Lexa aida Clarke à se relever. Celle-ci était à moitié inconsciente du fait des coups qu'elles venaient de subir de la part des deux gardes. Elle avait une partie de son visage qui était tuméfié, ses lèvres saignaient abondamment, et Lexa l'assit le plus délicatement possible, regardant le celui-ci et le corps blessé de la femme qui se trouvait dans cet état par sa faute.

C'est un sentiment de honte et de colère qui envahissait Lexa à ce moment même. Elle qui avait toujours détesté les Zénariens pour leur brutalité et leur arrogance, avait fait preuve du même état d'esprit que ses ennemis, et pour cela, s'en voulait terriblement, même si elle avait décider de garder au fond d'elle-même son ressentit.

Bon sang, qu'ai-je fait ? De quoi suis-je responsable ? Cette femme m'a sauvé la vie, j'ai été sauvé par la fille de mon ennemi. Pourquoi l'a-t-elle fait alors qu'elle aurait facilement pu mettre fin à ma vie ? Et ce sang, tout ce sang qui coule de sa tête, c'est horrible, il faut que j'arrête cela, que je panse ses blessures. Bien sûr elle restera ma prisonnière, mais jamais plus je ne laisserai quelqu'un attenter à sa vie tant qu'elle sera à Isarian... Et le pire, je ne sais même pas pourquoi je fais tout ça. J'ai l'impression qu'un lien invisible nous unit, mais lequel ? Quand elle ira mieux, je devrais l'interroger pour mettre fin à mes interrogations.

Lexa se releva et sortit de la cellule pour ordonner à ses hommes de porter Clarke jusqu'à la chambre à côté de la sienne. Le fait de déplacer un prisonnier dans les quartiers privés de la reine ne manquerait pas de faire jaser et de provoquer beaucoup de questions. Mais pour le moment, ce n'était pas la préoccupation première de Lexa, qui était de vouloir à tout prix soigner la jeune femme qui lui avait précédemment sauvé la vie. Elle s'occuperait des conséquences de ses actes plus tard.

Une fois arrivés dans la chambre à côté de celle de Lexa, ses hommes la déposèrent sur le lit. Clarke était encore inconsciente, son corps était meurtri pas les coups. Des bleus énormes commençaient à apparaitre sur la peau de la jeune femme, sa lèvre et son arcade sourcilière continuaient à saigner abondamment. Alors Lexa se leva, alla chercher de l'eau, de l'alcool, une éponge et des bandages afin de panser les blessures de Clarke. Elle mouilla l'éponge avec de l'eau qu'elle avait préparée dans un seau, et passa celle-ci sur les blessures de Clarke afin de nettoyer ses blessures. Le corps de la jeune femme tressaillit de douleur malgré son inconscience quand Lexa lui nettoya le visage. Elle semblait désormais fiévreuse également. Et après avoir nettoyé les blessures de la jeune femme, Lexa déposa un linge humide sur le front de Clarke afin de tenter de faire baisser la température de celle-ci.

Ensuite, avec un autre linge, elle mit de l'alcool dessus, et le passa sur les lèvres tuméfiées de la jeune femme, lui arracha au passage un cri de douleur, la plongeant encore un peu plus dans l'inconscience. Le corps de Carke était tremblant, fiévreux, et Lexa se demandait comment la jeune femme avait réussi à résister aussi longtemps aux deux hommes. Nul doute que si elle n'avait pas été enchainée, elle les aurait tués sans aucune difficulté. Alors pourquoi ne l'avait-elle pas fait ? Pourquoi ne s'était-elle pas échappée alors que visiblement, ce ne sont pas des chaines qui auraient pu l'empêcher de s'évader afin de rejoindre son peuple ? À cela, Lexa n'avait pas de réponse, et elle se disait au fond d'elle-même que lors de son réveil elles auraient besoin d'une bonne explication toutes les deux.

Lexa continua de prodiguer les soins à Clarke. Elle désinfecta avec de l'alcool l'arcade sourcilière de la jeune femme, qui encore une fois grimaça de douleur. Arrachant une mine déconfite de la part de Lexa qui se savait responsable en grande partie de l'état de la jeune femme.

La jeune femme étant inconsciente, elle prit une aiguille et du fil et recousu la blessure au-dessus de son œil, y allant le plus délicatement possible, scrutant le moindre mouvement de douleur que pourrait avoir Clarke pendant qu'elle se faisait recoudre. Celle-ci ne bougea pas néanmoins. Puis elle banda la main de Clarke qui était ensanglanté, non sans l'avoir désinfecté au préalable.

Lexa voulut déshabiller la jeune femme afin de lui mettre des vêtements propres. Mais après ce qu'elle venait de subir, elle préféra attendre que la jeune femme reprenne conscience avant de lui demander son autorisation afin de la changer. Espérant par la même occasion qu'elle aurait suffisamment de force afin d'effectuer cette tâche elle-même.

Toutefois, elle déposa sur le corps meurtri de Clarke une couverture afin que la jeune femme soit bien au chaud.

La jeune femme était dans un état semi-comateux désormais. Elle s'agitait de plus en plus, se tournant, donnant des coups imaginaires tout en pleurant et criant dans son sommeil, des mots qui pour Lexa étaient incompréhensibles.

En effet, la jeune femme semblait se battre dans ce qui visiblement était un cauchemar. Parfois elle arrivait à hurler « Ne me laisse pas, je t'en pris, non ! Ne me laisse pas, bat toi. »

Lexa ne comprenait pas les paroles de Clarke, mais elle pouvait deviner aisément qu'elle était en train de rêver d'une personne qui lui était chère. Une personne en vie ? Morte ? Nul ne le savait. Mais décidément cette femme était aussi mystérieuse que le ciel est bleu.

Pourquoi cette femme l'intriguait autant ? Tant de questions sans réponse dans la tête de Lexa qui était elle-même un mystère pour les gens qui arrivait à la côtoyer de près.

Au bout d'une heure de cauchemar pendant laquelle Lexa était resté auprès de Clarke, celle-ci finit par se calmer pour en revenir à une respiration plus apaisée. Ses paupières papillonnaient comme si elles étaient en transe et elle se réveilla d'un coup, surprenant Lexa qui était restée assise au pied du lit afin de veiller sur la jeune femme.

Clarke avait la respiration haletante et désordonnée. Elle regarda en panique autour d'elle, vit qu'elle n'était plus dans sa cellule, et non plus enchainée dans son cachot avec ses deux horribles gardes, mais dans un lit avec ses blessures pensées et soignée.

Lexa, toujours assise au pied du lit de la jeune femme l'observait avec attention et détermination. Puis Clarke se releva d'un bon, avant de s'écrouler de nouveau sur le lit tant les blessures lui provoquaient d'atroces souffrances. Mais son regard se porta sur Lexa, et à cet instant, son regard était rempli de colère. Visiblement, elle ne comptait pas pardonner à Lexa de l'avoir libéré étant donné qu'elle était en partie responsable de son état.

Lexa tenta de calmer la jeune femme. Ne s'excusant nullement pour ce qu'elle avait fait, elle lui affirma cependant que désormais elle vivrait ici, dans cette chambre. Qu'elle était toujours prisonnière, mais qu'elle serait traitée avec plus d'humanité que précédemment.

Clarke tenta de se relever une seconde fois, sans s'écrouler cette fois-ci, et resta planter devant Lexa, plongeant ainsi son regard dans le sien.

Ni l'une ni l'autre n'osait bouger. Lexa ne savait pas comment réagir face à la guerrière qui se trouvait face à elle. Elle ne savait pas non plus comment elle allait justifier le fait qu'une prisonnière soit désormais dans les quartiers privés de la reine à seulement trois mètres de sa propre chambre.

Un millier de questions au moins fourmillaient dans la tête de Lexa. Mais elle fut sortie de sa torpeur par Clarke qui serra le poing pour frapper en plein visage une Lexa qui trébucha et faillit tomber devant la surprise d'un tel acte. Sa lèvre se mit à saigner légèrement. Et elle se passa la main sur le visage afin de constater les dégâts que venait de lui faire la jeune femme, se redressa tout en plaçant les mains derrière son dos et fixa de nouveau son regard dans celui de Clarke.

Puis la jeune femme finit par lui demander pourquoi elle était ici et pas en cellule. Alors Lexa se rapprocha de Clarke, lui soulevant la manche de sa chemise qui était en sang afin de désigner avec le doigt, sans pour autant dire un mot, la marque en croissant de lune.

— Voilà pourquoi ! finit tout de même par dire Lexa.

— Je me rappelle de vous, vous m'avez sauvé moi et mon chien dans cette grotte. Vous êtes ma prisonnière, cela ne change pas. Mais je vous dois la vie alors vous ne serez plus enchainé dans un cachot.

— Alors, pourquoi avoir laissé ses hommes m'attaquer si vous me devez la vie ?

— Je n'avais pas la moindre idée de qui vous étiez avant, je ne voulais pas voir le visage de l'un de mes ennemis, je n'en voyais pas l'intérêt.

— Et de ce que j'ai pu constater, vous auriez pu vous échapper quand vous vouliez, alors pourquoi ne pas l'avoir fait ? demanda Lexa avec sincérité et curiosité.

Pour elle, il devait y avoir une raison à cela, et elle voulait savoir. Savoir pourquoi cette femme ne voulait pas s'échapper.

— Non, je ne le pouvais pas, j'étais enchainé rappelez-vous ! mentit Clarke le regard fuyant.

— Un jour, vous me direz la raison. Nous savons toutes les deux que vous mentez. Maintenant vous êtes ici, vous êtes ma prisonnière, mais vous ne sortirez pas d'ici tant que je ne l'aurai pas décidé. Un garde se chargera de surveiller l'entrée de votre chambre afin de ne pas être tenté de vous enfuir.

Quand elle prononça ses mots, elle savait bien qu'un seul garde ne suffirait surement pas pour empêcher Clarke de s'enfuir. Mais pour une raison qu'elle ignorait encore, celle-ci n'en avait visiblement pas l'intention. Elle savait que le garde ne serait qu'une formalité pour apaiser les tensions qui de toute évidence allaient venir.

Clarke, bien qu'encore fébrile, s'approcha de Lexa, le visage fermé, puis frappa de nouveau Lexa qui cette fois tomba au sol, tout en se tenant le visage dans les mains par la douleur.

— Pour avoir laissé ses hommes tenter de me faire du mal répliqua Clarke tout en aidant Lexa à se relever en lui tendant la main.

Les deux jeunes femmes se toisèrent encore quelques minutes dans un jeu de regard que ni l'une ni l'autre ne voulait perdre. Mais Clarke sentit encore de la faiblesse dans son corps et finit par se rallonger sur le lit afin de diminuer la douleur qui envahissait son être, sous le regard de Lexa qui ne disait mot.

Puis elle finit par souhaiter à sa prisonnière de se rétablir et sortit de la chambre tout en ordonnant à un garde de surveiller l'entrée de celle-ci.