Me revoilà pour le cinquième chapitre de Edward Elric et la Vérité du Sacrifice.

Je remercie tout d'abord tous ceux qui ont commenté, cela me fait très plaisir.

Avant de commencer, je répondrais à quelques questions posées par certains lecteurs :

Tout d'abord, à ceux qui croient que l'histoire est encore en train d'être écrite, elle est déjà terminée et sera donc publiée entièrement et régulièrement, pas d'inquiétude.

Quelqu'un a demandé si la blessure infligé par Greyback influera sur Edward. La réponse est pas plus que pour Bill Weasley qui aime désormais sa viande saignante. Même si cela avait un impact sur son caractère, Ed est déjà connu pour ses crises de rage légendaires. En réalité, cette blessure avait surtout pour but dans le second tome d'affaiblir suffisamment Edward pour justifier sa capture : il n'était pas en très bonne forme et son épaule blessée l'handicapait pour se défendre alchimiquement.

Merci à tous ceux qui ont remarqué que le Cercle ne semble pas avoir de problèmes de communication. C'est quelque chose que l'on voit de de nombreuses oeuvres et pas seulement des fanfictions : on se dit que si les personnages avaient seulement parlé entre eux pour mentionner un élément important, rien ne serait arrivé (et du coup, il n'y aurait pas d'histoire). Ce n'est pas pour rien que sur TV Tropes, il existe le cliché 'Les Problèmes de Communication Tuent".

J'ai voulu aller par la route inverse : montrer que communiquer résout les problèmes, cela ne veut pas dire pour autant livrer le contenu de sa vie, que l'on peut avoir des secrets mais que l'on peut respecter cela chez autrui.


T3 Chapitre 5

Le jour de l'anniversaire de Harry, Edward s'éveilla aux sons que le jeune sorcier faisait. Il murmurait « Grégorovitch » comme si sa vie en dépendait. Ed comprit rapidement que Harry s'était à nouveau introduit dans les pensées de Voldemort et, tandis qu'il secouait Harry pour l'éveiller avant qu'il ne tire Ron de son sommeil, il se demandait si cela avait été une si bonne idée d'initier Harry à la Légilimencie car ce dernier semblait s'introduire plus facilement dans les pensées du mage noir. Bien sûr, il se pouvait que cela n'ait rien à voir avec l'entrainement d'Occlumencie et de Légilimencie de Harry et que cela soit plutôt dû à sa condition d'Horcruxe. Dans ce cas, son ami ne pouvait pas grand-chose pour stopper ses incursions dans l'esprit de Voldemort…

Malheureusement, Edward n'eut pas l'occasion d'en parler seul à seul avec Harry car Ron avait été dérangé lui aussi par la voix de Harry. Ce dernier, une fois complètement réveillé, avait demandé à Ron et Ed s'ils connaissaient Grégorovitch en précisant que Voldemort le recherchait. Les deux garçons grimacèrent de concert avec sympathie : il ne faisait jamais bon d'être la cible du Seigneur des Ténèbres.

Quand Ron et Ed tâchèrent d'en savoir plus, Harry avoua son ignorance mais selon lui, Voldemort se trouvait à l'étranger car le paysage de montagnes qu'il avait vu ne correspondait pas à la Grande Bretagne. De plus, selon Ed, Gregorovitch avait une consonance germanique ou même slave. D'après Harry, cela avait un lointain rapport avec le Quidditch mais Ron, le spécialiste en la matière, ne connaissait qu'une seule personne avec un nom assez similaire mais ce n'était pas lui.

Mais en attendant, c'était l'anniversaire de Harry et ce dernier fit son premier acte magique de sorcier majeur en attirant ses lunettes d'un simple accio. Edward le prévint avec un sourire narquois que, en sa présence, il ferait bien d'utiliser la magie sans baguette et informulée sous peine de se recevoir un maléfice cuisant et d'un maléfice de Bloklang éternel… Après tout, Harry devait s'entrainer, il faisait cela surtout pour son bien…

Le jeune homme le prit au mot et commença à faire de la magie informulée sans sa baguette en colorant en bleu fluo les robes oranges des Canons de Chudley (qui firent la moue sur leurs posters). Ron lui conseilla avec un petit rire moqueur de remonter sa braguette à la main avant de lui offrir son cadeau en le suppliant de ne pas l'ouvrir devant sa mère. Il s'agissait d'un livre, le genre de cadeau qui d'habitude était offert par Hermione. Ron lui expliqua ce que c'était en réalité :

« Il ne s'agit pas de n'importe quel livre. C'est de l'or pur : douze moyens infaillibles de séduire les sorcières. Il explique tout ce qu'on doit savoir sur les filles. Fred et George m'en ont donné un exemplaire en cinquième année afin que je sorte avec une fille avant la fin de la sixième année. Ces deux saligauds m'ont même menacé de me transformer en eunuque si jamais je n'appliquais pas ces conseils. Enfin, au moins, grâce à ce bouquin, je n'ai plus la sensibilité émotionnelle d'une cuillère à café comme me l'a dit Hermione. Par contre, interdiction d'appliquer les conseils de ce livre à une autre que Ginny ou je fais disparaître ta virilité ! » Menaça Ron sur un ton sérieux.

« Est ce que tu parlais de nous ? » Demanda Hermione d'un regard soupçonneux qui venait d'entrer dans la chambre de Ron en compagnie de Ginny.

« Uniquement en bien, Hermione ! » Se défendit Ron en cachant rapidement le bouquin que tenait Harry hors de portée de la jeune fille.

« Nous étions venus voir si tu étais réveillé et je suis venu t'offrir ton cadeau d'anniversaire, juste au cas où tu rencontrerais une Vélane sur ton chemin. » Dit Ginny tendrement en l'embrassant sur la bouche.

Harry répondit à ce baiser de toute ses forces tout en rougissant en souhaitant que ce moment intime ait pu être partagé uniquement entre eux deux et non avec Ron, Hermione et Edward comme témoins. Mais par chance, aucun d'eux ne se moquait et ils souriaient de contentement : après tout, ils étaient membres du Cercle et seuls eux savaient quelle était leur relation entre eux deux. Harry avait l'impression que des bulles de champagne flottaient tout autour de lui et il s'aperçut que ce faux jeton d'Edward en avait conjuré pour une ambiance plus romantique.

Ron et Hermione, d'un commun accord, enlevèrent Edward et le pressèrent d'aller manger en attendant que les deux amoureux aient terminé leur discussion.

Harry ne put s'empêcher d'émettre un léger soupir en songeant que c'était sans doute le dernier qu'il partagerait avec Ginny. Il murmura à son oreille, avec une tristesse infinie :

« Ginny… J'ai Voldemort à mes trousses et il y a de fortes chances que je n'en réchappe pas. Alors pourquoi m'as tu choisi, moi ? Tu sais que notre relation risque de ne pas avoir d'avenir. » Murmura t-il avec douceur en se détachant doucement de celle qu'il aimait.

« L'amour a ses raisons que la raison ne connaît pas. Même si notre amour te semble sans issue, jamais je ne voudrais en connaître d'autre que toi, Harry. » Déclara Ginny en le fixant de ses yeux noisette.

« Si je meurs, commença Harry, promets moi que tu poursuivras ta vie. C'est le plus bel hommage que tu puisses me faire. Même si cela me rend malheureux de t'imaginer mariée à un inconnu sans visage grand et antipathique… » Tenta t-il de plaisanter sans vraiment y mettre du sien.

« Ne parle pas comme si tu allais mourir, Harry. Je peux te promettre seulement une chose, Harry : notre amour sera plus fort que la mort et je t'aimerais toute ma vie. Jamais je ne regretterais ces moments passés avec toi, tu m'entends ? Ce sont ces moments qui rendent la vie digne d'être vécue. Si par malheur tu devais mourir, je poursuivrai ma vie par amour pour toi car je sais que c'est ce que tu voudrais mais ne me demande plus jamais de renoncer à mon amour pour toi, ni de regretter de t'avoir connu ! C'est compris ? Maintenant, embrasse moi. »

« Oui…» Murmura Harry en l'embrassant à nouveau, y mettant toute sa passion, toute son âme. Il avait l'impression de déverser sa vie en elle et vice versa. Il recevait d'elle le plus beau cadeau : une raison de vivre mais aussi une raison de mourir. Pour elle, il était prêt à donner sa vie. Alors, lentement, ils s'abandonnèrent à leur amour débordant et cette fois, ils ne furent pas dérangés.


Une heure plus tard, ils descendirent dans la cuisine sous le regard vaguement soupçonneux de Mrs Weasley mais qui s'éclaira quand elle souhaita à Harry un joyeux anniversaire. Elle lui offrit son cadeau qui s'avéra être une montre. Mrs Weasley lui expliqua qu'il était de tradition d'offrir une montre à gousset à un sorcier qui avait atteint sa majorité. La montre avait appartenu à son frère Fabian Prewett qui était mort en combattant Voldemort avec son frère jumeau Gidéon et Harry enlaça sa mère par adoption en sachant la valeur inestimable du cadeau qu'elle lui offrait et cherchant à faire passer tout l'amour qu'il ressentait pour la famille Weasley dans cette étreinte.

Harry reçut de nombreux cadeaux ce jour là : un scrutoscope de la part d'Hermione, un rasoir enchanté de la part de Bill et Fleur, des chocolats par les Delacours, une énorme boite des derniers articles « sérieux » de Fred et George qui pourraient s'avérer utiles pour se cacher, divers poisons paralysants extraits de Tentacula Vénéneuse par Neville et un charme tissé par Luna. De la part de Edward, il reçut un présent inestimable : le jeune garçon avait enchanté un pendentif en forme de cristal pour qu'il l'informe seconde par seconde l'état de Ginny au cas où elle serait malade ou en danger de mort. Il lui avoua que Ginny en portait un équivalent dirigé sur lui et qu'il lui avait offert pour son futur anniversaire. Cependant, Harry ne lui en voulut pas.

Quand le soir arriva, Harry reçut d'autres cadeaux de la part des autres invités dont une bourse en peau de Moke de la part de Hagrid qui lui dit qu'il pourrait cacher ce qu'il voulait dedans et que seul son propriétaire légitime pourrait le récupérer. D'après les regards reconnaissants qu'il jetait à Edward et Hermione, ces derniers l'avaient bien aidé pour enchanter le cadeau. Ils reçurent également la visite de Lupin et de Tonks cette dernière paraissait radieuse et le premier semblait un peu malheureux. Mais Harry n'en comprît pas la raison.

Bientôt, des discussions commencèrent de part et d'autre de la table sur laquelle trônait un gateau en forme de Vif d'or géant, notamment entre Hagrid et Charlie. Bill et lui avaient (pour une fois) les cheveux bien coiffés grâce aux soins attentionnés et à la baguette menaçante de leur mère. Charlie apprît notamment à Hagrid que son Norvégien à crête était une fille, appelée Norberta, reconnaissable à sa férocité. Tous les garçons en couple s'abstinrent, fort prudemment, de tout commentaire après cette remarque. Les conversations devinrent plus tendues tandis que Mr Weasley tardait à revenir de son travail et Mrs Weasley jetait des regards de plus en plus fréquents à son horloge magique pour tenter de déterminer l'état de santé de son époux.


Finalement, un Patronus en forme de belette les informa que Mr Weasley serait accompagné de Rufus Scrimgeour, ce qui obligea le couple Lupin à transplaner pour être hors de vue du Ministre.

Bientôt, Harry vit apparaître le Ministre de la magie : ce dernier paraissait beaucoup plus vieux et décharné que lors de sa dernière rencontre. La guerre avait pris son dû sur l'ancien Auror et la tentative de coup d'État dont il avait failli être victime avait dû raviver sa paranoïa. Scrimgeour annonça qu'il voulait s'entretenir avec Hermione Granger, Ronald Weasley Edward Elric et Harry Potter pour des raisons privées. Les jeunes sorciers acceptèrent, à l'unique condition qu'ils ne soient pas séparés. Le Ministre décida de ne pas ouvrir les hostilités et finit par annoncer le but de sa visite : la lecture du testament d'Albus Dumbledore. Apparemment, le directeur de Poudlard, après sa mort, leur léguait quelque chose à chacun d'entre eux, ce qui les étonna énormément.

Ce fut Harry qui souleva un point essentiel en demandant pourquoi la lecture du testament se faisait seulement maintenant, plus d'un mois après la mort de Dumbledore mais ce fut Hermione qui répondit :

« C'est évident, non ? Ils voulaient examiner ce qu'il nous avait laissé. Vous n'aviez aucun droit de faire ça ! » S'exclama Hermione.

« J'avais tous les droits, répliqua Scrimgeour avec dédain. Le décret sur les confiscations légitimes donne le droit au Ministère de confisquer le contenu d'un testament. »

Selon Edward, le Ministre aurait mieux fait de ne pas s'aventurer sur le terrain judiciaire car Hermione était particulièrement calée en droit magique :

« Cette loi a été créée pour empêcher les sorciers de léguer des instruments de Magie noire et selon ce même décret que vous nous citez le Ministère doit tout d'abord posséder les preuves que les objets en possessions du défunts sont illégaux avant de les saisir. Vous voulez insinuer que Dumbledore a essayé de nous transmettre quelque chose de maléfique ? »

« Avez vous l'intention de faire carrière dans la justice magique, Miss Granger ? »

« Qui sait ? Il y a plusieurs vieilles lois corrompues que j'espère changer mais en attendant, je ne suis qu'une sorcière qui espère pouvoir faire un peu de bien dans le monde. » Dit Hermione sur un ton sentencieux, comme si elle grondait le ministre en personne.

Ron étouffa un éclat de rire et, prenant la main de Hermione, il adressa un sourire narquois au Ministre tandis que sa petite amie affichait un air angélique.

« Je suppose que vous n'avez rien trouvé de maléfique puisque maintenant le délai de trente et un jours est écoulé. Vous pourriez peut-être passer à la lecture du testament proprement dit ? » Déclara Hermione d'un ton un peu sec.

« En plus, est ce que cela ne devrait pas être le sous secrétaire d'État consacré aux actes notariés qui devrait nous en faire la lecture, comme lors de la lecture du testament des Flamel ? Demanda Edward qui se souvenait encore de la lecture du testament.

« Je ne pouvais pas confier quelque chose d'aussi important que ce testament aux mains de personnes peu fiables. Puisque vous voulez savoir la vérité à tout prix, sachez qu'il y a eu récemment une tentative de putsch contre mon gouvernement, dirigé par le directeur de la Justice Magique. Un homme que j'avais personnellement choisi ! » Dit Scrimgeour, le visage blême.

« Si vous parlez de Pius Thickenesse, il était sous l'emprise de l'Imperium. » Déclara Edward en toute honnêteté.

« Je sais. Mais cela veut dire que mon Ministère est constitué pour moitié de traitres et pour moitié de personnes trop faibles ou trop lâches pour Lui résister, sauf pour quelques trop rares exceptions. Vous vouliez la vérité, Mr Potter, Mr Elric, et bien la voilà : je ne me donne pas plus d'une semaine à vivre et je ne donne pas un meilleur délai avant que le Ministère ne tombe entre Ses mains. Il était de mon devoir de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour chercher un moyen afin retarder ce délai même si pour cela je devais contourner quelques lois. » Déclara Scrimgeour sur un ton sans réplique.

« Même si, en faisant cela, vous preniez le risque que Harry puisse ne pas avoir accès à des informations ou des legs qui pourraient l'aider à faire chuter Voldemort ? » Demanda Hermione.

« C'est bien ce que je pensais : vous êtes vraiment l'Élu, n'est ce pas ? Celui destiné à faire chuter Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom ? C'est un bien triste jour pour apprendre que notre destin à tous repose entre les mains d'un garçon qui vient à peine d'atteindre sa majorité. »

« Moi, ce que je trouve particulièrement injuste, c'est que toute la population sorcière reste là, à attendre bêtement qu'un sauveur vienne les tirer d'affaire sans se soucier de tenter de l'aider un minimum ! » S'exclama Edward.

« Le devoir d'un gouvernement est de protéger sa population, pas l'inverse, Mr Elric. » Dit le Ministre.

« Je persiste à penser qu'il devrait y avoir un échange équivalent entre un gouvernement et sa population : un peuple doit être prêt à combattre pour sa liberté et ses droits s'il veut les mériter. Une population qui renonce à ses libertés pour bénéficier d'une sécurité illusoire ne mérite ni la liberté, ni la sécurité ! » Déclara Edward sur un ton plein de passion.

« Vous êtes encore plein d'idéaux. C'est tout à votre honneur, Mr Elric, mais un jour, vous découvrirez que la réalité n'est pas comme ça : au final, il revient à une minorité de personnes de faire le sale travail afin que la majorité puisse bénéficier de ses droits et d'une vie paisible. « Déclara Scrimgeour avant de se tourner vers Ron : Diriez vous que vous étiez proche de Dumbledore ? »

« Peut-être était-ce lui qui se sentait proche de moi, en tout cas suffisamment s'il m'a placé dans son testament. » Dit Ron en pesant soigneusement ses mots et en jetant des regards fréquents à Hermione pour s'assurer qu'il ne disait pas de bêtises.

« Le professeur Dumbledore a fait très peu de legs personnels. La quasi-totalité de ce qu'il possédait (bibliothèque privée, instruments magiques et autres effets personnels) revient à Poudlard. Pourquoi pensez vous qu'il vous ait ainsi distingué ? »

« Aucune idée. Peut-être en saurais je plus si vous finissez par me dire ce qu'il m'a légué. » Répliqua Ron, un peu énervé par cette discussion qui ne semblait pas prendre fin.

Scrimgeour finit par ouvrir le testament et lu à haute voix la partie concernant Ron :

« à Ronald Bilius Weasley, je laisse mon déluminateur dans l'espoir qu'il se souviendra de moi quand il s'en servira. Puis il ajouta en donnant l'objet ressemblant fort à un briquet au jeune sorcier : « un objet d'une grande valeur. Peut-être même est il unique. En tout cas, il est certain que Dumbledore l'a conçu lui même. Pourquoi à votre avis vous a t-il légué un instrument si rare ? »

Ron hocha la tête et prit un air grave en disant :

« Peut-être pour me rappeler que même au milieu des ténèbres les plus sombres, je peux trouver de la lumière pour me guider. C'est typiquement le genre de phrase qu'il me dirait. Je ne lui vois pas d'autres usages et vous ? Vous avez dû le disséquer pendant des heures, peut-être en savez vous plus que moi… »

Scrimgeour se renfrogna tout en fixant Ron de ses yeux plissés pendant quelques instants avant de se tourner vers le testament de Dumbledore :

« à Miss Hermione Jean Granger, je lègue mon exemplaire des contes de Beedle le Barde dans l'espoir qu'elle y trouvera de quoi se divertir et s'instruire. »

Hermione semblait très émue en recevant le vénérable ouvrage qui semblait avoir été lu et relu : sa couverture en cuir était usée, maculée de tâches et se décollait par endroit. Le titre était écrit en runes et une larme tomba des yeux d'Hermione sur le titre gravé dans la reliure.

« Selon vous, Miss Granger, pourquoi Dumbledore vous a t'il offert ce livre là en particulier, outre le fait que vous semblez aimer la lecture ? Avez vous jamais discuté de codes ou d'autres méthodes permettant de transmettre des messages secrets.»

« Non, jamais. Et honnêtement, je n'ai pas la moindre idée de la raison pour laquelle il m'a légué cet ouvrage en particulier. Les runes, une fois comprises, ne sont pas difficiles à déchiffrer et je suis certaine que si en trente et un jours, le Ministère n'est pas parvenu à découvrir un code caché dans ce livre, je doute que je puisse y parvenir par moi même. »

Hermione étouffa un sanglot et Ron la serra dans ses bras tandis que Scrimgeour poursuivait la lecture du testament :

« À Edward Elric, je lègue une simple lettre ainsi que mes plus sincères excuses. »

« Je les accepte. » Déclara Edward en tendant la main pour recevoir la lettre cachetée. Il pouvait déduire, d'après l'enveloppe qui était intacte, que le Ministère n'était pas parvenu à ouvrir, ni même à lire le contenu de la missive. Il se contenta de la glisser dans sa poche sans l'ouvrir devant le Ministre, se réjouissant de la mine déconfite de ce dernier.

« De quoi parlait Dumbledore concernant les excuses qu'il vous devait ? » Demanda finalement Scrimgeour quand il devint apparent que Edward n'allait rien dire de plus.

« Un jour, le professeur Dumbledore a voulu savoir si j'étais digne de confiance et il m'a fait subir une épreuve qui s'est révélée extrêmement douloureuse. Je vous passe les détails. Toujours est il que par là, Dumbledore voulait me demander pardon, même si j'avoue que j'aurais préféré qu'il me fasse ses excuses de vive voix et non par testament. » Dit Edward en haussant les épaules.

« Quelle genre d'épreuve a t-il… » Commença Scrimgeour.

« Le genre qui s'est avéré positive sans quoi je ne serais pas dans son testament. Et si vous tenez absolument à savoir si je suis digne de confiance, alors n'oubliez pas que je suis l'auteur de la lettre dénonçant Pius Thickenesse comme étant soumis à l'Imperium. » Déclara Edward d'un ton sec.

« À Harry James Potter, je lègue le Vif d'or qu'il a attrapé lors de son premier match de Quidditch à Poudlard pour lui rappeler ce que la persévérance et le talent apportent de récompenses et de bienfaits. Pourquoi Dumbledore vous a t-il fait don de ce Vif d'or ? » Demanda Scrimgeour en sortant la petite balle dorée de son sac.

« Aucune idée. Personnellement, je trouve les mots un peu vides et creux également. Je suppose qu'il s'agit d'un symbole… Qu'est ce que vous pensez que ce soit d'autre ? »

« C'est moi qui pose les questions, déclara Scrimgeour. J'ai remarqué en passant que votre gâteau avait la forme d'un Vif d'or. Pour quelle raison ? »

« Sans doute en référence au fait que Harry a été le plus jeune attrapeur de l'histoire de Poudlard depuis un siècle, non, ce serait trop évident… À moins qu'il n'y ait quelque chose de caché dans la crème. » Ironisa Hermione.

« Peut-être pas dans le gâteau mais j'ai déduit qu'un Vif d'or serait une bonne cachette pour dissimuler un objet de petite taille. Vous savez surement pourquoi ? »

Ni Ron, ni Ed, ni Harry ne le savaient, mais à leur grande surprise, Hermione, celle qui s'intéressait le moins à ce sport, connaissait la réponse, elle. Son habitude de donner les bonnes réponses était tellement ancrée en elle qu'elle répondit sans réfléchir :

« Parce que les Vifs d'or ont une mémoire tactile. »

« Quoi ?! » S'exclamèrent Ron et Harry qui ne s'attendait pas à cela.

« Exact. Avant d'être lâché, un Vif d'or n'est jamais touché à mains nues, même par le fabriquant qui porte toujours des gants. Il est doté d'un enchantement permettant d'identifier le premier humain qui pose la main sur lui, au cas où sa capture donnerait lieu à des contestations. Ce Vif d'or se souviendra de votre toucher, Potter. L'idée m'est venue que Dumbledore, qui possédait des dons magiques prodigieux quels qu'aient été par ailleurs ses défauts, a peut-être ensorcelé ce Vif afin qu'il ne puisse s'ouvrir que pour vous. »

Harry sentit son cœur s'accélérer : Scrimgeour avait sans aucun doute raison mais il ignorait une chose : la manière particulière dont Harry avait attrapé ce fameux Vif. Il saisit donc le Vif sans trop hésiter, en priant pour que Dumbledore ait bien pris cela en compte. Il fut rassuré de voir qu'il avait vu juste, même si Ron et Hermione semblaient un peu déçus de ne rien voir de spectaculaire apparaître.

« C'est tout ? » Demanda Hermione, prête à s'arracher du canapé pour ne plus se trouver sous le regard doré et soupçonneux du Ministre de la Magie.

« Non. Dumbledore vous avait légué aussi l'épée de Godric Gryffondor mais il n'appartenait pas à Dumbledore de vous donner cette épée. C'est un objet d'une grande importance historique qui appartient à Poudlard. » Déclara Scrimgeour d'un ton sans réplique.

« Et s'il se trouvait que j'en avais justement besoin ? » Demanda Harry dans un murmure en fixant de ses yeux verts étincelants ceux ambrés du ministre.

« Pourquoi ? Parce que Dumbledore pensait comme beaucoup que vous étiez le seul à pouvoir vaincre l'héritier de Serpentard grâce à l'épée de Gryffondor ? Parce que vous seriez l'Élu, destiné à détruire Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ? »

« Théorie intéressante. Malheureusement, il semble que les employés du Ministère soient plus occupés à démonter des Vif d'or ou un déluminateur et à dissimuler au public des évasions de grande ampleur plutôt que de tenter de vaincre Voldemort à coup d'épée. » Dit froidement Harry.

Scrimgeour, à cet instant, s'emporta violemment :

« Même si je voulais vous la donner, et croyez moi, je l'ai envisagé, je ne le pourrais pas. L'épée appartient de fait et de droit à Poudlard et doit être trouvée au travers d'une épreuve de courage et je serais bien en peine de le faire. Qu'est ce que vous croyez, Potter ? Que je perds mon temps à m'amuser ? Je n'ai pas voulu cacher l'évasion des Mangemorts, me prenez vous pour un imbécile ? Même si ça augmenterait la peur dans les foyers sorciers, au moins ces derniers seraient au courant de la menace qui plane sur eux. Mais j'ai les mains liés : si je démissionne, ce sera un Mangemort ou une personne sous leur contrôle qui prendra les rênes du pouvoir et si je reste, je finirai par être victime d'un coup d'État. Dans tous les cas, j'estime que je ne verrais pas la fin du mois d'Aout. Mon seul espoir était de trouver une arme secrète qui me permettrait d'en finir avec Vous-Savez-Qui dans les legs de Dumbledore mais cette dernière piste ne m'a mené à rien. Moi, le Ministre de la Magie, l'homme censé protéger la population sorcière, je dois donc m'en remettre à un garçon à peine majeur pour assurer la survie du monde sorcier. Alors témoignez moi un peu de respect, Potter. »

« Pardonnez moi. Il me semble que nous nous soyons laissés emporter tous les deux. » Dit Harry calmement en relâchant doucement le pouvoir magique qu'il avait eu peine à contenir devant le discours du ministre. L'onde magique traversa Scrimgeour qui écarquilla ses yeux dorés puis qui finit par murmurer :

« Si vous êtes aussi puissant que Lui, alors peut-être tout n'est il pas perdu. Je vous laisse à présent. Messieurs Potter, Elric, Weasley, Miss Granger, bonne soirée. »


Quand il fut parti, l'ambiance redevint plus joyeuse et conviviale. Tous les invités se passaient les uns aux autres les trois objets légués par Dumbledore. Luna et Neville étaient aussi de la fête et étaient tout aussi intrigués que Harry par les étranges cadeaux de Dumbledore. Les deux jeunes sorciers avaient obtenu l'autorisation d'assister à l'anniversaire et au mariage et ils dormiraient l'un au grenier et l'autre dans la chambre de Ginny. Bien entendu, les regards en coin qu'ils s'étaient tous jetés indiquaient qu'ils ne resteraient pas dans leurs « chambres » respectives mais qu'ils s'empresseraient de rejoindre Harry, Ron, Hermione, Edward et Ginny dans la petite chambre exiguë de Ron.

Il était très tard et le mariage devait commencer demain matin. On chanta donc rapidement un joyeux anniversaire et on engloutît de grandes parts de gâteau avant de partir se coucher.

Bientôt, tous les membres du Cercle étaient rassemblés en rond autour des quatre legs de Dumbledores, objets qu'ils regardaient avec fascination. Ils commencèrent par examiner le déluminateur et la lumière devint une boule dorée qui alla terminer dans l'étrange instrument et le Cercle fut plongé dans une obscurité totale. Hermione semblait perplexe et se demandait quelle utilité pourrait avoir cet objet dans leur future quête. Ron n'en savait rien et il pensait, comme sa petite amie, que Dumbledore aurait quand même pu leur laisser des indications avant sa mort, surtout en sachant qu'il l'avait prévu.

Puis ils passèrent au Vif d'or et là, Harry se mit à sourire en portant la petite balle dorée à ses lèvres en disant qu'il n'avait pas voulu essayer cela devant le Ministre. Il avait en effet compris que le Vif devait avoir la mémoire tactile de ses lèvres et non de ses mains comme l'avait envisagé Scrimgeour. Une inscription apparût sur le Vif qui disait « Je m'ouvre au terme. ».

Les entrailles de Harry se gelèrent et il dût recourir à toute son Occlumencie pour ne rien laisser paraître d'autre sur son visage que de la stupéfaction et de l'incompréhension. Surtout devant Ginny. Il savait, lui, de quel terme parlait le Vif, celui de sa vie, quand il devrait mourir pour détruire l'Horcruxe. En jetant un regard à Edward, il comprit que ce dernier en était arrivé aux mêmes conclusions mais il n'en dît rien, ce dont Harry lui était éperdument reconnaissant.

Ensuite, ils abordèrent le sujet des contes de Beedle le Barde. Neville, Luna et Ron expliquèrent ensemble de quoi il s'agissait : c'était tout simplement des contes pour enfants qu'on racontait aux petits sorciers quand ils étaient petits, même si Luna affirmait haut et fort que chacun d'entre eux racontait en grande partie la vérité. Ils décidèrent ensuite de révéler aux autres membres du Cercle ce qu'étaient les Horcruxes.

« Globalement, ce sont des objets qui empêchent Voldemort de mourir en conservant un bout de son âme. » Expliqua Hermione après avoir reçu le regard approbateur des membres du Cercle au courant des Horcruxes. Ils reçurent des exclamations horrifiées (à juste titre) de Neville, Ginny et Luna. Même cette dernière qui semblait souvent rêveuse paraissait secouée par cette révélation et elle énonça d'une voix calme :

« C'est donc de cela que tu discutais avec Dumbledore certains soirs. »

« Désolé de ne pas vous en avoir parlé avant. » S'excusa Harry, un peu gêné par son manque de confiance envers ses amis.

« C'est normal, dit Neville d'un ton serein. Si jamais nous nous retrouvions face à Tu Sais Qui, il valait mieux que nous soyons d'abord capables d'occulter nos pensées sans quoi, cela pourrait être dramatique pour le cours de la guerre. »

« Au sujet de la guerre, comment cela va se passer ? Tu nous a dit, il y a un mois, que vous ne comptiez pas revenir à Poudlard, Ron, Edward, Hermione et toi. Je suppose donc que c'est pour rechercher ces Horcruxes, non ? Demanda Ginny d'un ton pertinent.

« C'est bien cela. C'est la mission que nous a confiée Dumbledore. » Répondit Harry en échangeant un regard navré avec Ginny.

« Je vois. Dans ce cas, notre tâche à nous qui restons à Poudlard sera de nous emparer de l'épée de Gryffondor pour que vous puissiez détruire ces objets, déclara Neville d'un ton ferme. Et si jamais l'école venait à tomber contre Vous Savez Qui, nous organiserons la résistance contre les forces du Mal en reformant les Cours de Défense et en formant un refuge pour ceux qui souhaitent lutter contre Lui. »

« Cela pourrait être dangereux. » Dit Hermione en portant la main à sa bouche.

« Nous sommes prêts à assumer les conséquences. » Déclara Ginny sur un ton ferme en lançant à Harry un regard flamboyant qui le mettait au défi de l'en empêcher.

« C'est notre avenir que nous défendons. » Dit simplement Luna sur un ton étrangement réaliste.

« Et dans ton enveloppe, Ed, il y a quoi ? » Demanda Ron tandis que Edward avait décacheté l'enveloppe en parchemin et parcourait la lettre les sourcils froncés. Le jeune garçon prit une profonde inspiration avant d'avouer dans un murmure :

« Voilà… Moi aussi je fais l'objet d'une prophétie et jusqu'à présent, je n'en savais qu'une partie. Et bien cette lettre contient les deux autres parties. »

« Oh, Edward, pourquoi tu ne nous l'as pas dit ! » S'exclama Hermione.

« Est ce parce que tu ne nous faisais pas confiance ? » demanda Ginny.

« Je ne l'ai confié qu'à Harry. Et ce n'est pas parce que je ne vous faisais pas confiance… C'est sans doute parce qu'au fond, je préfère ne pas croire aux prophéties. A mon avis, la seule chose qu'elles font, c'est nous enlever tout libre arbitre. » Dit Edward sur un ton définitif.

« Ne t'inquiète pas pour ton libre arbitre. Je suis convaincu que si tu réalises la tienne, c'est parce que tu l'auras choisi en toute connaissance de cause. » Le rassura Harry même si Edward ne semblait pas convaincu.

« Oui, mais, qu'est ce qu'elle dit ? » demanda Ron sur un ton anxieux.

« Si tu tiens tellement à le savoir, voilà le texte, grogna Edward en ayant ras le bol des regards avide de savoir qu'on lui lançait. Et il lut la prophétie entière :

Alors que s'éteignait le dernier jour de ce siècle, il naquit, brillant de lumière

Enfant sacrifié pour s'emparer d'un pouvoir infini

Les ténèbres n'auront de cesse de s'emparer de lui

Pour le voir sombrer pour toujours

Englouti dans un oubli sans retour,

Sa venue pourra engendrer aussi bien la fin que la survie de ce monde.

Mais si, ce sacrifice, seul en son âme et conscience

N'accepte pas le risque de se laisser engloutir

Alors tous verront le monde sombrer dans la violence

Et la magie elle même finira par se tarir et mourir.

Envoyé de la Porte, au service de la Vérité, à cette énigme, tu possèdes déjà la clé.

Pour vivre, il te faudra mourir,

Pour protéger, il te faudra t'offrir,

Mais sache que la survie de ceux que tu aimes

Exigeras de ta part que tu t'oublies à toi même.

« Ok. Je te comprends, c'est vraiment énigmatique comme prophétie. Je comprends que tu ne veuilles pas la croire. Dit Hermione sur un ton docte. Cela ne veut absolument rien dire dans certaines parties. Comment peux tu être né à la fin du siècle ? Ou être envoyé par une porte ? »

« Je suppose que seuls ceux qui sont concernés peuvent la comprendre. Et je pense que Edward ici présent n'a pas le droit de nous en parler pour des raisons qui n'appartiennent qu'à lui. » Dit Harry sur un ton définitif.

« Merci. » Répondit Edward.

« Heu, je crois que nous ferions bien d'aller nous coucher, dit sagement Ron. Je ne sais pas pour vous, mais si Maman nous assassine parce qu'on ne se serait pas réveillé à temps pour le mariage, cela jetterait un froid sur les noces. » Et il éteignit la lumière.


Et c'est ainsi que se termine le chapitre : sur un peu de communication...

N'hésitez pas à laisser des commentaires, même un simple remerciement ou une petite appréciation de quelques mots suffisent. Si vous avez des questions, des critiques ou des remarques, n'hésitez pas non plus à les transmettre. Je tâcherais d'y répondre de mon mieux (ou pas si je veux garder du suspense...)

Je m'excuse également pour les fautes éventuelles que vous pourriez trouver. J'ai beau relire mes fics plusieurs fois pendant leur écriture, j'en retrouve à chaque fois.

Sur ce, je vous souhaite un bon dimanche !