Une leçon de civisme


Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas ! Ils sont à Hiromu Arakawa :3

Base : FMA (manga)

Genre : Romance – Hurt / Comfort – OS – Shônen-Ai (Edvy)

Résumé : Edward a bien du mal à composer avec le caractère tempétueux d'Envy ! Pourtant, il l'aime. Alors il aimerait bien qu'il apprenne à s'intégrer aux humains sans trop d'anicroches. Pour ce faire, il lui donne des cours. Mais voilà qu'un incident inattendu va bousculer quelque peu l'élève et le professeur…

Musiques : Hum of the streets (FMA OST 1), 22, You Belong With Me, Bad Blood, We Are Never Ever Getting Back Together (Taylor Swift), I Really Like You (Carly Rae Jepsen)

Note : En ce moment, j'ai beaucoup d'idées de one-shot qui me viennent ! Il est pourtant rare que mon imagination soit aussi florissante en automne, mais il faut croire que c'est pour compenser ce printemps dernier où, justement, je n'en ai eue que peu ! X3 Bref ! J'espère que la fic qui suit vous plaira ! ^o^


Partout autour de lui, sous un soleil bien timide roulant derrière quelques nuages joueurs, une foule dense et animée qui se pressait dans la petite allée où il cheminait. De part et d'autre, d'innombrables stands colorés garnis à ras-bord d'abondantes denrées devant lesquelles se pressaient en masse des badauds beaucoup trop souriants à son goût. Ici et là, les cris survoltés des maraîchers désireux d'attirer le chaland. Et dans l'air, une foultitude d'odeurs indéfinissables, portées par la brise matinale.

Que de bruit.

Que de monde.

Que d'humains.

Tout ce qu'il détestait.

À part une chose.

Une seule et unique chose, qui lui adressait un grand et franc sourire. Mais il devait avouer que le contexte dans lequel celui-ci lui était offert le rendait quelque peu amer.

« Alors ? » demanda Edward en agitant malicieusement sous le nez d'Envy un truc rond et bigarré.

« Je sais pas », asséna sèchement l'homonculus en louchant joyeusement sur l'objet, dont l'odeur atrocement sucrée lui fit frémir une narine. Mais alors une seule, hein, parce que l'autre était trop occupée à capter le délicieux et délicat parfum de son chibi.

« Tu pourrais faire un effort ! » se plaignit ce dernier. Il attrapa brusquement la main droite du brun pour poser d'autorité la boule couleur de feu dedans. « Tiens ! Ce toucher, ça te rappelle rien ?

- Tu peux préciser le contexte ? » s'amusa Envy en palpant la chose avec un sourire plus qu'équivoque. C'était doux. Mais des choses douces, il avait l'habitude d'en toucher pas mal, depuis qu'il était avec Edward ~

Edward qui lui retourna un regard blasé – ainsi qu'un peu désespéré – et un jugement sans appel :

« Tu es irrécupérable. Une pêche, Envy. C'est une pêche. Je te l'ai déjà dit une bonne dizaine de fois ! En plus, on en a acheté la semaine dernière ! T'abuses.

- Oh ! D'où ta fameuse expression : ''avoir une peau de pêche'' ! » se remémora l'homonculus en levant l'index pour accompagner sa déclaration. Il plaça le fruit qu'il tenait dans le sac en papier qu'Edward lui présentait d'une main, l'autre étant occupée à tenir un petit panier en osier tressé déjà bien rempli. Ceci dit, Envy haussa les épaules et compléta : « Enfin bon, je vois pas pourquoi t'en fais tout un flan. Ça ressemble à quarante-six trucs qu'on a déjà vus. Par exemple, les ''clémentines'', là…

- Les ''clémentines'' ?! Tu veux pas plutôt dire les ''nectarines'' ?

- Ouais, ça, ou l'autre, c'est pareil », lâcha l'androgyne en agitant nonchalamment la main comme pour chasser une mouche.

Son petit blond, courroucé, se grandit en réponse et s'indigna :

« Non, c'est pas pareil ! Et c'est avec ce genre de raisonnement stupide que tu finis par me ramener des piments en lieu et place de poivrons quand je t'envoie faire les courses… ou que tu me sers une compote de poireaux plutôt que de rhubarbe ! Tu t'en rappelles, de ça ? Parce que moi, oui ! » Edward lui lança un regard mécontent qu'Envy eut du mal à trouver impressionnant : il était trop rigolo quand il s'énervait. Et pourtant, le plus jeune avait de quoi s'énerver : « J'étais malade comme un chien, ce jour-là, et ton intervention en cuisine m'a fait rendre le peu que j'avais pu avaler la veille !

- Hey ! » protesta vigoureusement l'androgyne. « Je t'ai quand même cuisiné un truc ! Ça devrait me valoir un ou deux bons points, quand même !

- Envy. Empoisonner les gens par ignorance, ça s'appelle pas ''cuisiner'' », souligna l'alchimiste avec une moue qui en disait long. Il soupira et, tout en choisissant deux ou trois pêches de plus, expliqua : « Écoute, Envy. Je sais que c'est difficile pour toi de trouver un intérêt à tout ça vu que tu n'es pas directement concerné puisque tu ne manges pas, mais moi, je mange. Et tu vis avec moi. » Une pause. Un regard. Toujours aussi transperçant. « Ou plutôt, avec nous. Alors fais un effort. S'il te plaît », insista l'alchimiste en lui tendant finalement le sac en papier rempli de fruits à l'odeur diablement alléchante. « Je ne fais pas ça pour t'embêter, tu sais... » précisa toutefois le plus jeune en constatant, rien que par son port raidi et ses lèvres légèrement pincées, que son amant commençait déjà à se braquer. « Je fais ça pour que tu te sentes mieux.

- Parce que tu penses sérieusement que me forcer à prendre un bain de foule dès huit heures du mat', tout ça pour me faire apprendre par cœur le nom de fruits dont je me tamponne le coquillard, ça va m'aider à me ''sentir mieux'' ?

- Tu exagères encore », accusa Edward. Il lui envoya une pichenette sur le front, qu'Envy tenta d'esquiver – en vain – en grognant. Mais bon. Envy pouvait bien s'énerver, ça faisait plusieurs mois déjà qu'Edward avait compris comment gérer ce genre de petite crise. Quand, bien sûr, il n'était pas lui-même sur les nerfs. Sinon, ça faisait de sacrées étincelles. Mais aujourd'hui, il avait pris sa journée et était bien trop serein pour se prendre la tête.

Edward rectifia donc :

« J'essaie juste de te faire découvrir mon monde. Ce n'est pas de ma faute s'il est complexe ! Et puis tu râles, tu râles, mais en attendant, même si tu ne connais pas la faim, tu étais bien content de manger des pancakes à la confiture, ce matin. Et cette confiture, elle a précisément été faite avec ce que tu tiens dans tes bras et dont tu t'obstines à ne pas vouloir retenir le nom. »

Envy baissa les yeux. Ah ?

« Alors tu vois ? C'est quand même plus chouette de savoir que d'être ignare, non ? » le taquina l'alchimiste en lui adressant un clin d'œil.

« On sent l'alchimiste qui parle.

- Et l'homonculus qui râle. Allez. Suffit de faire ta mauvaise tête ! Va payer tout ça, maintenant.

- Eh ? Depuis quand tu me donnes des ordres, toi ?

- Depuis que tu as décidé de t'installer chez moi. Ça me donne des droits ~

- Et moi, ça m'en donne ? » se renseigna Envy, non sans jeter un coup d'œil intéressé à une partie spécifique du corps du petit blond, bien moulée dans son pantalon en cuir.

« Ça dépendra de ta capacité à payer... » Edward lui fit décrocher l'une de ses mains du sac et y plaça un petit porte-monnaie en cuir avant de spécifier : « … sans aucun incident. »

Envy soupesa le petit porte-monnaie… et soutint le regard intransigeant de son amant.

Un nouveau défi.

Edward lui en donnait beaucoup, ces temps-ci. Et ça se corsait.

« Tu me prends pour qui ? » s'offusqua le brun en le toisant du regard tout en le contournant d'un pas décidé pour aller régler son dû.

« Pour quelqu'un qui a déjà fait rappliquer un groupe de militaires armés jusqu'aux dents dans une boulangerie – qu'on ne peut plus, du coup, fréquenter – pour une pauvre histoire de ''pains de chocolat'' », répondit Edward en le suivant d'un regard tant réprobateur qu'inquiet. Est-ce que ça irait, cette fois-ci ? Il n'en était vraiment pas certain, mais l'espérait très fort.

Envy avait encore tant à découvrir et à expérimenter pour, réellement, trouver sa place ; celle qu'il n'avait jamais réussi à trouver au sein d'un monde inconnu qui l'avait toujours rejeté du fait de sa différence, et qu'il avait appris à haïr plutôt qu'à comprendre. Tout du moins, c'était comme cela qu'Edward traduisait l'hostilité d'Envy à l'égard de tout ce qui se rapport aux humains ; lui mis à part, bien sûr.

Et cela… l'attristait.

Il savait qu'il forçait un peu les choses. Il savait qu'il bousculait les habitudes de vie d'Envy et le poussait souvent dans ses retranchements ; qu'il lui demandait d'exécuter des tâches qui, si elles étaient communes et simples pour lui, relevaient du quasi insurmontable pour l'homonculus. Il savait, pareillement, que le brun ne pouvait pas tout pardonner d'un coup : la peur, le rejet, la solitude. Qu'il ne pouvait, non plus, oublier toutes ces années de colère qui l'avaient amené à commettre les pires atrocités.

Quand il y repensait, le cœur d'Edward se serrait.

Mais il s'était juré, au moment même où il avait accepté ses sentiments pour Envy, de l'accepter également lui, tout entier et avec son passé, sans jamais le lui renvoyer en pleine figure. Car cela aurait été injuste.

Ne restait plus qu'à apprendre à cet amant parfois récalcitrant à reprendre la main sur son futur et à s'approprier ce monde étranger dans lequel il avait accepté de poser un pied en partageant son quotidien. Et ce n'était pas toujours facile. Toutefois, il s'y employait assidûment chaque jour : là en associant l'homonculus aux tâches ménagères, ici en le projetant dans une situation concrète qui impliquait une interaction sociale… Les occasions de devenir « humain » ne manquaient pas ; Edward les saisissait toutes. Mais souvent… À force de trop vouloir précipiter les choses, ça finissait en catastrophe. Aussi était-il plutôt stressé à l'idée qu'Envy dut, seul, régler une simple note pour de simples fruits. Intervenir était hautement tentant. Mais il se retint ! Vaillamment. Il resta à quelques mètres, à le fixer du coin de l'œil, prêt à accourir au moindre problème : il se souvenait encore trop bien du terrible épisode lors duquel Envy avait explosé contre un mur la tête du poissonnier qui s'était trompé en lui rendant la monnaie. Deux mois d'hôpital. Deux jours de garde à vue et une ingérence du Führer en prime.

Il déglutit.

Faites que ça se passe un peu mieux cette fois-ci… supplia intérieurement l'alchimiste.

Et ses prières furent entendues : Envy revint vers lui fier comme un paon et le sourire aux lèvres. Il se faufila entre les passants avec grâce puis, une fois à sa hauteur, plaça les pêches dans le petit panier dont Edward avait serré l'anse jusqu'à en imprimer le motif dans sa paume. Sans remarquer ce détail pourtant révélateur du stress du plus jeune, Envy lui rendit son porte-monnaie dans un sourire et ponctua le geste assuré d'un :

« Ben tu vois ! C'était pas si compliqué ! »

Edward soupira de soulagement et lui adressa en retour un sourire encourageant :

« Je suis content de me dire que pour une fois, cette sortie ne va pas se terminer en justifications interminables derrière le bureau du colonel. »

Envy se renfrogna aussitôt et ronchonna :

« Rappelle-moi pourquoi j'ai pas le droit de lui éclater la face, à celui-là ?

- Parce que c'est mon supérieur et que ça, ça fait partie des ''choses qui ne se font pas''.

- Ah oui, les fameuses.

- Oui, et tu ferais bien de t'en rappeler, sinon, ce soir, je te les fais les énumérer ! » menaça Edward, qui savait comme Envy avait un mal fou à ne pas se jeter à la gorge du colonel sitôt qu'ils le croisaient. Mais ça, c'était aussi car l'une des qualités premières d'Envy était d'être très imaginatif. Et son imagination, alimentée par une jalousie tenace – pour ne pas dire viscérale – avait tendance à bien s'emballer quand il était question du colonel. Et c'était pas faute de lui avoir expliqué que le colonel aimait certes les cheveux blonds… mais pas les siens.

Lui était alors venu l'idée de dresser la liste des « choses qui ne se font pas ». Envy n'avait qu'à s'y référer de mémoire pour savoir ce qu'il pouvait faire ou non ; en l'occurrence, « éclater » les gens, n'était pas vraiment convenable. Donc, par définition, c'était interdit.

« Hey ! Tu m'écoutes ? »

Edward fut tiré de ses pensées par Envy, qui claqua plusieurs fois des doigts juste sous son petit nez.

« Tu comptes dormir ici ou quoi, chibi ?

- M'appelle pas comme ça ! » gronda le plus jeune avant de se reprendre : « Excuse-moi, je réfléchissais. Tu disais ?

- On rentre ? »

Edward inspecta son panier. Fruits bien juteux à vous faire saliver d'avance, légumes frais du matin ou de la veille, une bonne livre de viande rouge… Moui. Ils avaient tout. Ils pouvaient rentrer ! Il acquiesça donc d'un signe de tête approbatif.

« J'ai hâte de cuisiner tout ça ! » lança le petit alchimiste en initiant la marche d'un pas bout-en-train.

Envy, sur ses talons, le taquina :

« De ''manger'' tout ça, tu veux dire ! C'est plutôt Al qui cuisine que toi. Et pourtant, il mange même p-... ! »

Un silence.

Edward, qui s'apprêtait à rétorquer quelque chose de bien placé avec un air fiérot, s'arrêta net.

Un Envy qui ne décochait mot, c'était très mauvais signe.

Mais un Envy qui s'arrêtait en plein milieu d'une phrase, c'était inédit, ça, encore.

Les pieds vissés au sol et le corps crispé sous le coup de l'expectative, l'alchimiste se tourna lentement vers son partenaire, prêt à le questionner sur ce soudain mutisme.

Mais quelque chose l'en garda.

Une voix masculine et grasse qui fusa de derrière l'homonculus :

« Joli petit cul, pour une planche à pain ! ~ »

Le regard d'Edward glissa du visage d'Envy, décomposé par le choc, jusqu'à celui, goguenard, d'un bon gaillard barbu d'un mètre quatre-vingt à deux mètres de là, flanqué de deux autres hommes à l'air porcin et aux sourires railleurs.

Euh ?

Le jeune garçon cligna des yeux en voyant les trois comparses se gausser comme des hyènes, puis reporta son regard couleur miel sur son amant.

L'un de ses yeux commençait à virer au noir profond.

Ses muscles étaient bandés.

Des éclairs crépitaient sur son bras droit.

Mauvais signe.

Très mauvais signe.

Ni une, ni deux, Edward se jeta sur ce bras secoué d'adrénaline pour le retenir.

Juste à temps.

L'attention d'Envy se reporta heureusement sur lui. En conséquence, son œil retrouva vite sa couleur habituelle. Edward en profita pour l'interroger du regard, incompréhensif et sacrément inquiet.

La réponse du brun, crachée avec hargne, fut sans appel :

« Je dois faire une ''chose qui ne se fait pas''. Lâche-moi. »

Edward, loin d'obéir, raffermit d'autant plus sa prise sur le bras d'Envy, bien qu'ignorant toujours la cause de cette rage si soudaine. La réaction de l'homonculus ne se fit pas attendre. Ne souhaitant pas déboîter le bras de son amant mais ne pouvant non plus se dégager sans heurt, il pivota souplement et simplement puis s'écria à l'attention du gaillard repéré plus tôt par Edward, qui s'éloignait d'ailleurs déjà :

« Hey connard ! Ramène un peu ta gueule pour voir ! »

Le sourire arrogant du brun ne disait rien à Edward… Mais pire encore fut l'accueil fait à l'insulte. L'interpellé se retourna lentement sous les regards circonspects et surpris des passants qui avaient tous brusquement cessé leurs activités, alertés par ces éclats de voix. Le barbu avait perdu son rictus et répondit avec un air de molosse prêt à déchiqueter la première personne venue :

« T'as dit quoi, là ?

- T'es sourd en plus d'être con ? » renchérit évidemment Envy en découvrant ses canines anormalement aiguisées tant son sourire s'était élargi. « Ramène-toi, si t'es un homme », gronda-t-il sourdement.

« Envy ! » le sermonna tout bas Edward en essayant de le tirer vers lui pour rompre le duel de regards et d'insultes qui s'était engagé et qui commençait, doucement mais sûrement, à déboucher sur un affrontement frontal. « Mais t'es pas bien ?! Qu'est-ce qui te prend ?! Pourquoi tu le provoques comme ça ?!

- T'occupe. C'est mes affaires.

- Si tu tues quelqu'un, qui plus est devant une centaine de témoins, je t'assure que ça va vite devenir mes affaires aussi ! » s'alarma Edward en essayant d'user de son poids pour influer sur le port statique d'Envy ; histoire de l'attirer ailleurs et de tuer dans l'œuf cette altercation qui fleurait les embrouilles de longue durée à plein nez.

Peine perdue. L'homonculus toisa l'alchimiste d'un regard vipérin inflexible. Edward comprit sans mal que le brun avait juste décidé de peser de tout son véritable poids pour contrer toute tentative de fuite de sa part. La preuve ? Les pavés, sous lui, étaient déjà en morceaux, éclatés par les deux tonnes qui venaient « d'apparaître » sur eux.

Merde.

Il n'allait pas pouvoir le faire bouger de là avant que…

« … ! »

L'inconnu et ses sbires approchaient avec la détermination de véritables chars d'assaut. Chemin faisant, le premier, même, bousculait violemment les passants qui n'avaient pas eu la présence d'esprit de s'écarter d'eux-mêmes avant qu'il n'arrivât à leur hauteur. Quelques protestations s'élevèrent, mais il fallait dire que vu le gabarit du mastodonte, peu furent celles qui ne moururent pas avant d'être finies. Envy, pourtant, n'était lui pas impressionné pour un sou : il se tenait droit et digne au beau milieu de l'allée, déjà désertée dans rayon d'une bonne dizaine de mètres autour d'eux. Et quand on connaissait l'homonculus, la raison de cette confiance en lui-même était plus qu'évidente : il avait tout à fait les moyens d'assurer sa défense. Et même plus. D'où la panique grandissante d'Edward, qui savait que s'il n'intervenait pas rapidement, cette innocente sortie allait finir en boucherie.

Mais encore eut-il fallu qu'il comprît l'origine du problème !

« Envy ! Tu vas me dire ce qui se passe, à la fin ?! » insista-t-il.

Mais trop tard.

Les trois hommes étaient déjà face à eux.

Et par « eux », comprendre : un Envy BEAUCOUP trop souriant pour que ce fût rassurant, et un Edward devenu blanc comme un linge tant il pressentait les emmerdes qui arrivaient à vitesse grand V.

Autour, un silence de mort.

Et vu la situation, y'avait pas que le silence qui allait être mortel.

« Ben voilà, je suis là, poupée », annonça l'inconnu avec morgue. « Comme tu le souhaitais ; comme… comme un ''homme'', c'est ça ?

- ''Poupée'' ? » relevèrent simultanément Envy et Edward ; l'un en riant jaune, l'autre en dévisageant sérieusement l'inconnu.

C'était Envy qu'il venait d'appeler « poupée », là ?

« Ouais, ''poupée''. Alors ? Ça fait quoi d'avoir un vrai mec en face de soi ? Ça change, hein ? » s'enquit l'armoire à glace en coulant un regard lourd de sens à Edward.

Edward qui ne comprenait toujours goutte à ce qu'il se passait.

Envy, lui, éclata de rire.

« Je sais pas, je l'attends encore ! » lança l'homonculus en faisant mine de regarder autour de lui.

L'homme, vexé, fronça les sourcils. Il grinça des dents un instant mais ne se laissa pas pour autant démonter et proposa d'une voix lubrique :

« Ben si tu veux, on s'isole un peu toi et moi, histoire que t'y voies plus clair ~

- Malheureusement, je crois pas que ce soit moi qu'aie de la merde dans les yeux », lui retourna Envy en haussant un sourcil amusé.

L'homme eut un petit mouvement de recul, surpris.

« T'as une sacrée répartie, pour une donzelle.

- ''donzelle'' ?! » s'exclama Edward, qui assistait, comme les deux sous-fifres bien discrets du malotrus, à cette bataille sans aucun panache et plutôt surprenante.

« La ''donzelle'' va surtout t'éclater la gueule », grogna sourdement Envy en avançant d'un pas. Menaçant, le pas.

« Peeeersonne ne va éclater personne », intervint Edward en s'interposant aussitôt entre son amant et la montagne de muscles qui lui faisait face, avant que ce dernier ne pût répliquer. Le petit blond peinait à croire que ces mots sortaient de sa bouche. Jamais il n'aurait cru qu'il aurait pu, un jour, chercher de toutes ses forces à raisonner quelqu'un de plus sanguin que lui. C'était le monde à l'envers ! Et il devait avouer qu'il saisissait un peu mieux, à présent, les fréquentes plaintes d'Alphonse à son sujet.

Effectivement, c'était chiant de jouer les diplomates. Surtout quand on n'était pas doué pour ça. Pourquoi il pensait ça ? Parce que...

« On t'a pas sonné », répondirent en chœur les deux coqs de combat… Bien que l'un d'eux pensât vraisemblablement être plutôt face à une poule.

C'en fut trop pour le plus petit.

Il avait prévenu : il était sanguin lui aussi.

« Envy, je te préviens, si tu m'expliques pas ce qu'il se passe sous cinq secondes, je réponds plus de rien. »

L'homonculus fusilla du regard son adversaire puis, sans le quitter des yeux, éclaircit ENFIN la situation pour son amant :

« Y'a que cet enfoiré m'a foutu la main au cul dans le plus grand des calmes. »

Edward cligna des yeux un instant.

Un instant suffisant pour que l'inconnu confirmât, après avoir lancé un regard condescendant à l'alchimiste et un autre, compatissant, à son compagnon :

« Et vu ce que tu te tapes et comment tu te sapes, ça devait bien te manquer. »

Edward resta bouche-bée.

Pardon ?

« Euh… »

Il zyeuta Envy de haut en bas.

Des hanches étroites, des épaules bien larges, un torse bien PLAT, une musculature à faire pâlir de jalousie n'importe quel mec (Envy : Et un atout gros comme ç-... ! Edward : NON ! *lui shoote dans la tête*)… Mais parallèlement, une petite taille, un visage d'éphèbe aux traits extrêmement fins, des vêtements fluides, trompeurs et absolument pas en phase avec la mode actuelle et une allure, il fallait l'avouer, plutôt féminine.

Bref, un androgyne qui portait bien ce surnom.

L'erreur était compréhensible.

Le geste, beaucoup moins.

« Ce que je me tape et ce avec quoi je me sape me vont très bien », grinça l'homonculus, de plus en plus tendu et prêt à commettre un geste qui, Edward le sentait bien, serait irréparable.

L'atmosphère était tendue comme un élastique prêt à claquer à tout moment.

Edward ne pouvait pas laisser ça arriver.

Alors, avant même que l'homme, qui n'avait toujours pas compris sa méprise, ne pût enchaîner, l'alchimiste interrompit les hostilités d'un ton impérieux :

« Envy, ça suffit. Laisse tomber. Ça n'en vaut pas la peine. »

Tous les regards se tournèrent vers lui. Y compris celui de son amant.

« Quoi ? Hors de question. J'ai un différend à régler.

- Je m'en fiche.

- J'te trouve vachement compréhensif, dis donc. Surtout vu toutes les insinuations que ce connard a faites sur toi.

- Répète, pour voir ? » intervint l'homme en s'approchant un peu plus.

« J'ai dit CA SUFFIT », rugit le petit lion à l'attention de son aîné. « Ce genre de scandale, ça fait justement partie des choses que tu dois éviter ! » rappela-t-il à son « élève » avec fermeté en tirant à lui le bras de l'homonculus. « Même si ce gars est trop con pour voir que t'as une paire de couilles, c'est pas une raison pour chercher à tout prix à les lui agiter sous le nez comme ça ! Tu t'es assez donné en spectacle. Viens, maintenant », somma l'alchimiste d'un ton qui ne souffrait aucune contestation… mais qui était malgré tout un peu troublé d'avoir eu, par extension, à étaler sa sexualité devant des dizaines de personnes. Il fallait certes qu'ils fissent le lien, mais bon. S'il l'avait pu, Edward aurait préféré s'épargner un coming out public sans préavis. Il tourna donc les talons un peu vivement pour entraîner Envy à sa suite, histoire de limiter les dégâts. Celui-ci était si ébaubi par l'attitude inhabituelle d'Edward qu'il ne pensa plus à moduler son poids à son avantage et suivit, malgré lui, le petit alchimiste remonté. Ceci, bien sûr, sous les regards hallucinés de la foule mais, surtout, du molosse et de ses acolytes qui venaient d'avoir leur révélation de l'année.

Mais celui qui restait le plus choqué était Envy.

Trébuchant maladroitement derrière Edward tant le rythme qu'il imprimait à leur marche était rapide, il fixait le petit blond avec incompréhension… Et, peut-être, aussi, colère.

Quoi ?

C'était donc tout ce que ça lui faisait ?

On le touchait, les insultait tous les deux, les humiliait… Et Edward, lui, acceptait ça sans même un mot plus haut que l'autre, dans un probable souci de bienséance ? Parce qu'il fallait qu'il « s'intègre » et que « ça ne se faisait pas » d'éclater les gens, même s'ils vous manquaient de respect ? C'était ça, le monde dans lequel il aspirait à vivre ? Un monde où on pouvait vous foutre la main au panier sans problème ? Un monde où on se foutait ouvertement de votre gueule en public et où il fallait encaisser le fait de s'en aller sous les quolibets moqueurs de véritables chiens en rut, par « civisme » ?

Parce que si oui, ils allaient devoir avoir une petite conversation, et rapidement.

Parce que lui, il n'avait pas signé pour ça.

Et qu'il était à deux doigts de faire tout bonnement volte-face pour décapiter le malotrus sans plus de cérémonie tant il bouillait intérieurement d'une rage mal contenue.

« Stop », tonna tout à coup Edward en s'arrêtant net, alors qu'ils n'étaient qu'à vingt mètres du lieu de l'incartade. Envy manqua de lui rentrer dedans tant l'arrêt avait été brusque. Mais qu'importe. C'était trèèèès bien. Il allait profiter de cette pause inattendue pour faire connaître à son compagnon le fond de sa pensée ; et correctement, qui plus était.

« Chut », intima Edward en posant son index droit sur les lèvres déjà entrouvertes d'Envy. L'autre main, elle, plaça sans préavis le panier de courses dans ses bras. Envy le réceptionna gauchement, incompréhensif. Car il était bien en peine de lire en son compagnon aussi facilement que d'habitude et que son comportement était, pour le coup, tout sauf clair.

« Hey ! Vous, là ! » héla Edward à l'attention d'un fromager qui, comme à peu près toutes les personnes dans un rayon de trente mètres, s'était arrêté pour assister à la scène. « Il me semble qu'il y a un groupe de militaires qui patrouille, là-bas… » indiqua-t-il d'un coup de pouce assuré. « Vous pouvez aller les chercher ?

- Ben j'veux bien, mais pourquoi faire ?

- On va en avoir besoin dans, genre, vingt secondes », répondit Edward avec un large sourire qui sembla mettre le feu aux fesses du commerçant, puisque celui-ci courut dans la direction indiquée.

Envy, perplexe, suivit l'homme du regard puis reporta son attention sur Edward et s'enquit :

« Tu peux m'expliquer ?

- ''T'occupes. C'est mes affaires.'' », répondit le plus petit tout en lui envoyant une tape sur l'épaule, accompagnée d'un : « Je te confie les courses. ».

Sans un regard de plus vers Envy, il se dirigea vers les hommes qui, eux, n'avaient pas bougé d'un iota, fiers de leur petit effet. Ou de celui qu'ils pensaient avoir.

Le molosse accueillit le plus jeune d'un :

« C'est pour ? T'as oublié quelque chose ?

- Moui. » Edward inclina la tête et s'attrapa le menton, pensif. « T'es bien majeur ?

- Ouais. Pourquoi ?

- Parce que moi pas, et que légalement parlant, ça m'arrange. »

Une seconde.

Le temps suffisant à Edward pour asséner un coup de pied magistral dans le service trois pièces du monsieur. Avec la jambe gauche, bien évidemment.

Un cri.

Tout ce que l'homme a le temps d'exprimer avant que le poing droit de l'alchimiste ne file dans sa mâchoire dans un bel uppercut.

Un claquement de mains.

Juste ce qu'il faut pour neutraliser les deux autres complices avant qu'ils ne tentent quoi que ce soit.

En tout et pour tout, discussions comprises, vingt secondes.

Les vingt secondes...

« HEY ! Toi, là ! Mains en l'air ! »

… nécessaires à l'arrivée des militaires, qui entourent aussitôt Edward. Le déploiement est vif et précis : l'alchimiste est bien vite encerclé, armes dégainées et pointées sur lui, prêtes à être utilisées. Sans protester aucunement, le petit blond, après un dernier regard méprisant aux trois hommes qu'il a étalés en un temps record, obtempère. Sur son visage angélique, un sourire amplement satisfait. Dans ses yeux, la lueur du sentiment de plénitude procuré par la justice enfin rendue.

Tandis qu'un premier militaire le maintient en joue par précaution, un deuxième se précipite vers les victimes présumées pour attester de leur état. Nul doute : les trois hommes sont inconscients et bien amochés ; mis violemment à terre par un gamin pourtant pas plus haut que trois pommes. Le plus haut gradé des soldats s'en approche d'ailleurs prudemment : pas possible que ce microbe ait maîtrisé de solides gaillards comme ça avec autant d'aisance. Il y a forcément un truc. Et effectivement, le « truc » se trouve à sa ceinture, scintillant au soleil de façon arrogante : une montre en argent portant le blason du pays. Rien à voir avec le fait qu'Edward se soit discrètement dandiné pour que son manteau glisse dessus et la révèle aux yeux curieux de l'homme qui l'inspectait devant un public toujours aussi silencieux et figé.

Y compris Envy qui, tout du long, est resté médusé.

Son panier bien garni encore au creux des bras, toujours incapable d'aligner deux idées, il assiste au salut de circonstance exécuté par le groupe de militaires à l'attention de son chibi vengeur. Celui-ci, le repérant du coin de l'œil, lui adresse un clin d'œil rassurant tandis que les soldats, se confondant en excuses, l'embarquent malgré tout…

… et laissent l'homonculus au beau milieu de la foule encore secouée par toute cette agitation, seul et seulement capable d'articuler en voyant son amant partir au loin :

« Hein ? »


« C'est moi ! ~ Je suis rentré ! » claironna une voix guillerette depuis le seuil du petit appartement centralien.

Aussitôt, deux têtes inquiètes apparurent dans l'encadrement de la porte donnant sur le salon. Évidemment, il s'agissait de…

« NII-SAN !

- CHIBI ! »

Alphonse et Envy se précipitèrent dans un même mouvement vers Edward. Le premier le serra fort dans ses bras tandis que le second, lui, lui tourna un peu autour à la manière d'une chatte inspectant consciencieusement son petit enfin retrouvé.

« Nii-san ! Tu n'as rien ? Ça va ? » le bombarda Alphonse, tremblant de stress.

« Alors ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? C'est allé ?! » renchérit simultanément Envy.

« Ouh là, ouh là, doucement ! » tempéra Edward face à cet engouement soudain qu'il avait du mal à gérer, surtout à une heure aussi tardive et alors qu'il était épuisé par des heures de garde à vue. « Je vais très bien, je suis en un seul morceau, et tout... » Il se tourna vers Envy. « … est finalement réglé. » Puis, il regarda son frère. « Je suppose qu'il t'a raconté ?

- Un peu. Enfin… ''résumé'', plutôt.

- Tant mieux. Je préfère éviter de m'appesantir sur cet incident stupide », trancha Edward.

Un silence pesant s'ensuivit. Alphonse comprit aussitôt qu'il était de trop et que son frère et son compagnon avaient à s'expliquer. Il s'éclipsa donc discrètement mais maladroitement sur un :

« B-Bon… Je suis dans ma chambre si vous me cherchez… Je vous laisse ! »

Les deux amants se retrouvèrent donc en tête à tête.

Tandis que les bruits de pas métalliques s'estompaient et qu'Edward se déchaussait et se déshabillait, Envy, lui, le détaillait intensément. Pas de traces de coups, un visage plutôt serein… Son chibi n'avait pas menti. Tout semblait « aller bien qui finissait bien ». Mais quand même…

« Tu n'as rien à me dire… ?

- Pas spécifiquement.

- C'était pourtant un sacré coup d'éclat, ce que tu nous a fait, tout à l'heure.

- Un coup d'éclat débile qui m'a certes permis de sauver les courses, mais qui m'a surtout valu un « sacré » rappel à l'ordre d'un certain colonel bien chiant qui s'est encore déplacé juste pour me faire la leçon », grommela Edward avec l'air d'un enfant pris en faute… mais pas forcément repentant.

« Il n'a vraiment rien d'autre à foutre, lui », maugréa l'androgyne en accrochant machinalement au porte-manteau la veste qu'Edward lui présentait. « Cela dit… Il faut avouer que ton intervention était plutôt remarquable – au sens propre du terme – et je dirais… inattendue ? »

Envy laissa ce dernier mot flotter un instant.

Le silence se réinstalla confortablement.

Il fallut bien une minute pour qu'Edward, qui tournait à présent le dos à son aîné, le rompît. Brutalement :

« Pourquoi, ''inattendue'' ? »

Envy laissa quelques secondes s'écouler avant de répondre à mi-mots :

« Parce que je pensais que tu t'en avais rien à foutre. »

Edward accepta enfin de croiser son regard. Le sien était calme et… profond. Tout comme sa voix.

« Eh bien tu avais tort. »

Le brun sourit. Un peu.

« Je vois ça. »

Puis, d'un ton un peu plus sarcastique :

« Et dire que c'est toi qui me disais qu'il fallait éviter tout scandale ~

- RAH ! J'étais sûr que t'allais me la sortir, celle-ci ! » s'offusqua le plus petit en cherchant à lui envoyer une tape sur la tête.

Manque de bol, Envy était trop grand et, surtout, avait des réflexes de serpent. Il n'eut donc aucun mal à attraper les mains de l'alchimiste et à le maîtriser. En douceur, bien sûr.

« Hep hep hep ! Ces mains ont suffisamment cogné aujourd'hui, tu ne crois pas ?

- C'est vrai », reconnut Edward. Il s'assagit et les ramena à lui. « Et franchement, je m'en serais bien passé. Surtout après ce que je t'ai dit, effectivement », fit-il en se tortillant, mal à l'aise.

« C'est sûr. Parce que tes leçons, c'est un peu ''fais ce que je dis, pas ce que je fais'' ?

- Absolument pas ! » s'indigna l'alchimiste. « Sache, premièrement, que certaines colères sont parfaitement légitimes ! » Il mit ses mains sur ses hanches, sûr de son fait, et asséna : « Deuxièmement, je veux t'apprendre à vivre parmi les humains, CERTES. Mais même chez les humains, y'a des cons, hein ! Et les conseils que je te donne sont… sont… applicables dans la limite du raisonnable, on va dire. Après… Après… Bon, ça n'excuse pas ce que j'ai fait. Je me suis un peu…

- … ''emporté'' ? ''énervé'' ? » proposa Envy, moqueur.

« Tout ça », admit Edward avec une petite mine. « Et je n'aurais pas dû. J'aurais simplement pu signaler la présence de ces personnes… indélicates… » Il manqua de s'étouffer en prononçant ce mot tellement éloigné de la réalité. « … sitôt que j'ai aperçu, plus loin, les militaires. Mais sérieux, je… je… ! » s'embrouilla-t-il à grands renforts de gestes incohérents.

Il se tut et s'immobilisa finalement avant de pousser un long soupir. Il laissa retomber ses bras, ballants, contre ses flancs fatigués.

« Je raconte n'importe quoi, en fait. »

Il secoua la tête et reprit, calmé :

« Répondre à la violence par la violence n'est pas une solution. Ça défoule, c'est tout. Et j'avoue, j'avais besoin de me défouler, parce que… Parce que… ! » Son regard se fit douloureux. « Juste. On t'a manqué de respect, et ça, c'est juste pas possible. Je peux pas encaisser ça pour réagir posément. J'arrive pas. J'aurais pas dû, mais je l'ai fait. Voilà. » Il lui adressa un regard désolé et une moue contrite : « Néanmoins, ça reste moins « grave » que si je t'avais laissé te défouler, toi. On serait encore avec les militaires, à cette heure-ci, autrement.

- N'importe quoi.

- Tu sais que j'ai raison.

- Et tu sais que j'aime pas avoir tort.

- Je sais. Mais je veux juste que tu saches que voilà : tu peux te défendre, Envy. Tu en as le droit, mais pas en tuant les gens. Ça ne-…

- … se fait pas, je sais. J'ai compris. Mais n'empêche que tu aurais pu me mettre au parfum avant de te jeter toutes griffes dehors sur eux ! J'ai halluciné, moi !

- Et moi donc ! J'aurais jamais cru possible qu'un mec te fasse des avances comme ça, en pleine rue ! » s'amusa Edward, pour détendre un peu l'atmosphère.

« Ouais… C'est vrai que c'était… Ahem… bizarre... » répondit évasivement Envy… intrigant d'autant plus Edward.

Ce ton. Ce regard fuyant…

« Naaan… C'est pas la première fois, c'est ça ?

- Que-… ?!

- AHA ! J'en étais sûr !

- N'importe quoi !

- C'est la jupe-short, c'est ça ? C'est la jupe-short ! À tous les coups ! Tu vois ! C'est TOUJOURS la jupe-short !

- Mais arrête avec ça !

- Nan ! » fit le petit alchimiste en lui tirant la langue.

« Tu vas voir si c'est la jupe-short ! » menaça Envy en se jetant sur lui pour le chatouiller sans pitié. Il s'arrêta rapidement pour demander avec un sourire en coin : « Tu sais pourquoi j'en porte une, d'ailleurs ?

- Non, mais tu vas me le dire ? » supputa Edward tout en rigolant encore.

Il rigola cependant tout de suite moins quand Envy lui susurra à l'oreille :

« Parce que ce serait trop indécent qu'il n'y ait pas de jupe… vu ce qui est moulé par le short. »

Edward arrêta de rire instantanément et s'empourpra aussitôt.

Envy sourit.

« Et si je t'apprenais deux ou trois trucs, moi aussi, cette nuit ? ~ »

Edward le regarda par en-dessous un instant, puis murmura d'un ton étonnamment enjôleur :

« Fais donc ~ »

Envy haussa un sourcil.

Cette journée était décidément pleine de surprises.


FIN


Contrairement à ce que la fic laisse croire, elle n'a en fait rien à voir avec l'actualité du moment ._. C'était une idée que j'avais eue il y a pas mal de temps (mais que je n'ai peaufinée que récemment) après avoir fait le constat suivant : il est fréquent que les uke, dans les fanfictions, soient courtisés de façon insistante… Mais il l'est beaucoup moins que ce soit le cas des seme ! Du coup, je trouvais ça dommage que les uke n'aient que rarement l'occasion de défendre leur partenaire en mode « je-te-montre-comment-je-suis-badass-chéri » et… ben en fait, j'avais juste envie d'offrir à Edward un moment bien viril pour qu'il puisse en mettre plein la vue à Envy lui aussi xp Parce que les uke aussi ont leur mot à dire (W.A. : Uke power ! Ed : Je ne suis pas un « uke ». Envy : Je peux émettre une objection ?) !

Voilà ! J'espère en tout cas que ça vous aura plu, et je vous dis à bientôt pour un autre OS ~

Bisous à tous et à toutes !

Rédaction et édition : White Assassin

Correction : Couw-Chan