Bonjour à tous et Bonne année !
...
Oui, je suis en retard (pour la bonne année et la parution du chapitre), je m'en excuse.
Je suis encore vivante, ce qui signifie que si j'avais tué Luna, je ne serais plus de ce monde. En tout cas, c'est ce qui est ressorti de vos reviews. Luna n'a plus de famille de sang, mais sa famille de coeur est aussi importante pour elle.
Mon inspiration, où je la trouve ? Et bien à peu près partout. Absolument tout peut être inspiration. à Arya39, Heureux qui meurt d'aimer pourrait aussi se traduire par Heureux qui meurt par amour pour autrui. Mais Dobby l'a dit d'une autre manière.
Maintenant, sans plus tarder, embarquons dans le prochain chapitre !
T3 Chapitre 14
Durant plusieurs jours, Harry se contenta d'attendre à la Chaumière aux Coquillages, anxieux et tourmenté. Des questions sans réponses tournoyaient dans son esprit dont la plus importante était la suivante : En quoi le fait d'être (techniquement) le Maitre des Reliques de la Mort pouvait il l'aider à survivre ? Mais d'autres interrogations surgissaient également dans sa tête qui ne l'aidaient pas à trouver la paix : Dumbledore savait il pour l'Horcruxe en lui ? Avait il prévu sa mort dans ses grands plans "pour le plus Grand Bien" ? Harry doutait qu'un sorcier aussi intelligent qu'Albus Dumbledore n'ait pas deviné la nature du lien qui l'unissait à Voldemort. Et après avoir lu le chapitre du livre de Rita Skeeter, une réponse positive à ces deux dernières questions ne lui paraissait plus si invraisemblable… La dernière question qui le tourmentait était de savoir s'il serait capable, à la fin, de sauter le pas…
Du coup, le jeune sorcier se morfondait tout seul dans son coin, visitant la tombe de Dobby ou s'asseyant au bord de la falaise pour contempler la mer ou la beauté des paysages autour de lui. Il s'enfonçait dans la culpabilité malgré les efforts désespérés d'Edward, Ron et Hermione. Luna tâchait aussi de le réconforter, ce dont Harry lui était très reconnaissant puisqu'il se doutait que la jeune Serdaigle avait son propre deuil à gérer. Et pourtant, elle parvenait, malgré tout les malheur qui s'étaient abattus sur elle, à lui murmurer des paroles, parfois sans queue ni tête, mais qui le faisaient sortir provisoirement de son marasme.
C'était dans ces moment là que Harry comprenait comment Edward et Neville pouvaient trouver leur amie sensationnelle au point d'en être tomber amoureux : elle savait parler de la mort avec une grande délicatesse, non pas comme d'une ennemie à combattre, mais comme une amie ou bien, à la manière de Dumbledore, comme d'une aventure vers l'inconnu. Et pour Neville et Edward, qui avaient connu leur part de perte, cela devait être réconfortant de se sentir tellement compris.
Finalement, trois jours après leur arrivée à la Chaumière aux Coquillages, Fleur vint annoncer au groupe que Gripsec acceptait (enfin) de leur parler à nouveau. Harry et ses trois amis montèrent donc dans la plus petite des chambres et se retrouvèrent dans la chambre à l'éclairage rougeâtre comme le sang. Le Gobelin était assis sur le lit et ses yeux noirs luisants se portèrent sur le sac de perles autour du cou d'Hermione, comme s'il savait que quelque chose de précieux s'y dissimulait, ce qui n'aurait pas étonné les quatre amis.
Hermione et Ron s'étaient mis d'accord pour laisser Harry et Edward se charger des négociations, le premier parce qu'il était le chef du petit groupe et le second parce qu'il était certainement celui qui en savait le plus sur les Gobelins grâce à ses recherches intensives au cours des années précédentes. Gripsec prit la parole en premier en affirmant qu'il allait les aider à pénétrer dans Gringotts pour voler la coupe (pour la plus grande joie de Harry) mais il ajouta que ce serait en échange d'un paiement. Là, il pointa de son long doigt le sac de Perles en déclarant qu'il voulait la véritable épée de Gryffondore qui, selon lui, était en leur possession. Ron lui demanda comment il l'avait su et Gripsec lui répondit :
« L'épée que Bellatrix Lestrange m'a forcée à authentifier était une copie, bien sûr, mais une copie tellement réussite que je suis certain que vous deviez avoir l'original sous les yeux pour la créer. »
« Merci, je suis flatté. » Dit Edward en s'inclinant légèrement devant le gobelin qui arborait un sourire carnassier tandis que Harry sortait du sac l'épée de Gryffondor à contrecœur. Les yeux du Gobelin brillaient avec avidité tandis qu'il contemplait ce chef d'œuvre de forge et d'orfèvrerie gobeline.
« Mais c'est impossible, s'exclama Ron, cette épée appartenait à Gryffondor et elle revient donc à la Maison Gryffondor ou, du moins, à Poudlard. »
« Et saviez vous à qui elle appartenait avant que votre Gryffondor tout puissant ne la lui vole ? À Ragnuk 1er, un des premiers roi des Gobelins ! C'est un trésor perdu, un chef d'œuvre de notre race ! L'épée sera le prix à payer pour mon aide, à prendre ou à laisser ! »
« On va discuter de votre proposition entre nous ! » S'exclama Edward avant que la discussion ne s'envenime.
Une fois dans l'autre chambre, tout le monde tourna les yeux vers Hermione et Ed, en quête d'explications. La jeune sorcière répondit qu'elle n'avait lu nulle part que l'épée ait pu être volé. Elle ajouta néanmoins avec beaucoup d'honnêteté que l'histoire était souvent écrite par les vainqueurs et qu'il était fort possible que les sorciers aient réécrit l'Histoire à leur façon, pour se mettre en valeur. Edward, quant à lui, paraissait songeur et il fallut que Ron lui donne une bourrade pour qu'il revienne à la situation présente. Hermione lui demanda d'un air très intéressée ce à quoi il pensait depuis quelques minutes. Selon elle (et ses deux amis l'admettaient aussi bien volontiers, quand leur ami ouvrait la bouche après s'être concentré autant, on pouvait être quasiment certain qu'ils allaient apprendre quelque chose d'intéressant. Edward prit alors la parole :
« Excusez moi. Tout cela me rappelait juste au temps des colonies et notamment quand l'Égypte est passée sous domination française, puis anglaise. De nombreux trésors de l'antiquité ont été pillés au nom de l'étude de l'histoire et pourtant, les archéologues se sentaient parfaitement dans leur droit de faire ça. Il y a parfois des tensions entre les pays pillés au nom de la Science et les anciennes puissances coloniales sur le sujet.
De même, il y a un aspect dans le droit des propriétés, ici, en Grande Bretagne, qui affirme que le "propriétaire" n'est pas tant celui qui y habite même s'il a payé la maison que celui qui possèderait l'habitation. C'est assez compliqué et c'est un aspect très obscur du droit de propriété donc je ne saurais vous en dire plus mais je crois que les Gobelins considèrent que toute chose fabriquée par eux et monnayé par un sorcier est une forme de viager et non d'achat définitif. »
« Mais quand on a payé un objet, il nous appartient désormais ! » S'exclama Hermione, un peu choquée.
« Pas selon les Gobelins. Bill m'en a un peu parlé ces derniers jours et il m'a dit que pour les Gobelins, l'objet appartenait d'abord à celui qui l'a créé et non à celui qui l'a payé. Le sorcier ne fait que louer l'objet et il devrait être restitué aux Gobelins. Il m'a aussi raconté que ceux de Gringotts sont parmi les plus extrémistes concernant cette croyance." Expliqua Ron, à la grande surprise de ses amis.
"Quoi ? Quand tu as appris tout cela ?!" Demanda Harry, suivi d'Hermione, peu habitués à voir leur ami faire ses recherches de son côté.
"Quand j'ai su qu'on allait faire affaire avec les Gobelins, je me suis renseigné discrètement auprès de Bill. Il m'a raconté plein de trucs à leur sujet. Et puis je ne voulais pas que les négociations échouent à cause de mon ignorance...» Marmonna t-il en baissant la tête
« Tu es formidable Ron. » Déclara Hermione en l'embrassant.
« Donc, les gobelins de Gringotts croient que l'épée leur appartient en toute légitimité. Le problème, c'est que l'on en a besoin pour détruire les Horcruxes. De plus, l'épée est enchantée au Choixpeau Magique pour venir en aide à tout Gryffondor ayant besoin d'aide dans un moment critique… » Murmura Harry en ajoutant :
"avec de la chance, on pourrait convaincre Gripsec de nous laisser l'utiliser le temps de détruire la coupe et d'autres Horcruxes… Après tout, il doit haïr Vous Savez Qui autant que nous… »
« Cela pourrait marcher. Mais que fais tu du deuxième phénomène, au sujet de l'épée dans le Choixpeau ? Si elle réapparait dedans, les Gobelins vont nous accuser de les avoir rouler, non sans raison ! Et ce serait méprisable de le trahir et la confiance entre les sorciers et les Gobelins seraient encore plus effritée. Après la guerre, croyez moi, vous ne voulez pas d'une nouvelle insurrection des Gobelins pour couronner le tout. » Déclara Hermione sur un ton aigre.
« J'ai peut-être une idée, mais cela nécessitera beaucoup de temps, d'efforts et de changement des mentalités. Beaucoup de chose reposera sur toi, Harry, pour faire accepter ce que je vais proposer. Tout d'abord, il faudra que les sorciers acceptent de laisser les Gobelins avoir accès à des baguettes magiques. Ce n'est pas exactement juste que seuls les sorciers puissent avoir accès à un instrument leur permettant de mieux canaliser leur magie tandis qu'eux n'y ont pas accès.
« Mais ce ne serait pas juste… » Commença Ron avant d'être interrompu par Edward.
« Mais pour avoir ce droit, les Gobelins devront également faire des concessions et ce, notamment sur leur droit de propriété ainsi que sur leurs secrets de fabrications. Cela pourrait permettre une collaboration entre sorciers et Gobelins encore jamais vue auparavant et peut-être remblayer le fossé entre les deux espèces. » Ajouta Edward sur un ton ferme.
« Mais il faudra peut-être des années avant qu'un tel projet aboutisse. » Rétorqua Hermione avant d'ajouter : Et il faudra aussi inclure dans ce pacte les Elfes de Maison. »
« Je sais. C'est pourquoi je dis que ce sera un travail de longue haleine basé sur du très long terme. Il faudra sans doute beaucoup d'années avant qu'on atteigne un niveau de confiance basé sur le respect mutuel. Cela prendra peut-être toute votre vie. Mais en le faisant, vous bâtirez une société meilleure et plus juste. Pas une qui vise juste à donner aux Nés de Moldus plus de droits comme l'avait fait Dumbledore, mais une seulement qui prend aussi en compte les autres êtres et créatures de ce monde magique en les respectant. Hermione, n'as tu pas fait un premier pas en créant la Société Protectrice des Elfes de Maison ? Et toi, Harry, en considérant un Elfe de Maison comme un égal ? Et toi, Ron en te renseignant sur les coutumes des Gobelins ? Quand la guerre sera gagnée, vous pèserez tous un poids immense dans la société sorcière, peut-être assez pour réussir à la changer. Je vous crois tous capable de créer une société plus juste. » Déclara Edward sur un air passionné.
« C'est bien beau, tout cela, mais on fait quoi si Gripsec nous refuse la possibilité d'utiliser l'épée pour détruire l'Horcruxe ? » Demanda Ron, un peu ébahi.
« Tout d'abord, on ne lui ment surtout pas. Les Gobelins sont capables de sentir qu'une personne se parjure. Cela fait partie de leur magie interne. Si on n'arrive pas à le raisonner, il faudra se résoudre à revenir à Poudlard pour y chercher du venin de Basilic qu'on a stocké dans la Chambre des Secrets. De toute manière, je suis certain que Vous-Savez-Qui y a dissimulé le dernier Horcruxe. Peut-être ce fameux diadème de Serdaigle dont nous avait parlé le père de Luna… »
« Ce serait fantastique… Ton idée, je veux dire, concernant le futur… Ce serait bien qu'on finisse par connaître les Gobelins autrement que par les fichus cours de Binns sur les révoltes et les guerres gobelines. » Dit le rouquin en se massant le cuir chevelu.
« Je pense que tu as raison, Edward, concernant cette façon de renouer les liens avec les Gobelins. Ce sera sans doute difficile à mettre en place, beaucoup tenteront de s'y opposer mais je pense que cette cause est juste. Mais reste à savoir si on pourra en convaincre Gripsec. J'espère qu'il acceptera de devenir notre porte-parole plus tard… Bon, allons le retrouver pour lui donner notre réponse… » Dit Harry en se levant.
« Inutile, je vous ai entendu. » Déclara une voix sèche. La voix de Gripsec qui avait espionné leur conversation depuis le début afin de s'assurer que personne ne le trompe au cours de leur marché. Le gobelin fixait Harry et Edward de ses yeux inquisiteurs, comme s'il tentait de sonder leurs âmes. Il demanda alors d'une voix presque douce :
« Est ce que ce que vous venez de dire est exact, Mr Potter ? Avez vous vraiment l'intention de chercher à ressouder les liens de nos deux espèces en permettant à mon peuple l'usage d'une baguette magique pour que nous puissions avoir un accès plus facile au grand Cycle Universel ? »
« Écoutez, contrairement à Edward, je ne sais pas exactement ce que vous signifiez par Cycle Universel, mais j'ai bien l'intention de militer en faveur d'un changement de lois concernant le port d'une baguette magique aux êtres magiques comme les Elfes de Maison et les Gobelins. Je me souviens du jour où une Elfe de Maison a été rudoyée à tort par un homme du Ministère simplement pour avoir ramassé ma baguette. »
« Avec Vous-Savez-Qui à votre poursuite, vos chances de réaliser ce vœu restent malgré tout fort ténues. » Fit remarquer Gripsec en fixant Harry droit dans les yeux malgré sa petite taille.
« C'est possible, dit Harry en affectant un ton léger en espérant qu'il arrive à tromper Ron et Hermione, mais je sais qu'au cas où je meurs, mes amis connaissent mes souhaits et ils prendront le relais pour s'assurer que ma vision du futur se réalise. Un avenir où au lieu de travailler les uns contre les autres ou les uns uniquement pour les autres, nous pourrions travailler ensemble à construire ce futur. Alors, oui, je peux vous le dire que j'y crois. La coopération peut commencer maintenant : nous pouvons aller à Gringotts, trouver cette coupe vitale à la survie de Vous-Savez-Qui et la détruire avec l'épée de Gryffondor que nous vous rendrons alors. Est ce d'accord ? »
« J'accepte, Harry Potter. » Dclara le Gobelin en serrant la main de Harry. Il sembla pensif et tandis que Ron et Hermione descendaient pour aider Fleur à préparer le diner, Gripsec leva des yeux pensifs et presque compatissants vers Harry et murmura :
« Vous ne vous attendez pas à survivre à cette guerre, ai-je tort, Mr Potter ? »
« Non, répondit simplement Harry, cependant, je peux vous jurer que mes amis accéderont à ma requête. »
« Peut-être devriez vous alors établir un testament, Mr Potter, si vous pensez que cette fois ci, vous ne survivrez pas. » Fit remarquer Gripsec sur un ton à la fois sage et calculateur.
« Peut-être bien. Mais je ne sais pas exactement comment faire un testament… » Marmonna Harry, en baissant les yeux.
Cela ne s'avéra pas exactement un problème pour Gripsec, car parmi les nombreuses tâches incombant à un employé de Gringotts, il devait savoir rédiger un testament. Quant à Edward, il avait déjà assisté à la lecture des dernières volontés des Flamel. Finalement, Harry décida qu'il diviserait sa fortune en trois parties : la première partie, qui concernerait 20% de sa fortune déjà colossale des Potter et des Black, irait aux six membres restants du Cercle et serait équitablement partagée entre eux. La seconde partie, 20% également, serait donné à la future petite Aletheia pour sa future éducation et tous ses besoins à venir avec Ginny comme responsable du compte jusqu'à la majorité de sa fille.
Le reste, les 60% constituerait un fond commun où, là encore, seuls les membres du Cercle (qui deviendraient alors membres du conseil d'administration) pourraient puiser dans le but de créer une Fondation pour l'Égalité des Sorciers, des Êtres et des Créatures. Le but serait de permettre la mise en place de réformes qui venaient d'être approuvées par Harry. Chacune des institutions s'occuperait d'un aspect ou d'un problème récurrent dans la société sorcière et tenterait de le régler au moyen de campagnes de presse, de déclarations publiques et d'un travail acharné pour changer les mentalités. Bien sûr, dans la perspective où Harry parviendrait malgré tout à survivre, il consacrerait tout de même la majeure partie de sa fortune à l'élaboration de la Fondation. Harry, après tout, possédait déjà le 12 Square Grimmaurd devenu une demeure confortable et il n'avait jamais été très dépensier…
Harry avait toute confiance dans les capacités de ses amis à organiser une telle structure. Après tout, l'an dernier, ses amis étaient parvenus à devenir Animagus, des Occlumens, voir pour certains des Legilimens confirmés, ils avaient appris à se servir de magie sans paroles et sans baguette et tout ça tout en étant devenus des excellents élèves dans le cursus Poudlardien alors que le mode No life était activé. Non, il ne doutait pas de la détermination de ses amis à accomplir ses dernières volontés et de réussir ce projet qui lui tenait à cœur.
Ses amis auraient tout pour réussir une fois Voldemort vaincu : Neville pouvait devenir un brillant professeur qui ne ferait aucun favoritisme et éduquerait la prochaine génération de jeunes sorciers et sorcières, Luna reprendrait sans doute le Chicaneur et propagerait la vérité dans toute la Grande Bretagne Magique. Hermione travaillerait sans doute au Ministère concernant les lois et parviendrait à les modifier petit à petit. Ron et Ginny profiteraient de leurs popularités, l'un en tant qu'Auror et Ginny en tant que joueuse de Quidditch renommée pour pouvoir faire passer leurs opinions et la population les prendrait en compte.
Quant à Edward, curieusement, Harry ne parvenait pas à l'intégrer dans la scène d'un futur parfait qu'il se créait pour se réconforter. Était ce parce que Ed était également sous le couperet d'une prophétie qui pourrait fort bien le tuer ? Ou bien parce qu'il avait quelque part le pressentiment qu'Edward venait d'autre part et qu'il devrait un jour y retourner ? Les deux perspectives n'enchantaient guère Harry mais il savait qu'au final, la décision incomberait à son ami. De plus, quelque part, son ami laisserait toujours une trace de lui même par ses nombreux écrits…Même si cela ne remplacerait jamais sa présence. Harry, finalement, se sortit de son marasme : il avait un braquage de banque à préparer.
Les quelques semaines suivantes furent consacrées à la préparation du plan de l'infiltration de Gringotts. Gripsec avait dessiné des plans des sous sols de la banque et tout le groupe les étudiait intensivement. Le Gobelin leur avait pointé les pièges éventuels même s'il se réservait le droit de les guider, afin de tenir sa part du marché. L'ancien employé de Gringotts avait parfois une attitude pas des plus sympathiques : il semblait par exemple avoir une grande soif de vengeance envers les sorciers même s'il se restreignait par respect pour Edward et Harry qui étaient entrés dans ses bonnes grâce à ses connaissances sur les Gobelins pour le premier et dû à son honnêteté pour le second.
Gripsec n'était pas exempt de défauts, loin de là, il pouvait parfois se montrer odieux envers ses hôtes alors que Fleur faisait des efforts pour se conformer à son régime alimentaire ou à ses habitudes de sommeil. Du coup, Harry se sentait obligé de s'excuser auprès de Fleur tandis qu'elle coupait les steaks pour Gripsec, Bill et Edward qui les mangeaient très saignant, surtout depuis que les deux derniers avaient rencontré Greyback. La conversation dériva sur les exigences de Fleur qui voulait les voir rester à la maison en sécurité au lieu de les voir vadrouiller à nouveau.
De toute manière, Harry doutait qu'ils auraient le temps de vadrouiller très longtemps après leur cambriolage. Si la chance était avec eux, leur cambriolage passerait inaperçu par les Mangemorts et les Gobelins mais compte tenu des circonstances, ils avaient peu de chance d'entrer à Gringotts, d'ouvrir le coffre de Bellatrix Lestrange, d'en sortir la coupe et de repartir de la banque sans se faire repérer.
De plus, leur plan n'était pas à toutes épreuves. Il leur faudrait donc presque certainement improviser à un moment ou à un autre, ce qui les rendrait d'autant plus repérable. Cela signifiait que Voldemort saurait que Harry faisait la chasse à ses Horcruxes et donc tenterait de les mettre plus en sécurité. Le jeune sorcier, qui avait l'intention de se rendre tout de suite après leur cambriolage à Pré-au-Lard, espérait de tout cœur qu'il ne se trompait pas et que le Horcruxe se trouvait bien à Poudlard… Mais même s'il avait raison, cela représenterait une tache titanesque de fouiller le château à la recherche de l'Horcruxe.
Alors qu'il était plongé dans ses réflexions, Harry entendit soudain quelqu'un frapper à la porte. Même s'il se doutait qu'il ne pouvait s'agir que d'un membre de l'Ordre puisque les mangemorts ne s'embêteraient pas à toquer à la porte, tout le monde dans la pièce brandissait déjà sa baguette et la pointait vers la porte, au cas où. Bill posa la question de reconnaissance rituelle et la voix de Remus Lupin lui répondit, donnant toutes les informations nécessaires, puis il entra et donna la nouvelle la plus essentielle : il était papa ! Tonks avait accouché cette nuit d'un petit garçon prénommé Teddy.
Tout le monde s'enthousiasma en entendant cette nouvelle et Remus n'avait jamais paru aussi jeune qu'aujourd'hui. La première chose qu'il demanda à Harry fut de lui demander d'être le parrain de son fils. Bien que sachant qu'il ne lui restait très certainement plus longtemps à vivre, Harry accepta afin de ne pas peiner Remus par un refus. Bientôt, tout le monde fut attablé autour de la table, trinquant, un verre de vin des Elfes à la main en l'honneur de Teddy Remus Lupin, un futur grand sorcier. Le futur grand sorcier en question paraissait avoir hérité des talents de métamorphomage de sa mère car ses cheveux, bien que peu nombreux, changeaient déjà de couleur.
Le toast suivant fut levé en l'honneur de la future fille de Harry : apparemment, tous les membres de l'Ordre était au courant de cela, ce qui fit rougir Harry. La naissance de la petite Alethéia était prévu dans une semaine selon Molly Weasley et Bill faisait confiance à sa mère pour cela : lors de ses sept grossesses, elle ne s'était jamais trompée une seule fois. Il fut donc décidé (en concertation avec les autres), de repousser le départ à après la naissance de la fille de Harry. Lupin partit bientôt rejoindre sa femme et l'attente commença pour Harry.
Le soir où devait avoir lieu la naissance, Harry tourna et retourna dans sa chambre comme un lion dans sa cage jusqu'au moment où ses amis firent irruption dans la chambre, un grand sourire aux lèvres en lui annonçant la nouvelle relayée par Bill et Fleur : Aléthéia était née. La petite avait des poumons et se portait bien, ainsi que la mère, le rassura Bill. Harry contempla la photo de sa fille avec un sourire embué de larmes pendant de longues minutes avant de la mettre dans son sac que lui avait offert Hagrid et dans lequel il conservait le vif d'or et ses morceaux de baguette. Puis, la première chose qu'il fit fut de demander à Ron et Hermione d'être respectivement le parrain et la marraine d'Aléthéia. Ces derniers acceptèrent solennellement cet honneur et chacun porta un toast silencieux en espérant de tout leur cœur que l'enfant puisse grandir dans un monde en paix et respectueux de la vérité, comme ils le désiraient tous.
Le lendemain, le regard résolu, caché sous sa Cape d'Invisibilité, Harry ouvrit en silence la porte de la Chaumière aux Coquillages et lui et ses amis partirent à l'aube après qu'Hermione ait avalé la dernière dose de Polynectar et que Ron se soit rendu méconnaissable. La jeune sorcière était désormais Bellatrix Lestrange et Ron, Harry et Edward ne cessaient de lui souffler des conseils (considérer les non-mangemorts comme des Veracrasses, Parler aux Mangemorts comme des égaux sans oublier qu'elle leur était supérieur, ne pas utiliser la baguette magique de l'épouvantable sorcière puisque tout le monde savaient qu'elle avait été volée, etc.). Gripsec, Edward et Harry étaient dissimulés sous la Cape d'Invisibilité et faisaient de leur mieux pour ne laisser dépasser aucun membre. C'était dans ces moments là que Harry se félicitait (mentalement) de la petite taille d'Edward, même s'il n'oserait jamais le dire tout haut.
Après avoir transplané, ils entrèrent au Chaudron Baveur, Hermione et Ron, sous leurs déguisements, arborant un air dédaigneux et plus que méprisant. Elle insulta le pauvre Tom, franchit le mur menant au Chemin de Traverse et une fois là, commença à se diriger vers la Banque, Ron à ses côtés, tous les passants disparaissant mystérieusement sur son chemin. Tous sauf un, un Mangemort nommé Travers, qui commença à la questionner. Apparemment, Bellatrix était en disgrâce depuis le fiasco au Manoir Malfoy et ne devait pas le quitter.
Mais Hermione, fort heureusement, avait su répondre avec arrogance en affirmant que le Seigneur des Ténèbres pardonnait à ceux qui l'avait fidèlement servi dans le passé. Il l'interrogea également sur sa baguette et la jeune sorcière sous polynectar lui montra sa propre baguette en déclarant qu'une sorcière digne de ce nom comme elle, ne restait jamais très longtemps sans baguette. Ensuite, Travers insista malheureusement pour escorter celle qu'il croyait être une Mangemorte à Gringotts.
Devant la banque, ils affrontèrent leur premier obstacle : deux sorciers armés de Sondes de Sincérités à la main. Edward et Harry, sous le couvert de la Cape d'Invisibilité, lancèrent trois sortilèges de confusion sur les gardes et sur Travers pour faire bonne mesure. Le second obstacle se présenta une fois qu'ils eurent pénétré dans Gringotts. Le gobelin en charge des coffres demanda à Hermione un document prouvant son identité : sa baguette. La jeune fille ne pouvait présenter la vraie baguette de Bellatrix sans se faire repérer. C'était là le premier point faible de leur plan. La solution avait été donnée par Gripsec lors des jours précédents : utiliser l'Imperium. Harry et Edward le lancèrent à la fois sur le vieux gobelin dénommé Bogrod et sur Travers. Le vieux caissier commença par demander les Tintamars (indispensables selon Gripsec pour passer le dragon) puis il commença à les escorter vers la salle des coffres. Mais cela se passait mal : de nombreux Gobelins les regardaient d'un air inquisiteur et désormais, Harry était certain qu'ils avaient des soupçons.
L'affaire se présentait mal mais il n'était plus question de rebrousser chemin maintenant après tant d'effort. S'ils faisaient demi-tour et qu'ils refaisaient une tentative, il y avait fort à parier que soit les contrôles seraient renforcés, soit Voldemort aurait changé son Horcruxe de place dans le pire des cas. Ils montèrent donc tous (sauf Travers) dans le wagonnet et se mirent à foncer sur les rails entre les stalactites et les stalagmites. Malheureusement, après un virage en épingle à cheveux, une cascade s'abattit soudainement sur eux et leur chariot fut projeté hors de sa trajectoire. Sans le sortilège de Coussinage d'Hermione, tout le monde serait devenu de la bouillie mais par chance, la jeune sorcière était suffisamment rapide.
En reprenant leurs esprits, ils s'aperçurent que la bien nommée Cascade des Voleurs avait levé tous les enchantements et tous les camouflages magiques en cours. Gripsec, l'air très tendu, était en train de parler à Bogrod, apparemment pour négocier le passage. Ce dernier semblait refuser bien que les deux Gobelins argumentaient de plus en plus fort. Finalement, comprenant qu'ils perdaient un temps précieux, Gripsec se résigna à laisser Harry lancer le sortilège de l'Imperium sur son compatriote. Le jeune sorcier n'était pas des plus ravis non plus : les Mangemorts pouvaient peut-être se réjouir de la sensation du pouvoir qu'ils détenaient sur autrui mais ce n'était pas son cas.
Après avoir jeté plusieurs sortilèges de défense pour ralentir leurs poursuivants, les apprentis-voleurs se ruèrent dans une grotte où les attendait un immense dragon devenu aveugle dans l'obscurité de la caverne. Harry ne put s'empêcher de trouver cruel le traitement infligé à la pauvre bête et songeait que Hagrid aurait les larmes aux yeux en voyant les nombreuses plaies infligées au museau de la créature. Les Tintamars permit au groupe de passer sans se faire griller et bientôt, Harry força Bogrod à appuyer sa main sur le coffre des Lestrange.
Bientôt, ils furent tous à l'intérieur de ce dernier et c'est alors que la porte du coffre se referma sur eux. Ils s'éclairèrent alors à l'aide de leurs baguettes. Mais quand Hermione entra en contact par accident avec une pile de Gallions, ces derniers se multiplièrent et elle hurla de douleur, sa main brûlée au second degré. Gripsec leur expliqua alors qu'on devait avoir ajouté des maléfices de Gemino et de Flagrance qui rendraient brûlants et multiplieraient les objets touchés, ce qui ferait mourir le voleur, écrasé sous le poids d'un trésor incandescent, un châtiment approprié pour les voleurs, songea Harry, d'une façon un peu morbide.
Tâchant de ne toucher aucun objet, les jeunes sorciers éclairèrent les objets du coffre les uns après les autres, tâchant de ne toucher aucun objet. Finalement, ce fut Ron qui repéra la coupe à l'autre bout de la chambre forte mais Hermione l'empêcha, juste à temps, de s'y précipiter dessus. Pour le moment, ils ne pouvaient traverser le coffre rempli à ras le bord de pièces d'or et de trésors en tout genre sous peine de les voir se démultiplier et de devenir un océan d'or en fusion dans lequel ils se noieraient tous. Harry eut alors l'idée du siècle de prendre l'épée et de tester son hypothèse en parvenant à saisir une aiguière d'argent grâce à la lame sans que celle ci ne se multiplie. Ils pouvaient donc saisir la coupe par l'épée interposée.
Le dos plaqué contre la porte du coffre, Harry et Hermione s'étaient mis à deux pour léviter un Edward tenant l'épée de Griffondor plutôt anxieux au dessus d'un tas d'or pouvant littéralement le tuer en le brûlant. Harry s'occupait de gérer la puissance du sort et Hermione tâchait de diriger le jeune garçon sans qu'il ne touche quoi que ce soit tandis que Ron les illuminait avec sa baguette, le visage tendu. Le choix avait été vite fait : c'était Ed le plus petit… Heu…le plus léger du groupe et donc le plus à même d'atteindre la coupe.
Bientôt, Edward fut en vue de la coupe et, grâce à l'épée qu'il passa dans une anse, parvint à s'en saisir avec succès. Il commença alors à être ramené en vitesse par ses amis jusqu'à ce que le bruit des Tintamars retentisse juste derrière la porte du coffre, faisant perdre à Hermione et Harry leur contrôle sur le sort. Edward fit une courte chute libre dans le tas d'or. Aussitôt, ce dernier commença à se démultiplier sous les yeux impuissants de Harry, Ron et Hermione qui entendirent les cris de douleur d'Edward. Une seconde plus tard, des étincelles jaillirent et un pilier d'acier jaillit de l'immense amas d'or qui menaçait à présent d'engloutir le groupe, le dos toujours collé à la porte du coffre.
Edward était agrippé au pilier d'une main et dans l'autre, tenait fermement l'épée à laquelle était toujours accrochée la anse de la Coupe de Poufsouffle. Ce qui était un miracle en soi. D'un grand bond, Edward parvint à rejoindre le groupe qui suffoquait et il eut le temps d'hurler à Harry d'ordonner à Bogrod de rouvrir la porte du coffre. Presque simultanément, cette dernière disparut non pas parce que Bogrod avait obéit à l'ordre de Harry mais à cause des Gobelins qui assiégeait la chambre forte. Le groupe déferla dans une avalanche d'or incandescent sous les lances acérées des Gobelins de Gringotts. Malgré leurs souffrances, le groupe parvint à se relever mais il restait à trouver une sortie qui, de préférence, ne blesserait aucun Gobelin. En jetant un coup d'œil au dragon qui se trouvait à côté d'eux et était recroquevillé à cause du bruit des Tintamars, Herry eut une idée complètement folle qu'il communiqua rapidement à Edward. Ce dernier la considéra l'espace d'un instant avant de hocher la tête : après tout, c'était typiquement le genre de plan qu'il utilisait fréquemment : créer une nouvelle sortie…
Le jeune garçon se rua vers les pitons rocheux auxquels étaient attachés les fers qui retenaient le dragon et les désagrégea à l'aide de l'alchimie. L'heure n'était plus à la subtilité et les Gobelins battirent en retraite en voyant le dragon délivré commencer à avancer. Harry aida Edward et Gripsec à grimper sur le dos de la bête monstrueuse tandis que Ron faisait de même pour Hermione. Les deux garçons eurent ensuite à peine le temps de s'accrocher aux écailles métallique de l'énorme bête avant que celle-ci ne s'envole, sans remarquer le poids supplémentaire sur son dos.
Edward avait permis à ses amis de mieux se cramponner en transmutant de vieilles écailles en harnais et les chaines qui avaient retenu le dragon, à la grande surprise de Gripsec qui le contemplait avec la plus parfaite incrédulité et un respect immense pour le type de magie (mais en était-ce vraiment ?) dont Ed venait de faire preuve. Le gobelin murmurait que les prophètes de Gringotts avaient prévu l'arrivée d'une personne capable de manipuler le Cycle Universel sans baguette, un catalyseur qui bouleverserait le monde magique… mais qu'il n'aurait jamais cru que cela arriverait de son vivant.
Mais tous avaient mieux à faire qu'écouter les paroles du Gobelin : Hermione faisait s'effondrer la voute au dessus d'eux pour permettre au dragon de s'échapper, ce qu'il fit en embarquant avec lui ses passagers clandestins. La jeune sorcière poussa un cri de terreur en sentant le dragon s'envoler bien haut au dessus de la ville de Londres, pour la plus grande frayeur des sorciers, sorcières et Moldus qui étaient témoins de ce phénomène insolite et encore jamais vu. Ron poussait les meilleurs jurons de son répertoire, Gripsec également mais dans sa langue natale. Harry, de son côté, tâchait de s'agripper de son mieux aux écailles et à l'harnais métallique conçu par Ed métallique du dragon. Edward, quant à lui, avait fermé les yeux et paraissait prier Merlin savait quoi de s'en sortir en vie : le jeune garçon haïssait réellement voler et les transports sorciers en général, alors quand on combinait les deux… Il n'était visiblement pas question de discuter pour le moment tant chacun craignait pour sa vie.
Pendant de longues heures, le dragon vola au dessus de la banlieue londonienne avant de survoler des campagnes, des forêts, des champs… Quand il sentit enfin l'odeur d'un lac, il fonça en piqué, ôtant ainsi quelques années d'espérance de vie aux membres du groupe avant de plonger, forçant ainsi ses passagers à piquer, eux aussi, une tête dans le lac.
Voilà, le cambriolage de Gringotts. Et puisque Harry et Cie dans le tome 7 utilisait la technique d'Edward Elric de se créer une nouvelle sortie...
Et deux naissances, Teddy et Aletheia, comme pour contrebalancer les morts du chapitre précédent. La vie trouve toujours un moyen de continuer, malgré les guerres, les catastrophes naturelles ou les pandémies. 2020 fût peut-être une mauvaise année, mais pour mon cousin, ce sera la naissance de son fils qui restera le plus dans sa mémoire. Cela ne diminue pas la douleur de la perte des êtres chers pour ceux qui en ont perdu à cause du COVID, je le sais, mais il faut espérer et voir ce que le futur nous apportera.
Comme d'habitude, si vous avez des remarques, critiques, questions, n'hésitez pas, j'essaierais d'y répondre dans la mesure du possible par MP. Même une simple review de quelques mots me suffit bien que j'adore aussi les articles qu'écrivent certains parmi vous. Vos analyses sont vraiment chouettes et me font très plaisir !
A dans deux semaines ! (Pourvu que je n'oublie pas...)
