Et nous revoilà déjà pour le nouveau chapitre de mon cross over FMA/HP.

Les oeuvres de Fullmetal Alchemist, Harry Potter ne m'appartiennent pas et ce pour tout ce tome. J'emmprunte également un concept à Pullman, vous devinerez vite lequel pour les amateurs.

Ce tome est déjà terminé, aura une parution régulière.

Nous avions laissé Edward en très mauvaise posture, aux griffes des Mangemorts. Va t-il s'en tirer ?

Sans plus tarder voici le premier chapitre :


T3 Chapitre 1

Depuis des semaines, Edward Elric demeurait dans une sorte de coma dont il ne se réveillait pas. Au départ, le coma avait été induit par Augustus Rookwood dès son arrivée dans la demeure des Malfoy afin d'empêcher celui qu'il appelait son cobaye préféré de s'enfuir. En effet, pendant plusieurs heures par jour, le Mangemort fanatique se livrait à des expériences sur le jeune garçon aux cheveux blonds, espérant que celles-ci lui permettraient de découvrir l'accès à l'étrange magie du jeune garçon. Mais ce fut sans succès : à première vue, le Edward Elric était un sorcier comme les autres sauf que Rookwood avait vu. Et ce qu'il avait vu lui affirmait que la magie que Elric avait employée au Ministère contre lui n'était pas de la magie ordinaire. Il en avait eu la certitude quand il l'avait vu de nouveau à l'œuvre lors de l'attaque du pont de Brockdale. Une telle puissance rien qu'en claquant des mains, c'était inattendu.

Quand le Seigneur des Ténèbres avait appris les exploits dont était capable le jeune garçon, il avait donné l'ordre de le ramener vivant, quelque chose dont peu de personnes avaient bénéficié à part Harry Potter. Rookwood, qui était en faveur auprès de Voldemort, avait su persuader son maitre de la valeur inestimable que pouvait avoir le jeune garçon s'il était vivant à son arrivée au Quartier Général. Quand Voldemort avait vu le jeune garçon inanimé avec sa jambe de métal, il avait lancé d'un ton méprisant que c'était sans doute un Sang de Bourbe pour recourir à un tel appareillage. Rookwood n'avait pas nié que la chose de métal fût de fabrication moldue mais il avait bien insisté sur la puissance déployée par le jeune sorcier et cela, ça avait intéressé le Seigneur des Ténèbres. Avoir une telle puissance à son service pourrait lui faire gagner du temps dans sa prise de pouvoir, surtout, il pourrait l'apprendre lui même et ensuite se débarrasser du garçon pour devenir le seul à maitriser ce pouvoir.

Malheureusement, le garçon était un ami de Potter et donc il était fort improbable qu'il accepte de livrer ses secrets si facilement. Pendant un moment, Voldemort avait songé à utiliser Elric comme otage pour l'échanger comme monnaie d'échange mais il savait déjà que ni l'Ordre, ni le Ministère n'accepterait un tel arrangement. Bien sûr, il pouvait se servir de lui comme appât, mais les membres de l'Ordre ne laisseraient jamais Potter partir à la rescousse de son ami. Donc, il valait mieux pour l'instant s'en servir tant qu'il avait une utilité et après exhiber son cadavre pour démoraliser Potter.

Mais pour l'instant, ce dont il avait besoin étaient des réponses et le corps inconscient du garçon n'en avait livré aucune. A première vue, le garçon était un sorcier normal qui utilisait une baguette normale selon Olivanders. Mais Voldemort était certain que le vieux fabriquant de baguette mentait, malheureusement, il avait encore besoin de lui indemne pour lui expliquer pourquoi sa baguette avait produit cet étrange phénomène il y a deux ans, lors de sa renaissance.

Quand il avait fini par se lasser de contempler le corps inconscient du garçon pendant des semaines sans obtenir aucune précision sur la nature de son pouvoir, Voldemort avait ordonné qu'on le réveille et qu'on le torture jusqu'à ce qu'il révèle tous ses secrets, y compris ceux confiés par Nicolas Flamel. C'était à ce moment là que l'on s'était aperçu que Edward Elric avait si bien maitrisé l'Occlumencie qu'il avait profité de son coma pour plonger si profondément dans son esprit qu'il en était devenu complètement insensible à la douleur. Son corps souffrait, certes, mais il n'était plus du tout conscient de ce qui l'entourait. Il était comme en état de stase magique, son esprit et son âme étaient encore présents dans son corps mais bien trop difficiles à atteindre. On avait essayé tous les moyens : légilimencie, Veritaserum, sorts de tortures de toutes sortes pour tenter de le faire sortir de cet état mais en vain. En entendant cela, Voldemort avait piqué une belle crise de rage presque démente et il avait ordonné qu'on réveille le garçon avant la fin de la semaine sans quoi, il le tuerait lui même et laisserait son cadavre en plein Chemin de Traverse.


On était lundi soir et Severus Rogue venait de transplaner le plus tôt possible devant le Manoir Malfoy. Il savait que il ne devait y avoir presque personne dans les geôles de la belle demeure, à part les quelques prisonniers habituels : ceux que les Mangemorts pouvaient torturer et tuer à loisir, les Moldus ou les Nés de Moldus, et les prisonniers qui avaient une valeur aux yeux du Seigneur des Ténèbres : leur sort n'était pas plus réjouissant car ils avaient droit également aux tortures mais dans le but bien précis de leur arracher des informations.

C'est vers cet endroit sinistre que se dirigeait Severus Rogue en passant sans aucune difficulté les protections mises en place pour veiller à ce que les prisonniers ne puissent s'échapper. Il parvint bientôt à une cellule à laquelle il lui suffit de montrer sa marque des ténèbres pour entrer. La cellule était lugubre, sans aucune fenêtre donnant sur l'extérieur et n'avait pour tout mobilier qu'une paillasse miteuse sur laquelle gisait Edward Elric, profondément endormi. Son corps était recouvert de multiples blessures, certaines faites à la manière moldue puisque les Mangemorts ne rechignaient pas à utiliser les méthodes de torture de ceux qu'ils méprisaient pour infliger toujours plus de mal. En tout cas, il ne faisait aucun doute que le jeune garçon qui reposait là était très mal en point.

Voyant son état, Rogue ne savait pas ce qui serait le plus miséricordieux : achever les souffrances de Edward Elric, l'un des seuls élèves qu'il respectait à l'aide d'un poison indétectable de sa composition qui le ferait partir sans douleur. Ce serait comme mourir dans son sommeil, et aucun Mangemort ne se douterait de son implication puisque le garçon était déjà dans un état de supplicié aux portes de la mort. Torturé quotidiennement, il n'avait dans l'estomac que les quelques potions qui permettaient de le garder en vie car le jeune garçon n'avait pas mangé depuis près de trente jours et il semblait bien décidé à battre un record.

Mais d'un autre côté, il avait affaire à un garçon qui avait sans doute déjà eu son lot de souffrances, rien que sa jambe en métal en disait long sur le sujet et il y avait donc de fortes chances pour que Edward Elric soit capable de surmonter la douleur de son corps meurtri. Oui, il était certain que Edward avait la force physique et mentale pour pouvoir se tirer de sa situation. Mais de toute manière, il ne pouvait pas ouvertement l'aider sans compromettre ouvertement sa position d'espion.

Par contre, il pouvait laisser des potions régénératrices à portée du garçon dans son laboratoire de potion, il pouvait laisser la jambe mécanique du jeune homme dans ledit laboratoire en laissant la porte ouverte et non très solidement fermée comme il en avait l'habitude et surtout, il pouvait glisser des informations à voix basse dans l'oreille d'Edward comme maintenant :

« Le Seigneur des Ténèbres a convoqué tous ses Mangemorts pour une réunion dans moins d'une heure. Ils vous croient tous plongé dans un coma irréversible et la garde s'est relâchée. Si vous voulez partir, le moment idéal serait maintenant. »


Au début de la journée…

Dans son esprit, Edward Elric était très confortablement installé dans une sorte de pièce qu'il s'était façonné pour des nécessités comme celles-là. Il avait pris pour exemple la Salle sur Demande et elle changeait pour se conformer à ses besoins du moment : s'il s'ennuyait, tous les livres qu'il avait lu apparaissaient, s'il avait envie de dormir, sa pièce spirituelle se remplissait de coussins. Ici, rien ne pouvait l'atteindre sauf ce qu'il décidait, même la torture n'était ressentie que comme un léger malaise.

Bien sûr, parfois, il laissait la douleur atteindre son esprit pour tester et voir s'il serait capable de l'endurer quand il choisirait le moment de fuir. La souffrance était bien là, présente, mais elle n'était pas insoutenable. Il avait connu pire comme situation et comme douleur atroce comme celle où il s'était retrouvé empalé dans le nord d'Amnestris. En se concentrant sur le plus important, comme la survie, on pouvait fort bien parvenir à accomplir des évasions. Et il y avait eu le temps de réfléchir, planqué comme il était dans son esprit !

Pour organiser sa fuite, il avait établi une liste de ses priorités qui étaient la suivante :

1)Retrouver son automail sans quoi Winry le tuerait à son retour dans son monde. Et par la même occasion, retrouver sa baguette.

2)Découvrir le plus d'informations qu'il pouvait sans se faire voir.

3) Causer le maximum de dégâts tout en s'évadant.

Pour parvenir à accomplir la première tâche, il devait d'abord savoir ce que son automail était devenu. Pendant un moment, il avait cru que les Mangemorts l'avaient détruit car il s'agissait d'un artefact évidemment moldu. Heureusement, des gardes trop bavards lui avaient révélé par inadvertance que Rogue l'avait pris pour l'étudier et voir si une magie particulière le faisait marcher. Bien entendu, à part quelques runes de protection, il ne trouverait rien et l'espion savait très bien à quel point Edward était dépendant de son automail pour le démanteler en plusieurs pièces. Il devrait donc le retrouver intact. Quant à sa baguette… Et bien, les sortilèges d'attraction informulés et sans baguette n'était pas pour les idiots et il se vantait de ne pas en être un.

Découvrir le plus d'informations sans se faire prendre serait légèrement dangereux mais le jeu en valait la chandelle. Si seulement il avait à sa disposition la magnifique cape d'invisibilité de Harry, il pourrait se déplacer incognito et espionner les conversations des Mangemorts. Mais bon, il devait faire avec ce qu'il avait : le sortilège de désillusion devrait pouvoir être capable de rendre son corps translucide et donc le rendre plus facile à cacher… S'il était suffisamment bien lancé et s'il circulait dans des endroits suffisamment sombres, il ne devrait avoir aucun mal à ne pas se faire voir.

Concernant sa partie favorite, causer un maximum de dégâts pour faire diversion, il lui suffisait de se rendre dans le laboratoire de Rogue et il devrait y trouver tout le matériel dont il avait besoin pour cela. Bien qu'étant un élève brillant y compris en potion, Edward était toujours doué pour causer des explosions dans cette matière, la seule différence, c'est que maintenant, il savait les causer quand il le voulait, lui, de manière à en faire de vraies bombes à retardement, autant dire qu'il avait amené ce talent à un véritable rang d'art. Avec une belle explosion pour faire diversion, sortir de ce manoir serait un vrai jeu d'enfant.

Restait à trouver le bon moment car l'échéance approchait dangereusement. Edward ne voulait pas se réveiller au dernier moment, quand il y aurait du monde autour de lui. Cela risquait de rendre difficile son évasion et l'obligerait à utiliser l'alchimie ou l'un de ses nombreux talents cachés. Mais de toute façon, il serait forcément obligé d'en passer par là. Il se voyait mal tenter de s'échapper en ne recourant qu'à des méthodes moldues auxquelles personne n'aurait pensé, quoiqu'il pourrait essayer rien que pour ennuyer les Mangemorts… Mais non. Il ne devait pas gaspiller ses chances de s'en sortir par simple orgueil. S'il le devait, il utiliserait tous les moyens qu'il avait à sa disposition pour s'enfuir et retrouver ses amis.

En attendant, le jeune garçon expérimentait dans sa tête des façons de travailler la magie. Il s'intéressait plus particulièrement au voyage astral, à la façon dont il pouvait s'extraire de son corps sans endommager son âme en coupant définitivement le lien avec son corps. Cela nécessitait de voir son esprit un peu comme un fantôme invisible et capable de s'extraire à volonté de son corps. Mais pour cela, Edward devait utiliser la légilimencie pour se projeter à l'extérieur de lui même et ce n'était pas facile : certes, le jeune garçon maitrisait ce talent particulier à la perfection mais c'était autre chose de s'envoler sans aller automatiquement vers l'esprit ou le corps d'une autre personne. Cela, il le pouvait sans aucun problème, mais cela s'appelait la Possession et c'était considéré comme de la magie noire, non sans raison.

Cela n'avait pas empêché Edward d'essayer et ce talent de Possession s'était révélé remarquablement facile, ce qui était normal puisqu'il s'agissait de la Légilimencie poussée à son extrémité. Et projeter son esprit pour s'emparer d'un esprit, Ed l'avait déjà fait à Amnestris, sur Pride. Il avait donc recommencé en se servant de la magie, cette fois. Il avait donc pu envahir l'esprit d'un Mangemort sans se faire repérer mais il avait été rapidement dégoutté par ce qu'il y avait vu : des scènes de meurtres, de tortures, de raid, un esprit malsain et dont il avait été horrifié en sentant les émotions et les souvenirs. Après cette expérience, Edward n'avait plus rien tenté pendant une semaine avant de recommencer, à contrecœur. Cette fois, il avait réussi à contrôler le corps du Mangemort comme s'il était sous l'influence de l'imperium et cette expérience l'avait durement marqué.


Après cela, en effet, il s'était longtemps interrogé sur les notions de Bien et de Mal : est ce que le simple fait d'expérimenter la limite de ses pouvoirs justifiait qu'il utilise l'équivalent d'un Imperium, un sort qui influait sur l'esprit de la personne ? Est ce que en faisant cela, il ne se rabaissait pas au niveau de ses adversaires ? Est ce qu'il ne risquait pas d'endommager son âme, sans doute déjà bien abimé par ses expériences passées ? Est ce que expérimenter valait la peine de prendre ce risque ?

Au final, il avait décidé que non, ça n'en valait pas la peine : il voulait avoir une âme à peu près intacte quand il se présenterait devant la Vérité. Et la Possession était vraiment une magie trop maléfique qui souillerait son être s'il la pratiquait trop souvent. L'ignorance pouvait être excusée (et encore…) mais commettre un acte mauvais en toute connaissance de cause ne serait pas pardonné aussi facilement par la Vérité devant Laquelle il passerait en jugement. Et le jeune Alchimiste ne voulait rien faire qu'il puisse regretter plus tard.

Donc, il essayait depuis presque un mois de pratiquer le Voyage Astrale, une application beaucoup moins obscure de la Légilimencie mais sans aucun succès. Cependant, hier, du moins, c'est ce qu'il croyait, il avait ressenti quelque chose d'assez proche à la sensation qu'il devrait sentir, comme s'il s'apprêtait à prendre son envol tel un oiseau. Donc, il avait la certitude et d'un, que c'était possible et de deux qu'il allait y parvenir aujourd'hui. Point final. Et s'il y avait bien une chose dont on pouvait qualifier Edward Elric, c'était de déterminé.

Il commença donc à méditer dans sa tête et, au bout de quelques heures, il sentit comme si quelque chose se détachait de son corps, comme un film invisible emballant quelque chose et qu'on doucement décollait d'un objet. Sentant qu'il était sur la bonne voie, il persévéra et… il se retrouva dans la forme fantomatique d'un petit fennec. C'était tellement surprenant que le jeune garçon dans sa forme animal poussa une exclamation de surprise sous la forme d'un petit jappement inaudible à l'oreille humaine.

Puis, reprenant son sang froid, Edward observa sa forme de voyageur astrale : elle était fort semblable à celle de son Animagus, même yeux dorés, même fourrure blonde bien que les couleurs semblaient translucide. Il n'avait que trois pattes comme de juste mais cela ne le dérangeait pas. C'était toujours plus facile de courir sur trois pattes que sur une jambe. Sa forme de fennec était reliée à son corps par une sorte de lien dorée et de façon bizarre, son cerveau recevait à la fois des informations de son corps inanimé et de son Anima.

Prudemment, Edward commença à voir s'il pouvait traverser les murs et il put vérifier que c'était bien le cas. Il commença donc par visiter les autres cellules : dans la plupart se trouvaient des prisonniers inconnus et visiblement pas en état de s'évader. Il essaya de leur parler mais en vain : ils ne le voyaient ni ne l'entendaient. Quelqu'un pourtant était suffisamment ouvert d'esprit pour le percevoir : il s'agissait de Garrick Olivanders, le fabriquant de baguette. Ce dernier était enfermé dans une cellule plus spacieuse où des Mangemorts le surveillaient en train de fabriquer des baguettes magiques. Le vieil homme avait semblé le scruter pendant un moment avant de lui murmurer d'une voix inaudible de s'enfuir au plus vite sans s'occuper de lui.

Plus Edward sous sa forme d'Anima s'éloignait de son corps, plus il ressentait de la douleur, mais cette dernière n'était pas insurmontable alors il continuait même si la souffrance empirait. C'était comme un élastique qu'on étirait sans fin mais qui, comme toute matière, finit par lâcher. Edward poussa mentalement un gémissement de douleur et songea que s'il avait été dans son corps, il aurait pleuré sans hésiter au point d'en appeler sa mère. Cette douleur était l'une des pires qu'il avait enduré et on parlait de quelqu'un qui avait résisté au Doloris, quelqu'un qui avait été amputé d'un bras et d'une jambe et dû subir l'opération de la pose d'un Automail.

Non, s'il devait qualifier la douleur, ce serait plutôt comme une grande souffrance spirituelle, comme si, volontairement, il s'était infligé lui même la plus grande peine au monde. Cela lui rappelait le jour de la Transmutation Humaine, quand il avait compris qu'il venait de perdre son frère par sa propre faute. Oui, s'il devait décrire la douleur qu'il ressentait maintenant, c'était celle d'une profonde trahison et dont il était à la fois l'objet et celui qui l'avait commise. La pire souffrance que le remord pouvait causer et il la ressentait de plein fouet.


Pendant un instant, Edward crut qu'il s'était tué par accident et se précipita dans sa cellule pour retourner dans son enveloppe charnelle. A son grand soulagement, son cœur continuait à battre, son cerveau de fonctionner et quand il voulut re-fusionner dans son corps, il y parvint sans peine, mieux encore, la douleur s'apaisait bien qu'il sentait que la douleur en lui se répandait aussi dans son corps et en particulier dans son cœur.

Dans sa chambre mentale, Edward pleura pour la première fois depuis des mois et il entendit alors son Anima Fennec lui adresser la parole, comme lors de leur première rencontre :

« Je vois que tu viens d'apprendre à détacher ton Anima de ton corps sans être brisé. C'est bien, très bien. Maintenant, nous venons de franchir une étape supplémentaire dans la connaissance et le savoir. »

« Je ne vois pas en quoi, sauf si la douleur est une forme de connaissance… » Marmonna Ed en tentant de reprendre sa respiration, son cœur se sentant encore oppressé.

« La douleur est une forme de connaissance sur toi. Elle t'indique notamment que tu es en vie. »

« Je ne me suis jamais senti aussi en vie qu'aujourd'hui… » Grogna Edward en songeant que son Anima avait en grande partie raison sur ce coup là. Il était pleinement conscient d'être bel et bien vivant en ce moment. S'il était mort, la souffrance aurait cessé.

« Tu vois ? » Répliqua ironiquement le petit renard du désert.

« Si tu m'expliquais un peu ce que je viens de faire par idiotie ? » Demanda Ed.

« Disons qu'à partir de maintenant, tu peux partir en voyage astrale sous ta forme animale à volonté. Tu as tellement forcé pour étirer le lien spirituel entre ton âme et ton corps que tu l'as énormément distendu au point que moi, ton Anima, peux partir me balader à l'autre bout du pays sans que tu ressentes la moindre souffrance, c'est chouette, non ? » Expliqua l'Anima Fennec.

« Tu veux dire que j'ai séparé mon âme de mon corps définitivement ? Comment il se fait que je ne sois pas mort ? Oh merde, ne me dis pas que je me suis créé une sorte d'Horcruxe, ce serait abominable ! » Paniqua Edward en pâlissant drastiquement en songeant qu'encore une fois, par mégarde, il s'était aventuré sur des sentiers sur lesquels il n'aurait jamais dû s'engager.

« Calme toi, j'ai dis distendu, pas coupé net. Ton âme est intacte, je le sais car j'en suis l'un des facettes. Parmi les autres facettes, il y a celle qu'on appelle l'emprunte du défunt ou le fantôme. Pour les autres, tu les découvriras peut être un jour si tu continues à vagabonder entre les Mondes… Mais comprends bien ceci, même si ton âme a des facettes, elle reste unie et elle est faite pour le rester. Donc ne fais pas d'idiotie, je t'en serais reconnaissant ! » Déclara le renard sur un ton faussement sentencieux.

« J'en ai pas l'intention, Renard de mes deux ! » S'exclama Edward, outré qu'on puisse le croire capable d'une telle chose.

« Tu as conscience que tu es en train de t'insulter toi-même ? Je sais que tu ne le feras pas, après tout, je suis toi ! »

« Attends, heu, toi ! Comment tu t'appelles ? » Demanda Edward d'un ton désespéré.

« Hannael » Répondit le renard après un long moment de silence puis il disparut.


Pendant quelques longues minutes, Edward resta étendu dans sa chambre mentale. Il avait l'impression qu'on lui avait confié l'un des secrets les plus importants de sa vie, comme si on lui confiait son véritable nom. En tout cas, il aimait bien ce nouveau patronyme, cela sonnait bien. Il aurait sans doute continué longtemps à réfléchir sur les mystères de son âme si une voix bien connue n'avait pas retenti dans la pièce :

« Le Seigneur des Ténèbres a convoqué tous ses Mangemorts pour une réunion dans moins d'une heure. Ils vous croient tous plongé dans un coma irréversible et la garde s'est relâchée. Si vous voulez partir, le moment idéal serait maintenant. »

Edward se releva en entendant la voix de l'ex professeur retentir dans sa chambre mentale. Rogue était donc là ? Et il venait le prévenir de la possibilité d'une évasion imminente ? Ma foi, il n'allait pas laisser filer cette occasion splendide. Pour le moment, il était encore sous surveillance mais d'après ce qu'il avait pu voir, c'étaient les pères de Crabbe et Goyle junior, pas des gens extrêmement intelligents comme Rookwood qui remarquerait la moindre anomalie dans son état.

Il commença donc progressivement à envoyer de l'énergie magique vers tous ses muscles pour les redynamiser tout en restant prudent à ne faire bouger aucun muscle, y compris ceux de ses yeux. Au bout d'une heure, il était pleinement de retour dans son corps souffrant mais il avait curieusement moins mal qu'avant. Selon son avis très expérimenté sur la question, rien ne pourrait égaler la douleur qu'il avait ressentie quelques heures plus tôt.

Il était attentif au moindre bruit, aussi se réjouit il quand il entendit Crabbe et Goyle répondre à l'appel de leur Maitre, le laissant seul puisque de toute évidence, selon Goyle, il était comme s'il avait été embrassé par un détraqueur… Le Mangemort allait s'en mordre les doigts quand son prisonnier se serait évadé avec succès.


La première chose que fit Edward fut de désamorcer les alarmes magiques qu'il y avait autour de lui et qui risquait d'alerter les Mangemorts, à l'aide de magie sans baguette. Cela avait été le moment le plus délicat de la partie et Ed resta sur le qui-vive pendant de longues minutes au cas où l'alarme aurait sonné mais personne ne vint. Il se changea en fennec pour se dégager des fers qui le retenaient au mur puis une fois arrivé près de la porte, il se retransforma en humain et se transmuta une seconde sortie en style baroque-néogothique mais avant de partir, il prit soin de laisser un petit message à ses geôliers.

Une fois sortie, le jeune garçon se rechangea en fennec et clopina dans tous les couloirs sur ses trois pattes, à la recherche du laboratoire de potion qui devrait logiquement se trouver quelque part ici. Après tout, à Poudlard, les potions se faisaient dans les cachots alors pourquoi pas ici ? Il regardait derrière chaque porte, de plus en plus anxieux et espérant ne pas se faire surprendre par des Mangemorts puis finalement…

'Bingo' Songea Edward en entrant prudemment dans le laboratoire. Ce dernier était assez spacieux pour permettre d'y placer plusieurs chaudrons en même temps. Quelques potions étaient déjà sur le feu et étaient sous l'influence d'un sort de stase pour qu'elles restent dans un état stable. Edward y jeta un coup d'œil et il reconnut plusieurs poisons complexes visant à donner une mort douloureuse aux victimes et des potions visant à soigner les Mangemorts qui rentreraient de leurs missions blessés. Elles étaient toutes incomplètes, à divers stades de leurs préparations. En ouvrant les armoires, il découvrit plusieurs potions déjà terminées et étiquetées méticuleusement de l'écriture fine de Rogue. Il referma la porte en gardant en tête de s'en servir pour plus tard.

Dans une autre armoire, Edward découvrit son automail qui, par chance, n'avait pas été disséqué en mille morceaux. Mais maintenant, il devait le replacer et cela n'allait pas être une partie de plaisir. Il savait comment procéder, après tout, il a vu Winry le faire une bonne dizaine de fois et il aurait été idiot pour ne pas apprendre à le faire. Non, le problème était : est ce qu'il y parviendrait sans hurler de douleur ? Par sécurité, le jeune garçon déchira un morceau de tissu de sa robe de sorcier et le fourra dans sa bouche pour étouffer le hurlement qu'il allait pousser. Puis, il respira à fond, compta jusqu'à trois et raccorda son automail à son corps. Le cris d'Edward dut effectivement étouffé par son bâillon et un instant après il poussa un soupir de soulagement quand il vit que sa jambe de métal répondait aussi bien qu'avant.

Maintenant, il devait s'occuper de faire sa diversion… Edward jeta un coup d'œil aux potion et se sentit presque désolé pour tout le dur travail de Rogue qu'il allait devoir détruire… Presque. Il ne doutait pas que son ancien professeur préférerait voir ces potions détruites que aidant la cause du Seigneur des Ténèbres. Il espérait simplement que Rogue ne souffrirait pas des conséquences de ses actes, même si ça serait trop demander que personne n'en souffrît. Il savait que Voldemort reporterait fatalement sa colère sur quelqu'un d'autre.

En regardant l'heure, il calcula que la réunion du Cercle Intérieur de Voldemort devait avoir commencé. Sur un ton hésitant et avec un peu d'appréhension, il appela Hannael en se demandant si son truc allait marcher quand il était dans son corps. A son grand soulagement, le fennec doré apparut, visible uniquement de lui et d'un ton sarcastique, lui demanda ce qu'il pouvait bien faire pour s'aider à s'échapper. Raffermissant sa voix, Edward lui demanda s'il pouvait aller espionner la réunion des Mangemorts. Hannael acquiesça et fonça à travers les murs pour rejoindre la salle où se tenaient Voldemort et ses Mangemorts.


Pendant qu'une partie de Edward faisait un brillant calcul pour déterminer comment faire exploser des potions différentes en même temps, la partie d'Edward sous la forme d'Hannael circula dans tout le manoir des Malfoy, comme s'il était parfaitement à sa place ici. Heureusement, personne ne pouvait le voir, même si les elfes de Maisons semblait intrigué par l'étrange présence qui passait près d'eux. Hannael finit par arriver dans la salle où avait lieu la réunion. Son regard fut tout de suite attiré par un étrange spectacle : une femme suspendue en l'air le tête en bas tournait lentement sur elle même au dessus de la table. Il reconnu Charity Burbage, la professeur d'étude des Moldus de Poudlard, la malheureuse allait sans doute mourir et il ne pouvait rien faire pour l'en empêcher.

La réunion venait à peine de commencer et Rogue était en train de donner des informations concernant le départ de Harry Potter de Privet Drive. Apparemment, selon l'espion, il allait quitter sa famille samedi prochain et non le 30, comme le prédisait un Mangemort nommé Yaxley. Ce dernier annonça que Pius Ticknesse était soumis au sortilège de l'imperium et Edward retint bien ce nom pour être certain de l'envoyer au ministre. Il avait beau ne pas aimer le Ministre, il ne voulait pas sa mort pour autant. Trop de gens étaient morts pour qu'il le veuille une seconde.

Le jeune garçon observait avec intérêt les interactions des Mangemorts, Yaxley, en particulier, semblait bien déterminé à plaire à son maitre et il paraissait bien implanté dans le Ministère, ce qui était inquiétant. Apparemment, il avait non seulement le directeur de la Justice Magique sous son contrôle mais également plusieurs travailleurs du Département des Transports Magiques. La nasse se refermait peu à peu sur Scrimgeour et visiblement, il ne faudrait pas longtemps avant que le Ministère tombe.

Voldemort commença à évoquer Harry Potter, il était visiblement presque totalement obsédé par le garçon mais il pensait qu'il devait sa vie plus à la chance qu'au talent. Bientôt, il changerait d'avis quand il verrait comment Harry avait progressé, Edward s'en faisait la promesse. Au même instant, un cri perçant retentit à quelques salles du laboratoire de potion et Ed sursauta : c'était Olivanders qui venait de hurler ainsi, sans doute sous l'emprise du Doloris. Mais malheureusement, Voldemort l'avait entendu aussi et il avait envoyé le dénommé Queudver faire taire le prisonnier, ce qui signifiait qu'on risquait de s'apercevoir de son évasion bientôt. Il était donc temps de passer à l'action.


Sentant la douleur réapparaitre et commencer à le ralentir, Edward se rua vers l'armoire de potions et bus deux potions antidouleurs sur le coup pour se rétablir momentanément. Il fourra également le plus de ces remèdes dans ses poches afin de pouvoir se soigner quand il serait en sécurité. Puis il lança le sortilège d'attraction avec le plus de précisions possibles pour appeler sa baguette magique. Olivanders le tuerait s'il la perdait. La seule baguette magique qui provenait de derrière la Porte entra dans la pièce en même temps que Queudever qui avait malheureusement remarqué le bâton fonçant droit vers le laboratoire de potion. Heureusement, les heures d'entrainement de Edward avec Harry avaient payés et le jeune Amnestrien était devenu plus rapide dans le lancer de sorts. Suffisamment rapide pour stupéfixer le Mangemort.

Après cela, sachant qu'il n'avait plus beaucoup de temps, il rappela Hannael et il lança dans les chaudrons désormais bouillonnant les ingrédients nécessaires pour faire exploser les potions en même temps. Le petit fennec revint fusionner avec lui. Après mûrs réflexions, Edward fit léviter le petit Mangemort à l'extérieur pour qu'il ne soit que légèrement blessé par le chambardement prévu et il attendit, protégé derrière le mur, que l'explosion retentisse.


Pendant ce temps, Rogue observait la famille Malefoy : le père, Lucius, semblait pétrifié par la perte de sa baguette magique réquisitionné par le Seigneur des Ténèbres, et sa femme, Narcissa, était devenue extrêmement pâle. Drago Malfoy, quant à lui, ne pouvait s'empêcher de lever les yeux vers le professeur d'Étude des Moldus toujours suspendu au dessus de sa tête telle une épée de Damoclès. Le Seigneur des Ténèbres se plaisait sadiquement à rappeler qu'ils avaient de la famille appartenant à l'Ordre du Phénix. Famille qui, qui plus est, s'était mariée avec un loup garou… La famille Malefoy tâchait tant bien que mal d'ignorer les moqueries et les rires sarcastiques de l'assistance. Bellatrix, la plus enflammée, tâchait de convaincre son Maitre de sa loyauté toujours acquise et le Seigneur des Ténèbres se lança dans l'un de ses discours hypocrites sur le Sang Pur. Mais à ce moment là, une explosion retentit en dessous d'eux, secouant violemment les murs de la pièce.

« Qu'est ce que c'est ?! » Rugit le Seigneur des Ténèbres tandis que ses Mangemorts, rudement secoués, ne savaient que faire. Ce fut finalement Rookwood, assis à la gauche du Maitre, qui, après avoir vérifié quelque chose, s'écria :

« Edward Elric s'est échappé de sa cellule, Maitre ! »

« Rattrapez le ! Je le veux vivant et conscient ! » Ordonna Voldemort rempli de fureur.

L'ex professeur, quant à lui, était resté calme et s'était relevé tranquillement et observait avec détachement la manière dont les Mangemorts cherchaient à être les premiers à atteindre la sortie pour contenter leur maitre. Quant à lui, il descendit les marches menant aux cachots du manoir Malfoy et contempla les dégâts que Edward Elric avait causé à son laboratoire de Potions : il n'en restait plus rien et un grand trou perçait le mur du château. C'était un miracle que le manoir ne se soit pas en partie effondrée car il s'agissait de l'un des murs de soutènement de la demeure Malfoy. Il ne s'aperçut, qu'après coup, qu'il marchait sur le corps stupéfixé de Peter Pettigrew mais ne s'en soucia pas réellement. A vrai dire, il était admiratif par les dégâts causés par les explosions qui avaient eu lieu toutes en même temps : cela signifiait, mine de rien, qu'Edward Elric en savait désormais suffisamment sur les potions pour causer ce type de destruction massive…

Par le trou, il voyait une silhouette se précipiter vers les murs entourant la propriété au lieu de courir vers la grille qui, de toute manière, ne s'ouvrirait que pour un Mangemort. Non, à la place, Edward Elric se rua vers un mur, claqua des mains et ouvrit une arcade dans laquelle il s'engouffra avant de transplaner pour une destination inconnue.

Quand Rogue et les autres revinrent bredouilles, Voldemort passa sa colère sur sa prisonnière, le professeur Burbage, qui fut torturée à mort avant d'être tuée et de servir de repas à Nagini.


J'ai bel et bien repris le concept des Daemons de Phillip Pullman, que j'appellerais ici Anima (latin pour âme). Celui de Edward se nomme Hannaël et je suis d'humeur à vous faire deviner ce ce qu'il peut vouloir dire. C'est très ironique quand on connait notre cher Edward.

Comme d'habitude, j'accueille reviews, critiques, questions avec enthousiasme car cela peut me permettre de vois s'il y a de l'amélioration à apporter. Oh, et puis recevoir des retours positifs ne font pas de mal...

à dans quinze jours !