Aucune excuse pour le jour de retard.

Mais maintenant que mes lecteurs sont ligotés, je veux dire confinés, ils auront plus de temps pour lire, non ?

Je remercie tous ceux qui m'ont laissé des reviews ... Mais comme j'avais posté le chapitre quatre ou cinq jours plus tard que la date prévue, alors il se pourrait que vous ayez manqué le chapitre 9. Donc, si vous commencez à vous dire qu'il y a eu une énorme ellipse depuis la dernière lecture, sachez qu'il y a eu un chapitre posté le 22 Octobre.

Et on commence sans plus tarder :


T3 Chapitre 10

Depuis plusieurs jours, Harry avait l'impression que tous ses efforts étaient vains et sombrait dans la déprime. Son autorité n'était pas vraiment remise en question par les autres mais il avait surpris les coups d'œil que se lançaient Ron et Hermione quand ils pensaient qu'il ne les observait pas et il était pratiquement certain qu'ils discutaient derrière son dos. Seul Edward semblait ne pas contester ses choix. Mieux, même, il pensait que c'était lui qui avait raison quant à la localisation d'un Horcruxe à Poudlard et avait argumenté en sa faveur.

Savoir qu'il était soutenu par quelqu'un dans le groupe rassurait un peu Harry qui se remettait en question assez durement quelque fois. Malheureusement, comme ils pouvaient difficilement retourner à Poudlard en ce moment, ils en étaient réduits à suivre les conseils d'Hermione qui avait insisté pour examiner l'emplacement de l'ancien orphelinat, allant jusqu'à lancer des sorts de détection de la magie pour voir s'il n'était pas là. Son échec avait laissé la jeune fille de mauvaise humeur et elle foudroyait du regard Harry et Edward qui avaient osé lui dire « je te l'avais bien dit ! ».

Cependant, les choses auraient pu être bien pires ce soir là: après tout, ils étaient relativement en sécurité, Edward avait attrapé du saumon et l'avait fait braiser dans une poêle sur un feu de camp avec du cresson sauvage et du riz provenant d'un gros sac acheté en magasin. L'odeur était délicieuse et même Ron, pourtant difficile sur le sujet de la nourriture (ce qui ne les étonnait guère avec une mère amatrice de bons petits plats comme Molly) ne rechignait pas à manger sa part.

Harry ne pouvait s'empêcher d'admirer les talents de survie de son ami : même sans magie, il était persuadé que Edward aurait su se débrouiller dans la nature. Quand il en avait fait la remarque, Ed avait sourit en acquiesçant de la tête et dit que s'il en avait eu l'occasion lors de la cinquième année, il aurait organisé un exercice de survie dans la Forêt Interdite : un mois sans contact avec la civilisation et sans magie. Le sourire légèrement sadique du jeune garçon les avait tous fait frissonner et personne ne chercha à creuser le sujet car, si cela se trouvait, Ed aurait vraiment fait ce genre d'exercice…

En attendant, ils finissaient tous leurs assiettes en silence. Ce fut sans doute pour cette raison qu'ils furent alertés par des bruits de voix. Aussitôt, ils sortirent leurs baguettes de leurs poches et oublièrent leur fin de repas. Hermione et Edward vérifièrent les protections autour de leur tente, pendant que Ron et Harry allaient aux frontières du champ protecteur. Quelques instants plus tard, leurs amis les rejoignirent après avoir démonté la tente, rangé les affaires et nettoyé leurs traces en quelques coups de baguette magique. Derrière eux, plus rien n'indiquait qu'il y avait eu âme qui vive ici.

Puis, Hermione sortit des oreilles à rallonge et ils purent finalement écouter la conversation qui avait lieu à quelques mètres d'eux. C'était un groupe composé de trois sorciers nés moldus et de deux gobelins renégats qui avaient refusé de se plier aux règles de Vous Savez Qui. Parmi eux se trouvaient Dirk Cresswell qui avait échappé à Dawlish en lui volant son balai et sa baguette, Ted Tonks qui s'était quitté son foyer depuis une semaine car il savait que les Mangemorts viendraient le chercher et le troisième larron, Dean Thomas, condisciple de Harry à Gryffondor. Les deux gobelins se nommaient Gripsec (Harry le connaissait de vue) et Gornuk.

Apparemment, ils s'étaient rencontrés au cours de leur fuite : le dénommé Dirk avait rencontré les deux gobelins en premier à quelques jours d'intervalles et fuyaient les Mangemorts depuis six à sept semaines et Ted avait rencontré Dean Thomas, qui s'était échappé le 1er Septembre en n'assistant pas à la rentrée des classes. Le jeune garçon ne savait pas s'il était Né Moldu ou Sang Mêlé et avait sagement préféré ne pas se rendre à sa convocation.

Les deux gobelins, quant à eux, s'étaient enfuis pour incompatibilité d'humeur envers les Mangemorts (Un bel euphémisme, apparemment) et par fierté. Comme l'aimait le répéter Gripsec, il n'était pas un elfe de maison. Il dit aussi quelque chose en Gobelbabil qu'Edward tenta de comprendre en fronçant les sourcils. Au cours des deux années qu'il avait passé dans ce monde, il avait appris en partie le langage des gobelins car, après tout, il valait toujours mieux comprendre la langue de son banquier… Excepté que dans cette phrase, il semblait y avoir un jeu de mot subtil qu'il n'avait pas compris.

Finalement Gripsec s'expliqua. Cela commençait par une histoire qui lui avait été raconté par Bill Weasley : apparemment, les trois membres restants du Cercle avaient tenté de voler l'épée de Gryffondor en fracassant la vitrine. En entendant cela, Harry et Edward jurèrent de concert : ils leur avaient recommandé (via Krattur) d'agir en subtilité, à ces trois là ! S'introduire dans le bureau de Rogue et briser une vitrine était tout sauf subtil ! Ensuite, sur les ordres de Vous Savez Qui, Rogue avait dû envoyer l'épée de Gryffondor à Gringotts excepté que l'épée était fausse.

Les gobelins et les trois sorciers éclatèrent de rire en pensant que c'était une bonne farce jouée aux dépends de Voldemort et de Rogue. Les quatre adolescents sourirent en songeant surtout que c'était un beau coup joué par Severus Rogue en tant qu'espion. Cependant, ils auraient voulu savoir ce qui était arrivé à leurs idiots de camarades et ce fut Dean qui posa la question mais la seule chose que surent les quatre amis, c'est que Rogue les aurait cruellement punis. (Le connaissant, il avait dû surtout punir leur manque de subtilité et de ruse).

Suite à cela, ils parlèrent de Harry, les gobelins et Dirk se demandant s'il fallait le croire tandis que Dean et Ted réaffirmait leur foi en Harry. Dirk semblait du type mouton, à croire tout ce que racontait la Gazette mais Ted lui affirma que s'il voulait les faits réels, il devrait lire le Chicaneur. Le journal de Xeno Lovegood affirmait haut et fort que tout sorcier s'opposant à Vous Savez Qui devait apporter son soutien à Harry Potter. Ce dernier en fut touché.

Quand ils partirent, Edward décida de les suivre discrètement accompagné de Harry jusqu'à ce qu'ils trouvent le lieu de leur campement provisoire. Sous le couvert de la cape d'invisibilité, ils laissèrent un message auprès des dormeurs leur donnant les précautions d'usage (comme poster un veilleur la nuit), des conseils, la fréquence magique de Potterveille, des remerciements pour les informations apportées et enfin des encouragements chaleureux pour soutenir leur moral. Ils signèrent la lettre avec les lettre H, H, R, et E et enchantèrent le parchemin pour qu'il brule sitôt après être lu. Après tout, on n'est jamais assez paranoïaque.


Peu après, les deux garçons rejoignirent Ron et Hermione et ils transplanèrent bien loin d'ici au cas où des Rafleurs auraient suivi les fugitifs. Ils installèrent à nouveau la tente dans un champ et discutèrent des nouvelles. A ce moment là, Hermione montra à quel point elle pouvait faire preuve de génie en extirpant du sac la tableau de Phineas Nigellus qu'elle avait pris soin d'emporter avec eux au cas où, dans des circonstances extrêmes, ils devraient contacter Rogue.

Ils hésitèrent pendant de longues minutes avant de se décider à faire croire à Phineas qu'ils pensaient toujours Rogue du côté de Vous Savez Qui. A ce moment là, Hermione tenta de contacter Phineas en l'appelant. Ce fut finalement un "S'il vous plait" de Hermione qui le fit venir. Mais ils prirent l'élémentaire protection de mettre un bandeau noir sur l'emplacement des yeux de l'ancien directeur pour qu'il ne repère pas leur localisation. Après tout, ils ne voudraient pas qu'il dise quoi que ce soit sur eux aux Carrows.

La peinture protesta mais rien n'y fit. Ils refusèrent de l'enlever. Néanmoins, la peinture se fit un plaisir de raconter ce qui était arrivé quand Neville, Luna et Ginny avaient voulu voler l'épée : ils s'étaient fait prendre et avaient du faire plusieurs retenues dans la Forêt Interdite. Rien de méchant pour des membres du Cercle accompagné de Hagrid… Donc Rogue y était bien allé mollo avec leurs amis contrairement aux Carrows qui, d'après Kreattur, étaient des fanatiques du Doloris même si Rogue faisait tout pour conserver la main sur les punitions en les attribuant aux membres de l'Ordre.

Au passage, grâce au professeur Black, ils apprirent plusieurs choses sur les armes forgées par les gobelins qui avaient la particularité d'absorber uniquement ce qui les renforce. De plus, la dernière fois qu'on s'en était servie, c'était par Dumbledore qui l'avait utilisée pour fendre une bague. En entendant cela, Edward, Harry et Hermione s'étaient frappés la tête en se traitant d'imbécile (ce avec quoi Phineas était bien d'accord). Voilà quel était le rôle de cette fichue épée : détruire les Horcruxes ! Même avec deux génies dans la tente, il ne l'avait pas découvert ! Ils étaient vraiment des cornichons. Cependant, ils n'expliquèrent pas pourquoi ils étaient devenus d'un coup si excité et bientôt, Phineas prit congé.

« C'est fantastique, Harry ! C'est l'épée ! Elle est imprégnée de venin de basilic et peut donc détruire les Horcruxe. » S'exclama Hermione après avoir rangé le tableau dans le sac.

« J'avais compris, dit en souriant Harry. C'est pour ça que Dumbledore me l'a légué dans son testament : pour me donner un indice sur la destruction des Horcruxe. J'ai été si stupide ! »

« Moi, ce qui me fiche sacrément en rogne, c'est qu'on avait des fioles de venin de Basilic dans la chambre des Secrets et qu'on n'a pas pensé à en emporter une fichue fiole ! » Grommela Edward.

« En même temps, tu n'étais pas là au cours de la deuxième année de Harry. Il t'était difficile de faire tout de suite le rapprochement entre la destruction d'un Horcruxe et le venin de Basilic. » Lui rappela Hermione avec gentillesse.

« Heu, je ne voudrais absolument pas jouer le rabat-joie de service mais comment trouvons nous l'épée en question ? Quelqu'un sait où Rogue aurait pu la dissimuler pour que nous puissions nous en servir ? » Demanda Ron d'une voix pertinente.

« C'est vrai. J'avais oublié ce petit détail. » Murmura Harry en se mordant les lèvres.

« Sauf que ce n'est pas un petit détail. On est parti à l'aventure, comme ça, sans vraiment savoir où l'on va. Notre aventure, c'est un peu où suis je ? Où cours je ? Dans quel état j'erre ?(1) » Marmonna Ron avec un piètre espoir d'en faire une plaisanterie.

Harry, Hermione et Edward se regardèrent un peu crispés : ils savaient que Ron n'avait pas de nouvelle de sa famille et que cela lui pesait sur le moral. Même s'il était parvenu à faire contre mauvaise fortune bon cœur, l'atmosphère renfermée de la tente commençait à peser sur son moral. Sentant que les débuts d'une dispute s'amorçaient déjà, Edward lui dit d'un ton ferme :

« Ron. Ce n'est pas la faute de Harry si Dumbledore a gardé ses atouts dans ses manches. C'est en partie de sa faute s'il n'a pas révélé tout ce qu'il sait. Peut-être nous pensait il plus doués qu'on l'est en réalité, mais là encore, ce n'est pas notre faute. Peut-être que nous faire lanterner faisait partie de ses plans, je n'en sais rien. Mais ce n'est la faute de personne ici dans cette tente. »

« Évidemment, tu es celui qui a toujours raison, le type parfait qui sait toujours tout. » Maugréa Ron.

« Ben non, la preuve, je suis humain. Je n'avais pas deviné pour l'épée. Et tu sais quoi, je ne suis pas parfait. J'ai fait ma dose d'erreurs dans ma vie, certaines véritablement catastrophique. Mais à la fin, je me suis relevé, j'ai donné un grand coup de pied dans la terre, j'ai juré un bon coup et j'ai continué d'avancer. » Dit Edward en soupirant tristement.

Le silence de Ron fut sa seule réponse.

« Tu sais quoi, si tu en as vraiment marre de rester sous la tente, je suis prêt à nous faire descendre dans un hôtel cinq étoiles avec nos vêtements pouilleux et trempés, de lancer un sortilège de confusion au réceptionniste bien sapé pour qu'il nous offre gratuitement la plus belle suite de l'hôtel pour la nuit afin que tu puisses dormir confortablement l'espace d'un soir. Qu'en dis tu ? »

Ron éclata de rire en demandant s'il serait vraiment prêt à faire ça et Edward hocha la tête, l'air grave. Le rouquin sembla prendre cette proposition très au sérieux, surtout quand la pluie commença à tomber sur la toile de tente, avant de répondre par la négative en disant que ses parents ne l'avaient pas élevé ainsi. Il alla même jusqu'à s'excuser auprès de Harry qui lui donna une accolade signifiant que tout était pardonné. Hermione éclata en sanglots en les voyant réconciliés et elle se justifia en disant que les garçons étaient tellement bêtes…Edward protesta mais finalement, décida de se saisir de la radio en lançant le code Fumseck pour recevoir l'émission du jour.

« Bonjour, chers auditeurs. C'est toujours Rivière à l'antenne. Aujourd'hui nous recevons un auditeur très versé dans les relations aux Gobelin. J'ai nommé Gallion. Bonjour Gallion »

« Salut Rivière ! Je suis heureux de pouvoir vous donner quelques indications sur la manière dont les Gobelins peuvent vous aider dans notre lutte clandestine. »

« C'est la voix de Bill ! » S'exclama Ron en hurlant de joie.

« Tout d'abord, la majorité des Gobelins sont prêts, contre une somme substantielle, à fournir de faux arbres généalogiques à certains nés de Moldus. Ils conseillent également aux sorciers de première génération de faire un test qu'ils appellent génétique et qui peut permettre pour des Nés Moldus de se découvrir une parenté avec des sorciers dont les lignées seraient soit disant disparues dans le monde Moldu."

"Voilà qui compromet fortement la position officielle du Ministère qui affirme que les Nés Moldus voleraient la Magie aux "véritables sorciers". En réalité, les Nés Moldus ont presque toujours un ancêtre sorcier plus ou moins éloigné mais dont la lignée s'est terminée par des Cracmols. Cela peut permettre d'ouvrir des coffres jusque là scellés faute d'héritier si preuve est faite de votre parenté. » Ajouta Rivière avant de demander:

« Qu'en est il de cette somme substantielle, Gallion ? »

« Qu'elle est assez conséquente car après tout, on ne peut demander à une banque comme Gringotts de ne pas faire profit de la situation. Sachez cependant que les gobelins ne se considérant pas impliqués dans la guerre sorcière, Gringotts peut très bien accueillir provisoirement les sorciers fugitifs et leur permettre de fuir à l'étranger, moyennant une somme minimale. Enfin, je vous le dis, que porter secours à ceux parmi eux qui refusent le régime de Vous Savez Qui est un acte aussi noble et généreux que de protéger un être humain. Parler Gobelbabil est un grand signe de respect pour eux donc si vous en avez quelques notions de ce langage, n'hésitez pas à l'utiliser. Pour finir, je fais savoir à mes deux petites noises que les gallions et les Mornilles se portent bien. Bonsoir !

« Ce sera tout pour aujourd'hui, merci Gallion. C'est tout pour ce soir. Bonne nuit et gardez espoir ! C'était Rivière à l'antenne.»

« Ma famille se porte bien ! Les Gallions, c'était papa et maman, les mornilles, c'est Charlie, Percy, Fred et George. Ginny et moi, comme nous étions les benjamins, il nous appelait sans cesse les noises. Ce que cela pouvait nous énerver ! Mais maintenant, il nous fait savoir que tout va bien chez nous. Merlin soit loué ! » Sanglota Ron dans les bras de Hermione qui l'embrassa tendrement. Harry et Edward, se sentant de trop, partirent se coucher.


Durant les quelques jours qui suivirent, ils se mirent à faire des suppositions et à bâtir des hypothèses sur l'endroit où Rogue (ou Dumbledore) pouvaient avoir dissimulé l'épée de Gryffondor. Au fur et à mesure que le temps s'écoulait, languissant, leurs spéculations devenaient de moins en moins terre à terre. Leurs seules nouvelles venaient de Potterveille et on y entendait les voix rassurantes de Kingsley, surnommé Royal, de Remus, surnommé Romulus et toujours de Lee, fidèle au poste sous son surnom de Rivière.

Ils donnaient des conseils pour survivre, récitaient la liste des victimes du nouveau régime, qu'elles soient moldues ou sorcières, accueillaient des nouveaux membres plus ou moins provisoires comme par exemple Xenophilius Lovegood ou Arthur Weasley. Entendre la voix de son père fit le plus grand bien à Ron qui resta guilleret pendant plusieurs jours d'affilée.

Et il était indispensable qu'il reste de cette humeur car on se trouvait quelque part au début du mois de décembre et ils n'avaient pu rester trop longtemps au sud de l'Angleterre où le climat était plus clément. Ils avaient dû affronter de la neige fondue au pied d'une montagne, un vaste marécage qui les inonda en pleine nuit et ils furent ensevelis sous la neige sur une petite île en plein milieu d'un Loch écossais. Ce n'était pas le genre de chose qui aidait à remonter le moral et maintenant, il arrivait même à Edward de grogner occasionnellement en se frottant la jointure de son automail.

A la fin, ils avaient fini par sortir Phineas Nigellus du sac pour avoir des nouvelles de Poudlard par une autre source que Kreattur qui continuait à leur donner les renseignements collectés par Ginny, Luna et Neville. D'après ce qu'ils apprirent grâce à ces deux sources d'informations, ils surent que les associations étaient à nouveau interdites, que les élèves se mutinaient contre l'autorité des Carrows que Ginny ne pouvait plus aller à Pré-au-Lard et, selon Kreattur, elle était moins malade.

Harry frémit et sortit aussitôt de son petit sac le pendentif offert par Edward qui montrait la santé de sa petite amie mais ce dernier ne montrait aucun signe de maladie, bien au contraire, il paraissait resplendir de mille feux. Même Edward ne paraissait pas comprendre comment le bijou pouvait briller autant.

Les trois garçons virent Hermione froncer les sourcils et ils demandèrent d'un air anxieux ce qu'il se passait. La jeune fille semblait bien embêtée et regardait Harry comme s'il était le responsable de tous ses soucis. Harry ne put s'empêcher de se sentir légèrement coupable sans savoir pourquoi. Elle le prit à part dans la tente et parut lui poser quelques questions, à l'abri des oreilles indiscrètes.

Quand le jeune garçon sortit de la tente, Ron fit remarquer qu'il ressemblait à Remus la dernière fois qu'il l'avait vu. Par chance, le rouquin ne parut pas s'apercevoir de la portée de ce qu'il venait de dire. Par contre, ce ne fut pas le cas d'Edward qui regardait le pendentif sous un nouveau jour. Il fit signe à Harry de venir avec lui et ils s'assirent dans un coin de la tente après avoir lancé tous les sortilèges de discrétion possibles et imaginables. Harry paraissait à la fois déprimé et heureux, quelque part, comme si une tonne de soucis venait de s'abattre sur lui. Edward songea qu'il valait mieux aller tout de suite dans le vif du sujet :

« Ginny est enceinte, pas vrai ? »

Hochement de tête, puis Harry ajouta :

« Elle m'avait dit que cela n'arriverait pas et je lui ai fait confiance quand elle a murmuré un espèce de charme… »

« De un, ce genre de charme ne marche jamais à 100%, c'est comme les préservatifs moldus, de deux, est ce que tu ne lui aurais pas laissé entendre que peut-être tu ne reviendrais pas de ta quête des Horcruxe ? Est ce que tu lui as laissé entendre que tu pouvais mourir ? » Demanda Edward d'un air grave en se frottant le front.

« Oui. » S'offusqua Harry qui ajouta, les larmes aux yeux : "je ne veux pas qu'elle se retrouve seule à élever mon enfant une fois que je serais mort ! Ce serait me comporter comme Remus et ce ne serait pas bien d'abandonner cet enfant…»

« Je crois que tu as pris le problème dans le mauvais sens. Il est possible qu'elle se soit dite qu'au cas tu mourrais, elle voudrait qu'il reste encore quelque chose de toi dans ce monde. Il est aussi possible que te sentant défaitiste, elle ait voulu te donner une raison de vivre, de revenir. Donc, il est fort possible qu'elle t'ait dupé en te faisant croire que c'était un charme de contraception. »

« Mais je dois mourir. Il le faut à cause de ce satané Horcruxe en moi si l'on veut vaincre Tu Sais Qui ! » Protesta Harry, les larmes aux yeux.

« Excepté qu'elle ne le savait pas. Et même si c'était le cas, je ne crois pas que cela l'aurait découragée. Elle t'aime. » Dit Edward, tout simplement.

« C'est ce que m'a dit Hermione. » Répondit Harry en enfouissant son visage et en ajoutant : A t-elle seulement songé à ce qui arriverait si nous perdions la guerre ? Et elle ? Que va t-elle devenir ? Et s'il arrive quelque chose au bébé ? Et si la grossesse se passe mal ?»

« Nous faisons tout pour ne pas perdre la guerre. Quant à Ginny, elle a prouvé qu'elle est pleine de ressources, Mme Pomfrey sera là pour suivre la grossesse, à mon avis, elle a déjà eu affaire à cela et au pire elle a une famille qui peut la soutenir. N'oublie pas que sa mère a déjà eu sept enfants… Par contre, à ta place, je m'inquiéterai plutôt pour ses frères surprotecteurs… » Tenta de plaisanter Edward.

« Je suis mort. Quant Ron va le savoir, il va m'assassiner. »

« Je crois que Hermione va tenter au cours des mois qui suivent de lui faire avaler la pilule. J'espère qu'il comprendra. »

Harry n'en était pas si certain mais il ne dit rien. Le chamboulement dans sa vie était déjà une première chose qu'il devait supporter. Il n'avait pas en plus envie de se prendre un coup au sens propre par son meilleur ami. Il était tout sauf certain que ce dernier prenne facilement le fait que sa petite sœur soit enceinte, même si c'était par son premier et meilleur ami. Donc, il préférait qu'il n'y ait qu'eux trois dans la confidence.


Pendant les quelques semaines qui suivirent, Harry, à chaque fois qu'il avait un petit moment, contemplait le pendentif qui l'informait de l'état de Ginny. Ce dernier devenait toujours plus rayonnant, même si, sur la carte du Maraudeur de Harry, le point de la jeune fille allait régulièrement du dortoir à l'infirmerie. Harry croisait les doigts à ce moment là, priant pour que sa grossesse se passe bien et qu'aucun Mangemort ne s'en aperçoive. Mais Ginny connaissait les sorts de dissimulation sur le bout des doigts : elle serait capable de dissimuler son état. Hermione et Edward faisaient de leur mieux pour le rassurer mais sans grand succès.

Le jeune garçon avait l'impression d'avoir un poids de plus sur les épaules ou plutôt, il avait l'impression de ressentir le poids des mots qu'il avait dit à Remus la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Il se demandait aussi ce qu'allait penser de lui la famille Weasley quand elle saurait la vérité : lui en voudrait elle ? Lui reprocherait elle d'avoir mis leur fille dans cette situation ? Et qu'en serait il pour ses études ? Pourrait elle devenir la jeune femme indépendante qu'elle rêvait d'être plus tard ? Rarement Harry ne s'était senti aussi mal.

Un soir froid de décembre, Hermione était en train de lire, une énième fois les contes des Beedle le Barde avec son syllabaire Lunerousse, preuve qu'elle avait encore des choses à comprendre dans son livre. Ron était auprès d'elle, l'embrassant parfois dans son cou à son grand embarras, Edward écrivait dans son carnet le résultat de certaines de ses propres recherches sur la magie. Harry, lui, se demandait comment il allait essayer de convaincre les autres de venir à Godric's Hollow.

Au moment où il s'apprêtait à prendre la parole, Hermione l'interrompit pour leur demander un coup de main au niveau d'un symbole dans l'ouvrage à Edward et lui. Elle leur montra ce qui paraissait être un triangle encadrant un rond, séparé en leur milieu par un trait. Harry pensait l'avoir déjà vu quelque part récemment mais ce fut Edward qui leur donna la réponse en disant qu'il s'agissait du symbole des reliques de la Mort comme celui que portait Mr Lovegood. La jeune sorcière parut intriguée car c'était précisément le titre de l'histoire. Elle ajouta que la marque avait été rajoutée après coup, sans doute par Dumbledore. Quand elle demanda des précisions, Ed ajouta en haussant les épaules que ce symbole avait été repris par Grindelwald selon Viktor Krum.

Voyant Hermione en pleine réflexion, Harry se décida pour une nouvelle tentative sur un ton plus ferme et décidé :

« Hermione, j'ai réfléchi. J'aimerais aller à Godric's Hollow. »

« Oui… Cela me paraît à présent l'endroit le plus évident. Godric's Hollow était le lieu de naissance de Godric Gryffondor selon Bathilda Tourdesac dans son Histoire de la Magie. Il est fort possible que qui que ce soit qui ait caché l'épée, entre Rogue et Dumbledore, il devait s'attendre à ce que nous allions y jeter un coup d'œil là bas. J'aurais dû y penser plus tôt mais j'ai toujours cru que tu voulais aller là uniquement en souvenir de tes parents… »

Harry cacha que c'était exactement la raison pour laquelle il voulait revenir là bas. Mieux valait ne pas la détromper.

« Par contre, ce sera sans doute très dangereux. Je pense que Vous Savez Qui doit s'attendre à ce que nous nous rendions là bas. Il faudra donc prendre des précautions comme transplaner sous la cape ou prendre des doses de polynectar, voir les deux. J'ai une autre hypothèse… Et si c'était Bathilda Tourdesac qui avait l'épée ? »

« Cela m'étonnerait un peu. Apparemment, elle serait devenue complètement gâteuse et tu confierais quelque chose de si important à une vieille dame inoffensive ? » Demanda Ron l'air un peu sceptique.

« À moins qu'elle ne joue un rôle… » Supposa Edward.

« Cela m'étonnerait. N'oublions pas que ses soi-disant révélations à Rita Skeeter ont complètement ruiné la réputation de Dumbledore, même si elles sont vraies, on ne saborde pas la réputation d'une personne qui vous a fait confiance avec une tâche importante. Donc tu vois, Hermione, ta théorie tombe à l'eau. » Dit Harry d'un ton un peu trop triomphant.


La jeune fille fut tellement vexée en entendant cela qu'elle leur fit patienter une semaine, le temps que leurs sortilèges de désillusion soient aussi efficaces qu'une cape d'invisibilité. Il n'était désormais pas rares qu'ils se cognent les uns aux autres tandis qu'ils s'entrainaient à la maitriser parfaitement. Maintenant, Harry comprenait ce que Dumbledore avait voulu dire quand il disait qu'il n'avait pas besoin d'une cape pour être invisible.

Ils transplanèrent la veille de Noël, après avoir pris un bon petit souper pour se remonter le moral. Ils avaient décidés d'utiliser le Polynectar pour imiter une famille de quatre, Ron et Edward joueraient le rôle des enfants (ce qui n'avait pas ravi ce dernier). Il neigeait à gros flocons et quand ils arrivèrent sur la petite place du village, près de la chapelle, des cantiques religieux résonnaient dans l'air.

Godric's Hollow avait un petit côté carte postale avec ses toits enneigés, ses maisonnettes assez vieilles et son sapin de Noël accolé au monument aux morts. Mais quand ils approchèrent de ce dernier, celui-ci se transforma en une statue représentant la famille de Harry et lui même, quand il n'était qu'un bébé heureux. Un hommage au sacrifice des Potter durant la première guerre contre Voldemort.

Bientôt, ils entrèrent tous les quatre dans le cimetière et ils virent, mélangées à celles des Moldues, les tombes de sorciers, montrant que dans la mort, il n'y avait aucune différence entre les sorciers et les personnes non magiques. Ils aperçurent bientôt la tombe de la mère et de la sœur de Dumbledore, ensevelis au même endroit, avec l'épitaphe : Là où est ton trésor, sera aussi ton cœur, une phrase qui, selon Edward, était tiré de la Bible.

Une autre tombe attira leur attention, celle d'Ignotus Peverell où ils retrouvèrent le symbole des Reliques de la Mort, ce qui intrigua Hermione. La troisième tombe était celle des parents de Harry. L'épitaphe était aussi une phrase de la Bible, "Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort" et selon Edward, faisait référence à la vie éternelle après la mort. Harry se demanda l'espace d'un instant si ses parents ou si les Dumbledore avaient cru cela. Dans tous les cas, il respectait et espérait en cette croyance : l'espérance de retrouver ses êtres chers après la mort. Après que Harry ait déposé une couronne funéraire sur la tombe, ils s'en retournèrent.

Dans le silence du cimetière, il leur semblait entendre des bruits, comme si on les suivait, ce qui les faisait se retourner souvent. Ils avancèrent dans la rue principale, cherchant la demeure de Bathilda mais ils tombèrent d'abord sur le cottage où Harry n'avait vécu qu'un an de sa vie. Ils purent lire une inscription en lettres d'or expliquant ce qu'il s'était passé ici. Au fil des années et surtout, des mois, les sorciers avait rajouté leurs noms puis des messages d'encouragement à l'adresse de Harry dans sa lutte contre Voldemort. Contrairement à Hermione qui était outragée par ce vandalisme, Harry trouvait que c'était une idée formidable.


Quelques instants plus tard, une vieille femme fit son apparition, les percevant malgré leurs charmes de désillusion et leur fit signe de la suivre. Avec prudence, la baguette à la main enfouie dans leurs poches, ils la suivirent avec prudence jusque dans sa maison. A l'intérieur de celle ci flottait une odeur morbide de viande pourrie et de vieillesse. Harry fut rapidement attiré par une photo et se détourna de Bathilda et de ses amis. La vieille femme, semblant agacée d'être ignorée, fit signe à Harry et uniquement à lui, de la suivre en haut et, lentement, sa baguette à la main répandant une lueur jaunâtre sur les murs aux tapisseries décolorées, Harry grimpa les marches une à une. Le jeune garçon se demandait s'il pourrait en savoir davantage sur le voleur qu'il venait d'apercevoir sur la photographie en interrogeant Bathilda comme l'avait fait Rita Skeeter.

De leur côté, les trois amis discutaient, inquiets de la tournure des événements : Edward trouvait étrange qu'elle ne s'adresse à Harry que par gestes, Ron n'était pas rassuré par la puanteur qui régnait dans la demeure et insistait pour qu'ils suivent Harry. Hermione, elle, aurait bien voulu se conformer aux volontés de la vieille femme qui, après tout, était chez elle. Son attention était plutôt attirée par un livre, Vie et Mensonges d'Albus Dumbledore que, presque inconsciemment, elle fourra dans son sac sans fond.

Elle s'apprêtait à protester devant l'impolitesse de ses amis mais elle fut mise en minorité par les deux garçons dont le sens du danger grandissait au niveau maximal depuis qu'ils étaient entrés ici. En levant les yeux au plafond pour montrer sa désapprobation, elle étouffa un cri de terreur en voyant des grosses mouches noires et du sang séché qui s'était infiltré par le plancher à l'étage. Cette fois, c'était certain, quelque chose clochait.

Aussitôt, les deux garçons et la jeune fille montèrent le plus silencieusement possible les escaliers derrière Harry et la vieille dame. Dans la chambre, l'ambiance mortifère s'appesantissait et Ron recula presque dans Hermione quand il vit une grosse mouche se poser sur le corps de la vieille femme. L'Occulo Magicorum qu'ils s'étaient imposés sur les yeux avant d'entrer montrait d'horribles traces noires sur ce qui était en réalité un cadavre ambulant qui était devenu l'hôte d'un serpent gigantesque.

Hermione ne put s'empêcher de pousser un cri d'horreur en voyant cela et Ron la plaça derrière lui en vitesse. La jeune sorcière au même moment, cria à nouveau en sentant son sac de perles s'agiter comme mû par lui même : le Horcruxe semblait s'être réveillé et paraissait vouloir surgir du sac où il était emprisonné grâce aux anti-maléfices d'Hermione.

Pendant ce temps, Harry échappait de justesse à la morsure de Nagini qui venait de surgir du cou du corps de Bathilda et Edward cherchait à tuer la sale bête sans tuer ses amis. Il ne pouvait recourir à l'Avada dans un espace aussi restreint, l'obscurité complète et ses amis à proximité. Se saisissant d'un tisonnier, il claqua ses mains ensemble et le transmuta en épée, espérant pouvoir tuer l'innommable chose grâce à sa lame. Il parvint à lui administrer plusieurs coups mais cela ne suffisait pas.

L'énorme serpent se dressa pour attaquer Harry qui était agenouillé et se tenait la tête de douleur : sa cicatrice lui faisait horriblement mal, signe terrifiant de l'approche imminente de Voldemort. Mais à ce moment là, Ron lança un Bombarda qui atteignit le serpent à la queue, le faisant siffler de fureur. Un Confringo d'Hermione détruisit toute une paroi de la chambre et, sans hésiter, les quatre jeunes sorciers sautèrent du premier étage tout en transplanant en se tenant les uns aux autres tandis que Voldemort, derrière eux, apparaissait, furieux de voir son piège échouer, si proche de l'endroit où il avait faillit perdre la vie la première fois.

Ils atterrirent dans une forêt et le plus rapidement possible, Edward et Hermione montèrent la tente et lancèrent les enchantements de protection tandis que Ron maintenait Harry au sol qui se débattait contre un ennemi qu'il ne voyait pas. Pendant des heures, Harry fut plongé dans un coma agité, sifflant des mots sans sens, ses amis à ses côtés qui lui tenaient la main pour l'empêcher de s'agiter. Hermione murmurait, terrifiée, qu'il était comme possédé et Ron se servait de sa haute taille et de sa baguette pour maintenir Harry sur sa couchette à l'intérieur de la tente. Edward, quant à lui, avait fini par se résoudre à lancer un Legilimens pour sauver Harry comme la dernière fois qu'une telle chose s'était passé il y a plus d'un an.

Bientôt, il fut dans la psyché de Harry et il pouvait littéralement voir l'Horcruxe qui semblait siphonner l'âme de Harry et s'étendre dans son esprit tel une pieuvre aux tentacules monstrueux. C'était une vision d'épouvante et Edward dut repousser presque physiquement l'Horcruxe de l'âme de Harry et lui rappeler ce qu'il était. Il était Harry Potter, il n'était pas le Voldemort qui avait tenté d'assassiner un petit enfant ce soir d'Halloween il y a seize ans. Malheureusement, même avec toute la force de sa volonté, Ed ne pouvait expulser l'Horcruxe hors du corps de Harry. Seul un sortilège de mort pourrait y parvenir et Edward se refusait à tuer son ami. Mais finalement, il parvint à lui redonner conscience de lui et à ce moment là, il s'éveilla.

Là, ses amis durent le mettre au courant que sa fidèle baguette à la plume de Phénix, la baguette jumelle de celle du mage noir, était brisée, sans doute à cause d'un des sortilège d'explosion de Ron ou d'Hermione ou bien à cause de leur rude atterrissage dans la forêt. Sur la table de la tente, reposait cassée en deux, l'outil, l'arme fidèle que Harry avait toujours senti comme ayant pratiquement une volonté propre et qui lui avait sauvé la vie à maintes occasions. Il avait l'impression que Voldemort avait quasiment gagné la partie.


(1) Dîtes le rapidement pour comprendre la blague.

C'est tout pour aujourd'hui. Je vous souhaite un bon courage pour le confinement si ce dernier vous concerne ou vous impacte plus que la normale.

N'hésitez pas à laisser reviews, critiques, questions ou simple remerciement si vous avez apprécié la chapitre. Même un simple merci fait plaisir en ces temps un peu maussades. (Non, je ne pêche pas les reviews... J'utilise un chalutier...)

Je vous dis à dans deux semaines...(S'il te plait, mémoire en gruyère, n'oublie pas cette fois ci...)