Disclaimer : Si j'étais l'auteur de Game of Thrones, tous les Stark auraient survécu et les enfants aussi!
Résumé : Maintenant loin du Nord, Lyarra Stark doit désormais composer avec les intrigues de la cour et les menaces qui entourent ses proches. Sera-t-elle capable de préserver ceux qu'elle aime? [La Louve du Nord tome 2]
Note de l'auteur : Merci à ma beta, Marina Ka-Fai, pour sa relecture et sa correction. Nous arrivons au dernier chapitre du tome 2! Un troisième est en cours d'écriture.
Une Louve à Port-Réal
Chapitre 8: Le réveil des loups
PDV de Lyarra
Impitoyablement, je fus traînée vers la salle du trône et fus bientôt rejointe par une Sansa tout aussi malmenée. Elle me regardait avec des yeux remplis d'effroi. Je crois qu'elle commençait à réaliser à quel point je lui avais caché la dangerosité de notre situation. Pour ma part, je me reprochai d'être allée faire mes bagages sans réveiller tout le monde hier soir. J'avais voulu m'accorder une nuit pour réfléchir. Idiote, je n'étais qu'une pauvre stupide idiote! La voix de Mère me revint encore une fois à ma mémoire.
-Ne réfléchiras-tu donc jamais avant d'agir?
Qu'avais-je fais?! Père m'avait demandé d'organiser le départ. J'aurais dû le faire en arrivant... Bon, j'aurais tout le temps de m'apitoyer sur mon sort lorsqu'on se sortirait de là. Je devais simplement réfléchir à comment retourner la situation en ma faveur. Mes lettres ayant été envoyées, d'ici quelques jours, à qui de droit allait être mis au courant et on s'attendrait à nous voir bientôt arriver. Je supposais que Cersei informerait Winterfell de... En fait, je ne savais pas trop de quoi. Pour qu'on nous arrête ainsi, on était en pleine disgrâce, mais je ne connaissais pas les termes exacts de ce qui nous était reproché. Quoi qu'il en soit, sans nouvelle de notre part, sans nos déplacements, je pensais que ma famille au Nord et peut-être les Martell s'agiteraient pour comprendre ce qu'il se passait. En dehors de Sansa et de moi-même, c'étaient les seuls alliés sur qui je pouvais peut-être compter. Notre entrée dans la salle du trône se fit dans un silence profond. La reine nous fixait avec hostilité, debout au côté de son fils qui siégeait sur le trône de fer. Les membres du conseil restreint étaient présents ainsi que Jaime Lannister qui se tenait non loin de la famille royale avec Sandor Clegane pour assurer leur protection. Alors que je sentais Sansa se recroqueviller à mes côtés sous la peur, moi, j'essayais de garder contenance. J'étais bien trop fière pour baisser les yeux... Trop effrayée pour réaliser l'entièreté de mon comportement orgueilleux.
-Lady Sansa, Lady Lyarra, votre père a été arrêté pour complot envers la couronne. Il a déclaré que l'héritier du roi Robert restait à trouver et qu'il assurerait la régence en attendant. nous annonça la reine lorsqu'on arriva devant eux et après qu'on nous eut forcées à exécuter une longue, profonde et humiliante révérence. Je suppose que vous n'étiez pas informées de ses plans?
-Non, bien sûr que non! s'exclama Sansa aussitôt.
Elle tremblait de tous ses membres et pour une fois, je la félicitai intérieurement de son emportement. La vérité ne pouvait qu'être perceptible dans sa voix.
-Bien sûr, ma petite colombe. Et vous Lady Lyarra? Étiez-vous au courant? Vous étiez auprès de mon mari quand il a rendu son dernier souffle.
-Le roi a transmis ses dernière volonté sur document Majesté. répondis-je mal à l'aise. Je peux le jurer sur la foi des Sept et sur les dieux de la forêt, il a transmis ses dernières volontés par écrit et à ma connaissance, mon père s'est chargé de vous le transmettre.
-Ce document informait-il que votre père devait prendre la régence jusqu'à ce qu'un nouvel héritier soit trouvé? interrogea la reine en plissant les yeux.
-Mon père ne ma point dit cela, je peux le jurer sur l'honneur des Stark Majesté. déclarai-je, une sueur glacée coulant le long de mon dos.
Je n'avais jamais fait autant attention à mes propos aux questions de la reine. J'espérais qu'elle ne pose pas une question trop précise sinon j'allais devoir mentir ou trahir mon père…
-Avez-vous eu ce document entre les mains? demanda de nouveau Cersei.
-Jamais.
-Je crois que les choses sont bien claires, Majesté. Les filles n'étaient point au courant des projets de Lord Stark. intervint Varys.
-Il y a eu trahison Lord Varys. contra la lionne.
-Je suis le roi. Et je déclare que Lady Lyarra n'est pas au courant. déclara soudainement Joffrey qui me lança un regard que je fus bien en peine d'interpréter...
Mais qui me donna la chair de poule sans aucun doute. Son fils ayant déclaré qu'il était en ma faveur, je vis la reine hausser les épaules.
-Bien. Alors seul Lord Stark aura le châtiment de sa folie de grandeur.
Le châtiment? Mais un seul châtiment pouvait attendre mon père pour une telle situation! La mort pour une trahison envers la couronne! La panique menaça de me submerger, mais je parvins à la juguler. Je devais convaincre les Lannister d'effacer l'ardoise... Non, je ne pouvais pas demander un tel miracle. Je devais les convaincre de le sauver... Je ne comptais pas vraiment sur Cersei Lannister, la reine me haïssait trop pour m'écouter, mais son fils... Son fils avait manifesté de l'intérêt envers moi... Et il venait d'affirmer qu'il me croyait dans mon innocence... C'était lui que je devais persuader, c'était lui qui avait le pouvoir d'acquitter mon père ou de le punir. Ça n'allait pas être une partie facile... Je rassemblai mon courage et je me lançai dans mon plaidoyer :
-Majesté, puis-je implorer la clémence de la cour et la bonté de Sa Majesté envers mon père? Il a commis un acte répréhensible aux yeux de la cour mais à l'égard de la longue amitié qu'ont partagée votre père et le mien, je vous supplie d'épargner sa vie. dis-je finalement en regardant Joffrey droit dans les yeux.
Le roi me dévisagea, fier de sa supériorité et du pouvoir qu'il détenait sur moi. Je le voyais à la joie qui faisait briller ses yeux émeraude. Il prolongea le silence à dessin pour que je tremble de plus en plus pour mon père. Puis, après avoir caressé son menton imberbe, il me fit un sourire qui se voulait sûrement rassurant.
-J'entends vos paroles Lady Lyarra. Il est vrai que nos pères ont connu une très longue amitié. L'égarement a dû le saisir à son décès. La folie s'est emparé de lui, nous, nous le pleurons.
Son visage se durcit.
-Je ne l'exécuterai pas s'il admet ses fautes devant la cour et même devant la population de Port-Réal. Je suis le roi légitime.
-Merci Votre Majesté. répondis-je immensément soulagée. Si je peux demander une dernière faveur à Sa Grâce, je lui demanderai d'avoir l'autorisation de parler avec mon père afin de le persuader de reconnaître ses erreurs. Il n'écoutera qu'un Stark. insistais-je.
-Allez-y. Mais allez-y sans votre sœur. Il ne faudrait pas la choquer de voir son père derrière les barreaux. Faites entendre raison à Lord Stark, Lady Lyarra. ordonna Joffrey.
La reine ouvrit la bouche l'air mécontente, mais son fils ne la laissa pas parler. Tandis que je me retirais, solidement escortée, il parlait déjà de son couronnement avec sa cour. Je fis un sourire rassurant à Sansa qui resta dans la pièce et suivis les soldats au plus profond des sous-sols du château afin d'atteindre les cellules. Plus on s'y enfonçait, plus le décor était lugubre. Je doutais sincèrement que Joffrey avait voulu épargner Sansa mais j'étais d'accord avec le fait qu'elle n'avait pas besoin de voir un tel endroit. Il y faisait froid, c'était humide et l'odeur était infecte. La propreté était inexistante. Après avoir passé quelques grilles solidement fermés, on me conduisit devant une cellule où mon père m'y attendait, enchaîné au mur du fond, l'air misérable.
-Laissez-nous. commandai-je aux soldats.
-Mademoiselle, nous ne devons pas laisser le prisonnier seul.
-Le prisonnier est enchaîné, dans une cellule verrouillée, ses prisons sont gardées, nos hommes sont dans le Nord et je ne suis qu'une femme. Je doute que lui ou moi représentions une menace. Laissez-nous. répétai-je durement.
Ils hésitèrent un moment, puis obéirent, se déplaçant à bonne distance pour ne pas nous entendre mais assez proches pour nous observer.
-Lyarra... fit mon père qui me regardait avec désolation.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé?
-J'ai transmis le testament du roi Robert l'informant de ses volontés à la reine Cersei et à son fils Joffrey. Elle l'a pris et déchiré avant d'ordonner qu'on m'enferme pour trahison.
-Le testament du roi ou le testament modifié?
-Celui que j'ai rectifié. admit Lord Stark.
-Par les dieux de la forêt Père! Ce sont les Lannister. Ils ont tué Jon Arryn, le roi et peut-être même envoyé un assassin à Winterfell contre Bran. Sûrement pour nous obliger à partir en toute hâte vers le Nord et laisser Port-Réal à leur entière disposition. Vous pensez que simplement produire un document suffirait? La reine est assise aux côté du roi depuis seize ans! À quoi avez-vous pensé? m'exclamai-je, furieuse, mais gardant la voix basse pour ne pas être entendue. Vous auriez dû écouter Lord Renly, tout cela aurait pu être évité.
Mon père baissa les yeux un moment ne soutenant pas mon regard. Parce que j'avais raison? Parce que je dépassais les limites et qu'il ne pouvait pas me remettre à ma place? Pour l'instant, je ne savais pas trop.
-Je n'ai pas agi sans prendre quelques précautions. Les capes d'or devaient m'aider. Mais Lord Baelish m'a trahi. Reste bien prudente Lyarra. On ne peut finalement pas faire confiance à grand monde ici. J'ai cru qu'en raison de sa longue amitié avec ta mère, il se rangerait à nos côtés mais ce n'est pas le cas.
Petyr Baelish, je notai mentalement son nom. Je me vengerai de lui plus tard. J'étais un peu soulagée que mon père avait essayer d'avoir des hommes de son côté pour arrêter la reine, même si au final, ça n'avait servi à rien.
-J'ai plaidé en votre faveur auprès du roi Joffrey. Il accepte de vous épargner si vous admettez vos fautes devant la cour et la population de Port-Réal. Je doute que vous vous en sortiez sans aucune conséquence, surement le Mur, mais vous vivrez. C'est tout ce que j'ai pu faire.
-Tu penses qu'il tiendra sa promesse? demanda mon père sceptique et je sentis mon sang se figer dans mes veines.
-Avons-nous le choix? fis-je avec amertume. Nous sommes plus en contrôle de rien ici. S'il fait quoi que ce soit d'irréfléchi, je suppose que le Nord, le Val et le Conflans réagiront. Ni les terres de l'Orage et ni Dorne les soutiendront... Seul l'avenir sait ce qui nous attend.
L'ancienne Main du roi approuva, l'air résigné. Je pense qu'il commençait à réaliser à quel point il avait mal géré les événements de la cour. Sentant que je n'avais plus de temps devant moi, je me préparai à partir, quand un souvenir d'un message de Jon me revint en tête. Et si les choses tournaient mal...
-Père, qui est la mère de Jon? Dites-moi la vérité. C'est peut-être votre seule chance si jamais...
-Lyarra, je ne crois pas que...
-Je me fiche ce que vous croyez. Répondez-moi. répliquai-je de nouveau avec froideur.
Je le vis tressaillir. Puis, après un moment de réflexion, il acquiesça lentement la tête.
-Bien, mais garde cela pour toi. Jon n'est pas mon fils, c'est le fils de ta tante Lyanna et du prince Rhaegar. Je ne crois pas qu'on est le temps de discuter sur le sujet mais ta tante n'avait pas été enlevée, elle est partie avec le prince et elle est décédée en donnant naissance à Jon. Après ce que Robert a fait à la princesse Elia et ses enfants et la promesse que j'ai faite à Lyanna, j'ai décidé de garder le silence sur sa véritable ascendance... Je l'ai donc revendiqué comme mon bâtard. expliqua-t-il précipitamment à voix basse.
Je le regardai sous le choc. Pendant seize ans, Jon avait grandi avec le statut d'enfant illégitime alors que ce n'était pas le cas? Enfin, pas par la faute de mon père qui aurait trahi Lady Stark? Elle qui avait été odieuse contre lui à cause de cela? Tout cela était basé sur un seul mensonge? Le ciel venait de me retomber sur la tête. Je n'eus pas le temps de relancer la discussion, les soldats revinrent me chercher et m'attrapèrent par les bras pour m'entraîner.
-Va-t-il se confesser? me demanda l'un d'eux.
-Oui, il va le faire. dis-je défaite et dévisageant mon père comme si s'était la première fois que je le voyais. Combien de fois vous nous avez menti? demandais-je avant de m'éloigner sans attendre sa réponse.
PDV de Ned Stark
Le jour de ma confession était enfin arrivé. On m'avait sorti de ma cellule pour que j'admette mes fautes devant le fils de Cersei Lannister. On m'avait traîné dans les rues de Port-Réal comme un animal, comme un criminel, comme un traître. Traître, voilà ce que j'étais aux yeux de la population de la capitale. Aux yeux des lions, j'étais un danger. Ma petite Lyarra avait vu juste. Elle pouvait être emportée et naïve sur des points, mais elle avait toujours eu un assez bon discernement. J'aurais peut-être dû l'écouter, comme Renly Baratheon ou Varys. Je vivais une véritable humiliation devant tous les seigneurs. Mais rien n'atteignait la déception que j'avais vue dans le regard que m'avait jeté ma sœur... Non, ma fille quand elle avait réussi à me rendre visite dans les cachots. Ce que je faisais aujourd'hui, mentir, abandonner mon honneur, je le faisais pour elle, pour mes filles prisonnières au Donjon Rouge, pour mes fils à Winterfell et pour Catelyn. Ma douce Catelyn qui s'était effondrée en pleurs de soulagement après l'accident de Bran et de chagrin après l'emportement de Lyarra contre elle avant notre départ. Je savais qu'elle avait regretté ses mots aussitôt prononcés. C'était pour ces gens que je m'agenouillais devant Joffrey Baratheon et déclamais ma faute, que je reconnaissais qu'il était le roi des Sept Couronnes. Je ne pourrais plus rester auprès de ma famille une fois dans la Garde de Nuit, mais j'épargnais ceux que j'aimais. C'était ce que je croyais dans ma grande naïveté.
-Ma mère m'a suggéré d'envoyer Lord Stark au Mur, ma fiancée Sansa et Lady Lyarra m'ont imploré à genoux pour que je sois clément envers le traître. pérora le jeune homme devant moi. On me demande d'être généreux mais les femmes ne comprennent rien aux affaires de la vie. La traîtrise envers la couronne ne peut être acceptée. Le respect se doit d'être envers la dynastie de mon père Robert Ier du nom. Je me vois donc dans l'obligation de prononcer cette sentence. Ser Payne, prenez-lui la tête en exemple! clama-t-il haletant.
Je mis quelques secondes à comprendre ce que l'enfant illégitime de la femme de mon meilleur ami venait d'annoncer à une foule exaltée. Des secondes qui contractèrent mon cœur d'épouvante. Non, il n'avait pas pu dire cela. J'avais fait ce qu'il avait exigé pour que je sois envoyé à la Garde. Il ne pouvait pas exiger ma tête devant mes filles! Le cri que poussèrent Sansa et Lyarra vrilla au plus profond de mon être. Rien n'était plus horrible que d'entendre ses enfants hurler de détresse sans rien pouvoir faire. Les paroles que m'avaient dites Cersei Lannister me revinrent en mémoire. Quand on joue au jeu des trône, soit on gagne soit on perd. Et là, j'avais perdu. Les Stark avaient perdu.
-Pardon les enfants, je n'ai pas su vous protéger. murmurai-je tandis qu'une ombre s'approchait pour me surplomber.
Lyarra, je te confie la famille... Pardon Robert d'avoir échoué... La dernière chose que j'entendis et qui me poursuivrait dans l'autre monde fut un hurlement qui me glaça le sang, un hurlement de pur effroi, de pur déchirement.
PDV de Jaime
Je ne peux pas dire que la mort de Robert m'attristait, ni que de voir Eddard Stark être ainsi chahuté sur le trajet vers le septuaire me désolait. Il avait menacé Cersei de tout dévoiler à Robert, la vérité de Joffrey, Myrcella et Tommen. Ce qui aurait irrémédiablement conduit à leur mort. L'attaque du sanglier avait été providentielle. Les choses revenaient dans l'ordre. Cersei, ma douce Cersei ne ne craindrait plus rien et le Nord qui s'agitait redeviendrait calme avec le départ de Lord Stark pour la Garde. Si possible, ses filles suivraient aussitôt et Tyrion qui était probablement encore dans le Nord, donc en territoire hostile, pourrait revenir saint et sauf. Si ma sœur se fichait de son sort, ce n'était pas mon cas. Tout ceci était vraiment une triste histoire mais tout allait s'arranger. Je tournai les yeux pour observer Joffrey prendre la parole.
- Qu'on en finisse une bonne fois pour toute et passer à autre chose. Pensai-je
-Ma mère m'a suggéré d'envoyer Lord Stark au Mur, ma fiancée Sansa et Lady Lyarra m'ont imploré à genoux pour que je sois clément envers le traître! déclara le roi...
-Bien, vas-y, dis les mot magique. Songeai-je.
Mais les prochains mots me firent perdre toutes mes couleurs.
-On me demande d'être généreux, mais les femmes ne comprennent rien aux affaires de la vie. La traîtrise envers la couronne ne peut être acceptée. Le respect se doit d'être envers la dynastie de mon père Robert Ier du nom. Je me vois donc dans l'obligation de prononcer cette sentence. Ser Payne, prenez-lui la tête en exemple! clama-t-il haletant.
Les filles Stark se mirent à protester et avec raison. L'entente était que le gouverneur du Nord admettait ses torts pour n'être qu'envoyé dans la Garde. Je regardai Cersei avec d'autres se presser autour de Joffrey pour le faire changer d'idée... Elle allait échouer... Elle n'avait jamais su juguler la soif de sang de son fils... Le cauchemar allait donc recommencer. Une nouvelle guerre, un nouveau roi fou. Par les Sept, le Nord n'oublierait jamais cette trahison, l'ultime trahison. Angoissé, je regardai Payne dégainer une épée, triste ironie du sort, Glace, l'épée des Stark pour exécuter sa tâche. Je ne pouvais rien faire, comme je n'avais rien pu pour aider la reine Rhaella Targaryen, quand Rickard Stark avait brûlé vif et que son fils Brandon, le frère aîné, s'était étranglé à mort pour sauver son père. Les scènes du présent et du passé se chevauchaient dans un tourbillon d'images apocalyptiques... Seul un hurlement d'une intensité qui m'avait rarement donné d'entendre raisonna sur le porche du septuaire... Un hurlement qui signifiait qu'une fois de plus les dieux avaient été injustes. Un cri de douleur qui allait me hanter jusqu'à ma mort.
PDV Arya Stark
J'avais beau jouer les braves, j'avais peur cette fois. Après m'être enfuie comme Lyarra me l'avait demandé, la voir être entraînée de force par les soldats des Lannister m'avait un temps paralysée, là je ne savais pas trop quoi faire. Gagner Dorne... C'était ce que m'avais ordonné ma sœur... Lyarra était plus intelligente que les gens pouvaient le croire mais là je me sentais perdue. Je me sentais dépassée par les événements. J'avais volé de la nourriture, dormi dans une ruelle et là, j'étais perdue au milieu d'une foule qui se dirigeait vers le grand septuaire. Errer sans but dans Port-Réal n'avait réglé aucun de mes problèmes. Un problème qui pourrait peut-être être résolu aujourd'hui... Lyarra m'avait demandé de fuir mais la rumeur propagée en ville disait que Père allait être gracié en échange d'aveux de culpabilité. Une fois ceci fait, je pourrais rejoindre Lyarra et Sansa et partir avec elles vers le Nord. Je voulais rentrer à la maison... Je voulais voir Mère, je voulais que Lyarra me rassure... L'ennui, c'était que je ne voyais rien même si j'avais réussi à me rendre presque aux abords du septuaire. Je balayai les environs en espérant trouver une caisse sur laquelle monté, mais en vain... Ce fut dans un mouvement de foule qui grondait de colère que je fus envoyée contre une statue...
La statue de Baelor!
Avec agilité, je grimpai dessus pour avoir un meilleur point d'observation. Peut-être que Bran aurait pu aller plus haut mais je n'étais pas aussi douée que lui... Au moins là, je voyait très bien les gens sur le porche. Un spectacle qui n'étais pas très agréable... Père était traîné comme un chien et jeté au pied des Lannister. Le visage de Lyarra était tendu comme sa posture. Je la connaissais ma grande sœur... Elle trompait peut-être les autres mais pas moi... J'écoutai avec dégoût les paroles de Père qui clamait sa faute devant tout le monde. Père ne faisait jamais d'erreur, il ne pouvait pas avoir fait ça. Furieuse, je tournai un regard brûlant de ressentiment au prince que Sansa aimait tellement comme une idiote. Sansa que j'aurais voulu avoir à mes côtés malgré tout en ce moment...
-Ma mère m'a suggéré d'envoyer lord Stark au Mur, ma fiancée Sansa et Lady Lyarra m'ont imploré à genou pour que je sois clément envers le traître ! On me demande d'être généreux mais les femmes ne comprennent rien aux affaires de la vie. La traîtrise envers la couronne ne peux être acceptée. Le respect se doit d'être envers la dynastie de mon père Robert Ier du nom. Je me vois donc dans l'obligation de prononcer cette sentence. Ser Payne, prenez-lui la tête en exemple! déclara-t-il.
-Hein? Quoi, non ?!
Je voulus pousser un cri de guerre et hurler de relâcher immédiatement mon père mais je sentis une paire de bras me saisir et me retirer vivement de la statue,
-Lâchez-moi! Ils n'ont pas le droit, laissez-moi! criai-je en me débattant au travers des cris enthousiasme de la foule.
-Tu ne peux plus rien pour ton père. Ne regarde surtout pas. m'intima l'homme fermement.
Je me débattis de plus belle, sans rien voir de plus malgré mes efforts, sans pouvoir me libérer, mais entendant tout. Je l'entendis crier. Un cri me fit éclater en sanglot. Ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas... Il n'était pas... Lyarra ne pouvait pas hurler ainsi.
PDV de Cersei
Robert était mort, mon calvaire était enfin fini. Dans quelque heures, Eddard Stark partirait avec le recruteur de la Garde de Nuit et j'allais m'organiser pour que ses filles prennent le même chemin. Qu'elles retournent dans le Nord et qu'elles y restent. Cet idiot de Stark avait failli tout gâcher et cela lui avait presque coûté la vie. Pour protéger mes enfants, j'étais prête à tout. Une chance que Lancel avait écouté soigneusement mes ordres et contribué à ce que le roi obèse décède. S'il avait fallu que Eddard Stark lui parle à son retour à ce sujet, alors qu'il aurait été en pleine possession de ses moyens... J'aurais été en mauvaise posture. Au moins là, il était mort et les loups allaient quitter mon royaume. Après seize ans de durs efforts, j'avais enfin le pouvoir et le contrôle sur les Sept Couronnes. C'étaient les Lannister qui régnaient sur Westeros. Personne n'oseraient nous tenir tête. Nous n'avions rien à nous reprocher et la clémence dont on ferait preuve aujourd'hui nous vaudrait une certaine loyauté. Tout finissait pour le mieux pour tout le monde non? Même mon petit frère infernal était loin de moi, auprès des gens sauvages du Nord et devait s'amuser comme un fou. Je m'en moquais mais pas Jaime... Peu importe, temps que la journée se terminait comme je le souhaitais. Voir le traître être traîné au pied de mon fils me fit venir aux lèvres un sourire de contentement. Un sourire qui s'évanouit presque aussitôt.
-Ma mère m'a suggéré d'envoyer Lord Stark au Mur, ma fiancée Sansa et Lady Lyarra m'ont imploré à genou pour que je soit clément envers le traître ! fit Joffrey théâtralement.
Il ressemblait un peu trop à son père à mon grand désarrois.
- On me demande d'être généreux mais les femmes ne comprennent rien aux affaires de la vie. La traîtrise envers la couronne ne peux être acceptée. Le respect se doit d'être envers la dynastie de mon père Robert Ier du nom. Je me vois donc dans l'obligation de prononcer cette sentence. Ser Payne, prenez-lui la tête en exemple! clama-t-il haletant.
Il secoua la tête en souriant. Par les Sept, mon fils allait tout gâcher ! Il devait revenir sur sa parole, tuer Eddard Stark ne pouvait qu'apporter une rébellion du Nord et par ricochet celle du Conflans, du Val d'Arryn, et potentiellement de Dorne qui était alliée par les fiançailles avec le portrait réincarné de cette sept fois maudite Lyanna Stark! Nous avions déjà Stanis et Renly Baratheon contre nous, nous n'avions pas besoin de quatre couronnes supplémentaires en conflit avec les Lannister! J'entendis le bruit d'une lame traverser l'air et accomplir sa sinistre besogne. Le bruit sourd me fit vaciller sur mes jambes. Je me décomposai en réalisant les implications du geste de mon fils. Puis, je sentis le sang dans mes veines se figer en entendant le cri d'une bête blessée à mort jaillir des lèvres de ma rivale...
Un cri qui fit taire toute la foule sur la place, qui raisonnait sur les murs, qui forçait tout le monde à se taire pour l'entendre...
Je me tournai lentement vers elle et croisai ses yeux gris. Elle s'était affalée au sol, sa sœur dans les bras, lui cachant le visage contre sa poitrine. Elle avait le visage baigné de larmes. Son regard lançait des éclairs de désespoir et de rage. elle ne m'avais jamais paru plus belle et plus dangereuse en ce moment précis. Quand je croisai ses yeux, oui, j'y vis ma mort, la mort de ma famille. Et un autre frisson me traversa le dos. Un frisson de terreur. Les loups venaient de se réveiller de leur sommeil. Un sommeil qui avait duré seize ans.
La dernière fois, ça avait coûté la vie aux Targaryen...
Voilà, c'est tout pour ce tome 2! Merci à tous de l'avoir lu et d'avoir commenté! Les aventures de Lyarra sont loin d'être finies, rendez-vous sous peu pour le troisième tome de cette louve désormais coincée dans la ville qui lui a pris son innocence et sa famille!
