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Parfois durant une nuit de sommeil plus agitée qu'une autre, elle y repensait, et chaque fois elle se demandait part quel fichu tour du sort elle s'était retrouvée dans cette situation.

Son mari ronflant doucement au creux de son épaule, elle s'extirpait silencieusement du lit pour aller faire un tour dans le château encore endormi. Ses pas la menait inexorablement à la tour d'astrologie. Les murmures des portraits mécontents de sa présence dans les couloirs à une heure pareille la faisaient tendrement sourire en pensant à ce qu'elle pourrait leur faire subir dans un affront de colère pure.

Puis, aussi soudainement que cette colère était apparue elle fondit comme neige au soleil sous la beauté de la vue au sommet de la tour d'astrologie. Toutes ses pensées se coordonnaient pour faire de son esprit un endroit calme et serein loin de toute colère, haines et rancœurs.

Son époux lui avait assez répété qu'un esprit calme était bien plus dangereux qu'un esprit aux mille questions.

Cet homme était fascinant, pas seulement parce qu'il était son mari, mais surtout par ses capacités impressionnantes. Elle avait parfois l'impression de n'être qu'une petite chose fragile et démunit de la moindre capacité à se protéger. Elle détestait ce sentiment fugace qui la laissait dans un état-d 'âme d'incapacité.

Mais ce soir elle ne voulait plus penser, dans moins de deux heures, les élèves qu'appelait son époux cornichons, feraient leurs apparitions aux quatre coins du château et il devrait attendre le soir venant pour espérer profiter d'un moment de quiétude comme celui-ci.

La journée allait être longue et épuisante, et il fallait qu'elle pense à parler à Mme Pomfresh si les douleurs persistaient encore cette semaine. Ce n'est pas qu'elle en avait assez de ces petits tours au beau milieu de la nuit, mais elle ne serait pas contre une bonne nuit de sommeil de temps à autre, d'autant plus que Severus lui dormait à point fermé.

Oh, bien sûr, ce serait bien plus simple de prendre une potion de sommeil sans-rêves dans sa réserve, mais cela entraînerait une conversation qu'elle n'était pas prête d'avoir avec lui. Cela demandait bien trop d'efforts, et mettre sa rancune de côté pour le moment n'était pas possible.

Elle ne sut combien de temps elle était restée ici à regarder au loin, fixant un point imaginaire, mais quand elle s'aperçut que l'aube pointant le bout de son nez elle s'étira en profitant de ses quelques dernières secondes de tranquillité et partie chemin inverse en direction de leur appartement.

Quand elle est apparue au coin du couloir du deuxième étage, elle prit la direction de leur quartier situé au bout du long couloir tapissé de tableau. Elle les regarda tous, stupéfaite de leur silence étonnant, mais très appréciable. Elle passa devant le bureau de Dumbledore et se dirigea à grandes enjambées au tableau qui fermait leur seul lieu d'intimité et prononça le mot de passe au chien qui courait joyeusement après un papillon noir :« Ad vitam, ad mortem ».

Comme chaque matin, Severus était déjà debout et à en juger les cheveux dégoulinant d'eau, il sortait tout juste de sa douche. Il la regarda franchir le tableau et lui dit simplement : « Où étais-tu encore ? ».

Comme depuis une semaine, elle l'ignora royalement et partit en direction de leur chambre à coucher.

Cependant, ce matin, il avait l'air plus coriace et il la suivit en continuant ses questions. Il n'avait pas l'air de vouloir s'en arrêter là.

Il dit d'un air fatigué et presque coupable : « Hermione, s'il te plaît, parle-moi, tu ne peux pas continuer comme ça. Tu ne peux pas disparaître comme ça toutes les nuits et revenir au petit matin comme si de rien n'était. Comme s'il n'y avait pas un problème. Les portraits parlent entre eux. Ils se posent des questions, tu ne peux pas continuer à quitter ton lit simplement vêtue de ta chemise de nuit et d'une robe de chambre, tu tiens à peine la journée de cour, tu ne dors plus et beaucoup se pose des questions ! N'oublie pas que le Seigneur des Ténèbres à des yeux et des oreilles partout ! Que dira-t-il lors de notre prochaine réunion quand il verra ton apparence fantomatique ? Je refuse que tu ne subisses encore une fois sa colère. »

Hermione le regarda dans les yeux, ses habits dans les mains et lui dit : « Crois-tu que je le veuille aussi ? Je ne peux plus Severus, mon corps ne me suis plus et mon âme me cri de reprendre le contrôle de celui-ci. Je ne peux plus continuer comme ça Severus… »

Elle qui ne voulait en aucun cas paraitre encore une fois faible devant lui, explosa et pour la première fois depuis leur mariage il la prit dans ses bras dans une étreinte qui aurait pu paraitre de loin un câlin. Il lui souffla au creux de son oreille : « Ça va s'arrangeur Hermione, il te faut du temps pour t'y habituer, mais ça va aller j'en suis sûr ! ».

Les faux-semblants remis en place, Hermione et Severus Rogue se dirigèrent ensemble côte à côte vers la grande salle où le petit déjeuné venait d'être servi. Plusieurs élèves à leur passage s'écartèrent presque terrifiés et se turent comme pris en flagrant délit d'une bêtise énorme. Au début, Hermione avait été déstabilisée, elle s'était habitué à des sourires et des regards rieurs, elle fut prise de court quand ces derniers ont été remplacé par des regards de terreurs et des messes basses.

Mais aujourd'hui comme les dernières semaines, ils ignorèrent ces égards et entreprirent de continuer le chemin vers la grande salle.

La jeune femme se rappella la première fois qu'elle avait franchi la lourde porte en bois aux côtés de son époux. Les murmures et les regards stupéfaits l'avaient surpris quelques secondes avant de reprendre ce masque de dureté et de froideur sur son visage. Les élèves présents dans la grande salle avaient tous l'air profondément choqué de retrouver une Hermione Granger si changée. Elle se souvenait avoir eu l'air plus femme et adulte, ses habits aidant à faire comprendre à ressentir, à quiconque en doutant, qu'elle fût dorénavant la Professeure Rogue. Ce nom aussi lui avait fait peur et lui avait surtout fait comprendre que son insignifiante jeunesse avait pris fin au moment où elle avait dit oui à Severus Rogue.

De ce nom, les élèves la craignaient et ne la considéraient plus comme la Miss-Je-Sais-Tout de Poudlard, ou comme Hermione Granger le Rat de bibliothèque. Elle se souvenait s'être avancée vers l'estrade en bois où trônait l'immense table des professeurs et avoir pris place aux côtés de Severus et de Filius Flitwick le professeur de sortilèges. Celui-ci l'espace d'un bref instant avait eu l'air aussi pétrifié que la moitié de la grande salle.

Dumbledore avait alors prit la parole dans son discours traditionnel de présentation : «

Bienvenue. Bienvenue à tous pour cette nouvelle année à Poudlard. Avant que le banquet ne commence, je voudrais vous dire quelques mots :

Il est interdit de pénétrer dans la forêt qui entoure le collège.

Il est interdit de faire des tours de magie dans les couloirs.

Il est interdit de faire des philtres d'amour.

Il est interdit de se battre.

Les élèves de première année n'ont pas le droit d'avoir leur propre balai.

Il y a une liste d'objets interdits, établie par Mr Rusard. En 1994-1995, est ajouté le yo-yo hurleur, le frisbee à dents de serpent et le boomerang à mouvement perpétuel. La liste comprend à cette date 437 articles. Elle est consultable dans le bureau de Mr Rusard

Notre cher Professeur Rogue, tient particulièrement à rappeler qu'il est interdit d'aller dans la cours avec un livre de la bibliothèque.

Autrefois, les punitions étaient très dures, comme suspendre un élève au plafond par les poignets pendants quelques jours, alors veuillez faire preuve de respect envers le règlement et vos professeurs. Les-dits professeurs n'ont pas le droit d'utiliser la métamorphose pour punir, ils donnent des retenues.

On distribue aux élèves des avis, avant les grandes vacances, rappelant qu'il est interdit d'user de la magie pendant les vacances.

Certains week-ends, les élèves de 3e année peuvent se rendre à Pré-au-lard, s'ils ont une autorisation signée de leurs parents. Pré-au-lard est interdit aux premières et deuxièmes années. Bien je vous remercie de votre attention chers nouveaux et anciens élèves.

Je tiens cependant, avant que le festin ne prenne place sur vos tables, à vous annoncer l'arrivée d'un nouveau professeur au sein de notre école. Veuillez accueillir une de nos meilleures élèves, Hermione Granger, récemment devenue Mme Rogue. Notre nouvelle professeure de potion partagera son emploi du temps avec son mari le professeur Rogue. Une nouveauté au sein de notre école j'y conviens, mais rassurez-vous Mme Rogue à obtenut ses aspics avec une année d'avances en accord avec le ministre de la magie, celui-ci agréer son enseignement au sein de notre collège de magie.

J'espère que vous lui ferez un accueil de ce nom ! Bien place au festin. »

Ces mots résonnaient encore dans son esprit, elle s'était sentie si incapable. Dumbledore l'avait présenté comme si ses capacités ne valaient rien et au lieu de se sentir fière d'être la plus jeune lauréat de ses aspics, elle s'était sentie comme une incapable d'enseigner, devant rassurer ses futurs élèves de ses capacités magiques. Severus avait été le seul à sa manière à la Félicité d'un tel exploit.

À présent, elle contemplait la grande salle en partie remplie en cette heure de petit-déjeuner. Elle savait maintenant que ces élèves la craignaient au même titre que son mari et ce sentiment de suffisance transpirait au travers de son être quand elle jeta une œillade à la table des Gryffondors, où Ronald Weasley et Harry Potter la dévisageaient comme chaque jour. Ce spectacle suffit à lui faire oublier sa faiblesse de ce matin et lui tirer un sourire de pure présomption. La journée n'allait pas être si catastrophique, pensa-t-elle…