La Colline aux secrets


Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont à Hiromu Arakawa :)

Base : FMA (manga)

Rating : T

Genre : Romance – Poetry – OS – Shônen-ai (Edvy)

Musiques : Nocturne of Amestris (FMAB, OST 2), First steps into sunken glades (Ori and the Blind Forest, OST), Colosseum Ruins et Life in Ruins (Zelda BOTW OST), Howl's Moving Castle Theme Song (Le Château ambulant, OST), Inochi no Namae (Le Voyage de Chihiro, OST)

Résumé : Une relation naissante est souvent le prétexte à de nombreuses découvertes. Et Edward a dans l'idée d'en faire faire une à Envy ! Mais il se pourrait que le plus surpris des deux ne soit finalement pas celui qu'on croit…

Note : Cette petite fic m'a été inspirée par ma correctrice :3


Le printemps touchait à sa fin à Resembool, où une douce chaleur persistait malgré la nuit tombée. Porté par une brise venue rafraîchir l'atmosphère après la journée passée, largement ensoleillée, le manteau obscur de la nuit s'était depuis longtemps déjà déposé sur les rondeurs des collines. La campagne endormie était à présent parée des couleurs du soir tandis que dans le ciel nocturne, quelques étoiles timides scintillaient doucement. Entre elles, la lune, pleine, semblait avoir pris possession du ciel. Avec une majesté sans pareille, elle répandait sa lumière bienveillante autour d'elle en un halo évanescent. Celui-ci devait se sentir à l'étroit au milieu des nuages : il avait glissé jusque sur terre, où il enrobait d'un voile argenté le petit village qui se trouvait niché au creux des collines, ainsi que les rares habitations qui avaient choisi de s'ériger plus loin.

Il n'y avait tout au plus qu'une dizaine de ces maisons solitaires, éparpillées dans la nuit. La plupart étaient occupées par des paysans qui, harassés par leur journée de travail, s'étaient déjà abandonnés aux bras de Morphée. Cependant, l'une d'elles dérogeait à la règle : comme en attestait l'une de ses fenêtres, au premier étage, qui brillait dans la nuit, l'un de ses habitants était bel et bien éveillé.

Cet habitant, c'était Edward Elric.

Le jeune garçon, couché à plat ventre sur son lit, était plongé dans un ouvrage volumineux, dont la petitesse des caractères et des schémas révélaient la complexité ; bien trop élevée pour un garçon de son âge. Néanmoins, le contenu du livre devait le passionner, car le blond ne faisait pas grand cas de ce qu'il se passait à quelques mètres à peine de lui. En effet, la chambre de l'adolescent était en proie à une rare agitation : du côté opposé, un androgyne aux longs cheveux noirs semblait avoir entrepris de déranger le moindre objet qui passait à sa portée. Ainsi, le bureau qu'il venait de quitter était recouvert d'innombrables papiers et livres pêle-mêle, le sol jonché de vêtements et la commode et l'armoire, sens dessus dessous. Et malgré tout le ramdam que cela supposait, ce ne fut que le tintement familier d'une montre qui heurtait un meuble qui sortit Edward de sa torpeur.

« Ne touche pas à ça », avertit-il, sans pour autant daigner accorder un regard à son colocataire, qui tenait entre ses longs doigts fins une montre à gousset en argent frappée du symbole des alchimistes d'État.

« Et pourquoi pas ? » lança Envy d'un ton singulièrement insolent.

« Parce que j'y tiens. Tu peux bien mettre le souk dans la chambre si tu veux – puisque c'est toi qui rangera, de toute façon – mais je ne veux pas que tu abîmes cette montre. Et tu le sais », expliqua patiemment Edward tout en tournant machinalement les pages de son livre, qu'il avait à présent renoncé à lire.

Envy, avec force mauvaise grâce, posa le petit objet d'un geste sec sur le bureau.

« Et arrête donc de faire ta mauvaise tête », soupira Edward.

Il se détourna enfin de son livre pour s'intéresser à l'homonculus… qui le toisait à présent d'un regard pour le moins vindicatif.

« Je fais la tête qu'il me plaît.

- Eh ben celle-ci est particulièrement moche », lança l'alchimiste avant de se redresser sur le lit, las. « On dirait un gamin privé de sucette », conclut-il, toujours assis face à un Envy particulièrement remonté, qui lui rétorqua :

« On n'en est effectivement pas trop loin, si tu vois ce que je veux dire.

- Je vois très bien. Mais tu y as eu droit hier soir, si mes souvenirs sont bons, alors je ne vois pas trop de quoi tu te plains.

- Du fait que je ne suis là que pour quatre jours et qu'on ne les met même pas à profit !

- Envy. ''Non'', c'est ''non''.

- Mais… !

- Et tu peux bien me démonter la baraque si t'as envie, ça ne changera rien.

- À défaut de pouvoir te démonter toi, faut bien que je m'occupe.

Edward préféra lui passer cette remarque, mais accusa tout de même :

« Tu veux juste te faire remarquer.

- OUI. »

L'adolescent cligna répétitivement des yeux devant cet aveu si franc et resta muet. L'atmosphère, électrique, se tendit un peu plus lorsque Envy, bras croisés, poursuivit d'une voix qui ne cherchait pas le moins du monde à dissimuler l'amertume qui montait en lui :

« Tu sais qu'on ne se voit pas souvent. Surtout en ce moment, avec Père qui m'envoie aux quatre coins du pays tous les deux jours.

- Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi, d'ailleurs…

- Et malgré ça... » continua Envy sans prêter attention à la piètre tentative de sa petite crevette fouineuse de glaner des informations auxquelles elle n'avait pas à avoir accès, « … On ne l'a fait qu'hier soir. » Il dévisagea Edward comme s'il s'attendait à une réaction de sa part. Ne l'obtenant pas, il clarifia : « Je M'ENNUIE. »

Edward ne put s'empêcher de pouffer.

« Pourquoi tu te marres ? » attaqua l'homonculus, plus agressif encore.

« Parce que si tu n'existais pas, il faudrait t'inventer », s'amusa le petit alchimiste d'une voix douce, qui contrastait nettement avec la colère grandissante de son interlocuteur. « Tu t'entends parler ? Tu sors de ces bêtises, parfois…

- J'ai la vague impression que tu te fiches de moi.

- Un peu. Tu es quand même en train de me dire que le sexe est le seul loisir qui te vient à l'esprit si on ne te tient pas occupé. »

Envy parut interloqué. C'est sûr que dit comme ça, c'était particulièrement ridicule. Déstabilisé, il se dandina. Edward reprit, sans se départir de son sourire :

« Même si ça a un côté flatteur, je ne le nierais pas, c'est…

- … stupide.

- … Voilà. »

Envy, ronchon, se laissa choir sur le lit avec lourdeur. Il enfonça rageusement ses coudes dans ses cuisses, et son menton dans ses mains.

« Excuse-moi de ne pas avoir autant de passe-temps que toi », grommela l'androgyne en désignant d'un geste nonchalant le livre qu'Edward avait poussé sur le côté. « Tout le monde ne peut pas trouver passionnant de lire de vieux bouquins miteux pendant des heures.

- Ce n'est pas ''passionnant''. »

Envy haussa un sourcil.

« J'y suis obligé, c'est différent. Et crois-moi, tous ne sont pas intéressants. Si j'avais le choix, parfois, je me détendrais autrement.

- J'ai bien une idée à ce sujet, moi…

- Moi aussi ! » fit Edward en tapant dans ses mains d'un air enthousiaste.

Envy, perplexe, fronça les sourcils. Euh… Il avait réussi à convaincre sa crevette de pratiquer un autre type d'activité, ou il se fourvoyait complètement ?

« Puisque tu es intenable, et que de toute façon, je suis trop fatigué pour continuer à me concentrer sur ce ramassis d'expériences boiteuses, je te propose de changer un peu d'air.

- C'est-à-dire… ? » fit Envy d'une voix traînante, cette fois-ci désillusionné.

Les yeux d'Edward se mirent à pétiller.

« Il y a un endroit que je souhaite te montrer depuis un bon bout de temps, en fait. » Son visage s'illumina plus encore. « Jusqu'à présent, la période ne s'y prêtait pas vraiment, et on avait toujours max de trucs à faire, mais là… Je pense que c'est un jour parfait pour ! Qu'est-ce que tu en dis ?

- …

- Allez ! Promis, ce sera chouette », insista Edward, le regard suppliant.

« Plus qu'un voyage au Septième Ciel, j'en doute, mais bon… Pourquoi pas, après tout ? Enfin… T'es sûr que ça ira ? Il est tard, quand même », observa l'homonculus avec, il est vrai, le secret espoir de voir cette escapade reportée – ou remplacée par un moment câlin.

Peine perdue, Edward semblait bien décidé :

« Justement !

- Justement ?

- Tu comprendras quand on y sera ! Je te l'ai dit, il n'y a pas de moment plus idéal. »

Edward rayonnait tellement qu'il parvint à faire se sentir coupable Envy d'avoir essayé, à nouveau, de faire prendre à la soirée le tournant qu'il souhaitait – plus mature, cela va sans dire. Fichu chibi et son sourire d'ange… Face à cette bouille irrésistible, l'androgyne ne put que rendre les armes :

« Ok, ok. Emmène-moi.

- Cool ! »

Edward bondit hors du lit et se prépara à une vitesse remarquable : il se défit de son pyjama sous l'œil intéressé d'Envy, enfila pantalon, chaussettes, chaussures, débardeur et veste puis noua ses cheveux en une queue de cheval haute qui laisserait sa nuque dégagée. Il faisait encore bien chaud, malgré l'heure tardive ; cette précaution ne serait pas de trop. Un rapide coup d'œil dans le miroir, une lampe torche glissée dans la poche et le plus jeune fut prêt. D'un sourire, il invita Envy à le suivre hors de la chambre. Les deux garçons descendirent ensuite au rez-de-chaussée à pas de velours, afin de ne pas réveiller les autres habitants.

Hormis eux, la maisonnette abritait bien entendu Winry et Pinako, mais aussi Alphonse, qui avait eu la prévenance de séjourner dans la chambre d'amis. En vérité, ni Pinako ni Winry n'étaient au courant de la présence d'Envy sous leur toit pour une courte durée. Alphonse, qui était dans le secret, avait donc dû, pour laisser au jeune couple un minimum d'intimité, prétexté vouloir étudier tardivement et ainsi devoir s'isoler pour ne pas risquer de perturber le sommeil de son aîné. Edward lui en était reconnaissant, et quoiqu'il s'en sentît un peu coupable, il était malgré tout soulagé de ne pas avoir à rendre de comptes à ses hôtes. Révéler sa bisexualité, présenter son compagnon au passé plus que trouble ou supporter la jalousie de Winry qui, il en était sûr, s'ensuivrait, étaient autant d'épreuves qu'il était heureux de pouvoir s'épargner. Mais cela impliquait de la discrétion et une prudence de tous les instants. Edward n'était donc pas mécontent de sortir un peu de la maison. Il s'y plaisait et appréciait beaucoup la compagnie des autres habitants mais, il n'allait pas mentir, ressentait par moments une certaine gêne à l'idée d'entretenir avec Envy, sous ce même toit, une relation qui n'était pas que platonique. Cette sortie tombait donc à point nommé. Loin de sa famille et de ses petits mensonges, il pourrait profiter d'Envy comme il le souhaitait, sans sentir un poids peser sur son cœur.

Ainsi, ce fut l'esprit plus léger qu'il sortit de la maison, Envy sur les talons. L'homonculus, lui aussi, semblait moins tendu. Il avait quitté sa mine morose pour un léger sourire et ne quittait pas des yeux le jeune alchimiste qui, devant lui, ouvrait la voie. Lampe de poche à la main, le blond éclairait leurs pas dans la nuit, sur le chemin qui menait à la demeure des Rockbell et s'éloignait vers des champs aux allures d'océan. D'aucuns, à leur place, auraient peut-être été effrayés d'affronter comme eux une obscurité si profonde, mais pas Edward : il connaissait les alentours comme sa poche, de nuit comme de jour, et ainsi flanqué d'Envy, il était à peu près sûr qu'ils étaient ce qu'il y avait de plus dangereux dans le secteur. L'adolescent marchait donc avec une certaine assurance, qui n'était pas pour déplaire à Envy. Après tout, elle faisait partie de ces petits riens chez l'alchimiste qui l'avaient charmé dès leur première rencontre.

C'était sans doute car Envy s'était perdu dans sa contemplation de longues minutes qu'il ne fit pas tout de suite attention au tournant pris par Edward, qu'il suivait machinalement depuis qu'ils étaient sortis. Ainsi, sans qu'il ne s'en rendît compte, l'alchimiste les avait fait bifurquer au détour d'un sentier pour traverser un champ de blés. À présent qu'ils étaient parfaitement loin de tout, autour d'eux, la campagne était noire et silencieuse. Seul le bruissement du vent dans les arbres proches et le son feutré des épis qui s'inclinaient à leur approche rythmait leur lente progression vers les hauteurs des collines. De temps à autres cependant, le chant grésillant de quelque insecte se rajoutait à cette mélodie singulière que la nature n'entonnait que lorsqu'elle s'offrait à la nuit, loin des oreilles indiscrètes des hommes.

Envy avait dû percevoir la beauté rare d'un tel spectacle. Bien que d'ordinaire bavard, il imita spontanément Edward, resté muet tout au long de leur progression. De champ en champ et de colline en colline, les deux garçons cheminèrent une bonne demi-heure au travers d'étendues herbeuses et fleuries, toutes colorées de nuances de noir et de bleu fantasques. S'il n'y avait eu la lueur chaleureuse de la lampe pour repousser les ombres et celle, plus ténue, de la lune, cet étrange jeu de couleurs aurait pu paraître effrayant. Mais protégés par le halo rassurant de leur petite mais puissante source de lumière, Edward et Envy avançaient sereinement au milieu des ténèbres.

Au bout de deux bons kilomètres néanmoins, Edward se stoppa. Il plaqua une main autoritaire sur le torse de son amant, derrière lui, pour lui intimer de s'arrêter. Il se tourna vers lui et souffla :

« C'est là. Sur l'autre versant de cette colline. Juste là. »

Envy croisa les bras.

« Tu m'as fait marcher tout ça juste pour me montrer une colline ? » Il désigna toutes celles qui les entouraient. « T'es pas sérieux ?

- Bien sûr que non, voyons ! » s'indigna Edward. « Arrête de ronchonner. Tu vas voir, ça vaut le coup d'œil ! Mais il va falloir être très, très silencieux », avertit l'alchimiste, un index posé en travers des lèvres.

« Tu sais à qui tu parles, chibi ? Je pense que je n'aurais aucun mal à être plus silencieux que toi. Surtout vu comme ton automail grince.

- Ça, c'est pas dit. Mon automail – que j'ai juste oublié de graisser, ça arrive – grince peut-être, mais lui, au moins, il ne débite pas des âneries tous les deux mètres pour qu'on s'intéresse à lui ! » railla le plus petit avec ce petit air suffisant qu'Envy trouvait si ridicule qu'il ne ressentît pas le besoin de se venger de l'affront fait. Un jour, peut-être, Edward se rendrait-il compte que cet air fiérot ne lui réussissait pas. Un jour… ~

« Allez, avance! » fit tout de même l'homonculus en accompagnant son invitation d'une légère tape sur les fesses de l'alchimiste.

Edward râla pour la forme mais se remit en marche, lentement et presque sans un bruit. Après quelques pas, il éteignit même la lampe torche, les plongeant dans un noir plus profond encore. L'alchimiste ne sembla toutefois pas s'en soucier, puisqu'il fourra la lampe dans sa poche ; il ne l'utiliserait plus. Ce détail attira l'attention d'Envy qui, lui aussi, avança dès lors à pas de loup. Pourquoi devaient-ils donc faire preuve d'autant de précautions ? Que cachait donc l'autre versant de la colline, qui nécessitât de se fondre ainsi parmi les ombres ? Alors qu'au début, l'androgyne n'avait été que vaguement intéressé par cette sortie et n'y avait vu qu'un prétexte pour passer du temps en tête à tête avec Edward – et, accessoirement, se rincer l'œil en matant ses jolies petites fesses –, il commençait à être réellement intrigué.

Son regard vola d'Edward jusqu'au sommet de cet énième colline auréolé d'une douce lumière, vers lequel ils progressaient. Le petit blond ne le quittait des yeux que pour s'assurer de poser ses pieds à un endroit sûr lorsque le terrain s'avérait incertain. Avancer au milieu des herbes folles comme ils le faisaient rendaient de fait difficile son appréciation. Envy, au bout de quelques mètres se proposa donc de passer devant pour leur servir de guide. Avec ses yeux nyctalopes, il n'aurait aucun problème à leur éviter les mottes d'herbes fourbes et les cailloux sournois. Edward accepta volontiers et se saisit de la main de l'androgyne, non sans rougir quelque peu.

Envy sourit.

Malgré tous ces moments passés ensemble, Edward trouvait encore le moyen de s'émouvoir du moindre effleurement.

« Tiens ? » s'étonna alors Envy.

Il plissa les yeux.

À présent qu'ils n'étaient plus qu'à quelques mètres du sommet de la colline, il distinguait dans l'herbe d'étranges lueurs, qui lui paraissaient virevolter entre les brins. Ou peut-être n'était-ce qu'une impression ? Un bref regard en direction d'Edward lui confirma que cela n'en était pas une. L'alchimiste, quoique silencieux, affichait le sourire malicieux de celui qui détient un savoir que l'autre n'a pas. Encore une de ces expressions adorables qu'Envy n'aurait jamais cru pouvoir lui connaître un jour…

« On y est... » murmura Edward, trépignant d'impatience.

L'alchimiste devança son compagnon avec entrain et se hissa au plus haut point de la colline. Sa silhouette, rendue menue par l'horizon infini qui s'étalait derrière elle, se détacha étonnamment du ciel, pourtant d'un noir d'encre. Elle paraissait portée par une étrange source de lumière, qui se trouvait vraisemblablement en contrebas.

De l'autre côté de la colline.

Envy s'avança à son tour.

« Regarde... »

L'homonculus suivit l'injonction et, arrivé à hauteur de son amant, laissa son regard embrasser un spectacle inouï. Un champ d'herbes folles et de fleurs sauvages s'étalait à leurs pieds, déroulé jusqu'au bas de la colline comme un tapis mouvant au gré du vent. Et, au milieu de ces plantes qu'aucun pied n'était certainement jamais venu fouler tant l'endroit était reculé, dansait une multitude de lueurs enchanteresses.

Des lucioles.

Par milliers.

Edward prit un instant pour apprécier leur vol presque chorégraphié, puis déclara :

« Envy, je te présente la colline aux lucioles. »

Il s'assit et noua ses bras autour de ses genoux. La tête légèrement inclinée sur le côté, il couvait d'un regard tendre les petits insectes qui voletaient autour d'eux.

Envy suivit son regard.

Et Edward, spontanément, confia :

« C'est mon secret. Personne ne vient ici. Et personne ne sait. »

Un regard en direction d'Envy, discret, vint appuyer ce qui suivit :

« Pas même Al. »

Sans attendre de réaction, Edward lui ouvrit davantage son cœur :

« J'ai découvert cet endroit quand j'étais petit. Maman m'avait grondé pour une bêtise qu'Al avait fait. » Il rit, gêné. « Je ne sais même plus ce que c'était ! C'est dire que ça devait être une broutille, parce que je n'en ai gardé aucun souvenir. Je sais juste que j'étais tellement triste que je me suis enfui. Et j'ai dû courir vachement loin sans trop regarder où j'allais, car quand je me suis rendu compte que j'étais perdu, j'avais atterri ici. »

Il laissa sa main jouer négligemment avec une luciole un peu plus téméraire que les autres, venue inspecter sa chevelure dorée.

« On est un peu bête, quand on est petit », s'amusa le blond, sur lequel la luciole s'était aventurée, courant à présent sur les doigts de sa main droite. « Je ne faisais pas exception. Et c'est pour ça que je me suis retrouvé ici. » Son sourire se fit mélancolique. « J'ai longtemps pleuré, à cause de cette histoire. Du coup, la nuit est tombée sans que je ne m'en rende compte. Et quand j'ai enfin retrouvé mes esprits, il faisait nuit noire. » La luciole, doucement, glissa sur son genou. Ses antennes ondulèrent. On eut dit qu'elle observait l'alchimiste avec curiosité. « Je me suis alors remis à pleurer. Mais cette fois-ci, parce que j'ai calé que j'étais complètement paumé. » Edward posa sa tête contre son genou. La luciole grimpa sur le bout de son nez. « C'était à la même époque qu'aujourd'hui. Il y a seulement quelques années. »

Satisfaite de sa rencontre, la luciole s'envola finalement pour rejoindre ses comparses, redevenant une lueur parmi les autres.

« Je pensais que je ne retrouverais plus le chemin jusqu'à chez moi. Je m'en voulais d'être parti sur un coup de tête. » De nouveau, Edward rit. De lui-même, mais avec une certaine tendresse pour son lui plus petit. « J'étais mort de trouille. »

Envy, toujours silencieux, s'installa aux côtés d'Edward.

Naturellement, le petit alchimiste se rapprocha de lui.

« Quand elles sont apparues, je n'en ai pas cru mes yeux. Il y en avait encore plus qu'aujourd'hui. Elles volaient dans tous les sens. »

Il ferma les yeux.

« Avec elles à mes côtés, je n'avais plus peur. Et j'ai réussi à retrouver mon chemin. Et ma maison. »

Edward rouvrit les yeux et désigna une colline, quelques kilomètres plus loin.

« En fait, il y a une route, là-bas. C'est tout con mais dans la panique, je ne m'en étais pas souvenu. Il a juste suffi que je me calme pour m'en rappeler. Et ça, je l'ai pu grâce à elles. » Edward dénoua ses bras et bascula légèrement en arrière, pour regarder le ciel.

Il inspira profondément, avec une sérénité qu'Envy lui avait rarement vue.

« Pour la petite anecdote, quand je suis rentré, maman était super inquiète. Al aussi, du reste. Tellement, même, qu'il n'a pas été puni quand maman a su que c'était en fait lui le coupable. Elle a dû estimer que c'était une punition suffisante pour lui d'avoir eu aussi peur pour moi. Je te jure, il n'en menait pas large, quand je suis revenu ! » Edward eut un sourire coupable. « Le pauvre. Je l'avais rarement vu dans un tel état. En tout cas, je pense que maman a eu raison, car il ne m'a plus jamais laissé être accusé à sa place. Comme quoi ! À quelque chose, malheur est bon. »

Edward se tut.

Il semblait avoir enfin remarqué le silence d'Envy ; inhabituel, à n'en pas douter.

« Tu ne dis rien ? » s'enquit l'adolescent, surpris par le mutisme de son partenaire. « Ou alors tu médites sur cette drôle de leçon de vie ?

- Non, je t'écoute. »

Envy se tourna vers lui. Il souligna :

« Tu ne parles pas souvent de ton enfance.

- Ah… » Edward perdit son sourire. « Oui, c'est vrai. »

Un silence.

« Sûrement parce que j'ai du mal à me rappeler des souvenirs joyeux.

- C'était ''joyeux'' de te faire engueuler à tort, de fuir de chez toi, de te penser perdu à tout jamais et de finalement retrouver tes proches en larmes ? » ironisa l'homonculus, dubitatif.

« Tu es bête », gronda Edward. Il lui asséna une pichenette sur le front. « C'était joyeux que toute cette histoire se finisse bien et que maman et Al m'accueillent comme ils l'ont fait. Plus de peur que de mal au final et on en rigole bien, aujourd'hui. Ce jour-là, à mon retour, on a fait la paix et le lendemain, on a mangé une tarte aux pommes qu'on a cuisinée tous ensemble, comme si rien ne s'était passé. Et ça, c'est bien plus joyeux que… que… »

Le visage d'Edward se rembrunit.

« … Que. »

Il ne souhaita pas poursuivre. Les souvenirs liés au moment qui l'avait violemment fait basculer de l'enfance à l'adolescence étaient encore trop vifs.

« En tout cas, voilà comment j'ai découvert cet endroit. »

Les lucioles s'appliquèrent un peu plus à leur ballet aérien, flattées d'être revenues au cœur de la conversation. À leur vue, Edward retrouva sa bonne humeur. Souhaitant relancer la conversation sur un ton plus léger, il lança :

« Il est chouette, hein ?

- Mouais… Bof. »

Edward cligna des yeux.

Hein ?

« ''Bof'' ?! » releva le jeune alchimiste. Il n'allait pas mentir, il était vexé. « Comment ça, ''bof'' ?

- Ben… ''Bof'', quoi. » Voyant qu'Edward se renfrognait, Envy se rattrapa : « Non mais… Te méprends pas, elles sont cool, tes bestioles, mais bon… Soyons honnêtes deux minutes : c'est juste des insectes qui clignotent.

- … Peut-être, mais y en a PLEIN ! Au même endroit, en plus !

- Et donc… ?

- Et donc, c'est joli !

- Pas plus que toi.

- Change pas de sujet. On fera pas ça ce soir, et certainement pas dehors.

- 'chier. J'aurai essayé.

- Tu es irrécupérable !

- Qui ne tente rien n'a rien.

- Et tu ne pourrais pas ''tenter'' de penser avec autre chose qu'avec ton entrejambe ? » Edward s'envoya une facepalm. « Bordel Envy, c'est trop te demander de me laisser profiter de cinq minutes d'innocence ?

- Je t'ai laissé gagatiser largement plus de cinq minutes devant des insectes au cul brillant. Excuse-moi d'avoir pensé que c'était peut-être le moment de tenter une approche.

- Quel poète. » Edward fit la moue et grommela : « Et dire que je me suis dit que c'était une bonne idée de t'amener ici. Je suis vraiment trop con. Moi, je te confie un truc qui me tient à cœur, et toi, t'en as rien à foutre !

- Absolument pas. J'ai bien aimé ta petite histoire. Mais je ne peux pas m'extasier trois cents ans comme toi sur ces bestioles, c'est tout.

- Tu ne sais vraiment rien apprécier qui ne se passe pas au lit !

- C'est faux. »

Edward lui jeta un regard par en-dessous fort éloquent. Pourtant, Envy ne se démonta pas :

« Si tu veux m'en mettre plein les mirettes, va falloir trouver un peu mieux que ça, alchimiste. » L'homonculus se para d'un sourire suffisant. « Parce que tes lucioles, pour aussi jolies qu'elles soient, ne valent clairement pas les aurores boréales de Drachma. » Un temps, puis il ajouta, l'air de rien : « Entre autres. »

Edward plissa les yeux.

« Les aurores bo-… ? Hein ? Drachma ? T'es allé à Drachma, toi ?

- Évidemment.

- Mais d'où ? »

Toute colère avait à présent déserté le visage d'Edward. N'y subsistaient plus que curiosité et incrédulité.

« Tu me fais marcher.

- Absolument pas.

- Je te crois pas une seconde. T'aimes pas les endroits où ça caille.

- Certes. Mais dois-je te rappeler quel est mon travail, chibi ?

- Parce que tu as un travail ?

- Au cas où ça t'aurait échappé... » exposa Envy d'un ton docte, « Je suis un espion. » Un sourire carnassier se dessina sur son visage d'éphèbe tandis qu'il susurrait : « Et un bon. Père a souvent recours à mes services. Pour les affaires internes, bien sûr, mais aussi externes. Autant te dire que j'en ai vu, du pays. Je suis allé dans des endroits dont tu n'as pas idée.

- Ok. Que tu sois allé à l'étranger pour une mission ou deux, je veux bien. Mais j'ai peine à croire que ton père t'ait laissé gambader à droite à gauche comme tu le prétends.

- Oh, tu sais… Il y a beaucoup de choses pour lesquelles je me passe bien de l'autorisation de Père.

- Ah oui ?

- Oui. Comme ce soir. » Envy s'esclaffa. « Tu crois sérieusement qu'il serait d'accord pour qu'on passe du temps ensemble, comme ça ?

- Clairement pas.

- Exact. Donc pour ta gouverne, sache que tu n'es pas le seul écart que je m'autorise ~ »

Envy lui décocha un sourire en coin arrogant.

« Il y a beaucoup de choses que Père ignore. Comme les escapades que je fais quand j'ai un peu de temps libre. Ici, bien sûr, mais aussi dans les pays dans lesquels je suis envoyé.

- Oh. Et où t'ont-elles mené, tes fameuses ''escapades'' ? »

Les pupilles d'Envy se rétractèrent.

« Bien plus loin que ce que tu pourrais imaginer. »

Edward frémit.

Même en pleine nuit, l'intensité de ces iris améthyste fendus d'un simple fil noir était indéniable.

« Alors raconte-moi. »

Le blond s'installa confortablement en tailleur, ses orbes dorés tournés vers Envy.

Commença alors l'un des récits les plus fabuleux qu'il eût jamais entendus.

Dans cette nuit obscure poudrée des lueurs vacillantes des lucioles, Envy fit voyager Edward. Au-delà des frontières d'Amestris… et des limites de son imagination.

Envy lui conta ses voyages, ses découvertes et ses surprises.

Il lui narra la splendeur des aurores boréales de Drachma, et la cruelle beauté de ses blizzards.

Il lui dépeignit la majesté des canyons de Creta, l'immensité de ses steppes et la richesse des coutumes ancestrales des ethnies qui y vivaient.

Il lui parla d'Aerugo ; de ses villes bâties à flanc de falaises ; de ses plages de sable fin sur lesquelles venaient se briser des vagues d'un bleu irréel.

Et, enfin, il l'emmena par-delà le désert et sa chaleur brûlante, découvrir les contrées inexplorées de Xing pour préférer, au faste trop commun des palais, l'étrangeté des rizières qui s'embrasaient au couchant.

Les heures furent des minutes et les mots, des couleurs. Edward, captivé par le récit d'Envy, n'en manqua pas un seul. Il but ses paroles avec une fascination non feinte, se laissant transporter de pays en pays et de merveille en merveille.

C'était la première fois qu'Envy et lui partageaient quelque chose comme ça.

La première fois qu'Envy lui parlait de lui… et de sa vie sans lui. Mais cela ne l'attristait pas.

Au contraire.

Ainsi, le jeune alchimiste découvrait chez son compagnon un visage inconnu : celui d'un explorateur, aguerri par des siècles d'existence et la richesse de ses voyages. Néanmoins, ce qui toucha plus encore Edward fut la sincérité d'Envy. L'homonculus, d'ordinaire volontiers moqueur envers le genre humain, avait abandonné son aigreur pour laisser transparaître, à son tour, un morceau de son cœur. Il ne se contenta pas de louer les paysages qu'il avait traversés. Non. Il reconnut aussi, avec un ravissement égal, la beauté dans ce que l'Homme avait pu créer ou inventer.

Et Edward retomba amoureux.

« Tu n'as jamais pensé à devenir historien ? » demanda le blond à brûle-pourpoint après qu'Envy lui eut décrit l'allégresse qui agitait les somptueux marchés de Xing.

Envy, décontenancé par la question, revint à son tour à la réalité et s'étonna :

« Historien ? Pour quoi faire ?

- Je veux dire… » Edward lui attrapa vivement le bras. « Pense un peu à tout ce que tu viens de me raconter ! Est-ce que tu te rends seulement compte de tout ce que tu sais ?! Sur tous ces peuples… sur toutes ces régions ?! De toutes les connaissances que tu as accumulées ?! C'est fabuleux ! » Rarement Edward avait été aussi enthousiaste. « Imagine un peu si… si… si tu révélais au monde entier tout ça ! Ou mieux ! Si tu écrivais un livre, qui compilait tout ça ! Ou même plusieurs, on s'en fiche. Mais imagine si chacun avait accès à cette mine d'informations que tu détiens ! Ce serait inédit ! Moi-même – et j'ai pourtant le nez toujours fourré dans un bouquin – je ne savais pas un quart de tout ce que tu viens de me dire !

- Ah bon ?

- Mais oui ! Alors imagine... » répéta l'adolescent avec une ferveur remarquable, « … Si tu racontais tout ça dans des livres que tous pourraient consulter ?! On pourrait enseigner ça à l'école, rendre disponibles ces ouvrages dans les bibliothèques et, qui sait, peut-être même les faire traduire à l'étranger. Je suis sûr que les gens seraient bouleversés. Ils ne verraient certainement plus le monde du même œil. Et puis, cela améliorerait à coup sûr les relations entre les différentes nations du c-… !

- Ouh là, ouh là, chibi. Tu t'emballes. Je t'arrête tout de suite : mon rôle à moi, c'est de diviser pour mieux régner. Pas l'inverse. »

Edward perdit brusquement son sourire et toisa Envy d'un regard plein de reproches.

« Et qui a décidé ça ?

- Père.

- C'était rhétorique. » Il leva les yeux au ciel. « Je voulais simplement dire qu'on a toujours le choix ! Toi aussi. Et puis, tu… T'as qu'à utiliser un nom de plume, il n'en saura rien !

- Le problème n'est pas là.

- Je sais bien », soupira Edward, dont l'entrain s'était essoufflé à mesure que la réalité le rattrapait. « Mais je trouve ça dommage de laisser tout ce savoir se perdre.

- Il n'est pas perdu », objecta Envy dans un sourire presque contrit. « Je n'en suis pas le seul détenteur.

- Peut-être, mais tu es le seul à en détenir autant. » Edward eut un air blasé en voyant Envy bomber théâtralement le torse. Il préféra ne pas lui prêter attention et expliqua : « Le monde est si vaste, et il y a tant de choses à savoir et à découvrir... » Son regard se perdit à l'horizon, où naissait un soleil timide. « Pourtant, on les ignore. Parce que les frontières qui auraient dû autrefois nous réunir se sont élevées aujourd'hui en barrières. » Ses yeux se voilèrent. « Je suis triste que tous ces pays, y compris Amestris, soient devenus des microcosmes égocentriques et ethnocentrés. On ne sait rien des autres. » Un soupir. Et un regard transperçant adressé à son amant. « Et eux ne savent probablement rien de nous non plus. »

Un silence s'installa entre les deux garçons. Néanmoins, ils ne rompirent pas le contact visuel. Les yeux plongés dans ceux de l'autre, ils communiquaient par la pensée ce que les mots ne pouvaient dire, sans remarquer que les dernières lucioles s'éclipsaient avec l'arrivée du jour.

« Tu m'en demandes trop », asséna soudainement Envy.

Un sourire mélancolique, pourtant, trahit le fond de sa pensée.

Edward le remarqua.

« Je sais. »

Le blond fit glisser sa main jusqu'à celle de son amant, perdue dans l'herbe. La serra.

« Mais ç'aurait été bien. »

Il posa sa tête contre son épaule dénudée, s'en faisant un confortable oreiller.

« Réfléchis-y quand même », invita-t-il dans un sourire. « Alphonse et moi pourrions t'aider, si tu changeais d'avis, et puis… Ce serait une occupation plus productive que les galipettes.

- Je peux émettre une objection ?

- Et, surtout, un beau moyen d'utiliser ton don. »

Envy se tourna vivement vers Edward, surpris.

Son… « don » ?

C'était bien la première fois que l'alchimiste – et même quelqu'un – désignait ainsi son pouvoir. D'aussi loin qu'il s'en souvînt, son polymorphisme n'avait jamais été désigné autrement que comme une « capacité », à laquelle on associait généralement tout un tas d'adjectifs déplaisants : « surhumaine », « inhumaine », « anormale », « bizarre », ou « monstrueuse », dans le pire des cas. Alors de là à dire qu'il s'agissait d'un « don » et, plus encore, qu'il pouvait en être fait un usage bénéfique…

Envy était troublé. Pouvait-il, réellement, se servir de sa particularité pour quelque chose de constructif ? Il ne l'avait jamais employée que pour espionner, s'infiltrer, duper, tuer… Mais pour s'intégrer et, ainsi, récolter des informations qui n'avaient rien à voir avec sa mission, pour le simple plaisir d'apprendre, puis d'enseigner à d'autres… ? Serait-il capable de faire ça ? Et pour quel bénéfice ?

Peut-être Edward pourrait-il l'éclairer.

Il le regarda, plein d'espoir.

Mais le jeune garçon s'était endormi.

Envy sourit. Son compagnon tombait de sommeil ; bientôt littéralement. S'il ne faisait rien, dans quelques secondes, sa tête glisserait de son épaule et il s'effondrerait dans l'herbe. Mais Envy ne laisserait pas ça arriver : sans manquer de s'attendrir devant cette superbe vision, il entoura le corps de son amant de son bras et le souleva précautionneusement, pour le prendre dans ses bras. Il était déjà bien tard – ou tôt, c'était selon. Edward avait besoin de se reposer. Et pour cela, il devait le ramener à la maison.

« Tu répondras à ma question demain... » souffla Envy à l'oreille de son compagnon endormi, comme une promesse.

Alors qu'Envy amorçait la descente vers la route que lui avait désigné Edward plus tôt et qui les mènerait vers leur destination, il continua à réfléchir à la proposition de ce dernier.

Jamais personne ne lui en avait fait de telle.

Et jamais personne ne lui avait fait sentir qu'il pouvait se rendre utile. Non par obligation, mais par choix. Non pour un, mais pour tous.

Edward, lui, y était parvenu.

Il lui avait offert ce choix. Il lui avait montré cette voie.

Pour l'heure, Envy ne se sentait pas prêt à s'y engager. Tout du moins, pas sans avoir pesé le pour et le contre et déterminé ce qu'impliquait une telle décision, qui paraissait bénigne mais soulevait à terme de nombreuses complications. Il ne voulait pas décider de tout ça sur un coup de tête… Même si, il devait l'avouer, Edward savait particulièrement bien s'y prendre pour lui enlever toute raison.

Il lui suffisait d'un regard.

Il lui suffisait d'un mot.

Et ce petit humain l'envoûtait, tout comme il l'avait fait toute la nuit durant, en le dévorant des yeux tandis qu'il lui décrivait ses souvenirs de voyages. Envy n'avait pas manqué de le remarquer, quoiqu'il n'en eût rien laissé paraître.

Edward ne le saurait pas, mais il avait réussi son pari. D'eux deux, cette nuit, c'était Envy qui avait été le plus charmé. Pas par les lucioles, comme Edward l'aurait souhaité… Mais par le regard que le jeune alchimiste avait posé sur lui. Ce regard inestimable qui lui disait qu'il valait plus que ce qu'il pensait…

Et qui ne cesserait jamais de trouver en lui le bon qu'il n'avait jamais cru posséder.


FIN


Hey ! J'espère que ça vous a plu ! :) Vous l'aurez remarqué, j'ai pris quelques libertés d'interprétation concernant la topographie des pays limitrophes d'Amestris, sur lesquels je n'ai trouvé que très peu d'informations ! o.o Il m'a donc fallu improviser, en me basant sur le peu qu'Internet renseignait à leur sujet x') Cela dit, j'espère que mes descriptions vous ont paru crédibles :p J'espère aussi que cet OS, aux thématiques finalement diverses, aura su vous offrir une petite parenthèse de poésie ! ~

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :D

BisouX à tous et à toutes !


Rédaction et édition : White Assassin

Correction : Couw-Chan