Encore toutes essoufflé de leurs ébats, les deux femmes étaient toujours à même le sol, aucune n'osant bouger ou même parler. Elles étaient aussi dans l'euphorie du moment, aucune ne voulait que le temps ne reprenne son chemin, elles désiraient que celui-ci s'arrête et se fige sur cet instant si précieux.
Les deux amantes avaient maintenant le regard lancé vers le ciel, mais lorsque Clarke se tourna pour regarder Lexa, elle vit sur celle-ci une larme qui coulait le long de son visage, et ce n'était pas la pluie, car celle-ci, bien qu'encore présente, s'était largement calmée et ne coulait plus que légèrement.
Elle se tourna alors vers la jeune femme, le regard plein de compréhension et de tendresse afin de lui demander ce qui n'allait pas.
Lexa se tourna à son tour pour la regarder, Clarke lui essuyant sa larme avec le dos de son doigt tendrement et finit par lui dire :
— Clarke, je... suis tellement désolé que vous ayez perdu votre femme, ce que nous venons de vivre était tellement... intense... et vous l'aimiez tellement, je me dis que je ne serai jamais... elle...
Clarke comprit, elle comprit que Lexa s'était laissé aller tout en pensant qu'elle serait un palliatif momentané à sa douleur. Et si d'un côté il valait mieux lui laisser penser ça afin de la garder en sécurité, son cœur, lui ne put s'y résoudre. Il fallait qu'elle lui fasse comprendre d'une manière ou d'une autre que ce n'est pas le cas et ne le serait jamais. Il fallait qu'elle lui fasse comprendre qu'elle ne serait jamais un palliatif et qu'elle tenait vraiment à elle, de toutes les manières possibles.
Alors elle prit le visage de Lexa entre ses deux mains, la regarda droit dans les yeux et finit par lui le plus sincèrement possible.
— Lexa, vous... vous ne pouvez pas être plus loin de la vérité... vous êtes tellement plus que ce que vous pouvez imaginez, tellement, tellement plus...
— Je... je ne peux malheureusement pas encore vous dire pourquoi, mais... je tiens à vous Lexa, et c'est bien parce que je tiens à vous que je suis resté à Isarian. Comme vous me l'avez déjà fait remarquer, j'aurais pu m'enfuir comme je le voulais, et assurer la sécurité de nos deux peuples en ne fuyant pas n'est pas la seule raison qui m'est faite rester...
— Mais... si quelqu'un venait à savoir ce qui vient de se passer, vous seriez en grand danger, et ça, je ne peux l'accepter, vous êtes bien trop importante pour que je laisse cette menace vous atteindre...
Lexa paraissait incrédule, elle ne comprenait pas, elle ne comprenait pas pourquoi si quelqu'un apprenait leur histoire cela la mettrait en danger. Elle était la reine, elle faisait les lois, ce qu'elle voulait et une union entre elle et Clarke pourrait assurait la paix entre leurs deux peuples. Alors non, elle ne comprenait pas et chercha à en savoir plus.
— Clarke, je sais que vous aimiez votre femme et porté encore le deuil... Et si vous n'êtes pas obligé de m'aimer, notre union pourrait cependant assurer la paix de nos deux peuples...
Ces mots firent frémir Clarke, elle serra les poings, tellement que ses ongles s'enfoncèrent dans la peau presque jusqu'au sang...
— Lexa, c'est impossible... vous ne seriez pas en sécurité... balbutia Clarke
— Mais pourquoi ? insista Lexa qui voulait en découdre et savoir la vérité le regard fixant intensément et avec détermination avec celui de Clarke.
— Parce que je vous ai menti Lexa... pas sur ce qui vient de se passer entre nous, non pas du tout, mais sur le fait que je ne sache pas qui à donner l'ordre de tuer ma femme...
— Pardon ?! Vous savez qui c'est ?!
— Quoi ? Non ! Bien sûr que non ! Je me suis mal exprimé, excusez-moi ! Ce que je voulais dire, c'est que si je ne sais pas qui exactement a donné cet ordre, je sais cependant une chose...
— Quoi donc ?
— L'ordre venait de chez vous Lexa, de quelqu'un d'Isarian, surement quelqu'un de proche de vous... et je ne supporterai pas qu'il vous arrive quelque chose par ma faute, je ne veux pas que ce schéma se répète encore une fois, je... je ne le supporterai pas... je n'y survivrai pas...
Lexa avait désormais les yeux grands ouverts. Un traitre, un traitre vivait parmi les siens. Elle se demandait comment cela pouvait être possible. Elle était la reine, elle avait les pleins pouvoirs et quelqu'un se jouait d'elle ?
Lexa se releva à la hâte, elle était désormais en colère, en colère contre elle-même ne pas voir avoir vu la traitrise dans ses propres rangs, en colère que cet aveuglement ait fait tuer la femme de Clarke.
— Clarke, je vous fais une promesse, on trouvera ce traitre et il sera condamné à mort sur le champ !
— Lexa, ce n'est pas votre combat, c'est le mien ! affirma Clarke tout en se relevant également et plantant son regard dans le sien.
— Clarke, si un traitre se trouve parmi les miens, je me dois de trouver son identité tout autant que vous, mais si vous le souhaitez, je vous laisserai le choix de choisir sa mort quand nous l'aurons trouvé...
Les choses étaient désormais légèrement plus claires entre les deux femmes, même si Lexa se doutait qu'il y avait encore quelque chose, mais elle n'arrivait cependant pas à mettre la main dessus.
— Clarke, y a-t-il quelque chose que vous ne me dîtes pas ?
Clarke détourna le regard et ne répondit pas, affirmant simplement qu'elles avaient perdu trop de temps. Mais clairement, son silence confirma les pensées de Lexa. Cependant, celle-ci choisit de faire confiance à Clarke et ne tenta pas d'en savoir plus. Elle pensait que quand elle serait prête, elle lui en parlerait.
Les deux femmes décidèrent de se rhabiller à la hâte, mais clairement, mettre des vêtements trempés par la pluie s'avérait bien plus difficile que de les enlever, et à plusieurs reprises les deux jeunes femmes manquèrent de tomber au sol, provoquant quelques fous rires entre les deux jeunes amantes.
Ce petit moment fugace de légèreté était la bienvenue, car après, la gravité allait reprendre ses droits, et rien ne serait plus comme avant dorénavant entre les deux femmes, et elles le savaient. Mais aucune des deux ne savait la tournure que les choses allaient prendre entre les deux.
Clairement, les sentiments qu'éprouvait Lexa envers Clarke étaient bien plus forts qu'elle ne l'aurait voulu, elle en était certaine. Cela expliquait son comportement depuis le début, mais elle ne pensait pas que Clarke le soit, bien que tenant bien évidemment à elle à sa manière. Elle était donc prête à mettre ses sentiments de côté afin d'aider Clarke à trouver les coupables du meurtre de sa femme et ainsi l'aider à faire son deuil de manière plus sereine.
Intérieurement, Lexa avait bien du mal à gérer cette situation, ses sentiments étaient nouveaux, Clarke était la fille de son ennemi, et clairement, ce n'était pas une situation idéale.
Alors elle prit la décision de ne plus reparler de ce qui s'était passé entre elles et de faire en sorte d'enfouir ce qu'elle pouvait ressentir. En tant que reine, elle ne pouvait pas se permettre d'éprouver une telle faiblesse, ce qui serait forcément le cas si elle se laissait aller.
Il faisait presque nuit maintenant, les quatre femmes commençaient à s'inquiéter pour Clarke et Lexa qui était partie depuis plusieurs heures. Elles avaient peur qu'il leur soit arrivé quelque chose, mais elles furent directement soulagées quand elles les virent revenir trempés par la pluie, mais bel et bien vivantes.
Nayak se jeta sur les deux femmes, leur faisant la fête comme s'il ne les avait pas vus depuis des années. Ce chien était la joie dans la tempête, il savait voler les cœurs pour leur rendre le bonheur, une vraie bouffée d'oxygène et Lexa y tenaient plus que tout. Même si elle essayait de ne pas le montrer aux gens qui pouvaient l'entourer. Clarke n'était pas dupe cependant, elle voyait comment Lexa tenait à son chien et cela la faisait intérieurement sourire.
Les deux guerrières donnèrent l'eau aux autres et commencèrent à s'activer pour allumer un feu. Heureusement, Agathe avait ramassé suffisamment de bois sec avant que la pluie ne commence à tomber, afin de pouvoir l'allumer.
Clarke et Lexa n'osaient plus s'adresser la moindre parole, ce qui n'échappa aux autres qui pensaient que les deux s'étaient probablement disputés sur quelque chose.
C'est donc dans un silence presque absolu qu'elles cuisinèrent les lapins et mangèrent toutes en silence. Le lendemain matin il était prévu qu'elles repartent toutes ensemble à Isarian, il leur restait encore trois jours de marche à pied si tout se passait sans encombre. Elles avaient déjà pris un jour de retard et Lexa s'inquiétait de plus en plus de ce qu'elle allait retrouver à Isarian à son retour. Il était évident que son absence était surement remarquée, car il n'était pas dans les habitudes de la reine de ne pas être aux affaires de son peuple.
Avant de chacune se trouver un coin pour dormir dans la grotte, Rose, qui avait déjà remarqué les regards que s'étaient lancé auparavant les deux femmes, s'approcha de Lexa pendant que les autres essayaient de s'installer confortablement, si tenté que ce soit possible en pareil circonstances...
Puis elle lui parla à voix basse afin que personne ne puisse entendre.
— Je ne voudrais pas que vous pensiez que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais... je n'ai qu'une seule chose à vous dire, ne laissez la laissez surtout pas passer, ce genre de chose n'arrive qu'une fois dans une vie... lui susurra tendrement Rose qui repartit en directement des trois autres filles afin de dormir près d'elles.
Décidément, Rose était bien plus observatrice qu'elle ne l'aurait pensé pensa Lexa tout en posant intensément son regard sur Clarke qui tentait tant bien que mal de s'installer dans un coin isolé de la grotte avec Nayak qui avait décidé de la suivre comme son ombre.
Puis, la guerrière décida de se lever et de rejoindre la jeune femme afin de se poser près d'elle. Clarke ne voulait toujours pas regarder Lexa droit dans les yeux, mais elle sentit un frisson la parcourir quand Lexa lui prit la main tout en s'allongeant près d'elle. Et elle dut se faire violence afin de ne pas porter son regard sur elle.
En mettant des distances, elle pensait protéger Lexa, mais visiblement celle-ci ne l'entendait pas de la même oreille et elles s'endormirent ainsi, main, dans la main, chacune frémissante intérieurement de ce contact.
Clarke voulait résister, mais il était bien difficile pour elle de résister à ses propres envies.
Durant la nuit, Lexa s'agita, se tournant dans tous les sens et lâchant subitement la main de Clarke, se réveillant en sueur et en panique. Allongée sur le dos, elle se releva légèrement, s'adossant à la paroi.
Clarke posa alors la sa main sur son épaule pour la rassurer et lui demanda ce qui n'allait pas. Ses résolutions de garder ses distances fondaient comme neige au soleil dès que Lexa montrait le moindre signe de mal-être.
— Je... je ne sais pas Clarke... j'ai... j'ai rêvé de vous, c'était si... réel...
— Ce n'était pas un rêve Lexa si vous faites allusion à ce qu'il s'est passé entre nous hier après-midi, souffla Clarke confuse et presque honteuse...
— Non, ce n'était pas ça Clarke, c'était autre chose... nous...
— Rien, laissez tomber, je dois surement divaguer, c'est complètement stupide, ce n'était qu'un rêve...
— Rendormez-vous je vous pris, je ne vous embêterai plus, promis, affirma la jeune femme en se rallongeant sur le côté, tournant ainsi le dos à Clarke.
Mais Clarke ne dormira plus de la nuit, elle restera ainsi, complètement paralysée et sous le choc, impossible pour elle de trouver le sommeil dans ses conditions, trop de pensées heurtaient son esprit.
Le lendemain matin quand Lexa se réveilla, Clarke avait son bras autour de sa taille et elle dormait profondément. Elle ne s'était endormie qu'il y a seulement quelques minutes, mais ça, Lexa l'ignorait totalement. Alors elle se contenta d'enlever le plus délicatement possible le bras de la jeune femme et s'en alla en direction des autres afin de les réveiller à leur tour.
Rose était déjà debout depuis quelque temps et elle n'avait rien manqué de la scène qui s'était passée entre Clarke et Lexa, alors elle ne put s'empêcher de faire un clin d'œil à la jeune femme qui venait vers elle.
La reine d'Isarian fit semblant de ne pas voir cette allusion, la situation était bien trop compliquée comme cela pour penser à ce genre de chose, et ce n'était vraiment pas le moment pensait Lexa.
Puis, comme si elle avait deviné les pensées de la jeune guerrière, Rose lui tint ses paroles qui laissèrent pantoise la jeune femme :
— Quel intérêt de vivre une vie si l'amour n'en fait pas partie ?
À peine eut-elle prononcé ces paroles qu'elle repartit aider les autres à leur départ, laissant Lexa songeuse. Elle ne voulait pas l'admettre, mais ses paroles résonnaient en elle et elle ne savait pas si elle devait en être effrayée ou l'accepter...
Les six femmes ne mirent que peu de temps à se préparer et reprirent toutes ensemble le chemin pour revenir à Isarian.
Cela faisait déjà trois jours que Clarke et Lexa avaient disparu. Elles avaient pris un jour de retard sur les quatre jours de marche prévu pour leur retour à Isarian et là-bas ça devenait la folie. Melchior avait compris que les deux femmes n'étaient plus là et il faisait tout pour renverser Lexa et prendre le pouvoir à sa place.
Philémon avait bien du mal à faire garder le pouvoir à Lexa. Celle-ci était la reine incontestée, elle était respectée et aimée par son peuple. Cependant, Melchior se servait de sa disparition pour monter celui-ci contre elle, affirmant haut et fort qu'elle avait probablement disparu volontairement afin d'échapper à ses obligations et à toute cette pression qui était due à son statut. Heureusement, pour le moment sa parole n'avait que peu d'écho par mis le peuple. Mais quelques voix commençaient à s'élever dans l'ombre, commençant à douter. La petite graine était plantée et Melchior le savait. Et personne ne sachant ce qu'il était advenu de la reine et de sa prisonnière, il n'était pas difficile pour lui de laisser le temps faire son œuvre pour que l'on se révolte contre Lexa.
Après avoir mangé, et parlé avec quelques personnes susceptibles de pouvoir l'aider dans son accession au pouvoir, Melchior s'en retourna dans ses quartiers. Quand il ouvrit la porte de sa chambre, il se dirigea directement vers une petite boite noire située dans le tiroir de son bureau qui était situé sur la droite de son lit. Il s'assit sur le rebord de celui-ci, ouvrit la boite noire en question et en sortit le parchemin que le mystérieux homme lui avait donné dans les bois.
Il l'ouvrit et le regarda attentivement, fronçant parfois les yeux, il avait l'air de s'interroger sur son contenu, se demandant surement si ce papier en valait la peine, si cela valait la peine d'avoir pris tous ses risques pour cela.
Il espérait que ce papier pouvait l'aider dans ses desseins.
De son côté, Alexandre toujours à la recherche de Clarke et Lexa arriva rapidement sur le lieu ou Clarke et Lexa avaient disparu. Il trouva à même le sol le cadavre de l'homme que Clarke avait frappé de toutes ses forces. Il avait une flèche plantée en pleine poitrine et son cadavre avait l'air d'être là depuis plusieurs jours.
Et malheureusement, cela correspondait plus ou moins à la date à laquelle les deux femmes étaient parties pour surveiller Melchior.
Il essaya de trouver des indices sur le sol qui aurait permis de retrouver les deux femmes et commença à suivre la piste des traces de chevaux qui étaient au sol, probablement ceux de Clarke et Lexa.
D'ailleurs, il les retrouva, toujours sagement attaché à l'arbre auquel les avaient accrochés les deux femmes. On voyait qu'ils avaient essayé vainement de fuir. Leur cou présentait quelques blessures, surement faites quand il avait essayé de se détacher, sans succès.
Les chevaux étant encore là sans les deux femmes, Alexandre commençait vraiment à s'inquiéter pour Clarke et Lexa. Visiblement il leur était arrivé quelque chose de grave et il espérait vraiment qu'elles soient encore en vie.
Il détacha les deux chevaux et commença à suivre les traces encore présentes dans l'espoir que ça le mène aux deux guerrières.
