Merci infiniment pour vos reviews. Je ne m'attendais pas à autant de retours positifs, n'ayant pas du tout l'habitude d'écrire des fics mais plutôt de les lire.

On m'a fait remarquer une erreur dans le premier chapitre, j'ai mis deux fois « œil droit » dans la description des yeux. C'est l'œil du côté de la cicatrice qui est touché donc l'œil gauche qui est entièrement noir.

Ce que vous reconnaissez ne m'appartient pas.

Avertissement : mention de violences et d'abus sexuels sur mineur.

Chapitre 3

Les Serpentards de première année se mirent en file indienne lorsqu'ils arrivèrent à l'infirmerie. L'infirmière leur demanda à chacun de s'installer sur un lit de libre, dans l'ordre dans lequel elle les appellerait.

Chaque élève s'installa au fur et à mesure et l'infirmière passa de l'un à l'autre en lançant un sort de diagnostique immédiat, pour connaître leur état de santé actuel, ainsi qu'un sort de diagnostique historique, afin de voir si certaines affections anciennes pouvaient causer des problèmes par la suite. C'était aussi un moyen pour elle de détecter les cas d'abus, qui n'étaient malheureusement pas assez rares à son goût.

Certains élèves étaient nerveux, d'autres parfaitement calmes. Plusieurs d'entre eux jetaient des coups d'œils à leurs camarades comme s'ils pouvaient deviner ce que révéleraient les sorts. Sans le savoir, tous se doutaient que le plus petit de leur groupe aurait sans doute de révélations sur son diagnostique. Et tous, appréciant le naïf jeune garçon, espéraient des résultats positifs pour lui.

Lorsque vint son tour, Harry s'installa sur un lit. L'infirmière lança le premier sort et sourit, ravie de voir que malgré sa petite stature et le tissu cicatriciel de son visage, l'élève devant elle était en parfaite santé.

Elle lança alors le sort de diagnostique historique. Elle pâlit en voyant le parchemin qui sorti du bout de sa baguette s'allonger plus que de raison.

Elle le lu attentivement. De sa naissance à un an et demi, l'enfant montrait les blessures et maladies auxquelles on pouvait s'attendre de n'importe quel enfant, comme des genoux écorchés ou des hématomes aux tibias.

Puis, de un an et demi à 5 ans, la liste était énorme. Des lacérations dans le dos, le postérieur et l'arrière des cuisses, des brûlures sur les avant-bras et les mains, les os de la main gauche entièrement brisés, plusieurs hémorragies internes au niveau de l'abdomen et un traumatisme crânien…

Cet enfant n'avait pas été juste battu, il avait été torturé de manière régulière. La malnutrition à laquelle elle s'attendait se rapprochait plus de la famine qu'autre chose. Si cet enfant avait mangé plus d'un petit repas par jour, cela l'étonnerait.

Et le pire… Elle eu du mal à se retenir de rendre son déjeuner en lisant qu'il avait eu de multiples plaies et déchirures au niveau de son anus et de son rectum. Quels monstres pouvaient faire cela à un enfant de même pas 5 ans !

Le pire fut visiblement le jour du cinquième anniversaire du petit serpent. Le nombre de fractures, d'hématomes, d'hémorragies internes était impressionnant. Et cette brûlure au visage datait également de cette journée infernale. Cet enfant n'aurait jamais pu survivre sans magie. Même avec la magie, sa survie tenait du miracle.

Et après ce jour, plus rien. Enfin, plutôt, un retour à un état normal. Des coupures, hématomes et abrasions mais à un niveau complètement normal pour un enfant qui bouge bien. Et une alimentation régulière et adaptée, sa courbe de croissance reprenant plus normalement même si l'enfant serait toujours plus petit que la moyenne.

Une ligne, inscrite entre le cinquième anniversaire de l'enfant et la blessure suivante retint son attention. Elle ne comprenait pas ce que cela signifiait. Il fallait qu'elle en parle au maître des potions.

Elle leva les yeux vers l'élève qui la regardait avec un doux sourire, un peu rêveur. Elle lu dans ses yeux à la fois du calme et une certaine résignation.

« Monsieur Lokison… Vous resterez après vos camarades, je souhaite vous parler des résultats de mon sort de diagnostique.

- Bien, madame Pomfrey, puis-je lire en attendant ?

- Bien sûr, mon enfant. Reste sur ce lit. Si tu souhaites manger quelque chose, appelle Squick, c'est l'elfe de maison qui se charge de l'infirmerie. Autorises-tu le Professeur Rogue à assister à notre entretien ?

- Oui, madame. »

Elle passa alors aux autres élèves, prescrivant une potion par-ci ou donnant quelques conseils par-là.

Après avoir été examiné, Draco s'approcha d'Harry qui était plongé dans le livre qu'il avait commencé le matin et qu'il avait emmené dans son sac.

« Tu restes là, Harry ?

- Oui, madame Pomfrey m'a demandé d'attendre, elle veut me parler. Le Professeur Rogue doit venir aussi. Ne m'attends pas, je pense que le professeur me raccompagnera après. »

Draco hocha de la tête. Il pensait savoir pourquoi son parrain serait là. Il avait dit qu'il serait mis au courant des situations les plus graves, après tout. Et il ne faisait aucun doute pour le blond que le diagnostique avait révélé une histoire bien triste pour son ami.

Lorsque tous les élèves furent traités par l'infirmière, ils repartirent pour leur salle commune en attendant l'heure du dîner. Ils jetèrent un coup d'oeil à Harry en partant. Ils s'y attendaient mais espéraient que le garçon allait bien.

Le professeur Rogue arriva une quinzaine de minutes plus tard dans le bureau de l'infirmerie, prévenu par madame Pomfrey par cheminette.

« Poppy, vous vouliez me voir ?

- Oui, Severus. Tout d'abord, voici la liste des potions nécessaires et des élèves concernés. Rien d'inquiétant pour eux, et rien qui ne se réglera vite. Ceci étant dit, comme tous les ans, j'ai au moins un élève à vous dont je dois vous parler. Mais c'est la première fois que je vois un cas comme celui-ci.

- Dites-moi tout. De qui s'agit-il et en quoi son cas est-il si particulier ?

- Bien. Il s'agit d'Harry Lokison. Il va parfaitement bien à présent mais son passé est dur, très dur. Je crains des séquelles psychologiques principalement.

Jusqu'à ses un an et demi, rien de particulier à signaler. Pour les trois ans et demi suivant, cet enfant a vécu l'enfer sur Terre. Battu, affamé, violé, il est passé par tout ce qui existe de pire. Le jour de ses cinq ans, son ou ses bourreaux ont visiblement voulu achever le travail. Le nombre de blessures, la brûlure au visage… Tout laisse penser qu'il y avait un but macabre dans cette journée. Ensuite, c'est étrange mais il y a un retour complet à la normale.

- Vio… Poppy… Un enfant, presque un bébé encore… Et ils ont voulu l'achever… »

Dans une démonstration rare d'humanité, le professeur s'assit dans le fauteuil du bureau et passa ses mains dans ses cheveux, les épaules baissées. C'était le pire cas auquel il faisait face. Il n'était pas un idéaliste, il savait que l'être humain, qu'il soit magique ou non, était capable du pire. Il avait vécu et été témoin de tant d'horreurs. Mais d'imaginer un adulte prendre du plaisir à blesser, à mutiler, à abuser sexuellement d'un enfant, surtout aussi jeune… Cela le rendait malade.

Il regarda son élève à l'autre bout de l'infirmerie par la fenêtre du bureau. Comment cet enfant avait-il survécu ? Comment pouvait-il paraître si innocent, si gentil, si ouvert après ce qu'il avait vécu ? Lui-même avait vécu bien moins grave et était devenu aigri et renfermé.

L'infirmière laissa quelques minutes au professeur pour qu'il se reprenne. Celui-ci finit par se redresser et se retourna vers elle.

« Il y a autre chose Severus, quelque chose que je ne comprends pas.

- Quoi donc, Poppy ? Il est rare que vous ne compreniez pas quelque chose sur un diagnostique.

- Regardez cette ligne. Je n'arrive pas à la lire, je n'ai aucune idée de la langue dans laquelle elle est écrite. »

Il prit le parchemin et l'infirmière et constata qu'en effet, la ligne en question n'était pas écrite en latin. Elle était écrite en runes inconnues. Ou tout du moins inconnues de lui et il en connaissait énormément de par sa formation.

Ils décidèrent d'aller parler avec Harry. Ils savaient qu'ils devaient en apprendre plus sur cet enfant et il était le seul qui pouvait répondre à leurs questions. Celui-ci, les voyant approcher mit le marque-page et posa son livre sur la table de nuit.

« Harry, je pense que tu sais ce qu'a révélé le sort de diagnostique historique.

- Oui, madame, je pense savoir.

- Je vais te poser quelques questions. Si tu ne te sens pas à l'aise pour y répondre, n'hésite pas à me le dire. Tout d'abord, j'aimerais savoir pourquoi, ou plutôt par qui, tu as subit des abus entre tes un ans et demi et tes cinq ans.

- Oh. Je ne connais pas son nom mais il voulait que je l'appelle monsieur. Il ne voulait pas que je dise son nom alors j'ai fini par l'oublier. Papa m'a dit qu'il s'agissait de mon oncle mais il ne connaît pas son nom non plus.

- Euh. Harry, ton père ne connaît pas le nom de ton oncle ? Et où était ton père quand tu étais aux mains de ton oncle ? Pourquoi n'étais-tu pas avec lui ?

- Ah, je comprends votre incompréhension. Papa n'est pas mon premier papa. C'est lui qui m'a trouvé après que j'ai reçu mon « cadeau d'anniversaire » de mon oncle. Il m'a soigné et il m'a adopté. Il m'a dit que je n'aurais plus jamais à m'inquiéter de mon oncle, qu'il s'en était occupé et qu'il ne ferait plus de mal à personne. »

Les deux adultes se regardèrent. Ils ne savaient pas encore qui était cet homme qui avait sauvé cet enfant mais ils comprirent en se regardant que, quelque fut le destin de l'oncle, ils n'iraient pas blâmer l'homme d'avoir agit durement. Ils comprenaient que l'oncle était sans doute mort à présent mais ça n'était franchement pas une grande perte pour l'humanité.

« Je vois. Et je vois aussi que ton père adoptif s'est bien occupé de toi par la suite, tu ne gardes aucune séquelle de tes blessures hormis tes cicatrices sur le visage et dans le dos. J'ai trouvé quelque chose d'intrigant sur ton diagnostique, saurais-tu ce que signifient ces runes ?

- Laissez-moi voir… Oh, c'est mon adoption ! C'est un rituel très ancien ! Répondit le jeune garçon en riant gaiement. »

C'est alors que le professeur et l'infirmière comprirent une chose. L'enfant avait clairement des séquelles psychologiques. Ce côté très infantile malgré une certaine maturité, cette innocence non feinte, tout ceci était la conséquence psychologique de la maltraitance qu'il avait subit. Peut-être ne serait-il jamais réellement en phase avec les personnes de son âge. Mais, à tout bien considérer, cela aurait pu être tellement pire que cette immaturité psychologique était un moindre mal.

Il fallait maintenant considérer de possibles conséquences sur son développement intellectuel.

Le professeur remarqua le livre posé sur la table de nuit.

« Que lisez-vous en ce moment, Harry ?

- C'est un livre que j'ai trouvé dans la bibliothèque de la salle commune. C'est un livre de potions, il est très intéressant.

- Un livre de potions ? »

Le professeur prit le livre pour en lire le titre mais fut incapable de le lire. Il l'ouvrit mais fut tout autant incapable de déchiffrer les recettes même s'il reconnaissait parfaitement l'agencement typique des recettes de potions sur les pages.

« En quelle langue est écrit ce livre, Harry ?

- C'est du cambrien, monsieur. La potion, là, est un peu comme la potion de sommeil sans rêve mais sans les risques d'addiction qui vont avec. Et il y a tout un chapitre sur les potions de coloration permanente. Je n'en comprends pas trop l'intérêt, par contre.

- Du cambrien ? Mais cette langue a disparu depuis longtemps, on n'en connaît que très peu de mots. Comment se fait-il que tu saches lire cette langue ancienne ?

- C'est Grand-Père qui m'a appris. Il m'a appris plein d'autres choses aussi, comme le cyrillique ou les hiéroglyphes de l'Égypte ancienne. J'aime beaucoup apprendre les différentes langues qui existent et Grand-Père a dit que j'étais très intelligent ! Ajouta le garçon avec fierté. »

Les adultes furent rassurer. Si son développement intellectuel était tel qu'il lui permettait d'apprendre d'autres langues, c'est qu'il n'aurait pas de problèmes de ce côté-ci.

L'infirmière déclara qu'Harry pouvait retourner dans son dortoir, elle devait écrire un rapport sur chaque élève qu'elle avait vu et elle savait qu'elle en aurait pour plusieurs heures.

Ensuite, pour une fois, elle se permettrait un verre d'alcool avant d'aller se coucher. Elle était émotionnellement épuisée par cette soirée.