Merci pour vos reviews, principalement à Pouika et makiang4 qui sont visiblement des serial revieweuses !

La première partie de ce chapitre a été super pénible à écrire, vous comprendrez vite pourquoi...

Rien des univers originaux ne m'appartient.


Chapitre 16

Harry, Draco et le Professeur Rogue mirent au point un plan relativement simple : laisser Harry seul à proximité de Dumbledore et de Quirell et voir lequel des deux mordrait en premier à l'hameçon. Ils avaient en effet déduit que la présence constante de Draco faisait partie des raisons pour lesquels les deux n'avaient pas encore approché le petit serpent. Et une fois en tête à tête avec l'un ou l'autre, jouer le rôle d'un garçon plus naïf qu'il n'était et adhérer sans trop de difficulté aux arguments avancés.

C'est ainsi qu'au plus grand étonnement de tous, on pouvait voir Harry naviguer seul dans le château. Les deux garçons continuaient à manger ensemble dans la Grande Salle et passaient toujours la plupart du temps ensemble mais, contrairement à leurs habitudes, il leur arrivait de se séparer entre les cours ou pour rejoindre leur Salle Commune.

Environ deux semaines plus tard, la manœuvre finit par payer. Alors qu'Harry sortait seul de la Bibliothèque pour rejoindre les autres serpents dans leur Salle Commune avant de se rendre dans la Grande Salle pour le dîner, celui-ci entendit qu'on l'appelait.

« M… m… mon… monsieur Lo… Lokison ! Qu… quelle sur… sur… surprise de vous voir ain… ainsi seul.

- Bonjour Professeur Quirell. J'avais une dissertation à finir et Draco avait déjà terminé la sienne donc j'ai été à la Bibliothèque pour finir tranquillement. Je ne voulais pas le retenir alors qu'il pouvait aller s'amuser avec les autres et il fallait vraiment que je trouve des renseignements dans les livres ici.

- Vous ê… êtes qu...quelqu'un de très sé… sérieux, M. Lo… Lokison. Pou… pourrions-nous dis… dis… discuter dans m… mon bureau ?

- Bien sûr, professeur, je vous suis. »

Le trajet se passa dans le silence, Harry suivant le professeur tout en réfléchissant à la marche à suivre. Une fois qu'ils furent entrés dans le bureau du professeur de défense, Harry remarqua que celui-ci posa discrètement des sorts de verrouillage et de silence sur la porte d'entrée.

« M… m… monsieur Lo… Lokison, puis… puis-je vous de… demander comment se p… p… passe votre sé… séjour à P… Poudlard ? V… vous plaisez-v… vous ?

- Absolument, professeur. J'adore apprendre et pratiquer la magie.

- P… p… parfait. A… avez-v… vous une m… matière préférée ?

- Hmm… Je dirais que j'aime beaucoup la Métamorphose, les Charmes et les Potions. J'aime bien votre matière aussi. J'ai hâte d'être en troisième année pour pouvoir essayer les Soins aux Créatures Magiques, ça a l'air passionnant.

- T… très bien, très bien. J… J'ai cons… constaté que v… vous étiez a… ami avec le j… jeune m… monsieur Malfoy. I… il vient d'une g… grande f… famille de Sangs-purs. Qu… quelle est votre po… position par rap… rapport au statut de s… sang ?

- Je n'ai pas trop d'avis sur la question, à vrai dire. Je n'ai pas passé beaucoup de temps en Angleterre, j'en suis parti quand j'ai eu cinq ans et ne suis revenu que cette année, mais c'est une idéologie qui n'est pas très suivie aux États-Unis. En soi, je comprends le principe. Il est vrai qu'il y a de grandes familles qui remontent très loin dans l'Histoire, ici. C'est un peu comme la noblesse chez les moldus. Personnellement, je juge plus sur le caractère et la puissance des gens que sur leurs origines mais je peux comprendre que ceux qui ont des familles dont l'histoire est importante soient enclins à une certaine supériorité.

- L… la puissance, m… monsieur Lokison ? J… je n… n'aurait pas pensé que v… vous trouviez ce… ce… cela important.

- Bien sûr. J'ai énormément de respect pour les gens puissants. Peu importe qu'une personne soit née dans une famille ancienne ou si elle est issue de moldus, si une personne est puissante, elle a presque aussitôt mon respect.

- J… je vois. V… vous savez qu… qu'il y a en An.. Angleterre un sor… sorcier extrêm...m...mement puissant ?

- Vous parlez du Professeur Dumbledore ? Il est puissant, oui, mais sur le déclin. J'en ai entendu parler aux États-Unis à cause de Grindelwald.

- N… non, je p… parlais d… de Celui-d… dont-on-n… ne-doit-pas-p… prononcer-l… le-nom, répondit Quirell, satisfait de la pique envers le vieux fou.

- Mais n'est-il pas mort ? J'ai entendu parler de lui et de sa puissance mais on m'a dit qu'il avait été vaincu il y a dix ans par Harry Potter. S'il avait été encore vivant, j'aurais vraiment voulu le connaître. J'ai beaucoup entendu de choses en étant réparti à Serpentard mais j'aurais bien aimé discuter avec lui. Je sais qu'on dit beaucoup d'horreurs sur lui mais je me demande quelle est la part de vérité et quelle est la part amplifiée par le camp adverse. Car dans chaque guerre, chaque camp pense avoir raison et que l'autre a tort.

- V… vous m'étonnez, m… monsieur L… L… Lokison. Qu… que di… diriez-v… vous si je v… vous disais que le S… Seigneur des T… Ténèbres n'est p… pas mort m… mais qu… qu'il a besoin d'aide p… pour re… revenir à sa pleine puissance ?

- Vraiment ? Mais, s'il revient, qui m'assure que je ne serais pas pris pour cible. Vous savez, je ne fais pas parti des grandes et nobles familles d'Angleterre. Si les rumeurs sur lui s'avèrent vraies et non exagérées, je risquerais d'être compté parmi ses ennemis, non ?

- M… Me faites-v… vous con… confiance, m… monsieur Lokison ?

- Bien sûr, professeur, vous ne m'avez jamais donné de raison de ne pas vous faire confiance, répondit Harry avec un grand sourire, ça y était, il avait attrapé le poisson. »

La posture du professeur changea radicalement. Il passa d'un homme réservé au dos voûté aux épaules rentrées à quelqu'un qui se tient droit et fier. Son visage perdit ses tics nerveux et ses mains arrêtèrent de s'agiter inutilement.

« Monsieur Lokison, le Seigneur des Ténèbres récompense les personnes qui l'aident, peu importe qu'elles soient issues de grandes familles ou non.

- Professeur ? Vous…

- Je suis de ceux qui souhaitent le retour et la victoire du Mage Noir, en effet. Savez-vous qui est son plus grand ennemi ?

- Le Professeur Dumbledore ? C'est ce que mes camarades de maison m'ont dit, en tout cas.

- Absolument. Je ne pouvais pas attirer les soupçons sur moi, c'est pourquoi j'ai pris l'apparence d'un professeur timide, réservé et craintif. Le directeur ne s'attendrait pas à cela, il se méfiera plus de quelqu'un qui a confiance en lui.

- Malin. Ça veut dire que vous-savez-qui est encore vivant ? Et que vous l'aider ? Demanda Harry de manière excitée.

- C'est cela. Et vous êtes de ceux qui peuvent aider le Mage Noir à regagner sa puissance. Et je veux vous rassurer sur ses objectifs. Je sais que le camp de la Lumière le décrit comme un être horrible et cruel qui souhaite massacrer les moldus et les Nés-moldus. Mais c'est entièrement faux ! Il souhaite principalement protéger le monde magique des moldus et pour cela, il veut mettre en place des réformes que Dumbledore juge immorales sans même y avoir réfléchi. Et ceux qui ne sont pas du même avis que ce vieux gâteux sont automatiquement classés comme maléfiques.

- Oh ? Quel genre de réforme peut à ce point répugner le directeur ?

- Et bien, il souhaite une séparation complète entre les moldus et les sorciers. Par exemple, il souhaite que chaque enfant magique né de moldus soit retiré de ses parents au premier signe de magie accidentelle pour le placer dans une famille magique tandis que les moldus auront leur mémoire modifiée. Trop d'enfants Nés-moldus arrivent à Poudlard en ayant subit des maltraitances de la part de moldus qui, effrayés par la magie, ont mal réagit.

- Ce n'est pas si bête. C'est vrai que ça paraît radical d'enlever des enfants à leurs parents mais si ça peut aider ces enfants à vivre une enfance plus heureuse… dit Harry en portant la main sur son visage.

- Je ne veux pas vous paraître indiscret mais comment cette brûlure est-elle survenue ?

- Mon… mon oncle est un moldu et…

- Je vois. Vous êtes donc très bien placé pour comprendre l'importance des objectifs du Seigneur des Ténèbres. Saviez-vous que le directeur l'a pris en grippe avant même son entrée à Poudlard ? Et ce pour la simple raison qu'il est Fourchelangue et qu'il s'est révélé brillant ! Le directeur est méfiant de cette aptitude et il n'aime pas qu'on lui fasse de l'ombre. C'est un manipulateur qui cherche à mettre chaque personne compétente dans sa poche. Cependant, pour cet ancien Griffondor, tout ce qui touche de près ou de loin aux serpents et à la maison Serpentard est forcément maléfique.

- Un Fourchelangue ?

- C'est quelqu'un qui a la capacité de parler et de comprendre la langue des serpents. Si je me rappelle bien, vous possédez vous-même un serpent ?

- Oui, Jormungand, répondit le garçon en relevant sa manche. »

Quirell regarda de plus près le serpent qui était enroulé autour du poignet du garçon. Il ne faisait vraiment pas forte impression à première vue mais il ne se rappelait que trop bien que ce serpent était magique et pouvait changer de taille. Il pouvait apparemment devenir suffisamment grand pour étrangler un troll, il ne fallait donc pas le sous-estimer.

« Savez-vous qu'aucun professeur n'a informé le directeur que vous possédiez ce serpent ?

- Ah bon ? Je pensais sincèrement que le Professeur MacGonagall le lui dirait.

- Et bien non. Ni elle ni Rogue ne l'en ont informé. Et ce n'est sûrement pas moi qui allait le faire. Tout simplement parce que nous nous sommes mis d'accord sur le fait que vous pouviez le garder auprès de vous et que si Dumbledore avait été mis au courant, il vous aurait demandé de vous en débarrasser. Ou alors il l'aurait éliminé et vous aurait classifié parmi les mages noirs et aurait fait passer tout un tas de rumeurs pour vous discréditer auprès de ses fidèles. Et ils sont nombreux, croyez-moi.

- Ah non, personne ne m'enlèvera Jor ! S'exclama Harry en serrant son bras contre son torse.

- Pas besoin d'être aussi protecteur face à moi, jeune enfant. Je ne lui ferai aucun mal, ni personne du côté du Mage Noir. Le serpent est un animal noble et Jormungand ne craint strictement rien. Monsieur Lokison, pouvons-nous compter sur votre soutien ?

- J'ai besoin d'un peu de temps pour y réfléchir, professeur. Mais je vous jure de n'en parler à personne !

- Bien. Ceci étant dit, le Lord et moi vous recontacterons dans une semaine, c'est assez de temps de réflexion à mon humble avis.

- D'accord professeur. Et merci pour votre confiance en moi. »

Harry se leva et quitta la salle une fois que Quirell eut retiré les sorts qu'il avait lancé sur sa porte. Il était vraiment content de la manière dont s'était déroulé l'entretien. Il avait réussi à paraître juste assez naïf pour paraître manipulable mais assez intelligent pour garder l'intérêt qu'il avait à leurs yeux. Mais il restait quand même chamboulé par cette entrevue, c'était encore pire que ce qu'il avait imaginé et s'il n'avait pas été quelqu'un d'aussi méfiant, il savait qu'il aurait pu se laisser séduire par ce qu'avait dit son professeur. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à faire tomber Dumbledore de la même manière dans ses plans et tout serait parfait.

Il se rendit dans sa Salle Commun où il retrouva Draco assis dans l'un des fauteuils en cuir devant la cheminée. Il le rejoignit immédiatement et se cala difficilement entre lui et l'accoudoir, chose uniquement possible grâce au fait qu'ils avaient onze ans et qu'Harry était particulièrement chétif. Aussitôt, Draco passa son bras autour des épaules de son ami, comprenant que quelque chose s'était passé et que son petit serpent avait besoin de soutien.

Harry lança un sort de silence que le Professeur Rogue lui avait appris autour d'eux et blotti sa tête contre son épaule pour éviter qu'on ne lise sur ses lèvres avant de raconter au blond l'entretien qu'il venait d'avoir avec le Professeur Quirell. Draco pâlit en apprenant que leur hypothèse à propos du Lord Noir était confirmée. Il serra plus fort Harry, aussi bien pour le soutenir que pour se rassurer lui-même. Ils devaient en parler avec Severus au plus vite.

Ils partirent avec les autres élèves pour dîner et Draco fit un signe discret dont ils avaient convenu à son parrain pour lui signifier qu'ils devaient se voir le soir-même. Il se plongea ensuite dans une conversation avec Harry, Blaise et Théo sur le Quidditch dans le but de changer les idées du petit serpent.

Lorsque le repas se termina, les deux garçons se rendirent discrètement jusqu'aux appartements du professeur de potions. Celui-ci les fit entrer immédiatement avant de s'assurer, comme à son habitude d'espion paranoïaque, que ses sorts assurant qu'ils ne seraient pas entendus ni dérangés étaient toujours en place.

Une fois les trois Serpentards installés confortablement dans le salon accueillant, une tasse de thé pour chacun posée sur la table basse, Severus interrogea Draco sur la raison de son signe d'appel. Le blond dirigea son regard vers le garçon à la chevelure bicolore afin qu'il prenne la parole.

Harry raconta à son professeur ce qu'il s'était passé, comment Quirell l'avait abordé à sa sortie de la Bibliothèque pour l'inviter à une conversation privée dans son bureau, ce dont ils avaient parlé, le changement radical de l'attitude du professeur une fois qu'il s'était assuré que l'enfant ne paniquerait pas et, enfin, la manière dont il avait essayé de le persuader que la cause du Lord était juste avant de lui demander son aide.

« Harry, j'espère que tu n'as pas cru un mot de ce que t'a dit Quirell. Le Seigneur des Ténèbres se moque du sort des enfants Nés-Moldus, ces réformes n'ont jamais même effleuré son esprit.

- Ne vous inquiétez pas, professeur. C'était tellement évident qu'il essayait de me manipuler en utilisant les maltraitances des moldus sur les enfants sorciers… Ce n'est pas difficile de savoir que j'ai un passé lourd, vu mon physique, ni d'en déduire la cause. J'ai joué le jeu de l'enfant traumatisé, c'est passé tout seul.

- Je ne te pensais pas aussi manipulateur, Harry.

- Qu'est-ce que tu crois, Draco ? Je suis le fils de Loki et il n'y a pas plus compétant en matière de tromperie. Je ne connaît papa que depuis six ans mais il n'a pas perdu de temps pour m'apprendre. Il m'a toujours dit que la survie de quelqu'un pouvait dépendre de la manière dont les autres le percevaient et qu'il fallait savoir jouer sur ce fait pour se sortir vivant des situations les plus délicates. Je n'ai pas pour habitude de jouer de mon image, j'exècre le fait de devoir le faire. Mais comme l'a dit papa, c'est une question de survie. »

Suivit une longue discussion sur les précautions qu'Harry devrait prendre face à Quirell et à Voldemort. Severus s'inquiétait principalement des compétences en legilimancie du Lord Noir qui était un Legilimens doué. Le garçon rassura rapidement son professeur, arguant que l'occlumancie était un des dons qu'il avait hérité de son père lors de l'adoption. C'était une forme particulière, différente de celle des sorciers Midgardiens, qui permettait à l'Occlumens de ne montrer que ce qu'il souhaitait, pouvant même fabriquer des souvenirs totalement faux mais dont il était impossible de douter de la véracité.

Ils se quittèrent relativement tard dans la Salle Commune, Severus ayant raccompagné ses élèves qui avaient dépassé l'heure du couvre-feu. Il savait que son plus petit élève avait eu besoin de ce temps de parole pour libérer un peu de pression, pour ne pas avoir l'impression de porter cette responsabilité tout seul. Il n'oubliait pas que le garçon ne faisait tout cela que parce que c'était nécessaire, pas par plaisir de tromper les autres et que cela devait peser sur ses épaules déjà fragiles.


Je prie les personnes bègues de ne pas m'en vouloir si j'ai très mal rendu ce problème de langage. Je n'ai jamais côtoyé de personnes atteintes de ce trouble donc je n'ai que de vagues bases sur ce que ça rend en vrai.