Disclaimer : Si j'étais l'auteur de Game of Thrones, tous les Stark auraient survécus et les enfants aussi!
Résumé : Maintenant loin du Nord, Lyarra Stark doit désormais composer avec les intrigues de la cour et les menaces qui entourent ses proches. Sera-t-elle capable de préserver ceux qu'elle aime? [La Louve du Nord tome 2]
Note de l'auteur : Merci à ma beta, Marina Ka-Fai, pour sa relecture et sa correction.
Une Louve à Port-Réal
Chapitre 2 : Correspondance à Port-Réal
Ce fut la chaleur qui me tira du sommeil. Une chaleur accablante et étouffante. Par les dieux de la forêt, qu'il faisait chaud à la capitale! Ça allait être quoi à Dorne? D'un geste indolent, je repoussai mes mèches qui me collaient à la peau à cause de ma transpiration. J'eus une grimace de dégoût. Tout cela n'était pas très saillant pour une futur lady. Je ne devais pas sentir la rose. Non pas que mon odeur due à ma sueur allait altérer les fragrances nauséabondes de la ville. Port-Réal puait, ça n'avait aucun sens. Est-ce que les sudistes avaient déjà entendu parler de la notion de propreté? Ou est-ce que le froid du Nord endormait les mauvaises odeurs? Une chose était certaine, je n'étais pas sûre que j'allais un jour m'habituer à cet état de fait. Même les quartiers me semblaient bien crasseux, sauf pour le donjon Rouge. Est-ce que les seigneurs ici étaient plus préoccupés à se battre en eux qu'à entretenir les immeubles et infrastructures de leur propre cité? Je souhaitais bien bonne chance à Sansa quand elle allait un jour devenir la reine. Elle aurait du pain sur la planche pour remédier à la situation. J'espérais que Lancehélion était un peu mieux sinon, j'allais certainement devenir folle. Enfin, si je n'étais pas morte à cause de la chaleur avant ! Quelques jours déjà qu'on était arrivés et je ne m'étais toujours pas bien acclimatée. Le Conflans me manquait... Dans un soupir, je me levai, abandonnant la fine étoffe qui m'avait servie de couverture et sonnai pour faire venir une domestique. Je le faisais à chaque matin. C'était l'heure de prendre un bain et de me nettoyer pour être un peu plus fraîche pour la journée. Une fois sortie de mon bain, je revêtis une robe bleu pâle et nattai ma chevelure de jais. Qu'allais-je faire aujourd'hui? Je l'ignorais. Père allait sans doute passer la journée avec le conseil restreint, Arya à partir en exploration tandis que Sansa soupirait sur son beau prince en faisant de la broderie... Rien de très divertissant. Quoi que... Tyrion ne m'avait pas parlé de la bibliothèque du château? Je pourrais sans doute y faire un tour. J'étais triste qu'il avait décidé de continuer vers le nord au lieu de revenir dans le sud. Sa compagnie me manquait ainsi que ses réflexions des plus colorées. Néanmoins, je devais faire mauvaise fortune bon cœur. Je sortis de la chambre qu'on m'avait attribuée dans la tour de la Main du roi et descendis les escaliers pour rejoindre la salle à manger. Je ne fus pas surprise d'y voir Père attablé avec quelques documents, lui et moi étions souvent les premiers levés de la maisonnée. Ce dernier reposa le verre qu'il tenait et me fit un léger sourire.
-Bon matin, Lyarra. me salua-t-il.
-Bon matin, Père.
Je m'approchai et pris place devant lui. Une servante me servit du jus de fruit avec du pain et du fromage. Je la remerciai et entrepris de manger.
-Je suis heureux de te voir déjà debout. Je tenais à te parler seul à seul.
Je me tendis. Est-ce que j'avais encore commis un impair? J'essayais pourtant de juguler mon mauvais caractère depuis l'épisode entre Arya et Joffrey. Parfois, je n'arrivais pas à me retenir de dire franchement ce que je pensais mais j'essayais vraiment de contrôler ma langue. On ne se refaisait pas en une poignée de jours. Mon père sembla deviner que je me questionnais car il me rassura aussitôt.
-Non, rien de grave. Toutefois, j'ai eu des nouvelles.
-Des nouvelles du Nord? demandai-je pleine d'espoir.
Est-ce que Bran m'avait écrit? Je lui avais écrit une longue lettre dès notre arrive mais je doutais qu'il l'avait déjà lue et qu'il y avait répondu.
-Non, pas de Winterfell. Cela va prendre un peu de temps. J'ai reçu des nouvelles de Dorne. fit-il prudemment.
Je suppose qu'il redoutait que j'explose de colère comme je l'avais fait dans son bureau. Pas d'inquiétude à se faire, en un mois de voyage, j'avais finalement intégré la nouvelle et m'étais résignée à mon sort. Ce qui ne m'empêcha pas de me raidir sur ma chaise.
-Oh... Le prince Doran Martell a répondu à votre offre d'alliance, je suppose?
Je n'avais pas trop de risque de me tromper si Père voulait me parler d'une correspondance avec Dorne... À moins que Lancehélion ne déclarait la guerre avec Winterfell pour x raison? Oh, ça aurait ses avantages... Je pourrais retourner dans le Nord et...
-Oui, il a accepté. dit Lord Stark, brisant mes illusions futiles.
Okay, je ne m'attendais pas à un refus, mais... J'avais le droit de rêver à l'impensable non?
-Je vois. Je suis donc fiancée à Trystane Martell. A-t-il émis des conditions? Il y a souvent des négociations entre deux maisons si je me rappelle des cours de Septa Mordane et de Mestre Luwin.
-En effet. Il a été plus qu'enchanté de recevoir pour son fils Moat Caillin. Il nous a fait parvenir un présent. Un peu particulier.
-Lequel?
-Son frère.
-Quoi? Son frère?
-En effet. Doran Martell tient à ce que tu reçoives une éducation dornienne. Alors, le prince Oberyn va venir à Port-Réal.
-Mais... mais... balbutiai-je sidérée.
Un regard sévère de mon père me réduisit au silence. Bien inutilement, je devais l'admettre. J'étais trop estomaquée pour être capable d'aligner deux mots cohérents ensemble. Moi, j'allais être éduquée par la Vipère Rouge?! Par toutes les divinités, j'espérais que cela ne comprenait pas une éducation dans la chambre à coucher ! La réputation du prince était célèbre à travers tout Westeros. On avait perdu le nombre de ses conquêtes. N'avait-il pas plus de neuf filles bâtardes justement?
-Il a précisé le genre de cours qu'il souhaitait que je suive? couinai-je d'une voix suraiguë.
-Non pas spécifiquement. répondit mon père qui me jeta un drôle de regard.
Ça y était, j'allais m'évanouir. Tout ce qui m'arrivait était de ma faute. J'aurais dû être une fille sage, entrée chez les sœurs du silence, accepté d'épouser un seigneur du Nord, n'importe quoi plutôt que de me retrouver ici au bord de la crise de panique. J'avais une petite chance. Je pourrais peut-être fuir? Je n'étais qu'une fille sans importance. non? Pas une princesse... Eh merde, si, j'allais en être une! On ne me laisserait sûrement pas me défiler aussi facilement.
-Et... Et... Et... Est-ce qu'il est arrivé? demandai-je désespérée.
-Non, il va arriver dans quelques semaines. Le prince est à Essos pour le moment...
Ouf ! Merci la Mère, merci le Père, merci à qui de droit ! J'avais un sursis.
-Il ne sera donc pas là pour le tournoi que le roi organise en votre honneur? demandai-je avec un immense soulagement.
Mon père retint une grimace. Visiblement, il détestait cette idée de tournoi. J'avais entendu dire qu'il s'y était fermement opposé pendant la première rencontre du conseil restreint mais en vain. Le roi n'en avait pas démordu et on préparait les festivités. Je devais avouer que j'étais un peu curieuse de voir cela. Il n'y avait pas de tournois dans le Nord. Je n'en avais jamais vus. De quoi ça pouvait bien ressembler?
-Non, il ne sera pas là. confirma mon vis-à-vis.
-Cela est bien dommage. mentis-je. Il parait qu'un Dornien est un formidable combattant. ajoutai-je, cette fois sincère.
-Ils sont parmi les meilleurs, en effet. me dit père en se levant. Je vais devoir y aller Lyarra. J'allais oublier, les Martell ont envoyé avec la lettre du prince Doran un ouvrage pour toi et une lettre écrite par ton fiancé.
Il désigna une petite commode le long d'un mur. J'y aperçus le livre et le rouleau de parchemin qui reposait par-dessus.
- Ça serait bien que tu entretiennes aussi une correspondance avec Trystane Martell. Pas seulement avec tes frères. me recommanda mon père.
-Je n'y manquerai pas. Je vous le promets.
Je me demandais surtout ce que pouvait m'écrire mon fiancé. Il avait 10 ans, le même âge que Bran. Je ne savais pas trop ce qu'on pourrait se dire pour le moment. Le livre m'intéressait bien plus.
-J'ignorais qu'ils savaient que j'aimais lire. m'étonnai-je en me levant pour me rapprocher de la commode.
-Je leur ai dit, voyons. Il fallait bien que je parle un peu de toi au prince Doran. De plus, ce n'est un secret pour personne que ma fille est une amoureuse des livres avec les présents que tu as reçus au fil des années des quatre coins de Westeros et dont Mestre Luwin a fait la demande pour toi.
Je clignai des yeux, émue. Mestre Luwin m'avait effectivement beaucoup enseigné sur son savoir. Mais j'ignorais qu'il avait écrit au quatre coins des Sept Couronnes pour obtenir des ouvrages et poursuivre ses enseignements. Lui aussi, je devais lui écrire et maintenir une correspondance. Eh bien, moi qui ne savais pas ce que j'allais faire en me levant, il semblait que je passerais mes journées à rédiger des lettres à plusieurs personnes.
-Je ne suis pas certaine de vouloir savoir ce que vous avez écrit à mon égard, Père, étant donné notre conflit avant notre départ mais merci pour leur avoir dit que j'aimais les livres. Cela me touche.
Père hocha tout simplement la tête et sortit du salle à manger. Pour ma part, je pris le rouleau de parchemin, le livre et les ramenai à ma place. Je terminai de manger avant de m'attaquer au courrier. Je voulais être entièrement concentrée pour lire la missive et pour parcourir les pages. Mon envie de lire étant la plus forte, j'ouvris la lettre que le prince Trystane m'avait écrit et entrepris de la parcourir avec attention.
Chère Lady Lyarra Stark
Je me présente, je suis Trystane Martell, fils de Doran, prince de Dorne. Mon père m'a annoncé mes fiançailles avec votre personne aujourd'hui même. Je dois admettre que de l'être avec une personne plus âgée que moi et avec beaucoup plus d'expérience m'a un peu inquiété. Cependant, votre réputation est parvenue jusqu'ici aux Jardins Aquatiques. Nous avons beaucoup entendu parler de la Rose du Nord, de ses grandes connaissances et de son dévouement pour sa famille. Aussi, vous me voyez ravi que nos deux familles s'allient ainsi. Nous avons une grande opinion du Nord qui, certes très différent de Dorne, met la famille au centre de ses préoccupations. Par cette lettre, j'espère que vous accepterez de m'écrire à l'avenir afin que l'on puisse apprendre à se connaître et à échanger nos points de vus sur divers plan. Cordialement,
Votre fiancé, Trystane Martell, prince héritier de Dorne.
Je souris en parcourant ces lignes. Le jeune Martell était un peu maladroit dans ses propos mais je n'y en tins pas rigueur. Je doute que j'aurais fait mieux à sa place. Visiblement, il tenait une grande fierté de sa position d'héritier, l'ayant mentionnée plus d'une fois, il semblait aussi quelque peu inquiet et souhaitait sans doute que l'on ait plusieurs points en commun pour une belle relation entre lui et moi dans le futur. Peut-être pas le grand amour, mais une belle relation... Quoi que... Les Dorniens étaient réputés pour privilégier l'amour au devoir non? Peut-être pas en tant que mariage, mais c'était très important. Alors, le jeune Trystane ne voulait sûrement pas d'un mariage malheureux. Et moi non plus. Ni pour moi, ni pour lui. Je remis la lettre sur la table et allai chercher de quoi écrire dans la commode. Tant qu'à avoir ces mots fraîchement en tête, autant lui répondre. Après avoir mis la main sur une plume, du parchemin et un encrier, je m'installai de nouveau à la table et réfléchis à comment écrire mon message. On avait sept ans de différence d'âge. C'était quand même assez grand. Je ne me voyais pas lui parler de choses très personnelles pour le moment. Mais je devais écrire quelque chose. Il avait fait les premiers pas, enfin, si on excluait nos tuteurs respectifs, c'était maintenant à moi de lui écrire. Avec encore un peu d'hésitation, je trempai ma plume dans l'encre et me mis à écrire.
Cher Trystane,
J'espère que la nouvelle de nos fiançailles ne fut pas un trop grand choc pour vous comme il l'a été pour moi. Être promise à une personne que je ne connais pas n'est pas plus facile. N'ayez crainte, je comprendrai si vous avez des questionnements, des doutes sur l'union de nos deux familles. Je n'ai personnellement rien contre la famille Martell ou contre Dorne mais je dois admettre que cela va sans doute être un grand changement pour moi de quitter le nord pour le sud. Un mois de voyage à travers Westeros où j'ai quitté Winterfell pour Port-Réal, pour commencer à m'habituer à d'autres horizons. La chaleur notamment qui saura certainement un grand défi à relever. À la capitale, il y fait une de ses chaleurs comparée à chez moi que je me demande comment vous faites. Alors vous m'imaginez à Lancehélion? Ne vous méprenez pas, je suis impatiente de voir ces paysages de sable. La curiosité à été toujours un de mes plus grands défauts ainsi que mon franc-parler. J'essaye de corriger mon caractère mais hélas! Les mauvaises habitudes ont la vie dure. On vous a bien renseigné, j'aime m'instruire, cela étant dû à ma curiosité. Par ce fait, je tiens à vous remercier des plus chaleureusement pour le cadeau que votre famille m'a fait parvenir. Venant tout juste de le recevoir, je n'ai pas encore eu le temps de le parcourir. Je tenais à vous écrire avant. Je serais enchantée d'échanger avec vous dans les semaines et mois à venir. De plus, votre oncle devant venir me rejoindre dans quelque temps, je pourrai en apprendre plus de sa part sur votre estimable famille et sur vous-même. En attendant de vos nouvelles, très sincèrement vôtre,
Votre fiancée, Lyarra la Rose du Nord.
D'accord, je n'avais pas pu résister à ajouter cette appellation de Rose du Nord. De la vanité? Peut-être. Mais c'était plutôt flatteur comment il m'avait surnommée. Je relus ce que je lui avais écrit, m'étonnant un peu d'en avoir autant dit sur mon ressenti sur ce que je vivais depuis notre départ. Mais après tout, il allait devenir ma moitié non? Autant être totalement honnête l'un envers l'autre. Je ne devais pas oublier que je m'adressais à un jeune garçon. Donc, pas question de lui dire que je craignais que son oncle m'enseigne les habitudes sexuelles de Dorne. J'étais ouverte d'esprit mais je tenais à ma pudeur. Intacte j'étais, intacte je resterais jusqu'au jour de mon mariage. Dans un sens, leur devise me convenait bien : Insoumise, Invaincue, Intacte. Je n'étais pas prête à dire que mon père et ma mère avait bien fait de me forcer de me marier mais d'un autre côté, jusqu'à présent, je n'avais rien à redire sur mon choix de fiancé. En plus, j'avais entendu dire que les garçons de la famille Martell étaient plutôt mignons. Ce qui ne pouvait pas nuire n'est-ce pas? Et qu'ils voulaient me faire plaisir en m'offrant un livre, c'était encore mieux. Parlant de ce dernier, il était tant que j'y consacre mon attention. Je le pris respectueusement entre mes mains et ouvris la première page pour en déchiffrer le titre. Les plus grands poisons de Westeros et d'Essos? Sérieusement? Pas de doute à ce sujet, c'était Oberyn qui avait été à l'origine de ce choix. On ne l'appelait pas la Vipère Rouge pour rien. En même temps, peut-être que cela pourrait m'être utile, non? J'étais sans doute dans le pire nid de serpents des Sept Couronnes. Et les poisons étaient une branche de la connaissance des mestres. Autant en apprendre aussi un maximum sur le sujet. Toutefois, je ne voulais pas le lire ouvertement devant les Baratheon et Lannister. Il y avait des limites à la provocation après tout. Je refermai donc la couverture, entrepris de ranger le matériel d'écriture, demandai à une domestique que mon message soit envoyé à Trystane Martell aux Jardins Aquatiques de Dorne et remontai dans ma chambre. Par les Sept Enfers, il faisait vraiment chaud en haut de cette foutue tour! Mais si je voulais lire ce bijou, je devais le faire dans ma chambre. Je m'installai donc confortablement sur mon lit, une cruche d'eau et son verre à portée de la main et entrepris d'apprendre l'art subtil des poisons et, heureusement aussi, leurs antidotes.
