Le Psychologue – Chapitre 10
Eren grimaça, le malaise se lisait sur son visage.
- On est vraiment obligés de parler de ça ? Se plaignit-il. Je sais que c'est mal, j'en suis pas fier, bien au contraire. Je… J'ai assez honte comme ça. C'est… C'est vraiment nécessaire ?
- Bien sûr que c'est nécessaire, Eren, répondit tout de suite Levi. C'est pas quelque chose d'anodin, quelque chose que je peux me permettre d'ignorer.
- Mais il est tard, vous… Il faut que vous rentriez chez vous. Je ne vous ai pas envoyé ces messages pour que vous fassiez des heures supplémentaires…
Eren détourna alors le regard, honteux. S'il avait pu fuir ou se cacher sous sa couette, il l'aurait fait sans hésiter. Avait-il au moins le droit de creuser sa propre tombe ?
Levi tourna la tête vers le jeune homme. Le bleu ne laissait pas de place au doute. Il décida d'être ferme. Il fallait que l'étudiant parle.
- Eren, je m'en fous de ça. Sois honnête avec moi, s'il te plaît.
La voix grave et profonde de Levi résonnait en Eren et ses émeraudes se mirent à fixer le sol avec résignation. Bien sûr, Ackerman n'aimait pas faire ça, obliger le gamin à quoi que ce soit, mais pour le coup, il n'avait pas le choix.
- C'est assez récent et pas souvent, pas régulièrement, dit-il simplement.
Levi hocha la tête, comprenant que, puisque ce n'était pas un réflexe ancien, il avait du boulot. Il devait à tout prix faire en sorte que cette pratique ne devienne pas une habitude chez Eren.
Sans un mot, le psychologue se leva, laissant Eren seul. À ce moment-là, le cœur du jeune homme en prit un coup. Pourquoi Levi était-il parti ? Directement, il pensa en être la cause : que répondre à la question de son aîné n'était peut-être pas une bonne idée. Cependant, Eren savait que Levi n'aimait pas quand il mentait et savait exactement quand il le faisait. Lui cacher quoi que ce soit se serait révélé inutile. Eren n'aimait pas voir le reproche dans les yeux si clairs du noiraud. Ces yeux qui semblaient lire en lui comme dans un livre ouvert, ces yeux omniscients.
Impuissant et las, Eren s'allongea sur son lit, dos à la porte de sa chambre. Sa vie le fatiguait, purement et simplement. Tout ça, c'était compliqué pour lui. Un peu trop lourd, un peu trop tout court. Il ferma les yeux et tout se relâcha d'un coup, à tel point qu'il ne se sentit même pas partir.
Le réveil fut particulièrement dur pour Eren. Il s'était réveillé naturellement, sans alarme, mais c'était sans doute le seul point positif de son émergence du royaume des songes. Il se sentait pâteux, vaseux, comme si sa nuit n'avait été que peu reposante, peu importe le nombre d'heures qu'il avait pu dormir. Les rayons du soleil pénétraient à leur guise à l'intérieur de sa chambre, ses volets étant ouverts. Eren pensa distraitement qu'il ne les avait pas fermés la veille. Il se redressa doucement et se frotta les yeux, ce qui lui procura un bien-être passager et bien relatif. Il remarqua néanmoins un détail en éloignant ses mains de son visage. Cette seule vision suffit à le réveiller complètement, sans toutefois lui enlever cette sensation de lourdeur, du fait qu'il se sentait vaseux.
Première chose, Eren n'avait plus de veste. Il portait un simple t-shirt noir et il n'était pas dans ses habitudes de dormir ainsi. Plus surprenant cependant, deux-trois pansements ornaient son poignet gauche, tandis que le droit était entouré par des bandages. Quelque chose s'alluma dans ses yeux confus. Le trouble céda sa place à la stupéfaction. En un éclair, la soirée de la veille lui revint en mémoire et il comprit. Levi l'avait soigné. C'était pour ça qu'il s'en était allé mais, trop fatigué par les évènements, sans compter son manque cruel de sommeil, Eren s'était endormi avant son retour. Il rougit de honte et mit une main devant sa bouche entrouverte par la surprise. Et dire qu'Eren s'était endormi alors que le psychologue était parti chercher de quoi le soigner. Il imaginait déjà la réaction qu'avait dû avoir Levi en revenant dans la chambre. Automatiquement, l'étudiant se dit que l'homme aux yeux de faucon lui en voulait. C'était un réflexe chez lui, de penser que tout était de sa faute. Eren n'oubliait pas Petra, sa professeure de musique. Levi n'était pas venu seul. Lui avait-il parlé de ce que le lycée lui avait dit ? Ce dernier espérait tant que cela ne soit pas le cas. La belle et douce Petra, qui lui paraissait un brin insouciante, ne devait pas connaître son histoire. Un confident, c'était déjà bien assez.
Penser à Petra rappela une chose à Eren : les cours ! Par chance, son téléphone se trouvait sur sa table de nuit. Il le saisit et l'alluma. Heureusement, il n'était pas en retard, mais pourrait l'être s'il ne se dépêchait pas. Il avait très exactement sept minutes pour se préparer et attraper son bus à temps. Eren sauta hors de son lit et sortit précipitamment de sa chambre. Il était toujours un peu vaseux, mais ce n'était pas grave, il allait essayer de passer outre. Pas le temps pour un petit-déjeuner Eren but simplement un verre d'eau avant de se brosser les dents, de préparer son sac et s'habiller, le tout en un temps record. Il jeta à peine un coup d'œil à ses cheveux dans le miroir de la salle de bain. Tant pis, pas le temps de les brosser. De toute manière, avait toujours été difficile pour lui de les dompter, c'était pour cette raison qu'il avait récemment décidé de les laisser pousser.
Eren vérifia qu'il n'avait rien oublié et en passant dans la cuisine, il remarqua un petit quelque chose, posé sur la table. C'était une feuille pliée en quatre. Malgré le fait qu'il soit pressé, l'étudiant céda à sa curiosité et déplia le papier. Il la vit, cette écriture fine et élégante qui pourrait sembler illisible à première vue, tant les lettres étaient penchées.
« Prends soin de toi et si tu as besoin de te reposer, reste chez toi. On te dispensera de cours pour la journée.
Passe me voir quand tu veux, je serai là.
Levi A. »
Ce mot, cette petite attention réchauffa un peu le cœur d'Eren, qui aurait pu esquisser un léger sourire s'il s'était senti mieux. Mais son regard vert resta sombre et empli de tristesse. Néanmoins, il replia la feuille et la glissa dans une poche sur le côté de son sac. Non, il n'allait pas rester chez lui. Pas question de manquer quelque cours que ce soit juste parce qu'il était fatigué. Eren avait déjà assez honte comme ça, pas la peine d'en rajouter. S'il n'y allait pas, que ferait-il d'autre ? Ressasser, encore et encore, se rendre malade en prime, peut-être.
Il se mit un coup de pression et s'en alla rapidement. Avec un peu de chance et de détermination, il attraperait peut-être son bus à temps.
Eren passa le portail du lycée juste avant qu'il se ferme. Il avait eu de la chance, pour cette fois. La prochaine pourrait être différente. D'un pas rapide, le lycéen entra dans le bâtiment et se remémora son emploi du temps tout au long de son cheminement à l'intérieur des couloirs qui se vidaient progressivement, la sonnerie annonçant le début des cours ayant déjà retenti. D'abord physique-chimie, puis musique. Après ces quatre heures de cours, viendraient histoire-géographie et sport. Eren pesta contre lui-même. Dans l'empressement, il en avait oublié ses affaires de sport.
Eren fut un des derniers à entrer dans la salle et il s'installa à côté d'une petite blonde, sans y faire trop attention. Perdu dans ses pensées, il n'avait même pas vu que Jean lui avait gardé une place, qui fut bien vite prise, de par l'absence d'Eren. Il ne vit pas les yeux emplis de colère de la tête de cheval qui le fixaient méchamment. Parce que le lycéen aux yeux verts réfléchissait. Sans ses affaires, le professeur pourrait le renvoyer directement du cours. Il avait fait cela à une autre élève en début d'année. Comme le but d'Eren était justement d'éviter de rater les cours, même celui-ci, il ne pouvait pas compter sur cela. Il lui fallait ses affaires. Alors que le cours était déjà bien entamé, Eren en vint à la conclusion qu'il devait chercher ses affaires. Le seul moment où il pourrait y aller, c'était à la pause du midi, qui commençait à douze heures et se terminait deux heures plus tard. Problème, les bus ne passaient pas le midi et faire tout le chemin à pied prendrait trop de temps. Dans ses souvenirs, Armin, qui n'habitait pas très loin du lycée, venait en vélo. Il prit mentalement note de lui en parler à la récréation parce que, pour une fois, Eren ne voulait pas manquer le repas ou du moins, le sauter. Les mots de Levi se rappelaient régulièrement à lui depuis qu'il l'avait ramené l'autre jour, chaque fois qu'il songeait à ne pas manger, par flemme ou autre. Alors, il faisait des efforts. Toutefois, il n'oubliait pas ce qui s'était passé la veille et ne savait pas comment réagir. Devait-il envoyer un message à Levi pour le remercier ? Et Petra, devait-il aller la voir directement après le cours de musique ? Elle était là, elle aussi et il avait bien vu que tout était rangé dans la cuisine alors qu'il avait laissé plein de trucs traîner la veille, dans son angoisse. Il se rappelait également de ce geste qu'elle avait eu, ce geste qui lui avait rappelé tant de choses.
L'état mental d'Eren était étrange. C'était un mélange de vide et… D'autre chose, qu'il ne saurait ni décrire, ni nommer. Le brun n'arrivait pas à être heureux que l'on se soit occupé de lui. Le poids de toutes ses responsabilités et pensées était sans doute un peu trop lourd, plus que d'habitude, l'accaparant tellement qu'il n'avait pas vraiment le loisir de penser à quoi que ce soit de positif. C'était seulement possible lorsqu'il se relâchait un peu. Or, à ce moment précis, Eren était tendu comme un arc.
- Excuse-moi, demanda doucement une petite voix près de lui, ma souris vient de me lâcher, est-ce que tu pourrais me dépanner ?
Eren tourna la tête et croisa un regard d'un incroyable bleu océan encadré par le visage doux, presque angélique de la petite blonde assise à sa droite. Elle semblait réellement contrariée mais, sans trop savoir pourquoi, cette petite tête a l'air innocent apaisa un peu sa tempête intérieure. Gardant un visage fermé même s'il se sentait légèrement mieux car elle lui faisait, indirectement, penser à autre chose, Eren hocha la tête et sortit une souris de sa trousse, qu'il lui tendit sans hésiter. Les yeux bleus s'illuminèrent et la jeune fille lui sourit, de ces sourires qui vous marquent. Cette blonde dégageait quelque chose de particulier, à tel point que la voir heureuse pour une si petite chose dérida le brun au regard émeraude. Un léger sourire naquit sur ses lèvres à lui. Doucement, elle lui demanda son prénom, pour savoir qui remercier.
- Eren, répondit-il en chuchotant.
- Historia, dit-elle sur le même ton. Tu me sauves la vie.
Eren rit très légèrement, à moitié ironiquement cependant. La phrase de sa voisine de table avait beau être anodine, elle avait une sombre résonnance dans sa tête. Toutefois, son air adorable atténua cet effet, lui permettant une nouvelle fois de penser à autre chose.
La fin du cours arriva finalement et tous les étudiants rangèrent leurs affaires, plus ou moins vite selon la mesure de leur empressement. Eren et Historia discutaient un peu et prenaient leur temps. Cette rencontre avec la jeune fille faisait du bien au brun. Elle avait beau être bavarde, ce n'était pas très dérangeant, au contraire. Elle parlait beaucoup, sans être lourde et semblait avoir une joie de vivre sans égale, à tel point qu'elle arrivait à lui transmettre un peu de sa bonne humeur, fait exceptionnel. Historia, qui n'était jusqu'à lors qu'une inconnue, l'avait déjà marqué. Elle n'était pas de celle qu'on oubliait facilement, même après une simple conversation, si bien qu'Eren, qui devait aller voir Mikasa et Armin, lui proposa de venir avec lui. Sans surprise, Historia accepta avec grand plaisir. Les deux jeunes gens ne perdirent pas de temps. La récréation n'étant pas infinie, ils devaient tout de même se presser un petit peu.
Mikasa et Armin allaient toujours au même endroit : un coin de la cour où se trouvait un banc. Eren se rendit alors compte d'une chose, en marchant avec Historia en direction de ses deux meilleurs amis. C'était à ce même banc que Levi l'avait emmené lors de la séance improvisée qui lui avait permis de régler le quiproquo qu'ils avaient eu plus tôt. Cette pensée fit distraitement sourire Eren, qui se dit, un peu plus détendu, qu'il devrait lui envoyer un message dans la journée. Il ne se voyait pas ne pas lui donner de nouvelle, après ce qu'il avait fait pour lui. Cette fois, il voyait les choses un peu différemment par rapport à lorsqu'il s'était levé. Il avait toujours honte, mais refusait de se laisser travailler par ça. Cela lui ferait un souci en moins.
Les trois amis se saluèrent et Eren leur présenta Historia, qui les fit instantanément fondre. Même Mikasa se départit de son impassibilité habituelle.
Bien vite, Eren fit ce pourquoi il était venu : demander à Armin s'il pouvait lui emprunter son vélo ce midi. Il lui expliqua s'être réveillé un peu tard ce matin et avoir oublié ses affaires de sport.
- Même en vélo, ça fait quand même loin, commenta Mikasa.
- Ouais, mais c'est toujours mieux qu'à pieds. Je risque de me faire virer de cours, si j'ai pas mes affaires, il faut vraiment que je les récupère.
Armin hocha la tête, compréhensif et sortit des clés de son sac, qu'il donna à Eren.
- Il est au même endroit que d'habitude, tu n'auras qu'à enlever l'antivol.
Eren le remercia et Armin se mit à questionner Historia pour apprendre à la connaître. Mikasa, elle, parla de choses et d'autres, avec Eren. Leurs sacs étant tous à terre à côté du ban, ils discutaient tranquillement debout tous les quatre, permettant ainsi à leurs jambes de se dégourdir. Et Eren eut un fort frisson lorsqu'il sentit une main se poser en bas de son dos. Il n'eut même pas le temps de réagir qu'on le retourna de force et que des lèvres s'écrasèrent sur les siennes. Le contact lui procura aussitôt un sentiment de dégoût et sa lèvre, dont la plaie avait commencé à cicatriser, lui fit un peu mal. Le corps entier d'Eren fut traversé par plusieurs vagues de sensations désagréables qui lui donnèrent aussitôt la nausée. Il voulait que ça s'arrête. Que Jean le lâche car il n'y avait que Jean pour l'embrasser comme ça, et ce n'était pas un compliment. Il n'y avait que lui, pour le traiter comme un objet et assouvir ses désirs lorsqu'il en avait envie.
Enfin, Jean lui permit de rompre le contact, laissant un Eren un peu pantelant, qui ne réalisait même pas que son « petit-ami » l'avait embrassé devant ses amis, choses qu'il ne faisait que rarement durant leur ancienne relation. Et c'était mauvais signe. La première chose qu'Eren remarqua après avoir repris ses esprits, c'était l'absence de surprise sur les visages de ses deux meilleurs amis. Ça, ce n'était pas normal. Ils devraient être au moins étonnés, n'étant pas au courant qu'Eren et Jean étaient à nouveau… « Ensemble ». S'était-il passé quelque chose ?
L'expression d'Historia, elle, était indéchiffrable. Le seul élément notable était le fait qu'elle avait perdu son sourire.
- T'es trop mignon, susurra Jean, assez fort pour que tout le monde entende.
Eren était incapable de répondre, cependant, il se força à sourire quand il vit le regard de son ex. De la colère, une ombre menaçante. Il devait faire semblant, il n'avait pas le choix. Difficile quand il avait l'impression que la main de Jean, en bas de son dos, au creux de ses reins, le brûlait de manière étrange. De l'intérieur.
Par chance, la fin de la récréation arriva rapidement, libérant momentanément. Dès lors que la sonnerie retentit, Eren se permit de s'écarter de l'étreinte de Jean, lui disant qu'il devait vite passer aux toilettes avant de ne plus le pouvoir. Le châtain ne fit aucun commentaire et s'en alla, non sans un regard qui donna l'impression à Eren d'être un avertissement. Heureusement, par habitude, le lycéen aux yeux verts reprit vite contenance, remercia Armin pour le vélo et dit au revoir à Mikasa. Il ne fit pas attention à Historia lorsqu'il prit son sac et qu'il marcha d'un pas rapide en direction des toilettes, la nausée montant petit à petit. Pour être honnête, il l'avait oubliée, trop perturbé. Il ne pensait qu'à cette sensation de malaise et de mal-être qui augmentait à chaque seconde, ses tripes qui semblaient se tortiller dans tous les sens et son estomac qui avait l'air en complètement en vrac. À peine eut-il passé la porte menant aux toilettes pour garçons, vides à cette heure-ci, qu'il laissa tomber son sac par terre et qu'il s'enferma dans la cabine la plus proche avec un empressement non dissimulé. Aussitôt, il s'accroupit devant la cuvette et rendit le peu de nourriture et d'eau qu'il avait dans le ventre. La brûlure, qui partait du bas de son dos, remonta, passa par son ventre, sa trachée, sa bouche. Et même s'il était seul, Eren la ressentait comme si Jean avait encore sa main posée sur lui.
Après quelques secondes, Eren se releva péniblement et partit se laver la bouche aussi vite que possible. Les mains durement posées sur le rebord du lavabo, il se regarda dans le miroir face à lui. Son reflet était pathétique. Il n'arrivait pas à croire que Jean se soit montré entreprenant si vite devant ses amis, qui n'avaient même pas l'air étonnés. Eren espérait que le châtain ne leur avait pas dit quoi que ce soit et surtout, que Mikasa et Armin ne l'aient pas cru, quoi qu'il ait pu dire. Il avait besoin d'eux et il était hors de question qu'il les perde.
Eren dut se mentaliser pour arrêter de trembler, son corps étant victime de soubresauts depuis qu'il avait rendu tout ce qu'il avait dans le ventre. Son regard s'arrêta sur sa bouche. Jean l'avait embrassé, tel un sauvage en rut. Pris d'une pulsion soudaine, Eren fit couler l'eau du robinet et se rinça la bouche une nouvelle fois, frottant ses lèvres comme pour enlever une saleté invisible, une souillure difficile à faire partir. Il y était allé si fort qu'il avait eu de la chance que la croûte de sa plaie à la lèvre inférieure ne cède pas.
Il devait retourner en cours et il le savait. Qu'il était difficile d'avoir de la volonté lorsque l'on se faisait briser petit à petit. La mort dans l'âme, il se résigna, prit son sac et sortit de l'espace privé réservé aux garçons. S'attendant à ne croiser personne qu'il connaissait à cet endroit précis, Eren ne prit pas la peine d'arborer un masque, impassible ou simplement insouciant. Cependant, il aurait dû. À aucun moment Eren n'aurait cru tomber sur Historia, qui se trouvait en face de l'entrée des toilettes pour garçons, qui se trouvaient séparés de ceux des filles par une simple cloison. Le regard de la blonde était toujours aussi indéchiffrable. Eren ne cacha pas sa surprise, ses yeux étaient très expressifs.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Bredouilla-t-il d'une voix rauque et peu assurée.
Les bras croisés sur sa poitrine, Historia lui répondit d'un ton sérieux :
- Je t'attendais.
