Avant-dernier chapitre, bientôt la fin de cette première année. Étrangement, bien que plus long que tous mes autres chapitres, c'est l'un de ceux que j'ai eu le plus de facilité à écrire.
Avant de commencer votre lecture, une simple consigne : on ne tape pas l'auteure.
Rien des univers originaux ne m'appartient.
Chapitre 19
« B… B… Bien, je p… pense que v… vous av… avez tous comp… ris ce qu'il y… y a à savoir s… sur les g… gnomes. D… des questions ?
- Non professeur, répondirent les élèves qui avaient juste hâte que le cours se termine.
- P… parfait. P… pour le prochain c… cours, vous de… devrez m'écrire tr… trente centim… ètres de parchemin s… sur la manière de s… se déb… arasser des g… gnomes dans les j… jardins et d… d'éviter les mor… morsures. »
Les élèves notèrent le devoir à faire puis rangèrent calmement leurs affaires en discutant entre eux. Les cours de Quirell s'étaient améliorés dernièrement mais son bégaiement était toujours aussi horripilant. Tout de même, trente centimètres sur les gnomes de jardin, ça faisait beaucoup. C'était enfin le week-end, ils auraient le temps de s'y pencher. Les Nés-Moldus, découvrant la créature aujourd'hui, auraient plus de travail que les enfants élevés dans des foyers magiques qui connaissaient déjà ces nuisibles des jardins.
Les élèves sortirent de la classe en continuant de discuter après avoir salué leur professeur. Celui-ci leur répondit d'un sourire. Le Professeur Quirell semblait d'excellente humeur en ce moment, ça changeait. Il ne tremblait presque plus et aurait fait un excellent professeur si son problème de prononciation ne rendait ses cours si laborieux à écouter.
Le mois de Mars était bien avancé et la neige commençait à fondre dehors et le temps s'adoucissait largement. Aussi, Draco décida d'aller prendre l'air avant le dîner. Ron et Hermione, voyant le blond avancer lentement vers la Grande Porte, le rejoignirent.
« Ça va, Draco ?
- Je… ça va aller, Ron, merci.
- Tu veux qu'on vienne avec toi ? Rester seul ne va pas te faire du bien, tu sais. Harry ne souhaiterait pas te voir dans cet état.
- Je sais Hermione… »
Les trois enfants sortirent et se dirigèrent vers la rive du lac. Ils se rendirent jusqu'à un renfoncement un peu isolé, caché par le tronc d'un grand saule pleureur. Hermione nettoya d'un coup de baguette une grosse pierre pour qu'ils puissent s'asseoir dessus. Draco resta debout et ramassa quelques cailloux qu'il jeta mollement dans l'eau. Il avait les traits tirés et des cernes violacées sous les yeux, signes qu'il dormait très mal depuis quelques temps. Il semblait même avoir perdu du poids, il faut dire qu'il n'avait pas vraiment le moral et que son appétit s'en ressentait. Il regardait dans le vague, ses yeux posés sur le lac sans vraiment le voir.
« Draco, je me doute que tu es très inquiet mais…
- Mais quoi, Ron ? Harry, c'est comme un frère pour moi ! Imagine si tu vivais la même chose avec un de tes frères ou avec ta sœur, tu penses que tu serais dans quel état ?
- Pardon, tu as raison. Ça doit effectivement être très difficile pour toi. Mais ça va aller, tu vas voir.
- J'espère, Ron, j'espère. Ça ne fait que deux semaines mais… il me manque tellement. J'ai tellement l'habitude qu'il soit à mes côtés que je me sens perdu dans Poudlard sans lui. J'oublie même des fois qu'il n'est pas avec moi et je le cherche du regard avant de me rendre compte qu'il ne peut pas être là. Ou je me dis « tiens, il faut que je dise ça à Harry » avant de me rappeler que c'est impossible. Et ça fait mal. »
Hermione se leva et prit Draco dans ses bras. Celui-ci posa sa tête sur l'épaule de la jeune fille avant de se mettre à pleurer. Qu'il montre un tel état de faiblesse, même dans un lieu isolé avec deux amis pour seuls témoins, témoignait de sa détresse émotionnelle. Un Malfoy ne pleure pas, c'est ce que lui a enseigné son père. Mais comme beaucoup de choses enseignées par Lucius à son fils, avoir fait la connaissance d'Harry avait changé beaucoup de choses chez Draco.
Après plusieurs minutes, Draco se redressa, essuya ses yeux et prit le temps de reprendre un air plus digne.
« Merci, Hermione. J'en avais besoin. Mon parrain m'aide beaucoup mais je ne me vois pas m'épancher ainsi avec lui.
- Ce n'est rien, Draco. Je pense qu'on serait tous dans le même état à ta place. Nous sommes tous les deux proches d'Harry mais pas autant que toi, c'est normal que ça te touche autant.
- Draco, avant qu'Harry n'entre dans nos vies, c'est clair que je me serais moqué de toi en te voyant pleurer. C'est grâce à lui que nous avons mis de côté les différends entre nos deux familles, quoiqu'en pensent nos parents. Il a tellement fait à Poudlard en quelques mois. Mes frères m'ont raconté comme ça se passait les années précédentes et je suis content qu'Harry ait autant lié les élèves entre eux. S'il n'avait pas été là, les Serpentards et les Griffondors seraient ennemis jurés tandis que les Serdaigles ignoreraient tout le monde et les Poufsouffles resteraient entre eux. Au lieu de ça, nous avons tous des amis dans les différentes maison. En fait, Fred et Georges sont assez jaloux, ils auraient bien aimé connaître ça avant.
- Ouha Ron, c'était très mature comme discours. Et c'est entièrement vrai. Même si nous ne pouvons parler à Harry, nous devons nous serrer les coudes. Tu n'es pas seul, Draco. Tous les élèves ressentent l'absence d'Harry alors on va tous se serrer les coudes pour gérer. »
Le silence s'installa entre eux. Pendant une heure encore, Draco lança des cailloux dans le lac tandis que Ron et Hermione lui tenaient compagnie. Ils rentrèrent enfin, l'heure du dîner approchant. Ils se séparèrent une fois arrivés dans la Grande Salle, chacun rejoignant sa table.
L'ambiance dans la Grande Salle était très différente à présent. Chaque élève était à la table de sa maison, il n'y avait plus d'élève dînant à une autre table pour être en compagnie de ses amis.
À la fin du repas, le directeur se leva et attira l'attention des élèves sur lui.
« Chers élèves, j'ai une annonce à faire, ce soir. Je sais que vous êtes tous inquiets pour votre camarade, monsieur Lokison. Depuis deux semaines maintenant qu'il n'est plus parmi vous et nous savons qu'il a des amis dans chaque maison, créant ainsi l'entente entre les maisons de Poudlard qui manquait tant jusque là. Vous êtes inquiets, et c'est normal. Pour des raisons de secret médical, je tairai la raison de son absence mais je tiens à vous rassurer ce soir. Le Professeur Rogue à qui votre camarade a été confié le temps de sa convalescence m'a informé avant le dîner qu'Harry Lokison sera autorisé à revenir parmi les élèves dans trois jours. Merci de m'avoir écouté, je vous souhaite une bonne soirée. »
On observa un soulagement général dans la Grande Salle. Si les élèves avaient été informés qu'Harry était malade et contagieux, donc à l'isolement, ils ne connaissaient pas la gravité de son état. Si les plus âgés avaient été assez peu perturbés par son absence, les plus jeunes étaient vraiment boulversés. Même les quelques élèves qui n'appréciaient pas particulièrement le petit garçon était rassurés. L'ambiance dans le château s'était faite pesante en une quinzaine de jours, l'entente entre les maisons s'effritait un peu.
Les élèves discutèrent encore un moment de la nouvelle avant de se diriger vers les dortoirs.
Dans les appartements privés de Severus Rogue, Harry reprenait peu à peu des couleurs au fil des jours. L'expérience du Doloris avait déjà été difficile mais le Memoriam Pessimi qu'il avait reçu juste avant que Loki n'intervienne avait fait plus de dégâts encore.
Flash-back
« PAPA !
- Ton père ne peut rien pour toi, gamin ! VIVAMUS PESSIMUM MEMORIAS ! »
Harry ne se trouva soudain plus dans la pièce octogonale. C'était sombre autour de lui, la seule lumière filtrait par dessous une porte et il entendait un bruit régulier et persistant. Il tâtonna autour de lui et reconnu la forme d'un escalier au dessus de sa tête. Cela expliquait le boucan qu'il entendait. Il était dans son placard et quelqu'un cognait contre sa porte. Il entendit la voix de sa tante le traiter de faignant et lui ordonner de préparer le petit déjeuner.
Après être sorti, il se dirigea vers la cuisine et se mit aux fourneaux immédiatement. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Une seconde il était à Poudlard, la seconde d'après, il était à Privet Drive. D'instinct, il prépara un petit déjeuner comme il le faisait avant, sous le regard dur de sa tante.
Il entendit des pas lourds descendre l'escalier et compris que son oncle venait de se lever. Une sueur froide coula le long de son dos. Pas son oncle, pas lui…
Il fut projeté au sol lorsque Vernon Dursley le gifla sous prétexte qu'il n'était pas assez concentré sur sa tâche.
« Monstre… aujourd'hui est un jour spécial, c'est ton cinquième anniversaire. Alors ce soir, toi et moi allons faire un petit voyage ensemble. Je ne sais pas si tu vas apprécier ton cadeau d'anniversaire mais ce sera certainement plaisant pour moi. »
La panique du garçon s'intensifia. Pas cette journée… Tout, mais pas cette journée en particulier…
Comme dans ses souvenirs, il passa sa journée à effectuer ses corvées, esquivant le plus possible son cousin qui essaya plusieurs fois de le frapper ou de le faire tomber. Le ménage complet de la maison, cela lui avait paru étrange à l'époque. Avec le recul, il comprenait, ils allaient perdre leur esclave donc tenaient à ce qu'il en fasse le plus possible avant de partir. Il ne fut même pas nourri une seul fois de la journée, ce n'était pas la peine de gaspiller de la nourriture pour un condamné à mort.
Le soir arriva trop vite, Harry tremblait de plus en plus. Il savait que se rebeller ne servirait à rien. Il était dans son corps de petit garçon de cinq ans donc ne pouvait se défendre et chaque fois qu'il avait essayé de sortir de la maison, une force le retenait à l'intérieur. Une fois la nuit bien avancée, son oncle l'attrapa par le col, sortit avec lui et le jeta dans le coffre de sa voiture. Il entendit la dernière chose qu'il avait entendu de sa tante.
« Je t'ai mis des vêtements propres sur le siège passager. Brûle tes habits quand tu en auras fini avec lui. À tout à l'heure, fais attention à toi. »
Ces trois phrases, il les avait oublié mais savait que c'était exactement ce qu'elle avait dit. Sa tante, la sœur de sa mère, s'inquiétait plus pour la sécurité de son mari que pour la vie de son neveu. Il savait qu'il n'avait jamais compté pour elle mais ça faisait mal quand même de l'entendre à nouveau. Même avec le recul et la thérapie qu'il avait faite à Asgard, il ne comprenait pas pourquoi, si elle le détestait à ce point, ils ne l'avaient pas envoyé dans un orphelinat.
Il sentit que la voiture démarrait puis prenait de la vitesse avant de ralentir à nouveau en arrivant sur une route qui, s'il en croyait la manière dont il était secoué et se cognait partout sur les parois du coffre, était plutôt accidentée.
Vivre cet évènement une deuxième fois était pire que la première car il avait la compréhension du monde de ses onze ans et, surtout, il savait exactement ce qui allait se passer. Il hyperventilait dans le coffre, la peur le paralysant totalement. Il ne voulait pas revivre ça, il voulait son papa, il voulait Draco.
La voiture s'arrêta et il entendit son oncle ouvrir sa portière puis des pas lourds avant que le coffre s'ouvre. Harry reconnu aussitôt l'entrepôt désaffecté où le traîna Vernon sans ménagement. Ses hauts murs en briques rouges étaient d'une saleté répugnante et couverts de tags plus ou moins vulgaires et ses grandes fenêtres avaient toutes été brisées au fil du temps et des jeunes en quête d'aventures. Une des hautes cheminées s'était effondrée il y a longtemps, traînant à présent par terre en travers du parking attenant.
Harry ne se débattait même pas, résigné à son sort tandis qu'il se faisait traîner par le bras par une poigne ferme qui lui coupait la circulation. Seules les larmes coulant à flot de ses yeux verts montraient sa peur.
C'est alors qu'une vive lumière blanche l'éblouit au point de le forcer à fermer les yeux. Quand il les rouvrit, il n'était plus à l'entrepôt avec son oncle mais dans la salle octogonale avec Loki. Son papa avait l'air très inquiet en le regardant.
« Harry ! Harry, parle-moi !
- Pa… papa ? Tu… tu es là ? Vraiment là ? »
Le garçon se jeta dans les bras de son père en pleurant. Il s'accrocha à lui de toutes ses forces, tremblant et sanglotant.
Loki était rassuré de le voir réagir, il avait craint que le sort que son fils avait reçu l'ait rendu catatonique. Il était arrivé juste au moment où Quirell le lançait et avait tout de suite compris ses effets : Vivamus pessimum memorias, vivre ses pires souvenirs. Et les pires souvenirs d'Harry auraient pu le briser totalement en les revivant. Il craignait que les progrès que son fils avait fait après son arrivée à Asgard ne soient complètement détruits, que la confiance en lui et en les autres qu'il avait construit petit à petit auprès de sa famille ne soient réduites à néant.
Il ne lui avait pas fallu très longtemps pour prendre le dessus sur le professeur. Il avait des centaines d'années d'expérience et face à lui, ce sorcier Midgardien n'avait aucune chance. Après qu'il eut incapacité Quirell en lui lançant un sort qui le fit s'étouffer avec sa langue, il se précipita aux côtés de son garçon pour annuler le sortilège. Mais celui-ci avait eu le temps d'agir, il espérait juste qu'il avait libéré son fils du maléfice avant qu'il ne revive sa torture.
« Je suis désolé, père. Je n'ai rien pu faire, je n'aurais pas été assez rapide pour attaquer ce sorcier, je n'ai pu que ronger les cordes.
- Tu as bien agi, Jor, ne t'inquiète pas. »
Loki se leva, son fils tremblant dans ses bras lorsqu'il entendit un hurlement aigu. Du corps agonisant du sorcier qui avait osé s'en prendre à son fils sortit une vapeur noire de laquelle s'échappait ce cri strident. La vapeur s'échappa rapidement par le plafond. Ça avait été très rapide mais Loki avait parfaitement compris de qui et de quoi il s'agissait. Il faudra qu'il aille parler avec sa fille, elle avait une âme qui bafouait les lois d'Yggrasil dans la nature.
Sans même attendre que Quirell rende son dernier souffle, il était de toute façon condamné, Loki se téléporta en se concentrant sur le Professeur Rogue et atterrit dans ses appartements privés. Severus, qui était en train de boire un thé en corrigeant des copies sur sa table basse, sursauta et pointa sa baguette vers l'intrus. Il baissa tout aussi rapidement sa baguette en voyant son élève en détresse dans les bras de son père.
« Merlin, que s'est-il passé ?
- Après. Donnez-moi d'abord un Philtre de Paix pour Harry. »
Le professeur ne s'offusqua pas du ton employé par l'Ase, comprenant qu'il n'était pas en état de prendre un ton poli. Loki s'assit dans le canapé, gardant Harry contre lui. Severus fit venir à lui une fiole de potion d'un Accio et la porta aux lèvres du garçon. En quelques secondes, ses tremblements et ses sanglots se calmèrent.
« Ses tremblements ne s'arrêtent pas entièrement ? Avec ce philtre pourtant… Loki, expliquez-moi ce qui s'est passé, s'il vous plaît.
- Harry m'a appelé grâce à un pendentif que je lui ai offert à Noël donc je ne sais pas ce qu'il s'est passé avant. Quand je suis arrivé auprès de mon fils, il était avec un de ses professeurs dans une pièce avec un grand miroir. Il était au sol, entouré de cordes et son professeur le tenait au bout de sa baguette. Il a eu le temps de lancer un Memoriam Pessimi avant que je puisse intervenir…
- Merlin… Pauvre petit, ce sort est déjà terrible pour un enfant ayant une expérience normale de la vie mais dans son cas…
- C'est pour ça que je vous l'ai amené tout de suite. Même si le sort n'a pas agit longtemps, Harry était complètement paniqué. Pour les tremblements qu'il a encore, je ne vois pas trop, par contre. »
Severus lança un sort de diagnostique sur l'enfant qui commençait doucement à somnoler dans les bras de son père. Il pâlit en voyant les résultats.
« Il a été frappé par le Doloris. Je ne peux pas encore lui donner la potion pour régénérer les nerfs touchés, il y a des ingrédients incompatibles avec ceux du Philtre de Paix. Nous allons devoir attendre deux heures avant de pouvoir le lui administrer.
- Bien, répondit Loki qui regrettait d'avoir offert à l'homme une mort si rapide après qu'il ait fait autant de mal à son petit. Je suppose que le professeur était le Professeur Quirell dont Harry m'a parlé dans sa dernière lettre. Grand avec un turban violet sur la tête, ajouta-t-il en voyant le regard interrogateur du professeur de potions.
- En effet, ça correspond. Je savais qu'il devait le voir aujourd'hui pour l'aider à récupérer la pierre philosophale. Il devait la subtiliser discrètement et la remplacer par une illusion, avant que Quirell ne puisse la prendre. C'était son plan, quelque chose a dû mal tourner… Qu'est-il arrivé à Quirell ?
- A votre avis ? Il agonsait pendant que je m'occupais de mon fils. Par contre, nous avons un problème et pas des moindres. Lorsque Quirell est mort, une vapeur noire est sortie de son corps.
- Une vapeur noire ? Une idée de ce que c'était ?
- Malheureusement, oui. Je suis le père d'Hela qui dirige Helheim, le royaume des morts, donc je connais beaucoup de choses sur les âmes. Et ce que j'ai vu sortir était un fragment d'âme. Sans nul doute celui de votre Mage Noir.
- Un frag… Que voulez-vous dire par-là, il est impossible d'avoir un fragment d'âme comme ça.
- Oh si, c'est possible. Il est tout à fait possible de fragmenter son âme. C'est aussi fermement interdit. Le but de la manœuvre est d'approcher l'immortalité car tant qu'un fragment d'âme reste sur le plan physique, une personne ne peut aller à Helheim.
- Vous voulez dire que si le Seigneur des Ténèbres n'est pas mort lorsque son sort a rebondi sur Harry il y a dix ans, c'est parce qu'il a divisé son âme ?
- Et placé chaque fragment dans un objet ou un être vivant, tout à fait. Étant donné la faible taille du fragment que j'ai vu, il ne l'a pas fait qu'une fois. Car chaque fois que le rituel est fait, l'âme se sépare en deux parts égales. Donc la première fois qu'il l'a fait, il a placé la moitié de son âme dans un réceptacle et n'en a gardé qu'une moitié en lui. La deuxième fois, il ne lui ait plus resté qu'un quart puisque la moitié qui lui restait a été séparée en deux. Et ainsi de suite. J'estime qu'il a dû faire le rituel cinq ou six fois pour n'avoir plus qu'une si petite partie pour lui.
- Cinq ou six… donc il y a actuellement cinq ou six objets contenant un morceau de son âme. Et tant qu'il en existe ne serait-ce qu'un seul, on ne peut pas le tuer.
- Absolument. Cependant, être le père d'Hela va m'aider. Elle a des serviteurs dont le but est de chercher les âmes, je suis persuadé que nous pourrons trouver une solution pour trouver chaque objet. Une fois le réceptacle détruit, le morceau d'âme entre dans les limbes dans lesquelles les morceaux vont se rassembler au fur et à mesure qu'ils arrivent. Une fois l'âme complète, elle entrera directement à Helheim. Et je peux vous dire que vu comme ma fille est protectrice d'Harry, le châtiment sera… cruel.
- Bien, je vous fais entièrement confiance. Mais que faisons-nous maintenant ? Quirell est mort donc Dumbledore va se douter de quelque chose. Si la couverture d'Harry tombe, il aura un ennemi puissant, un ennemi capable de manipuler l'opinion publique et de le déclarer sombre juste parce qu'il n'aura pas respecté ses plans. »
Les deux hommes réfléchirent un long moment tout en regardant le garçon qui dormait maintenant dans les bras de son père. Ils savaient tous les deux qu'Harry aura été profondément marqué par ce qu'il venait de vivre. Ils installèrent doucement le garçon dans le canapé pour aller discuter dans la cuisine sans gêner son sommeil.
Une heure après s'être endormi, Harry papillonna des yeux. Il se redressa subitement, regardant autour de lui frénétiquement. Il était dans un salon, allongé dans un canapé. Il reconnut rapidement le salon de son directeur de maison qu'il avait déjà visité une fois avec Draco. Il entendait des voix provenant de la cuisine, reconnu celle de son papa et essaya de se lever pour les rejoindre. Malheureusement, ses jambes tremblaient énormément et ne purent le porter, aussi tomba-t-il au premier pas effectué.
Attiré par le bruit de la chute, Loki et Severus se précipitèrent auprès de lui. Loki le prit dans ses bras avant de l'asseoir sur le canapé.
« Doucement, fils. Le sort que tu as reçu a endommagé certains nerfs. D'ici une heure, le Professeur Rogue pourra te donner une potion pour y remédier.
- Papa, pourquoi tu es là ?
- De quoi te rappelles-tu en dernier, Harry ?
- J'étais avec Quirell devant un miroir dans lequel était caché la pierre philosophale. D'ailleurs, elle est apparue dans ma poche. »
Harry plongea la main dans sa robe et en sortit une magnifique pierre rouge. Severus la prit et l'observa un instant avant de la poser sur la table basse, ils s'en occuperaient plus tard.
« J'ai menti en disant ne pas savoir comment obtenir la pierre et Quirell m'a attrapé et jeté loin de lui. J'ai voulu m'enfuir par la porte mais j'ai entendu une voix bizarre qui a dit que je mentais et qui a ordonné à Quirell de s'occuper de moi. Il m'a lancé un sort qui m'a attaché avec des cordes et je suis tombé au sol. Il a menacé Jor pour qu'il ne l'attaque pas.
- Encore désolé, petit frère…
- Ne t'inquiète pas Jor, je sais que tu ne pouvais pas faire plus.
- Après, je me souvient avoir eu mal, vraiment mal. Le professeur n'arrêtait pas de me demander comment trouver la pierre mais je ne voulais pas lui dire. Quand j'ai senti les cordes se relâcher… Ah, je t'ai appelé avec l'Ouroboros !
- C'est ça.
- Après… Il m'a lancé un autre sort et… papa… »
Harry commença à pleurer aussi Loki le prit dans ses bras, une main caressant ses longs cheveux, l'autre son dos. Il voulait que son fils lui dise exactement ce qu'il avait revécu mais hésitait à le lui demander.
« Je me suis retrouvé… dans mon placard, sous l'escalier dans la maison de ma tante. C'était… le jour de mes cinq ans. J'ai passé toute la journée à faire mes corvées en évitant le plus possible les coups de mon cousin. Et puis… et… mon oncle m'a jeté dans le coffre de sa voiture. Quand… quand j'en suis sorti, j'étais… à l'entrepôt, sanglota Harry qui avait du mal à parler à cause de la boule qui s'était formée dans sa gorge.
- Shhh, ça va aller fils. Tu es avec nous, à Poudlard, entouré, aimé.
- J'étais à l'entrepôt, reprit le garçon un peu calmé, et soudain j'ai vu une grande lumière blanche. Quand j'ai pu rouvrir les yeux, tu étais là. »
Loki resserra sa prise sur son fils, embrassant le sommet de son crâne. Il lui laissa quelques minutes pour se calmer entièrement. Les tremblements qu'il ressentait du petit corps dans ses bras l'inquiétaient même s'il savait que le professeur de potions pourrait aider Harry dans peu de temps. S'il avait pu, il aurait gardé Harry à Asgard où il était en sécurité.
Une fois Harry plus calme, Loki lui raconta son côté de ce qui s'était passé.
« Hela pourra nous aider, alors ?
- Nous irons la voir lorsque ce sera les grandes vacances. Je suis sûr qu'elle trouvera un moyen de détecter ces fragments d'âme.
- Papa, comment on va faire jusqu'à la fin de l'année ? Dumbledore m'a invité deux fois en trois semaines à prendre le thé et si Quirell disparaît, il va se poser des questions. Je sais qu'il sait que j'ai été en contact avec lui, les tableaux sont ses espions dans le château.
- Nous étions justement en train d'en parler avec ton professeur quand tu t'es réveillé. Je vais prendre la place du Professeur Quirell jusqu'à la fin de l'année. Peu avant les vacances, nous mettrons en scène la tentative de récupérer la pierre philosophale où tu joueras le rôle du sauveur. Ainsi, il te pensera entièrement acquis à sa cause. »
Fin du Flash-back
Après son aventure douloureuse, Harry était devenu très angoissé, ses nuits étaient entrecoupées de nombreux cauchemars dans lesquels il revoyait sa vie avec son oncle et sa tante. Severus devait intervenir à chaque fois pour le sortir de son mauvais rêve et le rassurer. Il sursautait au moindre bruit inattendu, une porte qui claque, un objet qui tombe, par exemple, et était pris de crises de larmes.
Loki et Severus décidèrent que le garçon devait se reposer, il n'était pas en état d'affronter les cours, ses camarades et surtout pas être en présence de Dumbledore. Aussi Severus, qui avait son diplôme de médicomage grâce à sa maîtrise en potions, déclara au directeur que son serpent avait attrapé la Dragoncelle et qu'il devait absolument être isolé. Arguant qu'il l'avait déjà eu lorsqu'il était enfant, le professeur convainquit le vieux fou qu'il devait garder Harry dans sa chambre d'ami.
Pour que cela soit crédible, aucun des amis d'Harry ne purent lui rendre visite. Les deux adultes savaient que ce serait dur pour eux de ne pas pouvoir s'assurer du bien-être du petit serpent mais ils voulaient absolument éviter que Dumbledore soupçonne quoique ce soit. Seuls Severus et Loki restaient avec lui dès qu'ils le pouvaient, Loki se téléportant directement des appartements de Quirell à ceux de Severus. Cette méthode était entièrement sûre, le transplanage étant impossible à Poudlard, le directeur n'imaginerait jamais qu'un autre moyen de se déplacer était possible entre les murs du château, pour peu qu'on possède plus que la magie Midgardienne.
Petit à petit, à force de réassurances sur le fait que plus jamais il ne revivrait auprès des monstres qui avaient faits de sa petite enfance un enfer, les cauchemars se calmèrent ainsi que les crises de larmes. Il sursautait encore un peu mais cela aussi commençait à disparaître. Aussi Severus prit la décision de faire reprendre l'école à Harry dans quelques jours. Il était encore pâle et un peu faible, ayant eu très peu d'appétit depuis ce maudit jour où il s'était revu à cinq ans, mais son état pouvait être expliqué par la supposée maladie qu'il venait de traverser.
Trois jours plus tard, comme c'était un jour de classe, Harry retourna d'abord dans son dortoir pour prendre ses affaires. Il fut surpris de voir sa maison au complet l'attendre dans la Salle Commune. Les élèves les plus âgés étaient en arrière puis les plus jeunes devant eux et ainsi de suite jusqu'aux élèves de première année qui étaient au premier rang.
Il n'eut pas le temps d'être surpris longtemps car en quelques secondes il fut prit dans une forte étreinte. Bien qu'il sursauta légèrement au moment du contact, très vite une douce chaleur traversa son corps. Il en comprit rapidement la raison en voyant les cheveux blonds de la personne qui le serrait si fort et qui plongeait la tête dans son cou sur lequel il sentait quelques gouttes couler.
Draco était bouleversé. Il avait attendu avec les autres, impatient. Dès qu'il vit son presque frère pénétrer dans la Salle Commune, il s'était jeté sur lui pour le prendre dans ses bras. Il ne put empêcher quelques larmes de couler mais il se fichait bien de son image de Malfoy en ce moment précis. Il avait eu tellement peur pour lui, même si Loki lui avait expliqué la situation. Son petit serpent lui avait tellement manqué.
Lorsque Draco relâcha finalement Harry, essuyant rapidement ses yeux, les autres Serpentards s'approchèrent, certains posant une maison sur son épaule, d'autre lui donnant une légère tape dans le dos avant de sortir pour rejoindre la Grande Salle. C'étaient de petits gestes mais pour ces enfants principalement élevés pour ne montrer aucune émotion trop intense, c'était beaucoup et Harry le savait et les appréciait d'autant plus.
Lorsqu'ils se rendirent dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, de nombreux élèves vinrent voir Harry, montrant à quel point le petit garçon leur avait manqué. Les professeurs lui firent tous un sourire lorsqu'il se tourna vers la table professorale. Ils étaient également rassuré, pour Harry d'abord mais aussi pour la paix du château. Des tensions avaient commencé à réapparaître dès la deuxième semaine d'absence du petit Serpentard.
Harry n'eut pas de mal à reprendre les cours, Severus s'étant assuré qu'il ne prenait pas de retard sur le programme. La vie reprit son cours comme rien ne s'était passé et les semaines de classe défilèrent ainsi, sans vagues.
