Encore un chapitre que j'ai eu du mal à écrire (bon, toujours moins que le chapitre 12, certes). Quand j'ai commencé à publier, j'avais environ 6 chapitres d'avance d'écrits. Là, je n'en ai plus que 3 à force d'avoir du mal à formuler ce que je veux dire, de rouvrir les chapitres déjà écrits pour faire des modifications, etc. Je croise les doigts pour pouvoir continuer à publier tous les 2 jours comme c'est le cas depuis le début. Le chapitre 17 est en cours d'écriture et vu comme avance l'histoire, il n'y aura pas plus de 20 chapitres pour cette première année.

Rien des univers originaux ne m'appartient.


Chapitre 14

Le lendemain de la rentrée, Ronald vint trouver Harry et Draco afin de lui confier ce qu'il avait vécu pendant les vacances.

Lui et ses deux frères, Fred et Georges, s'ennuyaient énormément pendant que presque tous leurs camarades étaient rentrés chez eux. Même poursuivre Quirell en lui lançant des boules de neige pour essayer de faire tomber son turban avait perdu de son intérêt. Aussi avaient-ils décidé d'aller voir ce que cachait le fameux couloir du troisième étage qui leur était formellement interdit. Idée des jumeaux, évidemment. Ce furent donc trois garçons pleins de curiosité qui ouvrirent la porte interdite d'un Alohomora pour tomber nez à truffes avec trois énormes têtes de molosse qui se mirent rapidement à leur montrer les crocs en grognant sourdement. Ils n'avaient pas demandé leur reste et avaient détallé pour retourner dans la sécurité de leurs dortoirs.

« Un cerbère ? Trop cool ! S'exclama Harry sous le regard éberlué de ses camarades.

- Cool ? COOL ? Mais comment tu peux dire que c'est cool d'avoir un chien enragé à trois têtes dans une école ! Il est énorme, il a trois têtes avec des crocs grands comme des poignards ! Il n'a rien à faire dans une école !

- Bon, j'admets, ce n'est pas cool qu'il soit dans une école. Le pauvre, il a besoin de grand air pour se dépenser et il est enfermé dans une pièce depuis le début de l'année. J'espère au moins qu'il est correctement nourri et que sa pièce est régulièrement nettoyée.

- Euh non Harry, intervint Draco, je crois que c'est le fait qu'un cerbère est un animal extrêmement dangereux et qu'il y a des enfants dans une école. S'il s'échappe de la pièce où il est enfermé, le troll paraîtra le plus doux des agneaux face à lui.

- N'importe quoi. Un troll, c'est bête et méchant. Un cerbère, c'est très intelligent, bien plus qu'un chien ordinaire même. Ce soir, après le couvre-feu, j'irai vérifier qu'à défaut de pouvoir sortir, ce cerbère est correctement traité. Sinon, je m'en occuperais personnellement. »

Les quatre garçons regardèrent le plus petit avec stupeur mais aussi avec amusement, ils reconnaissaient bien là le cœur pur de leur ami. Ils ne pouvaient s'empêcher, cependant, d'être inquiets en imaginant le petit serpent frêle face à une bête énorme et agressive. Draco fit promettre à son ami qu'il pourrait l'accompagner et qu'il devait absolument être certain d'avoir Jor sur lui.

C'est ainsi que le soir même de la rentrée, les deux garçons se dirigèrent discrètement vers le troisième étage. Après un long trajet entrecoupé de pauses et de détours pour être sûrs de ne pas se faire attraper, ils arrivèrent devant la porte. Draco lança le sort pour ouvrir la porte et Harry entra résolument.

Ils se trouvèrent devant l'animal qui s'était aussi mis aux aguets en entendant des pas approcher de sa porte. Il était effectivement énorme, presque aussi grand qu'un cheval, et ses trois têtes le rendaient encore plus impressionnant.

Le cerbère observa les deux intrus attentivement en reniflant profondément. L'un des deux humains possédait une odeur qui l'intriguait, aussi ne se mit-il pas immédiatement à grogner. L'enfant qui sentait différemment s'avança vers lui de manière confiante, éveillant la curiosité du canidé. En dehors du grand humain qu'il côtoyait d'habitude, personne ne s'approchait de lui sans émettre une odeur forte de peur, comme l'autre garçon faisait actuellement. Les trois têtes le reniflèrent de plus près, déclenchant le rire de l'enfant qu'ils chatouillaient involontairement.

« Bonjour mon grand, déclara le garçon qui se mit à caresser les têtes qui le reniflaient, mais oui tu es un beau cerbère toi ! »

Draco observait la scène avec incrédulité. Son ami semblait si petit, minuscule, face au molosse mais celui-ci ne se montrait pas du tout agressif comme il s'y attendait. Le cerbère, après avoir reniflé l'enfant, fondit sous les caresses de celui-ci. Il s'allongea même pour faciliter la manœuvre. Le blond s'approcha doucement, prenant confiance quand le cerbère ne sembla pas réagir négativement à son approche, et caressa prudemment l'une des têtes. Lorsque la tête s'appuya sur sa main pour accentuer la caresse, il comprit que la bête ne lui ferait pas de mal et la caressa franchement.

Les deux garçons passèrent presque une heure à caresser le cerbère mais aussi à lui donner des friandises qu'Harry avait réduites et cachées dans sa robe.

Après avoir vérifié les conditions de vie de l'animal et vérifié que la salle, bien que trop petite pour un tel géant, était propre et aérée, ils s'en allèrent pour retourner dans leur dortoir. Ils ne purent cependant le faire qu'après avoir longuement promis au cerbère qu'ils reviendraient régulièrement lui rendre visite.

Et c'est ce qu'ils firent. Trois fois par semaine, ils venaient s'occuper du molosse, lui apportant des friandises et lui permettant d'oublier un instant l'ennui qui le gagnait, enfermé seul dans cette pièce. Ils en avaient discuté avec les trois Weasley qui étaient au courant de son existence et après avoir fait les présentations et obtenu l'acceptation des garçons par le cerbère, ceux-ci venaient également lui rendre visite trois fois par semaine.

Ils étaient tous les cinq fiers de rendre la vie plus facile à l'animal qui n'était pas du tout dans un milieu accueillant pour son espèce. Ils avaient bien vu la trappe qui était dans la pièce et cela les intriguait mais dès qu'ils s'en approchaient, le cerbère s'allongeait dessus obstinément. Ce geste n'était pas agressif mais plutôt protecteur, il ne voulait pas que les enfants qui étaient si gentils avec lui descendent et se blessent. Il avait bien sentit l'odeur du troll qui était lui-aussi enfermé ici.

Les semaines passèrent ainsi et le mois de févier pointa son nez sans qu'un évènement particulier ne vienne troubler la vie des habitants du château.

Le jour de la Saint Valentin, les élèves furent surpris lorsque de nombreux hiboux apportèrent un cadeau à la plupart d'entre eux mais aussi à la table professorale. S'il n'était pas rare que les plus âgés reçoivent des présents lors de cette fête, c'était plus rare chez les plus jeunes et bien plus encore chez les professeurs. Ce qui étonna beaucoup de monde fut que les paquets déposés étaient emballés du même papier cadeau indigo. La curiosité monta d'un cran lorsque chaque réceptionnaire sorti une boîte de chocolat identique mais qu'aucune carte n'en indiquait la provenance.

Les plus prudents des plus jeunes demandèrent à leurs aînés de jeter plusieurs sorts de détection sur leur boîte afin de s'assurer que des farceurs tels les jumeaux Weasley n'avaient pas prévu une farce de grande envergure. Après avoir constaté l'innocuité des chocolats, certains en mangèrent quelques uns, les autres souhaitant quand même observer pour vérifier qu'il n'y avait pas d'effets secondaires à leur ingestion. Lorsque rien ne se produisit d'autre que des soupirs de satisfaction, tous ceux qui avaient reçu un paquet se délectèrent des chocolats.

Le mystère de l'expéditeur resta entier pour tous sauf pour les Serpentards qui avaient notés le sourire satisfait du petit Harry. Secouant la tête, Draco prit un air exaspéré devant la gentillesse de son ami. Il nota cependant que tous les professeurs avaient reçu une boîte de chocolats à deux exceptions près.

« Harry, pourquoi Quirell et Dumbledore n'ont pas reçu de chocolat, demanda-t-il à voix basse.

- Dumbledore, je m'en méfie. Si ce que Rogue nous a dit est vrai, je préfère éviter toute interaction avec lui, même par voie de cadeaux anonymes. Et Quirell, il y a quelque chose qui ne va pas avec lui. Je ne saurais pas trop de décrire la sensation mais j'ai la chair de poule quand il s'approche trop près de moi en classe. Il y a une sorte de… négativité qui l'entoure. J'ai la même sensation quand je me tiens trop proche du bras gauche du Professeur Rogue mais en beaucoup plus fort avec Quirell. C'est depuis Halloween que j'ai cette impression, je ne l'avais pas avant. Jor ressent la même chose.

- Étrange… Pour le bras de Severus, peut-être que tu réagis à sa Mar… bref tu vois de quoi je veux parler. Mais pour Quirell, je ne vois pas du tout ce qui peut te faire réagir comme ça. L'homme est un incompétent et son bégaiement le rend encore plus inutile comme sorcier mais je n'ai pas l'impression qu'il soit mauvais.

- Je ne sais pas. Nous verrons bien, peut-être que ça n'a aucun rapport. »

De leur côté, les professeurs étaient enchantés par la surprise. Il était extrêmement rare pour eux de recevoir quoique ce soit de la part des élèves. Et ils ne doutaient pas que les chocolats avaient été envoyés par un élève, aucun d'entre eux n'avait jamais reçu ce genre d'attention d'un de leur collègue et le directeur n'aurait pas emballé les chocolats dans un emballage si neutre et discret. Non, si ça avait été lui, nul doute que le papier aurait été couverts de motifs ridicules sur un fond d'une couleur criarde. Dumbledore avait beaucoup de qualités mais le bon goût esthétique n'en était certainement pas une.

Tandis que la plupart savouraient leurs chocolats avec entrain, après avoir vérifié eux-mêmes qu'aucun n'était piégé, deux d'entre eux faisaient grise mine.

Dumbledore était profondément vexé. Qui était l'impudent qui avait osé offrir des friandises qui étaient visiblement succulentes à tout le monde mais pas à lui ? Il était le plus grand sorcier actuellement en vie, il méritait bien une petite douceur ! Et pourquoi l'avoir exclu ainsi ? Il en était sûr, c'était un coup monté contre lui de la part d'une famille au service de Voldemort. Oui, il était un peu dramatique sur ce coup mais il faut le comprendre, il adore les sucreries.

Et tout ceci lui donnait encore plus envie de vaincre le Seigneur des Ténèbres. Non, ça n'est pas rationnel mais, encore une fois, il est vexé et un Dumbledore vexé est souvent irrationnel et immature.

Cela lui rappela qu'il se demandait depuis quelques temps comment s'attirer les faveurs d'Harry Lokison. Plus l'année avançait et plus il attirait son attention. Il était brillant en classe, dans toutes ses matières sans exception, et gardait son air innocent malgré son placement dans la maison des serpents, chose qui aurait dû le corrompre petit à petit malgré toute la gentillesse que l'enfant semblait posséder au début de l'année. Il ne se voyait pas le convoquer dans son bureau, cela semblerait suspect auprès des Serpentards qui étaient très méfiants envers lui et il n'était jamais seul, toujours au moins avec le fils Malfoy, que Dumbledore ne tenait vraiment pas à impliquer, donc l'aborder dans un couloir n'était pas possible non plus. En parlant de Malfoy, il faudra qu'il trouve un moyen de séparer les deux garçons. La figure de proue de la Lumière que sera le garçon, tant qu'il n'aurait pas retrouvé le rejeton Potter en tout cas, ne pouvait décemment pas se montrer si amical avec le fils d'un Mangemort et encore moins avec le fils du bras droit de Voldemort.

Quirell, bien que légèrement envieux de ses collègues, se moquait de n'avoir rien reçu. Il avait de plus gros problèmes en tête. Son maître devenait impatient et le punissait de plus en plus durement à chaque échec. Il devait trouver un allié parmi les élèves, un pion à sacrifier en cas de danger ou à utiliser pour détourner l'attention.

Il observait les élèves attentivement. C'était le bon moment, ils étaient tous préoccupés par les chocolats, en les mangeant ou en parlant entre eux pour essayer de savoir d'où ils venaient.

Il abandonna vite la table des Griffondors. Personne dans cette maison n'accepterait de les aider. Et s'il pouvait éventuellement envisager d'en manipuler un pour lui faire croire que l'aider serait un acte héroïque, le temps pressait et ces têtes en bois mettraient trop de temps à tomber dans ses filets.

Les Poufsouffles furent également rapidement mis de côté. Aucun élève de cette maison n'aurait ce qu'il faut pour l'aider. Ni le courage ni l'intelligence ni l'ambition.

Restaient les Serdaigles et les Serpentards.

Mais si les élèves de Flitwick étaient intelligents, ils manquaient grandement d'ambition. Peut-être en leur faisant croire qu'ils auraient accès à un savoir oublié… Et encore, ce dont il avait besoin était de quelqu'un qui n'avait pas peur de se salir les mains et ces intellos en étaient bien incapables s'il ne s'agissait pas d'encre.

C'est alors que son regard se porta sur l'héritier Malfoy. Son père avait été le bras droit du Seigneur des Ténèbres, sans doute que le fils avait le potentiel pour lui succéder. Mais pouvait-il prendre le risque, justement, de devoir sacrifier l'enfant d'un membre important du Cercle Intérieur ?

A moins que… Mais voilà ! A côté de l'héritier Malfoy se tenait le petit Lokison. Un enfant qui n'était issu d'aucune famille ancestrale anglaise, inconnu jusqu'à la rentrée, pas une grande perte s'il fallait le sacrifier. Physiquement faible, magicalement aussi sans doute, c'était un élève de première année après tout. Et malgré tout un élève intelligent et capable si l'on en croyait ses résultats scolaires. Il avait l'air naïf et serait plus facile à convaincre qu'un des lions.

Et puis, son maître lui avait déjà fait part de son malaise face à cet enfant. Il était trop pur, trop innocent. Il avait envie de le pervertir, de faire de lui un de ses lieutenants, si possible, afin de montrer au monde que même la personne la plus pure ne pouvait résister à l'attrait de Voldemort.

Le Professeur Rogue avait discrètement observé les deux professeurs, pour voir leur réaction face à leur manque de chocolats. Le visage renfrogné du directeur le fit d'ailleurs rire sous cape. Tous les deux regardaient plutôt fixement Harry de la même manière et cela ne lui plaisait guère.

Il se doutait des intentions de Dumbledore, il pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert en cet instant, la vexation de n'avoir pas eu de sucrerie faisant tomber légèrement son masque de papy gâteau habituel. Clairement, le vieux fou voulait recruter le garçon dans sa lutte contre Voldemort, il avait un regard calculateur. C'était à prévoir, l'enfant avait tout d'un symbole de la Lumière : gentil, sociable et brillant. Un enfant qui avait visiblement souffert mais qui avait su garder son innocence. Il savait bien que son patron finirait par s'intéresser plus intensément à un garçon qui non seulement excellait dans toutes ses matières mais qui, en plus, fraternisait avec des élèves de toutes les maisons et de toutes les origines. Il était l'antithèse de Tom Jedusor qui avait été un élève doué mais qui avait un cercle de connaissances très limité et comprenant uniquement des Serpentards.

Par contre, le regard que portait Quirell sur Harry l'intriguait. Pourquoi ce professeur minable et incompétent regardait-il ainsi son petit serpent ? Peu importe ce qu'il lui voulait, cela ne signifiait rien de bon. Harry était quelqu'un de vulnérable à ses yeux, en plus d'être le fils de Lily, et il ferait ce qu'il fallait pour le protéger.

Il fallait qu'il tire ça au clair et décida donc de contacter Loki. Celui-ci semblait lui faire plus ou moins confiance quant au bien-être de son fils et il se devait de partager avec lui ce qu'il venait d'observer.