Avertissement : description non graphique de sévices sur enfant.

Pour répondre à une review : Draco et Harry vont développer une relation fusionnelle presque instinctive et sont donc très tactiles, affectueux, mais rien d'amoureux ou de sexuel entre eux. Que ce soit maintenant ou plus tard. Vous saurez pourquoi bien plus tard.

Comme d'habitude, je ne possède aucun des situations ou des personnages originaux.


Chapitre 5

Après avoir raccompagné Harry Lokison dans sa salle commune, Severus Rogue se rendit dans le bureau du directeur.

Lorsqu'il arriva dans le bureau, il constata que le Professeur MacGonagall était présente. Peu importe, elle aiderait peut-être le vieux fou à ouvrir les yeux sur les dures réalités de la vie.

« Ah, Severus, comment allez-vous ?

- Bien, Directeur. Je viens vous voir pour deux choses. Tout d'abord, un élève est venu me voir aujourd'hui pour me poser une question qui m'a surpris car c'est un sujet auquel je n'avais jamais pensé avant.

- De quoi vous a-t-il parlé, Severus ?

- Du Professeur Quirell et surtout de son bégaiement. Comment fait-il pour prononcer ses sorts ? Il est incapable de prononcer une phrase sans s'y reprendre une dizaine de fois. Comment peut-il enseigner à nos élèves s'il ne peut lui-même pas lancer ces sorts ? »

Le directeur et son adjointe furent surpris également de ne pas y avoir songé. Le professeur de Métamorphose prit un air pensif. Elle se demandait régulièrement pour quelle raison Albus avait embauché Quirell au poste de DCFM alors qu'il enseignait avant l'étude des moldus et qu'il semblait effrayé d'un rien.

« Vous avez raison, Severus. On croise tellement rarement ce handicap que je n'y ai jamais réfléchi. Malheureusement, avec la malédiction du poste, personne ne veut postuler… Alors quand Quirinus a demandé d'occuper le poste pour cette année, je n'avais pas vraiment d'argument contre. Il restera donc professeur de défense aussi longtemps qu'il le pourra.

- N'y a-t-il pas de solution pour son problème de prononciation ?

- Je ne sais pas. Et je vous interdis de lui en parler. Il est déjà tellement nerveux, le pauvre. S'il se demande si ses collègues le considèrent négativement, cela ne l'aidera pas. Le sujet est clos. Puis-je faire autre chose pour vous ? »

Severus prit une profonde inspiration. Il savait qu'il allait parler à un mur pour le sujet de Quirell. Il espérait juste que ce ne serait pas le cas pour le sujet de Lokison.

« Mes élèves de première année ont terminé leur visite de début d'année auprès de Poppy, Abus.

- Oh, vous faites encore ça ? C'est honorable de votre part. Je suppose que vous venez me parler d'un élève dont la situation n'est pas des plus faciles. »

Le maître des potions regarda ses collègues et se prépara à leur parler du cas le plus difficile de sa carrière. Il remercia intérieurement l'homme qui avait sauvé l'enfant, Severus n'aurait au moins pas à s'occuper d'une situation qui réclamait le retrait de l'enfant de sa famille. Albus avait la fâcheuse tendance à refuser de retirer un enfant à ses parents, peu importe à quel point ceuc-ci était abusifs. Il partait du principe que la famille était ce qu'il y avait de mieux, même quand ses membres ne s'entendaient pas et refusait d'entendre qu'un enfant serait parfois mieux avec d'autres personnes que celles qui partageaient le même sang.

« La situation en soi est déjà réglée, la maltraitance s'est faite dans la petite enfance de mon élève. Mais il fallait quand même que je vous en parle car c'est la première fois que je rencontre un tel cas.

- De qui s'agit-il ? Demanda la professeur de Métamorphose, même si elle se doutait de l'identité de l'élève en question, elle se rappelait du physique d'un élève en particulier lors de la répartition.

- Harry Lokison. Il a apparemment été confié à un oncle lors de sa petite enfance avant d'être récupéré par son père à son cinquième anniversaire. Il a entre temps connu ce qu'il y a de pire dans l'être humain.

- Severus, voyons. Le pire ? Il s'agit d'un membre de sa famille, son oncle comme vous dites, il n'a pas pu faire tant de mal au petit.

- Albus ! Enlevez le mirage que vous avez devant les yeux. Que cela vienne d'un oncle ou d'un parfait inconnu, ce qu'a vécu cet enfant est un véritable enfer !

- Severus, calmez-vous. Albus, écoutez ce qu'a à dire Severus, je pense qu'il en sait plus que vous puisqu'il vient tout juste de revenir de l'infirmerie.

- Merci Minerva. Je disais donc qu'il a vécu le pire. Il a été affamé, ce qui a endommagé sa croissance, comme le montre sa taille actuelle. Les signes de malnutrition sur ses os confirment qu'il ne sera jamais très grand. Il a eu de nombreuses fractures, aussi bien d'écrasement que de torsion, ce qu'il laisse penser à une manipulation plus que brutale de son corps. Il a des cicatrices dans son dos et l'arrière de ses cuisses qui laissent penser à l'usage d'une ceinture, d'un fouet ou d'autres objets utilisés pour le battre. Il a souffert de plusieurs hémorragies internes dues à des coups sur les parties molles de son corps. Il y a évidemment la brûlure sur son visage qui résulte d'une flamme directement appliquée sur la peau. Par miracle, son œil gauche ne souffre d'aucune séquelle autre qu'un changement de couleur. Sa magie a dû entrer en jeu pour ça car il aurait théoriquement dû être complètement aveugle de cet œil. Et, enfin… Il a plusieurs cicatrices internes au niveau du rectum laissant penser à des abus sexuels répétés. »

Cette dernière information fit sursauter le Professeur MacGonagall, son visage montrant son horreur à ce qu'elle venait d'entendre. La vie de cet enfant avait été encore pire que ce qu'elle avait imaginé. Elle tourna son regard vers son mentor et fut sidérée de ne pas voir la même horreur se refléter sur son visage.

« Vous dites que la situation a été réglée lorsqu'il avait cinq ans ? Pourquoi me parlez-vous de cet enfant dans ce cas ?

- En dehors du fait que vous pourriez montrer un tant soit peu d'empathie, je tenais à vous le signaler au cas où cette information se révélerait importante à un moment donné.

- Bien, je prends note de ce que vous m'avez dit. Autre chose, Severus ? J'ai également à vous parler, à vous deux, donc si vous avez fini avec votre élève, nous pouvons avancer. »

Les deux professeurs étaient sidérés par l'attitude du directeur. Certes, la situation était réglée mais il était important de la connaître. Si jamais un élève s'en prenait à cet enfant dont les cicatrices n'étaient pas que physiques, cela pourrait avoir des répercussions psychologiques importantes. Il était important de connaître leurs élèves et de savoir lesquels pouvaient être particulièrement fragiles.

Le maître des potions se pinça l'arête du nez et prit une profonde inspiration pour se calmer. Il ne s'attendait pas à mieux de la part de Dumbledore, après tout.

« Bien, de quoi vouliez-vous nous parler ?

- D'un autre Harry, justement. Harry Potter et sa famille sont introuvables. Hagrid s'est rendu à l'adresse de résidence de la famille Dursley pendant les vacances après que nous n'ayons pas reçu de réponse à son invitation. C'est la maison où j'ai laissé le petit Harry il y a presque dix ans. J'avais laissé pour consigne de ne pas déménager jusqu'à l'entrée du petit à Poudlard. Et pourtant, une autre famille habitait les lieux depuis plusieurs années. Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour enquêter mais je sais que personne ne sait où sont partis les Dursley après leur déménagement. Les rapports de la personne que j'ai laissé pour surveiller et protéger Harry laissent à désirer, elle pense plus à ses chats qu'au bien d'un enfant. Elle croyait que le garçon de la famille qui habite Private Drive depuis quatre ans était Harry… Il est important de le retrouver. Les familles sombres peuvent le trouver et lui faire du mal. Et il a besoin d'une éducation magique. Vous savez, comme moi, que Voldemort n'est pas complètement parti. S'il revient, il faut qu'Harry soit prêt à se battre pour sa vie.

- Albus, la famille d'Harry est peut-être partie à l'étranger après avoir compris dans quel danger était la vie de leur neveu. Je sais que c'est quelque chose que je ferais pour un membre de ma famille.

- Hmm. C'est une possibilité, ça expliquerait pourquoi mes recherches sur le sol britannique se sont montrées infructueuses pour le moment. Nous allons devoir le chercher sur notre temps libre. Contactez les personnes que vous connaissez à l'étranger. Nous devons récupérer Harry et nous assurer qu'il va bien. Si Lily et James savaient que nous avons perdu leur fils… »

MacGonagall prit un air triste et hocha la tête. Elle espérait juste que la famille Dursley avait évolué positivement depuis cette journée qu'elle avait passé à les observer. Le professeur de potions, quant à lui, trouvait désespérant le fait que Dumbledore s'inquiète plus d'un enfant qui vivait sans aucun doute une vie privilégiée avec une famille à ses genoux qu'un enfant ayant vécu les pires tourments.

Les deux professeurs prirent congé et retournèrent dans leurs quartiers.

C'est au milieu de la nuit de Severus Rogue fut réveillé en sursaut par un des préfets de sa maison. Apparemment, des hurlements de douleur sortaient d'un dortoir de septième année.

Il accouru après avoir enfilé une robe de chambre et découvrit un des rares élèves qu'il ne supportait pas, Worrington, dans son lit, se tenant les parties intimes. Il lui lança un sort de sommeil pour lui éviter de souffrir inutilement et le transporta à l'infirmerie.

L'infirmière fut promptement réveillée et lança un sort de diagnostique à l'élève endormi.

Elle fut choquée de constater que les testicules d'Alexandre Worrington étaient complètement gelées. Pas comme si on avait mis de la glace dessus mais comme si elles avaient été trempées dans de l'azote liquide. Les dommages étaient irréparables. Non seulement le jeune homme était désormais stérile mais il serait incapable d'avoir des relations sexuelles normales, aucune potion ni aucun sort ne réparerait les cellules détruites.

Le Professeur Rogue était mitigé.

Il était très inquiétant qu'un de ses élèves se fasse agresser ainsi dans son dortoir. Ses élèves étaient censés être en sécurité dans la maison. Mais il doutait qu'il s'agissait d'un acte commis au hasard et pensait plutôt qu'il était la conséquence d'une des trop nombreuses techniques d'intimidation du septième année envers les plus jeunes. Il avait observé ce jeune homme qui était passé d'un garçon arrogant, pompeux et suprématiste à une brute épaisse mais assez rusée pour ne jamais se faire prendre. Son père était un mangemort de bas niveau mais très ambitieux. Nul doute que si le Seigneur des ténèbres n'avait pas été arrêté il y a 10 ans, le père aurait grimpé les échelons et le fils aurait suivi la même route.

L'impotence de Worrington n'était en soi pas un mal. C'était une famille cruelle qui ne verrait pas la tradition perdurer. Il n'aurait plus aucun statut social ni aucune influence chez les Serpentards et ne poserait plus de problème. Il ne pourrait même pas se reposer sur ses amis, il n'avait que des alliances qui n'avaient à présent plus raison d'être. C'est pour cette raison que Severus décida de rendre les conséquences de l'attaque publiques.

De retour dans sa maison, il se rendit au dortoir des garçons de septième année et lança plusieurs sorts de détection. Il ne trouva aucune trace de magie en dehors de celle des élèves du dortoir en question. Ni la porte ni les rideaux du lit ne comportaient de trace de magie étrangère. C'était très étrange.

Il retourna enfin se coucher, la journée avait été longue et riche en évènements perturbants. Il savait qu'il ne résoudrait sans doute jamais le mystère de l'attaque de Worrington ni qu'il n'arriverait à changer la vision tordue de Dumbledore à propos de la vie.

Alors, au lieu de tourner des heures dans son lit à ressasser ce qu'il avait vécu en cette deuxième journée, il fit ce qu'il ne faisait presque jamais au cas où un de ses serpents aurait besoin de lui. Il prit une petite portion de potion de sommeil, espérant ainsi balancer leur peu d'heures qu'il avait eu pour se reposer.