Bonjour tout le monde !
J'espère que vous allez bien et que vous pourrez profiter d'une séance de cinéma ou d'un verre en terrasse ces jours prochains :)
Merci aux nouveaux fav et follow, et bienvenue !
Réponse à Elodidine : Merci beaucoup pour ton commentaire, ça m'a beaucoup touché ! Je ne dévoilerai évidemment rien sur la suite des événements mais j'espère que dans tous les cas, tu auras plaisir à suivre la suite ;)
J'espère que les prémisses de la relation entre Sirius et Hermione vous ont fait plaisir ! J'avais pour ma part hâte de passer à ce stade. Même si, évidemment, rien ne sera simple entre eux (huhuhu).
Petite information : à partir de ce chapitre, on passe vraiment au rating M de cette histoire. Jusqu'à présent, c'était light mais bon, là, faut c'qui faut aha. D'ailleurs, j'espère ne pas être trop maladroite dans la rédaction parce que je suis loiiiiiiin d'être habituée à écrire ce genre de scène. Vala vala, vous me direz si je me plante ^^
Bonne lecture et à ce week-end !
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Chapitre XVII : Les choses que l'on vit, les choses que l'on cache
Un nouveau matin s'ouvrait au square Grimmaurd sur une petite assemblée d'hommes assis autour d'une table. Les jumeaux s'étaient réveillés tôt et avaient préparé le petit-déjeuner pour leurs camarades. Harry et Ron les avaient entendus descendre et les avaient rejoints peu de temps après. Sirius était descendu vers les neuf heures et semblait avoir retrouvé tout son mordant habituel. Harry constatait avec ravissement que son parrain était en pleine forme, rebondissant à chaque conversation entre eux, avec son éternel sourire en coin et ses yeux pétillants. Vers les dix heures, ce fut au tour des filles de se lever. Ginny entra avec fracas dans la cuisine en saluant tout le monde, très vite suivie d'Hermione. Si Sirius paraissait davantage en forme que la veille, Hermione, elle, était radieuse. Son teint était frais comme la rosée et un large sourire lui dévorait le visage. La jeune femme portait une robe blanche à fines bretelles où étaient brodés de longs coquelicots rouge vif, ce qui lui donnait une allure épatante.
Son apparition ne passa pas inaperçue puisque des sifflements d'admiration naquirent du côté des jumeaux. Sirius, lui, la regarda avec une tendresse infinie. Hermione rougit en s'asseyant à table avec eux, non pas des sifflets, mais bien à cause du regard profond que Sirius lui adressait.
" Quelqu'un a l'air de très bonne humeur ce matin", fit remarquer Fred en lançant une œillade à la jeune gryffondor.
Celle-ci haussa un sourcil, sans se départir de son sourire.
" C'est une journée magnifique, répondit-elle avec amusement.
- Mais moins que vous, très chère, pépia George en imitant l'œillade de son frère.
- Qu'est-ce qu'il vous arrive, les garçons ? Demanda innocemment Hermione.
- Nous sommes simplement abasourdis par le changement qui s'est opéré chez toi, Mione.
- Hier, tu étais au fond du trou et te voilà aujourd'hui, fraiche et pimpante comme la rose ! Quel est ton secret ?
- Mmh…Dormir ?" Lança-t-elle avec espièglerie, avant de prendre une gorgée de thé.
Mais les jumeaux ne tombèrent pas dans le panneau.
" Non, il doit y avoir autre chose…
- Il y a forcément un truc…
- Il y a toujours quelque chose avec vous deux, se plaignit Ginny en roulant des yeux.
- J'étais convaincu par la bonne nuit de sommeil moi, répondit Ron en haussant les épaules.
- C'est parce que tu es beaucoup trop naïf ça, Ronnie, reprit Fred en décochant un regard désolé en direction de son frère cadet.
- Qu'est-ce qui peut mettre d'aussi bonne humeur notre Hermione Granger ? Demanda George à l'assemblée amusée.
- La rentrée prochaine ? Tenta Harry, qui réprima un rire en voyant le regard ulcéré de sa meilleure amie.
- Une virée au chemin de Traverse ? Reprit Ron qui ne voulait pas être en reste.
- Nous voir tous et toutes de bon matin ?" Lança Sirius avec un sourire narquois.
Hermione eut peine à contenir son amusement.
" Non, c'est encore autre chose… , murmura Fred avec introspection.
- Pour donner des couleurs pareilles à son visage, et cette aura-là, il faut quelque chose de plus fort… , ajouta George en la détaillant longuement.
- Une aura, carrément, le coupa Hermione en pouffant.
- C'est ça ! Tu t'es envoyée en l'air !" S'exclama George, triomphant.
Toute l'assemblée éclatait de rire pendant qu'Hermione le regardait avec des yeux exorbités. Sirius s'en amusa comme les autres, mais veilla à ne pas se trahir.
" Comment est-ce que tu en viens à cette conclusion-là ?! Demanda la jeune femme, effarée.
- Tu as le plaisir de t'adresser à George Weasley, répondit Ginny avec une moue dégoûtée, tout est question de sexe avec lui…
- Sœurette enfin, c'est mal me juger, argua George en passant un bras autour de la petite rousse. Mais regardez-moi ça, enfin ! Des joues rosies de plaisir, une chevelure bouclée et souple, un sourire qui lui dévore le visage, les yeux qui pétillent… Non, je vous le dis, cette jeune femme a succombé aux plaisirs de la chair !"
Tandis qu'Harry, Ron et Fred repartaient en fou rire face à l'acharnement du frère aîné, Hermione haussa un sourcil en sa direction puis déclara :
"Tu as raison, George, mes félicitations."
Ron s'étouffa avec son café tandis qu'Harry renversait sa tartine dans son bol. Sirius déglutit et regarda Hermione avec appréhension. Le moment était-il déjà venu de leur avouer la teneur de leur relation ?
Mais Hermione fit un sourire digne du chat de Cheshire et passa une main délicate dans le cou de Ginny.
" Il fallait bien leur dire à un moment, ma douce…" , susurra-t-elle à son amie d'une voix suave.
La petite rousse éclata de rire, entraînant Hermione avec elle tandis qu'Harry et les Weasley les fixaient avec des yeux ronds.
" C'est… C'est pas vrai, hein ? Balbutia Ron, son regard alternant entre sa sœur et sa meilleure amie.
- Ce qui se passe dans la chambre des filles… , commença Ginny.
- Reste dans la chambre des filles, conclut Hermione avec le même sourire entendu.
- Sirius ! Qu'est-ce qui t'a pris de les réunir toutes les deux ?!", s'exclama Fred en se tournant vers l'animagus.
Ce dernier éclata de rire mais n'ajouta rien. Son regard n'avait de cesse d'observer Hermione qui riait à gorge déployée. Elle était magnifique. Elle le regarda à son tour avec tendresse. La jeune femme n'avait qu'une hâte : saluer le grand brun avec toute l'attention qu'elle souhaitait lui porter. Sirius comprit ce à quoi elle pensait, et son sourire s'accentua. Il avait eu envie de la prendre dans ses bras et de l'embrasser dès l'instant où elle avait franchi le pas de la porte. Mais il était aussi joueur. Et l'idée de la faire patienter un peu plus que nécessaire l'amusait. Il esquissa un discret clin d'œil dans sa direction et se reporta à Ron et Harry en grand débat animé sur le Chemin de Traverse. L'assemblée conclut qu'ils se rendraient dans deux jours sur le fameux passage magique pour acheter tout ce dont ils avaient besoin pour leur rentrée prochaine.
o O o
Alors que le déjeuner s'attardait, la patience d'Hermione, elle, s'égrenait. Tout le monde était encore à table et elle n'avait pas encore pu esquisser un rapprochement vers Sirius. Tout son corps était à l'affut, traquant le moment fatidique où elle pourrait l'approcher et l'embrasser de tout son cœur. Ses ongles venaient taper discrètement le rebord de la table. Hermione remarquait toutefois que Sirius vivait cette distance avec calme et sérénité. Rien ne semblait pouvoir le départir de son sourire confiant. La jeune femme fixait ses lèvres ourlées, divines tentatrices, qui l'avaient emmenée loin, bien loin de la surface terrestre… Mais elle avait beau le fixer encore et encore, l'animagus restait de marbre. De temps en temps, son regard vagabondait de son côté mais ne s'y attardait jamais. Hermione avait pourtant espéré le faire réagir en arrivant la dernière, et parée d'une robe fantastique. Elle s'était réveillée aux aurores mais s'était interdit de descendre la première, pour créer une frustration chez Sirius. Force était de constater qu'après ces efforts, la jeune gryffondor était la seule victime de son stratagème.
N'y tenant plus, Hermione se leva avec vivacité et déclara :
" Je vais aller faire un tour dans le jardin, merci pour ce déjeuner !"
Puis elle partit en trombe, sans un regard en arrière. Elle n'eut ainsi pas le temps de voir le sourire de Sirius s'accentuer davantage.
Hermione s'apprêtait à pénétrer dans le jardin lorsqu'une main la rattrapa. Elle se retourna vivement pour faire face à un Sirius amusé.
"Alors ? On ne me dit pas bonjour ?", demanda-t-il, taquin.
Les yeux de la belle brune s'écarquillèrent tandis que sa bouche formait un -o- outré.
" Bonjour ?! Mais c'est toi qui , s'écria-t-elle, avant de voir son interlocuteur éclater de rire.
- Oh toi…", menaça-t-elle en se saisissant de la chemise de son partenaire pour mieux combler la distance entre eux.
Elle plaqua vivement ses lèvres sur les siennes, pour le plus grand plaisir de Sirius. Celui-ci referma automatiquement ses bras contre elle et répondit à son baiser. Hermione se sentit fondre contre les ardeurs du grand brun et accentua leur étreinte. Elle s'adossa contre la porte menant au jardin, gardant tout contre elle le corps de son partenaire. Sirius posa une main contre la porte, à hauteur de la tête de la jeune femme. Il profitait avec délectation du baiser de la jeune femme, se laissant aller contre les assauts de celle-ci. Ils finirent par se séparer et reprendre leur souffle. Tous deux s'observèrent avec amusement.
" Tu es impossible, murmura la jeune femme avec un sourire narquois.
- Tu ne me voudrais pas autrement", répondit le grand brun avec le même sourire.
Hermione émit un feulement de rire et laissa vagabonder sa main contre le torse de l'animagus. Elle sentit les battements désordonnés de son cœur et esquissa une moue satisfaite.
" Quel est le programme alors ? Demanda-t-elle en relevant les yeux vers lui.
- Profiter de cette chaleur d'été et de ce soleil radieux pour s'enfermer à double tour dans la bibliothèque, tout volet fermé ?"
La jeune femme lui donna un vif coup sur l'épaule, sans se départir de son sourire. Sirius était décidément en pleine forme. Il passa une main sur le visage de la jeune femme et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille.
" Ce que tu veux, cette matinée est à toi , répondit-il plus sérieusement avec un sourire tendre.
- Je suis pour une matinée lecture, mais dans le jardin. Pourquoi diable s'enfermer à double tour quand il y a un soleil si radieux ? Le contra – t- elle avec amusement. Cette façon qu'il avait de la regarder maintenant la damnait.
- Je te suis, trésor."
Hermione installa un large plaid dans le jardin tandis que Sirius partait à la recherche des derniers ouvrages qu'ils avaient lu. Il revint quelques instants plus tard avec les livres sous le bras. La jeune femme était allongée sur un côté du plaid, les bras croisés sous sa tête. Sa chevelure s'éparpillait en cascades brunes sur tous les côtés. Sirius resta debout, la contemplant longuement. Hermione avait les yeux fermés, un sourire satisfait sur le visage. Sa poitrine se soulevait légèrement à chaque inspiration. Vérifiant que personne n'était derrière lui, le grand brun se pencha lentement pour déposer un baiser fugace sur les lèvres de la jeune femme. Hermione voulut l'attirer à lui mais Sirius protesta, dans un éclat de rire.
" Mais que faites-vous donc Miss Granger ?
- Je m'assure que vous n'alliez nulle part, Mr Black", répondit cette dernière sans ouvrir les yeux mais en raffermissant sa prise.
Sirius rit de nouveau et se laissa entraîner sur le plaid. Il sentit le corps de la jeune femme rouler sur lui et fut plus que ravi de se laisser faire. Hermione ouvrit les yeux pour contempler l'homme qu'elle avait sous elle. Son sourire s'accentua tandis qu'une de ses mains venait prendre la paire de lunettes bleues teintées qu'il portait. Elle les mit sur son nez et demanda :
" Des lunettes de vue ?
- Non, simplement une paire en cas de journées chaudes et radieuses comme celles-ci", rétorqua le brun, admirant la jeune femme.
Hermione contempla un Sirius rendu bleu par les verres de contact puis redressa ses lunettes sur son front.
" Ça me rassure, tu as encore quelques années avant la sénilité, glissa-t-elle avec amusement.
- Je ne te permets pas", lança le grand brun en un éclat de rire, reprenant son dû.
Il sentit les secousses de rire de la jeune femme contre lui et raffermit sa prise contre son corps. Hermione était un poids délicieux à porter. Ses mains s'attardèrent sur la taille de la sorcière et il sentit avec délectation le fin frémissement de sa poitrine contre lui. Hermione semblait elle-aussi vivement apprécier ce contact entre leurs deux corps. Elle passait sa main gauche dans les cheveux du grand brun, emmêlant doucement ses doigts dans ses mèches ondulées. Sirius aurait aimé rester ainsi plus longtemps mais il sentit que son corps réagissait avec trop d'entrain à cette proximité physique. Avant de trahir le moindre désir, il fit basculer doucement la jeune femme qui s'allongea de nouveau sur le plaid. Face au regard équivoque d'Hermione, Sirius répondit :
"Les autres arrivent."
Et effectivement, quelques secondes plus tard, Ginny et Ron arrivèrent dans le jardin, avec un jeu de cartes. Hermione se redressa et s'éloigna légèrement de Sirius pour ne pas attirer les soupçons.
" Vous voulez nous rejoindre ? Proposa Ron en levant un paquet de cartes dans leur direction.
- Merci Ron mais je vais m'en tenir à la lecture ce matin, répondit Sirius en brandissant son exemplaire.
- Même chose Ronald, mais vous pouvez vous installer ici, il y a encore de la place", ajouta Hermione en leur désignant le coin du jardin où étaient entreposées les chaises.
Le frère et la sœur Weasley s'installèrent avec enthousiasme près d'eux et débutèrent une partie tandis que Sirius et Hermione reprenaient leur lecture, non sans s'adresser çà et là des regards amusés.
La matinée défila en un éclair pour la compagnie. Alors qu'ils se reposaient paisiblement au soleil, Sirius, Hermione et les Weasley entendirent une voix familière les appelant à la fenêtre :
" Venez manger les enfants !"
Ron se redressa vivement en reconnaissant la voix de sa mère et aida Ginny à se relever. Seuls Sirius et Hermione semblaient vouloir profiter encore des rayons délicieux du soleil.
"Ne tardez pas trop, les « enfants » , gloussa Ginny en quittant le jardin, vous risquez de vous retrouver sans rien !"
Ils attendirent que les Weasley soient hors de leur champ de vision avant de reposer leur livre respectif. Hermione envoya une œillade entendue à Sirius qui se rapprocha d'elle pour l'embrasser. La jeune femme bascula pour se retrouver de nouveau allongée sur lui et approfondit leur baiser, insérant sa langue contre celle de son partenaire. Sirius plaqua une main contre le bassin de la belle brune pour intensifier leur étreinte. Hermione esquissa un gémissement sous les caresses du grand brun. Elle sentait le délicieux frottement de leurs corps électriser son cœur et échauffer son sang. Elle se cramponna davantage à lui, souhaitant se perdre dans ce tumulte sensuel. Sirius accueillait cette friction avec la même envie, accentuant le ballet de ses baisers. De nombreuses minutes s'écoulèrent avant qu'ils ne se séparent à regret, pour reprendre leur souffle. Sirius se perdit dans les prunelles dilatées de la jeune femme qui le contemplait avec désir.
" Tu vas me rendre fou…" , murmura-t-il dans un souffle.
Hermione esquissa un sourire radieux.
" Si tu savais comme c'est réciproque", lui avoua-t-elle en se relevant à regret. Elle tendit une main qu'il attrapa et tous deux se dirigèrent dans la maison, encore euphoriques de leur échange.
Molly et Arthur Weasley étaient de retour au square Grimmaurd et installaient le repas du midi. Tout le monde était déjà à table et les discussions allaient de bon train.
" Molly, Arthur, les salua Sirius avec un sourire, bon retour parmi nous.
- Merci Sirius", répondit le patriarche Weasley. Il portait son éternel sourire chaleureux mais l'animagus remarqua qu'il avait les traits fatigués.
Molly s'installa en bout de table et toute la compagnie commença à déjeuner. Les jumeaux Weasley demandèrent des nouvelles du front mais leurs parents restèrent assez évasifs. Ginny les remercia intérieurement pour cela. Le square Grimmaurd était une sorte de cocon protecteur, qui les mettait à l'écart de toutes les atrocités commises ces derniers jours et elle aurait aimé qu'il en soit toujours ainsi. Comme si elle avait lu dans ses pensées, Mrs Weasley posa une main affectueuse sur la sienne. Ginny sourit bien vite et répondit à son étreinte.
" Quels sont les membres qui ont répondu présents pour ce soir ?" Demanda au bout d'un moment Arthur en se tournant vers Sirius.
Tous les regards convergèrent vers lui, certains sérieux, d'autres enthousiastes. Hermione le regarda avec intérêt, se demandant pourquoi Sirius ne l'avait pas prévenu de cette nouvelle réunion de l'Ordre.
" Rémus et Tonks ont répondu à l'appel. Kingsley est retenu au Ministère mais il enverra Maugrey prendre les dernières nouvelles. Dumbledore est pour le moment, injoignable.
- Je ne sais quand nous aurons l'occasion de le revoir, commenta Arthur en faisant tourner sa fourchette dans son assiette.
- Il doit être encore parti pour une de ses expéditions dont il a le secret, éluda Molly. La matriarche Weasley avait définitivement abandonné l'idée de tenir ses enfants au secret concernant l'Ordre.
- Je choisis d'y voir un signe positif, reprit Sirius en resservant un verre aux époux Weasley. S'il n'intervient pas ici, c'est que tout se déroule selon son plan.
- C'est optimisme venant de ta part, Sirius", commenta Molly avec un sourire bienveillant.
Le regard de Sirius se dirigea vers Hermione et cette dernière rougit légèrement. Il esquissa un fin sourire et répondit :
" Disons que je m'essaye à une nouvelle perspective… "
Ginny ne manqua pas de sourire à cette réplique et relança le sujet du Chemin de Traverse. Ses parents acquiescèrent quant à l'idée de passer la journée là-bas et le groupe se mit d'accord sur les diverses modalités de leur sortie.
o O o
Quelques temps après que la compagnie ait quitté la cuisine, Sirius déambulait dans la maison, à la recherche d'Hermione. Il finit par trouver celle-ci accoudée contre le petit muret du jardin, observant Ron et Harry faire des entrainements sur leurs balais. Ron avait emprunté un vieux balai qui avait appartenu à George lors de sa première qualification dans l'équipe de Gryffondor. Tous deux se lançaient un souafle et s'essayaient à diverses figures. Hermione les regardait avec amusement, bien contente d'avoir les deux pieds au sol. Elle détestait voler. Lorsqu'elle vit arriver Sirius, elle se décala légèrement pour lui laisser la place de se poster contre le muret, à côté d'elle.
" Ils deviennent bons, ces deux-là, commenta Sirius en levant les yeux vers son filleul.
- Ron veut intégrer l'équipe de Quidditch, l'année prochaine, expliqua Hermione. Harry lui montre un peu les bases, même s'il a des connaissances là-dedans.
- J'espère qu'il y arrivera, répondit Sirius avec un sourire pour le jeune Weasley qui tentait de lancer le Souafle le plus fort possible.
- Tu as été membre de l'équipe ?" Demanda Hermione en le regardant à présent.
Sirius émit un feulement de rire.
" J'ai été retenu en première phase mais je n'ai jamais dépassé la sélection, confia-t-il, amusé.
- Pourquoi ?"
Le grand brun se pencha légèrement vers Hermione et murmura :
" Disons que j'ai préféré rester sous les draps avec une certaine demoiselle plutôt que d'aller affronter l'extérieur et le match amical de maisons."
Hermione eut peine à ne pas s'esclaffer.
" Tu es sérieux ?! Demanda-t-elle, en secouant machinalement la tête.
- Depuis ma naissance", lança-t-il avec une œillade entendue.
La jeune femme leva les yeux au ciel en croisant les bras.
" Je n'y crois pas… Sirius Black, dans toute sa splendeur…
- Dis-moi que tu n'aimes pas ça, répliqua ce dernier avec son éternel sourire enjôleur.
- Et comment le saurais-je ?", répliqua la jeune brune du tac au tac.
Sa franchise le fit hausser d'un sourcil. Puis son sourire s'accentua et il prit discrètement sa main dans la sienne avant de la ramener à l'intérieur de la maison. Hermione sentit ses joues virer au cramoisi tandis qu'elle se laissait mener dans le couloir. Elle n'avait pas lancé cette bravade dans le but de le provoquer mais elle était quelque part très impatiente de voir sa réponse.
Tous deux montèrent à l'étage et se dirigèrent vers la bibliothèque. Sirius vérifia que personne ne les suivait puis ferma la porte derrière la jeune femme. Il lança alors un Silencio contre la paroi de la pièce et se retourna vers Hermione. Celle-ci était adossée contre une étagère, souriante mais fébrile :
"Qu'est-ce que tu mijotes ? Demanda-t-elle.
- Je suis un homme de parole Hermione, lui répondit-il en s'approchant d'elle jusqu'à ce qu'il arrive à sa hauteur. Laissant un mince espace entre elle et lui, il ajouta :
- Et on a encore plein de choses à se dire, toi et moi. "
Le rire d'Hermione s'étrangla dans sa gorge en entendant les mots de Sirius. Son cœur battait la chamade et elle avait bien du mal à garder son calme devant la posture prédatrice du grand brun. Ce dernier scruta de haut en bas la jeune femme et accentua son sourire espiègle. Puis il se pencha vers ses lèvres. Hermione attendit l'étreinte salutaire mais elle ne vint pas. Ouvrant les yeux, elle constata que Sirius était penché tout contre elle mais gardait une infime distance entre eux. Son regard détaillait la moindre parcelle de son visage, avec amusement. L'une de ses mèches de cheveux tombait devant ses yeux ténébreux. Hermione comprit alors toutes les rumeurs circulant au sujet de Sirius Black : quand il s'en donnait la peine, il pouvait réellement être un homme irrésistible. La jeune femme ne résista pas longtemps au manège du beau brun et s'exclama avec frustration :
"Tu es infernal…"
Puis elle l'entoura de ses bras pour ne pas qu'il s'échappe et l'embrassa avec passion. Sirius esquissa un rire plus amusé encore et répondit à son étreinte. Tous deux s'embrassèrent passionnément, se pressant davantage contre l'étagère de la bibliothèque. Les sens d'Hermione étaient envahis par le contact de son partenaire. Elle se noyait dans le parfum qu'il dégageait, un mélange de nicotine, de parchemin froissé et de quelque chose de plus sauvage. La jeune femme plaça ses mains contre le bassin du grand brun et accentua leur étreinte, retrouvant cette friction familière et salutaire. Sirius gémit contre les assauts de la jeune femme et prit son visage dans ses mains. Il caressa le contour de ses joues, pour mieux imprimer son visage dans sa mémoire. La danse endiablée de leurs lèvres reprit une fois de plus et la bibliothèque fut bientôt peuplée de leurs gémissements.
Sirius se détacha d'elle au bout de quelques minutes, ses yeux scannant l'étincelle de ses prunelles. Sans un mot, il fit balader ses doigts contre le visage de la jeune femme et caressa lentement ses lèvres. Hermione frémit sous son toucher et son corps se tendit davantage contre lui. Sirius eut un feulement de rire et passa sa langue sur ses lèvres.
" Toutes ces choses que je rêve de te faire… , murmura-t-il dans un souffle.
- Pourquoi s'en priver ?", demanda Hermione avec empressement.
Puis elle reprit l'ascendant et l'embrassa de nouveau. Sirius répondit à son étreinte, son bras droit reposant contre son bassin pendant que le gauche prenait appui sur le rebord en bois de l'étagère. Hermione noua ses bras autour de son cou, explorant davantage les lèvres et le corps de son compagnon. Elle gémit en sentant une vague de plaisir déferler contre elle à mesure que les frictions de leurs corps s'accentuaient. Ces frissons étaient enivrants mais ils n'étaient pas assez pour la jeune femme. Sirius le comprit assez vite et se détacha à regret d'elle pour mieux la contempler.
Hermione avait le visage empourpré et les lèvres rougies. Ses prunelles n'étaient plus qu'un puits insondable dans lequel il était bien heureux de basculer. Mordillant légèrement sa langue, il garda son bras gauche immobile pendant que le droit remontait sur son visage. Il dessina le contour de ses lèvres puis descendit dans le cou, envoyant des frissons contre sa peau. Hermione le regardait faire, hypnotisée. Ses doigts faisaient preuve d'une incroyable douceur malgré leur callosité. Sirius fit voguer sa main contre le cou de la jeune femme et descendit petit à petit à la naissance de sa poitrine. Sa robe blanche laissait entrevoir un début de décolleté qu'il mourrait d'envie d'explorer. Il fixa ses prunelles ténébreuses à elle, attendant son signal. Hermione avait le cœur qui battait la chamade et esquissa un bref signe de tête. Sirius sourit puis effleura comme un souffle le décolleté de la jeune femme. Elle frémit sous la douce et passagère caresse. Le beau brun s'engagea sur le chemin des épaules et avec une lenteur atroce, fit glisser la bretelle de la robe jusqu'à ce qu'elle laissa apparaître une esquisse de dentelle rouge. Son sourire s'accentua à la vue du sous-vêtement. Avec la même lenteur, il descendit la seconde bretelle de la robe qui ne manifesta aucune résistance. Hermione sentit le haut de la robe glisser contre sa poitrine et s'arrêter au niveau de ses hanches. Elle resta immobile, les bras le long du corps, contemplant Sirius avec un désir ardent.
Sirius se plongea dans le regard enflammé de la jeune femme et s'approcha lentement d'elle pour se saisir de nouveau de ses lèvres. Leurs langues s'approchèrent, se mêlèrent et se joignirent dans un ballet infernal. Les mains de Sirius se posèrent contre l'abdomen de la jeune femme et maintinrent leur prise. Sa peau était douce et chaude, et parcourue de mille et un frissons. Hermione se cambra davantage contre le corps de son partenaire. Sirius gémit une nouvelle fois, son souffle se faisant plus rare. Il laissa une main sur le ventre d'Hermione tandis qu'une autre remontait au niveau de son soutien-gorge. Ses doigts caressèrent avec dextérité le morceau de dentelle rouge, arrachant des gémissements à celle qui le portait. Sirius sentit avec ravissement un durcissement contre ses doigts experts. Il continua à caresser la forme ronde et accueillante qu'il avait contre lui. Son autre main vint s'occuper de son sein qu'il caressa avec la même intensité que le premier. Hermione soupirait sous les assauts mesurés de son partenaire. Sirius lui prodiguait des caresses lentes mais intenses qui mettaient tous ses sens en émoi. Elle rêvait qu'il accentue la pression encore et encore, jusqu'à ce qu'elle atteigne une forme de libération. Mais il veillait à garder cette tension, jamais trop puissant mais toujours tentateur.
" Sirius… , murmura-t-elle au bout d'un moment, ses lèvres se détachant des siennes.
- Oui trésor ? , demanda-t-il, enfouissant son visage dans les boucles désordonnées de la jeune femme. Le parfum d'Hermione serait sa mort.
- Ne t'arrête pas…" , répondit-elle en un souffle, prenant appui de ses mains contre l'étagère pour se cambrer davantage contre lui.
Sirius réprima un grognement lorsqu'il sentit la cambrure de son bassin contre le sien et reprit son office. Sa main droite vint se saisir avec plus de force de son sein gauche, son pouce appuyant légèrement contre le bouton érigé de la jeune femme. Hermione entendit un cri étranglé, et comprit que c'était elle. Son corps se redressa davantage afin d'inviter Sirius à continuer. Ce dernier s'en fit un plaisir et, tandis que sa main gauche s'aventurait contre la cuisse de la jeune femme, la maintenant contre lui, la droite vint descendre d'un geste vif la bretelle de soutien-gorge. Hermione descendit elle-même l'autre bretelle en dentelle et libéra sa poitrine. Sirius eut une seconde d'immobilité, le temps de prendre conscience de ce qu'il avait devant les yeux. Les seins de la jeune femme étaient à présent devant lui, les globes dressés contre sa paume, désespérés à l'idée d'être touchés. Il en prit un en main et se mordit intensément la lèvre inférieure en succombant au toucher et à la douceur de cette peau. Sirius coinça ce bouton délicat entre deux doigts et le fit rouler lentement, arrachant des gémissements langoureux de la part de la jeune femme. Hermione quant à elle essayait d'accentuer les frictions de leurs sexes par tous les moyens, malgré les vêtements superflus dont ils étaient encore embarrassés. Elle eut bien des difficultés à rester concentrée sur le rythme de son bassin lorsque Sirius se saisit de son deuxième sein et lui administra les mêmes caresses. Elle sentait un feu intarissable au creux de ses reins et espérait ne pas en voir la fin. Lorsque les lèvres de Sirius effleurèrent sa poitrine, elle hoqueta de plaisir. Il renouvela sa caresse et Hermione abandonna toute raison. La jeune femme n'écoutait plus que son corps qui se tordait de plaisir devant les efforts du grand brun. Sirius laissa sa langue dériver contre le bourgeon érigé et entendit le gémissement sonore de sa compagne. Il donna un nouveau coup de langue à l'exact endroit puis la laissa caresser encore et encore la poitrine tentatrice de la jeune femme. Elle était merveilleuse et répondait à chaque frôlement avec une incroyable sensibilité. Ses mains se firent plus empressées contre la poitrine d'Hermione, la malaxant encore et encore, à mesure qu'il perdait pied. Si Sirius était parvenu à garder un calme relatif au début de leur étreinte, le frottement répétitif du bassin d'Hermione contre lui, sa poitrine découverte, et ses plaintes étouffées, le rendaient fou. Il ne put retenir bien longtemps ses gémissements et rejoignit la jeune femme dans ce torrent de sensations. Alors que les mains de celle-ci se dirigeaient vers sa ceinture, Sirius eut un vif soubresaut et remonta son visage contre celui d'Hermione.
" Attends…", murmura-t-il, le souffle rauque.
Hermione leva les yeux vers lui et laissa retomber sa main contre elle.
" Tu ne veux pas ?" Demanda-t-elle, ne reconnaissant pas cette voix grave et empressée comme étant la sienne.
Sirius étouffa un rire enroué et posa sa main contre son visage.
" Je crois que tous les signaux tendent à montrer que si", répondit-il en lançant un regard entendu à Hermione.
Cette dernière se mordit la lèvre inférieure, sentant le délicieux frottement de leurs corps et l'envie très apparente de son partenaire.
" C'est juste que… Je veux profiter un maximum de ça", expliqua le beau brun en passant une main délicate contre l'abdomen de la jeune femme.
Hermione frémit contre son toucher.
" Y aller étape par étape…" , prononça-t-elle avec difficulté, tentant de réprimer le cri de son corps.
Sirius accentua son sourire.
" Je n'ai pas envie de le faire de façon empressée… Je veux savourer chaque moment que l'on vit comme ça, toi et moi… Si, évidemment, tu es d'accord toi aussi."
Le grand brun ponctua sa remarque en haussant un sourcil. Sa main était toujours posée contre son abdomen, immobile. Hermione sonda ses prunelles. Elle comprit qu'il lui laissait entièrement le choix de l'avancée de leur relation. Elle pouvait choisir de plonger dans ce délice sans fin qu'était leur étreinte ou laisser perdurer ces moments d'intimité.
" Tout mon corps me crie de te saisir sur le champ mais je suis d'accord … , avoua-t-elle en hochant la tête.
- Et tu me saisiras tout entier, n'en doute pas, répondit Sirius en laissant papillonner ses doigts contre la peau de la jeune femme, lui arrachant des soupirs, je ne vais nulle part."
Hermione éclata d'un rire haché et posa une main contre le torse de son partenaire.
"C'est tellement… Fou. De t'avoir comme ça", murmura la jeune femme avec émotion.
La main de Sirius se posa délicatement contre le menton d'Hermione et la fit poser les yeux vers lui. Elle se perdit dans ce déluge de tendresse et d'envie.
" Tu n'imagines pas ce que tu me fais ressentir… " , lui répondit-il dans un souffle.
Puis il l'embrassa langoureusement. Hermione sentit leur corps se réveiller de nouveau à mesure que leur étreinte durait mais profita simplement des lèvres tentatrices de Sirius. Ils se relâchèrent après quelques instants. Le souffle court, Sirius posa ses mains contre la poitrine d'Hermione et remit son soutien-gorge à sa place, effleurant au passage la courbe avantageuse de ses seins. La jeune femme soupira mais lança un regard narquois à son compagnon :
"Tu as dit étapes par étapes", dit-elle avec un ton circonspect.
L'éternel sourire en coin de Sirius fit son apparition.
" Désolé… Trop tentants", glissa-t-il avec espièglerie.
Puis il l'aida à remettre les bretelles de sa robe blanche.
"Ça a marché, tu sais… Reprit-il alors qu'il se retournait légèrement vers la porte de la bibliothèque.
- Qu'est-ce qui a marché ? Demanda Hermione qui mettait de l'ordre dans sa chevelure et inspirait un grand coup pour chasser la fébrilité de son corps.
- Ton entrée de ce matin", glissa-t-il avec espièglerie, son visage se retournant vers elle pour lui faire un clin d'œil.
Le visage d'Hermione s'empourpra devant le trait d'esprit de l'animagus.
" Tu le savais ! Espèce de… " , s'écria-t-elle, en se lançant à sa poursuite.
Sirius éclata de rire et se laissa bien volontiers plaquer contre la porte de la bibliothèque, ses lèvres tout contre celles de la jeune femme.
o O o
L'après-midi défila en un éclair après cette parenthèse bien heureuse entre les deux amants. Les membres de l'Ordre arrivèrent peu à peu en début de soirée, tandis que les adolescents étaient une fois de plus relégués à l'étage. Hermione en profita pour discuter longuement avec Ginny sur ce qu'elles attendaient toutes les deux de l'année scolaire à venir. Les jumeaux s'enfermèrent à double tour et avancèrent leurs recherches de méfaits en tout genre.
Rémus arriva le dernier sur place et rejoignit ses compagnons déjà attablés dans la cuisine. Sirius le salua d'un sourire en coin et l'invita à prendre place, en face de lui. En saluant tour à tour les membres de l'assemblée, Lupin tiqua une fois arrivé au niveau de Sirius. Il remarqua que l'empreinte olfactive de son camarade n'était pas comme d'habitude. Au grand damne de Rémus, la transformation qu'il avait subi étant enfant lui avait relégué des caractéristiques inaltérables, dont celle de reconnaître l'odeur de ses camarades. Cela avait beaucoup amusé les Maraudeurs durant leurs jeunes années de Poudlard. Rémus, lui, n'y voyait là encore qu'une bizarrerie de plus à ajouter à sa collection.
Le loup-garou fronça légèrement les sourcils à cette découverte mais n'eut pas le temps de s'y intéresser davantage car la réunion de l'Ordre débuta. Tous les membres échangèrent sur les dernières nouvelles du front. Ils mirent en place un plan de surveillance à mettre en place dès la rentrée scolaire d'Harry et de ses camarades. Toute l'assemblée était bien consciente que le temps et les alliés jouaient pour le moment contre eux. Ce fut avec une mine assez sombre que se conclurent les échanges des membres. Maugrey ne resta pas à Grimmaurd : il repartit par voie de cheminée pour mettre Kingsley au parfum sur les démarches à suivre. Tonks resta à table pendant qu'Arthur lui versait un verre. Il en proposa un à Remus qui accepta d'un bref signe de main. Voyant la fatigue apparente de son camarade, Sirius se leva de table et le rejoignit au coin de la cuisine.
" Qu'est-ce qui ne va pas Lunard ? , demanda-t-il en posant une main sur l'épaule du loup-garou.
- Beaucoup de nuits sans sommeil", répondit ce dernier en soufflant longuement.
Sirius hocha longuement la tête.
"Tu sais que la porte est toujours ouverte. Il y a encore suffisamment de place ici.
- Je le sais Patmol… , murmura Lunard en se retournant vers son ami. Mais j'ai bien peur de ne trouver l'apaisement ni ici, ni chez moi…"
Les deux hommes se faisaient face, leurs yeux marqués par les difficultés quotidiennes auxquelles ils faisaient face. Sirius sentait bien le désarroi chez son ami de toujours et avait toutes les peines à trouver une solution pour que celui-ci reste en sa compagnie. Rémus fronça de nouveau les sourcils en inspirant longuement.
" Sirius, tu vois quelqu'un en ce mom…"
Mais le grand brun fut coupé par l'arrivée impromptue en un « pop » des jumeaux.
" Freddie et Georgie ! S'exclama leur mère, en s'approchant vivement d'eux.
- À votre service ! Assura George en donnant une pichenette sur son épaule.
- Je vous ai dit cent fois de ne pas transplaner d'une pièce à l'autre de la maison !
- C'est vraiment plus pratique qu'un simple escalier, se défendit Fred en haussant les épaules.
- Les garçons, écoutez votre mère", ponctua Mr Weasley, tendant deux verres à Sirius et Rémus.
Ces derniers les prirent en remerciant Arthur d'un signe de tête et burent en silence. L'assemblée dégusta un premier verre dans une ambiance tendue. Si la règle d'or était de ne pas ramener les soucis de l'Ordre au sein de leur foyer, il était bien difficile de l'appliquer en ces occasions-ci. Alors qu'il terminait le sien, Sirius annonça qu'il allait chercher le reste de la bande. Pendant ce temps-là, Arthur et Fred se mirent aux fourneaux pour préparer à manger. Tonks et George préparèrent la table, s'essayant au tournoiement hasardeux d'assiettes lorsque les parents Weasley avaient le dos tourné.
La cuisine vint bientôt accueillir Harry, Ron, Hermione et Ginny. Harry donna une accolade chaleureuse à Rémus qui y répondit, son sourire las ne quittant pas ses lèvres. Ginny et Hermione embrassèrent Tonks et s'installèrent à table. Sirius et Arthur se mirent en bout de table pour aider au service, et furent rejoints par Harry. Rémus se plaça ainsi entre Molly et Hermione. Les jeunes filles étaient déjà en vive discussion et il n'osa pas intervenir. Mais quelque chose se rappela alors à lui… Fronçant les sourcils, le grand brun eut la désagréable impression de retrouver une odeur familière. Il fut coupé dans ses pensées par Sirius et Arthur assurant le service. Toute la compagnie mangea dans une relative quiétude. Les discussions allaient bon train, sauf pour Rémus qui ne répondait que par bribes. Sirius lui lançait de temps en temps des regards inquiets. Puis, lorsque le diner fut terminé, le loup-garou comprit brusquement. Il eut une révélation lorsque Hermione se pencha vers lui pour lui proposer une bouilloire fumante de thé épicé. A travers les volutes de la boisson chaude, il reconnut distinctement l'odeur que Sirius portait tout à l'heure. Le regard de Rémus se perdit dans la contemplation des mains d'Hermione. Il se pencha imperceptiblement pour en avoir la confirmation. Il n'y avait pas de doute : Sirius portait le même parfum qu'Hermione. Et, au comble de son effroi, Rémus remarqua que le corps de cette dernière était parcouru par les fragrances reconnaissables entre mille de son meilleur ami.
Le visage du loup-garou devint cireux. Ses yeux alternèrent entre son meilleur ami et la jeune fille. Sirius remarqua le trouble de son camarade et le regarda à son tour. Voyant le visage de ce dernier se décomposer, l'animagus blêmit. Il avait compris… Rémus avait compris.
Le loup-garou planta son regard dans le sien et ne se détourna pas. Sirius y lut toute la stupeur de cette découverte, l'aberration, mais aussi l'indignation de son camarade. Il voulut prendre la parole, s'empresser de s'expliquer mais la voix d'Hermione vint rompre l'échange visuel tendu entre les deux hommes.
" Rémus ?"
Ce dernier tourna vivement les yeux vers elle. Hermione sursauta devant l'intensité de son regard. Il paraissait hors de lui. Le regard du loup-garou se planta sur elle puis sur la théière qu'elle désignait du bout du bras.
" Non, répondit-il d'une voix rauque. Merci. Je crois que j'en ai assez vu."
Puis il se leva brusquement de la table, provoquant la surprise de la troupe. Alors qu'il se dirigeait vivement hors de la cuisine, Sirius se leva dans un même élan en s'écriant :
" Lunard !"
L'assemblée, stupéfaite, regarda partir à son tour Sirius en trombe. Il claqua d'un coup sec la porte derrière lui, faisant sursauter la moitié des compagnons.
" Qu'est-ce qui leur prend ?", demanda Ron en haussant les sourcils.
o O o
Rémus avait déjà ouvert la porte de l'entrée lorsque Sirius déboula comme une flèche dans le couloir.
"Lunard, attends !"
Rémus se retourna vivement pour faire face à son ami. Il était furibond. Sirius tint bon et relança :
" Viens dans la bibliothèque…"
Le loup-garou sembla hésiter quelques secondes. Puis, sans un mot, il dépassa l'animagus et se rua à l'étage, ouvrant à la volée la porte de la bibliothèque. Sirius se mordit la lèvre supérieure puis prit une inspiration et se lança à sa suite. Il ferma consciencieusement la porte derrière lui. Rémus faisait les cent pas dans la pièce, fébrile.
" Tu peux me dire de quoi il s'agit ?" Dit-il enfin, la voix obstruée par la colère.
Sirius ferma les yeux pendant une seconde et répondit en un souffle :
" Assieds-toi.
- N'essaye pas de gagner du temps Patmol, j'espère que tu as une bonne explication à me livrer ! Relança Rémus en continuant ses allers et retours frénétiques.
- Ce que tu peux être têtu quand tu t'y mets… , soupira Sirius avec exaspération.
- Moi ?! C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Scanda-t-il en éclatant d'un rire sans joie.
- D'accord, d'accord… , concéda le grand brun en s'adossant contre le mur. Rémus, je t'assure, ça paraît fou comme ça mais on est tout à fait sur la même longueur d'onde avec…"
Rémus pila net et fit un bond en direction de Sirius, pointant un doigt accusateur face à lui.
" Je t'arrête tout de suite ! Je ne veux pas entendre la suite de cette phrase !"
Sirius sursauta devant les cris de son ami. Il n'avait pas imaginé qu'il puisse se mette dans un tel état.
" Rémus, je…
- Putain mais à quoi tu pensais Sirius ?! S'exclama Rémus qui sentait la fureur monter en lui. Qu'est-ce qui t'est passé par la tête ?! Elle est mineure par Merlin !"
Le grand brun déglutit. Il ne parvenait pas à faire face à un Rémus dans cet état-là. Cela faisait bien longtemps qu'ils n'avaient pas eu une dispute de ce genre. Il chercha ses mots et passa une main maladroite à l'arrière de son crâne.
" Je sais à quoi ça ressemble mais ça n'est pas du tout ça…
- Pas du tout ça ? Alors comment tu expliques que je parvienne à flairer son odeur sur toi et inversement ?! Vociféra Rémus qui restait planté face à son ami.
- Je… C'est arrivé il y a deux jours. On ne l'avait pas prévu ni elle, ni moi. C'est arrivé, c'est… C'est tout.
- Comment est-ce que tu peux balancer ça sérieusement ?! « C'est arrivé, c'est tout ». Mais nom de nom Patmol, Hermione n'est encore qu'une adolescente ! Comment est-ce que tu peux t'imaginer qu'elle soit consentante ?! S'insurgea le loup-garou en levant les yeux au ciel.
- Merlin mais on parle d'Hermione là ! Elle est beaucoup plus mature et responsable que la majorité de notre assemblée en bas ! Se défendit Sirius en haussant le ton. Il était dévasté que l'échange parte si mal entre eux.
- À tes yeux ! Pour le reste, ça reste une jeune fille mineure, qui doit probablement être complètement perdue dans ce qu'elle recherche ! Merlin Sirius, c'est toi l'adulte ici ! Tu es censé les protéger ces gosses, pas te prendre pour l'un d'entre eux ! Et certainement pas les abuser !"
Cette remarque piqua au vif le grand brun. Lui-aussi fit un pas en avant et répondit vertement :
" Je ne lui ferai jamais le moindre mal ! Comment tu peux imaginer ça de moi ?!"
Là encore, Rémus éclata d'un rire désabusé et reprit.
" Et comment est-ce que tu peux t'imaginer qu'il en soit autrement ?! Hermione est dans cette période où les jeunes gens se cherchent, développent leur personnalité et leurs goûts… Quitte à mimer pendant un temps la démarche de leurs aînés … Même si elle te dit qu'elle en a envie et qu'elle est prête à le faire, comment est-ce que tu peux t'imaginer une minute que tu ne profites pas d'elle, de son inexpérience et de ses questionnements identitaires ?
- Mais parce qu'elle me l'a dit ! Elle m'a dit qu'elle était attirée par moi ! S'exclama Sirius, atterré. Et je n'ai pas franchi la limite ! Je lui ai dit qu'on irait pas à pas et que je ne voulais rien brusquer !
- Il aurait mieux valu que tu ne débutes pas les hostilités, asséna Lupin en passant une main crispée contre son visage. Tu es en train d'abuser d'une jeune fille de dix-sept ans et tu ne vois pas où est le mal… Je sais que tu as perdu des années entières de liberté…"
La colère de Sirius s'estompa dans un souffle et il blêmit. Rémus continua pourtant.
" Je sais que tu as été privé de tout geste affectueux, de tout contact avec l'humanité, pendant cette période… Mais le temps a passé Sirius, tu ne peux pas le retrouver. Ce n'est pas en t'envoyant en l'air avec Hermione que tu pourras rattraper ce que tu as perdu."
Le silence se fit alors dans la bibliothèque. Rémus soupira longuement, sa fatigue le courbant davantage. Il était déjà épuisé et cette dispute n'avait fait que le plonger un peu plus dans l'inanité. Sirius, lui, respirait difficilement. Ses yeux balayaient la pièce dans tous les coins, cherchant quelque chose à laquelle se raccrocher. Il sentit, à son plus grand désespoir, sa gorge se nouer. Voyant que son ami ne réagissait pas, Rémus le regarda alors et murmura :
" Sirius ?"
L'animagus refoula alors en un geste brusque les picotements de ses paupières et leva un regard haineux vers lui.
" Dégage", annonça-t-il en insistant sur chaque syllabe.
Lupin fut à son tour désarçonné par la fureur froide de son ami.
" Sirius… Je ne voulais pas en arriver là mais j'essaye simplement de te faire comprendre… , tenta-t-il, plus calme cette fois-ci.
- Je t'ai dit de dégager, répliqua ce dernier avec le même venin dans la voix.
Les deux hommes se firent face sans un mot. Rémus comprit que la partie était perdue et poussa un profond soupir.
- Tu fais une énorme erreur… ", murmura-t-il.
Puis il dépassa l'animagus, resté immobile, et prit la porte. Lorsque Sirius entendit le claquement, ses épaules s'affaissèrent et il ferma les yeux. Les larmes menaçaient toujours de poindre mais il ne pouvait se résoudre à se laisser aller. La colère était encore trop présente. Il ne comprenait pas comment Lunard avait pu être aussi cruel envers lui… Sirius s'expliquait l'état de fatigue et d'énervement constant qu'ils connaissaient tous en ce moment… Mais c'était au-delà de ça. Jamais il n'avait entendu de si vives critiques de la part de son meilleur ami. Et le vertige qu'il avait ressenti lors de ses dernières paroles ne se dissipait pas. Était-ce le cas ? Était-il trop obnubilé par ces décharges d'adrénaline pour ne pas voir l'horrible vérité ?
Un bruit sourd le fit sursauter et quitter ces affreuses pensées. Le grand brun se retourna vivement pour faire face au visage inquiet d'Hermione Granger. Son cœur fit un bond. La jeune femme le regardait avec angoisse :
" Sirius… Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" Demanda-t-elle d'une voix blanche.
L'intéressé ne parvint pas à formuler le moindre mot. Il se contenta de la regarder avec détresse. Hermione fit un pas vers lui, ne quittant pas son regard. Sa main se leva pour aller à la rencontre de la joue du grand brun. Sirius la laissa faire mais ferma les yeux, accablé.
" Tu es là depuis combien de temps ? , lui demanda-t-il enfin, dans un souffle.
- Je suis montée après avoir entendu Rémus partir… Il a quitté la maison en claquant la porte", expliqua-t-elle, mal à l'aise.
Sirius hocha simplement la tête.
" Il sait…" , murmura Hermione après un instant.
Les yeux du sorcier s'ouvrirent pour la regarder.
" Pour nous deux ?
- Oui…" , avoua enfin Sirius dans un souffle.
Hermione resta muette, continuant de le regarder. Elle n'avait jamais vu son compagnon arborer un visage aussi désespéré et eut infiniment mal pour lui. Sa main quitta son visage pour rester immobile le long de son corps.
" Est-ce que ça change quelque chose pour nous ?" , demanda-t-elle, la voix hachée.
Sirius planta son regard dans le sien. Il lut toute la détresse et l'inquiétude dans les yeux de la belle brune. Il aurait aimé la rassurer et la prendre dans ses bras. Que leurs tourments s'envolent en un baiser passionné et en une étreinte fiévreuse. Mais le germe du doute avait déjà fait son terrible office.
" J'en sais rien", murmura-t-il enfin, le cœur au bord des lèvres.
Sirius vit l'abattement se répandre dans les prunelles de la jeune femme. Hermione fit un pas en arrière et baissa les yeux. Elle hésita une seconde puis hocha la tête et se retourna pour ouvrir la porte, sans un mot.
Sirius se retrouva une nouvelle fois seul dans la bibliothèque, plus malheureux que jamais. Ses mains tapèrent fébrilement contre sa cuisse. Il aurait donné beaucoup pour se noyer dans le réconfort de l'alcool. Mais il se rappela de sa promesse et tenta de dominer cette envie. Mordant longuement l'intérieur de la joue, Sirius prit brusquement le premier bibelot qu'il avait sous la main et vint l'éclater violemment contre le mur de la bibliothèque. L'objet vint se fracasser en mille morceaux, éparpillés dans les quatre coins de la pièce. Murmurant un juron, l'hôte du square Grimmaurd ouvrit la porte de la bibliothèque et, sans un regard en arrière, quitta la pièce d'un pas lourd.
