Hello ! voici ce nouveau chapitre. L'histoire de met en place, il y aura bientôt enfin un premier rapprochement entre les deux héroines qui devront vivre encore bien des choses avant de pouvoir vivre leur histoire pleinement.
Clarke et Lexa étaient toujours sous le choc de cette annonce. Lexa avait du mal à croire que de telles choses pouvaient se produire et encore moins sous son règne. Comment n'avait-elle rien su que de telles atrocités avaient lieu ? Son cœur bouillonnait rageusement à l'intérieur de son corps et elle faisait les cent pas à l'intérieur de sa cellule, se demandant comment une telle chose pouvait arriver. Les deux femmes devaient s'échapper cette nuit et elle le savait, il y avait urgence.
— Je vous jure Clarke, quand on sera sortie d'ici et que l'on sera de retour à Isarian, je reviendrai ici avec mon armée et ils passeront un sale quart d'heure.
— Et si cela se passe sur mes terres, ils ne mériteront que la mort et rien d'autre.
Clarke ne put qu'acquiescer aux paroles de Lexa, elles les comprenaient et les approuvaient entièrement. Elle non plus ne comprenait pas comment des humains pouvaient réduire d'autres êtres humains en esclavage. Même les Zenariens, pourtant pas un peuple à la réputation d'être des hommes de cœur ne s'abaisserait pas à de telles pratiques. Eux, préfèrent faire naitre la crainte chez les hommes afin qu'ils leur obéissent de leurs pleins grés. Mais jamais ils ne vendraient les leurs à plus offrant afin d'en faire des esclaves. Ils devaient être craints, oui, mais pas de cette manière-là.
Lexa réussit à sortir la pierre qu'elle avait cachée sous une partie de ses vêtements et demanda à Clarke de se mettre dos à dos à elle afin qu'elles s'aident mutuellement à se débarrasser de leurs liens.
Lexa esquissa un sourire quand elle vit que Clarke avait eu la même idée et avait également ramassé une pierre afin de couper leurs liens.
Elles se regardèrent intensément sans pour autant prononcer un seul mot comme pour se donner du courage et se dire que tout se passerait bien.
— Je ne laisserai personne vous faire du mal murmura Clarke dans un murmure tellement bas que la guerrière n'en entendit pas un seul mot.
Et c'est avec difficulté qu'elles s'assirent dos à dos et commencèrent frénétiquement à tenter de couper leurs liens avec les deux pierres. Elles étaient légèrement coupantes, certes, mais ce n'était pas des couteaux, et elles eurent toutes les difficultés du monde à se débarrasser de leurs entraves. Il leur fallut une bonne demi-heure pour y arriver. Ce sont les liens de Clarke qui cédèrent les premiers, provoquant chez la jeune femme un ouf de soulagement.
Elle se leva donc immédiatement afin de dénouer avec ses mains celles de Lexa qui avait la peau rougie et presque en sang tellement elle avait tenté de défaire les siennes.
Instinctivement, quand elles furent libérées de leur handicap elles se prirent immédiatement dans leur bras et restèrent ainsi de longues secondes sans effectuer le moindre mouvement, profitant simplement du moment présent.
Puis, elles se rendirent compte de la gêne que provoquait ce simple geste de tendresse et se reculèrent immédiatement en baissant les yeux aux sols comme si on venait de les surprendre à avoir fait une bêtise. Leur regard était fuyant désormais, elles n'osaient plus se regarder, mais l'urgence de la situation les obligea vite à retrouver leurs esprits. Lexa fit remarquer à Clarke en lui montrant l'impact qu'elle avait créé sur celui-ci avec ses points, qu'elle était persuadée qu'elles pouvaient en venir à bout en faisant un trou assez grand afin de s'y faufiler et partir d'ici.
Quand Clarke sut qu'elle avait frappé le mur avec ses points, elle lui prit immédiatement les mains afin de voir les dégâts sur celles-ci et constata qu'en effet, au vu du sang séché, elle n'avait pas dû y aller de main morte.
— Mais pourquoi ? Pourquoi avoir frappé le mur ? demanda-t-elle incrédule, terriblement désolé que la jeune femme ait pu souffrir physiquement par sa faute.
Lexa baissa de nouveau les yeux et ne répondit pas, préférant botter en touche et se détourna de Clarke afin de s'atteler au plus vite à la tâche afin de sortir d'ici.
Et c'est dans un silence de mort qu'elles commencèrent à effriter le mur avec leurs deux pierres. S'arrachant parfois quelques légers cris de douleur quand l'une de leurs pierres dérapait et venait se cogner contre leurs doigts. Au bout de deux heures, elles aperçurent enfin la lueur de la lune par le biais d'un léger trou qu'elles avaient réussi à ouvrir.
Lexa regarda à l'intérieur afin de se faire une idée de ce qui les attendait dehors, mais lorsqu'elle regarda par celui-ci, elle remarqua une grosse paire d'yeux qui la dévisageait et elle se recula si rapidement qu'elle faillit tomber au sol, seulement rattrapé par Clarke qui l'en empêcha. Celle-ci ne manqua pas de se moquer gentiment de Lexa qui lui lança un regard noir de désapprobation.
Puis elle regarda de nouveau dans le trou et fut soulagée de constater que ce n'était finalement que Nayak qui avait suivi à distance les deux guerrières et celui-ci attendait patiemment le retour des deux jeunes femmes.
— C'était le loup ? toisa Clarke
— Très drôle... mais ça aurait très bien pu, rappelez-vous notre première rencontre...
À cette évocation Clarke détourna le regarda, ce n'était pas forcément un bon souvenir pour elle d'avoir dû lui sauver la vie ce jour-là, mais pour rien au monde elle ne regrettait son geste et elle le referait sans hésiter.
— Tant que vous vous mettrez en danger, je serai là pour vous sauver Lexa, sourit-elle.
Lexa décida de ne pas réagir à la boutade de Clarke, car ses paroles la troublèrent bien plus qu'elles ne l'auraient dû, et elle ne savait pas comment réagir face à ce genre d'émotions qui lui étaient si nouvelles, et se remit donc au travail afin d'agrandir suffisamment le trou pour qu'elle puisse s'échapper...
Au bout de trois heures de travail acharné, le trou était suffisamment grand pour y passer au travers, et c'est avec difficulté qu'elles réussirent à s'extirper de leur cellule, poussant un ouf de soulagement et devant gérer le bonheur fou de Nayak en revoyant sa maitresse qui dut lui ordonner de se taire afin de ne pas se faire repérer.
Elles avancèrent donc avec prudence. Visiblement, les deux femmes étaient en forêt, tout autour d'elles il y avait des arbres et de la végétation, aucune des deux ne savait exactement où elles étaient, ni même combien de temps elles avaient voyagé lorsqu'elles étaient inconscientes. Une chose était certaine, Lexa connaissait ses terres du bout des doigts et ne pas reconnaitre l'endroit signifiait qu'elles n'étaient certainement pas dessus. Clarke affirma également qu'elles n'étaient pas à Zénarie parce qu'elle aussi aurait reconnu l'endroit également.
Elles ne savaient pas non plus quelle heure il était et dans combien de temps le jour se lèverait, mais au vu de la position de la lune dans le ciel, Lexa devina plus ou moins qu'il devait être dans les trois heures du matin.
Elles avaient donc quelques heures d'avance avec que leur garde gros bourru ne donne l'alerte sur leur fuite. Et nul doute qu'ils lanceraient des hommes à leur poursuite. On n'exerce pas une activité pareil en laissant des témoins gênants derrière soi et Clarke et Lexa en avait bien conscience.
Les deux jeunes femmes avançaient maintenant avec prudence depuis à peine deux minutes qu'elles entendirent comme des petits gémissements de plaintes au loin. Clarke voulait continuer sa route, mais Lexa ne put s'empêcher de s'approcher du bruit entendu. Elle ordonna à Clarke et Nayak de rester cacher et s'avança prudemment. Elle arriva à une sorte de petite cabane en bois ou les cris et pleurs se faisaient de plus en plus fort. Lexa s'assura qu'il n'y avait personne d'autre et entrepris de regarder par l'entrebâillement de la porte et ce qu'elle vit la fit reculer d'horreur. Il y avait quatre autres femmes visiblement enchainées pour les mêmes raisons que Clarke et Lexa, et de toute évidence, les femmes étaient également destinées à devenir des esclaves.
Lexa réfléchit un instant, elle ne pouvait clairement pas les laisser ici, elle se devait de les aider et de leur offrir la protection d'Isarian, bien que pour le moment, cette protection se résumait à elle et Clarke.
Lexa retourna vers la jeune femme et Nayak afin de lui faire part de sa découverte.
— Il y a quatre femmes là-bas, il m'est impossible de les laisser ici, nous devons les aider !
— Lexa... nous sommes deux et sans armes, nos chevaux sont je ne sais où et nous ne savons pas où nous sommes, c'est de la folie !
— Vous pouvez vous enfuir et retourner à Zénarie si vous le souhaitez ! lança Lexa piqué au vif de ne pas voir la même volonté de libérer ses femmes qu'elle-même.
— Je n'ai pas dit que je ne voulais pas vous aider, je voulais juste vous faire prendre conscience des risques que nous allons entreprendre ! Bien évidement que je vais vous aidez voyons ! rassura Clarke.
Les deux femmes entreprirent de faire le tour de la cabane en bois afin de faire un repérage des lieux. Elles remarquèrent quelques mètres plus loin une sorte de petit campement, probablement l'endroit où se trouvaient les gardes. De toute évidence c'était provisoire et les bandits devaient déménager souvent afin de faire leurs sales besognes et ne pas se faire repérer. Ce qui avait l'air de marcher puisque ni les Isariens ni les Zenariens n'en avaient entendu parler.
Lexa et Clarke frémirent en même temps de penser que des femmes de leur propre peuple ai pu être kidnappé et offert à ce monstrueux marché. Elles ne pouvaient pas laisser faire ça.
Elles étaient seules et désarmées, mais avaient la même volonté de mettre fin à tout cela.
Pendant qu'elles réfléchissaient à un moyen de libérer les quatre femmes, Lexa eut soudain une idée.
— Si je m'approche suffisamment du campement, je pourrais leur voler leurs épées et...
Elle fut interrompue dans sa phrase par le regard très inquiet de Clarke qui avait l'air de la supplier de faire attention, de ne pas risquer sa vie.
— Ne vous inquiétez pas Clarke, même sans armes je peux mettre hors service n'importe lequel de ces hommes. Plaisanta Lexa tout en faisant un clin d'œil à la jeune femme.
— Restez en retrait et soyez prête à vous enfuir avec Nayak si jamais il m'arrivait quelque chose... Lexa eut le regard fuyant quand elle prononça ses paroles. Elle ne le montrait pas, mais bien évidemment elle avait peur pour sa vie, peur pour la vie de Clarke, peur pour la vie de ses femmes. Mais en sa qualité de guerrière et de reine, elle ne pouvait pas laisser faire ça. Elle ne savait pas jusqu'où s'étendait cet odieux trafic, mais elles étaient bien décidées à y mettre fin sur le long terme à commencer par la libération de ces quatre femmes qui serait un bon début.
Malgré son envie d'aider la jeune femme, Clarke obéit à Lexa et resta en retrait. Cependant elle n'avait nullement l'intention de s'enfuir s'il arrivait quelque chose à Lexa, elle était bien décidée à lui porter secours si le danger venait à venir.
C'est donc avec la plus grande appréhension qu'elle regarda Lexa s'approcher avec prudence de ce petit campement.
Lexa remarqua rapidement une cache qui avait l'air de contenir des armes. Tout le monde dormait et seul l'éclairage de la lune lui permettait de se repérer. Mais c'est cependant avec une facilité déconcertante qu'elle y parvint malgré tout. Elle ouvrit avec délicatesse le coffre en fer forgé dans lequel elle pensait trouver quelque chose d'utile et elle en fut servie. Dans celui-ci se trouvaient des épées, poignards, chaines et autre attirail. Lexa savait qu'elle ne pouvait pas tout emporter alors elle prit simplement deux épées et quelques poignards qu'elle cacha à l'intérieur de ses vêtements, puis elle repartit aussi discrètement que possible.
Quand elle revint, Clarke poussa un ouf de soulagement. Mais maintenant elles devaient faire vite, elles devaient libérer ses femmes et profiter de la nuit afin de prendre suffisamment d'avance sur leurs assaillants.
Lexa donna immédiatement une épée à Clarke ainsi qu'un poignard et elles s'approchèrent ensemble de la petite cabane. L'entrée de celle-ci était fermée par un cadenas et Lexa se sert de la lame de son épée afin de faire levier et briser le cadenas en question qui se brisa comme du verre.
Quand les deux guerrières ouvrirent la porte, les quatre prisonnières se reculèrent instinctivement dans le fond, se blottissant les unes contres les autres de peur qu'on ne vienne les chercher pour les torturer, voire pire...
Clarke s'avança prudemment vers les jeunes femmes, levant les mains en l'air pour leur signifier qu'elles ne risquaient rien.
— Nous sommes là pour vous libérer et fuir avec nous chuchotèrent Clarke et Lexa d'un même souffle qui se regardèrent, étonné d'avoir pensé la même chose en même temps.
Lexa s'agenouilla près de l'une des femmes et lui tendit la main afin de la rassurer et de lui faire comprendre qu'elles n'avaient rien à craindre d'elle.
Les quatre femmes les regardèrent d'abord avec méfiance, mais elles comprirent rapidement qu'elles ne leur voulaient pas de mal et qu'elles étaient là pour les aider.
Lexa demanda si elles savaient où elles étaient, et l'une d'elles leur répondit qu'elle était dans le territoire neutre.
A cette évocation de regard de Lexa et de Clarke se crispa. Le territoire neutre était un territoire ou nul Isarien ni Zenariens n'avaient le droit de pénétrer. Il avait été convenu entre les deux peuples que ce territoire devait rester impartial afin d'assurer la pérennité de la chasse de tous et qu'il devait rester vierge de toutes guerres, et de toutes infamies. Et malgré leurs différents et leur envie évidente d'anéantir l'autre camp, Zenariens et Isariens respectait à la lettre cet engagement.
Malheureusement, ce n'était pas la seule mauvaise nouvelle. Le territoire neutre se trouvait à égale distance de Zénarie et Isarian, soit, sans chevaux, au moins 4 jours de marche contre quelques heures à cheval.
Les deux femmes avaient donc dû rester inconscientes plus longtemps qu'elles ne l'auraient cru.
Pendant ce temps-là à Isarian, Philémon et Alexandre s'inquiétaient de plus en plus pour les deux femmes. Cela faisait déjà deux jours qu'elles étaient parties pour suivre Melchior. Et si lui était revenu, ce n'était pas le cas des deux guerrières qui ne donnait plus aucun signe de vie.
Philémon avait bien tenté d'interroger discrètement Melchior pour savoir s'il avait vu Clarke et Lexa dans les parages, mais celui-ci n'en avait pas la moindre idée.
À aucun moment il ne s'était aperçu qu'il avait été suivi, et connaissant l'habileté de la reine au pistage sans se faire remarquer, il aurait été étonnant que ce soit le cas pensait Philémon. Donc il ne pouvait que croire Melchior quand il affirmait ne pas savoir où étaient les deux femmes. Et cela ne faisait que renforcer ses doutes, il avait dû se passer quelque chose et elles étaient livrées à elle-même.
Lexa, quand elle se mettait sur la piste de quelqu'un ou d'un animal, nul ne pouvait l'arrêter, elle agissait comme un fantôme. Attendant patiemment le moment idéal afin de faire de sa proie sa victime ou simplement être l'objet de sa surveillance. Personne dans tout Isarian n'aurait pu dire avec exactitude comment la reine s'y prenait, si ce n'est qu'elle arrivait toujours à ses fins ; que ce soit pour la chasse la traque d'un ennemi ou simplement par jeux lors de ses nombreux entrainements.
Alexandre, qui voyait bien l'inquiétude de Philémon lui proposa de monter une expédition avec quelques hommes afin de partir à leur recherche. Mais l'homme lui fit remarquer que si des guerriers partaient à la recherche de la reine, ça serait admettre que la reine à disparu et ça seraient le chao à Isarian. Tous les ennemis de Lexa en profiteraient pour tenter de prendre le pouvoir, Melchior demanderait une réunion en urgence du grand conseil afin de voter pour un nouvel intendant en attendant que la reine revienne. Et nul doute qu'il se proposerait lui-même à réaliser cette tâche. Et connaissant le respect qu'il inspire a ses hommes, il est évident qu'il parviendrait à ses fins.
Non, Philémon ne voulait pas prendre ce risque. En attendant, il avait réussi à donner le change en faisant croire que la reine souffrait d'une maladie et qu'elle devait se reposer pour retrouver la forme et ne contaminer personne d'autre.
Pour l'instant la ruse fonctionnait, mais pour combien de temps ? Nul ne le savait.
Alexandre finit par prendre Philémon à part et l'entraina dans une petite pièce à l'abri des regards.
— Philémon, j'ai bien compris que vous ne vouliez pas lancer une expédition, mais laissez-moi y aller seul.
— Je connais bien Isarian, et je connais ces deux femmes, et je suis également un fin pisteur, je saurai les retrouver.
— Quant à mon absence, vous n'aurez qu'à la justifier par le fait que j'apprenne les techniques de chasse de la reine afin de parfois la seconder lors de ses parties. Les gens savent que je suis encore en formation, ils n'auront aucune raison de douter... affirma Alexandre, qui tenait là un argument que Philémon ne pouvait refuser.
Le mentor de Lexa devait bien avouer que pour le moment, nulle autre solution ne pointait le bout de son nez. Et il finit par accorder à Alexandre le droit de partir à la recherche des deux femmes. Mais à la seule condition de garder sa mission secrète, personne ne devrait savoir pourquoi il partait réellement.
Pendant ce temps là, Clarke et Lexa avaient réussi à gagner la confiance des quatre jeunes femmes qui était surement destinée à l'esclavage et s'apprêtaient à lever le camp d'ici.
Celles-ci étaient terrifiées, enfermées dans cet endroit lugubre depuis déjà quatre jours, enlevé à leur famille lors de ballade en forêt pour les unes et directement arraché à ses parents pour la dernière dont ceux-ci avaient surement été assassinés par les malfrats pour couvrir leurs méfaits.
Clarke, avec la plus grande prudence, défit les liens des quatre prisonnières pendant que Lexa faisait le guet devant l'entrée.
Puis, elles partirent toutes ensemble au travers de la forêt, pour au moins quatre jours de marche, si tout allait bien, vers Isarian.
