Disclaimer : Si j'étais l'auteur de Game of Thrones, tous les Stark auraient survécus et les enfants aussi!
Résumé : Maintenant loin du Nord, Lyarra Stark doit désormais composer avec les intrigues de la cour et les menaces qui entourent ses proches. Sera-t-elle capable de préserver ceux qu'elle aime? [La Louve du Nord tome 2]
Note de l'auteur : Je dois remercier Marina Ka-Fai qui m'a grandement inspiré pour la fin de ce chapitre. J'ajoute que je ne connais rien à la médecine d'antan, alors, indulgence si vous trouvez que c'est illogique par endroit. Je la remercie aussi pour sa correction, pour sa relecture ainsi que pour m'avoir inspiré une scène qui suit dans ce chapitre : vous trouverez la version de Marina dans sa fic Alea Jacta Est publiée en tant qu'autrice du Comptoir des Auteurs. Merci aussi à vous pour vos retours sur le tome 1 ainsi que pour votre patience!
Une Louve à Port-Réal
Chapitre 1 : Altercation
Ma cheville avait mis deux semaines à guérir. Deux semaines pendant lesquelles j'avais dû rester assise dans un carrosse pour parler avec Sansa de sa future vie de reine de Westeros. Un sujet de conversation que je trouvais des plus insipides mais dans lequel je m'employais à la conseiller quand elle avait des questions. Toutefois, le pire n'était pas de parler de sa vie de souveraine, c'était quand, toute excitée, elle me questionnait sur mon futur mariage. Sansa n'était pas méchante, pas du tout, mais d'une innocence de jeune fille. Elle rêvait de partir du Nord alors que moi non. Et c'était un fait qu'elle ne semblait pas avoir compris. Parler de mon futur mari m'était douloureux. Je ne pouvais pas comme elle m'extasier sur le fait que nous allions être toutes deux bientôt des princesses. Heureusement, ma nouvelle meilleure amie, la reine Cersei me sauvait parfois de cet ennui quand elle invitait ma sœur à parcourir une partie de chemin entre deux arrêts dans sa cabine, me laissant seule dans la nôtre. Là, je me plongeais dans mes livres remplis de connaissance. Mes lectures depuis plus de deux ans étaient sur la médecine. Certains étaient même des cadeaux de Mestre Luwin. Dans très peu de temps selon lui, j'aurais pu forger mon anneau de médecine. Mon mentor en la matière allait me manquer. J'aurais pu être plus utile dans l'accident de Bran si je n'avais pas été blessée et si je n'avais pas perdu la tête. Donc, au bout de ces deux semaines de captivité, je pris la fuite du carrosse et je bondis sur un cheval pour continuer la route jusqu'à Port-Réal. Voir la reine me foudroyer du regard alors que je portais des pantalons au lieu d'une robe me fit chaud au cœur. Décidément, je faisais toujours ce qu'il fallait pour offusquer Sa Majesté. Du moins l'épouse, l'autre majesté posait constamment un regard lubrique sur moi, ce qui me mettait très mal à l'aise. Inutile de dire que je prenais soin de chevaucher loin de lui. Le soir, toute courbaturée, je me couchais après avoir parcouru quelques pages de mon livre et la journée recommençait le lendemain. Chevaucher dans la délégation le jour et lecture le soir. Ces activités m'empêchaient de réfléchir à notre situation. Enfin, jusqu'à cet incident qui survint à mi-parcours. Et qui me fit entrevoir dans quel enfer nous nous dirigions. Ce matin là, on avait parcouru les grands espaces du Conflans traversés de rivières. C'était la couronne d'où était originaire Mère et j'étais curieuse de voir l'endroit qui l'avait vue naître malgré toute la rancœur que je nourrissais encore envers elle. Vers midi, on s'arrêta dans une auberge pour manger un morceau. Pour ma part, je pris un morceau de pain, du fromage et quelques fruits avant de m'éloigner du groupe pour aller m'asseoir au pied d'un arbre près de l'eau pour avaler le tout et sortir mon livre de mon sac. Les doux rayons du soleil sur mon visage étaient très agréables. Il ne faisait pas aussi chaud dans le Nord. Un changement plaisant à vivre. Très très plaisant... Sur ces pensées, je m'endormis. Des coups à répétition me tirèrent de mon sommeil en sursaut. J'avais fait un drôle de rêve, je me voyais parcourir Winterfell à quatre pattes. Bizarre, vraiment bizarre. Je secouai la tête mes cheveux s'étant défaits dans mon sommeil, retombant sur mes épaules. Qu'est-ce que c'était ce bruit de combat? Je me levai et contournai l'arbre. J'aperçus Arya et Mycah, le fils du boucher, qui échangeaient des coups de bâton. Je souris, amusée, avant de retourner à ma place et repris ma lecture. Arya n'avait pas besoin que je vienne la déranger dans cette clairière avec son ami à apprendre à combattre. J'étais si plongée dans ce que je lisais que je mis un moment à comprendre que quelque chose de bizarre se passait de l'autre côté. Je reposai mon livre et je rejoignis la clairière. Stupéfaite, je vis Mycah qui prenait la fuite, du sang sur le visage, Joffrey et Arya qui se disputaient avec Sansa qui se tordait les mains en les suppliant d'arrêter.
-Arrêtez, arrêtez ! S'écriait-elle.
Je m'apprêtai à m'interposer quand la louve d'Arya sauta et mordit le prince, le jetant au sol.
-Arrêtez-le, arrêtez-le ! S'époumona l'insupportable gamin.
-Arya, retiens ta louve! M'exclamai-je en me précipitant dans la clairière.
-Nymeria, arrête. Commanda ma petite sœur sans trop de conviction.
Heureusement, l'animal obéit et après une hésitation, la maîtresse et la bête décidèrent de partir Je rappelai Arya mais elle ne m'entendit pas. Je pestai intérieurement contre elle. Elle allait m'entendre parler à son retour. Je l'aurais bien poursuivie mais il y avait plus urgent à faire.
-Sansa, va chercher des renforts. Commandai-je d'un ton qui n'entendait pas à rire.
Heureusement pour moi, mon autre sœur était beaucoup plus obéissante. Elle tourna les talons et se précipita vers le campement. Pour ma part, je rejoignis Joffrey qui gémissait en se serrant le poignet.
-Debout. Il faut vous soigner. Dis-je en le tirant sur ses pieds par son bras valide.
-Ne me touchez pas ! Fichez-moi la paix ! S'insurgea le prince qui était rouge, sans doute rouge d'humiliation.
-Holà, cela suffit les caprices! Taisez-vous si ce n'est que pour dire des bêtises ! Répliquai-je aussi sec.
Assez véhémente pour qu'il rentre la tête dans les épaules. Aurais-je réussi à le dresser, le gosse pourri gâté? À méditer pour plus tard. J'obligeai le prince à m'attendre sur le bord de la rivière et allai chercher en vitesse mon sac avec ma gourde que j'avais laissée au pied de l'arbre ou je m'étais assoupie. À mon retour, livide, il m'attendait, assis sur le sol. Incroyable mais vrai, il m'avait écoutée! Je pris son bras et vidai le contenu de ma gourde sur ses blessures. Voyant que le sang coulait quand même beaucoup, je pris dans ma poche le lien de cuir qui me servait à attacher mes cheveux et en fis un garrot. Des plantes récoltées plus tard, je concoctai un cataplasme que je mis sur sa plaie en l'enroulant dans un morceau d'étoffe que je nouai avec fermeté.
-J'ai fais ce que j'ai pu selon mes connaissances. Le mestre fera sans doute mieux. Lui dis-je d'un ton neutre.
Sur ces entrefaites, les soldats arrivèrent en courant l'épée au poing.
-Votre Altesse, vous allez bien? Demanda l'un d'eux.
Joffrey l'écrasa de son mépris comme d'habitude et avant de s'éloigner avec eux, il se tourna vers moi et me jeta un drôle de regard. Aucun mot ne franchit ses lèvres mais je crois qu'il me remerciait de l'avoir soigné. Une fois qu'il eut disparu, je récupérai mes affaires et rejoignis les tentes des Stark. Je devais interroger Sansa et, si elle était là, Arya, sur ce qui s'était produit. Par tous les dieux, ça augurait mal toute cette histoire! Le prince avait été agressé. Il était blessé et je devinais que les choses n'en resteraient pas là... Je retrouvai Sansa bien dans notre campement temporaire et la pris en otage à l'écart.
-Lyarra, comment va Joffrey? Comment va le prince? Me demanda-t-elle implorante.
-J'ai soigné du mieux que je pouvais sa blessure. Mais là, j'ai besoin de savoir ce qui s'est passé avant que je n'arrive. Comment ça pu tourner au point que Nymeria attaque le prince? Que le fils du boucher fuit avec du sang sur le visage? Qu'Arya donne des coups de bâton? Sansa, je n'y comprends rien.
-Tout cela, c'est la faute d'Arya. Elle...
-Sansa Stark ! Je ne demande pas des accusations mais une explication, là et tout de suite ! Intimai-je d'un ton dur à ma petite sœur énervée.
Je grimaçai intérieurement. J'avais dû ressembler à Mère là.
-Eh bien, ça a commencé par Joffrey qui m'a invitée en promenade le long de la rivière. Il avait apporté du vin pour en boire. Il m'en a aussi offert. J'en ai bu mais pas beaucoup, je te le jure. D'un signe de tête je lui ai intimé de continuer. On a été interpellés par des bruits de combat et on est arrivés dans la clairière. Le fils du boucher et Arya se battaient. Joffrey est descendu et a demandé au garçon de prendre son bâton et de le combattre au lieu de s'attaquer à Arya. Arya s'est interposée et l'a frappé tandis que l'autre partait en courant. Tu es arrivée au même moment et quand Joffrey a essayé de se retourner contre Arya, sa louve s'est jetée sur lui.
-Je vois. J'espère que cela ne va pas nous attirer des ennuis. Tu n'as pas revu Arya depuis?
Sansa secoua la tête et inquiète, je décidai de partir à sa recherche en recommandant à ma cadette d'attendre au campement. Après quelques heures, je revins bredouille et Lord Stark était mécontent que je me sois éclipsée. Il m'envoya dans notre tente mais il me rassura sur le fait qu'Arya avait été retrouvée. Quelque temps après, ils furent demandés auprès du couple royal en raison de l'incident. Arya allait sans doute devoir s'expliquer. Sansa et moi restâmes avec les soldats Stark à fixer notre repas sans trop d'appétit. Toutefois, à peine dix minutes après, un messager vint nous chercher. nous étions demandées par le roi et par la reine. Ça n'augurait rien de bon.
-Essaye de ne rien dire qui pourrait nuire à quelqu'un. Soufflai-je à Sansa me souvenant de la réprimande cinglante de Lady Stark.
Elle hocha la tête et nous entrâmes dans la pièce où attendaient Cersei Lannister et Robert Baratheon. Tandis que Sansa avançait vers eux, moi je préférais rester dans l'ombre. Plus loin je me tenais loin de ces deux-là, mieux je me sentais. Je me mordis la lèvre inférieure en voyant ma soeur désemparée dire qu'elle avait tout oublié. Qu'elle ne savait pas ce qu'il s'était passé. Que c'était maladroit tout ça!
-Allons donc Ned, mon fils dit que ta fille l'a agressé, elle dit que c'est mon fils et la troisième ne sait plus ce qu'il s'est passé ! Qui dois-je croire à la fin? S'exaspéra le roi
-Majesté, il reste Lyarra qui ne s'est pas encore prononcée sur les événements de cet après-midi.
Mince, c'était moi, l'une des pires gaffeuses de Winterfell, qui allais devoir redresser tous les torts? Ça promettait. Je sortis de l'ombre pour rassembler mon courage et surtout des idées. Je repassai rapidement ce que m'avait dit Sansa et les observations que j'avais faites.
-Avance mon enfant et parle à ton roi. Dis la vérité, car il est criminel de lui mentir. Commanda l'homme corpulent.
Je frissonnai une nouvelle fois en le voyant me déshabiller des yeux. Décidément, je ne pouvais pas supporter la manière qu'avait le meilleur ami de Père de me regarder.
-Votre Majesté, vous me voyez peinée que votre retour vers la capitale soit entaché de tels événements. Commençai-je pour gagner du temps et décrivant une révérence à son égard et celui de sa femme qui me fusilla du regard.
-Pas de simagrées Lyanna, parlez. Me répondit-il de mauvaise humeur.
Je n'eus aucun besoin de jeter un coup d'œil dans toute la pièce pour voir que je n'étais pas la seule à mettre raidie.
-Eh bien, Votre Majesté, je dirais ceci: tout ce qu'il s'est passé est le fruit d'un malheureux concours de circonstances. Voyez-vous, quand votre fils fut en plaisante compagnie, en promenade le long de la rivière, il entendit des échanges de bâton. Ma sœur Sansa et lui-même sont allés voir ce qu'il se passait. C'était Arya qui combattait avec son ami Mycah. Dans un élan de chevalerie, le prince a cru bien faire et est intervenu pour protéger la sœur de sa fiancée qu'il croyait en danger. Les esprits se sont échauffés en plus de l'incompréhension et des coups à gauche et à droite ont été échangés. Expliquai-je en omettant que le prince avait sans doute voulu humilier le fils du boucher, qu'en plus d'avoir bu de l'alcool, ce dernier ne devait pas avoir beaucoup de cervelle.
La triste vérité, c'était qu'il avait voulu jouer le paon devant Sansa. Sauf qu'évidemment, malgré mon envie de dire cela devant tout le monde, je ne le pouvais pas.
-Comment expliques-tu que le prince affirme que vous l'auriez agressé? Soutiens-tu qu'il a menti? demanda Robert Baratheon.
Je soutiendrais plutôt qu'il n'avait pas supporté d'être humilié Pensai-je mais je ravalai aussi mes paroles.
-Non Votre Majesté. Pour le preux chevalier, la dame à qui il vient en aide se retournant contre lui peut s'apparenter à une agression, ce qui n'est pas le cas.
-Et quid du loup? Demanda Cersei d'une voix cassante. Un problème de communication peut-être?
-Non ma reine. Mais un chien qui voit son maître en danger va attaquer. C'est une réaction animale des plus normales. J'en conviens que votre fils a été la malheureuse victime de tout cela et je le déplore. Est-ce que sa blessure a bien été traitée par le mestre? Demandai-je faussement soucieuse.
-Oui. Et ton travail était impeccable. Soutint Robert qui me fit un sourire fier. Bon, tout ceci n'est qu'un jeu d'enfant qui a mal tourné. On va en rester là.
-Mais la bête a attaqué ton fils! Ne vas-tu rien faire? S'opposa la lionne véhémente.
-Madame, nous n'avons trouvé aucune trace de ce loup. Admit un des soldat Lannister.
-Soit, nous en avons un autre. Ser Payne...
-Si tu insistes. Grommela son mari peu concerné par l'affaire.
-Non, pas Lady ! Protesta Sansa qui eut aussitôt les yeux remplis de larmes.
-Lady n'était même pas là ! S'écria Arya.
Un concert de cris, de récriminations, éclata dans la pièce pour défendre la louve ou pour demander sa mise à mort. Pour ma part, je restai silencieuse. Je cherchai une solution pour sauver la louve de Sansa. L'angoisse m'empêchait de parler. Je regardais tout le monde avec espoir mais sans trop de résultat. Seul le prince, étonnamment ne supporta pas mon regard et baissa les yeux. Je ne pourrais pas compter sur lui. Alors, je fis ce que je m'étais toujours refusée à faire depuis que le roi me confondait avec ma tante : j'usai de cet atout pour en tirer avantage.
-Robert! Votre Majesté, je vous en supplie ! Clamai-je avant qu'il ne sorte.
Je me mis à genou et soutins son regard lorsqu'il me regarda avec insistance.
-La reine a raison de craindre une attaque...
-Je le conçois mais tuer une bête innocente est contraire à la grandeur de votre miséricorde. Ma sœur Lyanna, tout comme moi, vous aurait supplié de l'épargner. Je... J'ai laissé ma louve à Winterfell. Peut-être qu'en échange de sa vie, Sansa pourrait consentir à ce qu'elle reparte au Nord au lieu de la suivre à Port-Réal. S'il vous plaît.
Le roi resta silencieux un moment. Réfléchissait-il à ma proposition ou à ce que Lyanna Stark aurait fait dans de pareilles circonstances? Je n'en avais aucune idée. J'espérais réussir à le convaincre. Le silence était revenu dans la salle et tous nous attendions le verdict du cerf couronné avec impatience.
-Soit. Qu'on raccompagne la bête à Winterfell. Ordonna-t-il.
-Robert... Commença sa femme mais il l'interrompit, agacé.
-J'ai parlé. Ceci est ma décision.
Sur ce, il sortit, ses soldats le suivant. La reine me fusilla du regard et se retira à son tour. J'allais suivre mon père, mais une main fraîche se posa sur mon bras. Une main qui me retint. Je me retournai et plongeai mes yeux dans ceux émeraude du prince. Son contact me mit aussitôt mal à l'aise.
-Votre Altesse? Demandai-je hésitante.
-Lady Lyarra, je voulais juste vous dire... Merci. Fit Joffrey qui se tint le dos droit et le menton relevé dans une attitude quelque peu hautaine.
-Sachez que je ne l'ai pas fait pour vous mais pour ma famille. Dis-je simplement.
Il opina du chef et retira sa main pour me laisser repartir. Décidément, les choses s'annonçaient des plus étranges pour l'avenir. Et ma position, eh bien, je ne savais pas trop ce qu'elle serait. La reine me détestait, le roi me dévorait du regard, la princesse m'aimait bien et le prince héritier... Je n'en avais aucune idée. La seule chose dont j'étais absolument certaine, c'était que les Stark allaient devoir se serrer les coudes. Dans le Nord on contrôlait peut-être tout mais dans la capitale, on serait à la merci des Baratheon et des Lannister. La prudence et la diplomatie étaient de mise. Finis les emportement... Je devrai faire attention.
Extrêmement attention.
