Voila pour cette suite, j'espère qu'elle vous plaira. L'histoire commence à se mettre en place petit à petit, n'hésitez pas à donner votre avis :)

Le tutoiement dont faisait preuve Alexandre témoignait de sa familiarité avec la personne présente dans la grotte. Il était d'une évidence qu'elles se connaissaient, mais que leur lien devait rester secret du faite de leur appartenance à deux peuples opposés, en paix certes, mais dans une paix toute relative qui ne demandait qu'à être brisée.

-Je savais que ce moment devait arriver un jour, dit l'inconnu l'air résigné et complètement abattu.

Comment pourrait-il en être autrement, tellement de guerres, tellement de haines entre nos deux peuples ? Comment deux destins aux aprioris forcés se sont-ils croisés pour ne former qu'une seule et même entité destructrice et comment de cette haine est née et mena à tous ces évènements qui ont amené à une relative paix et aux évènements d'aujourd'hui ? Pourquoi ce sacrifice, pourquoi se sacrifier pour des personnes qui de toute évidence ne voudront jamais être en paix. Est-ce cela le sacrifice ? Sacrifier sa vie, s'empêcher de vivre et juste, survivre, afin qu'un peuple puisse vivre en ''paix''. La paix ne devrait avoir nul sacrifice, elle devrait simplement être là, sereine, donnant aux gens la possibilité les à simplement être eux-mêmes. Pourquoi serait-ce à moi de faire le sacrifice de ma propre existence, quel intérêt de continuer à vivre si je ne peux exister au travers de son...

L'inconnu fut sorti de ses pensées par les paroles d'Alexandre.

-Je sais que ça sera dur pour toi étant donné les circonstances, mais si on l'on pouvait faire autrement, Lexa n'aurai jamais approuvé un tel plan.

L'inconnue sembla acquiescer les paroles d'Alexandre, rangea son épée au fourreau et s'affaissa complètement au sol se tenant contre la paroi de la grotte pour ne pas tomber.

Alexandre lui demanda si ça allait bien et l'inconnue lui répondu par l'affirmative, mais que les évènements prenaient une tournure inimaginable et que par la force des choses ceux-ci allaient devenir très dur à vivre et à supporter.

Malgré son envie de réconforter l'inconnu et de lui apporter son soutien, Alexandre lui fit remarquer l'urgence de la situation. À l'heure qu'il est, les deux gardes avaient surement découvert que la corde du cheval avait été coupée et l'alerte avait surement été donnée, ils ne devaient donc plus trainer indéfiniment dans cette grotte et partir immédiatement afin de rejoindre le campement à Isarian.

Pendant ce temps-là dans le camp de base où était resté Lexa et les autres, celle-ci était pensive, seule, dans sa tente.

Si la mission échoue, nous rentrerions dans une probable guerre qui mettrait à feu et à sang tous les efforts engagés par mon père avant son décès afin de garantir une paix durable entre nos deux peuples... Pourtant, mes pensées sont tournées en grande partie ailleurs, pourquoi cela, pourquoi ai-je des pensées à propos de cette inconnue qui m'a sauvé la vie alors que la seule pensée qui devrait me préoccuper en ce moment est l'unique réussite de cette mission.

Lexa fut sorti de ses pensées par Philémon qui rentra dans sa tente. Il était là pour discuter avec elle de la manière de faire quand le colis arriverait. Ils devaient mettre en place un protocole afin de savoir si cette personne devrait être traitée avec respect ou au contraire comme un prisonnier.

Lexa n'en avait que faire du traitement réservé à cette personne. Pour elle, il était évident que l'on devait la considérer comme un prisonnier, aucun traitement de faveur, sa vie sera désormais faite dans un cachot, attaché et sans aucun égard pour sa personne. Aucun Zénarien, quels qu'ils soient ne sera traité avec bienveillance. Seule la peur de savoir sa présence parmi nous, et en vie, devrait garantir la paix si les Zenariens ne veulent pas que nous l'exécution.

Philémon ne put évidemment qu'acquiescer. Lui-même n'éprouvait aucune sympathie envers un peuple qu'il considérait comme barbare et responsable de la mort des parents de Lexa. Chose dont il n'avait d'ailleurs jamais parlé à celle-ci afin de la protéger d'elle-même et de son très probable désir de vengeance si elle venait à savoir cela.

Retour dans la grotte où Alexandre et l'inconnu s'apprêtaient à partir à la hâte. Aucune préparation n'était nécessaire tant le temps été pressant.

Ils mirent les épées au fourreau, harnachèrent à la hâte leurs chevaux, et partirent au galop à travers la forêt. Au loin ils purent entendre le hennissement de plusieurs chevaux, probablement des guerriers zénarien. Ils pressèrent donc le pas afin de ne pas se faire repérer. L'inconnu se révéla être un excellent cavalier, maitrisant avec classe et dignité sa monture. Cela était évident que monter à cheval était une habitude, son cheval dépassant même de plusieurs encolures celui d'Alexandre dans leur course pour rejoindre le camp d'Isarian. Son cheval était d'ailleurs d'un noir ébène, d'une magnifique majestuosité et d'une grande beauté.

Alexandre, dans sa course évita de peu une branche d'arbre qui faillit le désarçonner, il paraissait essoufflé, nerveux, la peur au ventre d'être rattrapé et exécuter ou pire, torturé. Heureusement pour lui et son inconnu ils avaient suffisent d'avance sur les zénarien pour que ceux-ci ne découvrent pas leur présence. Et après près d'une heure de course, il arrivait déjà près du camp isarien, Alexandre n'ayant pas été complètement jusqu'à Zénarie, l'objet de sa mission se trouvant bien en amont, il était en avance d'environ une heure ce qui leur avait permis d'échapper au zénarien. Autrement, nul doute qu'ils auraient été fait prisonnier, enfin Alexandre, l'inconnu aurait surement été simplement enfermé quelque temps puis libérer du faite de son lien de sang avec le chef zénarien.

Ils avaient réussi à semer leur assaillant, et arrivée près du camp isarien, s'arrêtèrent et descendirent de cheval.

Pour cacher le lien qui les unissait, Alexandre fait remarquer qu'il allait devoir assommer l'inconnu afin de faire croire à une résistance de sa part et que celui-ci aura été fait prisonnier par la force.

-Très cher, je suis vraiment désolé, mais on n'est pas censé avoir un quelconque lien entre nous et je n'étais censé être parti qu'en mission de reconnaissance afin que d'autres, guerriers, plus aguerris, te ramènent ici. Je vais être obligé de t'assommer afin que rien ne puisse être soupçonné.

L'inconnu, bien que réticent acquise d'un air résigné. Rien ne devait entraver la mission, même si visiblement cela lui en coutait.

Alexandre prit donc un gourdin de bois et donna un coup sur sa tête afin de l'assommer. Il eut peur de l'avoir tué sur le coup, mais fut rassuré en voyant sa respiration reprendre. Il pensa après coup qu'il aurait dû faire ça pendant que l'inconnu était encore sur le cheval, il galéra un long moment afin de le faire remonter dessus à la manière d'un sac de provisions que l'on poserait comme ça sur la monture à des fins de transports. Il lui mit également sur le visage une sorte de cagoule afin de vraiment faire croire que c'était contre sa volonté. Mais une fois cela effectué, il se remit en route vers le campement d'Isarien. Il ne mit que trente minutes environ pour l'atteindre.

Une fois arrivé il vit arrivé vers lui Lexa et Philémon, suivit de près par Melchior alerté par le bruit et l'étonnement de voir un inconnu inconscient sur un deuxième cheval.

Il dut expliquer avoir rencontré sa mission à mi-chemin à son grand étonnement, qu'une lutte s'en était suivit et qu'il avait réussi à assommer l'inconnu avec un rondin de bois ramasser au sol, que des gardes les avaient poursuivis, mais qu'il avait réussi à s'échapper afin de revenir ici.

Alexandre semblait épuisé. Lexa le félicita, et s'approcha de l'inconnue pensive...

Alors c'est donc cela, la fille du chef zénarien, devenu un simple prisonnier. Sa présence parmi nous garantira notre sécurité à tous. Avoir la fille du clan adverse, Clarke, comme prisonnière de notre peuple empêchera toute attaque envers Isarian sous peine de voir sa vie exécutée sans qu'aucun remords ne soit à déplorer de ma part. Je ne puis tolérer que l'on veuille attaquer mon peuple, seul celui-ci m'importe, rien d'autre n'a d'importance que sa survie et plénitude. Elle ne méritera aucune attention de ma part si ce n'est que du mépris. Il n'est nul besoin d'ôter ce masque cachant son regard implorant, un regard zénarien ne peut être que mépris et colère dont je n'ai nulle intention d'y prêter quelconque importance.

Finalement, la mission achevée, le campement se mit sur le départ afin de rentrer à Isarian.

Melchior, que l'on avait jusque-là très peu vu et entendu, s'éloigna quelque peu discrètement sous le prétexte qu'il voulait aller se soulager avant le départ, afin de cacher sur le tronc d'un arbre un parchemin qu'il avait au préalable écrit en toute discrétion.

Une fois cela fait-il rejoignit rapidement les autres qui n'y virent que du feu quant à son action. Seul Philémon avait un œil sur lui et se doutait de quelque chose. Malheureusement, sans preuve aucune, il ne pouvait réagir en conséquence et se devait de rester prudent. Quant à d'éventuelles accusations, celle-ci arriverait en temps voulu. Il surveillait Melchior depuis un bon moment déjà et il ne voulait pas mal agir ou déclencher des hostilités que nul ne pourrait arrêter. Car malgré tout son mépris envers lui, c'était malgré tout un Isarien.

Pendant ce temps là, à Zénarie. Les deux guerriers dont l'un des chevaux s'était échappé à cause d'Alexandre étaient revenus à leur endroit initial en compagnie de plusieurs autres guerriers en quête d'indices sur ce qui s'était réellement passé.

Ils trouvèrent au sol des traces de chevaux qui venait d'une autre direction et en déduire que cela ne venait pas dès leur et prirent donc la décision de suivre ses traces.

Un guerrier du nom de Neven prit la tête du cortège. Grand, fort, d'une carrure à l'allure impressionnante, les cheveux arrivant sur au-dessus des épaules, une barbe impressionnante bien que taillé visiblement avec soin parsemait son visage. Il en imposait de par son physique, nul doute que lors d'un combat il en sortirait vainqueur.

Étant également un fin pisteur, il était le plus à même de conduire la tâche de suivre les traces au sol. Ce qu'il fit avec précision et mena le cortège jusqu'à la grotte où se trouvait la fille de leur chef ainsi qu'Alexandre ! Bien évidemment ils n'étaient plus là, mais des traces évidentes de leur passage étaient présentes. Au sol Neven remarqua les deux sortes d'empreintes différentes et en déduit que l'une devait appartenir à une femme et l'autre à un homme. Cependant il n'y avait nulle trace de lutte ou autres indices qui pouvaient laisser penser au contraire.

Dans les rangs des guerriers présents, certains commençaient à s'agiter, il était évident que pour eux des Isarians étaient venus jusqu'ici, pour quelles autres raisons la corde d'un cheval aurait été coupée sinon selon eux... Ils devaient retourner en urgence à Zénarie afin de mettre en place la conduite à tenir. Certains voulant déjà attaquer Zénarie et les éradiquer jusqu'au dernier.

À ce stade-là, personne ne se doutait encore que la fille de leur chef avait été enlevée et était la prisonnière du camp ennemi. La seule chose dont ils étaient sûrs était qu'une intrusion avait eu lieu et qu'il fallait agir en conséquence face à cela.

Neven, qui finalement se révéla être en plus d'un fin pisteur et guerrier, un lieutenant visiblement respecté, ordonna au reste des guerriers de rentrer à Zénarie.

Il allait aller seul, suivre les traces afin de voir jusqu'où celles-ci allaient le mener. Les deux zénarien dont le cheval s'était échappé opposèrent une certaine résistance, voulant eux aussi partir avec Neven afin de l'aider dans sa tâche. Mais ceux-ci eurent un non catégorique pour toute réponse à leur demande.

C'est donc seul que Neven se met en route, suivant chaque trace de pas, faisant attention à chaque branche, qui était cassée et qui pouvait être le signe d'un passage humain à cet endroit, se fiant au sens du vent et aux éventuelles odeurs qu'il pouvait apporter. C'est bien en pisteur aguerrir qu'il était parti.

Dans son clan, c'était l'un des lieutenants les plus respectés, mais pouvait aussi faire preuve d'une grande cruauté envers ses ennemis. Il était également un précieux allié du chef zénarien, celui-ci s'appuyant très souvent sur ses avis avant de prendre une quelconque décision importante.

Après quelques minutes de cheval, il aperçut au loin un signe distinctif qu'il connaissait si bien.

Un arbre, dont le tronc était parsemé de mousse légèrement arraché et remis à la hâte sur celui-ci attira son attention. Il savait que c'était un signe entre lui et Melchior et par conséquent s'approcha promptement de l'arbre. Il y découvrir le parchemin laissé par celui-ci et lu ce qu'il y avait d'écrit dessus :

La fille du chef zénarien a été enlevée, par conséquent celui-ci ne pourra attaquer Isarian comme cela été prévu. Cela met nos propres plans, à vous et moi en suspens. Jamais votre chef ne nous attaquera tant que sa fille sera notre prisonnière, malgré tous ses défauts, ce faible et ce lâche aiment d'une certaine façon sa fille.

Notre plan doit être revu, nous ne pourrons l'exécuter dans l'immédiat. Je vais faire mon possible afin que la fille de votre chef soit libérée.

À la lecture de ce parchemin Neven, serra fort celui-ci entre ses doigts et enragea de haine, et de colère il prit une pierre qu'il lança au loin dans sa rage. Celle-ci tua d'ailleurs un oiseau sur son passage.

Il prit son cheval et se remit en route vers Zénarie la rage au ventre.

Une fois arrivé, il fit demander les guerriers qui étaient chargés de surveiller le camp et qui ont par conséquent failli à leur mission.

Quand ceux-ci arrivèrent et virent le regard plein de rage de haine de Neven, ils comprirent immédiatement ce qui se passa et tentèrent désespérément de s'expliquer tout en demandant la clémence. Ils n'eurent cependant pas le temps de le faire, Neven sortant son épée et les tuant chacun à leur tour en leur enfonçant celle-ci dans le cœur.

Il affirma haut et fort que dorénavant, celui ou celle qui faillirait à leur mission serait exécuté sans ménagement et Théobald, le chef zénarien, approuvera sans hésiter la décision qu'il venait de prendre.