Bonjour, Bonjour !
Petite traduction d'un très beau Dramione qui m'avait bien remué la première fois que je l'avais lu, et qui est resté dans un coin de ma tête depuis.
Lien de la fic dont cette traduction est tirée : https s/13104323/1/Kiss-Me-Haunt-Me-Kill- Me (attention à bien supprimer les espaces, si le lien ne marche pas, vous pouvez aller voir le profil de l'auteur, lovesbitca8)
Bonne lecture !
(Si vous trouvez certaines tournures étranges, elles me sont totalement imputables. J'ai essayé de rester au plus près du texte initial mais la traduction apporte toujours son lot de petites difficultés).
Elle avait été tuée à la Bataille de Poudlard. Un fichu acte de martyr qui lui avait valu un Sortilège de Mort de la part de Bellatrix. Draco ne savait toujours pas exactement ce que c'était et il n'était pas prêt de le lui demander.
McGonagall lui avait dit qu'elle était apparue lors de la reconstruction du château et qu'elle avait commencé à expliquer à l'équipe en charge le meilleur moyen de restructurer la bibliothèque, criant sur les ouvriers lorsque ceux-ci mettaient un mur qui n'était pas là auparavant. Elle avait exigé de rester à Poudlard, et ne rien dévoiler de sa nouvelle existence à Potter, aux Weasleys, et à quiconque ne revenant pas à l'école. Encore un autre sujet sur lequel Draco ne lui poserait pas de questions.
Quant à Draco, son propre acte de martyr durant la Bataille l'avait gardé hors d'Azkaban. Il avait poussé McGonagall hors du chemin d'un Sortilège de Mort au dernier moment, seulement pour lever les yeux et voir son père à l'autre extrémité de la baguette. Les yeux gris de Lucius l'avaient fixé, perplexes, jusqu'à ce que McGonagall lance un Sort Stupéfiant et traîne Draco avec elle vers le prochain couloir. Ce fut la dernière fois qu'il vit son père. Il refusait de chercher exactement ce qu'il l'avait tué.
Un chat tigré grisonnant était apparu au bord des boucliers de Transplanage du Manoir le trente et un août de cette année. Draco le défia du regard, et partit faire ses courses. Quand il revint, le chat était toujours là. Il soupira et lui fit face.
McGonagall reprit sa forme humaine en face de lui, remit ses lunettes à la bonne place, et dit : « Il n'est pas poli de faire attendre une dame, Mr Malfoy ».
« Il est plus poli de prendre rendez-vous, Minerva ». Il ouvrit le portail et se retourna pour la conduire sur le chemin du jardin du Manoir, mais elle ne le suivit pas.
« Horace est en train de mourir ».
Il la regarda par-dessus son épaule, remarquant ses yeux vides.
Elle continua : « Un sort durant la Bataille. Il fait des potions pour se maintenir en vie, mais hier il m'a fait savoir qu'il était…fatigué ». Elle pinça les lèvres, comme si elle souhaitait aussi pouvoir être fatiguée.
« Puis-je aider avec la préparation des potions ? Y a-t-il…Puis-je faire quoi que ce soit ? »
Elle sortit une enveloppe de sa robe et la lui tendit. « Vous pouvez être à Kings Cross demain matin à onze heures précises ». Il baissa le regard sur la lettre qui lui était adressée. « Nous avons besoin d'un nouveau professeur de Potions ».
Elle transplana avant qu'il ne puisse décliner ou au moins en discuter. Parce qu'elle le connaissait trop bien.
Après le discours de bienvenue, et après que son angoisse se soit calmée en se rendant compte que personne n'avait protesté à l'annonce de son nom comme maître des Potions, il attrapa un petit pain et une Patacitrouille, et, prenant congé, se dirigea vers les quartiers de Severus afin de savoir exactement ce qu'il allait enseigner demain. Les premières années étaient une chose, mais les septièmes années ? Il s'était à peine sorti de sa septième année, passant de justesse ses ASPICS.
Il tourna un coin et vit Granger, fixant un portrait, translucide.
Un froid tranchant étreignit ses poumons, le stoppant net. Elle planait au-dessus du sol, habillée d'un sweat à capuche et d'une veste en jean. Elle se retourna pour le voir planté là, immobile. Du sang séché sur sa tempe.
Elle le regarda de haut en bas.
« Donc », dit-elle, et sa voix était exactement comme il s'en souvenait, « toi aussi tu as choisi de hanter le château ? ». Elle leva un sourcil. « Je suis morte. Quelle est ton excuse ? »
Il essayait généralement de rester loin d'elle. Elle était…trop. Et, pour être honnête, il avait accepté la mort d'Hermione Granger des mois auparavant.
Il avait été à son enterrement, par la barbe de Merlin.
Mais elle n'arrêtait pas d'apparaître. Elle marcha à travers la porte – à travers – de son cours de Potions de troisième année le jeudi suivant. Il était en train d'ajouter les chrysopes et ses doigts s'arrêtèrent lorsqu'il la vit prendre un siège et s'asseoir dans le fond de la classe. Elle se pencha en avant sur le tabouret, son menton reposant sur sa main et le regarda durant le reste du cours.
Quand il ajouta trop d'œufs de Doxys à la potion dont il faisait la démonstration, elle sourit.
Il tombait généralement sur elle dans les couloirs. Alors qu'il menait l'équipe de Quidditch jusqu'au terrain, il tournerait un coin et la trouverait au bout d'un long couloir, fixant un des portraits, la tête penchée sur le côté. Un point gris dans la distance.
Certains jours, elle marchait dans les couloirs avec Luna Lovegood, discutant de manière approfondie de la mort et des Nargles.
Il s'était promis qu'il ne lui poserait jamais de questions, mais quand il la vit regarder fixement une armure après le petit déjeuner un jour, les élèves faisant des écarts autour d'elle pour éviter le choc glacial de son contact, il s'arrêta et se tint à côté d'elle.
La sculpture en métal n'était pas différente de ses onze frères alignés dans le hall. Il se tourna vers elle. « Qu'est-ce que tu regardes, Granger ? »
Elle inclina la tête dans sa direction, comme si elle venait de remarquer sa présence. « J'ai décidé d'apprécier à sa juste valeur l'art, ici dans le château. Je regarde une pièce par jour. Je suppose que cet endroit sera mon foyer. Pour toujours ». Elle se tourna de nouveau vers le métal massif devant eux. « Alors c'est un bon moyen de passer le temps ».
Il y avait du sang ou de la terre sur la capuche de son sweatshirt. Une couleur plus sombre que celle du tissu. Avait-il été rose ?
Il regarda les pierres au sol.
« C'est mon anniversaire demain », dit-elle.
Il regarda son visage pendant qu'elle examinait l'armure. Elle ressemblerait toujours à ça. Impossible de changer de vêtements dans l'au-delà. Impossible de vieillir.
« Joyeux anniversaire Granger ». Il passa à côté d'elle et se dirigea vers sa classe.
Le jour suivant, elle s'assit de nouveau au fond de la salle de classe, et quand une première année répondit à une question avec enthousiasme, corrigeant un camarade et trépignant sur place, Granger lui fit un large sourire à travers ses lèvres grises.
Avant d'aller déjeuner, il lui demanda : « Pourquoi est-ce que je ne vois jamais Potter et Weasley ici, venant te voir ? »
Elle baissa le regard vers un texte de Potions que quelqu'un avait laissé derrière lui. « Parce que j'ai demandé à McGonagall de ne pas leur dire. Ils seraient là tous les jours s'ils savaient. Je veux qu'ils aillent de l'avant, même si moi je ne peux pas ».
Fichus Gryffondors. Il voulut lui en demander plus, mais il avait déjà brisé sa promesse de ne pas lui poser de questions aujourd'hui. Il se dirigea vers la porte du donjon.
« Est-ce que tu peux tourner la page avant de partir ? »
Son petit corps flottait au-dessus du tabouret, penché sur un livre qu'elle avait probablement mémorisé quand elle avait onze ans.
Ses doigts, raides, pincèrent la page et la tournèrent.
Un minuscule « merci » de sa part alors qu'il partait.
Quand il revint après le repas, elle était à la même place. Il tourna la page suivante pour elle.
Il devait aller à la bibliothèque pendant les week-ends pour préparer les cours de la semaine. La plupart des professeurs avaient leurs propres textes, qu'ils avaient accumulé pendant des années d'enseignement, mais il avait les mains vides.
Il la trouva à une petite table dans un coin, les jambes croisées, assise à côté d'un garçon de Serdaigle en quatrième année. Le garçon tourna la page de son roman, et tendit la main pour tourner sa page.
Le jour suivant, il tomba sur la même scène avec une fille de Poufsouffle en septième année.
Un soir, elle se glissa à travers le mur pendant qu'il corrigeait des parchemins. Il se figea, mais réussit à ne pas sursauter et renverser son encre rouge partout.
« Pourquoi est-ce que tu n'enseignes pas ? », lui demanda-t-il. Elle le regarda. « Binns le fait. McGonagall aurait pu te proposer le poste de Potions. »
« Elle me l'a proposé », dit-elle d'un ton détaché. « Je l'ai refusé. Tu as besoin d'une baguette pour enseigner la plupart de la magie. Et je ne pourrais jamais préparer une potion en tant que Maîtresse des Potions ». Son doigt parcourut une de ses notes en rouge, ne touchant rien. « Je lui ai dit de te le proposer ».
Il voulut lui demander pourquoi, mais il avait atteint son quota de questions pour la journée.
C'était son tour.
« McGonagall dit que tu l'as sauvée durant la Bataille Finale. Tu t'es battu contre ton père pour la protéger ? ». Elle le regarda à travers ses cils argentés. Il essaya de se rappeler de quelle couleur ses yeux avaient été.
« Rien d'aussi héroïque, je t'assure. Je l'ai juste poussée vers la gauche. Je ne savais pas qu'il s'agissait du sort de mon père ». Il retourna à ses copies.
« Ça a l'air plutôt héroïque pour moi », murmura-t-elle, et il entendit le chuchotement le percuter comme une vague. Un frisson le parcourut, si froid, qu'il dû vérifier qu'elle ne l'avait pas touché. Il leva le regard et la vit marcher d'un pas nonchalant vers la porte. « On pourrait même dire que c'est exactement ce qu'un Gryffondor aurait fait ». Elle lui fit un clin d'œil et passa à travers la porte de pierre.
Il s'assit à son bureau pendant cinq minutes, en silence, fixant l'endroit où son corps avait disparu, se demandant si elle était toujours là.
Il n'avait pas la moindre idée que Hermione Granger draguait quand elle s'ennuyait. Pas étonnant qu'elle se soit maintenue si occupée à l'école.
L'année se passa comme ça. Elle assistait à ses cours de temps en temps, passait par son bureau une fois par semaine, et elle trouvait un nouveau tableau à examiner chaque jour.
Il ne la voyait jamais aux matchs de Quidditch, ce qui était normal, ou dans la Grande Salle. Lorsque l'anniversaire de la Bataille de Poudlard approcha, McGonagall lui dit que Potter, Weasley, et plusieurs autres viendraient présenter leurs hommages et s'adresser à l'école.
Il la trouva jetant un coup d'œil à l'intérieur de la Grande Salle, ses yeux flottant à travers le bois, de temps en temps.
Lorsque la foule applaudit le discours de Potter et que tout le monde s'installa pour manger, il prit congé et la vit flotter au niveau du Hall d'entrée, son oreille glissant à travers la porte.
« Tu ne veux toujours pas leur dire ? », lui demanda-t-il.
« Ron est fiancé », dit-elle simplement. « Je l'ai vu dans le Gazette. Je ne veux pas tout gâcher ». Elle regarda à travers la porte, qu'il avait laissé entrouverte. « Je ne suis pas réelle. Ce qu'ils ont maintenant est réel. »
Il regarda par-dessus son épaule, et vit Potter prendre Hagrid dans ses bras, Ginny Weasley à ses côtés.
« Tu es réelle pour moi », bredouilla-t-il. « Plus que tu ne l'as jamais été ».
Elle se tourna vers lui et eut un sourire en coin : « Tu ferais mieux de te trouver une copine, Draco. Ou je vais commencer à me faire des idées. »
Il ravala un sourire, et elle disparut à travers le sol.
« Que veux-tu pour ton anniversaire ? », lui demanda-t-elle le quatre juin. « Cela dit, mes options sont limitées. Je peux chanter. Je peux réciter Une Histoire de Poudlard, de mémoire. Ou je peux passer à travers toi pour un peu de frisson ».
« J'adorerais que tu fasses en sorte que Mimi Geignarde me laisse tranquille », murmura-t-il par-dessus le livre qu'il était en train de lire.
« Oh, ce ne serait pas drôle. Je lui ai dit que tu te sentais seul, que tu cherchais l'amour ».
Ses yeux se levèrent dans sa direction : « Tu n'as pas fait ça ».
« Si », chantonna-t-elle, « Je lui ai dit que tu allais bientôt avoir dix-neuf ans et que tu serais trop vieux pour elle. »
Il leva les yeux au ciel, revenant à son livre.
« Demain, tu seras officiellement plus vieux que moi », dit-elle. Elle passa en revue les étagères, comme elle le faisait souvent dans son bureau. « Tu devras me dire ce que ça fait ».
Il avait encore le Manoir et sa mère, et n'avait donc aucune raison de rester à Poudlard durant les vacances d'été.
Et il finit par trouver une fille. Elle était joyeuse, gentille et embrassait très bien.
Et le premier septembre, il fut la première personne sur le Quai 9 ¾.
« Je sais que tu es là Granger », dit-il, posant sa plume d'encre rouge et passant une main sur son visage fatigué. Elle flotta à travers le tableau noir, enroulant une boucle de cheveux autour de ses doigts. « Que veux-tu maintenant ? »
Elle fixa le parchemin qu'il était en train de corriger, marchant à travers le bureau.
« Donc tu vas laisser passer cette réponse ? »
« C'est acceptable. C'est presque correct », dit-il.
« Severus serait si déçu ».
« Hmmm. »
« Tu es devenu trop gentil. C'est ce qu'il m'a dit hier ».
Sa tête se releva d'un coup. « Severus ? Est-il … ? »
« Non », dit-elle en souriant. « Je plaisantais ».
Il ralentit son cœur battant et prit une gorgée de son thé. Elle examina ses étagères de nouveau.
« Pourquoi penses-tu être restée ? », lui demanda-t-il. Ses doigts parcoururent ses livres comme si elle ne l'avait pas entendu. « Tellement de gens sont morts ce jour-là. Tu es le seul fantôme de la Bataille de Poudlard ».
« Oh, tu sais », dit-elle de manière joueuse. « C'est probablement toutes mes affaires inachevées ».
« Comme quoi ? »
« Devenir ministre de la Magie, faire en sorte que les elfes de maison aient les mêmes droits que nous, toutes ces sottises ». Elle plongea son visage dans les tiroirs à côté de son bureau, fouinant.
« Tu peux encore faire tout ça en tant que fantôme. Si quelqu'un pouvait le faire, ce serait toi ».
Elle se redressa et baissa les yeux vers lui, avec un sourire en coin.
« Mais alors qui dirigerait le fan club Draco Malfoy avec Mimi ? On ne s'est toujours pas décidées sur un nom. Quelque chose comme les « Initiées Incorporelles » ou les « Enthousiastes Ectoplasmiques ». Je suis vice-présidente. Mimi a insisté pour être présidente ».
« Bien sûr ». Il referma son pot d'encre, prêt à abandonner ses corrections.
« On se relaye pour te voir dormir, tu vois ».
« Oh, certainement ».
« Mimi est la vraie fan, elle te rend visite pendant que tu prends ton bain ».
« Hm, je n'ai pas eu ce plaisir », dit-il, se levant.
« A ta connaissance ». Elle haussa un sourcil. Il marqua une pause, envisageant la possibilité. « Je n'en ai pas encore trouvé le courage. Je suppose que c'est pour cela que je ne suis que vice-présidente ».
« Tu es bienvenue à n'importe quel moment, Granger ». Il ne s'arrêta pour réfléchir qu'après que les mots soient sortis de sa bouche. Il pinça les lèvres et la regarda.
Ce sourire joueur sur ses lèvres. Celui qu'elle utilisait juste avant de lui dire qu'elle préférait ses cheveux coiffés de cette façon, ou avant d'appeler Peeves pour qu'il lance quelque chose dans sa direction.
« D'accord », murmura-t-elle, flottant plus près de lui. « Peut-être que j'ai jeté un coup d'œil ».
Il sentit son cou devenir brûlant, et il regarda ses yeux. Il décida que ceux-ci étaient ambres, avant. « Oh, vraiment ? »
Elle battit des cils, et ceux-ci étaient gris comme des toiles d'araignées. « Bien sûr ». Maintenant qu'elle flottait plus près de lui, il pouvait sentir la température baisser brusquement. Sa voix était basse, lui apportant une sensation de paix. « Et tu es un plaisir pour les yeux, crois moi ».
Elle sourit de manière narquoise, attendant qu'il lève ses yeux au ciel et recule. Il déglutit.
Son regard tomba vers sa gorge, la regardant bouger, puis il remonta vers ses lèvres. Il sentit son cœur battre, assez fort pour eux deux.
Hermione Granger leva sa tête, et pressa ses lèvres grises contre les siennes. Il sentit comme un frisson, s'épanouissant de ses lèvres et à travers ses veines.
Il ouvrit les yeux et la vit en face de lui, immobile, ses yeux pétillants.
« Je crois que je peux sentir ta chaleur ».
« J'ai besoin de ton aide », lui dit-elle un jour après les cours. Elle ne venait plus dans son bureau, et ils n'avaient pas reparlé du baiser. Ou de la « rencontre de deux êtres dans des plans d'existence différents ».
Elle s'était assise au fond de la salle durant la journée entière, et enfin, juste avant le dîner, elle flotta à travers les tables des élèves vers l'avant de la salle.
« Oui ? », dit-il.
« J'ai besoin d'un livre de la Réserve ».
Il cligna des yeux. « Tu as besoin d'un mot ? Ou … ? »
« Non, idiot. J'ai besoin de mains ». Elle leva les yeux au ciel.
Il la suivit jusqu'à la bibliothèque, fasciné par la façon dont elle flottait parfois puis marchait d'autres fois de la même manière qu'avant.
Il prit le livre, remarquant le titre écrit en ancien Sumérien, et jeta un sort pour elle. Le livre tournerait ses pages toutes les deux minutes. Il invoqua une Plume à Papote pour qu'elle puisse prendre des notes.
Il ne la vit pas pendant quelques semaines après ça.
Cette année-là, à Halloween, il était en train de surveiller les couloirs, en cas de farces ou de blagues avant le petit déjeuner lorsqu'il vit Minerva, debout dans la Grande Salle, fixant la cour de l'école. Il était à une cinquantaine de pas d'elle lorsqu'il entendit du bruit derrière les portes, quelqu'un en train de courir. Il sortit sa baguette alors que Minerva restait immobile.
Potter et Weasley firent irruption dans le château comme une tornade, parlant sans s'écouter, et faisant de grands gestes.
Minerva parla doucement, sa voix aussi calme qu'un murmure comparé aux leurs. Elle se tourna pour les conduire vers le hall, leur faisant signe d'avancer.
« Ce n'est que depuis hier qu'elle m'a autorisé à vous contacter, Mr Potter. Ce n'est pas à moi de révéler ses secrets ».
Il perdit le trio de vue quand celui-ci se dirigea vers le couloir, Potter lui jetant un regard à la dernière seconde.
Enfin, elle avait décidé de leur dire la vérité. Il se demandait ce qui avait pu la pousser à changer d'avis.
Il n'y eut aucun signe d'eux au cours de la journée. C'était dimanche, il avait donc très peu de responsabilités à part surveiller le hall et chaperonner le festin d'Halloween.
Après le dîner, il marcha à travers les couloirs, cherchant de possibles fauteurs de troubles, et s'il passait plus que nécessaire devant les portes de la bibliothèque, et bien, ce n'était l'affaire de personne, seulement la sienne. Vers à peu près vingt-trois heures trente, il changea de direction, vers les donjons, avec l'intention de rentrer plus tôt.
Weasley sortit de la bibliothèque.
Les pas de Draco se firent hésitants, mais il essaya de lui faire un signe de la tête et de continuer sa route.
« Tu voulais la garder juste pour toi, hein ? »
Draco se tourna et fit face à l'expression de colère sur le visage de Weasley.
« Je ne vois pas ce que tu veux dire ».
Ron avança vers lui, les yeux rouges, reniflant.
« Tu n'as pas pensé une seule fois à nous dire qu'elle était.. », commença-t-il.
« Qu'elle était quoi ? » Draco ancra ses pieds dans le sol, refusant de bouger. « Vivante ? Ce serait un mensonge. »
« Non », dit Weasley, secouant sa tête. « Mais nous aurions pu lui parler. Venir la voir. Partager nos vies avec elle ». Il le regarda de haut, haussant un sourcil roux. « Mais à la place, tu l'as gardé pour toi ».
Il sentit son cœur manquer un battement. Il prit une grande respiration, essayant de se calmer et dit : « Elle ne voulait pas que vous sachiez ». Draco se rapprocha du plus grand garçon. « Et je ne te dois rien, Weasley ».
Minerva apparut dans l'encadrement de la porte. « Mr Malfoy ? Vous arrivez au bon moment. Pourriez-vous venir avec moi ? »
Draco se sentit comme engourdi lorsqu'il jeta un dernier regard à Potter et Weasley, qui reculèrent, et suivit Minerva dans la bibliothèque. Elle le mena à travers les rayons, vers la Réserve. Elle s'arrêta au niveau de la porte et fit un geste vers le fond de la pièce.
« Mademoiselle Granger vous attend ».
Il la fixa du regard. Ses traits étaient tirés et ses lèvres pincées. Il hocha la tête et continua à s'enfoncer dans les profondeurs des rayons de la Réserve, à la recherche d'un lueur argentée.
« Draco, bonjour ». Elle jeta un coup d'œil à la grosse horloge sur le mur du coin.
« Alors, tu as décidé de le leur dire ».
« Oui », dit-elle, baissant les yeux vers le livre de nouveau. « Je me suis dit que c'était le meilleur moyen de passer à autre chose. Pour nous tous ». Elle tourna une page et murmura les mots -
Elle tourna une page
Draco fixa ses doigts du regard, qui pinçaient le parchemin et tournaient les pages, les touchant vraiment.
« Tu es…Tu peux - »
« Ce n'est que temporaire, j'en ai bien peur ». Elle lança un autre regard vers l'horloge. « Et nous n'avons plus beaucoup de temps ».
23h47
« Plus on approche de minuit, plus je deviens corporelle », continua-t-elle.
« Tu as trouvé ça dans le livre sumérien ? », demanda-t-il, s'approchant d'elle, remarquant que ses vêtements s'étaient éclaircis. Il pouvait voir la tache de sang sur son sweatshirt. Le bleu de sa veste en jean contrastait avec la capuche rose. Elle était rose.
« Oui ». Elle ferma le livre, avec effort, et se tourna pour lui faire face. « Je tourne la page ».
Il prit un moment à comprendre. « Tourner la page ? ». Il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. « Tu peux faire ça ? »
« Oui. Le meilleur moyen de le faire est sous forme corporelle. Et le meilleur moyen de réussir est de le faire durant le Samain. » Elle jeta un coup d'œil à l'horloge et s'avança vers lui, à un peu plus d'une longueur de bras de lui. « J'ai juste besoin de les terminer. Euh, mes affaires, si on peut appeler ça comme ça ».
« Tu t'attends à devenir Ministre de la Magie dans douze minutes ? », tenta-t-il. Douze minutes. Seulement ça ?
Elle sourit. « J'ai fait mes adieux à Ron et à Harry. Nous avons passé la journée ensemble. Ils étaient ma plus grande connexion à ce monde. Et Harry va s'occuper de passer voir mes parents une fois par an ». Sa voix tremblait, sautant d'un mot à l'autre. « C'est plus facile qu'ils ne se souviennent pas de moi. Ils n'auront pas besoin de me laisser partir. C'est moi qui aurait besoin de les libérer ».
Il n'arrivait pas à suivre. Il ne lui avait jamais rien demandé à propos de ses parents le long de leur amitié post-mortem. Il se sentit très stupide.
Elle commença à faire les cents pas et il fut frappé de voir qu'elle ne flottait pas. Des pas sur les pierres. Il regarda l'horloge. 23h50.
« Donc, j'ai dit au revoir. Je leur ai donné le moment qu'ils auraient souhaité avoir avec moi avant ma mort. Et ils ont promis de me laisser partir à minuit ». Ses hanches se cognèrent contre un bureau, trahissant le fait qu'elle était peu habituée à ce que son corps soit solide. « Aïe. Et euh, McGonagall va faire la même chose. Je crois que c'est tout. Toutes les attaches seront rompues ». Elle se tourna pour lui faire face une nouvelle fois. « Il n'y a plus que toi maintenant. Tu es le seul qui reste ».
Il avait eu tort. Ses yeux avaient été d'un brun foncé. Presque noir. Ils n'avaient jamais été ambres.
« Moi ? Je te retiens ? ». Sa gorge paraissait être sur le point de se refermer sur elle-même.
« Pas avant », murmura-t-elle. « Mais tu le fais maintenant ». Elle se mordit la lèvre. « Tu me donnes envie de rester ».
Ses lèvres tremblèrent et un picotement au niveau de ses yeux le força à les détourner de son visage. Son regard tomba sur l'horloge.
23h51
« Et tu veux tourner la page », dit-il. Une affirmation à confirmer.
Elle hocha la tête. « Je crois que je dois le faire ». Elle s'approcha plus près. « Draco, tu as été un tel ami pour moi dans l'au-delà - »
Il fit une grimace, un rictus, alors qu'il lui tournait le dos. Bien sûr. Elle l'avait embrassé avec ses lèvres froides et mortes, et l'avait ensuite appelé un ami.
« - Tu as rendu tout cela supportable ». Elle essaya de faire en sorte qu'il la regarde, qu'il lui fasse face. Il se dégagea encore. Un petit rire lui échappa quand elle dit, « Si je ne pars pas maintenant je te hanterai probablement pour toujours - »
Il se tourna vers elle. « Eh bien, qu'y a-t-il de mal à ça ?! ». Il inspira. Une larme coula de son œil et il la sécha brusquement avant qu'elle ne puisse rouler sur ses joues. « Il y a un fantôme dans le grenier du Manoir. Nous ne le voyons pas beaucoup mais il est là. Nous – nous pourrions demander au Ministère que tu viennes là-bas ». Il prit une respiration désespérée.
Elle cligna des yeux et vit son regard humide. Elle secoua la tête, comme pour s'éclaircir les idées, et força un sourire. « Et ensuite ? Je flotterai dans les couloirs avec toi et ton épouse pour les années à venir ? », dit-elle en riant.
« Mon épouse ?! », s'exclama-t-il, les doigts tremblants. Le rire s'éteignit dans ses yeux et elle le regarda avec douceur. Il se rapprocha d'elle. « Quelle épouse ? »
Elle le regarda, les lèvres entrouvertes. Roses, et vivantes. Et elle serait bientôt partie.
« Je… », balbutia-t-elle, « je ne peux pas être celle dont tu as besoin, Draco. Je suis morte ». Elle détourna le regard. « Et c'est pour cela que j'ai besoin que tu me libères à minuit précis ».
Il leva la tête vers l'horloge. 23h56. « Et comment suis-je censé libérer ce dont je n'avais même pas connaissance d'avoir ? »
Elle fit les cent pas. « Si j'avais su que tu serais aussi difficile j'aurais fait en sorte de te donner plus de temps ».
« Excuse moi de ne pas coopérer avec ton plan de maître, que je ne connais que depuis neuf minutes », grogna-t-il, en reniflant.
« Non, je veux dire, je ne savais pas que tu ressentais… », dit-elle, sa voix restant en suspens, alors qu'elle regardait le mur derrière son épaule. Elle se mordit la lèvre. « Cela n'a pas d'importance ». Elle secoua la tête, comme pour chasser ses pensées. « C'est exactement pour cette raison que Ron et Harry ne pouvaient pas savoir avant », murmura-telle.
Il la regarda, alors qu'elle essayait d'éviter l'horloge, alors qu'elle essayait de mémoriser chaque détail.
Il ne la connaissait pas avant, lorsqu'elle était encore vivante. Pas vraiment. Il ne savait pas à quel point elle était drôle, ne connaissait pas la manière dont ses paupières se baissaient lorsqu'elle draguait, ou toute la joie qu'elle ressentait en énervant les gens.
Et il ne connaîtrait jamais son parfum. Ou la sensation de la serrer dans ses bras.
Il oublia de la mémoriser.
Elle s'avança jusqu'à son torse. Pas de baisse de température.
« Je ne veux pas que tu vives la moitié d'une vie, Draco », dit-elle. « La personne la plus proche de toi ne devrait pas être un fantôme ». Elle regarda devant elle, à son torse. « Tu dois juste me souhaiter le meilleur », murmura-t-elle. « Et croire – au moins pour une seconde – que c'est le meilleur choix à faire ».
Il prit une profonde inspiration et hocha de la tête, sentant son cœur se fendre.
« Qu'est ce que tu dois faire pour aller de l'avant ? », demanda-t-il, portant son attention vers elle. « Est-ce qu'il y a un sort ? Est-ce que as besoin de ma baguette ? »
Elle secoua la tête lentement. « Les sorts ont déjà été lancés. J'ai juste besoin d'une dernière chose. De me sentir…finie ».
Il la regarda alors qu'elle s'approchait de lui, tendant sa main, pressant sa peau contre sa joue. Pas froid. Pas chaud.
Elle se tint sur la pointe des pieds, son autre main glissant sur son épaule. « Je ne peux pas avoir de regrets », chuchota-t-elle contre les lèvres de Draco. Ses lèvres frôlèrent les siennes, et il passa un bras autour de son dos, faisant courir ses doigts le long de sa colonne vertébrale, savourant la solidité de son corps entre ses bras.
Elle l'embrassa de nouveau, ses mains se déplaçant sur son cou, à travers ses cheveux, et il pressa son corps contre le sien. Sa main se leva pour caresser son visage, et il pencha sa tête vers l'arrière, son goût sur la langue. Il sentit sa peau se réchauffer entre ses bras et il se força à garder les yeux fermés pour s'empêcher de regarder l'horloge.
Elle se serra contre lui, son corps pressé contre son torse, ses bras entourant son cou, ses hanches frôlant les siennes. Draco sentit sa bouche quitter la sienne, et ce fut comme si elle prenait sa vie avec elle.
Elle se recula, il sentit son souffle sur son visage, et il essaya de s'accrocher à la sensation de sa respiration.
« La vie n'est que temporaire, Draco », murmura-t-elle.
Il garda ses yeux fermés et hocha la tête, la serrant dans ses bras.
« Libère moi, s'il te plaît ».
Ses bras se détachèrent d'elle lorsqu'il se souvint de la manière dont elle avait besoin de son aide pour lire un livre, comment il lui était impossible d'enseigner, comment il ne pouvait la serrer dans ses bras.
Elle pourrait être heureuse autre part. Elle pourrait être libre.
L'horloge sonna minuit. Il ouvrit les yeux et elle n'était plus là.
Minerva l'attendait en dehors de la bibliothèque. Elle essaya de toucher son bras, et il s'écarta d'elle, suivant le chemin en direction des donjons.
Il fut présent en classe le jour suivant, malgré les suggestions de la Directrice. Ses yeux se dirigèrent vers le rang du fond, vers le siège vide.
Il se surprit à regarder les armures du château plus souvent qu'il n'aurait aimé l'admettre, étudiant leurs formes, ou examinant leurs placements dans les couloirs. Il y avait aussi plusieurs tableaux, qu'il n'avait jamais remarqué auparavant.
Il resta à Poudlard quatre ans encore. Potter vint rendre ses hommages pour le cinquième anniversaire de la Bataille. Il emmena Draco boire un verre et lui raconta l'histoire de Severus et de sa mère. Draco fronça les sourcils, fit la moue et se disputa avec lui en disant que ce n'était pas la même chose.
Il partit pour le Ministère après ça. Il travaillait avec les Aurors, s'occupant toujours des affaires dangereuses, échappant de peu à la mort et collectionnant les blessures graves comme des insignes.
Il épousa Astoria Greengrass. Elle était charmante. Et une oreille attentive. Mais il entendait des murmures la nuit, des fantômes d'une autre vie. Certains matins, il se levait même avec un sourire aux lèvres, laissant le son de sa respiration planer sur lui au cours de la journée.
Après tout, la vie n'était que temporaire.
Il souriait et se disait à lui-même :
Il n'y avait qu'Hermione Granger pour trouver un moyen de le tuer lentement pendant une centaine d'années.
J'espère que la fic vous a plu, si vous pouvez n'hésitez pas à écrire une petite review à l'auteur !
Pour la petite histoire, nous sommes deux à partager ce compte, une fan de Drarry et l'autre fan de Dramione (je vous laisse imaginer les discussions enflammées…), alors si vous voulez montrer que Dramione est le meilleur ship et que vous voulez plus de traductions, n'hésitez pas à review, fav ou follow !
A la prochaine !
