Le rapprochement tant attendu entre les deux personnages est enfin arrivé, alors j'espère qu'il vous plaira :)
Lexa avait ordonné à Nayak de rester près des femmes et de revenir les chercher si jamais il sentait le moindre danger venir. Le jeune chien avait l'air d'avoir parfaitement compris les paroles de sa maitresse. Et même s'il avait exprimé son envie de venir avec Clarke et Lexa en faisant semblant de pleurer et en aboyant, il resta finalement dans la grotte, se contentant ainsi de rester près de l'entrée à surveiller les éventuels dangers qu'il pouvait y avoir.
Sur le chemin qui menait au petit ruisseau, aucune des deux femmes n'osait esquisser le moindre mot. Lexa était encore pensive suite à sa conversation avec Rose, elle se demandait si elle avait raison ou non et pour elle, ce n'était pas possible que ce soit vrai. Elle ne pouvait pas ressentir ce genre de choses, comment, elle, la reine, pouvait se laisser aller à un sentiment qui pourrait mettre en péril son règne et l'affaiblir ? Non, elle ne le voulait pas et pourtant elle ne pouvait s'empêcher d'y penser. Et les réactions de son corps ne mentaient pas, ce qu'elle ressentait pour Clarke n'était clairement pas de la simple amitié.
Mais elle savait aussi que peu importe ce qu'elle pouvait ressentir, elle ne serait jamais aimée comme Clarke avait aimé sa femme. Et elle ne pouvait, quelque part, s'empêcher d'éprouver une certaine jalousie, elle ne voulait pas être celle qui panse les plaies, être un palliatif ou le pont qui permettrait à Clarke d'aller mieux avant se s'en retourner définitivement à une autre vie.
Elle décida donc de tenter d'enfouir au plus profond de son cœur tous les sentiments qui pouvaient l'habiter en ce moment même et de ne plus y faire attention.
Par conséquent, le chemin menant au ruisseau se faisait dans un silence presque absolu. Seul le feuillage des arbres, le gazouillement des oiseaux ou le souffle du vent sur la nature environnante se faisaient entendre.
Clarke voyait bien que Lexa avait l'esprit ailleurs, mais elle ne se sentait pas le droit d'interférer avec les pensées de la guerrière, elle voulait la respecter, respecter son silence, respecter son choix de ne pas s'exprimer. Pourtant, intérieurement, elle se demandait si elle avait fait quelque chose de mal qui aurait pu blesser Lexa, et elle avait beau chercher, elle ne voyait pas ce qu'elle aurait pu faire, son souci, si elle en avait un, venait donc forcément de quelque part ailleurs pensait Clarke...
Cependant, au bout de vingt minutes sans s'être échangé la moindre parole, elle finit par demander à Lexa ce qui n'allait pas.
— Lexa, est-ce que vous allez bien ? Je vous sens... comme... absente... osa demander timidement la jeune femme.
— Heu... ça va Clarke, ne vous inquiétez pas, c'est juste que... non... rien, il n'y a rien.
Si avant, elle avait décidé de laisser Lexa tranquille, cette fois, elle se dit qu'il était temps d'agir et elle stoppa la jeune femme dans sa marche en l'attrapant par le bras, s'étonnant elle-même d'avoir effectué un tel geste.
La reine d'Isarian se retourna d'un coup face à l'acte de la jeune femme, repoussement vivement son bras du sien. Mais elle regretta immédiatement son geste quand elle vit le regard désolé de Clarke et s'en excusa à l'instant même.
— Je... je suis désolé Clarke, je n'aurai pas dû, mais j'ai été surprise... et...
— Qu'y a-t-il Lexa ?
— Je vais bien ne vous inquiétez pas, j'ai juste la tête ailleurs, il me tarde d'être de retour à Isarian, notre disparition doit provoquer une grande inquiétude. Dit-elle dans une semi-vérité puisque l'objet de ses pensées n'était pas entièrement cela.
Clarke regarda Lexa dans les yeux, elle sentait bien que ce n'était pas toute la vérité, qu'il y avait autre chose, mais elle préféra respecter le souhait de la guerrière de ne pas en parler et continua son chemin vers ce fameux ruisseau.
Sur le chemin la jeune femme remarqua un oiseau bleu se posant sur une branche. Son regard fut immédiatement happé par la vision de ce petit être qui se trouvait là. Il était libre, il pouvait aller où il le voulait, ne se souciant de rien d'autre que de vivre sa vie d'oiseau. Il ne devait certainement que voler d'arbre en arbre, trouver de la nourriture, se créer un nid pour lui et éventuellement sa famille, bref, vivre sa vie, aussi librement que possible, sa liberté n'ayant pas de limite.
L'espace d'un instant, Clarke en voulut au petit oiseau, elle était quelque part un peu jalouse, elle aussi voulait une liberté qui lui avait été arrachée, volée... Bien sûr, elle était libre de ses mouvements, mais elle était enfermée dans une prison mentale qui devenait de plus en plus dure à vivre, elle était au bord de la folie et elle ne savait plus comment en sortir.
Elle ne montrait rien cependant, elle avait réussi à se créer un masque d'invisibilité qui avait l'air de fonctionner parfaitement, mais intérieurement, c'était une femme au bord de l'implosion, détruite et le cœur brisé...
Elle fut tirée de ses pensées par le bruissement d'un craquement de feuille, comme si on venait de marcher dessus. Lexa entendit également ce bruit et se figea instantanément, mettant instinctivement sa main directement sur le pommeau de son épée.
Elle mit son doigt sur la bouche pour faire le signe à Clarke de ne pas faire de bruit et s'avança prudemment en direction de celui-ci, prête à dégainer au moindre danger.
Clarke se retenait presque de respirer, et elle se cacha avec prudence derrière un arbre, prête à en découdre quand elle vit Lexa lui faire signe de s'approcher discrètement, un léger sourire aux lèvres. La jeune femme avait laissé son épée au fourreau c'était mis accroupi et avait l'air hypnotisé par le spectacle qui s'offrait à elle.
Quand la jeune femme s'approcha à son tour, elle aussi fut immédiatement happée par la vue. Devant elle se dressait toute une famille de cerfs, probablement un couple avec leur petit qui faisait leur vie sans se préoccuper du monde extérieur.
La vue était magique, et cette fois, nulle jalousie dans le regard de Clarke, elle était simplement heureuse que des êtres puissent encore être en paix dans ce monde qui pouvait être si douloureux et cruel. Un léger sourire s'afficha sur son visage, ce que ne manqua pas de remarquer Lexa qui sourit à son tour tout en posant son regard sur le spectacle qui s'offrait à elle. Et l'espace d'un instant, un court instant, le cœur des deux jeunes femmes battaient à l'unisson.
— Voilà pourquoi nous devons préserver le territoire neutre, sa faune est exceptionnelle, elle doit être préservée, chuchota Lexa en direction de Clarke.
en effet, elle est exceptionnelle... pensa la jeune femme tout en regardant Lexa.
Mais le spectacle devait avoir une fin, alors les deux guerrières s'en allèrent tout aussi discrètement qu'elles s'étaient approchées afin de laisser cette famille de cerfs continuer sa vie en dehors des préoccupations du monde des humains.
Les deux femmes continuèrent ainsi leur chemin en direction de ce fameux ruisseau. Cette fois, l'atmosphère entre les deux femmes était plus détendue, comme si le fait d'avoir vu cette famille de cerf avait réussi à apaiser quelque peu les souffrances qui pouvaient animer ces deux êtres.
Elles mirent presque une heure pour arriver aux fameux ruisseaux.
Pendant ce temps là, dans la grotte, les quatre jeunes femmes attendaient patiemment. Nayak s'assurait de faire le spectacle ce qui les amusait beaucoup. En effet, celui-ci, s'il ne se montrait pas affectueux et était distant avec elles, car il ne les connaissait pas, n'arrêtait pas de se rouler, de s'allonger, de s'étirer de tout son long tout en baillant et ne faisait que de piailler d'impatience de revoir enfin sa maitresse revenir. Les problèmes des humains lui avaient l'air bien égale, et cela faisait sourire les quatre filles qui, grâce à lui pouvaient l'espace d'un instant oublier les raisons qui les avaient amenés ici.
Léonie et Agathe se décidèrent malgré tout à préparer les deux lapins pour leur repas du soir. Agathe entreprit de prendre de l'avance et sortie quelques minutes, tout en restant très près de la grotte afin de chercher des petits branchages et feuillages pour que le soir elles puissent faire un feu, cuir leur viande et les réchauffer de devoir passer la nuit dehors.
Quand elle revint, Léonie était en train de préparer les lapins, ce qui ne semblait pas facile étant donné qu'elle n'avait aucun ustensile pour l'aider dans sa tache et elle se servait donc du poignard donné par Clarke et Lexa pour enlever la peau. Agathe donna à Léonie un bout de bois qui lui servira à mettre le lapin dessus afin de le pouvoir le faire rôtir lorsqu'elles allumeront le feu quand la nuit sera tombée puis elle accrocha les deux lapins dessus. Ensuite, les quatre femmes n'avaient pas d'autre activité à faire que de discuter, ce qu'elles firent en se mettant en cercle.
Pendant ce temps là, près du ruisseau, Clarke et Lexa avaient fini de remplir suffisamment de gourdes de fortune afin de subvenir à leur besoin en eau et se mirent donc sur le chemin du retour à la grotte.
Mais sur la route du retour, la pluie commença à tomber à grosses gouttes et de plus en plus fortement, provoquant en même temps chez les deux femmes un rire nerveux.
— Bon sang, tout ce chemin pour aller chercher de l'eau alors que désormais l'eau vient à nous ? ria Clarke de dépit, comme si le monde était résolu à lui pourrir la vie.
— Étrange en effet, souffla Lexa qui ne riait qu'à moitié.
Décidément le sort semblait s'acharner sur les deux femmes, et elles commençaient vraiment à penser qu'elles portaient la poisse en elles.
Mais Lexa finit par se dire que si le sort mettait sur sa route autant d'obstacles, alors il devait y avoir, au bout du chemin, quelque chose qui vaille le coup de s'être battu. Elle ne savait pas encore de quoi il s'agissait, mais elle pensait qu'elle le saurait en temps voulu.
Les deux guerrières pressaient désormais le pas afin d'échapper au plus vite à cette pluie qui devenait de plus en plus battante et importante. Elles étaient trempées jusqu'aux os, l'eau perlait de plus en plus abondamment sur leur visage leur donnant un aspect fantasmagorique et lunaire, leurs vêtements leur collaient à la peau et si elles n'avaient pas été sous la pluie, nul doute qu'elles auraient fait tourner bien des têtes tant leur corps était sublimé par cette pluie battante.
Le sol devenait de plus en plus boueux et glissant, et plusieurs fois Lexa ou Clarke manquèrent à plusieurs moments de tomber par terre, chaque fois retenus par les réflexes de l'une ou de l'autre. Elles prirent la décision cependant de s'abriter sous un grand chêne, le temps que la pluie se calme afin de pouvoir continuer leur chemin en toute sécurité. Dessous elle était plus ou moins à l'abri de la pluie, bien que des gouttes arrivaient quand même à passer au travers du feuillage de l'arbre.
Elles étaient désormais toutes les deux accolées contre ce grand chêne qui leur offrait momentanément un semblant de protection. L'avantage de cette grosse pluie était que les gardes à leur poursuite avaient dû rebrousser chemin. Il est même fort probablement qu'ils eussent dû stopper toute recherche à leur égard, pensant surement que des femmes n'auraient pu survivre dans un tel environnement. Ce qui, pour le coup, arrangeait bien évidemment tout le monde. Bien sûr, elles ne pouvaient pas en être sûres, mais c'était la chose la plus logique qu'il pouvait leur paraître.
Un éclair frappa d'un seul coup le ciel, et par instinct, Clarke se réfugia dans les bras de Lexa, qui, surprise, n'osa esquisser le moindre mouvement. Mais elle sentit son cœur battre à tout rompre, sa respiration s'était involontairement accélérée et elle n'osait pas regarder Clarke dans les yeux, de peur d'y voir une chose qui lui ferait peur plus que tout autre chose. Pourtant, elle ressentit une chose qu'elle n'avait encore jamais ressentie, une chose qui lui faisait à la fois terriblement peur autant que ça lui était agréable.
Le temps semblait s'être soudainement arrêté. Le monde aurait bien pu s'écrouler à l'instant sous leurs pieds qu'elles ne s'en seraient pas rendu compte. Clarke était tout aussi troublé que Lexa, son cœur était également au bord de l'implosion, mais au contraire de Lexa qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, Clarke, elle, savait parfaitement ce qui était en train de se passer. Elle savait qu'il lui fallait se battre contre ses émotions, elle savait comment une situation telle que celle-ci pouvait être dangereuse et les mettre en danger. Un combat intérieur faisait rage à l'intérieur d'elle-même, un combat qu'elle n'était pas sûre de remporter si les deux femmes restaient ainsi dans cette même position.
Mais au moment ou Clarke repris possession de son esprit et voulu se retirer de Lexa en s'excusant de l'avoir ainsi étreinte à cause de la peur d'un éclair, celle-ci, qui était jusque là paralysé et avait gardé les bras le long de son corps, car ne sachant pas comment réagir, resserra finalement son étreinte sur Clarke, l'encerclant ainsi de ses bras afin de rassurer la jeune femme. D'un simple geste, c'est comme si la jeune femme avait pris possession de Clarke, qui fut incapable d'esquisser le moindre geste, incapable de respirer correctement, incapable de penser, incapable de ne rien sentir d'autre que le souffle chaud de Lexa qu'elle pouvait ressentir sur sa peau tellement leur visage était proche l'un de l'autre. Les deux femmes étaient tout aussi troublées l'une que l'autre. Cette proximité soudaine les faisait frémir, frissonner, mais aucune n'osait amorcer le moindre geste...
Lexa approcha lentement, naturellement, ou inconsciemment son visage de Clarke, posant son front contre le sien, trouvant chacune une fascination soudaine pour le sol qui se trouvait sur leurs pieds. Les deux femmes avaient les yeux fermés, elles restèrent de longues minutes ainsi, sans oser le moindre mouvement.
On sentait qu'intérieurement les deux femmes se débattaient, l'une ne comprenant pas les sensations nouvelles qui l'envahissaient et ne sachant pas comment réagir face à ça, et l'autre, le sachant parfaitement, mais qui, pour une obscure raison, s'empêchait de céder à ses pulsions.
C'est Lexa qui amorça la première un mouvement, le front toujours posé contre celui de Clarke, elle remonta lentement l'une de ses mains afin de saisir l'une de celles de Clarke, y entremêla ses doigts et descendit avec une douceur infinie celles-ci le long du corps de Clarke, qui à se contact, avait de plus en plus de mal à se contrôler, tant le frisson qui la parcouru à ce moment-là était intense.
Elles étaient quasiment immobiles, et pourtant chacune avait le souffle coupé et devait se concentrer pour ne pas perdre haleine. Le temps semblait se passer au ralenti, comme si chacun de leurs gestes durait une éternité.
Lexa semblait sentir la jeune femme trembler, elle percevait son trouble, elle le percevait, car elle-même en était habitée. Elle desserra alors de son étreinte sa main restée libre qui à ce moment-là encerclait toujours la jeune femme, pour la remonter lentement le long du bras de celle-ci qui se sentit frissonner à ce contact. Un feu ardant commençait à envahir Clarke, elle luttait de toute ses forces pour ne pas laisser s'enflammer le brasier qui la consumait à petit feu.
Elle desserra alors son étreinte de Lexa dans l'espoir que celle-ci en fasse de même, mais ne s'éloigna pas d'elle pour autant, comme si une force invisible lui enlevait tout libre arbitre à cet instant, gardant toujours sa tête posée contre celle de la jeune femme, les yeux fermés, la respiration coupée...
Lexa ne voulait pas brusquer la jeune femme, elle voulait lui laisser le choix, le choix de tout arrêter à chaque instant, mais elle-même ne pouvait empêcher ses pensées de vagabonder, d'imaginer, de rêver... elle sentait au travers de Clarke une force qui l'appelait à elle, c'était comme une évidence. Elle voulait lui laisser une chance de tout arrêter, mais arrêter quoi ? Elle-même n'était pas certaines de ce qui était en train de se passer.
Mais pousser par ses envies et son instinct, elle fit glisser le dos de l'une de ses mains le long du bras de Clarke, jusqu'à se retrouver à effleurer avec douceur le cou de Clarke qui avait cessé toute respiration dans l'espoir que ça l'aide à se contrôler.
Les yeux des deux femmes toujours fermés, la tête de Lexa s'éloigna l'espace d'un instant, ouvrant alors ses yeux pour suivre le mouvement de sa main qui continuait à effleurer le cou de la jeune femme. Elle regarda avec intensité celle-ci qui n'avait toujours pas les yeux ouverts, elle put voir sur son visage que la jeune femme était ailleurs, comme emporter dans un autre monde.
Du bout des doigts elle effleura les lèvres de Clarke, qui ne put s'empêcher de les entrouvrir afin de sentir au mieux ce contact.
Puis, dans un éclair de lucidité, elle se saisit brusquement de la main de Lexa qui lui caressait les lèvres avec tant de douceur, surprenant ainsi Lexa.
Les yeux désormais à demi clos, Clarke réussit à balbutier ses simples mots :
— Ne... Ne faites... ne faites pas ça Lexa...
— Faire quoi ? demanda incrédule Lexa qui savait parfaitement où voulait en venir la jeune femme...
— Ça... Faire ce que vous faites... j'ai peur de...
— Peur de quoi ?
— De ne... pas me... contrôler finit-elle par avouer le cœur au bord de l'explosion
Cette fois Clarke avait réouvert ses yeux, le bleu azur rencontra le vert émeraude, la lune rencontra le soleil...
Et là les dernières défenses de Clarke s'effondrèrent tel un château de cartes, elle agrippa Lexa et la plaqua contre l'arbre situé derrière elle, plaçant directement ses mains au-dessus de sa tête, faisant de Lexa sa prisonnière. Lexa étouffa un cri de surprise, mais eu le souffle coupé, son corps parcouru de frissons indescriptibles et le cœur au bord de l'arrêt cardiaque tellement il battait la chamade. Désormais, leurs lèvres se cherchaient sans pour autant encore se trouver, leur nez se frottant l'un à l'autre comme s'ils cherchaient une approbation, un accord tacite que seules les deux femmes pouvaient s'offrir mutuellement.
— Je... vous l'avais dit... vous me faites... perdre... le contrôle... réussi à dire Clarke avant de s'emparer enfin avec avidité des lèvres de Lexa.
Celle-ci sentit immédiatement son corps s'enflammer, elle ne cherchait pas à lutter, bien au contraire. La douceur des lèvres de Clarke lui procurait mille et un tourments et faisait bondir son cœur comme jamais il ne l'avait été.
Tout avait une explication finalement, tous les doutes qu'elle avait éprouvés, tout ce qui n'avait pas sens vis-à-vis de Clarke auparavant, avait désormais une explication. Elle aimait Clarke, elle l'aimait du plus profond de son cœur et avec autant de passion qu'un être humain était capable d'en ressentir. Comment avait-elle été aussi stupide de ne pas s'en rendre compte plus tôt, elle regrettait tant ce temps perdu qu'elle ne retrouverait jamais.
Quand l'air commença à se tarir, que les deux femmes n'en pouvaient plus, Clarke se recula un instant afin d'admirer le regard si intense de la jeune femme qui se trouvait devant ses yeux. Puis, comme une addiction, leurs lèvres se scellèrent de nouveau, provoquant chez les deux jeunes femmes un plaisir que jamais elles n'auraient pensé connaître.
Lexa connaissait depuis peu de temps la jeune femme qui était en train de lui faire perdre la tête, et pourtant, tout cela lui paraissait à la fois si naturel et merveilleux qu'elle se demanda l'espace d'un instant si elle était bien éveillée.
Mais quand Clarke entreprit de lui enlever son haut en passant avec douceur ses mains sous ses vêtements, elle fut sûre de ne pas être dans un rêve, car même dans ses rêves les plus fous cela n'était pas aussi extraordinaire que ce qui était en train de se passer. Elle se sentait défaillir, à la fois faible et si forte. À cet instant précis, une seule chose au monde lui faisait envie, plus que la vie elle-même, et c'était Clarke, elle avait envie d'elle, maintenant, tout de suite, s'en était presque devenu un besoin vital tant les caresses de Clarke se faisaient de plus en plus pressantes, explorant chaque parcelle de peau qu'elle trouvait sous son chemin.
Lexa, pendant un instant, eut peur que la jeune femme ne stoppe leurs ébats quand elle s'arrêta nette sur la cicatrice que portait la jeune femme tout près de son cœur. Elle eut peur que celle-ci lui fasse horreur et elle se sentit soudain honteuse de ne pas avoir ce corps si parfait qu'elle aurait voulu lui offrir.
Mais contre toute attente, Clarke ne s'échappa pas, elle ne se recula pas, au contraire, elle passa lentement ses doigts sur cette cicatrice, l'embrassant avec douceur, s'attardant plus que de raison sur celle-ci pour enfin revenir à ses lèvres qui lui avaient déjà tant manqué.
Il n'y avait plus de guerrière, plus de reines, plus d'ennemis, juste deux êtres qui l'espace d'un instant ont décidé ensemble de s'aimer passionnément, faisant fit du monde extérieur et de cette pluie qui finalement les avaient rapprochés.
Quand elles atteignirent ensemble le paroxysme de leur relation charnelle, tout devint limpide, leurs cœurs battaient à l'unisson et un sentiment de plénitude les atteignit de plein fouet comme si rien d'autre n'avait d'importance et que le monde n'existait plus. Elles auraient pu mourir dans la seconde que cela n'aurait pas eu d'importance tant elles avaient en phase l'une avec l'autre.
Elles finirent par s'allonger l'une contre l'autre, à bout de souffle, à même le sol, leur corps encore endolori des spasmes qui venait de les parcourir.
Lexa n'en revenait toujours pas de ce qui venait de se passer, tout cela lui avait paru si naturel, si magique, si parfait. Intérieurement, si elle se disait toujours qu'elle ne pourrait jamais être aimée par Clarke comme elle avait aimé sa femme. Devant la puissance des moments qu'elle venait de passer, elle se disait que la femme décédée de Clarke avait bien de la chance de l'avoir eu dans sa vie et d'avoir été aimée par elle. Et Lexa ne pensait pas qu'elle pourrait rivaliser un jour avec cet amour, et cela en était presque douloureux.
