Clarke se rallongea dans le lit une fois Lexa partie. Elle faisait encore face à la douleur lancinante qui parcourait son corps. Elle eut la force de parcourir celui-ci avec ses mains. Longeant les parties tuméfiées, s'attardant sur ses lèvres et son arcade sourcilière qu'elle put ressentir fermé par la suture que lui avait fait Lexa. Elle voulut se lever pour faire le tour de la chambre dans laquelle elle se trouvait, mais faillit s'évanouir quand elle se leva. Elle décida donc de se rallonger, simplement soulagée d'être encore en vie et non plus dans son cachot en compagnie de ses deux gardes arrogants et violents. Elle ne savait pas ce qu'étaient devenus les gardes. Elle ne savait pas que Lexa les avait tués et qu'à cause de cet acte, Lexa allait surement devoir devoir faire face à la grogne de ses sujets.
Lexa de son côté avait rejoint sa chambre. Une partie de ses habits était tachée du sang de Clarke et elle était encore horrifiée des évènements qui venaient de se produire et qui ont surtout failli arriver sous ses yeux avant qu'elle n'y mette fin.
Elle se demandait encore comment elle en était arrivée là, comment avait-elle laissé une chose aussi horrible se passer devant ses yeux. Toute une palette d'émotion envahissait Lexa en ce moment même.
Elle s'était allongée sur son lit, essayant vainement de se calmer et de s'endormir. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait et cela lui était intolérable. Seul Nayak, son husky lui apportait un semblant de réconfort.
Celui-ci était posé sur le pied du lit de Lexa, dormant paisiblement en boule. Cela faisait près de deux heures que Lexa essayait maintenant de s'endormir, se retournant encore et encore à l'intérieur de son lit sans pour autant y arriver. Il était tard, mais elle savait que le lendemain elle devrait faire face à la désapprobation la plus totale de Philémon quant au fait que Clarke dorme dans les quartiers privés de la reine plutôt que dans un cachot.
Personne n'était au courant de l'identité de Clarke hormis quelques rares personnes. Et personne ne devrait le savoir afin de garantir sa propre sécurité. Seul Melchior pouvait éventuellement poser problème. Mais c'était un sujet dont Lexa n'était pas encore prête à aborder ni avec Melchior ni avec qui que ce soit d'ailleurs.
Pour le moment, elle était juste là, dans son lit, n'arrivant pas à trouver le sommeil. Elle fut cependant sortie de sa torpeur par des cris de femmes apeurées qui venait de la chambre de Clarke. Réveillant en elle un sentiment protecteur qui lui était jusque là inconnu, son rythme cardiaque augmentant d'un coup et sa main se crispant immédiatement sur l'épée dont elle venait de se saisir. Et c'est en trombe qu'elle sortit de sa chambre, croyant que sa prisonnière était en danger.
Pourtant, le garde était toujours devant son entrée, assurant à Lexa que personne n'était rentré dans la chambre. Elle lui donna alors l'ordre de partir et d'occuper un autre poste. Ce qui fit avec étonnement le garde qui ne comprenait pas le comportement de sa reine, mais elle le pressa de partir au plus vite.
Elle entra donc dans la chambre de Clarke et resta figer devant le spectacle qui s'offrait à elle, incapable de bouger, ses membres complètement paralysé et tremblant de frissons qui parcouraient son corps.
Clarke n'était pas en danger, personne n'avait pénétré sa chambre. Mais elle était très agité et pleurait du plus profond de son être. Criant à une personne invisible de ne pas partir, de ne pas la laisser et de se battre pour sa vie.
— S'il vous plait, ne faites pas ça ! LÂCHEZ-LA ! Si vous la touchez, je vous TUE !
— BATS-TOI ! Ne me laisse pas ! Ne meure pas NON !
— Pourquoi m'as-tu abandonné ?! Pourquoi es-tu parti ?! Reviens ne me laisse pas !
Lexa se décida enfin à sortir de sa torpeur et s'approcha lentement du lit de Clarke pour s'assoir délicatement sur le bord. Elle plaça délicatement une main de chaque côté des épaules de Clarke et la secoua légèrement afin de la réveiller.
Celle-ci se réveilla en sueur et encore plus fiévreuse que précédemment. Elle mit un certain temps avant de s'apercevoir qu'elle était dans une chambre et non plus dans sa cellule. Sa respiration était haletante et des mimiques de douleur pouvaient se voir au travers de son regard. Quand celui-ci se posa sur Lexa, elle se calma immédiatement, esquissant même un vague sourire.
Puis ses yeux se posèrent tout autour d'elle et son visage se referma immédiatement. Repoussant violement Lexa en lui demandant de partir. Celle-ci se releva alors du lit de Clarke, posant ses deux mains derrière son dos tout en plantant son regard dans celui de Clarke.
— Vous avez crié, j'ai cru que vous étiez en danger, et je vous dois toujours une vie. Mais vous faisiez simplement un cauchemar alors j'ai pris sur moi de vous réveiller afin de vous calmer.
Clarke lui demanda de partir, l'informant qu'elle n'avait nullement besoin que l'on vienne l'aider avec ses cauchemars, qu'elle pouvait s'en charger seule.
Lexa ne dit plus un mot et s'en retourna en direction de sa chambre, mais au moment de sortir de celle de Clarke, la main posée sur la poignet de la porte en bois, elle se retourna et osa poser une question à Clarke.
— Qui est la personne de vos cauchemars ? Demanda calmement Lexa la voix légèrement hésitante, comme si elle se sentait coupable de faire quelque chose de mal en posant cette question.
— Personne dont vous devez vous soucier répondit Clarke avec amertume se rallongeant immédiatement dans son lit.
Lexa se sentit quelque peu déçu de cette réponse, mais elle n'en voulait pas à la jeune femme de ne pas lui avoir parlé. Clarke lui avait sauvé la vie, mais elle, elle en avait fait sa prisonnière. Alors elle comprenait, elle comprenait le désarroi de la jeune femme. Ce sentiment où l'on est enfermé malgré soi dans un endroit où seuls les rêves nous permettent de nous échapper. Et les rêves de Clarke, eux, semblaient au contraire l'enfermer un peu plus dans un monde de douleur et de peine.
Le lendemain matin, Lexa décida de prendre les devants et d'aller parler à Philémon du changement d'endroit de sa prisonnière. Nul doute qu'il ne prendrait pas bien la chose.
Elle se dirigea donc vers les quartiers de celui-ci. Quand elle arriva, il était déjà réveillé et prêt à continuer de former Alexandre pour son nouveau statut au grand conseil. Il s'apprêtait d'ailleurs à rejoindre celui-ci quand il entendit Lexa frapper à sa porte.
Celle-ci entra sans même attendre qu'il lui ait donné l'autorisation de le faire. Après tout c'était elle la reine.
— Philémon, j'ai à vous parler
— Je vous écoute
— J'ai pris la décision de loger la prisonnière dans mes quartiers privés, dans la chambre à côté de la mienne.
— Pardon ?! S'offusqua immédiatement Philémon, qui se leva d'un bon du fauteuil sur laquelle il était pour se placer face à Lexa.
Il commença à lui faire tout un discours sur la folie qu'elle était en train de commettre. Isarian ne comprendrait jamais un tel acte de la part de leur reine, et encore moins pour une prisonnière venant du clan ennemi. C'était de la pure ignominie et Philémon ne se gênait pas pour le lui rappeler, commençant à provoquer chez Lexa un agacement non dissimulé.
Comment pouvait-elle ne serait-ce que toléré un tel acte pensait Philémon. Lexa mettait en danger tout son peuple et si quelqu'un venait à apprendre l'identité de Clarke, ça serait un gros carnage dans les rangs. Les gens n'accepteraient pas que la fille de l'ennemi d'Isarian soit non seulement entre leur mur, mais dans une chambre au lieu d'être dans un cachot.
Puis Lexa commença vraiment à s'impatienter, c'était la reine, elle n'avait d'ordre à recevoir de personne.
— Philémon, ASSEZ cria Lexa ! Je suis la reine ne l'oubliez jamais vous entendez, JAMAIS !
Ça y était, Lexa était vraiment énervé à présent, c'est lui qui allait devoir l'écouter désormais. Et ce qu'il s'apprêtait à entendre ne lui ferait clairement pas plaisir.
— Écoutez Philémon, Clarke est la fille de notre ennemi certes ! Mais c'est également un être humain et un jour elle m'a sauvé la vie !
— Alors non, elle est et restera notre prisonnière, mais je ne la laisserai pas croupir dans un cachot avec des gardes qui pourrait la brutaliser !
— Alors vous obéissez à mes ordres, et vous n'avez rien à y redire, est-ce que c'est bien compris Philémon ?
— Comment ça elle vous à sauvé la vie ? Philémon était sous le choc. Lexa venait d'avouer implicitement qu'elle connaissait déjà la prisonnière.
Il voulut répliquer, lui faire comprendre la gravité de ses actes, mais elle ne lui en laissa pas le temps, elle sortit en claquant la porte derrière elle d'un pas ferme et décidé.
Elle retourna immédiatement dans ses quartiers, mais quand elle fut sur le pas de sa chambre, elle s'aperçut qu'elle avait oublié de donner l'ordre à un garde de garder celle de Clarke et y aller à la hâte en espérant qu'elle ne se soit pas échappée, mettant ainsi son peuple en danger.
Arriver à la porte, par courtoisie elle se mit à frapper bien qu'elle n'en avait aucunement l'obligation suivit de près par Nayak qui se montrait bien impatient ce qui n'était pourtant pas dans ses habitudes.
Elle entendit une faible voix lui dire d'entrer et trouva Clarke encore allongé sur le lit, visiblement encore fiévreux bien qu'ayant l'air d'aller mieux. En effet, elle avait trouvé la force de se changer et de mettre les vêtements propres que lui avait déposés Lexa.
Lexa voulu lui demander si elle allait mieux que la veille, mais avant qu'elle n'est eu le temps de dire quoi que ce soit, Nayak se jeta sur la jeune femme afin de lui faire la fête et des bisous partout. Au grand étonnement de Lexa qui ne savait pas son chien si expressif, elle seule avait le droit à ce traitement de faveur de la part de son chien en temps normal. Il n'aimait pas les étrangers d'ordinaire.
Clarke en fut tout aussi étonné que Lexa et le regarda faire avec étonnement.
Nayak n'en pouvait plus de faire la fête à Clarke, lui léchant le visage, sautant partout sur le lit comme s'il était devenu fou. Clarke du le repousser gentiment afin de pouvoir retrouver un semblant de calme. Elle lui prit faiblement sa tête en coupe dans ses deux mains pour lui dire d'arrêter gentiment. Mais Nayak ne semblait pas décidé à l'écouter et finalement c'est Lexa qui du lui donner l'ordre de se stopper afin de laisser Clarke tranquille.
Elle s'assit au bord du lit de Clarke et voulut jauger de la température de celle-ci en posant sa main sur son front. Mais Clarke la repoussa, lui affirmant que ça allait mieux que la veille et qu'elle était persuadée qu'elle guérirait assez vite.
Mais elle se mit à tousser violemment et du se relever pour se poser la tête afin de soulager sa toux. Lexa regardait la jeune femme sans rien dire, n'osant plus esquisser le moindre geste de peur de brusquer la jeune femme qui l'intriguait désormais au plus haut point.
Elle ne comprenait pas pourquoi la jeune femme ne s'était pas échappée, cette question lui revenait sans cesse en tête.
— Puis-je vous poser une question finie par dire Lexa après que Clarke ait fini de tousser.
— De toute façon je ne pourrais pas vous en empêcher alors allez-y
— Pourquoi ne vous êtes vous pas échappé ? Vous auriez pu le faire à de multiples reprises, hier soir j'ai oublié de remettre un garde devant votre chambre et vous auriez pu partir comme vous le souhaitiez. Alors pourquoi êtes-vous resté ?
La question de Lexa sembla quelque peu décontenancer Clarke qui ne s'y attendait vraiment pas. Elle se replongea dans le lit, prit une grande inspiration puis finit par dire qu'elle comprenait le choix de Lexa de l'enlever pour sauver son peuple. Qu'elle aurait surement fait la même chose si les rôles avaient été inversés et qu'elle-même ne voulait pas la guerre entre leurs deux peuples. Donc elle lui expliqua avoir fait le choix de rester afin de garantir cette paix. Même s'il faudra bien un jour trouver une solution plus durable.
Lexa ne put qu'acquiescer à ses paroles, sentant la jeune femme sincère et honnête. Bien loin de l'idée qu'elle se faisait des gens qui venaient de Zénarie.
La jeune femme tendit alors la main à Clarke en signe de paix entre les deux jeunes femmes. Clarke parut hésitante, mais elle voyait dans le regard de son hôte que celle-ci était sincère alors elle joignit sa main à la sienne en affirmant qu'elle ne s'échapperait pas tant que la guerre dépendrait de sa présence ici.
Cependant, pour clarifier les choses, Lexa lui affirma qu'aux yeux des autres elle serait sa prisonnière et que personne ne devrait découvrir son identité. Et que seules quelques rares personnes étaient au courant, cela devant en rester ainsi.
