Bonjour à tous, me voici de retour pour poster le second chapitre du tome 3 de Par delà la Porte.
Mais avant cela, quelques réponses à vos questions :
Pourquoi le tome 3 a été posté avant le dernier chapitre du tome 2. Mauvaise manipulation. Ils ont en réalité été postés avec quelques minutes de décalage.
Pourquoi Edward n'a t-il pas encore de sac sans fond ? Parce qu'il n'a pas encore compris qu'on pouvait violer cette loi de la physique. Mais cela viendra. Pour astral... oui, je fais parfois des fautes. La plaine astral et le voyage astral se confondent parfois.
Edward pourra t'il raconter à Alphonse ce qu'il a vécu? Même principe dans les deux mondes, on évite de révéler l'existence d'autres univers (il y a suffisamment de problèmes dans chacun d'eux. Mais il peut y avoir des failles dans le contrat. Ce ne sera néanmoins pas abordé.
Thank you to the brave reader who has read this chapter in french. I know that the first book and a part of the second book were translated in english but I figure that the translator has give up or believed that my fic was in permanent hiatus.
Pour le nom du "Daemon" d'Edward, j'ai reçu deux réponses en une review : Si au départ, je penchait pour grâce divine, mais Dieu a répondu a une connotation toute aussi ironique et convient merveilleusement à Edward.
Je suis contente que vous ayez apprécié l'introduction des Daemons. Edward ne l'utilisera pas souvent pour une bonne raison : pas le bon univers.
T3 Chapitre 2
Harry entendit un crac retentissant et son premier réflexe fut de sortir sa baguette et de se mettre à couvert derrière la brouette avec laquelle il exécutait ce qui serait sans doute ses dernières corvées pour les Dursley. Ces derniers étaient encore une fois revenus sur leur décisions de partir et avaient décidé, pour la sixième fois, de décharger la voiture et Harry (puisque c'était de sa faute, naturellement) devait les y aider. Sauf que là, maintenant, un sorcier venait d'apparaître à proximité de la maison et que ce n'était pas forcément bon signe.
Au même moment, Dudley Dursley vint le chercher en bégayant d'une voix tremblante:
« C'est l'un des tiens ! »
Pendant un instant, Harry se demanda ce qui faisait trembler Dudley : était ce la venue du sorcier à proximité ou craignait il qu'il s'agisse d'un des sorciers malfaisants dont lui avaient parlé Kingsley Shacklebot et Arthur Weasley, il ne le savait pas. Mais toujours est il que c'était à lui de régler le problème. Doucement, avec moult précautions, Harry se dirigea vers l'endroit d'où venait le craquement et il faillit lâcher sa baguette en voyant qui était étendu sur le trottoir, devant le 4, Privet Drive. Edward reposait là, à moitié inconscient, comme s'il tentait d'atteindre la maison de Harry malgré ses blessures. Celles ci semblaient très graves mais le Gryffondor ne voulait pas tomber dans un piège tendu par les Mangemorts alors il pointa sa baguette et demanda d'une voix ferme et dure :
« Dis moi quelque chose que seul Edward Elric sait ! »
La voix faible de Edward lui répondit :
« Les membres du Cercle sont tous devenus des Animagus illégaux l'année dernière. Le mien est un fennec. »
« Regarde moi » Demanda Harry, toujours sur un ton méfiant, et il articula sans le dire le mot de « nabot ». La réaction de Edward fut, bien sûr, immédiate, même aux portes de la mort, le jeune garçon ne pouvait ignorer ce type d'insulte :
« Je te tuerai plus tard pour m'avoir traité de nain pas plus grand qu'un gnome de jardin. Mais pour ça, j'aimerais d'abord que tu me fasses entrer. Tu sais à quel point c'est dur de s'évader de là où j'étais ? » Marmonna Edward tandis qu'il essayait de se relever sans succès.
A la fin, Harry le soutint pour le faire entrer dans la maison en s'arrangeant pour que ni son oncle, ni sa tante qui s'étaient enfermés dans la cuisine pour « discuter » ne le voient. Dudley les contemplait du haut des escaliers d'un air tremblant en murmurant d'une voix étonnamment sensible s'il allait s'en sortir. Harry hocha la tête, plus pour rassurer Dudley que par soucis de la vérité. Au fond de lui, Harry était énormément inquiet : les blessures de Ed saignaient encore et il respirait comme s'il venait de fournir un effort considérable, ce qui avait sans doute été le cas. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il fut à la fois étonné, soulagé et reconnaissant quand Dudley accepta de l'aider pour faire monter son ancien professeur particulier dans la chambre de Harry où Harry répondit à la question rhétorique de Edward :
« J'imagine. J'ai entendu à nouveau les pensées de Voldemort et elles étaient à ton sujet. Apparemment, tu t'étais plongé dans le coma pour échapper aux sorts de torture et il était fou de rage de ne pas pouvoir t'interroger. J'imagine que tu as inventé ce truc pour éviter cela, n'est ce pas ? »
« Je ne sais pas, c'est venu tout seul… » Murmura Ed en entrant finalement dans la chambre de Harry.
Là, avec difficultés et beaucoup de précautions, Edward s'étendit sur le petit lit de la pièce avec l'aide de Harry. Le jeune garçon aux cheveux d'or était inhabituellement pâle et respirait avec difficultés. Harry, pendant un instant, resta les bras ballant, ne sachant quoi faire puis, retrouvant enfin ses esprits, il sortit de la pièce et alla chercher la trousse des premiers secours rangée dans la salle de bain et en sortit coton, bandages, alcool à 90° et rejoignit Edward dans sa chambre. Ce dernier avait enlevé sa robe de sorcier crasseuses et était maintenant torse nu, montrant une impressionnante collection de blessures et de plaies ouvertes et saignant abondamment ainsi que des cicatrices, certaines anciennes et d'autres plus récentes. Harry poussa l'un des pires jurons qu'il connaissait en voyant le corps de son ami dont le dos ressemblait désormais plus à une carte routière qu'à un dos normal. Harry grimaça en songeant que les soins allaient sans doute être aussi douloureux que les tortures.
En se dirigeant vers le lit, il buta sur la robe de Edward et vit à sa grande stupeur que les poches étaient remplies à ras bord de potion de soin et il fut rassuré en songeant qu'au moins Edward ne serait pas dépourvu de soins magiques. Voyant qu'Edward semblait encore à moitié inconscient, il commença par tenter de le réveiller car il n'avait pas la moindre idée de l'ordre et de la quantité de potion qu'il devait lui faire ingérer. Le jeune Serdaigle se réveilla tant bien que mal et il vida sur le lit les nombreuses bouteilles entreposées dans ses poches puis il désigna une potion antidouleur, parvint à la saisir et l'avala en entier. Ensuite il lui demanda s'il pouvait désinfecter ses plaies dans le dos avec l'alcool pendant que lui s'occupait de celles sur le devant. Harry s'exécuta sans rien dire, sachant que son ami n'avait pas franchement besoin de sa pitié et Edward ne prononça pas un mot, se contentant de serrer les dents et parfois de laisser échapper un léger sifflement quand il avait trop mal.
Après avoir passé une demi heure à désinfecter les plaies à la moldue, ils passèrent aux onguents et potions magiques qui permettraient de hâter la cicatrisation. Par chance (ou peut-être pas, après tout, Ed était compétent en potion), il avait pris les remèdes les plus efficaces et Harry voyait avec soulagement que les plaies se refermaient rapidement sous ses yeux. Il n'y en avait qu'une qui restait ouverte, c'était la blessure causée par Greyback il y a un mois. Celle ci devrait cicatriser avec le temps et non par des moyens magiques et cela laisserait sans doute une belle cicatrice. Edward haussa les épaules puis jura parce qu'il avait mal, ce qui fit légèrement sourire Harry, rassuré que son ami le prenne plutôt bien.
Après cela, ils passèrent aux dégâts faits à ses os et notamment aux côtes. Sur les instructions de Edward, Harry banda solidement le torse du Serdaigle puis lui administra du Poussos pour que les os se ressoudent. Après cela, Edward, épuisé, s'endormit sur le lit et Harry profita de ce moment de pause pour aller lui chercher à manger. Il prit des aliments légers dont une soupe en boite et alla les préparer et les monta sur un plateau. Edward, dans son demi sommeil, accepta de boire tout sauf le verre de lait, ce qui rassura Harry sur sa vraie identité. Seul Ed, aux portes de la mort, refuserait de boire ce qu'il qualifiait comme une boisson visant à l'empoisonner. Ce n'était pas pour rien que certains, à l'école, comparaient Edward à un noueux, une bestiole magique qui haïssait également ce breuvage…
Harry ne dormit pas de la nuit, préférant veiller sur son ami et écrire à ses amis concernant la bonne nouvelle du retour d'Edward chez lui. Il envoya la lettre, non avec Hedwige mais avec la chouette d'Ed, Aletheia. La petite chouette était plus rapide quand il s'agissait de transporter du courrier à grande vitesse et surtout, elle semblait avoir un complexe d'infériorité envers les autres hiboux, ce qui la rendait avide de faire ses preuves. Parfois, Harry se disait que le dicton tel chien tel maitre pouvait être appliqué aux chouettes : Aletheia était aussi colérique et aussi susceptible que Edward Elric. Non pas qu'il allait oser dire ça tout haut devant son ami. Merlin sait comment il réagirait...
Il descendit pendant quelques minutes le temps de préparer le petit déjeuner copieux des Dursley puis il remonta dans sa chambre en montant des œufs et du bacon pour Edward. Ce dernier était pleinement réveillé et il examinait les alentours, aussi en alerte que d'habitude :
« Je vois que tu as rapporté ma malle avec toi. »
Il pointait du doigt sa malle rapetissée par les bons soins de Mrs Weasley et qui contenait toutes ses affaires.
« Oui. Luna pensait que si tu parvenais à t'échapper, tu viendrais sans doute soit chez elle, soit ici. Elle a parié que tu viendrais ici et elle avait raison comme toujours. » Répondit Harry en souriant.
« Tant mieux… J'aurais besoin de mes affaires pour plus tard. Mais si je ragrandis ma malle ici, cela risque d'alerter la Trace et avec ce qui se passe au Ministère, mieux vaut éviter cela. »
« La Trace ? J'ai déjà entendu Hermione l'évoquer…»
« C'est un sortilège qui est lancé automatiquement par le Ministère sur tous les élèves de Poudlard quand ils entrent à l'école. Cela permet au Département de la Justice Magique de repérer les enfants Nés de Moldus qui font de la magie à proximité chez eux. La Trace peut être contournée mais uniquement grâce à des enchantements puissants et il n'y en a pas ici. Cela veut dire que si je fais de la magie ici, les gens du Ministère croiront que tu es responsable et vu ce que j'ai entendu lors de la réunion des Mangemorts, il ne vaut mieux pas que tu ailles au Ministère en ce moment. » Expliqua Edward.
« Comment vas tu faire, alors ? » Demanda Harry.
« C'est simple, je vais t'emprunter quelques vêtements, si tu es d'accord et j'attendrais samedi soir pour retrouver mes affaires. » Répondit Ed comme si la solution allait de soi.
« Vas y, ne te gêne pas ! » Répliqua Harry avant de s'exclamer : et puis d'abord comment tu sais que je vais partir samedi ? Même moi, je ne l'ai su qu'hier, par les membres de l'Ordre ! »
« Et bien dans ce cas, Rogue a dû trouver un bon moyen de rester infiltré dans l'Ordre car il sait déjà ta date de départ et l'a transmise à Voldemort. J'espère que les membres de l'Ordre ont déjà prévu un plan B car sinon, on est cuit. »
« Pourquoi fallait il que Rogue dévoile ma date de départ à Voldemort ? » Maugréa Harry qui aurait préféré une sortie dans le calme.
« Pour rester dans les bonnes grâces de Voldemort, pardi ! J'ai observé une réunion de Mangemort jusqu'à un certain point : on se croirait à la cour du roi ! Chaque Mangemort essaie tant bien que mal de plaire à leur maitre avec plus ou moins de succès mais pour le moment c'est Rogue qui est en première place, suivi par Rookwood. Et il vaut mieux pour notre camp que Rogue soit à la première place. » Expliqua Edward.
« Tu as assisté à une réunion de Mangemort ? » Demanda Harry, soufflé par l'audace de Ed.
« Yep ! Mais pas jusqu'au bout. J'ai pu remarquer que Rogue est considéré comme le favori car il est placé à la droite de Voldemort. Au moins, maintenant, il n'y a pas plus solidement implanté dans le camp de l'ennemi que lui. »
« Au moins la sacrifice de Dumbledore n'aura pas été en vain. » Soupira Harry.
« Non, tout le monde semble convaincu qu'il a bel et bien assassiné Dumbledore. Personne ne sait pour son arrangement entre le directeur et lui. Tu as fort bien joué le jeu. Avec toi pour témoigner, personne n'a dû se douter de la vérité. » Affirma Edward.
« Par contre, j'ai mis les membres du Cercle au courant pour Rogue. Je leur fais confiance pour jouer la comédie le concernant et ils sauront se taire. » Dit le Gryffondor sur un ton ferme.
« Tu as bien fait. Tu ne devrais pas être le seul à détenir un secret aussi lourd. En plus, si certains d'entre eux retournent à Poudlard, il faut qu'ils puissent faire confiance à Rogue tout en le faisant passer pour un Mangemort. L'école devrait tomber avant septembre. » Déclara Edward qui savait que l'on ne pouvait pas être seul à détenir des secrets sous peine que ceux ci vous étouffent.
« Comment tu as fait pour observer une réunion de Mangemorts dans ton état ? Quand je t'ai trouvé, tu semblais presque mourant. » Demanda Harry.
« J'ai fait quelques expériences avec le voyage astral, la faculté d'Animagus et la légilimencie. Par contre, je ne te les conseille pas car cela fait mille fois plus mal que tout ce que tu peux imaginer. » Déclara honnêtement Edward.
« Dans ce cas, je ne pense pas que je veuille essayer. » Déclara sagement Harry, peu désireux d'expérimenter de nouvelles douleurs. Celles qu'il avait déjà subies lui suffisaient amplement.
« Sage décision » Approuva le jeune Serdaigle. Cela ne valait pas la peine d'endurer une telle souffrance surtout quand l'expérience aurait pu très mal tourner.
Ils restèrent silencieux un moment avant que Harry ne se décide à vérifier les blessures de Edward : celles ci avaient partiellement guéri au cours de la nuit mais la plupart restaient sensibles. Néanmoins, Ed était pratiquement certain que grâce à des soins de nature magique, le pire de ses blessures seraient soignées d'ici samedi, jour du départ de Harry. Il ne lui restait plus qu'à s'entrainer pour être suffisamment en forme pour la bataille qui aurait certainement lieu.
Mais apparemment Harry n'était pas d'accord qu'il reprenne l'exercice tant que toutes ses plaies n'étaient pas refermées. Comme il le disait lui même, il ne l'avait pas soigné pour qu'il rouvre ses blessures au moindre effort et selon lui, les quelques exercices qu'il faisait pour se maintenir en forme constituaient un de ces efforts en question. Ils avaient eu une petite dispute sur le sujet que Harry avait gagné et il avait donc obligé Edward à se reposer.
Au milieu de la journée, ils reçurent tous les deux une lettre de Ron et Hermione qui avaient renvoyé Aletheia avec l'enveloppe qui était plus grande qu'elle. Le courrier qui était dedans retranscrivait bien l'inquiétude et la joie qui animaient ses deux amis :
Chers Harry et Edward,
Ron et moi sommes vraiment heureux d'apprendre pour ton évasion, Edward. Tu nous as fait une sacrée peur quand nous avons appris ton enlèvement par Rookwood. Ron a beau dire qu'il était persuadé que tu trouverais un truc pour t'évader, je sais qu'il était au moins aussi inquiet que nous tous.
Nous avons dû bien sûr transmettre la nouvelle à Maugrey Fol Œil qui a pris la succession de Dumbledore à la tête de l'Ordre du Phénix en raison de son expérience. Difficile de dire s'il était ravi (il s'est contenté de grogner en disant que tu étais plus difficile à attraper qu'une anguille). Ne le prends pas mal, surtout, il a beaucoup de choses à faire, mais ne t'inquiète pas, tu en sauras plus samedi. Par contre, je ne sais pas si tu en seras ravi…
Malheureusement, nous ne pouvons vous en dire plus au cas où la chouette de Edward serait interceptée, non pas que ça serait facile pour les Mangemorts… Quand j'ai évoqué cette hypothèse tout haut, Aletheia m'a mordue, je t'assure, Ed, ta chouette a un aussi mauvais caractère que toi !
En attendant, je vous transmets à tous les deux toutes nos amitiés de la part de nous deux. A Edward, je te souhaite un bon rétablissement, Harry nous a écrit pour nous décrire dans quel état tu étais, même s'il semble que tu vas te rétablir bientôt.
Hermione (et Ron)
Alors que Edward et Harry finissaient la lettre, une autre chouette postale apparut sur le rebord de la fenêtre, avec le journal accroché à sa patte. Bientôt, Harry fut plongé dans un article écrit par Elphias Doge (dont il se souvenait qu'il faisait partie de l'Ordre du Phénix). Dumbledore et lui avaient apparemment été amis depuis leur première rencontre à bord du Poudlard Express et le vieil homme avait écrit un véritable panégyrique sur Albus Dumbledore que le jeune garçon lut avec beaucoup d'attention.
Harry ne pouvait s'empêcher de s'étonner du nombre de choses qu'il ignorait sur son ancien mentor : au fond, tout ce qu'il savait, c'était Dumbledore qui le lui avait confié ou bien il l'avait déduit et pourtant, il avait eu avec lui une relation plus proche que pouvaient prétendre les autres élèves. Et pourtant, il n'avait jamais su, par exemple, que le vieux sorcier avait eu une petite sœur ni à quel point l'histoire de sa famille devait avoir été dure à vivre pour lui. Le jeune garçon ne pouvait s'empêcher de se sentir honteux en considérant que beaucoup de leurs conversations avaient portées que sur lui même. Leurs discussions avaient été extrêmement centrées sur lui, sur ses aventures, ses projets, son avenir…
Cependant, il regrettait, à présent, de ne pas avoir posé plus de questions à Albus Dumbledore mais une, en particulier, le tourmentait, et là encore, elle le concernait lui même et non le vieux directeur : est ce que ce dernier avait su qu'il était un Horcruxe ? Est ce que toutes ces discussions sur son avenir n'avaient été que mensonges de sa part ? Une part de lui même répugnait à l'envisager tandis qu'une partie de lui, plus cynique, se demandait si Dumbledore avait seulement envisagé de lui en parler, le laissant deviner par lui même la vérité. Au fond, Harry ne savait pas quelles motivations avaient poussé Dumbledore à lui dissimuler ce fait important mais il espérait qu'il avait une bonne raison… Mais peut-être qu'il ne l'avait pas sciemment dissimulé, peut-être qu'il n'était pas au courant de ce fait. Néanmoins, il avait du mal à imaginer cette hypothèse surtout devant la grande intelligence de Dumbledore après qu'elle ait été décrite dans cet article de journal.
Les quelques jours qui suivirent furent consacrés aux corvées des Dursley, à savoir charger et décharger la voiture, sachant que plus ils attendaient, plus la liste de leurs affaires « indispensables à emporter » s'allongeait, ce qui compliquait le travail de Harry. Edward, quant à lui, devait, à son profond ennui, rester allongé sur le lit de Harry, durant le bref temps de sa convalescence. Pour s'occuper, il lisait (ou relisait) donc les livres contenus dans la malle de Harry, se focalisant surtout sur les ouvrages de défense contre les Forces du Mal. Il discutait également avec Harry sur certains sujets comme son évasion, le faux Horcruxes, les vrais, qui pouvait bien être ce mystérieux RAB…
Personne parmi les Dursley (mis à part Dudley) ne semblait savoir que Edward était dans la maison et cela convenait parfaitement aux deux garçons qui ne désiraient qu'une chose : la paix. Cependant, la veille du départ de la famille de Harry, Dedalus Diggle avait contacté Harry pour lui faire comprendre que tout l'Ordre était au courant de l'endroit où se trouvait Ed mais cela ne l'étonna pas plus que cela : après tout, il en avait informé Ron et Hermione...
Le samedi arriva enfin et ce fut ce jour là que l'oncle de Harry découvrit que Edward avait logé dans la chambre de son neveu à son insu. Il devint furibond et il prit une couleur pourpre mais Harry désamorça rapidement le conflit en demandant tout de go si sa famille et lui s'étaient finalement décidés à quitter Privet Drive. Or, c'était justement à ce sujet que Mr Dursley avait fait irruption dans la plus petite chambre de la maison : il pensait avoir finalement découvert le pot aux roses et croyait désormais fermement que Harry et « son espèce » cherchait à s'emparer de sa maison aux moyens d'obscures tractations immobilières.
Harry se contenta de hausser un sourcil (un exercice qu'il était parvenu à accomplir à force d'observer Rogue) et il écouta patiemment les arguments de son oncle tandis que Edward était tranquillement allongé en train de lire le journal du jour en fronçant les sourcils. Finalement, le jeune garçon put prendre la parole à son tour et réexpliqua à nouveau la situation : Voldemort n'hésiterait pas à s'en prendre à sa famille pour qu'il se mette en danger en venant la secourir, même si celle ci l'avait maltraité pendant des années. Vernon et Pétunia Dursley semblèrent ébranlés par la menace qui pesait sur eux mais plus encore quand leur fils de dix sept ans insista pour partir avec les membres de l'Ordre. Il paraissait en effet avoir gagné en intelligence depuis sa rencontre d'il y a deux ans avec les Détraqueurs. C'était donc décidé : la famille Dursley partirait bien aujourd'hui dans quelques heures en compagnie d'Hestias Jones et de Dedalus Diggle.
La situation était finalement réglée pour le mieux quand Harry se retrouva à nouveau seul dans sa chambre en compagnie d'Edward. Ce dernier avait terminé la lecture de son article et il le passa à Harry qui put prendre connaissance de la future parution de l'ouvrage intitulé Vie et Mensonges d'Albus Dumbledore. Le nom de l'auteur dudit livre lui fit immédiatement craindre le pire car il ne s'agissait pas moins de Rita Skeeter, la fameuse journaliste peu connue pour dire la vérité sauf quand elle s'y trouvait contrainte… Harry était tourmenté par l'annonce de ces futures « révélations » et il se posait de nombreuses questions : Dumbledore avait il vraiment flirté avec les forces du Mal ? Se pouvait il vraiment que certaines choses écrites par cette journaliste à scandales puissent être vraies ? Les gens croiraient ils ce qu'elle disait au sujet de la prétendue « relation malsaine » qu'il y avait eu entre Dumbledore et lui ? Quand il énonça ses interrogations tout haut, Edward lui répondit, toujours allongé sur le lit :
« Le meilleur mensonge, comme tu le sais fort bien maintenant, est celui qui mêle la vérité au mensonge car cela le rend beaucoup plus crédible. Il se peut qu'il y ait vraiment certains passages de vrai dans ce ramassis de sottises mais il faudra que tu utilises ta propre intelligence pour discerner la Vérité du mensonge. »
« Mais les gens, ils risquent de croire toutes ces saletés sur Dumbledore et sur moi ! » S'exclama Harry, dégoutté.
« La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe et même les pires mensonges ne peuvent corrompre la Vérité. Mais souviens toi, poursuivit Edward avec sagesse, à la fin, il faudra bien que la vérité se fasse, même sur quelqu'un qui semble intouchable comme Dumbledore. Ce que tu risques d'apprendre peut fort bien changer ta perception de Dumbledore tel que tu l'as connu mais tu ne peux pas t'en vouloir de désirer que sa mémoire ne soit pas salie. »
« Attends… Ce que tu essaies de me dire, c'est que j'ai le droit de respecter Dumbledore tel que je l'ai connu, quand il était vieux… Mais si je veux être une personne qui poursuit son chemin vers la Vérité comme l'a dit Rogue, alors, il faut que j'apprenne à appréhender toutes les facettes d'une personnes, y compris celles que je ne veux pas voir chez les autres, c'est ça ? »
« Tu as tout compris. Tout le monde a des squelettes dans ses placards, des choses qu'on ne veut pas que les personnes que nous aimons ou dont nous désirons le respect découvrent car nous avons peur que cela change leur regard sur nous. »
« C'est valable pour toi aussi ? » Demanda Harry à brule pourpoint.
« C'est d'autant plus valable sur moi car j'ai également fait ma part d'erreurs dans ma vie. »
« Quelles erreurs ? » Demanda doucement Harry sans chercher à brusquer son ami. Après tout, il était libre de révéler ses secrets ou pas.
« J'ai cherché à faire revivre l'un de mes proches avec l'aide d'un art sombre et au final, mon erreur a failli me coûter la vie d'un être cher sans compter ma jambe. » Répondit Edward d'un ton neutre en laissant sous entendre qu'il avait fait usage de la magie noire et non de l'alchimie. Après tout, il avait promis de ne pas révéler aux habitants de ce monde ni qu'il venait d'un autre univers, ni qu'il savait utiliser activement l'alchimie.
« Je…vois. » Répondit Harry en scrutant son ami en se demandant si cette révélation changeait quoi que ce soit à son amitié avec Edward. Mais il s'apercevait que non, cela n'importait pas au final. Peut-être que s'il avait connu Edward à l'époque, il l'aurait méprisé pour avoir frayé avec une sorte de magie noire, mais aujourd'hui, il connaissait Edward Elric en tant qu'ami, comme puits de sagesse et une personne courageuse, prêt à tout pour aider ses amis. Peut-être était ce comme cela pour Dumbledore : peut-être avait il lui aussi fait des erreurs jadis mais il s'en était repenti et aujourd'hui, il était connu pour sa défense des Moldus et Nés de Moldus, pour sa grande tolérance et sa bienveillance envers les minorités. Et après tout, s'il était toujours prêt à donner aux autres une seconde chance, n'était ce pas parce que lui-même sentait le besoin de se voir accorder cette fameuse seconde chance ?
Au final, ce qui importait, c'était le présent et non le passé qui pouvait influer sur le monde. Peu importait ce que Edward avait fait par le passé : de toute évidence, il le regrettait amèrement à présent et cela seul comptait aux yeux de Harry. S'il devait regarder en arrière chaque fois qu'il devait avancer, il ne pourrait marcher qu'à tâtons. Or, l'essentiel était d'aller de l'avant, même si, dans le cas de Harry, aller de l'avant signifiait seulement qu'il se rapprochait de sa fin. Il prit une profonde inspiration et fixa Edward qui continuait de guetter sa réaction. Mettant ses pensées morbides de côtés, il se força à regarder Edward et à lui sourire en lui affirmant :
« Je suis heureux que tu me fasses suffisamment confiance pour me le confier. »
Edward sourit à son tour et il se pencha vers la malle en désordre de Harry en soupirant devant le sens de l'ordre de son ami : il était décidément irrécupérable ! Il commença à sortir les livres avec soins et les empila soigneusement, avec respect, sur le bureau de Harry puis il lui demanda de les trier en deux piles : ceux qu'il comptait emporter durant la chasse aux Horcruxes et ceux qu'il comptait laisser de côté en attendant la reprise de ses études. Harry ne pouvait s'empêcher de s'étonner de l'optimisme de son ami qui continuait à croire qu'il y avait un avenir pour lui. Quand il lui fit part de ses pensées sur le sujet en termes plutôt indélicats, Edward lui rappela d'un ton plutôt sec que lui aussi était également l'objet d'une prophétie peu optimiste concernant son avenir. Harry rougit de honte en se souvenant que la partie de la prédiction concernant Ed affirmait en des termes énigmatiques que « pour vivre, il lui faudrait mourir. », ce qui était peu encourageant.
Se forçant à débarrasser son esprit des pensées morbides qui le parasitaient en se concentrant sur son rangement, Harry fit la pile des livres qu'il emportait : le livre de potion du Prince au Sang Mêlé (alias Rogue), les quelques ouvrages de Défense qui lui avait été offert et l'album de photos offert par Hagrid. Mais sur la recommandation d'Edward, il dut également ajouter à cette maigre pile certains ouvrages recommandés par Edward qui refusait tout bonnement qu'il abandonne son éducation sous le prétexte fallacieux qu'il allait sans doute mourir avant la fin de l'année ! Ce n'était tout bonnement par le style du jeune Serdaigle et il dut finalement stopper Ed pour l'empêcher d'embarquer tous ses ouvrages…
Ensuite, les deux garçons passèrent aux vêtements : Edward plia soigneusement les quelques vêtements Moldus que Harry lui passait et les empilait dans la sac tout en insistant pour que Harry emporte au moins avec lui une robe de sorcier au cas où. Il y rangea également la cape d'invisibilité de Harry, ainsi que son nécessaire à potion et les précieuses lettres de ses amis. Il rajouta également le miroir magique de Sirius qui, par miracle, était encore intact. Sa baguette magique se trouvait dans son holster en cuir offert par Edward lors du dernier Noël et la carte du Maraudeur ainsi que le médaillon d'or de RAB se trouvaient dans sa poche de poitrine. Edward avait approuvé en disant que cela pourrait intercepter un sort visant son cœur mais Harry le conservait plutôt comme le symbole du prix qu'il avait fallu payer pour le découvrir : le poids de la culpabilité qui pèserait longtemps sur son âme car après tout, c'étaient Edward et lui qui avaient fait boire à Dumbledore la potion maléfique qui l'avait tant fait souffrir en cette nuit fatale.
Harry venait de finir son sac et Edward s'était contenté d'empocher sa malle de la taille d'une boite d'allumette quand la sonnette retentit. Hestias Jones et Dedalus Diggle étaient à la porte pour emmener les Dursley vers leur destination où ils seraient en sécurité. Songeant qu'il valait mieux qu'il soit là pour empêcher tout incident, Harry se dépêcha de descendre pour les accueillir et mettre les dernières choses au point. La famille Dursley ne paraissait pas très rassurée de mettre leurs vies entre les mains de ceux de l'espèce de Harry et il le fit grossièrement savoir. Les deux sorciers étaient outrés par la rudesse de Vernon Dursley mais Harry les tempéra en leur disant qu'ils étaient toujours comme ça et il s'excusa d'avance pour les tracas que cela allait poser. Les deux sorciers semblaient surtouts choqués par le fait que les Dursley faisaient si peu de cas de Harry Potter mais ce dernier leur dit qu'il y était habitué.
Mais ce qui étonna le plus Harry fut la question de Dudley demandant pourquoi Harry n'allait pas avec eux, en sécurité. Le cousin de Harry semblait avoir bien gagné en humilité et en maturité depuis sa rencontre avec les deux Détraqueurs, au point qu'il était devenu moins égoïste et plus attentionné pour les autres. Dudley affirma même qu'il ne prenait pas trop de place dans leur famille contrairement à l'avis de Vernon et Pétunia Dursley. C'était tellement inattendu de sa part que Harry ne put se retenir de lui dire merci, ce qui signifiait surtout qu'il lui pardonnait pour toutes les misères qu'il lui avait fait endurer durant toute son enfance. Par contre, il n'était pas certain qu'il puisse en faire de même pour les parents de son cousin : ce dernier avait alors l'excuse de l'âge que les deux adultes Dusley n'avaient pas. Mais de toute manière, ceux ci ne cherchèrent pas à s'excuser.
Bientôt, ils furent partis et Harry resta seul avec Edward et descendit ses bagages. Puis, rempli malgré tout de nostalgie, il fit le tour de la maison avec sa chouette Hedwige qui boudait toujours depuis quelques temps. Ed le laissa faire tranquillement et s'assit sur la marche du perron : il était bien conscient que Harry avait ses propres squelettes dans son placard et que c'était le moment ou jamais pour lui de les affronter.
Il regarda le ciel pendant un long moment et finalement, un grondement le prévint de l'approche de quelque chose. Il courut ramener Harry et ils attendirent tous les deux que les membres de la garde rapprochée arrivent, à la lueur de soleil couchant.
Chapitre terminé, j'espère qu'il vous aura plu et si c'est le cas, n'hésitez pas à le faire savoir par commentaire. Si vous avez des critiques ou des questions, n'hésitez pas non plus. J'y répondrais dans la mesure du possible ! Je sais que je fais parfois des fautes, mais j'ai souvent du mal à les retrouver. Alors désolée pour la gêne occasionnée.
Bon dimanche.
