Bonjour à tous, me voilà de retour pour le chapitre 4. Je veux tout d'abord remercier ceux qui m'ont laissé un commentaire et des questions. Bien évidemment, je ne peux pas répondre à certaines sous peine de spoiler.

Néanmoins, je peux en répondre à quelques unes ici :

Le prochaine chapitre mentionnera la prophétie de Edward.

Concernant la survie du groupe lors de la chasse aux Horcruxes...Sachant qu'ils ont parmi eux quelqu'un, qui quand il avait neuf ans, a survécu un mois sur une île quasiment déserte et est un pro des méthodes de survie... Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de tensions non plus mais sur d'autres sujets.

Sur ce, je vous dis bonne lecture !


T3 Chapitre 4

Le lendemain matin, Harry, Ron et Edward étaient réunis dans la cuisine et discutaient en attendant que les filles veuillent bien descendre. Harry sentait qu'il avait besoin d'action pour oublier la mort de Maugrey, de Dumbledore, d'Hedwige… Mais Ron argumentait en faveur de rester au Terrier pendant quelques jours au lieu de se lancer tête baissée dans la chasse aux Horcruxes dont ils ne connaissaient soit ni l'aspect, ni la localisation, voir parfois les deux…

« De toute façon, pour le moment, on ne peut rien tenter au sujet des tu-sais-quoi avant que tu aies dix sept ans. Tu es toujours soumis à la Trace. Et ici, on peut établir des plans aussi bien que n'importe où ailleurs. Bon, d'accord, maman va sans doute chercher à nous interroger et être tout le temps sur notre dos mais on trouvera des moments pour mettre nos plans au point. Tu m'as dit que tu ne sais pas où sont les autres tu-sais-quoi, n'est ce pas ? »

« Non, malheureusement, avoua Harry, et pire encore, le seul dont on ait réussi à découvrir la cachette s'est avéré être un faux, ce qui fait qu'on est encore un pas en arrière. »

« En attendant, Hermione a fait quelques recherches sur ce que sont vraiment les Horcruxes. On a décidé d'attendre que vous soyez là pour en discuter. »

« Donc, il ne reste plus que quatre jours avant notre départ, dit Harry, ensuite nous pourrons… »

« Cinq jours, rectifia Ron en l'interrompant d'un ton ferme. Nous devons être là pour le mariage sinon, elles vont nous tuer. »

Harry soupira mais il comprit que c'était inutile de discuter : Fleur ou Mrs Weasley ne comprendraient certainement pas l'importance de leur mission comparé à l'organisation et à la célébration d'un mariage. Edward semblait aussi de mauvaise humeur mais il fit contre mauvaise fortune bon cœur. Cependant, en attendant, Ron continuait sur sa lancée :

« En fait, Harry, maman a essayé de nous faire parler, Hermione et moi. Elle veut savoir quels sont nos projets, pourquoi on ne retourne pas à Poudlard ou la raison pour laquelle on quitte le Terrier, ce genre de choses. Alors, attends toi à ce qu'elle tente sa chance avec toi… Papa et Lupin ont aussi posé des questions mais ils n'ont pas insisté quand on leur a dit que Dumbledore t'avait recommandé de ne rien dire à personne. Mais maman, elle, continue à insister. Elle est bien décidée à savoir et tu la connais… »

Harry en avait une petite idées : les six fils de Mrs Weasley avaient beau être tous plus grand qu'elle, chacun d'entre eux nourrissaient une sainte peur de leur mère quand elle était en colère. Il y avait fort à parier que Edward et lui seraient les prochains à être interrogés.

Et ce fut effectivement le cas. Quand Harry vit Edward s'enfuir de l'arrière cuisine comme s'il avait le diable à ses trousses, il comprit qu'il venait d'échapper à un interrogatoire de Mrs Weasley. Il déglutit difficilement quand cette dernière l'appela, soit disant pour identifier une chaussette solitaire : lui aussi allait devoir passer subir les questions fortes indiscrètes de la mère de famille dont le regard inquisiteur valait parfois celui autrefois transperçant du professeur Dumbledore. Mrs Weasley se lança aussitôt, sans laisser à Harry le temps de se préparer et elle dit, sur un ton détaché si c'était vrai que Ron, Hermione et lui allaient bien quitter Poudlard, comme les deux autres l'avaient insinué. Harry lui répondît que c'était vrai et la mère de Ron demanda la question fatale :

« Puis je te demander pourquoi vous laisser tomber vos études ? » Demanda t-elle en insistant sur le « pourquoi ».

« Dumbledore m'a laissé des choses à faire et je suis désolé, mais il m'a interdit d'en parler sinon à Edward, Ron et Hermione. Ils ont décidé de venir avec moi et c'est leur choix en tant que sorciers majeurs » Répondit Harry en insistant sur l'aspect de la majorité.

« En tant que parents, nous sommes en droit de savoir et je suis certaine que Mr et Mrs Granger seraient de notre avis. Edward et toi, je vous considère comme mes propres fils, au même titre que Ron ou Ginny !»

Harry songea que si c'était le cas, cela transformerait sa relation avec Ginny en inceste, non pas que Mrs Weasley avait besoin de le savoir. En attendant, elle continuait sur sa lancée :

« Je ne vois pas pourquoi vous devriez partir ! Vous êtes à peine majeur tous les quatre. C'est de la pure folie. Si Dumbledore avait une tâche à accomplir, il avait tout l'Ordre a sa disposition ! Harry, tu as dû mal comprendre ce qu'il te disait. Il a sans doute parlé de quelque chose qu'il voulait voir réaliser et tu as cru qu'il te demandait à toi… »

« Je ne suis ni sourd ni stupide, Mrs Weasley. J'ai fort bien compris ce que le professeur Dumbledore a dit. Il faut que ce soit moi. »

Presque sans le vouloir, il relâcha une partie de sa magie à l'état brut, comme le faisait un sorcier quand il voulait montrer sa puissance sans l'aide de sa baguette. Par chance, ce n'était pas une utilisation de magie détectée par la Trace mais Harry avait presque perdu le contrôle face à l'obstination de Mrs Weasley qui parut saisie par la démonstration de pouvoir de Harry et recula d'un pas, les larmes aux yeux. Le jeune sorcier se sentait un peu gêné d'utiliser ce tour pour la convaincre de les laisser partir mais elle devait comprendre qu'ils n'étaient plus des enfants. Finalement, semblant résignée, elle ne demanda qu'une chose : que les jeunes sorciers l'aident à préparer le mariage de Bill et Fleur, ce que Harry accepta.


Il aurait dû se douter que la matriarche de la famille Weasley n'abandonnerait pas aussi facilement. Elle profita de l'acceptation de Harry pour leur donner le plus de travail à faire afin qu'ils n'aient plus le temps de préparer leurs plans. Elle semblait penser que si elle les empêchait d'être ensemble, alors elle parviendrait à retarder leur départ. Aussi, elle leur faisait astiquer les couverts, harmoniser les couleurs des faveurs, des rubans et des fleurs, dégnommer le jardin et préparer d'immenses plats de petits fours. Cela agaçait fortement Edward qui le fit bien savoir à ses amis, alors qu'ils étaient brièvement ensemble pour la première fois depuis deux jours :

« Parfois, Ron, je me dis que ta mère aurait dû être répartie à Serpentard. Pour trouver des stratagèmes afin de nous séparer, elle est rusée comme un renard. »

« Eh ! Ne dis pas cela de maman, même si c'est vrai ! » S'exclama Ron.

« En attendant, Ed a raison ! Ta mère pense que quelqu'un d'autre va aller tuer Voldemort pendant que nous cuisinons des vol-au-vent ? »

« C'est vrai que tout le monde, sauf maman, semble attendre ça de toi et je trouve cela injuste, dit Ginny sur un ton frondeur. Le reste de la population sorcière pourrait essayer de se battre également contre Tu-Sais-Qui au lieu d'attendre de toi qu'il sauve une nouvelle fois le monde ! Pourquoi fallait il qu'une espèce de fêlée vienne dire que tu es l'Élu qui est sensé sauver le monde sorcier ? »

La jeune fille était en effet au courant du contenu de la prophétie, comme tous les autres membres du Cercle. Même si Dumbledore lui avait conseillé de ne la confier qu'à ses amis les plus proches, Harry avait décidé de faire confiance à tous les membres du Cercle avec la prophétie. Depuis, elle était plutôt fâchée contre Trelawney. D'une certaine manière, cela rassurait Harry de savoir que Ginny se contrefichait désormais de son statut de Survivant ou d'Élu. Mais en même temps, il ressentait une certaine culpabilité en songeant au fait qu'il allait sans doute mourir à la fin de leur voyage de découverte des Horcruxes et que la relation entre Ginny et lui n'aurait pas d'avenir. Il n'avait pas encore osé l'avouer à quiconque et seul Edward l'avait deviné à la fin de l'année dernière.

En attendant, Mrs Weasley avait repéré de son œil de faucon qu'il y avait quatre jeunes sorciers en train de ne pas travailler et elle leur donna une liste de préparatifs à accomplir. En allant ranger le jardin, Harry croisa Kingsley, Mr Weasley et Bill.

En effet, le QG de l'Ordre se trouvait désormais au Terrier car depuis la mort de Dumbledore, tout ceux à qui ce dernier avait révélé le secret de l'emplacement du QG étaient devenus Gardien du Secret. Cela avait pour conséquence d'affaiblir considérablement le sortilège du Fidelitas, surtout sachant que Rogue faisait partie des Gardiens du Secret, selon les membres de l'Ordre, ce qui, selon eux rendait l'ancien QG moins que fiable. Bien entendu, Maugrey, avant sa mort, avait jeté quelques maléfices pour empêcher le dévoilement de la cachette du quartier général de l'Ordre mais on ne savait jamais.


Ce soir là, une bonne partie de l'Ordre était réuni à la table des Weasley et chacun discutait ouvertement des problèmes de l'Ordre, à la grande contrariété de Mrs Weasley qui aurait bien voulu que les « enfants » ne soient pas là quand ils tenaient ce genre de discussion.

Harry demanda des nouvelles du corps de Maugrey à Bill mais il n'avait pas encore été retrouvé. Les recherches étaient d'autant plus difficiles que la Gazette du Sorcier n'avait pas dit un mot sur la mort du vieil Auror. De même, personne n'avait fait mention de son usage de magie au cours de la bataille qui l'avait opposé à Voldemort. De toute manière, le journal passait beaucoup de choses sous silence ces derniers temps.

Hermione n'avait pas tort quand elle affirmait que soit le Ministère, soit les mangemorts ou pire, les deux, contrôlaient la presse. La jeune sorcière s'était même rabattue sur le Chicaneur pour avoir des nouvelles plus proches de la vérité. Elle avait en effet reçu une lettre de Luna affirmant qu'elle écrivait désormais des articles dedans et même si ces derniers étaient parfois un peu farfelus, d'autres étaient conçus de façon très sérieuse, montrant le caractère Serdaigle de la jeune sorcière. Mais en attendant, le Chicaneur demeurait le seul journal libre du Monde sorcier qui s'attachait à dire la vérité.

En attendant, Ron râlait contre le Ministère en demandant pourquoi personne ne se dressait contre le mage noir. Arthur Weasley tentait de lui expliquer la situation en prenant l'exemple du professeur Burbage dont il était certain qu'elle n'ait pas démissionné. Edward pâlit en entendant cela : bien que n'ayant jamais eu cours avec elle, il se souvenait de la femme suspendue au plafond lors de la réunion des Mangemorts. Il ne savait pas ce qu'il lui était arrivé à la fin mais il y avait fort à parier qu'elle était morte, surtout après son évasion.

Puis, Fleur aborda le sujet du déguisement de Harry lors du mariage : c'était en effet plus sûr pour la famille Weasley et leurs invités s'il était déguisé en une personne différente. Apparemment, elle était certaine que la fuite concernant le déménagement de Harry provenait de Hagrid et elle ne voulait pas que ce dernier révèle qu'il était présent à la célébration. La mère de Ron commença à gronder ce dernier concernant le rangement de sa chambre qui était plus qu'en désordre malgré les efforts d'Edward.

Harry et Ed proposèrent aussitôt de l'aider (dans le but secret de se réunir pour discuter de leur plan d'action avec les filles) mais Mrs Weasley envoya les deux garçons nettoyer le poulailler. Mais par un étrange concours de circonstances, il se trouvait que c'était l'endroit où Mr Weasley avait stocké toutes les parties moldues de la moto de Hagrid et il ne voulait absolument pas que Molly ne les trouve. Harry en profita pour rejoindre ses amis qui étaient tous parvenus à se retrouver dans la chambre exiguë (et toujours en désordre malgré les efforts d'Edward) de Ron.


Hermione et Edward étaient en train de trier une pile de livre parmi lesquels se trouvaient ceux de Harry. Ron, lui, tout en se servant de magie sans baguette pour essayer à la fois de ranger sa chambre et de s'entraîner, semblait s'interroger sur le sort du corps de Maugrey Fol Œil. Avec Edward comme témoin oculaire direct, il était certain de la mort de l'ex Auror mais il se demandait ce qui avait pu advenir du cadavre. Les garçons émettaient diverses hypothèses là dessus : transformé en Inferi, empaillé, pris comme trophée de victoire par des Mangemorts triomphants…

Malheureusement, ces paroles furent mal prises par Hermione qui éclata en sanglots. Heureusement, Ron, s'étant aperçu de sa bourde, courut vers elle avec un mouchoir et l'enlaça fort contre lui en lui murmurant des paroles de réconfort. Harry et Edward souriaient devant cette démonstration d'affection de la part de Ron, autrefois aussi sensible qu'une cuillère à café…

Finalement, une fois les effusions terminées, ils purent se remettre au tri des livres qu'ils emporteraient avec eux. Harry aurait bien tenté de leur dire que non, ils ne viendraient pas avec lui, au fond de lui, il savait déjà que c'était inutile et ne lui gagnerait que de la réprobation de la part de ses amis. Harry se tourna donc vers un terrain moins glissant en leur demandant ce qu'ils avaient fait pendant la première partie du mois de Juillet.

Hermione lui expliqua qu'elle avait chipé une partie du Polynectar de Maugrey et qu'elle avait déjà commencé à préparer leurs bagages en transformant un sac en un sans fond. Aussitôt, Edward lui sauta dessus d'un air excité en lui demandant si elle avait utilisé les théories concernant la présence, dans l'univers, de multiples dimensions mais ses deux amis l'arrêtèrent à temps avant qu'Hermione ne se lance dans un cours concernant la physique universitaire de niveau doctorat.

Edward semblait passablement déçu mais il n'insista pas : de toute manière, il avait bien l'intention de s'en créer un à lui avant le départ. Hermione avoua aussi qu'elle avait modifié la mémoire de ses parents pour qu'ils ne se souviennent plus d'elle ni de Harry et ce, afin qu'ils aillent s'installer en Australie, le plus loin possible de Voldemort. Elle avait les larmes aux yeux en racontant cela et tous l'entourèrent en l'enlaçant pour la réconforter.

Ron, quant à lui, montra ce que son père et lui avait fait : ils avaient préparé un leurre à l'aide de la goule qui hantait le grenier. La goule avait dû revêtit un vieux pyjama de Ron et avoir des cheveux roux et une peau recouverte de pustules répugnantes. Tout ceci afin que les Mangemorts, quand ils viendraient visiter la maison à la recherche de Harry et Ron, pensent que ce dernier était atteint de la maladie terriblement contagieuse de l'Éclabouille. Comme ça, la famille Weasley ne serait pas autant en danger que prévu. Du moins, Harry et Edward l'espéraient.

Harry ne put s'empêcher de se sentir profondément ému en voyant jusqu'où ils étaient prêts à aller pour protéger leurs familles afin de l'accompagner dans une traque dangereuse et potentiellement mortelle. Silencieusement, car gêné au point de ne savoir quoi dire, il commença à aider Hermione avec son tri, jetant les livres de Lockhart et d'Eskivdur sur la pile à ne pas emporter.

Finalement, il fut soulagé quand la mère de Ron rompit le silence en criant à Ginny qu'elle pourrait faire plus attention en nettoyant. L'exploit était considérable sachant qu'ils se trouvaient quatre étages plus haut… La discussion dévia alors sur le mariage et Harry apprit que Gabrielle, la sœur de Fleur, sera demoiselle d'honneur, raison pour laquelle les Delacours arriveraient deux jours avant, ce qui, évidemment, n'arrangeait pas le stress de Mrs Weasley. La conversation prit un tour plus sérieux quand Hermione demanda quelle serait leur destination quand il partirait d'ici.

« Je ne sais pas, répondit Harry, j'avais pensé à aller à Godric's Hollow. Peut-être que la maison de mes parents est encore suffisamment en état pour que nous puissions y établir un QG… Je ne sais pas… »

« Tous les livres sont catégoriques, Harry. Ta maison a été détruite et au bout de seize ans, je ne crois pas qu'elle soit encore habitable. » Dit Hermione sur un ton hésitant. Et puis, l'essentiel, ce ne serait pas de se concentrer sur les Horcruxes ?

« Encore faut il que je sache où ils sont… » Murmura Harry.

Il ne pouvait pas expliquer à Hermione son désir de retourner à Godric's Hollow. Il avait l'impression que là bas, en allant sur la tombe de ses parents, il trouverait le courage pour faire ce qu'il fallait faire. Peut-être y trouverait il des réponses à ses questions comme celle essentielle de savoir s'il allait survivre ou pas, si sa mort était vraiment inévitable. Après tout, c'était là qu'il avait survécu au sortilège de Mort du Seigneur des Ténèbres. Donc, il avait besoin de retourner sur les lieux afin, peut-être, de comprendre.

Hermione, elle, pensait que Voldemort pourrait fort bien surveiller Godric's Hollow au cas où, surtout maintenant que Harry était sur le point d'être assez âgé pour s'y rendre. Pendant ce temps, Ron réfléchissait à voix haute :

« Pour le moment, l'une des priorité, ce serait plutôt de retrouver le vrai médaillon ? Je sais bien que RAB a dit qu'il le détruirait mais on n'est pas certain qu'il y soit parvenu, non ? »

« Tu as raison, Ron, approuva Hermione, c'est toujours mieux d'être sûr. »

« Mais comment on s'y prend pour détruire un Horcruxe, demanda Edward. Je suppose que ce serait trop demander que ça soit facile… »

« Justement, intervint Hermione sur un ton embarrassé, j'ai fait des recherches avec des livres que j'ai volé dans le bureau du professeur Dumbledore, après son enterrement. J'ai pensé qu'on en aurait certainement besoin, après tout, plus on en saura à ce sujet, mieux ça serait. Je suis certaine que Dumbledore ne m'en aurait pas voulu, surtout si nous nous en servons pour détruire les Horcruxes, non ? »

« Bien sûr que non, on ne va pas se plaindre. Arrête de te sentir coupable pour cela. La rassura Ron.

« Où sont les ouvrages ? » Demanda Edward.

Hermione fouilla dans la pile et en retira un gros volume à la reliure de cuir noir usée. Elle semblait complètement dégouté par le livre et répugnait même à le toucher, ce qui était assez étrange compte tenu que la jeune sorcière aimait les livres. Le contenu devait être vraiment abominable pour lui donner la nausée. Elle tendit l'ouvrage à Edward qui l'ouvrit au chapitre sur les Horcruxes et qui commençait à lire, les sourcils froncés et la main sur sa bouche comme pour s'empêcher de vomir.

« Voilà celui qui donne des explications explicites sur la façon de créer un Horcruxe. Secrets les plus sombres des Forces du Mal. Un livre abominable, vraiment affreux, rempli de magie maléfique comme des invocations de démons, ce type de choses. Je pense que Dumbledore a dû le retirer de la bibliothèque dès qu'il est devenu directeur mais je suis prête à parier que Voldemort y a trouvé toutes les informations dont il avait besoin là dedans. »

« Je vois, dit Harry, Je crois que tu as raison, Hermione, il en a certainement créé un, peut être la bague avec la mort de son père, et c'est ensuite qu'il a demandé à Slughorn ce qui se passerait si on séparait son âme en sept parties. Il me semblait un peu trop au courant des Horcruxes quand il lui a posé la question… »

« Plus j'avançais dans ma lecture, reprit Hermione, plus je trouvais ça horrible et moins j'arrivais à croire qu'il en ait vraiment créé six. Le livre explique que lorsque l'on en arrache une partie, l'âme devient très instable, même avec seulement un Horcruxe. »

« Inutile d'en dire plus, interrompit Harry, rien qu'avec mes cours en Alchimie, je comprends à quel point c'est abominable de faire ça. »

« Il n'y a pas un moyen de reconstituer son âme en rassemblant les morceaux ? » Demanda Ron.

« Si, mais ce serait atrocement douloureux. » Répondit Hermione avec un pauvre sourire.

« Pourquoi ? Comment y parvient on ? » Demanda Harry.

« Par le remord, répondit Edward en refermant l'ouvrage, l'air au bord de la nausée. Il faut ressentir profondément le mal que l'on a fait.

« Et il y a un petit détail secondaire : la douleur est telle qu'elle peut te détruire. J'imagine mal Voldemort tentant l'expérience » Ajouta Hermione en contemplant avec envie Ed qui avait déjà terminé le chapitre consacré aux Horcruxes.

« Cela me rappelle le cours de Rogue concernant l'âme…Murmura Haermione sur un ton songeur. Vous vous souvenez, Ed, Harry ? Rogue nous disait que pour ceux qui s'aventuraient sur les chemins de la Nécromancie ou de la manipulation de l'âme, celle ci pouvait être endommagée de façon quasi irréversible et qu'il s'agissait d'un tabou pour les alchimistes. »

« Il disait lui aussi que seul le remord permettrait de revenir d'un tel chemin ! Cela signifie que ton livre dit vrai, Hermione, puisque nos sources concordent ! » S'exclama Harry d'un air excité.

« Oui, mais ce que je ne comprends pas, c'est comment le remord peut être si douloureux au point de tuer. » Dit Ron sur un ton perplexe.

« C'est peut-être parce que tu n'as encore jamais commis d'actes irréparables pour ton âme. Mais imagine une seule seconde que tu puisses revivre tous les moments au cours desquels tu t'es senti en faute pendant toute ta vie et maintenant, imagine que cette douleur te soit infligée tout à coup et multipliée par mille. Imagine le moment où tu as pu décevoir tes parents, la honte et la douleur à l'idée de les avoir déçus que tu as ressenti. De plus, pense à une chose : certaines personnes se suicident sous le poids des remords… Maintenant, additionne les faits et alors tu auras une petite idée de comment le remord peut blesser ou même tuer. » Expliqua Edward.

« Attends une minute… J'ai quand même tué une personne pendant la bataille avec mon Stupéfix lorsque nous étions à une centaine de mètres de haut. J'en ai encore des cauchemars toutes les nuits… Et il faut commettre un meurtre pour créer un Horcruxe car tuer fragilise l'âme… Mais est ce que cela veut dire que mon âme a été morcelée comme celle de Vous Savez Qui ? » Demanda Ron, blafard.

« Je ne pense pas que cela ait fait autant de dégâts qu'un vrai meurtre, commis de sang froid, répondit Edward d'un air pensif. Je veux dire, tu étais en état de légitime défense et ta vie est également précieuse et c'est de ton devoir de la protéger. Et en plus, tu fais des cauchemars à ce sujet toute la nuit… Cela veut dire qu'au fond de toi, tu regrettes d'avoir ôté une vie, même celle d'un Mangemort. Et les remords et le regret sincère permettent de « réparer » l'âme, en quelque sorte. »

« Comment tu en sais autant sur le sujet ? » Demanda Harry, un peu ébahi.

« Disons que Dumbledore a tenté une expérience sur moi qui m'a permise de mieux comprendre cela. Cette expérience n'était pas agréable du tout, ça je peux vous le dire… » Dit Edward.

« Quelle était cette expérience ? » Demanda aussitôt Hermione, la curiosité prenant le pas sur elle.

« Il s'agissait de voir si j'étais digne de confiance ou non. Je n'aime pas trop vous en parler mais bon, je vais vous le dire quand même vu que vous êtes mes amis. J'ai dû me placer devant une espèce de balance et dire que je me tiens devant la Vérité et après cela, la bascule a en quelque sorte pesé mon âme avec une plume comme poids tout en me faisant ressentir toutes les fautes que j'avais commises au cours de ma vie et pour lesquelles j'éprouvais du regret. Malgré cela, la balance est restée immobile et n'a pas penché du mauvais côté. »

« Oh, s'exclama Hermione d'un air excité, cela me rappelle une vieille légende égyptienne : elle dit que après la mort, l'âme est pesée et si elle pèse plus que la plume de la Vérité, alors l'âme est dévorée par un monstre… Oh, mais j'espère que cela n'aurait pas été jusque là pour toi, Ed ! »

« Merci, je l'espère aussi. » Répondit Edward d'un ton pince sans rire.

« Mais alors, intervint Ron avec une vivacité d'esprit qui n'était pas le bienvenu en l'occurrence, est ce que cela veut dire que tu te rappelles de tous tes souvenirs ? Tu n'es plus amnésique ? »

Ce n'était pas une question à laquelle Edward pouvait répondre sans se mettre dans des tas d'ennuis… Il avait beaucoup trop parlé déjà et il aurait mieux fait de se taire. Mais maintenant c'était trop tard : il devait trouver quelque chose qui, de préférence, ne soit pas un mensonge, afin d'expliquer la raison pour laquelle il ne pouvait rien dire. Il se sentait comme un enfant pris en flagrant délit de mensonge par l'un de ses parents et il se demandait si ses amis cesseraient ou non de lui faire confiance.

« Je ne peux rien vous dire. » Déclara t-il, simplement : la stricte vérité sans toutefois dépasser les limites fixées par la Vérité.

« Mais bien sûr que tu peux nous le dire, protesta Hermione. Nous sommes tes amis, tu n'as rien à craindre de nous ! »

« Mais peut-être que si, justement… Dit Ron. Il a peut-être dû faire un Serment Inviolable qui l'empêche de révéler quoi que ce soit. Allons, Ed, ne me regarde pas comme ça ! On s'en doute tous un peu que tu es sous la pression d'un Vœu Inviolable. Tu sais, l'excuse de l'Amnésie est un peu facile et nous sommes tes amis et nous te connaissons bien. »

Le silence d'Edward fut éloquent. C'était vrai que, d'un certain point de vue, il avait fait un serment Inviolable avec cet Être étrange qui se nommait lui-même Vérité en promettant de ne rien dévoiler sur son monde et sur l'alchimie en règle générale. Et il n'avait pas l'intention de rompre son serment pour découvrir quelles pourraient en être les conséquences. Il ne tenait pas à les découvrir, merci beaucoup !

« Bon, on va éviter de trop t'interroger là dessus pour ne pas rompre ton vœu Inviolable. Ce serait bête que tu meures à cause d'un bête serment. Mais, Ed ? Sache que nous serons toujours tes amis : tu nous a largement prouvé que tu étais digne de confiance. Donc, nous respecterons ton silence. »

Edward acquiesça en silence, heureux que ses amis aient accepté de comprendre la situation difficile dans laquelle il se trouvait. Finalement, le silence ne s'éternisa pas quand Ron posa la question cruciale :

« Heu, pour en revenir au sujet des Horcruxes… Est ce qu'il est indiqué dans ce bouquin comment les détruire ?

« Oui. Le livre prévient le sorcier se risquant à faire un Horcruxe qu'ils doivent l'entourer de puissantes protections magiques pour ne pas qu'il se fasse détruire par des moyens conventionnels. D'après tout ce que j'ai lu, ce que Harry a fait au Journal de Jedusor est l'un des rares moyens efficaces pour détruire un Horcruxe. »

« Tu veux dire, le transpercer avec un crochet de Basilic.

« Quelle chance, nous avons rassemblé du venin de Basilic lorsque nous aménagions la Chambre des Secrets. Je me demandais justement comment nous allions l'utiliser. Dommage que nous ne retournions pas à Poudlard cette année pour nous le procurer… » Lança Ron sur un ton légèrement défaitiste.

« Pour détruire un crochet de Basilic, il faut quelque chose de tellement destructeur que l'Horcruxe ne puisse pas se réparer de lui même. Le venin de Basilic n'a qu'un seul antidote, extrêmement rare… »

« Les larmes de Phénix. » compléta Harry avec un hochement de tête.

« Exactement, le problème, c'est qu'il existe très peu de substances aussi destructrices que le venin de Basilic et elles sont toutes très dangereuses à transporter. Mais il faudra bien que nous trouvions une solution car briser, frapper, écraser un Horcruxe n'a aucun effet. On doit l'endommager au point qu'aucune magie ne puisse la réparer. »

« Mais est ce que le fragment d'âme ne risque pas d'aller se trouver un autre abri dans un autre objet ? » Demanda Ron d'un ton pertinent.

« Non justement et la raison pour cela est qu'un Horcruxe est l'exact opposé d'un être humain. » Dit Hermione.

Devant l'air décontenancé de Ron et celui plongé dans une profonde réflexion de Ed et Harry, elle décida de s'expliquer :

« Si je prenais brusquement une épée et que je te la passais au travers du corps, Ron, je ne infligerais aucun dégâts à ton âme. »

« Pas vraiment, déclara Ron sur un ton vraiment mature, je crois que mon âme serait brisée en mille morceaux si j'étais tuée par la femme que j'aime… »

« Mauvais exemple, marmonna Hermione en rougissant. Mais ce que je voulais dire, Ron, c'est que quoi qu'il arrive à ton corps, ton âme reste intacte. Avec un Horcruxe, en revanche, c'est l'inverse. La survie du fragment d'âme dépend entièrement de son contenant, de cette espèce de corps ensorcelé. »

« Donc en fait, en détruisant l'Horcruxe, on détruit aussi l'âme. C'est un châtiment encore plus terrible que la mort. Assura Edward, un peu pâle.

« Je suppose que c'est ce que voulait dire Dumbledore en disant à Jedusor qu'il existait des choses bien plus terribles que la mort. » Dit Harry en se remémorant le combat entre les deux sorciers lors de sa cinquième année.

« En gros, c'est « Ne craignez pas pour votre corps, ne craignez pas devant le mort… » Dit Edward en citant un livre Moldu qu'il avait trouvé intéressant dans certains aspects. Le thème religieux l'avait rebuté au début car il s'en méfiait grandement avec certaines religions de chez lui comme le Létoïsme. Cependant, celui ci, il devait bien l'admettre, contenait quelques belles perles de sagesse.

« Maintenant que j'y repense, le journal de Jedusor a semblé mourir quand je l'ai poignardé avec le crochet du Basilic. Par contre, il était intact quand Ginny l'a jeté dans les toilettes. Cela prouve que les moyens conventionnels ne marchent pas. » Dit Harry sur un ton songeur.

« Mais comment le journal s'y est il pris pour posséder Ginny ? Je croyais qu'il ne pouvait pas passer vers une autre personne ? » Demanda Ron.

« Tant que l'Horcruxe est intact, le fragment d'âme peut pénétrer à l'intérieur d'une personne à sa guise si celle ci s'approche de trop près de l'objet. Je ne veux pas dire le toucher trop longtemps, je ne pense pas que ce soit une question de contact physique, je veux plutôt parler d'une proximité émotionnelle comme Ginny l'a fait quand elle a ouvert son cœur au journal. Du coup, elle s'est rendue extrêmement vulnérable et d'après le livre, on a de gros ennuis quand on s'attache trop à un Horcruxe ou qu'on en devient dépendant. » Expliqua Hermione.

« Je me demande comment on va faire pour détruire les Horcruxes ou comment Dumbledore s'y est il pris. Il nous faudra demander aux membres du Cercle qui restent à Poudlard de nous envoyer du venin de Basilic en espérant que cela passe les contrôles ou que le château ne tombe pas entre les mains de Voldemort. » Dit Harry sur un ton un peu déprimé.

« Alerte ! J'entends Mrs Weasley monter les marches ! » S'exclama Edward.

Aussitôt, Ron utilisa sa baguette pour achever de ranger sa chambre tandis que les autres membres du Cercle se dispersaient comme une volée de moineaux dans le Terrier en faisant mine d'être très occupés. Cela n'empêcha pas la matriarche Weasley de leur ordonner de trier la pile de cadeaux de mariage dans sa chambre ou d'achever le nettoyage de la maison. Heureusement, la majorité des jeunes sorciers étaient majeurs et ne se privaient pas d'utiliser la magie hors de portée des regards de Mrs Weasley, qui semblait partager la fascination des Moldus de son mari concernant le nettoyage qui devait être fait à la main.


Le lendemain, néanmoins, après ces longues journées de travail, tout le monde était sur les nerfs pour l'accueil des Delacours et chacun pensait pire que pendre de ces intrus. Heureusement ceux ci ne s'en aperçurent pas et ils révélèrent même des personnes charmantes et serviables contrairement aux craintes de tous. Malheureusement, du même coup, la maison était surpeuplée et il était impossible pour Harry, Ron, Hermione et Edward de se retrouver seuls, même en proposant de nourrir les poulets. Ils en voulaient un peu à Mrs Weasley mais ils savaient que la pauvre femme était épuisée par toutes les tracasseries du mariage sans parler de la menace qui planait sur sa famille et Harry ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu coupable quand il demanda à Mrs Weasley s'il pouvait inviter Neville et Luna à rester le jour de son anniversaire en échange d'un diner simple. Mais fort heureusement, elle accepta


Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Edward ne peut pas révéler la vérité, mais il peut admettre qu'il a un secret et ses amis peuvent accepter qu'il ne peut rien révéler. Cela s'appelle la confiance et c'est déjà pas si mal. Ils ont foi les uns envers les autres.

Et à propos de foi...S'il y a des personnes que la citation religieuse a rebuté, sachez juste que j'ai écris ce chapitre à une époque où la foi avait une grande importance pour moi et cette histoire a demandé des années d'écritures au cours desquelles j'ai changé. Néanmoins, ce passage convient parfaitement au thème des Horcruxes, donc je le laisse. De plus, FMA et HP ne sont pas dépourvus d'allusions à la religion (négative ou positive). Edward n'est pas chrétien, mais il a apprécié certains passages de la Bible comme pour tous les livres Moldus dévorés durant ses étés, c'est tout.

Dans tous les cas, si vous avez des commentaires, questions, remarques, critiques, n'hésitez pas, cela fait toujours plaisir de se savoir lue. Même un "Merci pour ce chapitre" me convient. Cela prend une minute, pas plus.