Bonjour tout le monde,
Non, vous ne rêvez pas, voici la suite et fin des aventures de nos personnages favoris.
J'ai un retard monstre, j'en suis bien consciente. J'ai d'abord écrit une première version dans le rush avant de partir en vacances mais elle ne me satisfait absolument pas. C'était trop bâclé, ça n'avait rien d'abouti et ça m'a beaucoup frustré. J'ai donc tout effacé, laissé l'écriture en plan et je suis partie. Je suis revenue il y a quelques jours en ayant déjà plus la volonté de m'y coller. Mais ça a été infernal : j'avais l'impression d'écrire quelque chose de lamentable. J'ai enchaîné version sur version sans que ça ne me plaise. Ça m'a foutu un pu**** de coup au moral, de me dire que je n'arriverais jamais à conclure cette histoire. Et puis j'ai essayé tant que possible de continuer et cela a donné ce que vous vous apprêtez à lire (pour celles et ceux qui sont encore là ^^").
Je ne suis pas confiante pour un sou, mais enfin, j'ai réussi à l'achever. J'aimerais vraiment que vous me disiez ce que vous en avez pensé, en bien comme en mal hein, d'autant que je suis la première à être critique envers ce chapitre.
Mais bref, assez de parlotte, voici le tout dernier chapitre de cette fiction. Ça me fait tout drôle de mettre un point final à un projet qui a maintenant un an. J'ai hâte de retrouver ces personnages pour la suite de mon histoire. En espérant que vous serez à mes côtés pour le deuxième chapitre :)
Merci en tout cas à toutes celles et ceux qui ont pris le temps de me lire, de mettre des favs et des commentaires, c'était adorable et tellement précieux. Je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt j'espère :)
SGSGSGSGSGSGSGSGSGSGSGSGSGSG
Chapitre XXIII : Une nouvelle ère
Le crépuscule commençait lentement sa course lorsque le square Grimmaurd entra dans une grande effervescence. Des piétinements empressés résonnèrent à tous les étages tandis que chaque occupant se mettait à son poste. Ron et Harry rejoignirent Arthur et Molly afin d'organiser le repas. Après de longues négociations, il fut décidé que le festin serait composé de plusieurs plats froids et chauds pour que chacun y trouve son compte. La matriarche Weasley tint bon tant que possible devant les supplications de Ronald qui lui demandait de réaliser une pyramide de choux à la crème mais lorsque Harry lui fit remarquer qu'il appréciait aussi ce dessert, elle sut que la partie était perdue. Arthur haussa les épaules avec un sourire amusé et tous les quatre se mirent efficacement au travail.
De leur côté, les jumeaux Weasley étaient enfermés comme à leur habitude dans leur chambre. Ginny tenta à quelques reprises de toquer et proposer son aide mais elle fut mal reçue. Vexée, elle s'éloigna de l'antre fraternel où résonnait une farandole de bruits sourds puis stridents pour mieux fouiller les armoires de toutes les chambres à la recherche de pépites insoupçonnées. Elle trouva le coffre à bijoux où Sirius et Harry avaient déniché son pendentif et ses yeux luirent de malice. Elle sélectionna les pierres les plus lumineuses et reposa le coffret là où elle l'avait trouvé. Impatiente de mettre son plan à exécution, la jeune fille descendit vivement les escaliers pour revenir dans le salon.
" Qu'est-ce que tu as trouvé de beau ? , lui demanda Hermione qui remettait en place les sortilèges qu'elle avait déjà utilisés lors de l'anniversaire de la belle rousse.
- Avec la permission du maître de maison, j'aimerais utiliser ces jolis pendentifs, s'exclama-t-elle ravie, en montrant son butin au couple.
- Ma mère aurait horreur de ça… Alors fais en ce que tu veux, avec plaisir, répondit Sirius avec un rictus satisfait. Hermione esquissa un petit rire et reprit :
- Qu'est-ce que tu comptes en faire ? Les porter sur une tenue ?
- Non non non, bien mieux que ça, assura Ginny alors qu'elle les faisait léviter avec sa baguette.
- Amplificatum !", prononça-t-elle d'une voix claire.
Les pierres précieuses passèrent d'une taille relativement petite à celle d'un œuf d'autruche. D'un mouvement de baguette, Ginny les fit tourner sur eux-mêmes et rester au plafond. Les lumières du salon éclairèrent alors les bijoux qui déversèrent des éclats écarlates, émeraudes et ambrés dans toute la pièce. Le trio contempla le résultat avec ravissement.
" C'est magnifique Ginny, bravo, la complimenta Sirius.
- Ça n'était pas très compliqué mais j'adore le rendu final, s'extasia la petite rousse.
- Tu as inventé ta propre boule à facettes ! , lança Hermione, impressionnée.
- Boule à quoi ? demanda son amie, en haussant un sourcil.
- Une invention moldue que l'on retrouve souvent dans les grandes fêtes, expliqua Hermione en se remémorant ses premières fêtes d'anniversaires lorsqu'elle était en primaire.
- Ma mère serait définitivement ulcérée", commenta Sirius en éclatant de rire.
Tous trois contemplèrent un instant encore les faisceaux lumineux de toutes les couleurs puis Sirius abandonna à contre-cœur Hermione pour aller donner un coup de main en cuisine. Cette dernière s'occupa des derniers sortilèges du salon puis monta dans sa chambre pour se préparer.
o O o
Il était un peu plus de vingt heures lorsque la compagnie du Square Grimmaurd termina ses préparatifs. Tonks était arrivée une petite heure avant, ayant été prévenue par Rémus. Elle portait ses cheveux courts avec une teinte rose vif ainsi qu'une robe noire et violette en dentelle qui tombait en élégants drapés jusqu'à ses chaussures. Ginny l'avait accueillie avec le même entrain que les dernières fois et toutes les deux papillonnaient autour des invités, vérifiant que chaque chose était à sa place. Rémus et Arthur faisaient des allers et retours dans la cave, rapportant de belles bouteilles poussiéreuses mais onéreuses. Harry et Ron disposaient les plats dans le salon, sous la direction de Mrs Weasley qui vérifiait que les deux garçons n'emportaient aucun morceau du repas en catimini. Fred et Georges étaient toujours enfermés dans leur chambre, n'ayant pas répondu à de multiples appels des autres habitants.
Hermione quant à elle était dans sa chambre, face au miroir. Elle s'était rapidement changée et tâchait de mettre ses boucles d'oreilles lorsqu'elle entendit une série de petits coups contre la porte.
" Oui ?", lança-t-elle de vive voix, en restant devant le miroir.
La porte s'ouvrit lentement et dans un coin de la glace, elle aperçut la silhouette de Sirius entrer dans la chambre. Il la regarda avec un tendre sourire qui la fit rougir. Le beau brun s'approcha d'elle et posa ses mains contre sa taille.
" Tu es magnifique, murmura-t-il en déposant un baiser dans son cou.
- Tu n'es pas mal non plus", répondit-elle avec un sourire amusé en le dévorant des yeux.
Sirius portait une chemise noire dont il avait relevé les manches pour laisser apparaître ses avant-bras diaphanes. Elle était surmontée d'un veston ébène avec de fines reliures vertes et ocres. Ses cheveux étaient soigneusement peignés et retombaient en boucles sombres sur son visage oblong. Le sorcier s'amusa de l'intensité du regard de la jeune femme tandis qu'elle appréciait ce qu'elle voyait dans le reflet. Il déposa un nouveau baiser au creux de son cou et fit passer une main sur l'épaule de la sorcière. Hermione tourna la tête pour mieux le confronter et ils unirent leurs lèvres dans un baiser délicat.
" Besoin d'un coup de main ? , proposa-t-il.
- Je n'ai plus que celle-ci à mettre et je pourrais descendre", indiqua Hermione en désignant sa boucle d'oreille.
Mais alors qu'elle s'occupait du fermoir, elle entendit le bruit de sa fermeture éclair et eut un frisson en sentant son dos se dénuder. Sirius la regardait avec son éternel sourire narquois. La sorcière leva les yeux au ciel et s'exclama, faussement irritée :
" Cette robe était ajustée comme il le fallait, merci beaucoup.
- Elle me semblait un peu de trop, répondit Sirius sans se départir de son air satisfait.
- Tu as raison, les talons suffiront", répliqua la belle brune en faisant mine de se débarrasser de ses bretelles noires.
Sirius l'arrêta d'un geste et remonta lentement la fermeture éclair. Hermione pouffa et ajusta sa bretelle.
" Regarde-nous", murmura Sirius en désignant le miroir d'un signe de la tête.
Le regard de la jeune femme se fixa sur la glace où leurs visages se reflétaient. Sirius était toujours derrière elle, la main posée sur sa hanche. Ses yeux étaient d'une lueur d'acier. Un sourire satisfait naquit sur les lèvres perlées de la sorcière.
" Tu n'aimes pas ce que tu vois ? , demanda-t-elle sans se retourner.
- Si, beaucoup, répondit-il, résolu. Mais je vois aussi le fossé qu'il y a entre nous.
- Tu es incorrigible… Ce que j'y vois, moi, c'est la promesse d'un bel avenir. Et un homme radieux derrière moi.
- Tu l'es toute autant, conclut Sirius en déposant un baiser sur la tempe d'Hermione. Et j'espère humblement que tu accepteras de porter ça."
Hermione leva les yeux vers lui tandis qu'il lui présentait un pendentif aux cinq pétales écarlates, pourvu d'une mince chaine en or et de deux perles de nacre. La jeune femme eut un hoquet de surprise et un sourire ravagea bientôt son visage. Tandis que Sirius déposait le bijou sur sa nuque, elle releva d'une main ses cheveux pour l'aider dans sa tâche. Elle contempla le résultat avec une satisfaction sans borne. Sirius semblait lui-aussi fier de sa trouvaille.
" Il est magnifique… Merci."
Le sorcier adressa un dernier sourire satisfait devant la glace et murmura :
« On y va ? »
o O o
Les deux amants quittèrent la chambre pour emprunter les escaliers. Les bruits de la soirée résonnaient déjà dans le salon de Grimmaurd. Arthur et Molly étaient en grande conversation avec Rémus, tandis que Harry et Ron profitaient du buffet bien mérité. De la musique résonnait à travers le vieux gramophone de la maison. Les sortilèges d'Hermione ainsi que les pierres précieuses ramenées par Ginny diffusaient des lumières vives et chaleureuses dans tout le hall. Tonks, qui était partie chercher deux verres de bièraubeurre, retrouva la petite rousse dans le couloir, près de l'escalier. Elles trinquèrent toutes les deux avec enthousiasme.
" C'est magnifique ce que vous avez accompli ici, commenta la métamorphomage.
- Tout le monde y a mis du sien ! Il fallait marquer le coup pour cette dernière soirée, expliqua Ginny avec ravissement.
- Je vois que toute la quincaillerie de la mère Black y est passé, brillante idée !
- Tu l'as souvent vu étant petite ?
- Le moins possible. Mes parents ont été rayés de l'arbre familial dès qu'ils se sont mariés, expliqua Tonks tandis que ses cheveux viraient au noir corbeau. Mais il est arrivé qu'on les rencontre à quelques occasions… Walburga était une harpie. Une vieille folle aigrie, obsédée par ses ascendances de Sang-pur… Ma mère la haïssait.
- Elle fait froid dans le dos, confirma Ginny, écœurée par le récit de son amie. Je ne l'ai entendue qu'une seule fois durant le séjour : Kreattur prétend qu'il a trébuché sur les rideaux en cherchant à les nettoyer… C'était horrible. Elle vociférait des insultes aux malheureux qui se trouvaient près d'elle.
- C'était déjà sa marque de fabrique à l'époque, répondit Tonks en hochant la tête d'un air entendu.
- Espérons qu'un de ces jours, quelqu'un trouve le moyen de décrocher ce vieux tableau de là.
- Je l'espère de tout cœur Gin… Mais tu connais le dicton, les vieilles et vilaines choses prennent souvent le plus de temps à disparaître, conclut la jeune femme en haussant les épaules. En parlant de la famille Black, où se trouve mon cousin, miraculeusement sain d'esprit ?
- Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu descendre…", répondait Ginny.
Mais alors qu'elle terminait sa phrase, les deux femmes entendirent des bruits de pas au-dessus d'elles. Tonks leva la tête et un sourire goguenard s'étala sur ses lèvres tandis que ses cheveux reprenaient leur rose initial. Ginny se retourna pour regarder dans sa direction et haussa les épaules avec un rire espiègle.
Sirius et Hermione descendaient les escaliers côte à côte, resplendissants. Le premier affichait un air radieux tandis qu'il chuchotait quelques mots à sa compagne qui le regardait avec amusement. La jeune femme portait une robe noire comportant de fines bretelles et un décolleté en cœur. Celle-ci était surmontée d'un ruban de satin blanc pour marquer la taille et s'évasait ensuite en cloche jusqu'à ses genoux. Ses cheveux tombaient en de lourdes boucles sur ses épaules, une simple barrette en perles les tirant derrière sa nuque. Ses joues étaient roses de plaisir. Le spectacle n'échappa pas à Nymphadora qui remarqua, narquoise :
" Voyez-vous cela : lorsqu'on parle du loup… Je vois que mon cousin est bien entouré.
- Mmh euh oui, Sirius et Hermione s'entendent bien, répondit vivement Ginny en s'efforçant de paraître naturelle.
- Ils ont l'air oui… Une entente pareille pourrait faire des envieux, continua Tonks.
- C'est… euh… oui, c'est… c'est bien, s'embourba la petite rousse en s'intéressant brusquement à son verre de bièraubeurre pour éviter le regard scrutateur de son amie.
- Bah, grand bien leur fasse, finit par dire la sorcière aux cheveux roses après les avoir longuement observé. Certains devraient prendre exemple sur eux et se jeter à l'eau."
Ginny voulut demander à qui Tonks faisait référence, mais alors le couple arriva à leur hauteur.
" Cousine, salua Sirius avec un sourire entendu.
- Cousin, répondit cette dernière avec un signe de tête. Je n'ai jamais autant fréquenté Grimmaurd que depuis que tu l'as repris. Tu redonnes tout son honneur à cette maison.
- J'essaye désespérément de faire disparaître les fantômes du passé, se moqua-t-il avec un haussement d'épaules.
- Tout le monde a commencé sans vous, il est temps de rejoindre le groupe", le gratifia-t-elle avec un rictus amusé.
L'hôte de maison eut un regard interloqué mais se laissa guider dans le salon où la fête battait son plein, en compagnie d'Hermione et de Ginny.
Alors qu'il se servait un verre, Sirius vit du coin de l'œil Harry arriver dans sa direction. Tous deux trinquèrent et échangèrent longuement sur la prochaine venue du jeune homme. Rémus les rejoignit et tous trois bavardèrent simplement, en oubliant pour un temps leur quotidien incertain. Hermione quant à elle se dirigea vers le buffet avec Ginny et se servit en petits fours.
" C'est délicieux Mrs Weasley, s'exclama-t-elle auprès de la sorcière ainée.
- Je te remercie ma chérie, répondit cette dernière. Les garçons m'ont bien assisté.
- Il y a peut-être un choix de carrière qui s'offre à toi Ronald, lança Hermione avec un sourire amusé en direction de son ami qui prenait lui-aussi une bouchée.
- Je ne sais pas trop Mione. Je pense que j'aime surtout être autour de la table plutôt que dans les cuisines, répondit le rouquin avec un rire insouciant.
- Je vois ça…", dit la belle brune avec espièglerie en utilisant sa serviette pour déloger un morceau de crème pâtissière de la joue de son ami.
Ron se mit alors à rougir fortement et bredouilla une excuse maladroite. Ginny le regarda faire en haussant un sourcil circonspect.
o O o
La soirée se déroula dans un parfait esprit de convivialité et d'insouciance. Chaque personne présente au square Grimmaurd ce soir-là profita au mieux des invités et de la bonne humeur générale et ils se souviendraient de cette nuit bien longtemps après. La seule étrangeté fut l'absence des jumeaux Weasley durant les premières heures de la fête. En effet, Fred et George n'avaient toujours pas pointé le bout de leur nez et lorsque quelqu'un demandait où ils étaient, ni Molly ni Ginny n'étaient en mesure de répondre. Alors que les dix heures sonnaient sur la vieille pendule du salon, un air familier monta du gramophone. Hermione se retourna vivement vers Sirius et Rémus en entendant les premières notes de Rock the Casbah. Les deux sorciers eurent le même sursaut que la jeune femme et le trio éclata de rire, laissant les autres invités interloqués. Sirius se releva vivement du canapé et entraîna Rémus à sa suite.
" On ne peut pas manquer ça !", s'exclama-t-il alors qu'il rejoignait le centre du salon.
Hermione les retrouva aussitôt et tous trois se mirent à danser comme ils l'avaient fait bien des semaines auparavant. « Une éternité auparavant » songea la jeune femme qui regardait Sirius non sans une certaine émotion. Ce dernier le sentit et lui adressa un fervent regard. L'enthousiasme du trio fut contagieux et bientôt, le couple Weasley se lança lui-aussi dans des pas de danse rythmés. Arthur faisant tournoyer Molly provoqua des éclats de rire chez Ginny et Ron mais ils se joignirent bien vite à la partie. Harry se posta près de Sirius et toute la compagnie bougea frénétiquement au son des Clash. La chanson se termina trop vite à leur goût et ils continuèrent de danser au rythme du gramophone pendant une longue heure.
Sur les coups de onze heures, la compagnie vit enfin les jumeaux débarquer, un air béat sur le visage.
" Où étiez-vous donc passés vous deux ?! Vous avez loupé presque toute la fête, s'écria Molly en mettant ses poings sur ses hanches.
- Au contraire madame ! , s'exclama Fred.
- La soirée ne fait que commencer… , ajouta George.
- On vous a concocté une surprise de taille !
- Elle se tiendra au jardin. Mais en attendant, si l'hôte de maison pouvait nous faire l'honneur de faire un petit discours, conclut George en indiquant Sirius d'un mouvement de tête.
Ce dernier haussa les sourcils vers les deux jumeaux.
- Allez Sirius, quelques mots ! , l'encouragea George.
- Pour nous remercier de cette présence chaleureuse et de cet entrain sans faille dont nous avons fait preuve pendant ces vacances.
- Et de la restauration du square Grimmaurd par nos petites mains habiles."
Sirius eut un rire franc et secoua la tête. Les encouragements des jumeaux furent accompagnés par des acclamations de Ron et Harry. Rémus regarda avec un air goguenard son meilleur ami et le poussa gentiment au centre de l'assemblée.
" Bien… Puisqu'il le faut, commença Sirius en prenant un verre et en se tournant vers son auditoire. Chers amis, au nom de la très grande et très prestigieuse maison des Black, je tiens à vous remercier d'avoir ensoleillé mes journées ici. Votre présence a redonné ses lettres de noblesse à cette maison et m'a aidé à la supporter un peu plus."
Le regard de Sirius s'attardait tour à tour sur chacun de ses compagnons. Hermione serra son verre avec émotion.
" Ces dernières semaines ont été un enchantement sans fin. Malgré la misère, malgré la peur, nous avons réussi à créer une sorte de cocon accueillant et nous avons su nous protéger les uns les autres… Je regrette de vous voir partir dès demain."
Son regard se centra sur Hermione un bref instant puis il reprit.
" Harry, dit-il en regardant son filleul, sache que cette maison t'appartient tout autant qu'à moi. Lorsque les circonstances seront plus clémentes, je t'accueillerais avec plaisir et nous pourrons enfin former une famille comme nous l'entendons."
Le jeune garçon esquissa un sourire ému et hocha frénétiquement la tête tandis que Ron lui adressait une accolade amicale.
" Et vous tous ici présents, sachez que les portes du square Grimmaurd vous seront toujours ouvertes. Vous êtes ici chez vous.", conclut l'animagus en levant son verre vers l'assemblée.
" À nous.
- À nous !", s'exclamèrent en cœur les sorciers et sorcières autour de lui.
Molly tamponna ses yeux d'un mouchoir donné discrètement par Arthur tandis que Ginny se tournait avec enthousiasme vers Hermione. Cette dernière répondit à son sourire et but une gorgée pour empêcher les larmes de monter. Elle tourna la tête vers Sirius qui la regardait en souriant. Il lui adressa un vif clin d'œil auquel elle accorda un hochement de tête. La compagnie trinqua une fois de plus et reprit le cours de leurs conversations. Lorsque minuit approcha, les jumeaux Weasley posèrent un pied sur la banquette du salon, au grand désespoir de Molly qui les fusilla d'un regard noir.
" Sorcières et sorciers…
- Si vous voulez bien vous donner la peine de vous rendre dans le jardin…
- Le spectacle va commencer !"
Impatients et curieux, les compagnons se pressèrent vers les portes du jardin et s'installèrent sur le petit muret. Il faisait nuit noire à l'extérieur, malgré le pétillement de quelques étoiles lointaines. Sirius profita de l'obscurité générale pour se rapprocher d'Hermione. Celle-ci sentit sa main contre sa taille et soupira d'aise. Les jumeaux se plantèrent devant l'assemblée interdite et enfourchèrent leurs balais.
" Après de longues recherches…, lança Fred.
- Et de nombreux échecs…, reprit George.
- Nous sommes fiers de vous présenter en exclusivité : la gamme de produits Weasley !"
Ils décollèrent alors haut dans le ciel et lancèrent tour à tour de longues fusées bleues et vertes qui éclatèrent en de somptueux feux d'artifice. Des gerbes d'étincelles de toutes les couleurs crevèrent le ciel et pétaradèrent. La compagnie poussa des cris enthousiastes face à ce spectacle. Même Mrs Weasley fut ébahie par les créations des jumeaux et les salua de vifs applaudissements. Les feux d'artifice éclatèrent tour à tour dans le ciel, illuminant le jardin Grimmaurd en un festival de lumière et de couleurs. Hermione s'extasia devant le spectacle et se saisit de la main de Sirius qu'elle serra fort contre elle. Elle sentit ce dernier sourire derrière elle et renforcer son étreinte. Le spectacle dura encore quelques minutes avant que les jumeaux ne reviennent dans le jardin, leurs balais à la main. Ils furent acclamés par l'ensemble des invités.
" C'était génial ! s'écria Ron en arrivant à leur hauteur.
- Ils sont merveilleux, confirma Ginny avec enthousiasme. Je comprends pourquoi vous êtes restés si longtemps enfermés dans votre chambre !
- Un grand spectacle implique de grands préparatifs… , affirma Fred en hochant la tête d'un air satisfait.
- Ça n'est qu'un échantillon pour le moment que nous aimerions développer par la suite, expliqua George.
- On voudrait leur donner toutes sortes de formes ! Des pétards et des fusées.
- Des flambées qui prononceraient des jurons.
- Des cochons volants.
- Et même des dragons !
- Ne soyez pas trop hâtifs, les réprima Ginny avec un sourire amusé.
- Et vous leur donnerez quel nom ? , demanda Ron qui ne se lassait pas du spectacle.
- Quelque chose comme Feuxfous…
- Ou Fuseboum, on n'est pas encore fixés.
- C'était un sacré spectacle les garçons, merci, annonça alors Sirius qui arrivait près d'eux.
- Merci Patmol !
- On te fera un prix lorsqu'ils seront sur le marché", assura Fred.
Le groupe éclata de rire de bon cœur et retourna à l'intérieur pour profiter encore de la fête. Ce n'est qu'aux environs d'une heure du matin que la compagnie commença peu à peu à aller se coucher. Arthur insista lourdement pour que les plus jeunes montent vite afin de ne pas manquer le réveil. Le quatuor ronchonna mais comprit qu'ils n'auraient pas le dernier mot. À la suite, ils montèrent à l'étage se coucher. Dans les escaliers, Hermione lança un regard entendu à Sirius qui hocha la tête avec un sourire. Satisfaite, elle se rendit dans sa chambre en compagnie de Ginny.
o O o
Quelques temps après, leur porte s'ouvrit délicatement. Hermione lança des regards à gauche et à droite. Aucune lumière ne traversait les portes voisines. Elle sortit en catimini de la chambre et prit les escaliers. Une fois arrivée devant la porte de Sirius, elle toqua doucement puis ouvrit la poignée. Sirius était debout devant son lit, en train d'enlever son veston. Il tourna la tête vers elle et lui adressa un tendre sourire. Hermione passa le pas de la porte qu'elle referma d'un geste sûr. Tous deux se contemplèrent un long moment avant que la jeune femme ne se dirige à pas précipités vers le sorcier. Sirius l'accueillit dans ses bras et ils s'embrassèrent avec empressement. Hermione noua ses bras autour de son cou et se haussa sur la pointe des pieds.
Les mains de Sirius étaient déjà enveloppées dans sa chevelure relâchée, accentuant leur rapprochement. Leurs lèvres se rencontraient encore et encore avec la même ferveur. L'animagus fit descendre une main dans le dos de la jeune femme et tira sur la fermeture tandis que l'autre se reposait sur sa nuque. Hermione continua de l'embrasser et s'occupa de déboutonner la chemise de son amant. Lorsque la robe rejoignit le sol, les lèvres de Sirius se dirigèrent vers le cou de la jeune femme où il déposa une série de baisers qui la firent frémir. Elle s'attaqua ensuite aux boutons de son pantalon qui vint choir à ses pieds. Bientôt, tous deux se retrouvèrent dans leur plus simple apparat.
Sirius la guida vers le lit où Hermione s'allongea langoureusement. Il vint de nouveau l'embrasser avec ferveur, ses mains lui administrant des caresses fiévreuses. D'une main, il vint se saisir du téton dressé de la jeune femme et commença à le malaxer, tandis que de l'autre il laissa glisser ses doigts près de son intimité. Hermione ouvrit davantage les lèvres pour accéder à la langue de son partenaire et la fit rencontrer la sienne. Ses gémissements parvenaient aux oreilles de Sirius qui n'en continuait que plus intensément. Lorsque ses doigts atteignirent son clitoris, Hermione laissa échapper un hoquet de satisfaction. La bouche du brun quitta la sienne à regret pour mieux embrasser ses seins durcis. Puis il descendit davantage, laissant une foule de baisers sur son ventre, pendant qu'il enfonçait lentement un doigt en elle. Hermione gémit de plus belle et se tint à la tête de lit en se cambrant encore plus. La main de Sirius déserta son sein pour mieux reposer sur son ventre et la maintenir dans cette position tandis qu'il dardait sa langue sur son clitoris. Un nouveau gémissement vint accueillir sa présence. Il conserva sa tête entre les jambes de la jeune femme et commença à la caresser avec sa bouche tandis que son doigt faisait de lents mouvements en elle. Hermione soupirait d'aise en profitant des attentions lascives dont elle faisait l'objet. Ses hanches ondulèrent sous les coups de plaisir. Lorsqu'il la sentit prête, Sirius introduit un second doigt en elle et continua ses vas-et-viens. Sa langue explorait les plis de ses lèvres et s'attardait sur son clitoris. Il se laissait guider par les soupirs et les bruits produits par son amante et se sentait durcir rien qu'à l'écoute de ses sons. Hermione lâcha d'une main la tête de lit pour la plonger dans les boucles brunes de son partenaire. Sirius manqua de sourire quand il sentit sa volonté de le presser davantage contre elle. Il continua de lui donner du plaisir jusqu'à ce qu'il l'entende murmurer :
" Sirius, j'ai envie de toi."
Alors il releva la tête et la quitta à regret. Hermione se redressa et le fit s'adosser contre la tête de lit. Hésitante, elle fixait ses lèvres. Sirius franchit bien vite l'espace entre eux et unit leurs lèvres en un baiser fougueux. Leurs langues s'entremêlèrent tandis que la main d'Hermione descendait sinueusement vers son bas-ventre. Le grand brun poussa un grognement étouffé lorsqu'il sentit les doigts de la jeune femme entourer son sexe. Il s'assied et prit davantage appui sur la tête de lit tandis qu'Hermione exécutait des vas-et-viens sur son intimité. Bientôt, ses soupirs devinrent rauques. La sorcière leva les yeux vers lui, où brillait une flamme incandescente. Elle se baissa pour venir à la rencontre de son sexe durci. Le grand brun hoqueta en sentant la pression de ses lèvres contre lui. Hermione déposa un léger baiser sur l'extrémité puis l'effleura de toute sa longueur avec sa langue.
" Merlin Hermione"
En entendant la voix rauque de son partenaire, Hermione frémit d'impatience et recommença l'opération. Elle fit passer plusieurs fois sa langue sur le sexe dressé devant elle, arrachant à Sirius des gémissements étouffés.
" Hermione, je t'en prie, ça ne peut plus attendre", murmura-t-il d'une voix étranglée.
Elle ne pouvait être plus d'accord et ainsi, elle se releva pour lui faire face. Sirius se décolla du dossier en bois et vint à la rencontre de ses lèvres. Il resta assis sur le lit tandis qu'Hermione se positionnait entre ses jambes. Après quelques maladresses, elle parvint à s'asseoir sur lui, sa jambe gauche coincée derrière le dos de son partenaire. Hermione murmura un sort de contraception tandis que Sirius embrassait son cou et la naissance de ses seins.
En une poussée, il fut en elle. Tous deux soupirèrent à l'unisson et commencèrent à bouger. Hermione faisait onduler ses hanches autour de Sirius qui la maintenait tout contre lui. Sa main se crispa sur son bassin à mesure qu'elle accentuait les coups. Ne voulant pas être en reste, il commença à accélérer la cadence afin que son sexe la rencontre plus vite et plus fort. Hermione haletait sous les vas-et-viens effrénés. Elle noua ses bras autour du cou de son amant et laissa tomber sa tête en arrière. Sa lourde chevelure lui caressait le dos. Sirius baissa la tête pour se saisir des mamelons dressés devant lui et les lécha avec avidité. La chambre se remplie bien vite de leurs gémissements de plaisir. Hermione prit appui sur sa jambe pour s'élever et accentuer les mouvements de vas-et-viens entre eux. Sirius émit des grognements plus rauques à mesure qu'il plongeait en elle comme un désespéré.
" Encore… encore… ", balbutiait Hermione qui sentait la pression des mains de Sirius s'accentuer sur elle.
Elle leva davantage son bassin pour lui permettre d'atteindre un angle plus profond et fut remerciée par des éclats de voix venant de lui. Sirius mit une main sous son genou pour la maintenir pressée contre lui tandis que l'autre restait sur son dos pour mieux la porter. Les vas-et-viens devinrent plus saccadés encore et il sentit qu'il craquerait vite.
" Hermione… Je ne vais pas pouvoir tenir plus longtemps… ", murmura-t-il d'une voix hachée tandis qu'il donnait des coups énergiques de bassin pour rencontrer chaque poussée d'Hermione.
" Oui… Oui… ", gémissait la jeune femme qui sentait la friction délicieuse de son clitoris contre lui à chaque nouveau mouvement.
Sirius essaya tant que possible de continuer cette danse endiablée mais une énième contraction des parois du vagin de sa partenaire eut raison de lui et il vint en un instant, criant son nom. Hermione sentit les dernières barrières de son amant s'écrouler et le plaisir pulser en elle. Ses hanches continuèrent leurs vas-et-viens tandis que Sirius flottait quelque part entre conscience et inconscience. Il reprit ses esprits après un long moment et laissa sa tête tomber sur la poitrine de son amante. Hermione se rassied sur lui et l'entoura de ses bras. Ils restèrent ainsi une longue minute avant de se séparer à regret.
Hermione se releva la première et nettoya les conséquences de leurs ébats tandis que Sirius se laissait tomber sur l'oreiller, les bras en croix. Elle le rejoignit bien vite, s'allongeant sur son torse. Tous deux poussèrent un soupir de contentement. Hermione distinguait le battement encore frénétique du cœur de son amant et esquissa un sourire alangui. Sirius surprit son regard et déclara, d'une voix encore tremblante.
" Je suis désolé…
- Désolé ? , demanda interloquée la jeune femme.
- J'aurais aimé tenir plus mais c'était trop dur… Tu étais beaucoup trop envoûtante", expliqua-t-il en tachant de cacher la honte qu'il ressentait.
Hermione éclata de rire et releva la tête pour le confronter.
" Tu n'es pas sérieusement en train de t'excuser pour m'avoir donné du plaisir ? , dit-elle, éberluée.
- Non mais… J'aurais aimé faire plus. Je suis le seul à avoir franchi la limite, répondit le sorcier, mal à l'aise.
- Sirius, j'ai adoré ce qu'on vient de faire ensemble. Et ça n'est pas parce que je ne me suis pas épanchée en hurlements tonitruants que je n'ai pas ressenti de plaisir, expliqua Hermione.
- Tu t'es un peu épanchée en hurlements tonitruants çà et là, ponctua Sirius.
- Merlin… , soupira Hermione en levant les yeux au ciel. Tu sais, tu n'es pas difficile à comprendre Sirius.
L'intéressé haussa un sourcil.
- Tu prends toujours un air nonchalant avant d'évoquer les angoisses qui te tiennent à cœur et ensuite tu contrebalances ça avec une petite pointe d'humour pour que tout passe inaperçu."
Sirius regarda Hermione avec des yeux ronds. Celle-ci affichait son air satisfait de Miss-Je-sais-tout. L'animagus afficha une mine catastrophée et serra davantage la jeune femme contre lui.
" Mon existence vient d'être percée à jour, c'est une catastrophe… Je suis désolé Hermione mais je peux pas te laisser en vie sous peine de tout perdre… Il faut que je te cache quelque part. Dans un endroit où on ne pourra pas te retrouver…"
Hermione éclata de rire à son tour et tenta de repousser les bras de Sirius qui l'enserraient tout contre lui. Les amants luttèrent quelques instants jusqu'à ce que leurs efforts éreintants ne se rappellent à leur bon souvenir. Ils demeurèrent allongés l'un contre l'autre, les doigts entremêlés.
" Je n'ai pas envie de dormir… , reprit Hermione après une longue parenthèse.
Sirius lui jeta un regard et soupira.
- D'accord, d'accord… Laisse-moi une seconde chance, je te promets que j'arriverais à te faire atteindre le nirvana, répondit-il en passant une main sous le genou de la jeune femme.
- Ça n'est pas à ça que je faisais référence, s'écria-t-elle en un éclat de rire. Je ne veux pas que ce séjour s'achève… Qu'est-ce que tu vas faire tout seul, dans cette maison, livrée à toi-même ?
- Et qu'est-ce que tu vas faire toute seule dans ce grand château ? Livrée à toi-même et à une bibliothèque monstrueuse ?
- Je n'en ai aucune idée, pouffa la sorcière.
- Rémus restera quelques jours avec moi… Histoire de temporiser. Et puis l'Ordre commence tout juste à reprendre du service. Je n'aurais pas un moment à moi dans ce quartier général.
- Tu penseras à moi de temps en temps ? , demanda Hermione en levant les yeux vers lui.
- Aucune chance, répondit Sirius en hochant négativement la tête. D'ailleurs, je compte m'oublietter sitôt que tu auras franchi cette porte… Mesure de précaution pour ma santé mentale.
- Sois sérieux, gloussa-t-elle tandis qu'elle le gratifiait d'un coup sur l'épaule.
- Je t'enverrais plein de hiboux avec des lettres enflammées. J'apparaîtrais de temps à autre dans la cheminée de la salle commune, alors reste toujours vigilante. J'escaladerai le dortoir des filles pour te retrouver, énuméra l'animagus en déposant des baisers sur le front d'Hermione.
- Aucune chance que tu franchisses l'enceinte, les portes de Poudlard sont bien gardées… Tu le saurais si tu avais lu… , objecta Hermione avec un sourire.
- Si tu finis cette phrase, je te laisse dormir sans un second tour de batifolages effrénés, la coupa Sirius en posant ses doigts sur ses lèvres.
- Tu es partant pour un second tour ? , demanda-t-elle, surprise.
- Tu n'as pas envie de dormir de toute façon, non ?" , répondit le sorcier en lui adressant un sourire en coin.
Un sourire resplendissant prit place sur le visage de la jeune femme tandis qu'elle relevait la tête pour unir ses lèvres à celles de son compagnon. Sirius approfondit le baiser et déposa sa main sur sa joue. Il la caressa lentement, avec une dévotion infinie, et se pressa contre elle. La chambre résonna bien vite de nouveaux éclats de voix.
o O o
" Hermione…
- Mmh…
- Trésor, il faut que tu te réveilles."
La belle brune grogna contre son oreiller et leva difficilement le bras en direction de la voix qui l'importunait. Ses doigts trouvèrent les lèvres de Sirius et se plaquèrent sur elles. L'animagus pouffa de rire et embrassa chaque phalange avec tendresse. Hermione fronça les sourcils mais parvint à se redresser vers son compagnon et ouvrir avec difficulté les yeux. Le soleil rayonnait dans la pièce. Elle était emmitouflée dans les draps, Sirius à ses côtés. Il la regardait avec une lueur d'amusement qui n'atteignait toutefois pas ses yeux.
" J'ai dormi longtemps ? , marmonna-t-elle alors qu'elle reprenait ses esprits.
- Longtemps non, après nos exploits de la nuit passée, mais suffisamment pour rejoindre les autres habitants.
- Quelle heure est-il ?
- Il est un peu plus de huit heures."
Hermione se réveilla tout à fait et se redressa en grimaçant.
" Il faut que je me dépêche…
- Les autres viennent de sortir de leur chambre, tu as le temps pour un petit-déjeuner, la rassura Sirius qui passait une main sur son épaule.
- Maugrey nous a dit de nous retrouver à dix heures et demie à la gare de King's Cross. Ça me laisse juste le temps pour déjeuner et terminer ma valise", reprit la sorcière.
Sirius ressentit alors un étau contracter sa cage thoracique. Il savait parfaitement que cette matinée serait expéditive mais il n'était pas prêt à la laisser partir. Le grand brun avait eu beau jouer à l'insouciant, il se retrouvait maintenant à court de mots, et avec un poids sur le cœur. Hermione enfila la robe qu'elle portait la veille mais laissa ses chaussures au pied du lit. Elle se retourna vers lui avec un air interrogateur.
" Tu ne t'habilles pas ?
- Si, bien sûr", répondit-il dans un souffle.
La belle brune l'observa tandis qu'il fermait les crans de son pantalon et enfilait sa chemise. Elle fit courir une dernière fois son regard sur son torse et ses bras tatoués, sur sa peau diaphane, sur son réseau de cicatrices. Combien de temps mettraient-ils avant de se revoir ?
Comme s'il avait lu dans ses pensées, Sirius reprit la parole.
" Quand est-ce que l'on se reverra ? , lui demanda-t-il en levant son regard anthracite vers elle.
Hermione resta à court de mots pendant quelques secondes et bafouilla :
- Pas avant les prochaines vacances j'imagine… Celles de novembre
Pris au dépourvu, Sirius la regarda avec davantage d'insistance.
- Pourquoi attendre les vacances ? Nous pouvons nous retrouver à Poudlard ou ailleurs, s'exclama-t-il, décontenancé.
Ce fut au tour d'Hermione d'ouvrir de grands yeux.
- Et risquer de te faire repérer par le Ministère ?! Tu n'y songes pas j'espère, lui répondit-elle catastrophée.
- Je resterai discret, personne ne sera en mesure de dire que je suis dans les parages !
- Sirius, la moitié de la communauté magique est à tes trousses… et l'autre moitié se fera un plaisir de te dénoncer aux autorités s'ils t'aperçoivent rôdant près de Poudlard ou dans les environs de Pré-au-Lard. C'est trop risqué ! s'exclama la jeune femme, d'une voix épouvantée.
Tous deux se firent face à face dans la chambre, avec le même air désemparé sur le visage.
- Mais comment est-ce qu'on va tenir tout ce temps ?" murmura Sirius, autant pour Hermione que pour lui-même.
Hermione eut l'impression qu'une eau glacée engourdissait ses membres. Le ton qu'il avait employé l'avait déstabilisé pour de bon. Cette angoisse, cette incompréhension dans son regard… La jeune femme comprit alors que derrière ses bravaches, Sirius était aussi vulnérable qu'elle et que son départ serait vécu comme un véritable adieu. Elle sentit une foule de remords l'étreindre et ne put soutenir son regard. Sirius, lui, était comme stupéfié. Il ne s'attendait pas à ce qu'Hermione n'ait pas de plan de secours pour qu'ils puissent se retrouver le plus vite possible. Il ne comprenait pas comment elle avait pu accepter leur séparation aussi longtemps. Mais à bien y regarder, elle avait raison. Que pouvaient-ils faire de mieux que d'attendre qu'elle soit libre d'aller et venir pendant les vacances ? Alors qu'il la voyait faire un pas vers lui, ils entendirent une série de coups contre la porte et une voix chuchoter :
" Vous êtes encore là les tourtereaux ? Il faut que vous descendiez, ma mère ne va pas tarder à monter dans les chambres."
Hermione et Sirius soupirèrent en reconnaissant la voix empressée de Ginny. Alors que Sirius s'apprêtait à ouvrir la porte, la main d'Hermione l'arrêta en plein vol. Il tourna les yeux vers elle et avant même de pouvoir objecter, il sentit les lèvres de celle-ci s'abattre sur lui. Hermione l'embrassa désespérément, se pressant fort contre lui. Puis elle s'éloigna aussi rapidement qu'elle l'avait approché et ouvrit la porte. Ginny les attendait avec un air gêné. Hermione hocha la tête et descendit en trombe. Sirius resta un moment dans l'encadrement de la porte, interdit.
o O o
Le déjeuner fut rythmé par les frénésies habituelles dès qu' il est question de rentrée scolaire. Molly courait dans tous les sens à la recherche d'affaires oubliées tandis qu'Arthur faisait un énième point sur le règlement intérieur de l'école, à destination des jumeaux mais en lançant aussi de vifs coups d'œil vers Ron et Harry. Ginny s'amusait de l'effervescence autour d'elle, répondant à chaque fois à l'affirmative aux questions de sa mère. Sirius était le seul adulte autour de la table à ne pas prendre part à ses préparatifs. Il remuait négligemment une cuillère dans le thé qu'il avait laissé refroidir. De temps à autre, son regard se portait sur Hermione et cette dernière sentait son cœur se nouer. Harry remarqua la mine sombre de son parrain mais fut bien en peine de le réconforter. Pour la première fois depuis sa scolaire, il n'avait pas hâte de regagner Poudlard, qu'il avait toujours considéré comme sa maison. Dorénavant, il avait un autre chez-lui, le square Grimmaurd, avec son parrain à ses côtés. Et il aurait aimé en profiter davantage que quelques semaines d'été. Les deux hommes se jetèrent un regard entendu.
Le déjeuner s'acheva rapidement et chaque invité remonta dans sa chambre afin de boucler ses valises. Ginny passa une main amicale dans le dos de son amie alors qu'elle fermait son sac. Hermione avait l'impression de quitter son foyer. Le square Grimmaurd l'avait accueillie durant la majorité des vacances et il lui semblait qu'elle laissait une part d'elle-même entre ses murs. La jeune femme se changea et déposa sa robe de soirée dans sa valise. Elle rassembla ses dernières affaires et ferma son bagage d'un coup sec. Un long soupir franchit ses lèvres.
" Allez… Les premiers mois vont passer vite, vous croulerez sous le travail et tu n'auras pas le temps de voir venir les prochaines vacances, l'encouragea son amie en fermant également sa valise.
- Tu as raison Gin. C'est juste que je m'attendais pas à ressentir tant de tristesse à quitter Grimmaurd. C'est la première fois que je ne ressens pas d'enthousiasme à l'idée de rentrer à Poudlard, répondit Hermione en se tournant vers sa camarade.
- Qu'avez-vous fait d'Hermione Granger par la barbe de Merlin ? , s'exclama la petite rousse d'un air faussement catastrophée.
- Elle est tombée sous le charme d'un sorcier irrésistible, soupira-t-elle avec un sourire crispé.
- Donne-moi son nom que je m'occupe de lui", lança une voix masculine en provenance du couloir.
Les deux jeunes femmes sursautèrent et leur regard se dirigea vivement vers l'entrée de leur chambre où Sirius était adossé, la mine contrit. Hermione esquissa le même sourire triste tandis que Ginny faisait un pas vers lui.
" Je vais vous laisser, indiqua-t-elle en prenant la porte. Vous n'avez qu'un petit quart d'heure, je vous conseille de ne pas traîner."
Sirius la remercia avec un éclat de rire sans joie et prit place à côté d'Hermione, sur le lit.
" Je suis désolé."
La jeune femme haussa un sourcil en entendant son compagnon. Sirius plongea son regard dans le sien et reprit :
"J'ai paniqué. Je n'avais pas pensé que la séparation serait si longue, je pensais qu'on arriverait à… je ne sais pas ce que j'espérais, expliqua-t-il avec une voix rauque.
- Moi non plus, je n'y pensais pas. Enfin, j'essayais de ne pas y penser…, avoua la sorcière en passant une main dans la sienne.
- Ce que cette maison va faire vide sans toi", décocha Sirius avec un rire amer.
Hermione le regarda longuement, peinée. Puis elle leva la tête et se dirigea vers sa valise. Elle l'ouvrit et fouilla durant quelques secondes. Sirius la regarda, interloqué. La jeune femme trouva enfin ce qu'elle était venue chercher et lui présenta la robe qu'elle avait mise lors de l'anniversaire de Ginny.
" Je doute que je puisse rentrer dedans, la taquina Sirius.
Hermione leva les yeux au ciel et la conserva tendue devant lui.
- C'est un souvenir. Un rappel de ce qu'on a vécu ici. Garde-la."
Le grand brun l'accepta et esquissa un sourire, véritable cette fois, à sa partenaire.
" Tu veux que je te donne une de mes chemises ?"
Hermione émit un petit rire et plongea la main sous son t-shirt où elle en sortit le pendentif qu'il lui avait donné la veille.
" Moi j'ai déjà ça… Et puis il est possible que j'en ai déjà embarquée une, cachée tout au fond de mes affaires, ajouta-t-elle avec un clin d'œil.
- Toujours aussi prévoyante", remarqua Sirius en hochant la tête, amusé.
Hermione se pencha alors vers lui pour capturer ses lèvres. Le sorcier releva davantage la tête pour approfondir leur baiser. Il sentit les mains d'Hermione sur ses joues, l'amenant tout contre elle et se perdit dans la passion de leur étreinte. Leurs lèvres s'étreignirent jusqu'à ce qu'ils en perdent leur souffle. Sirius se releva alors du lit et la prit dans ses bras. Hermione nicha son visage dans son cou et inspira longuement. Elle sentait poindre les larmes mais tentait de les ralentir coûte que coûte. Sirius quant à lui déposait une série de baisers dans son cou, ses mains fermement plaquées dans son dos. Il entendait les battements frénétiques de son cœur et le désarroi qui tambourinait dans son esprit. Tous deux restèrent longtemps ainsi.
" Au revoir Sirius", murmura enfin Hermione dans un sanglot.
Ce dernier releva la tête pour mieux la contempler. La douleur dans son regard lui fit l'effet d'un coup de poing. Il caressa lentement sa joue et fit un suprême effort pour lui sourire.
" Au revoir Hermione", répondit-il dans un souffle.
Tous deux s'embrassèrent une dernière fois, tentant d'ancrer ce souvenir dans leur mémoire jusqu'à leurs prochaines retrouvailles. Leurs lèvres ne se détachèrent qu'à regret, les laissant pantelants. Sirius la serra une dernière fois dans ses bras et fit un pas de côté. Hermione souffla profondément afin de faire disparaître les larmes et se résolut à quitter la chambre. Alors qu'elle mettait une main sur sa valise, Sirius hocha la tête et s'occupa de la lui prendre. Elle le remercia dans un murmure et ouvrit la porte.
Tous deux descendirent les escaliers et retrouvèrent la famille Weasley au complet, leurs sacs flottant à côté d'eux. Harry se tenait un peu à l'écart, près du salon. Sirius le rejoignit pour profiter d'un dernier moment avec son filleul. Hermione de son côté retrouva les Weasley et posa sa valise à côté d'eux.
" Tu n'as rien oublié ma chérie ? , demanda Mrs Weasley qui semblait plus énergique que jamais.
" Mon cœur ?" pensa Hermione avant de pouffer narquoisement devant la mièvrerie de sa pensée. La troupe la regarda d'un drôle d'air.
" Rien Mrs Weasley, j'ai fait doublement le tour, répondit-elle enfin avec un sourire amer.
- Maugrey est censé nous retrouver à l'entrée principale. Il sera probablement accompagné de quelques Aurors pour assurer votre sécurité, indiqua Arthur en regardant chacun son tour les adolescents.
- Mais pas d'inquiétudes c'est ça ? , argua Fred en levant un sourcil.
- Ça n'est qu'une mesure de protection, reprit Mr Weasley.
- Tu-Sais-qui serait bien imprudent d'attaquer Harry en plein milieu de King's Cross, lança George en haussant les épaules.
- Je doute qu'il le fasse… Mais il pourrait envoyer certains de ses éclaireurs pour accomplir cette besogne, argumenta leur père.
- Quoiqu'il en soit, mieux vaut prévenir que guérir. Maugrey est tout à fait l'homme de la situation", conclut Molly.
Sirius et Harry refirent leur apparition au sein du groupe quelques minutes plus tard. Hermione remarqua tout de suite la fébrilité de son meilleur ami et elle regretta d'avoir monopolisé l'attention de Sirius. Ce dernier sembla lire dans ses pensées et hocha négativement la tête, souhaitant la rassurer.
" C'est ici que l'on se quitte Sirius, annonça Arthur en lui tendant la main.
- J'en ai bien peur… Tu sais que je donnerais n'importe quoi pour vous accompagner, répondit l'animagus en acceptant sa poignée de main.
- Ce jour arrivera, promit Mrs Weasley, faisant un pas en avant. Elle hésita quelques secondes puis lui tendit les bras grand ouverts. Sirius esquissa un feulement de rire et répondit à son accolade.
- Restez prudents, lui indiqua-t-il en faisant un pas de côté. Quant à vous tous…, ajouta-t-il en regardant chacun des adolescents face à lui, passez une bonne rentrée, restez tant que possible hors des ennuis et revenez vite."
La compagnie hocha vivement de la tête et salua un à un l'hôte du square Grimmaurd. Ginny le serra fort dans ses bras, ainsi qu'Harry, tandis que Fred, George et Ron lui adressaient une poignée de main vigoureuse. Lorsque le tour d'Hermione arriva, elle eut une hésitation. Sirius l'amena à lui dans une accolade amicale mais la jeune femme sentit la pression de ses doigts s'accentuer sur elle. La sorcière lui adressa un sourire qu'elle voulut encourageant puis suivit la famille Weasley qui sortait tour à tour de la maison. Lorsqu'ils furent tous sortis, ils adressèrent un dernier signe de la maison à Sirius Black qui leur répondit par un sourire pincé. Hermione prit une inspiration et s'engagea dans la rue sans un regard en arrière.
o O o
Il était un peu plus de dix heures lorsque la compagnie arriva aux portes principales de King's Cross. Là, un sorcier à la carrure imposante et à l'œil bleu virevoltant, les attendait. Maugrey Fol Œil était accompagné de la jeune Tonks qui les accueillit avec un franc sourire.
"Aucun problème sur la route ? , demanda le sorcier de sa voix bourrue.
- Rien à l'horizon", assura Arthur en prenant la tête de leur groupe.
La compagnie prit des charriots à l'entrée afin d'entasser leurs valises les unes sur les autres et pénétrèrent dans le hall agité et remuant de la gare. Ils dépassèrent un à un les quais moldus jusqu'à se retrouver sur la plateforme 9 ¾. En jetant des coups d'œil fréquents, Maugrey grogna un encouragement et un à un, les sorciers traversèrent le mur. Le Poudlard Express était face à eux, rutilant, de lourdes chapes de fumée se dégageant de la chaudière principale. Bon nombre d'étudiants étaient déjà en ligne pour accéder aux voitures. Alors que Mrs Weasley pressait ses enfants pour intégrer une rame, Harry et Hermione entendirent des jappements familiers. Ils se retournèrent vivement pour se confronter à un chien énorme, d'un pelage noir ébène.
" Sirius ?" prononça Harry avec stupeur tandis qu'Hermione ouvrait des yeux exorbités.
Le chien aboya une fois pour confirmer et s'avança près d'eux.
" Par la barbe de Merlin ! , s'écria Molly en le voyant arriver dans leur direction.
- Patmol, tu es complètement fou, grimaça Maugrey d'un ton rauque.
- Tu ne pouvais pas rester à la maison ?!" , se lamenta la matriarche qui pressait le pas maintenant pour ne pas attirer l'attention sur leur groupe.
Sirius secoua vivement la tête en guise de négation et les suivit en trottinant. Il arriva au niveau d'Hermione et marcha à son pas. La jeune femme, le cœur tremblant, murmura :
"Ils ont raison, tu es complètement fou…"
Le chien se rapprocha alors d'elle et donna une caresse de la tête. La sorcière émit un rire désabusé et conclut.
"Je n'en ai jamais douté."
Sirius émit un jappement semblable à un rire et trottina entre elle et Harry. Bientôt, le groupe atteint un wagon libre et les étudiants commencèrent à charger leurs valises. Les jumeaux firent des accolades à leurs parents, évitant soigneusement de contredire leur mère et ses conseils. Ginny passa ensuite, suivie de Ron. Harry et Hermione restèrent un peu en retrait pour dire une dernière fois au revoir à Sirius. Puis ils montèrent l'un après l'autre dans le train et se cherchèrent un compartiment de libre. Ils observèrent à travers la vitre les grands signes d'Arthur et Molly ainsi que les grimaces de Tonks. Maugrey leur gratifia d'un hochement grave de la tête tandis que Sirius faisait des bonds dans leur direction. Puis la sonnerie retentit dans King's Cross et le train commença à entamer sa course. Hermione, Ginny, Ron et Harry leur firent encore de grands signes. Les silhouettes de Tonks, Maugrey et les époux Weasley diminuèrent rapidement, mais le chien noir continuait de courir à hauteur de la fenêtre. Les quatre amis continuèrent à sourire tandis que le train amorçait un virage. Sirius disparut alors.
Les jumeaux quittèrent en un instant leur wagon pour retrouver Lee tandis qu'Harry et Ron s'installaient sur une banquette, Ginny et Hermione face à eux. Ron évoqua instantanément l'arrivée imminente du chariot à confiseries devant un Harry amusé. Ginny quant à elle observa le duo en levant les yeux au ciel. Hermione, elle, regardait songeusement le paysage défiler. Une nouvelle année leur tendait les bras, pleine d'obstacles et de défis. Mais en son for intérieur, la jeune femme n'était pas inquiète.
L'Ordre était reconstitué. Leur trio était soudé. Sirius s'était fait une place dans son cœur. Elle savait qu'elle était bien entourée et que tout se passerait au mieux tant qu'ils seraient là l'un pour l'autre. Oui, le meilleur était assurément à venir…
