— Votre quoi ? Redemanda Lexa pour être bien sûr d'avoir entendu ce que Clarke venait de dire.
Maintenant Lexa avait l'air aussi étonné qu'énervé. Clarke ne n'arrivait pas à savoir ce que pouvait penser la jeune femme. Son teint était devenu blafard, et elle recula d'un pas, tant elle ne savait pas elle-même si elle devait être en colère contre Clarke ou être soulagée qu'Alexandre ne soit que son frère finalement.
— Vous voulez dire que vous vous êtes joué de moi ? annonça Lexa en serrant les dents.
Son cœur venait de s'accélérer à un rythme effréné et ce n'était pas pour les mêmes raisons que ce qu'elle avait pu ressentir pour Clarke ces derniers temps.
— Si Alexandre et vous, vous vous connaissez depuis tout ce temps, s'il est vraiment votre frère...
— Alors ça veut dire que vous deux vous vous êtes joué de moi ?
— Lexa...
— Je vous interdis de dire mon nom Clarke ! Comment avez-vous pu me mentir à ce point ?
— Je ne vous ai jamais mentit Lexa, tenta de rattraper Clarke qui commençait à voir la déception dans le regard de la jeune femme.
Celle-ci avait l'air anéantie.
— Pourquoi ? Pourquoi m'avoir mentit Clarke ?!
— Je vous le répète je ne vous ai pas menti !
— Je comprends mieux pourquoi vous ne vouliez pas vous échapper, vous étiez dans la place avec Alexandre !
— Mais dans quel but Clarke hein ? Dans quel but avez-vous fait cela ? Que vous ai-je fait pour mériter ça ? cria Lexa sur un ton qui pétrifia sur place Clarke tant elle ne reconnaissait plus la jeune femme qui était face à elle.
Clarke avait beau tenter de se justifier, elle n'arrivait pas à faire entendre raison à Lexa. Pour elle, Alexandre et Clarke, tout était faux, tout était artificiel. Et elle dû se retenir contre un arbre pour ne pas tomber à la renverse tant le choc lui était intense, elle avait le souffle court, sa poitrine se soulevait fortement aux grés de sa respiration devenue bien trop forte. Son monde était en train de s'écrouler. Elle en était même à se demander si Clarke avait fait semblant de s'intéresser à elle uniquement pour l'atteindre, mais l'atteindre dans quel but, elle n'en avait aucune idée et cela la faisait intérieurement enrager.
Ce qu'elles avaient vécu était-il réel ? Une passade ? De la manipulation ? Lexa était en plein doute. Elle avait l'impression que son cœur devenait poussière, que son âme avait été trahie, jeter en pâture dans les jeux malsains de personnes qui n'en avaient que faire de se soucier du mal qu'ils pouvaient créer sur leur passage.
Voyant Lexa faisant visiblement une crise de panique, Clarke s'approcha de la jeune femme et tenta de poser ses mains sur ses épaules pour la calmer. Mais celle-ci la repoussa violemment, se redressant alors pour dégainer son épée et la placer sous la gorge de Clarke qui d'instinct recula d'un pas ne sachant comment réagir face à la réaction de la jeune femme.
Clarke pouvait voir désormais la colère et la déception au travers du regard de Lexa. Elle ne la reconnaissait plus. Alors il fallait absolument qu'elle lui fasse comprendre, qu'elle lui fasse comprendre les vraies raisons qu'ils l'ont amené jusqu'ici. Elle ne voulait pas la laisser en plein doute comme ça, elle ne le pouvait pas, cela était bien au-dessus de ses forces, il le fallait, elle lui devait la vérité...
Alors elle se recula encore d'un pas afin de ne plus avoir son épée sous la gorge, mais Lexa se rapprocha d'autant de pas afin de la garder sous sa garde avec son arme. Celle-ci paraissait hésitante, les yeux rougis par des larmes qu'elle s'empêchait de toute ses forces de laisser couler afin de ne pas montrer le moindre de signe de faiblesse envers la femme qui se trouvait devant elle, et qui, en l'instant, elle considérait comme une traitresse...
Pour Clarke s'en fût assez, si Lexa ne voulait pas qu'elle s'explique, alors elle la forcerait à écouter, à écouter ses mots, que ce soit par la force ou volontairement. Elle ne pouvait pas laisser un tel évènement détruire leur relation nouvellement née, cela était bien au-dessus de ses forces et elle savait qu'elle n'y survivrait pas...
D'un geste, avec son bras elle recula d'un coup sec l'épée de Lexa et dégaina la sienne afin de faire face à armes égales avec la jeune femme.
Immédiatement la rage de Lexa fit place à la colère et elle frappa Clarke avec son épée de toutes ses forces, mais Clarke para avec une facilité déconcertante le coup que venait de lui porter la guerrière, à son grand étonnement.
— Lexa ! Arrêtez-vous ! Laissez-moi vous expliquer, je vous ne prie ! tenta de raisonner Clarke.
Mais Lexa continuait à frapper de son épée Clarke tout en continuant à crier sa rage, cependant, Clarke arrivait à parer tous les coups de la jeune femme avec une telle facilité que cela en étonna grandement Lexa. Elle était la meilleure combattante d'Isarian et de Zénarie, personne n'avait jamais réussi à la battre, pourtant, c'est comme si Clarke arrivait à lire et à prédire à l'avance chacun de ses coups, chacun de ses mouvements, chacun de ses pas.
Et cela mettait Lexa dans une colère encore plus grande. Clarke ne faisait que de se défendre cependant, jamais elle ne répliquait aux coups que lui portait Lexa, jamais elle n'aurait pu la frapper de toute façon, c'était bien au-delà de ses propres forces.
Mais au bout de quelques minutes de combat intense, au cours duquel Clarke avait laissé Lexa exprimer toute la colère qu'elle avait en elle, elle décida qu'il était temps d'arrêter ce petit manège. Elle porta alors son premier coup de ce combat et désarma Lexa avec celui-ci, la déséquilibrant et la faisant tomber au sol.
Lexa voulut reprendre son épée, mais Clarke l'éloigna au loin avec son pied et plaça la sienne sous la gorge de Lexa afin de forcer celle-ci à se relever.
Elle regardait Clarke avec tant de colère dans son regard que ça en brisa le cœur de la Zénarienne dont les yeux commençaient à rougir par des larmes invisibles.
Une fois Lexa relevé à son niveau, elle planta ses yeux dans les siens. Aucune des deux n'osait esquisser le moindre mouvement, la tension était palpable, le moindre geste, le moindre mot, n'importe quelle étincelle auraient pu réanimer ce combat, mais intérieurement, aucune n'avait envie de cela.
— Est-ce que vous êtes enfin décidé à me laisser vous expliquer ? Tenta d'apaiser Clarke les yeux emplis de larmes qu'elles n'arrivaient désormais plus à empêcher de couler.
Ces larmes parurent décontenancer Lexa, elle ne savait plus quoi croire, son cœur ou les derniers évènements. Pourquoi la jeune femme pleurait-elle se demanda-t-elle ? Après tout, c'est elle qui lui mentait depuis le début, elle qui avait tout manigancé afin de venir à Isarian en tant que « prisonnière ». Alors pourquoi pleurait-elle, pourquoi...
Contre toute attente, et sous le grand étonnement de Lexa, Clarke jeta également son épée au loin.
— Je ne me battrai pas contre vous Lexa, je n'en ai ni la force ni l'envie, je suis déjà morte de toute façon... finit-elle par avouer le cœur au bord de l'implosion.
Mais Lexa crut qu'il s'agissait d'une énième manière pour tenter de la manipuler et elle se jeta sur la jeune femme qui chuta lourdement au sol.
Cette fois s'en était trop pour Clarke, tout cela devait stopper, immédiatement et définitivement. Elle se défit aussi facilement de l'étreinte de Lexa qu'elle ne l'avait fait avec son épée et se retrouva bien vite au-dessus de la guerrière qui tenta avec force de se débattre sans le moindre succès.
Lexa était maintenant au-dessous de Clarke qui immobilisait la jeune femme en lui tenant ses deux poignets au-dessus de la tête afin de l'empêcher d'esquisser le moindre mouvement.
Il y eut un long moment de flottement avant que la reine d'Isarian ne se décide enfin à parler :
— Tuez-moi Clarke !
— Pardon ?
— Tuez-moi ! Tout ceci, tous ses mensonges, c'est bien pour en arriver là non ?!
— Alors, allez-y, tuez-moi, qu'est-ce que vous attendez ?! Hurla Lexa.
— Que je vous tue ?!
Ses paroles parurent sortir de sa torpeur dans laquelle se trouvait la Zénarienne. Alors pendant que Lexa se débattait, tentant de sortir de l'étreinte de la jeune femme, Clarke releva avec toute la difficulté du monde le haut de Lexa afin de faire apparaitre la cicatrice de la jeune femme.
— Pourquoi ? Pourquoi faites-vous cela ? cria Lexa qui tentait tant bien que mal de se soustraire à l'emprisonnement de Clarke.
— Pourquoi j'ai fais cela ? Pour ça ! affirma-t-elle tout en désignant la cicatrice de la jeune femme ton en plantant son regard intensément dans celui de Lexa.
Cette affirmation parue complètement déboussoler la jeune femme, son cœur s'emballa rapidement, sa respiration était erratique, imparfaite et son souffle, elle ne le trouvait plus. Elle se sentait partir, s'étouffer sous cette révélation dont elle ne comprenait pas la teneur et qui la rendit instantanément aphone, incapable de laisser s'échapper le moindre son de sa bouche tant elle était choquée. Mais ce qu'elle ressentait à l'instant n'était rien en comparaison de ce qui allait suivre.
À son grand étonnement, Clarke se releva et prit la main de Lexa pour l'aider à se relever. Instinctivement, celle-ci se dépoussiéra les vêtements et remit correctement en place son haut que Clarke avait relevé afin de mettre en évidence sa cicatrice.
Les deux femmes se faisaient maintenant face à face, se lançant dans un duel de regard pour tenter de pénétrer les pensées de l'autre et d'y déceler l'étincelle de vérité qui ferait bouger les choses. Mais aucune des deux ne parlait, elles étaient comme paralysées, se demandant chacune comment elles avaient pu en arriver là.
Puis, Clarke voulu en finir, provoquer Lexa, déclencher en elle un électrochoc qui la ferait réagir, alors sans que la reine d'Isarian ne s'y attendre, Clarke se rapprocha d'elle jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de son visage. Celle-ci, par fierté, ne voulait pas bouger d'un millimètre, elle était prête à de nouveau en découdre quand elle fut surprise par Clarke qui la poussa violemment en mettant ses deux mains sur ses épaules.
Elle la poussa, une fois, deux fois, faisant reculer chaque fois Lexa d'un pas qui ne réagissait toujours pas si ce n'est en lançant des regards noirs.
— POURQUOI ? finit par crier Clarke en direction de Lexa tout en la poussant une troisième fois
Cette question étonna au plus haut point Lexa qui sans qu'elle ne sache pourquoi, sentait toutes ses défenses tomber les unes après les autres.
Alors Clarke continua dans sa lancée et poussa de nouveau Lexa tout en continuant à répéter inlassablement pourquoi.
Lexa ne comprenait pas.
— Pourquoi quoi ? finit-elle par crier en tentant de cette fois-ci résister aux mains de Clarke qui tentèrent de la pousser encore une fois.
Cette fois le regard de Clarke changea instantanément et Lexa put y lire toute la détresse du monde dans celui-ci. Les pensées s'embrouillaient dans sa tête, elle ne savait même plus où elle était ni ce qu'elle faisait. Son cœur était sur le point d'exploser sans même savoir pourquoi et elle avait de plus en plus de mal à respirer.
Mais elle réitéra sa question.
— POURQUOI QUOI ? cria-t-elle encore une fois les yeux emplis de larmes
— Pourquoi tu ne te souviens plus de nous ?! finit par hurler Clarke
— Quoi ? De nous ? De ce qui s'est passé entre nous l'autre jour ?
Lexa ne comprenait plus rien, n'avait aucune idée d'où voulait en venir Clarke.
Puis Clarke la poussa de nouveau, cette fois Lexa tomba au sol et Clarke s'avançait vers elle d'un pas ferme et décider pendant que celle-ci reculait comme elle le pouvait alors qu'elle était toujours restée au sol.
— Je ne parlais pas de ce qui s'est passé entre nous l'autre jour Lexa, mais de NOUS, vous ne vous souvenez pas ?
— Ne vous êtes vous jamais posé la question de savoir pourquoi il y avait un lien si particulier entre nous alors que vous pensiez que nous nous rencontrions seulement pour la première fois quand je vous ai sauvé la vie des loups qui vous attaquaient ?!
— Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi vous m'aviez sortie de ce cachot pour me loger dans vos quartiers privés près de votre chambre ?!
— Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi vous me trouviez réveillé la nuit en pleins cauchemars alors que vous dormiez dans la chambre d'à côté ?!
— Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi je ne vous ai jamais donné le nom de ma femme Lexa ?!
— Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi et comment cette cicatrice est présente sur vous ?!
— Je peux répondre à toutes ses questions Lexa, je peux vous dire pourquoi et comment cette cicatrice est là !
— Je peux vous dire pourquoi vous sentiez un lien entre nous et je peux vous dire pourquoi vous n'avez pas à souffrir de la comparaison entre vous et ma femme !
— Pour la simple et bonne raison que ma femme c'est VOUS Lexa !
— Et oui, nous nous connaissons depuis l'adolescence, nous nous sommes aimées passionnément durant de longues années, mais tout ce que nous avions construit vous l'avez oublié, je n'ai jamais existé pour vous, je n'ai visiblement pas assez compté pour vous pour que vous vous rappeliez de moi.
La pluie, comme si elle avait entendu le désespoir de Clarke s'était mis à couler abondamment, recouvrant rapidement le bruit de leurs larmes respectives.
Lexa était sous le choc, elle n'en croyait pas un seul mot. Alors elle se releva et fit de nouveau face à Clarke.
— Vous mentez Clarke, vous mentez pour je ne sais quelle raison !
— Ha oui, je mens ?
Clarke resouleva encore une fois le haut de Lexa qui n'osa cette fois esquisser le moindre geste, et posa sa main sur la cicatrice de la jeune femme.
— Cette cicatrice, c'est un poignard, un poignard qu'on m'a lancé dessus afin de me tuer, cette blessure m'était destinée, mais vous... tu... as vu le coup arriver, tu as eu le temps de me pousser pour que le poignard ne m'atteigne pas et tu te l'es pris à ma place.
— Tu t'es écroulé dans mes bras, ta force, ta joie, tu étais en train de mourir sous mes yeux et ne je pouvais rien y faire. Je n'ai jamais été aussi impuissante de toute ma vie...
— J'ai tenté de toute mes forces d'arrêter le sang qui coulait, tu étais sur le point de mourir et je n'y aurai jamais survécu. J'ai tout tenté pour te maintenir éveillé, mais tu as finalement fermé les yeux.
— Tu es resté dans le coma plusieurs jours, mais à ton réveille, tu ne te rappelais plus de nous ! De tout ce que nous avions vécu, il ne restait rien !
— J'étais tellement anéanti que je t'en aie voulu que tu m'es oublié d'un claquement de doigts ! Si tu savais comme je t'en ai voulu Lexa, tellement tellement tellement. Mon monde venait de s'écrouler en une fraction de seconde !
— Et puis j'ai reçu une lettre, un parchemin dans laquelle on m'interdisait absolument de faire quoi que ce soit pour te faire retrouver la mémoire, sinon on enverrait des mercenaires finir le travail, et que le seul moyen que tu restes en vie était que je retourne à Zénarie et que je ne revienne jamais.
— Tu ne te souvenais plus de moi, tu ne te souvenais plus de nous, alors je suis partie, parce que moi je n'avais rien oublié et que je n'aurai pas pu vivre dans un monde où tu n'existais plus alors j'ai préféré m'effacer, pour te laisser une chance de vivre ta vie, même si je n'en faisais plus partie...
— Mais j'ai continué à œuvrer dans l'ombre afin de trouver qui menaçait ta vie, même si tu ne te souvenais plus de nous, je me devais d'éliminer cette menace d'au-dessus de tes épaules.
— Et si au début j'ai espéré qu'avec le temps tu te rappellerai de nous, que tes souvenirs referaient surface, cela n'a jamais été le cas, deux ans que ta mémoire n'est plus. Tu te rappelles de toute ta vie, sauf de nous.
Lexa s'écroula à genoux sur le sol devenu désormais boueux, en larme et complètement anéanti d'une telle révélation.
Elle aurait tellement voulu à ce moment-là que tout ceci ne soit qu'un mensonge, que ce ne soit pas réel, un autre cauchemar dont elle se serait réveillée en sueur, mais soulagée que ce ne soit pas réel.
Clarke voulut la prendre dans ses bras pour la soulager de sa souffrance, mais Lexa la repoussa violemment, s'emparant de nouveau de son épée restée au sol et mettant en garde Clarke.
Cette fois, celle-ci ne se déroba pas, ne chercha pas à fuir ou à se défendre, au contraire, elle approcha son corps au plus près de la pointe de l'épée de Lexa, pris la lame dans ses mains, serra tellement fort que du sang commença à en couler, et l'enfonça au plus près de sa poitrine, la faisant traverser ses vêtements et toucher sa peau devenue humide par la pluie diluvienne qui s'abattait sur les deux jeunes femmes.
— Si vous pensez vraiment que je mens, alors allez-y, tuez-moi ! Je n'ai plus la force de me battre, je n'ai plus la force de rien, je veux simplement que tout ceci s'arrête !
— Je préfère mourir maintenant que de vivre dans un monde ou notre amour n'existe plus, je... je n'en ai plus la force de me battre...
Sur ses paroles, elle mit un genou à terre, attendant que Lexa la tue. Le corps entier de celle-ci se raidit face aux paroles de la jeune femme. Tous les moments les plus importants de son existence refirent surface, les plus joyeux, les plus tristes, les plus intenses, les plus dramatiques, et une réalité la frappa soudainement de plein fouet, lui revenant comme un boomerang en plein visage ajoutant encore plus au désespoir qui habitait tout son être en cet instant. En effet, elle était en train de se rendre compte qu'elle ne se rappelait plus de pan entier de sa vie et qu'ils avaient juste... disparu.
Elle ne s'en était jamais vraiment préoccupée, car elle avait toujours pensé que cela était dû à sa blessure et Philémon lui avait toujours affirmé qu'elle n'avait rien oublié d'important. Mais là, maintenant, elle se demandait si finalement Clarke n'avait pas raison, et si elle l'avait vraiment oublié, si elle avait raison sur tout, cela expliquerait son comportement envers elle depuis le début. Ça expliquerait tout, absolument tout. Si sa tête avait oublié, la mémoire du cœur, elle, était toujours intacte et cela expliquerait bien des choses.
Lexa recula finalement d'un pas, faisant tomber lourdement au sol son épée qu'elle lâcha sans ménagement. Le regard horrifié qu'elle eut envers elle-même en cet instant était indescriptible.
Elle se prit le visage entre ses deux mains, répétant inlassablement « non non non, ce n'est pas possible »
— Non non non, qu'est ce qui m'arrive, ce n'est pas possible, je... bon sang... que m'arrive-t-il ?
Lexa ne retenait plus ses larmes désormais, elle n'en avait tout simplement pas la force. L'appel du cœur qui la tiraillait était si intense qu'il en était physiquement douloureux.
Clarke se releva lentement, regardant intensément la femme qui lui faisait face et qui avait l'air totalement désorientée et perdue, se perdant dans les méandres de la douleur.
Elle se rapprocha avec prudence de Lexa qui se tenait toujours la tête entre les deux mains en train de pleurer à chaudes larmes et qui se demandait toujours ce tout ceci n'était qu'un long et douloureux cauchemar.
Elle prit les mains de Lexa dans les siennes, la forçant à planter son regard dans le sien. Les deux femmes étaient à bout de souffle et ne savaient que dire.
Puis Clarke abaissa l'une des mains de Lexa et la posa sur sa poitrine au niveau de son cœur tout en fermant les yeux.
— Sens, sens mon cœur... il bat... mais il ne bat que pour toi, ça a toujours été toi et ça sera toujours et seulement toi Lexa...
— Je... je ne... sais pas quoi vous dire Clarke...
Cette fois Clarke pris la jeune femme dans ses bras et la serra le plus fort qu'elle le pu, essayant du plus profond de son cœur de la rassurer même si elle savait qu'elle ne le pouvait pas entièrement.
Lexa quant à elle n'osait esquisser le moindre mouvement. Elle était complètement perdue, amorphe, elle n'arrivait plus à respirer et elle était en train de se noyer, émotionnellement parlant, elle venait de se prendre de plein fouet une réalité qui la laissait dans le plus profond des désarrois. Elle n'avait jamais connu une perte de contrôle aussi absolu qu'en cet instant, et elle se sentait mourir à petit feu.
Puis, son instinct repris le dessus et elle encercla également Clarke de ses bras et la serra le plus fort qu'elle le pu. Elle s'accrocha à elle comme un koala à s'accroche à son arbre, un naufragé à sa barque, la mort à la vie...
Elles restèrent ainsi de longues minutes sans parler, sans bouger, ne faisant rien d'autre que de humer l'air de temps en temps afin de s'assurer qu'elles étaient toujours en vie et que ce n'était pas un rêve.
Puis Lexa finit par parler, doucement, hésitante comme jamais elle ne l'avait été auparavant.
— Je... je suis... tellement désolé Clarke finit-elle par avouer an larmes...
— Désoler de quoi ? Lui susurra à l'oreille Clarke qui posa ensuite sa tête contre le front de la jeune femme.
— Désolé de... désolé de... ne pas me rappelez de vous Clarke... avoua Lexa le cœur au bord de l'explosion et le souffle court.
Le regard de Clarke s'illumina l'espace d'un instant et une lueur d'espoir la traversa, lui rendant un semblant de dignité et d'amour.
— Vous... enfin tu... tu me crois alors ? demanda Clarke le cœur au bord du précipice, l'espoir renaissant comme un brasier ardant.
— Hé bien... il est évident que je ne peux expliquer ce que je ressens pour vous, et cela expliquerait bien des choses à votre égard, ça expliquerait même absolument TOUT.
— Mais là, tout de suite, je ne veux rien... je ne veux rien d'autre que vos bras, ne me lâcher pas Clarke ou ne ne pourrais jamais me relever de cette chute...
— Jamais Lexa, jamais plus... je ne te le promets
Les deux femmes restèrent ainsi, front contre front tentant ainsi de se remettre de leurs émotions. Ni l'une ni l'autre n'avait envie de desserrer leur étreinte. Lexa était complètement perdu. Elle avait entendu, elle avait entendu les mots de Clarke, elle l'a croyait réellement quand elle lui disait que c'était elle sa femme. Elle n'avait pas de raison de ne pas la croire. Son cœur lui disait que tout était vrai. Ainsi, ce qu'elle ressentait pour Clarke avait désormais une explication logique.
Ce n'était pas un sentiment nouveau ou passager, non, ce qu'elle ressentait, elle le ressentait depuis des années, elle n'en avait simplement plus aucun souvenir.
Oui, elle avait entendu les mots de Clarke, mais non, elle ne se rappelait toujours de rien, rajoutant encore et encore de la culpabilité à la jeune femme.
Ce qu'elle ressentait pour Clarke était si fort et intense, et maintenant qu'elle connaissait la vérité, elle se demandait si cet amour était encore plus fort qu'à présent lorsqu'elle et Clarke étaient encore heureuses ensemble par le passé.
— Je... je suis si... perdu Clarke...
— Je sais... mais je suis là maintenant et je ne te laisserai plus, j'en fais le serment sur ma vie Lexa.
Front contre front, le cœur et la peau tremblante, elles furent sorties de leur état presque de transe par Nayak qui commençait à pleurer. Le pauvre avait été oublié là, était trempé et il attendait sagement que les deux femmes s'occupent enfin de lui.
Clarke se retira de l'étreinte de Lexa et s'approcha de lui, elle s'agenouilla et le prit dans ses bras pour lui faire un gros câlin, au grand étonnement de Lexa qui n'avait pas l'habitude de voir une autre personne qu'elle s'autoriser ce genre de comportement avec le chien.
En se retournant, Clarke vit l'étonnement dans les yeux de Lexa, alors elle finit par lui dire que c'était normal que Nayak l'apprécie autant, car elle le connaissait très bien. Et que c'était elle qui lui avait offert il y a maintenant trois ans.
Le chien connaissait donc autant les deux femmes l'une que l'autre.
— Il... il y a tant de choses que je ne sais plus Clarke... comment vais-je réussir à vivre avec ça sur la conscience dorénavant ?
— Voyant le trouble de la jeune femme, Clarke se releva de nouveau pour prendre Lexa dans ses bras, qui cette fois, l'enlaça sans la moindre hésitation.
Puis Clarke lui murmura à l'oreille :
— Ne t'en fais pas, je répondrais à toutes tes questions, tu n'auras qu'à me demander et je serai là...
