Bonjour tout le monde !

Désolée pour ce petit retard,je peine à allier travail et passion en ce moment. Je pense que je vais passer à un rythme un peu moins soutenu, à savoir un chapitre par semaine, histoire d'être vraiment dans les temps.

J'espère que le chapitre dernier vous a plu. Je n'ai pas vu de plaintes donc j'en déduis que le début des passages érotiques n'est pas si catastrophique ^^

Réponse à Eline : Merci beaucoup pour ta review ! Bienvenue à bord :D Merci pour ces beaux compliments, j'espère que la suite te plaira !

Dans ce chapitre, il sera question de grandes prises de tête, d'émotions en roller-coaster et de conversations intimes. J'ai beaucoup aimé écrire les dialogues entre les différents personnages et développer un peu les liens d'amitié qui les unissent, j'espère que ça vous plaira aussi :)

Bonne lecture !

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Chapitre XVIII : Une journée au Chemin de Traverse

Le jour se leva, brillant et triomphal, sur le square Grimmaurd et sur ses occupants. Sirius aurait aimé que cette vue soulage son esprit mais il n'en était rien. L'animagus se leva en sentant de nouveau ce terrible poids sur ses épaules, présent avec lui depuis la veille au soir. Il n'avait pas songé un seul instant que Rémus ait pu découvrir la liaison qu'il entretenait avec Hermione. Et il n'avait évidemment pas anticipé la réaction de ce dernier. Les vociférations de son ami d'enfance lui revinrent en mémoire et l'accablèrent davantage. Sirius reconnaissait rationnellement que cette idylle n'était pas la chose la plus avisée qu'il ait commise ces derniers temps. Mais il savait aussi que rien ne l'avait rendu plus heureux et insouciant aussi.

Ces parenthèses avec Hermione étaient un bol d'air frais salutaire dans les horizons sombres et moroses qui se profilaient devant lui. C'était une chance inespérée pour lui de reprendre contact avec le genre humain, qui l'avait écarté durant tant d'années. Et ce besoin était tombé sur Hermione… Le grand brun passa une main lasse dans sa chevelure et massa ses tempes. Puis il se leva et descendit les escaliers pour préparer le petit-déjeuner. La maison semblait encore assoupie. Cela lui laisserait l'occasion de se morfondre davantage sur son sort et de flamber l'intégralité de son paquet de cigarettes. Se moquant intérieurement de son état lamentable, l'animagus arriva dans le couloir menant à la cuisine. Lorsqu'il entra dans la pièce, Sirius comprit que son plan initial aurait peu de chances de se concrétiser. Hermione était assise, les yeux levés vers lui.

La jeune femme avait eu toutes les peines du monde à s'endormir. Cela ne l'avait guère étonnée au vu de l'escalade émotionnelle de la veille. Jamais elle n'avait vu Rémus si hors de lui et une part d'elle se mortifiait d'être l'objet de cette furie. Pour autant, bien que vouant une affection toute particulière à Lupin, Hermione ne regrettait rien. Elle préférait que son idylle avec Sirius reste cachée, oui, mais elle n'éprouvait aucune honte à l'idée d'être avec lui. Il représentait tout ce qu'elle recherchait chez un partenaire : le charme, l'intelligence, l'humour et la répartie, de l'attention et une séduction à toute épreuve. Sirius était l'allégorie de l'insouciance, de la liberté. Tout ce qu'Hermione s'était empêchée de devenir jusqu'alors.

La jeune femme aurait pu tenir tête à Rémus et lui expliquer les mille et une raisons qui faisaient qu'elle et lui étaient liés. Mais elle n'en avait pas eu le temps. Et elle n'en aurait peut-être plus jamais l'occasion, à en juger par la réaction de son partenaire. Hermione avait retrouvé un Sirius catastrophé. Elle qui l'imaginait si sûr de lui, si déterminé dans chacun de ses choix, elle ne s'attendait pas à le retrouver si bouleversé. La jeune femme pouvait le comprendre : son ami d'enfance l'avait mis devant le fait accompli avec une rudesse qui n'était pas franchement nécessaire. Pour autant, Hermione s'était attendue, naïvement sans doute, que cela ne remette pas en cause leur lien. La nuit avait été peuplée de cette question infernale : « Que devait-elle faire de plus maintenant ? ». Elle avait déjà avoué son inclination au grand brun, s'était confiée sur son désir et son envie de débuter quelque chose, peu importe la situation. Que devait-elle faire de plus pour espérer que Sirius réponde positivement ?

" Bonjour, murmura-t-elle en découvrant l'objet de ses pensées face à elle.

- Bonjour…" , répondit-il dans un souffle.

Hermione tenta de cacher sa déception devant l'air déstabilisé du grand brun. Sirius semblait ne pas savoir où se mettre. Il fixa la table une seconde, se demandant manifestement s'il convenait de s'asseoir. Hermione fit un nouveau pas vers lui.

" J'ai fait du thé, installe-toi.

- Merci", bredouilla ce dernier en esquissant enfin un pas vers elle.

Il s'assied face à la jeune femme et fixa la surface de la table tandis qu'elle lui servait une tasse de thé fumante. Le regard d'Hermione s'attarda quelques secondes sur l'épaule de son hôte puis elle tourna les talons et retourna s'asseoir, face à lui. Sirius hocha poliment la tête pour la remercier et but une gorgée. La belle brune en fit de même, pour se donner du courage.

" Sirius… J'aimerais qu'on en parle."

Le grand brun consentit à lever les yeux vers elle. Il la trouva une fois de plus magnifique. La courbe de ces lèvres, cette chevelure indomptable, la blancheur laiteuse de sa peau… Sirius constata toutefois avec tristesse l'éclat douloureux présent dans le regard de la belle brune. Il détestait l'idée de l'avoir fait souffrir. Et de continuer à le faire à cet instant précis.

"Je sais… , murmura-t-il, désolé.

- Rémus a mis les pieds dans le plat, je comprends. Vous avez eu une dispute et je suis désolée que les choses se soient passées ainsi…" , entama Hermione en posant ses mains face à lui.

Sirius hocha lentement la tête. Les mots et la fureur de Rémus ne quittaient pas son esprit.

" Rémus a été désarçonné par cette découverte et il n'a pas pu évoquer le sujet de façon apaisée. J'ai entendu les cris, et je ne peux qu'imaginer ce qu'il t'a dit, continua la jeune femme, soucieuse.

- Mais il va y réfléchir de son côté et finira par revenir vers toi et vous pourrez en discuter beaucoup plus simplement. Ça s'est présenté sous les plus mauvaises hospices, ça ne pourra que s'arranger", conclut-t-elle, essayant de maîtriser les trémolos dans sa voix.

Sirius la regarda longuement, sans rien dire. Il était vrai que Rémus avait reçu la nouvelle de plein fouet et n'avait pas eu le temps de la digérer. D'où cette dispute retentissante. Mais, s'il était honnête avec lui-même, Sirius savait que son ami continuerait à avoir ce raisonnement concernant cette liaison. Et peut-être avait-il raison…

" Je ne sais pas Hermione, lâcha-t-il enfin. Oui, Lunard était dans tous ses états et ce n'était vraiment pas le moment d'aborder ça avec lui… Mais, malgré la forme de ses propos, je me demande si le fond n'avait pas un peu de sens."

Hermione digéra cette réponse et prit un temps avant de répondre.

" Tu sais ce que je pense de tout cela, tu connais maintenant l'opinion de Lupin… Mais toi, qu'est-ce que tu veux ?"

La jeune femme savait qu'elle jouait quitte ou double. S'il lui avait dit à quelques reprises qu'il avait envie d'elle et qu'il la désirait, était-il prêt à continuer sur cette lancée malgré le point de vue de son meilleur ami ?

En entendant cette question, Sirius poussa un profond soupir. Qu'est-ce qu'il recherchait au fond ? Elle était là, cette question obsédante qu'il s'était posée dès le premier rapprochement avec Hermione.

" Si seulement je le savais…" , murmura-t-il pour lui-même.

Hermione pâlit et sentit une boule lui obstruer la gorge. Elle voulut faire preuve de sang-froid et se leva avec raideur de sa chaise. Sirius leva alors les yeux vers la jeune femme, désemparé. Il la retint d'une main alors qu'elle s'apprêtait à quitter la pièce.

" Hermione ! S'écria-t-il enfin.

- Quoi ?!" S'exclama-t-elle, à son tour, rageuse.

Elle se morigéna devant cette perte subite de sang-froid. Mais l'heure n'était plus aux faux semblants.

" J'ai envie d'être avec toi, je veux ça… Seulement… Merlin, j'ai l'impression de faire quelque chose de mal, avoua enfin Sirius avec empressement.

- Depuis quand est-ce que ça arrête le grand Sirius Black ?! S'exclama-t-elle en peinant à dissimuler l'aigreur dans sa voix.

- Depuis le fait que j'en ai assez de déconner ! J'ai eu du temps pour cela, des années même ! J'étais d'ailleurs devenu un sacré professionnel en la matière… Mais je n'ai plus le temps maintenant. Sans même parler d' Azkaban, les temps qui arrivent indiquent très clairement que je n'ai plus le temps de déconner", déclara Sirius d'une voix forte.

Il avait fini par le dire. Par avouer cette peur renversante de ne pas être quelqu'un de bien. Le Sirius adolescent qu'il avait été aurait ri à gorge déployée de cet aveu. Sirius gardait le bras d'Hermione emprisonné dans le sien. Celle-ci ne disait rien, mais ne se débarrassait pas de lui non plus. Ils restèrent ainsi durant quelques secondes, avec la même fébrilité.

" Comprends-moi Hermione, murmura-t-il enfin, ses yeux plantés sur le visage de la jeune femme, avec cette guerre imminente, ces disparitions qui n'en finissent pas, l'Ordre, Harry qui mérite une place ici… Avec tout ce qui nous entoure, je veux avoir une chance de me regarder dans le miroir et de ne pas détourner les yeux. Une chance d'être fier de moi et de devenir quelqu'un de bien…"

Hermione leva les yeux pour rencontrer son regard.

" Tu es quelqu'un de bien Sirius", répondit-elle sans détour.

Le grand brun lui adressa un regard rempli de douleur et fit un pas vers elle. Il retrouva le parfum si entêtant de la jeune femme dont il désirait par-dessus tout prendre dans ses bras. Hermione frémit elle-aussi de ce rapprochement. Mais elle continua de le regarder et déclara :

" En quoi est-ce qu'être avec moi viendrait compromettre ton reflet dans le miroir ?"

Le cœur de Sirius manqua un battement. Lui qui était d'habitude si loquace, se retrouva sans mot devant la question pourtant simple de sa partenaire.

" Hermione…", prononça-t-il.

Mais le regard de celle-ci s'assombrit devant cette absence de réponse.

" Je n'ai jamais voulu être la tâche noire sur ton prestigieux portrait, murmura-t-elle en se défaisant de son étreinte. Elle s'écarta de lui.

- Hermione, ça n'est pas toi que je remets en cause, expliqua précipitamment Sirius, conscient de sa maladresse. C'est mon comportement envers toi."

La jeune femme demeura immobile, le visage résolument tourné vers la porte.

" Qu'est-ce que ça change ?" Prononça-t-elle enfin, d'un ton résolu.

Et sans attendre de réponse, elle sortit de la pièce, laissant Sirius seul.

Ce dernier la regarda s'en aller mais ne fit aucun geste pour l'en empêcher. Elle avait raison… Que ce soit lui ou elle le problème ne changeait rien à l'affaire. Il venait de l'écarter. Et il le regrettait déjà…

o O o

La matinée eut son lot d'événements mineurs au sein de la compagnie. Fred et George avaient emballé tout leur matériel de farces dans de grosses valises qu'ils gardaient sous leur bras, espérant faire des affaires avec les jeunes sorciers et sorcières du Chemin de Traverse. Ron et Harry s'étaient une fois de plus entraînés au vol sur balai tandis qu'Arthur les avait regardés, admiratif. Ginny était restée dans le salon avec sa mère pour faire la liste des achats futurs dans les boutiques de l'Allée. Hermione s'était isolée dans un coin du jardin, à jouer avec Pattenrond qui était ravi que l'on s'occupe de lui. Midi sonnant, toute la troupe se réunit prestement autour du déjeuner. Harry remarqua tout de suite l'air accablé que son parrain essayait tant bien que mal de cacher et prit la parole parmi le concert de bruits de table :

" Pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas emprunter du Polynectar à Maugrey ?"

Sirius quitta un instant sa torpeur pour regarder son filleul. Molly et Arthur lui prêtèrent aussi attention. Hermione continua de piocher dans son assiette, mais elle dressa l'oreille.

" Que veux-tu en faire Harry chéri ? Demanda Mrs Weasley d'une voix douce.

- Je suis sûr qu'il accepterait de nous aider. Il pourrait donner une mèche de cheveux et Sirius prendrait son apparence !"

L'animagus sourit alors en comprenant où voulait en venir son filleul. Il lui adressa un regard aimant et posa sa main sur la sienne.

" Ne t'inquiète pas pour moi Harry, répondit-il, affichant une mine convaincue. Mais Harry n'en démordit pas.

- Ça n'est pas juste ! Ça fait des mois que tu restes prisonnier de cette maison sans pouvoir en sortir ! Tu es innocent : tous les membres de l'Ordre le savent, Dumbledore le sait et pourtant rien n'a été fait pour que tu sois enfin libre ! S'exclama-t-il brutalement, tentant de réprimer la brulure de sa cicatrice.

- Toi, tu le sais et c'est tout ce qui m'importe, répondit Sirius avec un sourire, quoiqu'un peu amer après cette tirade.

- Je suis d'accord avec toi Harry, déclara Arthur avec sérieux. Il est vrai que Sirius n'a pas eu gain de cause… Mais le Polynectar ne suffirait pas à faire en sorte qu'il vienne avec nous…"

Harry lança un regard vulnérable en direction des parents Weasley. Ron se mêla alors à la conversation.

" Pourquoi ? Ça avait pourtant marché avec Crab et Goyle et Malefoy n'en avait rien su, demanda-t-il en se tournant vers ses parents.

- C'est une chose de berner ces camarades de classe… , commença Molly, non sans jeter un regard acéré vers son plus jeune fils.

- C'en est une autre de se dissimuler aux yeux et aux oreilles du Ministère", conclut Arthur en poussant un soupir.

Les deux garçons haussèrent un sourcil interrogateur. Sirius compléta.

" Tous les sorciers et sorcières ont, depuis leur naissance, une sorte de… Marque. Elle n'est pas visible à proprement parler mais elle existe en chacun de nous. C'est ce qui compose notre identité de sorcier, si vous préférez. Elle est évidemment unique pour chaque individu.

- Et aucun sort, aucune magie ne peut travestir cette empreinte, expliqua Arthur en regardant Sirius.

- Donc… Quand bien même un sorcier utiliserait du Polynectar… , éluda Harry.

- Son empreinte restera la même, confirma Molly. Sirius pourrait se déguiser en Albus Dumbledore qu'il conservait tout de même sa propre empreinte magique.

- Et certaines créatures de notre monde parviennent à détecter cette aura, affirma Sirius avec aigreur.

- Notamment les Détraqueurs…

- Le Ministère s'est fait un devoir de réquisitionner toute créature magique capable de percevoir les empreintes de la communauté sorcière et de les utiliser dès lors qu'ils en ont besoin, expliqua Arthur.

- Et autant dire qu'ils ne s'en privent pas en ce moment", ponctua Sirius.

Harry soupira longuement, enregistrant ces informations. Il avait secrètement espéré trouver une solution pour que son parrain les accompagne durant cette journée. Mais là encore, Sirius devrait rester à l'écart, pour sa propre sécurité.

Sirius tapota doucement la main de ce dernier.

" Je suis désolé Harry… ,

- Tu n'y es pour rien Sirius, déclara le jeune homme. J'aurais tellement aimé pouvoir te venir en aide."

Le sourire de Sirius s'attendrit.

" Crois-moi, tu fais déjà le maximum… Je suis déçu de ne pouvoir venir avec vous mais j'en profiterai pour m'occuper autrement. Ce n'est pas ce qui manque dans cette vieille baraque."

Son sourire se voulut convainquant Harry décida de jouer le jeu et hocha la tête. L'assemblée retourna à ses affaires, non sans un certain embarras. Hermione se mordit longuement les lèvres, son appétit l'ayant désormais quitté.

Lorsqu'ils eurent fini le repas, la troupe rassembla leurs affaires et se prépara pour le grand départ. Arthur et Molly vérifiaient une dernière fois que la liste ne comportait aucune omission tandis qu'Harry et Ron se chamaillaient gentiment sur la première boutique dans laquelle ils allaient faire leurs emplettes. Hermione adressa une dernière caresse à Pattenrond qui ronronna de plaisir. Puis ce dernier s'en fut, trottinant, jusqu'aux pieds de Sirius. Il adressa un regard embêté vers la jeune femme mais elle ne dit mot. Les miaulements de Pattenrond se firent plus autoritaires et Sirius consentit à prendre le chat dans ses bras. Hermione réprima un soupir puis rejoignit Ginny et Ron qui étaient déjà postés dans l'encadrement de la cheminée. Saisissant une pleine poignée de poudre de cheminette, elle déclara :

" Chemin de Traverse !"

Sirius vit disparaître l'objet de ses pensées dans un rugissement de flammes vertes. Il revint à Pattenrond qui le regardait avec de grands yeux inquisiteurs.

" Je sais bonhomme, je sais, déclara-t-il d'une voix indécise.

Puis il se détourna de la cheminée et contempla le salon, vide de tout invité.

- Retour à la case départ", murmura Sirius en s'asseyant sur le divan, le chat roux toujours dans les bras.

o O o

Le Chemin de Traverse était peuplé d'une foule de sorciers et de sorcières empressés. La rentrée approchait et avec elle, la fébrilité des élèves venus effectuer leurs derniers achats. Hermione, Ginny et Ron retrouvèrent avec un peu de mal le reste de la compagnie devant l'entrée animée du Chaudron Baveur. Molly leur fit de larges signes et vérifia qu'aucun d'entre eux ne s'était blessé en arrivant. La troupe décida de se séparer en plusieurs groupes et bien vite, Hermione arpenta les ruelles familières avec Harry et Ron. Le trio pénétra dans le Magasin d'Accessoires de Quidditch dans lequel les garçons rêvaient d'aller depuis des jours maintenant. Ron se précipita vers les différents balais et modèles d'exposition tandis qu'Harry se perdait dans les étagères de livres de stratégie et de techniques du Quidditch. Hermione feuilleta quelques ouvrages mais sans réel intérêt. Elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un certain inconfort à l'idée que Sirius soit resté seul au square Grimmaurd. Leurs rapports avaient beau être tendus pour le moment, la jeune femme s'inquiétait tout de même pour lui et sa propension à ne pas se vouloir du bien lorsqu'il se retrouvait seul. Hermione déambula dans les rayons pour retrouver Harry qui essayait plusieurs gants de protection en cuir.

" Qu'est-ce que tu en penses ? Demanda ce dernier en lui montrant ses mains.

- Bonne idée, répliqua Hermione, tu risques un peu plus chaque année de perdre l'usage de tes membres, il est temps d'investir dans des protections.

- Tu remarqueras que ça n'est pratiquement jamais de ma faute !" Se défendit Harry avec un rire gêné.

Il enleva la paire de gants et lança des coups d'œil de tout côté sur les étagères.

" J'aimerais bien trouver quelque chose pour Sirius… Mais je ne sais pas ce qui lui ferait plaisir", déclara le jeune homme après quelques hésitations.

Hermione se contenta d'hocher vivement la tête pour approuver son meilleur ami. Tous deux contemplèrent les rayons de leur allée, regorgeant d'articles plus ou moins facétieux sur le Quidditch. Au bout d'un moment, Harry émit un rire sans joie, se frottant le crâne comme il en avait l'habitude lorsqu'il était mal à l'aise.

" Je ne sais même pas s'il aime le Quidditch ! C'est mon parrain, la seule personne que je considère véritablement comme membre de la famille et je ne connais pas ses goûts…

- Ça n'est pas grave Harry, le réconforta Hermione en posant une tendre main sur son épaule. Vous avez toute la vie devant vous pour vous découvrir… Il avait passé les phases de sélection pour jouer dans l'équipe de Gryffondor mais ne s'est pas accroché."

Harry la regarda interloqué puis éclata de rire.

" Bon sang Mione, j'en oublie que tu as passé tout l'été chez lui ! Tu as vécu au total plus longtemps avec Sirius que moi, c'est invraisemblable", s'esclaffa le jeune brun tandis qu'Hermione demeurait songeuse.

Tous deux dépassèrent leur rayon et continuèrent leurs recherches sur le suivant.

" Tu as du pas mal échanger avec lui… , reprit Harry qui lorgnait sur un kit de nettoyage de balai.

- Mmh mmh, se contenta de répondre Hermione de façon évasive.

- Qu'est-ce qu'il aime ?"

La jeune femme prit un temps pour réfléchir. Elle avait en effet passé quasiment deux mois chez lui et, si elle était honnête avec elle-même, avait l'impression de connaître plus de facettes de lui que ses autres amis.

" Il aimerait être libre, murmura-t-elle enfin. Ne plus être enfermé dans cette maison, se battre aux côtés de ses amis, regagner son honneur aux yeux de la communauté magique et pouvoir t'accueillir chez lui…"

Harry écouta avidement Hermione pendant qu'elle songeait à tout ce que représentait Sirius pour elle. Cette dernière inspira longuement, les yeux perdus sur une étagère, puis se retourna vers son ami d'enfance.

" Pardon, je n'ai pas réellement répondu à ta question… Ce qu'il aime comme objets tu voulais dire ?

- Oui mais ça n'est pas grave… , répondit Harry avec un sourire, ça me plaît aussi de savoir ça… J'aimerais tellement vivre avec lui moi-aussi.

- Je comprends Harry… Et j'espère de tout cœur que tu pourras bientôt y parvenir.

- Merci Mione. Je pense que si l'on se retrouvait tous les deux à Grimmaurd, les choses iraient quand même mieux… Tout ne serait pas résolu mais ça serait déjà un grand pas ! Dit-il et Hermione s'attendrit devant la lueur enthousiaste qui brûlait dans les prunelles d'Harry chaque fois qu'il parlait de son parrain.

- Que veux-tu dire ?

- Et bien… , commença le jeune homme, prenant appui sur un rayonnage. Je vois bien que Sirius souffre de ne pas pouvoir jouer son rôle de parrain comme il l'entendrait. Les Dursley, la nécessité de rester caché… Tout ça nous empêche de nous retrouver complètement, c'est vrai. Mais je crois qu'il y a autre chose…"

Hermione attendit la suite de sa réflexion, le souffle court. Ses mains se baladèrent avec empressement sur les différents articles exposés.

" Sirius est naturellement bon vivant et vif d'esprit. Il est toujours là lorsqu'il s'agit d'amuser la compagnie ou de se lancer dans des affrontements verbaux. Mais certains jours, son regard est voilé, préoccupé. On sent que quelque chose lui pèse et qu'il n'arrive pas à le résoudre.

- Qu'est-ce que ça pourrait être à ton avis ?", demanda Hermione dans un souffle, n'osant se retourner pour regarder Harry.

Ce dernier haussa les épaules.

" Je n'en sais rien mais quoi que ce soit, c'est là depuis mon arrivée et ça ne veut pas s'arranger… Je n'ose pas lui en parler parce que je sais que je serais maladroit… Mais j'aimerais que tout s'arrange pour lui. J'aimerais que Sirius soit heureux, quel qu'en soient les moyens", déclara Harry avec sincérité.

Hermione sentit son cœur bourdonner dans sa poitrine et se retourna vers son meilleur ami. Il la regardait avec un sourire maladroit, conscient qu'elle était la seule à qui il pouvait confier ces réflexions. Ron n'aurait pas compris.

" Oh Harry…", murmura Hermione en venant l'étreindre brièvement.

Le jeune homme passa une main dans son dos et tapota légèrement.

" Je suis sûre que ça va s'arranger, promit-elle, consciente qu'elle n'avait aucune garantie que ce soit effectivement le cas.

- Je l'espère… Bon, et alors, ce cadeau ?", demanda le brun en haussant les bras.

Hermione hocha la tête et tous deux rejoignirent Ron qui avait des paquets plein les mains.

o O o

Cela faisait maintenant une bonne heure que la compagnie avait quitté le square Grimmaurd et Sirius commençait à retrouver cette irritation familière qui le saisissait dès lors qu'il restait trop longtemps seul dans cette maison acariâtre. Pattenrond lui avait tenu fièrement compagnie pendant une demi-heure puis était monté à l'étage dans la chambre des filles pour faire une énième sieste. Sirius se rongeait nerveusement l'extrémité des pouces, allongé comme à son habitude sur le canapé de la bibliothèque. Resté seul, il ne pouvait éviter ses questionnements incessants.

L'ombre d'Hermione planait sur chacune de ses pensées. Il avait été abattu de voir la jeune femme partir sans un regard pour lui, mais ne pouvait que comprendre sa réaction. Sirius n'avait pas été à la hauteur et il le savait. Hermione était la première à avoir fait un pas vers lui en l'embrassant et bien qu'elle se soit écartée l'espace d'une journée, elle était revenue vers lui en affirmant ses sentiments. Et lui n'avait pas été capable de faire la même chose. Sirius n'arrivait pas à dépasser cette idée dérangeante qu'il faisait quelque chose de mal et que Rémus l'avait pourtant prévenu. Il aurait aimé revenir des années en arrière où la simple mention du mot « culpabilité » le faisait éclater de rire et passer son chemin. Des années auparavant, il ne se serait même pas posé la question des regards extérieurs : il aurait pris ce qu'il voulait prendre et au diable les conséquences ! Sirius contempla le plafond, passant sans cesse sa main contre sa barbe soignée. Qu'il aurait été bon de rester insouciant et de se moquer de ce que l'on attendait de lui… Mais la vie en avait été autrement.

Pendant douze années, il avait été emprisonné, ne côtoyant que le sombre voile des détraqueurs. Et une fois sorti, il avait eu peine à retrouver son ami d'enfance et à faire le deuil de ses autres compagnons. Encore maintenant, il ne parvenait pas à oublier tout à fait James. Pas lorsque Harry était près de lui… Leur ressemblance était si criarde. Et Harry… Sirius ne voulait pas lire la désapprobation dans le regard de son filleul. Il venait à peine de le retrouver et n'était pas prêt à sacrifier leur relation… Pour autant, même en sachant tout cela, il ne réussissait toutefois pas à oublier ces beaux yeux bruns. Hermione était intelligente, vive et passionnée. Elle était un souffle nouveau pour lui, une chance de goûter à nouveau à des plaisirs dont il avait été privé pendant ces longues années. Et elle paraissait si réceptive à tout cela… Sirius se retrouvait coincé entre les inclinations de son corps, de son esprit et de l'autre côté les impératifs moraux rappelés par Rémus. Et l'animagus ne parvenait pas à se départager. Il savait simplement qu'intimement, elle le rendait heureux et insouciant, ce qu'il n'avait pas été depuis très longtemps…

o O o

Hermione retrouva Ginny après de longues heures passées en compagnie de ses deux amis. La petite rousse arpentait les rayons de la boutique Wiseacres, spécialisée dans la vente des accessoires pour sorciers et sorcières. Elle recherchait activement une nouvelle balance pour les cours de potions, ainsi qu'un télescope miniature pour contempler les constellations de la fenêtre de son dortoir.

" La recherche a été bonne ? Demanda-t-elle à Hermione en la voyant arriver à sa hauteur.

- Les garçons ont dévalisé le magasin de Quidditch, répondit-elle avec un sourire goguenard.

- Dis-moi quelque chose que j'ignore, renifla Ginny avec un rictus aux lèvres. Et toi alors ?

- Rien ne m'a plus tenté que ça…"

Ginny lança un regard équivoque à son amie.

" Herm, il est de notoriété publique qu'à chaque passage au chemin de Traverse, tu repars avec ton poids en livres et en parchemins. Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Rien Ginny, je n'ai simplement pas la tête à dépenser tous mes Gallions, soupira Hermione en passant une main légère sur les rebords de l'étagère qu'elle contemplait.

- C'est le moment ou jamais pourtant. Essaye de te faire plaisir pour cette nouvelle année scolaire à venir ! L'encouragea la jeune fille en soupesant deux télescopes miniatures.

- Un petit cadeau avant la fin du monde ?"

La petite rousse roula des yeux et poussa un profond soupir.

" Oui, le monde sorcier est en crise, Voldemort est de retour et nous allons tous mourir très bientôt… Mais est-ce qu'on ne pourrait pas faire ça avec panache ou, tout du moins, avec quelques beaux souvenirs en stock ?!"

Hermione la regarda en arquant un sourcil. Elle ne put rester trop longtemps morose devant l'ironie de sa compagne.

" Je te l'accorde Gin, finit-elle par dire, prenant une boule à neige enchantée qui siégeait sur un coin de l'étagère, ça te va si je prends ça ?

- Formidable, répliqua la jeune femme avec un sourire sardonique. Tu te sens mieux maintenant ?

- Extatique", lança Hermione sur le même ton.

Les deux jeunes femmes éclatèrent d'un rire franc cette fois-ci et continuèrent à errer dans le magasin. Au bout d'un moment, Ginny poussa légèrement sa camarade et demanda :

" Est-ce que ton humeur morose a un lien avec notre cher maître de maison ?

Hermione poussa un profond soupir.

- Comme tu peux le constater… Je n'ai pas envie de t'embêter avec ça Ginny.

- Hermione, je vais être honnête : quand tu n'en parles pas, tu te refermes comme une huître et tu adoptes le comportement d'un boursouf grincheux. Alors je préfère te demander ce qui ne va pas et essayer tant que possible d'élucider le problème."

La jeune brune éclata de rire en entendant les paroles de sa meilleure amie. Ginny lui adressa son plus beau sourire et rajouta :

" Et en plus de cela, tu es mon amie la plus précieuse. Alors je t'écoute.

Hermione joua quelques secondes avec sa boule à neige et se lança.

- J'ai entendu des bribes de dispute entre Rémus et Sirius la nuit dernière. Je suis montée pour savoir ce qu'il en était. Rémus a compris ce qu'il se passait entre Sirius et moi.

- Fichu instinct animal.

- Ça n'est pas sa faute et surtout, ça m'est en réalité égal qu'il le sache. Je respecte Rémus mais il s'agit de mon cœur et de mon corps. Si je devais demander l'autorisation à chaque mâle du square Grimmaurd de disposer de cela, je n'en aurais pas fini."

Ginny pouffa et hocha la tête.

" Mais Sirius a réagi différemment. Lorsque je suis arrivée, il m'a regardé avec une panique effroyable. J'avais l'impression d'être quelque chose qu'il souhaitait à tout prix cacher sous un tapis mais qui ne cessait de revenir à lui… Il m'a confirmé que Rémus savait et qu'il avait très mal réagi. Je lui ai demandé si cela changeait quelque chose à notre… à nous et il a répondu qu'il n'en savait rien."

La petite rousse grimaça, embêtée. Elle enroula sa main dans celle d'Hermione.

" Si tu avais vu son regard Ginny… , continua la jeune femme avec détresse. Il avait l'air si… si embarrassé par tout ça. Il m'a expliqué ce matin qu'il ne voulait pas faire quelque chose de mal, qu'il voulait être un homme bien par-dessus tout. Et je… Je suis partie, parce que je ne pouvais pas entendre que j'étais une erreur dans sa ligne de conduite. Et je ne sais plus du tout quoi faire…"

Ce fut à ce moment qu'Hermione sentit les sanglots poindre dans sa voix. Au-delà de la tristesse, cette dernière ressentait surtout un profond désarroi. Elle croyait aux mots de Sirius et savait qu'il la désirait autant qu'elle le désirait. Mais cela ne semblait pas être suffisant pour leur assurer quelque chose. Ginny réfléchit longuement après la tirade de son amie et lança :

" Je comprends ce que tu as du ressentir lorsqu'il t'a dit ça… Mais je ne pense pas que c'était en vue de te blesser.

- Je le sais bien ! Mais c'était tellement… horrible.

- Ça ne doit pas être facile pour lui non plus tu sais… , avoua pensivement la petite rousse.

- Urg, gémit Hermione, mais moi non plus. C'est moi qui l'ai embrassé la première, qui lui ai dit tout un tas de choses bien honteuses et qui me retrouve mis de côté parce que je suis la petite chose à cacher aux yeux de tous.

- Je ne pense pas que ce soit une question de honte Mione, reprit Ginny en hochant négativement la tête. Je crois juste que Sirius doit être tiraillé entre ce qu'il veut d'un côté, et ce que les gens attendent de lui…

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Ben, regarde, il n'a eu aucun soucis à te dire qu'il était attiré par toi et qu'il voulait faire certaines choses avec toi ? Pointa du doigt Ginny.

- Non… , murmura Hermione en réfléchissant.

- Donc ça n'est pas toi le problème. Tu le veux, il te veut, là-dessus on est d'accord. Simplement, aux yeux de tout le monde, Sirius c'est un sorcier adulte, fraichement sorti d'Azkaban, qui peine encore à retrouver son honneur et le soutien de ses pairs… Je pense qu'il souffre vraiment de cette étiquette qu'il doit porter et qui l'empêche de faire ce qui veut réellement…

- Comme sortir avec une gamine de mon âge, conclut Hermione en se mordant la lèvre inférieure.

- Par exemple", acquiesça Ginny avec embarras.

Hermione ferma un moment les yeux, digérant cette conversation. Son amie avait parfaitement raison. La belle brune ne s'était pas rendu compte à quel point la pression extérieure pouvait avoir joué chez Sirius. Elle avait assumé sans détour son inclination pour lui, parce que ça n'engageait réellement que ses sentiments et ses désirs, avec lesquels elle était à l'aise. Mais Sirius avait beaucoup plus de choses en jeux. Hermione se frictionna douloureusement le crâne en ressassant tout cela.

" Qu'est-ce qu'il faut que je fasse alors ?! Demanda-t-elle, esquissant une grimace nerveuse.

- Que tu fasses craquer ses inquiétudes morales, lança Ginny d'une voix aguicheuse maintenant.

- Merlin Gin… , marmonna la belle brune en roulant des yeux.

- Je suis navrée ma chère, mais il va falloir le travailler au corps ton Sirius Black, puisque son esprit oscille entre le raisonnable et le défendu, se défendit Ginny en se fendant d'un sourire enjôleur.

- Superbe… Le travailler au corps…

- Comme si ça ne te démangeait pas."

Hermione éclata de rire, secouant sa chevelure en bataille.

" Si tu savais ! Avoua-t-elle, avec chaleur maintenant. Cette discussion l'avait apaisé et elle ne manqua pas de remercier tendrement son amie.

- Qu'est-ce que je ferais sans toi ?", dit-elle lorsqu'elles passèrent toutes deux la porte du magasin pour se retrouver dans les allées frémissantes du Chemin de Traverse.

L'allée n'avait pas désemplie et les jeunes femmes eurent du mal à se frayer un passage jusqu'à la lisière du Chaudron Baveur. Une fois qu'elles virent la façade de l'établissement familier, elles jetèrent un coup d'œil aux alentours pour tenter de retrouver leurs camarades.

" Tu crois que les autres sont encore en train de faire des achats ? Demanda Hermione en plissant les yeux pour discerner des visages familiers.

- C'est bien possible après tout. Connaissant Fred et George, ils vont alpaguer chaque passant pour leur proposer une de leurs créations…

- Ils n'arrêteront donc jamais… Et ta mère ?

- Peut-être chez Fleury et Bott ? Proposa Ginny en haussant les épaules.

- Décidément… Peut-être qu'Harry et Ron sont à l'intérieur ?" Tenta Hermione en se retournant vers la porte vitrée du pub sorcier.

Mais alors qu'elle peinait à discerner les visages des sorciers et sorcières attablées au Chaudron Baveur, elle sentit la main de Ginny lui enserrer le bras.

" Euh Hermione ? … Tu le connais ce chien ?"

La jeune femme se retourna, fronçant les sourcils. Ginny s'était crispée contre son bras et ne parvenait pas à détacher ses yeux du sol. Hermione baissa le regard pour tomber sur une forme sombre, assis face à elles. Un grand chien noir était posté à quelques centimètres, assis sur ses pattes arrière. Il les regardait fixement, le souffle court. Hermione resta perplexe quelques secondes, voyant que le chien restait immobile, puis ses yeux s'ouvrirent comme des soucoupes.

" Si… Sirius ?" Prononça-t-elle d'une voix blanche.

Ginny darda vivement son regard vers elle, incrédule tandis que le chien aboyait une fois, son regard ne quittant pas celui d'Hermione. Cette dernière, ébahie, promena son regard de tous côtés.

" Nom de … Il ne faut pas rester là !" S'exclama-t-elle avec empressement.

Patmol aboya une seconde fois pour marquer son accord.

" Suis-moi ! Lança Hermione avec angoisse tandis qu'elle repérait une ruelle étroite à sa droite.

- Sans moi, geignit la petite rousse, retirant prestement son bras, j'ai trop peur des chiens…

- Oh c'est pas vrai", jura Hermione en levant les yeux au ciel.

Elle fit un signe à son amie d'entrer dans le Chaudron Baveur tandis qu'elle se dirigeait d'un pas vif dans la ruelle déserte, le chien sur ses talons.

Hermione se faufila entre des palettes de bois laissées à l'abandon, vérifiant de tout côté qu'un sorcier ne se cachait pas dans la ruelle. Son cœur battait la chamade. Si le moindre employé du Ministère se baladait dans le quartier, Sirius signait son arrestation immédiate. Jetant des coups d'œil précipités devant et derrière elle, la jeune femme constata que la ruelle était belle et bien déserte. Le chien, toujours sur ses talons, se rassit en levant les yeux vers elle.

" Je le crois pas, mais Merlin, qu'est-ce que tu fais ici ?!" S'exclama la belle brune d'une voix plaintive en se retournant vers lui.

Alors qu'elle n'attendait pas de réelle réponse, Patmol s'ébroua et laissa sa place à un Sirius Black en chair et en os. Hermione hoqueta de surprise tandis que le grand brun se rapprochait d'elle, l'enserrant étroitement dans ses bras.

" Pas ici", murmura-t-il.

Et avant qu'elle ne puisse prononcer le mot Quidditch, Sirius resserra ses bras contre sa taille et ferma les yeux.

"Attention à toi", eut-elle le temps d'entendre avant de sentir son corps s'écraser brutalement contre un mur invisible. Sa tête bourdonna tandis qu'un tourbillon infernal l'emportait bien loin du Chemin de Traverse. Puis tout son corps s'étira encore et encore jusqu'à ce qu'elle sente la pointe de ses cheveux toucher le ciel. Alors qu'elle allait hurler, Hermione sentit brusquement ses pieds toucher terre et ses yeux retrouvèrent la vision familière du salon du Square Grimmaurd.