienvenue à bord alors ! :D Ravie que les personnages te plaisent, ça rassure de lire un commentaire comme le tien. J'espère que tu aimeras la suite de l'histoire !
Et sur ce, retour d'un gros chapitre avec l'arrivée d'un certain brun à lunettes (on me dit qu'il serait à l'origine de cette saga littéraire, dingue non ? hihi), des facéties estampillées Weasley et un peu plus de flirt dans l'air ;)
Bonne lecture !
Chapitre XIII : Famille
Maugrey et Rémus menaient la marche, suivis de près par Tonks et Hestia, et derrière eux se trouvait un jeune garçon aux yeux verts et aux cheveux ébouriffés. Harry Potter franchit le seuil du square Grimmaurd avec anticipation. Kingsley ferma la porte derrière lui et pénétra dans le couloir à la suite de l'escorte. Harry jeta des regards frénétiques autour de lui. Il suivit les autres jusqu'à la porte de la cuisine qui s'ouvrit en grand sur Molly Weasley. Rémus, Maugrey et la compagnie pénétrèrent dans la pièce et s'installèrent à table. Alors qu'Harry distinguait le bras de son parrain, Molly referma brutalement la porte de la cuisine derrière elle et lui adressa un sourire chaleureux.
"Harry… Quelle joie de te revoir."
Puis elle franchit la distance qui les séparait et le prit dans ses bras. Harry répondit à son étreinte.
" Mrs Weasley, la salua-t-il dans un souffle, crispé contre les bras maternels qui le tordaient en deux.
- Nous avons deux trois choses à terminer entre nous mais tu peux d'ores et déjà aller poser tes affaires. Tu partages la chambre avec Ronald. Monte vite, ils t'attendent."
Harry aurait aimé d'abord saluer Sirius mais la matriarche Weasley restait fermement ancrée entre lui et la cuisine. Il se résigna et monta les escaliers. Arrivé au second étage, il fut accueilli par une tornade brune qui le renversa.
"Harry !" S'écria Hermione en se projetant contre lui.
Il vacilla sous l'impact mais parvint à garder l'équilibre.
"Laisse-le respirer Mione", s'amusa Ron qui était juste derrière elle.
La jeune femme fit durer une seconde encore l'échange puis se décala. Son air soucieux redoubla lorsqu'elle vit la mine de son meilleur ami. Harry était tendu, et essayait avec trop peu de succès de le cacher.
"Tu vas bien ? Nous savons ce qu'il s'est passé concernant le Ministère, c'est absolument injuste ! Ils n'ont pas le droit de faire ça !" Affirma-t-elle avec véhémence.
Mais Harry conserva son calme et prononça d'une voix aigre.
"Oui… Oui, ça semble être coutumier ces temps-ci…"
Puis il regarda tout autour de lui la chambre qu'il avait devant les yeux. Des changements avaient été apportés : l'ensemble de la maison paraissait plus propre, plus entretenue. Cela lui fit plaisir mais accentua quelque peu sa frustration. Le jeune garçon avait là aussi manqué plein de choses.
"C'est quoi tout ça ? Maugrey, Tonks… Vous ici…
- C'est quelque chose qu'ils appellent l'Ordre, annonça Ron avec un sourire nerveux.
- Ils font partie du groupe de résistance, chargés de combattre Voldemort et ses partisans, ajouta Hermione. Dumbledore l'a fondé la première fois qu'ils ont dû l'affronter.
- Et vous n'auriez pas pu me le dire dans une lettre ?!" S'exclama alors Harry, d'un ton glacial.
Ron devint livide et aspira ses lèvres. Les épaules d'Hermione s'affaissèrent mais elle tenta tout de même de répondre.
" On voulait le faire Harry. On avait tellement de choses à te dire…
- Pas une seule lettre de tout l'été. Vous ne pouvez pas savoir ce que c'est, que d'être là-bas avec eux, s'emporta le jeune homme, laissant enfin sa colère prend le pas sur tout. Je n'avais pas une seule nouvelle, rien à quoi me raccrocher !
- Dumbledore a fait en sorte que tu ne reçoives aucune de nos lettres", le coupa Hermione d'un ton implorant.
La fureur de Harry se désagrégea instantanément. A la place, il n'y avait plus que de la stupeur.
" Dumbledore a fait ça ?
- Oui… Murmura Hermione, affligée par la détresse de son meilleur ami. Nous ne l'avons appris qu'il y a quelques jours. Nous t'avons écrit au début des vacances…
- Surtout Mione, marmonna Ron en passant une main maladroite dans ses cheveux.
- Mais tu n'as rien reçu de tout cela. J'attendais tellement ton arrivée pour pouvoir te dire tout cela."
Harry remarqua alors à quel point son amie semblait désespérée. Il comprit qu'ils avaient eu eux-aussi à porter un poids sur leurs épaules. Le jeune homme reprit, tentant de garder son sang-froid.
" Mais pourquoi a-t-il fait ça ? Est-ce qu'il pense que je ne suis pas digne de le savoir ?
- Pourquoi est-ce que Dumbledore fait quoi que ce soit ? Demanda à son tour Ron en haussant les épaules. On ne comprend pas la moitié de ses faits et gestes.
- Je pourrais aider, se défendit Harry avec empressement. Après tout, c'est moi que Voldemort recherche. C'est à cause de moi s'il est de retour. Je l'ai vu le premier renaître de ses cendres et je l'ai affronté en compagnie de Cédric !"
Il se tut alors, fermant douloureusement les yeux. Hermione comprit que son meilleur ami revivait encore et encore cette terrible nuit qui avait vu disparaître Cédric Diggory et renaître le seigneur des ténèbres. Elle franchit les dernières mètres entre elle et lui pour se jeter de nouveau dans ses bras.
"Tu n'es pas responsable Harry."
Ce dernier accueillit cette accolade avec soulagement cette fois-ci. Les jumeaux toquèrent alors contre la porte de la chambre et saluèrent Harry avec enthousiasme. Quelques instants plus tard, la voix de Molly résonna dans la cage d'escalier.
"Les enfants ! Vous pouvez descendre."
Harry suivit ses amis dans les escaliers et vit devant lui le couple Weasley qui l'attendait avec un sourire. Arthur lui serra affectueusement la main tandis que Molly pépiait :
"Tu dois avoir faim Harry, tu es encore maigre comme un clou. Je vais te faire réchauffer une part de ragoût."
Avant qu'Harry ne puisse décliner, il entendit une voix familière et chaleureuse derrière le couple.
"Harry Potter."
Arthur et Molly s'écartèrent pour laisser place à Sirius. Ce dernier regarda son filleul avec une tendresse infinie. Il écarta alors les bras avec un sourire et Harry se précipita vers lui.
"Sirius !" S'exclama-t-il en profitant de l'étreinte de son parrain.
L'animagus raffermit sa prise et passa une main affectueuse dans les cheveux ébouriffés du jeune homme. Tous deux se firent face.
"Comment vas-tu ? Demanda Sirius en passant un pouce sur la joue de son filleul.
- Beaucoup mieux maintenant, affirma ce dernier en souriant davantage.
- Moi aussi. Entre donc", ajouta-t-il en faisant un signe vers la cuisine.
Ce dernier pénétra dans la pièce, suivi par Fred et George. Ron arriva à son tour et Arthur ferma la marche. Sirius se retourna alors vers Hermione qui était restée dans l'encadrement de la porte. Il lui sourit.
"Tu viens trésor ?
- J'aimerais bien… Mais Ginny est probablement enfermée dans la chambre avec le visage rouge comme une tomate. Je n'ai pas envie qu'elle soit toute seule, répondit la jeune femme avec une légère grimace.
- Je m'en occupe ! Lança alors Tonks qui sortait de la cuisine et se postait entre les deux jeunes gens. J'ai envie de voir la gamine, il faut que je lui montre mes nouvelles métamorphoses", Ajouta-t-elle, joyeuse.
Sirius émit un rictus et leva un bras en signe d'invitation. Tonks dépassa Hermione et se rua dans les escaliers. La jeune gryffondor haussa les épaules, amusée et elle pénétra à son tour dans la cuisine. Toute l'assemblée se réunit autour de Harry pour connaître les dernières nouvelles. Le jeune sorcier sourit lorsque Hermione s'installa près de lui et commença son récit. Après des temps si terribles, il était bon d'être de retour à la maison…
o O o
L'assemblée se coucha très tard cette nuit et ils n'émergèrent là encore que tard dans la matinée. Ce furent Ginny et Hermione qui se levèrent les premières et rejoignirent Arthur dans la cuisine. Tous trois discutèrent de la défense d'Harry et mirent au point une première ébauche de discours que ce dernier aurait à présenter devant les magistrats. Le trio fut assez vite rejoint par Ron et Harry, ainsi que Sirius. Les discussions animées reprirent sur la convocation du jeune Potter et chacun ajouta un élément à charge pour discréditer la mesure ministérielle. Harry suivait le ping-pong verbal qui s'opérait entre ses proches avec intérêt mais aussi embarras. Il n'avait jamais souhaité que son cas doive être défendu publiquement au sein du Magenmagot. Il était déjà suffisamment compliqué pour lui d'assumer sa célébrité au quotidien et cette affaire ne faisait qu'empirer sa situation. En entendant Hermione et Ron se contredire sur l'approche de sa défense, Harry soupira longuement et pria pour que le débat se conclut rapidement.
Sirius vit l'embarras de son filleul et lui adressa un signe discret de la tête. Le jeune homme comprit le signal de son parrain et se leva de table. Hermione remarqua la mine soulagée de son meilleur ami et se mordit la joue. Il était évident qu'Harry en avait assez d'être le sujet de toutes les attentions, et ce dès le réveil. Elle lança un regard désolé à Sirius. Celui-ci lui sourit et esquissa un clin d'œil discret pour lui signifier qu'il maîtrisait la situation.
Harry s'était dirigé dans le salon où il observait la tapisserie des Black avec une moue dégoûtée. Sirius y jeta un œil mais préféra ne pas commenter.
" Tu as de redoutables avocats", lança-t-il en direction de son filleul.
Harry esquissa une mine désolée et passa une main dans ses cheveux ébouriffés.
"Ils font leur maximum et je leur en remercie…
- Mais tu aimerais qu'ils laissent le sujet de côté", compléta Sirius d'un ton entendu.
Le jeune homme le regarda et hocha la tête.
"J'aimerais, rien qu'une fois, ne pas être au centre de toutes les discussions… C'est pénible…
- Je comprends Harry. Depuis ton entrée dans le monde des sorciers, tu n'as eu de cesse d'être exposé. Parfois à ton avantage, et parfois à son exact opposé.
- En ce moment, ça serait plutôt l'exact opposé, affirma-t-il d'un ton amer.
- Cette campagne de la Gazette est odieuse. Mais elle dit quelque chose de notre monde en ce moment : les gens ont peur, et ils sont prêts à tout pour se raconter des histoires et ne pas être mis face à leur inconfort, prôna Sirius d'un air grave.
- Je les comprends un peu… Moi aussi, j'aurais aimé conserver cette innocence, avoua Harry dans un souffle. Mais je n'ai pas eu le choix. Il y a eu Cédric…
- Je suis désolé que tu aies eu à affronter cela tout seul cet été encore, murmura Sirius en posant une main affectueuse contre l'épaule du jeune brun. Harry hocha longuement la tête.
- Harry… J'aimerais que tu saches que mon offre tient toujours… Commença son parrain avec un peu d'embarras. Le jeune homme leva les yeux vers lui.
- Si tu le souhaites… Lorsque tu te sentiras prêt… Je veux que tu saches qu'il y aura toujours une place pour toi, ici", reprit Sirius avec émotion.
Harry ne savait que dire. Depuis la libération de son parrain, il avait rêvé à de multiples reprises de pouvoir s'installer définitivement avec lui. Il avait pensé que cela aurait pu être possible pendant ces vacances. Mais il n'avait reçu aucun mot, aucune nouvelle. Cette possibilité avait flotté dans son esprit pendant des semaines sans qu'il ne sache si elle était possible ou non. Ému, il balbutia :
"J'aimerais ça plus que tout Sirius."
Ce dernier émit un sourire tendre. Il raffermit sa prise sur l'épaule de son filleul.
"Bientôt, ne t'en fais pas. Je sais que c'est dur, de subir une famille que tu n'as pas choisie. Crois-moi, j'en ai fait les frais… Avec ce qu'il se passe en ce moment, j'ai bon espoir qu'on m'autorise à faire de moi ton parent légal et que tu puisses t'installer définitivement ici… Il faut juste que l'on soit patient toi et moi."
Harry éclata d'un rire amer.
"Je ne l'ai jamais vraiment été.
- Moi non plus, glissa Sirius avec connivence, mais c'est un bon exercice pour nous deux."
Tous deux se regardèrent avec un sourire amusé et restèrent un bon moment ensemble, profitant de leur présence respective.
o O o
"Sirius, il est temps d'aborder LA question qui fâche.
- Allons bon, je pensais que vous l'aviez déjà évoquée… répondit Sirius en haussant un sourcil circonspect en direction des jumeaux.
- Non, on laisse le sujet Ambroise de côté, répliqua George sans le moindre tact.
- On comprend la démarche et on ne te juge pas", ajouta Fred d'un ton entendu.
L'animagus leva les yeux au ciel avec exaspération à la mention de la jeune femme. Ils ne lui épargnaient décidément rien, d'autant plus lorsqu'il était en public. La table de la cuisine était en effet composée du clan Weasley, de Harry et d' Hermione. Cette dernière mordilla le bord de sa lèvre à la nouvelle mention de ce nom mystérieux mais s'abstint de tout commentaire. Cela ne la regardait définitivement pas… Et elle aurait aimé faire passer le message à son esprit indocile.
"Trop aimable, répondit Sirius, acide.
- Non, c'est quelque chose de beaucoup plus physique."
Harry recracha violemment le jus de citrouille qu'il avait commencé à boire tandis que Ron rougit jusqu'à la pointe de ses cheveux. Sirius éclata d'un rire semblable à un aboiement et s'arqua sur sa chaise.
" Je suis flatté les garçons mais vous n'êtes pas mon genre… Trop grands". Rajouta-t-il avec un clin d'œil amusé.
Ce fut au tour des jumeaux d'éclater de rire et de reprendre de plus belle.
"Tu n'y es pas, on voudrait aborder la question de tatouage.
- De tes tatouages pour être très précis."
Sirius haussa un sourcil et relança.
" Qu'est-ce qu'il en est ?
- Et bien on aimerait se faire tatouer avec Fred mais Maman s'y oppose catégoriquement.
- Elle prétexte qu'on est bien trop jeunes pour disposer de nos corps.
- Et que l'on finira par regretter cette décision.
- Et on aimerait que tu statues en notre faveur.
- Mais aussi que tu nous indiques le pourquoi du comment tu en es arrivé là."
Les jumeaux terminèrent leur échange et attendirent, les yeux fixés sur l'animagus. Toute la tablée s'était tue et attendait, elle-aussi curieuse de découvrir l'histoire. Sirius esquissa un rictus et répondit, en se reposant sur le dossier de sa chaise :
" Je regrette, cette histoire est la mienne.
- Allez Sirius, tu peux bien nous vendre la mèche ! Lança George avec un ton enjôleur.
- C'était il y a si longtemps, fais-nous cette fleur, renchérit Fred.
- Merci. Et ce sera toujours non. Il va falloir attendre votre majorité et faire vous-même vos recherches…"
Les jumeaux se regardèrent une seconde et reprirent, avec un regard suspicieux :
" Est-ce que c'est un défi ?
- Mmh ?
- Tu nous éclaireras sur tes tatouages si jamais on trouve ce à quoi ils correspondent ?" Reformula Fred avec une lueur enflammée dans le regard.
Sirius se contenta de sourire. Son regard était équivoque. Les jumeaux se levèrent comme un seul homme et lui tendirent la main.
" Défi accepté cher monsieur !
- On va trouver l'histoire derrière ces tatouages et lorsque ce sera fait, tu devras plaider notre cause auprès de maman !
- C'est d'accord, finit par dire le grand brun en serrant chaque main. Il conservait son petit sourire futé. Ce qui donna des idées à Ron qui lança subitement :
- Je suis de la partie aussi ! en tendant le bras vers Sirius. Ce dernier, surpris, accepta la poignée de main.
- Pourquoi tu t'en mêles Ronald ?" Demanda Fred avec effarement.
Son cadet rougit.
" Moi aussi, ça me plaît, l'idée du tatouage...
- N'y compte pas frangin, répliqua George. Si on ne peut pas le faire, tu ne le pourras pas non plus.
- On ne sait jamais… Maman reconnaît que je suis plus sage que vous, argua le plus jeune.
- C'est voté, je déclare la course à l'information ouverte ! Proclama George avec emphase.
- Nous avons jusqu'à demain matin…
- Ce soir, le coupa Sirius, avec un rictus amusé.
- Nous avons jusqu'à ce soir pour trouver la signification de chaque tatouage de Sirius. Chacun notre tour, nous dévoilerons l'objet de nos recherches. Celui ou celle qui tombera juste raflera la mise !" Informa Fred en se levant de table et en regardant chaque personne assise autour de lui.
Sirius secoua la tête, mi-incrédule mi-narquois, tandis que tout le monde applaudissait avec enthousiasme. Fred et George firent monter les clameurs et reprirent enfin :
" Dans un effort de transparence, nous demandons au sujet du défi s'il peut nous montrer en un clin d'œil les tatouages en question.
- Pardon ? Lança Sirius, désarçonné.
- On enlève le haut Sirius, claironna Ron, maintenant plus enthousiaste que ses jumeaux. C'est le jeu !"
L'animagus jeta un regard effaré en direction du clan Weasley. Ginny éclata de rire tandis qu'Hermione se retenait tant que possible de faire tout commentaire. Elle se contentait de fixer résolument le verre qu'elle avait devant elle. Devant les regards insistants, Sirius lâcha un soupir dédaigneux et se leva de table. La tablée l'acclama alors. Le grand brun les regarda en secouant la tête, incrédule, puis entreprit d'enlever sa veste émeraude qu'il posa sur sa chaise. Hermione ne put s'empêcher de lever les yeux vers son hôte. Sirius dégrafa un à un les boutons de son veston en velours noir, puis il s'attaqua à sa chemise. Il la déboutonna avec lenteur, conscient de l'attente grondante autour de sa personne. Hermione s'aperçut à ce moment qu'il adorait cela et elle comprit qui avait été le Sirius Black d'avant Azkaban. Il adorait être au centre de l'attention et sentir tous ces regards sur lui. Il fut un temps où Sirius était un homme admiré par de nombreux sorciers et sorcières. Célébré pour son côté séducteur, il avait dû connaître nombre d'aventures dans sa jeunesse et même après. La jeune femme fut troublée de découvrir ce côté encore trop inexploré de son hôte et elle comprit qu'elle ne réagissait pas mieux que de nombreuses personnes avant elle. Avec une lenteur exaspérante, Sirius s'occupa des derniers boutons de sa chemise mais laissa cette dernière pendre contre son torse. Un soupir d'exaspération franchit toutes les lèvres.
"Aucun sort ni aucune ruse pour conserver cette image, glissa-t-il avec un amusement sans fin.
- Rien de rien ! Promirent les jumeaux.
- Allez, maintenant dévoile !"
L'animagus éclata de rire et écarta les pans de sa chemise. L'assistance se fit soudain muette tandis que chacun observait avec minutie le tableau. Le torse de Sirius était recouvert de tatouages en tout genre. Ceux-ci démarraient au-dessus de sa cage thoracique pour continuer jusque vers son bas-ventre. À la naissance de ses épaules étaient dessinées diverses croix qui étaient entourées par des signes étranges. Sur sa poitrine se trouvait une forme de calice gravé avec deux branches, tandis que sur son ventre se reflétaient de longues arcanes noires qui descendaient toujours plus bas. Plusieurs cercles en runes mystiques s'illustraient sur son pectoral droit. Tous ces tatouages étaient gravés à l'encre noir et juraient avec la peau diaphane de l'ancien détenu d'Azkaban.
Hermione scrutait attentivement les différents schémas gravés sur la peau de l'animagus mais elle aurait été bien en peine de se concentrer uniquement sur les dessins. Sirius était un objet de fascination évident. Elle observait le torse pratiquement imberbe du beau brun et ne pouvait s'empêcher de ressentir un désir violent et impulsif face à lui. Il était fin et musclé, les membres marqués par ces années de privation et d'enfermement. Pour autant, Hermione n'aurait voulu pour rien au monde qu'il en soit différemment. Il était tout bonnement parfait… Et il en était tout à fait conscient.
Sirius contemplait l'assemblée muette puis émit un feulement de rire et reboutonna sa chemise, au grand damne des garçons comme des filles.
" Le spectacle est terminé", annonça-t-il radieux. Cette démonstration avait renforcé son estime de lui-même d'un cran supplémentaire.
Hermione retourna vivement à son verre de jus de citrouille et espéra secrètement se noyer dedans.
" Vous avez le restant de l'après-midi pour trouver la réponse à ces nombreux mystères. Attention, je ne prendrai aucune demi-solution. Vous avez la réponse, ou vous ne l'avez pas, jubila le grand brun.
- Tu peux compter sur nous Sirius, annonça Fred.
- Prépare l'argumentaire pour convaincre Maman, tu es fait !" Compléta George avec empressement.
Les frères Weasley se levèrent d'un seul mouvement et quittèrent précipitamment la cuisine pour mener leur enquête. Sirius se rassit, la mine moqueuse, et dirigea son regard vers Hermione qui n'avait pas bougé. Cette dernière le sentit mais continua son manège.
" Et toi Hermione ? Ton titre de Miss Je-Sais-Tout ne te titille pas ?" Glissa Sirius, amusé.
Elle aurait aimé lui répliquer que ce n'était pas ce côté-là de sa personne qui la titillait présentement mais convint que cette déclaration aurait été du plus mauvais effet. À la place, elle prit une gorgée supplémentaire de son verre pour se donner du courage et répliqua :
" Je n'ai aucun soucis à me faire concernant mon titre. Jamais ils ne trouveront la réponse.
- Ah oui ? Tu m'as l'air très sûre de toi…", susurra Sirius, sans se départir de son sourire féroce.
Il fallut déployer une force surnaturelle chez Hermione pour ne pas qu'elle flanche sous l'attaque à peine déguisée de son interlocuteur. Elle se leva lentement de table et ponctua son départ d'un :
"Aucune inquiétude. Mon titre est bien gardé."
Puis elle quitta la pièce avec toute la dignité possible. Sirius la regarda s'en aller, son sourire carnassier s'accentuant. Il aurait été bien en peine de se départir de sa mine victorieuse et d'avouer qu'en vérité, il jubilait.
o O o
" Tu es son meilleur ami.
- L'homme qui le connaît le plus.
- Vous avez fait les quatre cents coups ensemble.
- Vous vous êtes peut-être même tatoués au même moment.
- Les garçons…
- Ton prix sera le nôtre.
- Nous sommes prêts à tout Rémus.
- Livre-nous tes secrets.
- Nous ne te lâcherons pas.
- Ça, je l'ai bien compris", répondit le loup-garou, en poussant un profond soupir.
Il essayait par tous les moyens d'éviter les jumeaux mais ces derniers étaient tenaces. Il avait déjà quitté le jardin, le salon et maintenant voilà qu'ils le suivaient dans le couloir menant à sa chambre. Rémus se pinça l'arête du nez et se retourna vers le duo.
" Quand bien même je saurais l'origine de ses tatouages, ça ne veut pas dire que je serais prêt à livrer ces informations. Il va falloir trouver par vous-même."
Les jumeaux se lancèrent un regard éloquent puis reprirent.
"Cinq mornilles, annonça George.
- Sept si tu nous livres le tout", compléta Fred.
Rémus leva les yeux au ciel. Cette après-midi promettait d'être longue.
o O o
Bien loin des interrogatoires des jumeaux Weasley, Hermione était plongée dans sa lecture. Le soleil de l'après-midi venait illuminer la bibliothèque et son visage concentré. Elle tenait dans ses mains un exemplaire sur les langages runiques. La jeune femme avait essayé pendant une heure de se concentrer sur autre chose mais elle devait bien l'admettre : Sirius avait raison. Elle était une insupportable Je-Sais-Tout et ne pouvait remettre son titre en jeu. Par ailleurs, la question des tatouages de Sirius ne cessait d'obstiner son esprit. Elle savait inconsciemment ce qui en était la cause mais réfrénait tant que possible ce train de pensées. Il était dangereux et trouble… Le dossier Sirius Black commençait à prendre de plus en plus de place dans son esprit et cela la rendait fébrile. Parcourant chapitre sur chapitre, Hermione notait les informations les plus importantes sur un carnet qui traînait sur le canapé. Elle n'était pas peu fière de son travail d'investigation : grâce aux livres de la bibliothèque, la jeune femme était parvenue à un bon lot de conclusions concernant les tatouages énigmatiques de son hôte.
Hermione avait très vite compris qu'il ne servait à rien d'harceler le pauvre Rémus pour espérer obtenir des pistes. Le Maraudeur serait fidèle à son camarade quoi qu'il en coûte et les jumeaux n'arriveraient pas à leurs fins en insistant davantage. Comme pour chaque énigme, sa solution avait été de plonger dans un livre. Ron était venu à un moment pour essayer de la soudoyer et de partager leurs recherches. Hermione l'avait vite éconduit, prétextant qu'elle ne s'était pas intéressée à cette quête. Son ami avait paru convaincu et était parti de son côté, bredouille. Hermione ajouta une nouvelle ligne à son carnet puis ferma l'ouvrage qu'elle étudiait et plongea son regard dans la bibliothèque.
Molly appela la troupe pour le diner aux alentours de vingt heures. Tout le monde se rejoignit dans la cuisine et dégusta de bon appétit. Rémus semblait particulièrement fatigué et Hermione eut pitié du pauvre loup-garou. Merlin savait combien un interrogatoire des jumeaux pouvait être épuisant. Elle lui adressa un sourire compatissant auquel Rémus répondit par une lueur amusée dans le regard. Harry avait passé son après-midi à revoir sa défense pour le tribunal et à écarter Ron qui lui demandait incessamment son aide pour soudoyer son parrain. Sirius, lui, exultait. Le diner s'éternisant, il demanda nonchalamment aux jumeaux :
"Alors, ces recherches ?"
George plissa les yeux, les réduisant à deux fentes insondables.
" La croix sur ton pectoral gauche…. Symbolise… le ralliement des animagus.
- Perdu.
- Les spirales sur ton pectoral droit représentent le symbole de l'infini…
- Je regrette mais c'est non.
- Ce trident près du cœur veut dire que tu prêtes allégeance à Poséidon…"
Sirius éclata d'un rire sonore et répondit, avec un sourire carnassier.
" Essaye encore.
- De quoi s'agit-il ? Demanda Arthur, étonné par les échanges entre ses garçons et Sirius.
- Merlin, c'est à n'y rien comprendre ! S'exclama George avec désespoir.
- Ron ? Des suggestions ?
- La croix… est un tatouage des prisonniers d'Azkaban ? Tenta-t-il après une longue minute de réflexion.
- Il y a de ça mais c'est loin d'être suffisant, avoua Sirius qui ne se départait pas de son air victorieux. Je regrette messieurs, l'affaire est loin d'être concluante…
- De quoi était-il question ? Demanda à son tour la mère Weasley, déboussolée.
- Les garçons avaient parié qu'ils trouveraient la signification des tatouages de Sirius. Si c'était le cas, Sirius devait plaider leur cause auprès de vous deux, expliqua Ginny d'un ton détaché.
- Ginny !" S'écria George.
Le visage de Molly Weasley s'empourpra alors et elle déclara d'un ton furieux.
" Je vous avais déjà dit que vous pouviez faire une croix dessus ! Vous n'êtes pas encore majeurs et il est hors de question que votre père et moi vous laissions vous faire tatouer !
- Mais maman ! S'exclama à son tour Fred.
- Ron aussi a participé ! Dénonça George en pointant un doigt accusateur vers son jeune frère.
- Eh ! J'avais l'intention de le leur dire… Au bout d'un moment", s'offusqua Ron.
Molly devint livide à la suite de cette annonce tandis que le reste de la compagnie éclatait de rire devant la défaite des jumeaux. De plus en plus scandalisé, Fred lança alors :
" La partie n'est pas finie Sirius : il nous reste encore Hermione ! Je suis sûre qu'elle a résolu le mystère en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire !"
Tous les regards se tournèrent alors vers Hermione qui était restée jusqu'à présent silencieuse. Sirius l'observa lui-aussi, un sourire espiègle flottant sur son visage. La jeune femme le regarda d'abord, puis les jumeaux. Elle posa sa fourchette et murmura d'une voix posée :
" Pas plus que cela."
Sa réponse scandalisa les frères Weasley qui ouvrirent des yeux ronds. Sirius haussa un sourcil.
"Pas plus que cela ?!
- Mais qu'est-ce qu'il t'arrive Hermione ? Demanda George, ulcéré.
- Tu es malade ? Tenta Fred.
- C'est Barty qui a pris ton apparence ?" Relança Ron avec ébahissement.
Hermione leva les yeux au ciel et riposta :
" Je vous ferais dire qu'à aucun moment je n'ai annoncé que je participais à votre jeu. Je n'ai aucune intention de me faire tatouer pour le moment."
Fred et George s'adossèrent lourdement à leurs sièges, comme s'ils avaient été frappés par la foudre. Sirius reprit la parole, railleur.
"C'est donc une victoire complète de mon côté. Je te remercie Hermione."
Celle-ci ne répondit rien et reprit son repas avec une sérénité presque totale. Seule Ginny remarqua les battements frénétiques de paupières de la jeune femme. Et elle se garda bien de commenter. Le diner se termina dans un calme relatif, les jumeaux ne parvenant pas à se remettre de leur défaite. Tout le monde alla se coucher quasiment dans un même mouvement. Fred et George ronchonnèrent jusqu'à arriver dans leur chambre, affirmant que cela ne se passerait pas comme ça. Ron et Harry firent une partie d'échecs version sorcier et montèrent à l'étage. Rémus et Sirius se dirigèrent dans la bibliothèque en compagnie d'Arthur et de Molly, pour boire un dernier verre. Cette dernière embrassa Ginny et Hermione et leur souhaita la bonne nuit. Les deux filles s'éclipsèrent en haut et se mirent en pyjama.
Ginny laissa Hermione tranquille ce soir-là mais se promit de l'interroger dès le lendemain concernant son comportement à table. Elle s'endormit bien vite, comme à l'accoutumée. Hermione resta éveillée, le nez plongé dans un livre. Ses yeux la picotaient mais elle ne voulait pas céder au sommeil. De temps à autre, elle jetait des regards frénétiques vers le petit réveil qu'avait mis Ginny sur sa table de chevet. Hermione patientait…
Lorsqu'il fut plus de minuit, elle se glissa discrètement hors des draps. Elle regarda la robe de chambre qui reposait sur sa chaise mais ne la prit pas. La porte grinça et la jeune femme sortit de la chambre en catimini. Son carnet sous le bras, Hermione franchit le couloir qui l'amenait jusqu'à la bibliothèque. Elle tendit l'oreille contre la porte puis, n'entendant aucun bruit de conversation, entra dans la pièce.
Sirius était assis sur le canapé, les jambes allongées contre l'un des accoudoirs, un journal dans les mains. Il fit fléchir le papier pour contempler le nouvel arrivant et haussa les sourcils de surprise.
"Hermione ?"
Cette dernière s'avança jusqu'à arriver à sa hauteur. Elle ne s'assied pas mais déplia son carnet et leva les yeux vers lui.
"Je pense tout avoir", déclara-t-elle d'une voix égale.
Sirius la regarda sans comprendre. Ses yeux fixèrent le visage de la jeune femme, puis dévièrent sur le carnet. Ses lèvres s'étirèrent alors en un sourire dévorant.
"Je t'écoute", murmura-t-il d'une voix suave.
Hermione s'éclaircit la voix et commença :
" Les inscriptions que tu as tout au long du ventre sont les mêmes que celle de ta baguette magique… La croix encerclée sur le côté droit provient du livre L'île au trésor de Stevenson… C'est le même modèle qui est dessiné sur la carte par Chien Noir et que tente à tout prix de récupérer Silver…"
La jeune femme prit un temps, cherchant une intervention de la part de son hôte. Mais Sirius resta silencieux, son regard ne cillant pas et restant accroché au sien. Elle se perdit une seconde dans ces orbes profondes puis reprit :
" Les différents cercles sur le côté droit représentent les neuf cercles de l'enfer selon Dante. Les tiens concernent les limbes, la luxure, la colère, la ruse et la tromperie… Le « trident » est en réalité les flèches du carquois d'Ullr, divinité nordique de la protection et des duels. Le calice aux deux branches représentent la fontaine de jouvence, symbole de renaissance et d'éternelle jeunesse… Les arcanes qui entourent la croix de ton côté gauche sont les coordonnées de la constellation du Grand Chien avec son étoile qui porte le même nom que toi…"
Hermione s'arrêta alors, sondant le regard du grand brun. Pas un bruit ne venait perturber son exposé. Elle se mordit la lèvre inférieure et conclut :
"Et les trois petites branches que tu essayes de dissimuler sur ton épaule droite sont le signe distinctif des prisonniers d'Azkaban. Ils marquent chacun des détenus lors de leur arrivée dans la prison."
Le silence se fit alors dans la bibliothèque. Hermione attendit, fébrile. Jusqu'au dernier moment, elle n'était pas sûre de devoir aborder ce dernier tatouage avec lui. S'il était clair que chaque dessin avait une résonance particulière, celui-ci était l'unique marque d'un passé qu'il n'assumait pas. Le seul tatouage qu'il n'avait pas fait volontairement. Pourtant, le visage de Sirius ne se referma pas.
Au contraire, il s'illumina avec un sourire ébahi. Ses yeux brillaient d'un éclat vif et sauvage. Le cœur d'Hermione battit davantage dans sa poitrine. Sirius reposa lentement son journal sur la table de chevet et se leva. Il fit quelques pas pour parvenir à hauteur d'Hermione. Cette dernière se força à ne pas reculer et à affronter le regard impressionné de son hôte. Sirius s'arrêta devant elle, ne laissant qu'un maigre espace entre eux. Son regard détaillait longuement le visage de la jeune femme. Hermione aurait été bien en peine de dire ce qu'il ressentait à ce moment précis. Elle était en revanche bien consciente du trouble infini dans lequel elle était plongée face à ce regard. C'était donc ça, cette sensation que Sirius lui avait décrite lors de leur précédent échange ? Ce geste d'apparence anodine qui devenait beaucoup plus que ça…
Sirius se mordit l'intérieur de la joue et murmura enfin, narquois.
"Mes félicitations Miss Granger… Vous avez résolu le problème.
- Merci", prononça-t-elle dans un souffle. Cette proximité était intenable.
Le grand brun leva la main et écarta délicatement une mèche de cheveux du visage de la jeune femme.
"Quel est donc ton prix pour avoir percé à jour le grand Sirius Black ?" Demanda-t-il enfin, en conservant son air malicieux.
Hermione reprit un tant soit peu ses esprits en entendant cette bravade de l'animagus et fit un pas en arrière.
"Ça n'est pas pour ça que je l'ai fait", se défendit-elle, sa voix semblable à un faible bruissement.
Sirius s'amusa des sourcils froncés de la jeune femme et reprit sur le ton de la confidence :
"Crois en mon expérience trésor, on ne joue jamais pour rien… Qu'est-ce que tu veux ?"
Hermione battit frénétiquement des paupières. Elle était là, cette fameuse question. Celle qui la taraudait depuis quelques temps déjà. Qu'est-ce qu'elle voulait ? La jeune femme comprit à ce moment précis qu'elle ne pouvait pas y répondre sans se compromettre. Il ne fallait pas qu'elle puisse se poser cette question. Car la réponse l'effrayait plus que tout.
"Je n'ai besoin de rien", murmura-t-elle dans un souffle.
Puis elle tourna vivement les talons et s'enfuit de la bibliothèque, fermant la porte derrière elle. Grimpant les escaliers quatre à quatre, la belle brune arriva sur le palier de sa chambre et ouvrit d'un geste brusque la porte. Elle recouvrit bien vite son corps sous les couvertures et poussa un long soupir. Cela avait été une erreur de se présenter à la bibliothèque avec toutes ses réponses. Hermione se morigéna de sa conduite de Miss Je-Sais-Tout et ferma les yeux, espérant s'endormir. Car si elle était fière de ses recherches, il y avait cette entêtante réponse qu'il fallait à tout prix ensevelir dans son esprit.
Sirius resta immobile de longues secondes après son départ. Son visage rieur avait laissé place à une profonde perplexité. La fuite de la jeune femme l'avait perturbée et avait soulevé des questions chez lui. Questions qu'il aurait préféré devoir éviter. Sirius se rejoua les derniers instants dans sa tête et eut la désagréable impression que sa conduite avait été déplacée. S'il s'était réjoui du rapprochement qui s'était opéré entre lui et la jeune femme, il ne pouvait se sortir de l'esprit que sa démarche avait quelque chose d'inconvenant. Sirius avait un tempérament de feu et aimait s'amuser plus que tout, avec les mots et les gens. Mais il percevait dans le départ brusque de la jeune femme qu'il avait dû toucher une corde sensible et, quelque part, dépasser les bornes. Sa main vint ébouriffer ses longs cheveux châtains. Embarrassé, il se morigéna sur son attitude puérile et espéra qu'il n'avait pas heurté la belle brune.
Il devait bien avouer qu'il avait été surpris de la voir débarquer face à lui ce soir. Qui plus est avec toutes ces réponses. Sirius ne s'était pas imaginé une seule seconde qu'Hermione entrerait dans la course pour débusquer ses secrets. Et il était une fois de plus ébahi par l'incroyable justesse de celle-ci. Hermione avait réussi à démonter pièce par pièce chacun de ses tatouages et à les lui livrer sans la moindre hésitation. C'était quelque part flatteur mais aussi infiniment troublant. Et ce détail ne faisait que s'ajouter à la liste des éléments infiniment troublants chez la jeune Gryffondor.
Hermione était une sorcière brillante, mais aussi mature et instinctive. Elle avait un feu intérieur qui se manifestait parfois et raflait tout sur son passage. Et elle était aussi d'un charme déconcertant. Sirius l'avait de nouveau constaté au moment où il s'était approché d'elle pour la féliciter. Un charme qui ne laissait personne indifférent au square Grimmaurd, c'était évident. Cela restait discret mais Sirius avait observé les regards obliques de Fred, le comportement de Ron et même parfois les sourires de Harry. Ce qui était aussi évident, c'est que lui-même n'y était pas insensible. Il l'avait remarqué dès son arrivée mais avait bien cadenassé cette pensée. Hermione était une jeune adolescente et elle ne devait certainement pas subir le fantasme de vieux lubriques et d'adolescents plein d'hormones. La jeune femme valait infiniment mieux que ça. Alors Sirius rabrouait cette pensée à chaque fois que celle-ci refaisait surface. Et il en serait toujours ainsi.
