Rien de ce qui est des univers originaux ne m'appartient.


Chapitre 8

L'automne passa bien vite à Poudlard. L'ambiance était excellente chez les élèves de première année et, petit à petit, les tensions entre les maisons s'étaient apaisées chez les élèves jusqu'à la quatrième année. Il y avait encore des conflits, évidemment, mais ils n'étaient plus basés sur la maison des personnes impliquées sauf en de très rares cas où les préconceptions n'arrivaient pas à être dépassées.

Même Albus Dumbledore finit par se rendre compte du changement d'atmosphère dans son école. Mieux vaut tard que jamais, paraît-il, mais il était tellement obnubilé par sa quête contre Voldemort et par sa protection de la pierre philosophale qu'il s'intéressait très peu à ce qui se passait à Poudlard. Il cherchait encore activement Harry Potter. Comment la famille entière avait-elle pu disparaître sans qu'il ne s'en rende compte ? La vieille Figgs avait été un très mauvais choix pour garder un œil sur l'enfant. Il s'en rendait bien compte maintenant. Il aurait dû s'en douter lorsque aucun rapport n'était venu auprès de lui. Il doutait que les Dursley avaient traité Harry correctement et son espionne aurait dû au moins de temps en temps lui envoyer un rapport pour le prévenir. Il se demandait parfois pourquoi il n'avait jamais contacté la Cracmolle pour en savoir plus. Il est vrai que l'enfant en lui-même ne l'intéressait pas énormément du moment qu'il pouvait être le symbole de la Lumière et de l'espoir contre le Mage Noir. Le bien-être d'un seul enfant contre la survie du plus grand nombre, le choix était rapidement fait.

A moins que les Dursley aient décidé de traiter leur neveu comme ils le devaient. Albus avait du mal à le croire mais, après tout, les moldus étaient imprévisibles.

Ce n'est pas qu'il voulait nécessairement que l'enfant soit battu mais il savait que si c'était le cas, il verrait le vénérable vieillard comme un sauveur, s'assurant ainsi sa totale loyauté. L'enfant était sa pièce maîtresse dans la lutte contre Voldemort, il ne pouvait pas se permettre qu'il ne lui soit pas loyal. Il était Albus Dumbledore, figure de proue dans la lutte contre les mages noirs ! C'était lui qui mènerait la Lumière à la victoire, même s'il devait se servir d'un enfant pour cela. Et si le garçon survivait, tant mieux. Sinon, c'est pour le plus grand bien.

Alors, il eu un choc lorsqu'un jour, il aperçu deux élèves de Serpentard se diriger vers la table des Griffondors pour le petit-déjeuner. Il reconnu immédiatement le rejeton Malfoy, évidemment, il était difficile de ne pas reconnaître cette couleur de cheveux qu'il tenait de son père. L'autre élève était tout petit et les cheveux principalement noirs avec une grande mèche blanche près du visage. Il avait son nom au bout de la langue mais n'arrivait pas à remettre le doigt dessus.

Il s'attendait à ce que ses lions rabrouent les deux serpents vertement et fut surpris de les voir accueillis à bras ouverts. Il fut d'autre plus choqué en voyant Malfoy s'adresser aimablement au cadet des Weasley et celui-ci lui répondre tout aussi poliment. Il vit également les jumeaux Weasley s'approcher des deux serpents avec un grand sourire, l'un allant même jusqu'à donner une chaleureuse accolade au plus petit du groupe.

Il balaya la Grande Salle du regard, s'attendant à des réactions vives des autres élèves. Rien. Aucun commentaire, aucun regard ennuyé. Il se tourna vers son adjointe.

« Minerva, savez-vous pourquoi deux élèves de Serpentard prennent leur petit-déjeuner parmi vos lions et pourquoi personne ne réagit ?

- Albus, voyons, cela fait des semaines que Lokison et Malfoy mangent à différentes tables que la leur. Votre manque d'attention est préoccupant, mon ami.

- J'ai d'autres préoccupations en tête pour le moment. Vous dites que cela fait plusieurs semaines ? Et personne n'y trouve rien à redire ? On n'a jamais vu des élèves ainsi se mêler aux autres maisons.

- Il semblerait que monsieur Lokison ait apporté de grands changements lors de son arrivée. Il est amical avec tout le monde et il semblerait que tous soit plus ou moins protecteurs envers lui. Ça peut se comprendre étant donné son allure fragile et son attitude avenante. C'est assez… rafraîchissant, de voir les élèves s'entendre ainsi.

- Tout de même, un Malfoy à la table des Griffondors ? Personne ne trouve cela suspect ?

- Il semblerait que ce soit monsieur Lokison qui va vers les autres. Monsieur Malfoy a tendance à le suivre, il est son meilleur ami, après tout. Monsieur Lokison et Ronald Weasley ont fait connaissance dans le Poudlard Express et ont continué leur amitié naissante par la suite. Nul doute que l'initiative venait du Serpentard, monsieur Weasley ayant été élevé avec les préjugés sur les maisons n'aurait pas hésité à couper les ponts. En tout cas, le château n'a jamais été aussi paisible. »

Albus resta pensif un long moment. Qui était ce jeune Lokison ? Il lui semblait vaguement se souvenir que Severus lui avait parlé de lui au début de l'année. Qu'est-ce que c'était, déjà ? Des violences quand il était petit, il lui semblait se rappeler. Il regarda le jeune garçon intensivement. Il était plutôt petit, frêle. Il avait une cicatrice qui lui mangeait une partie du visage et des yeux de deux couleurs différentes. C'était assez particulier. Il avait un air innocent, très enfantin, pendant qu'il parlait avec ses camarades qui étaient tous plus grand que lui.

Comment le jeune Malfoy, un enfant issu d'une famille de sorciers noirs et de parents Mangemorts, pouvait-il être l'ami d'un tel enfant ?

Peut-être que ce Lokison permettrait au côté de la Lumière de rallier plus de monde. Il allait devoir tenter de gagner sa confiance et sa loyauté.

Si Potter était le seul à pouvoir définitivement vaincre Voldemort, cela ne serait pas plus mal si celui-ci avait le moins de Mangemorts possibles à son retour. Et ce petit serpent avait l'air de rallier les autres autour de lui, donc s'il l'avait dans sa poche, les Serpentards ne suivraient pas leurs parents et iraient même du côté de la Lumière. Et puis avec sa tête d'ange, on ne pourrait pas imaginer qu'il avait un quelconque côté sombre.

Le Professeur Rogue avait suivit la conversation entre le Directeur et son adjointe d'une oreille discrète. Tout cela ne lui disait rien de bon. S'il connaissait le vieux fou aussi bien qu'il le pensait, il imaginait déjà qu'il était en train de monter des plans pour convertir Harry à sa cause. Il allait devoir le prévenir.

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Les élèves terminèrent tranquillement d'embouteiller leur potion lorsque le professeur demanda à Harry et Draco de rester après le cours. Cela les surprit car, depuis leur conversation dans la salle de classe abandonnée, le Professeur Rogue n'avait pas montré de comportement différent d'avant et ne les avait jamais pris à parti. Ceci étant dit, il respectait parfaitement le souhait du petit serpent d'être traité comme Harry Lokison, élève de Serpentard de première année et non comme Harry Potter, élève fort probablement de Griffondor, Garçon-qui-a-Survécu, héro de la Lumière ou encore fils de James et Lily Potter. Et le garçon appréciait vraiment cela.

Une fois les élèves partis, les deux garçons s'approchèrent du bureau. Ils avaient un quart d'heure avant le cours suivant donc ils savaient que la conversation serait courte.

« Harry, j'ai entendu les Professeurs Dumbledore et MacGonagal discuter lors du petit-déjeuner. Il semblerait que notre Directeur vienne tout juste de se rendre compte que vous déjeunez à d'autres tables que la vôtre.

- Mieux vaut tard que jamais, intervint Draco.

- En effet, cela lui aura juste pris trois mois. Mais là n'est pas le sujet. Cela signifie surtout qu'il a enfin pris conscience de la présence positive d'Harry auprès des élèves et de l'entente entre les différentes maisons de l'école. Je crains qu'il ne cherche à faire en sorte que vous lui soyez dévoué afin d'assurer au côté de la Lumière plus de partisans que le côté du Mage Noir. Ce n'est pas en soi un problème mais il faut savoir que Dumbledore n'hésite pas à traiter les gens comme des pions. Il est d'ailleurs toujours à la recherche de sa pièce maîtresse, c'est sans doute pour ça qu'il n'avait pas remarqué les changements que vous avez apporté à Poudlard.

- Il faut donc que je me méfie même s'il ne représente pas un danger immédiat, c'est ça ? Sa pièce maîtresse ?

- Absolument. Et sa pièce maîtresse n'est autre qu'Harry Potter, évidemment. Mais ne vous inquiétez pas, je ne lui donnerai aucun indice ni aucun doute sur votre réelle identité. Bien, vous pouvez aller à votre cours de Métamorphose à présent, vous serez dans les temps. »

Les garçons partirent aussitôt et arrivèrent effectivement à temps, même s'il ne restait plus beaucoup de temps avant le début du cours.

Le Professeur MacGonagal regarda les deux serpents arriver bons derniers. C'était étonnant de leur part. Malfoy et Lokison étaient ses deux meilleurs élèves de première année, suivis d'Hermione Granger pour les Griffondors, de Padma Patil pour les Serdaigles et de Susane Bones pour les Poufsouffles.

Harry Lokison était largement en tête du peloton, ceci dit. Il arrivait avec une facilité déconcertante à maîtriser les sorts vus en classe, quelques fois même au premier essai, et ses dissertations étaient toujours très travaillées. Et malgré cela, il était très humble et passait beaucoup de temps à aider ses camarades. Elle se rappellerait longtemps de son premier cours avec lui. Non seulement il avait réussi à transformer son allumette en aiguille au premier essai mais celle-ci était finement ouvragée, digne d'un élève de quatrième année. C'était la première fois qu'elle voyait un tel talent se développer aussi rapidement.

Les élèves s'installèrent et elle débuta son cours sur la transformation d'un sifflet en théière.

Évidemment, Malfoy et Lokison réussirent rapidement, suivis de Patil. Les trois élèves passèrent ensuite dans les allées pour aider leurs camarades.

Elle était vraiment ravie des élèves de première année. La vie était tellement plus simple quand les élèves s'entendaient et s'entraidaient. Si seulement tout la société sorcière pouvait prendre exemple sur cette génération, jamais de mages noirs ne verraient le jour.

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Un professeur, cependant, n'était absolument pas ravi de la situation. Son maître l'avait sévèrement puni après son échec à Halloween. Et celui-ci voyait de plus en plus d'enfants de ses partisans devenir amis avec des enfants de la Lumière, le rendant d'une humeur exécrable. Cette situation était intenable ! Un Malfoy ami avec un Weasley et en entente cordiale avec des Sangs de Bourbe ! Et Nott semblait prendre le même chemin, même si plus discrètement.

Le sort de Worrington avait inquiété le professeur Quirrel. S'il était un élève qui était un futur Mangemort, c'était bien lui. Et il avait de l'influence auprès des autres Serpentards avant son « accident », il aurait amené beaucoup de nouvelles recrues avec lui. Mais maintenant, il avait perdu toute son influence en même temps que ses bourses. Personne n'avait jamais trouvé la vraie raison de cette castration nocturne. Son maître avait enquêté dans l'ombre, il n'y avait rien à trouver, pas de traces de magie dans le dortoir ou sur la porte en dehors des sorts appliqués habituellement. Même les serpents de la salle commune n'avaient apporté aucune information, personne n'était entré dans le dortoir pendant la nuit. Les camarades de dortoir de Worrington avaient été longuement interrogés par les Aurors, à la demande de la famille, et ils n'étaient pas non plus coupables.

Quirrel ne croyait pas à cette théorie d'expérimentation sexuelle ratée. Il y avait quelqu'un dans le château non seulement capable de geler les bourses de quelqu'un au point de le rendre irrémédiablement stérile, et vu les guérisons possibles grâce aux potions, c'était déjà en soi un exploit, mais également capable de se rendre dans un dortoir protégé sans laisser aucun indice derrière lui.

Il fallait qu'il trouve le coupable et qu'il le rallie à sa cause ou qu'il le supprime. Cette personne était trop dangereuse pour être comptée dans le camp ennemi.

Et il fallait qu'il trouve un moyen de passer ce fichu chien à trois têtes. Il avait essayé plusieurs fois mais il n'arrivait pas à passer jusqu'à la trappe. Les vacances de Noël arrivaient bientot, il fallait qu'il trouve un moyen de vaincre la bête. Il allait devoir passer par ce balourd d'Hagrid. Puisque c'était lui qui avait apporté ce Cerbère, il devait savoir comme passer sans se faire dépecer.

Il avait bien essayé de le piéger à l'auberge en le faisant boire et essayant de lui donner un œuf de dragon mais le demi-géant ne s'était pas laissé avoir. Il lui avait dit qu'un jeune ami lui avait conseillé de ne pas boire autant et qu'il essayait de suivre ce conseil. Pour ce qui est du dragon, les Weasley lui avaient apparemment promis de l'emmener visiter une réserve dans laquelle travaillait un des aînés de la famille pour les vacances. Il préférait largement ça plutôt que de prendre le risque de retourner à Azkaba pour possession d'une créature d'une espèce protégée.

Alors, le Professeur Quirrel ruminait lors de ses moments de solitude relative. Il ne savait pas comment faire pour satisfaire son maître. Il était dans une impasse et risquait fortement d'y laisser la vie s'il ne parvenait pas à voler la pierre avant la fin de l'année scolaire.