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Ne dormant plus la nuit, il n'était pas rare qu'Hermione ne s'endorme durant les heures de liberté de sa journée. Quand l'un faisait cours, l'autre travaillait dans le bureau de Severus. Leur emploi du temps se complétait et leur laissait à chacun une journée de liberté. Severus travaillait pendant la totalité de la journée du mardi et Hermione possédait la journée du vendredi. Le restant de la semaine, ils se séparaient dans un planning complémentaire ou ils alternaient les heures de cours. De plus, le Directeur Dumbledore leur avait ajouté une journée d'enseignement complémentaire, permettant à Hermione d'acquérir une maîtrise plus parfaite en enseignement. Les débuts avaient été chaotiques, pour ne pas dire totalement désuet, cependant, ils finirent par se compléter et acquérir une méthode d'enseignement basée sur la colère et la sournoiserie. Les élèves qui avaient espéré que l'apparition d'Hermione dans la vie de Rogue aiderait quant à son mauvais caractère, ont bien vite déchanté quand ils se sont aperçus que la jeune femme avait adopté la même politique que son époux. Désormais pour chaque élève de toute maison confondue ; il était un calvaire de venir en cour de potion.

Dumbledore soucieux du bien-être de ses élèves avait suggéré de faire intervenir un vieil ami potionniste, qui plus est ancien professeur de cette matière, nommé le professeur Slugorn. Cela allait sans dire que le couple Rogue, piqué au vif, avait refusé la proposition au grand désespoir des élèves.

En cette journée pluvieuse de novembre, Hermione profitait de la journée d'enseignement de Severus pour vaquer à un temps de liberté. N'ayant aucune obligations d'enseignement, elle pouvait flâner au lit aux heures les plus indues chaque mardi. C'est avec cette optique qu'elle se rendormit en ce mardi matin, bien au chaud dans son lit moelleux, alors que son mari se levait pour sa journée d'enseignement.

Elle se rendormit du sommeil du juste, heureuse que ses douleurs l'ai enfin quittée.

La jeune femme se réveilla en sursaut quand une horrible douleur au bas-ventre la saisit. Dans une stupeur étouffée, elle tomba du lit face à l'intensité de cette souffrance, jamais elles n'avaient été aussi élevées. Elle compta silencieusement jusqu'à vingt.

Seulement voyant que la douleur ne disparaissait pas elle se releva avec grande difficulté, ayant comme objectif de marcher jusqu'à la salle de bain.

Généralement, la douleur disparaissait au bout de vingt secondes, la laissant alors dans un état léthargique plus ou moins important en fonction de la crise. Cependant aujourd'hui elle décidait de jouer les dures. Des millions de serpents rampaient insidieusement dans son ventre et remontaient jusqu'à sa cage thoracique.

À chaque fois, elles les sentaient, même plusieurs heures après une crise, tapies dans l'ombre à l'affût de la suivante.

Elle se sentait partir et tomba au sol sur le dos incapable de reprendre son souffle, la respiration erratique. Jamais, au grand jamais, elle n'avait eu si mal, pas même lors de l'apposition de la marque noire.

Elle ferma les yeux, se crispant sous la seconde vague qui arrivait, et ne s'aperçut pas du cri qui avait franchit ses lèvres.

Elle se retourna le souffle près à sortir de ses poumons et invoqua sa baguette. Dans un brouillard, elle invoqua son patronus à Mme Pomfresh et lui indiqua le mot de passe à demi-mot, le cœur dans la bouche.

L'infirmière ne mit pas cinq minutes avant de débarquer et de trouver Hermione à demi évanouie sur le sol de sa chambre.

La jeune femme, dans un brouillard de confusion, s'entendit dire : « Ne… Pre-venez… Pas… Sev'rus. »

Ce fut la dernière chose que la jeune femme se souvenu avant de sombrer dans l'inconscience.

*

L'odeur était différente que celle de leur chambre à coucher, pourtant, elle était sur un lit, cela dit bien moins confortable que le leur. Son dos lui faisait mal et chaque respiration lui coupait le souffle, ses poumons lui hurlait au visage leurs douleurs.

Une main se tenait sur son avant-bras droit, et cette main glacée, tremblait légèrement. Une voix connue lui dit : « Mme Rogue, j'aurais aimé que vous veniez me voir plus tôt, au lieu de vous retrouver presque morte au sol. Depuis quand souffrez-vous de ces symptômes ?

Cela est très grave et je pense sans me tromper que vous savez à quel point ce maléfice, exercé à long terme peut être dangereux et causer des dommages irréversibles. Depuis quand Mme Rogue souffrez-vous de ce type de Maléfice ? Il n'est heureusement pas trop tard pour vous soigner. »

Hermione tourna sa tête vers Mme Pomfresh et lui dit doucement : « Je me suis marié en Août dernier, cette douleur est survenue peu de temps après que Vous-Savez-Qui met apposer la marque. Severus m'a dit avoir vu Narcissa Malefoy souffrir des mêmes symptômes plusieurs mois après sa propre cérémonie. Suite à cela, il a vaguement entendu parler du fait qu'elle ne pouvait plus enfanter. »

L'infirmière la regarda les yeux plein de compassion. Face à cette vue, Hermione se sentit obligée de détourner les yeux. C'était si douloureux d'être regardé de cette façon. La dame vêtue de blanc lui demanda : « Mme Malefoy avait déjà eu Drago avant de subir cette marque ? »

Hermione hocha positivement la tête, et elle continua : « Bien, je vois que vous savez effectivement que ce maléfice, non traiter, peux vous causer une infertilité très rapidement, mais je vous avoue ne pas comprendre, Severus connaît le moyen de stopper celui-ci, pourquoi n'avez-vous pas encore reçu l'antidote. C'est votre époux qui nous a, en partit, avertit de ce type de maléfice. Celui-ci était fréquemment utilisé par le mage noir pour faire souffrir ses victimes durant la première guerre. Severus sait traiter ce genre de dommage pourquoi ne l'a-t-il pas encore fait ? Si, d'une quelconque manière, il vous traite mal mon enfant, soyez assurer que j'en ferais mon affaire. »

Hermione, d'une main, interrompit le monologue enflammé de la pauvre infirmière : « Soyez-vous aussi madame, assurer que mon mariage ne regarde personne d'autre que mon époux et moi-même, cependant, je peux, vous rassurez en vous disant que Severus n'en sait strictement rien. Il sait très bien ce que ce maléfice veut dire, et encore plus ce qu'il cause. Il se déclenche généralement plusieurs heures après l'apposition de la marque des ténèbres et s'intensifie au cours des semaines, des mois, avant d'arriver au point de non-retour. Severus a assisté à une ou deux crises, que je décrivais comme minime. Je l'ai persuadé que je ne ressentais plus aucune douleur alors il n'a pas insisté. Aujourd'hui, il croit que je ne ressens plus rien. Je ne peux tout simplement pas aller dans sa réserve et me servir, même si objectivement les potions qui s'y trouvent sont toutes autant les miennes que les siennes. Il ne sait absolument rien de tout cela et s'il venait à le savoir, il serait extrêmement en colère. »

Poppy lui jeta un regard courroucé, comprenant que la jeune femme avait délibérément menti à son mari. Elle lui dit la voix beaucoup moins compatissante : « Bien, je vais aller voir ce qu'il peut rester dans la réserve de potion de l'infirmerie, il se peut qu'il reste une potion. C'est un maléfice que nous n'avons plus beaucoup vu depuis la première guerre sorcière, alors il ne m'étonnerait pas qu'il en reste. Le cas échéant, je serais dans l'obligation de prévenir Severus pour qu'il vous prépare dans les plus brefs délais cette potion lui-même.

Cependant jeune femme, sachez que cette potion est très lourdement chargée en hormone gonadotrophine chorionique, l'hormone responsable des fausses-couches. Vous comprendrez que je dois au préalable m'assurer que vous n'êtes pas enceinte Mme Rogue. »

Poppy Pomfresh partit en direction de la réserve de l'infirmière et revint avec un air de soulagement sur le visage. Elle tendit sans un mot le petit flacon, où gisait sur une étiquette, l'écriture fine et italique de son époux « ferus Hippomedon quamquam ».

Mme Pomfresh lui dit, visiblement consciente du trouble de la jeune femme : « Votre mari à du inventer cette potion avec le sang de victime imprégnée du maléfice. Il n'y a aujourd'hui toujours pas de nom pour ce sortilège noir, mais nous savons qu'il peut être lancé sans pour autant être rattaché à la marque des ténèbres. Cependant, il n'y a que l'inventeur de ce triste sort qui pourrait nous renseigner quant aux effets véritables de ce sort. Mais je doute que quelqu'un ait déjà pensé à aller interroger Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Enfin, cette potion est totalement inoffensive pour vos organes internes ou autres, elle a seulement pour but de stopper ce maléfice. Ne soyez pas inquiète, c'est votre époux qui l'a concoctée… »

L'infirmière prit une fois de plus la parole, et Hermione se promit de la faire taire à tout jamais si elle ne la laissait pas tranquille avec ses questions.

: « Avant de boire cette potion, je dois m'assurer que vous n'êtes pas enceinte. Répondez simplement à mes questions et je vous donne cet antidote. Bien. Avez-vous eu des rapports non protégés avec votre époux ces derniers temps ? »

Hermione à court de patience et piqué au vif face à une intrusion aussi violente de questions, prit sa baguette magique, et se lança elle-même le sortilège. Ne voyant aucune couleur, ni aucun signe d'une quelconque grossesse, elle arracha rapidement le flacon des mains de l'infirmière et le but d'une traite.

Le goût était vraiment horrible et Hermione grimaça avant de dire méchamment : «

Vous en conclurez Poppy que je me porte à merveille. Souvenez-vous l'avenir que ma patience à des petites limites. Évitez les questions qui fâchent si vous ne voulez pas devenir aussi inutile qu'une seringue. »

La jeune femme se leva et se dirigea vers le bureau de l'infirmerie et prit ses effets personnels. Elle ne se retourna pas et claqua la lourde porte en bois en partant.

Poppy marmonna : « Et bien ces deux-là se sont bien trouvés. Aussi têtues l'un que l'autre. »