Bonjour à tous et à toutes, voici le chapitre 15 avec un petit jour de retard...Désolée...
Comme d'habitude, je remercie ceux et celles qui m'ont laissé des commentaires: les anciens qui la suivent depuis le début et les nouveaux qui continuent de venir, preuve que ce fandom n'est pas encore mort. Je ne le dirais jamais assez mais les reviews que je reçois sont vraiment un baume au coeur, surtout dans des moments où on se sent particulièrement fragile.
Par contre, certaines questions relevant du spoil, je ne peux malheureusement pas dire qui survivra ou qui va vous faire fondre en larmes.
On entame le chapitre 15, le début de la fin approche...
T3 Chapitre 15
Après être parvenus à regagner la rive à la nage, le petit groupe, épuisé après une si grande expédition au sein des voûtes de Gringotts, s'était simplement effondré dans l'herbe, tout en surveillant le dragon, au cas où, après avoir bu un petit coup, il aurait été tenté par un casse-croûte. C'était difficile à croire qu'ils étaient presque en fin d'après midi et qu'ils avaient pris autant de temps : tous les événements passés : leur infiltration, les pièges, la découverte de l'Horcruxe, l'évasion et la fuite à travers le pays à dos de dragon, tout cela n'avait duré que quelques heures. Cela leur avait paru durer des siècles.
Alors qu'il restait là, étendu sur les berges, Harry sentit tout à coup sa cicatrice le brûler au fer blanc, et, dans son état d'épuisement, il ne put empêcher l'intrusion de la vision terrifiante de Voldemort s'apercevant que sa Némésis avait découvert le secret de son immortalité. Le malheureux gobelin qui avait dû annoncer la mauvaise nouvelle en avait payé le prix de sa vie. Maintenant, alors que le doute et la crainte s'insinuaient lentement dans l'esprit du Seigneur des Ténèbres, ce dernier décida de s'assurer de la sécurité des Horcruxes restants par lui-même. Et, sans le savoir, livra la dernière information qu'il manquait à Harry dans leur traque des Horcruxes : le dernier se situait bien à Poudlard.
Électrisé par cette nouvelle, Harry ouvrit grand les yeux, sachant que désormais leur temps était compté. Se relevant d'un seul coup, comme un noyé qui recherchait de l'oxygène, le jeune homme alla secouer les autres en les alertant sur un ton pressant de se reprendre. Edward secoua la tête, comme pour se débarrasser de l'eau dans ses cheveux et, une fois debout, tâchait de retrouver son équilibre après la folle épopée qu'il venait de vivre tout en marmonnant qu'il ne referait plus jamais cela.
Ron, le nez dans l'herbe, sembla contempler la possibilité de rester affalé là mais finalement se releva, aidé par Hermione qui conservait un visage un peu blême, signe prouvant qu'elle n'avait pas totalement digéré sa balade à dos de dragon. Gripsec ne paraissait pas très pressé de se tenir à nouveau debout sur ses pieds alors qu'il tremblait encore, mais, néanmoins, se souvenant de l'accord passé entre lui et les Porteurs de Baguettes, il se leva et fixa des yeux le chef non officiel du groupe, comme pour le mettre au défi de tenir sa promesse.
Harry soutint sans faillir le regard du gobelin et tâcha de se remémorer les termes exacts que Bill lui avait enseigné durant la semaine afin que ce geste prenne une tournure diplomatique et politique pour les futures relations entre les deux peuples. L'aîné Weasley avait bien insisté sur les adresses précises, les formules et titres à adopter, une attitude ne laissant transparaître aucune faiblesse et enfin, parler avec sincérité, sans intention de tromper l'interlocuteur gobelin. Les cours express et intensifs d'étiquette gobeline n'avaient pas été de trop, mais selon le jeune Briseur de sorts, un grand nombre de révoltes et d'insurrections par les Gobelins auraient été évitées si chaque côté n'était pas si orgueilleux
« Comme convenu selon l'accord passé le 2 Avril 1998 entre Gripsec, surnommé le Madré, gardien des coffres, représentant du clan Agripor et reconnu par ses pairs comme tel, et moi même, Harry James Potter, surnommé le Survivant et l'élu par la nation sorcière." déclara t-il d'une voix qu'il espérait ferme malgré la douleur lancinante qui tiraillait son front.
"Nous détruisons cette coupe et ensuite je rends l'épée. Si d'aventure un élève de l'école venait à la tirer du Choixpeau dans un moment d'intense besoin, l'école aura à dépenser la somme de cinquante Gallions pour ce prêt et devra ensuite la rendre aux représentants de la banque Gringotts. »
Alors que les mots du contrat apparaissaient sur le parchemin, Harry espérait de tout son cœur que personne n'aurait à tirer cette épée du Choixpeau. Il ne préférait pas voir un futur où des adolescents étaient contraints d'affronter monstres et mages noirs à la place des adultes afin de sauver le monde. Il signa en ajoutant une goutte de sang.
Puis, comme convenu, Edward, celui qui avait clairement été le plus en danger dans ce moment là, eût l'honneur de pouvoir transpercer la Coupe d'Helga Poufsouffle avec l'épée. Il examina attentivement le phénomène, mais ne trouva rien qui pouvait l'aider à secourir Harry. Hermione et lui avaient assisté pour la première fois à la destruction d'un Horcruxe et ils ne pouvaient s'empêcher d'être un peu ébranlés. On parlait quand même de l'annihilation de l'âme. Gripsec, de son côté, avait craché par terre en marmonnant un « bien fait ! ».
Une fois l'épée confiée à Gripsec, ils se préparèrent tous à transplaner à Pré-Au-Lard. Voldemort devait vérifier que ses Horcruxes soient toujours en sûreté et cela lui prendrait du temps. À priori, il vérifierait celui de Poudlard en dernier, puisqu'il était convaincu qu'il était le maître du château par l'intermédiaire de Rogue. Il allait avoir une sacrée surprise.
Il s'avéra que ce fût eux qui eurent une sacrée surprise dès leur arrivée dans le village sorcier : un hurlement semblable à une sirène retentît, leur vrillant les tympans. Ils se réfugièrent sous la cape juste au moment où une douzaine de Mangemorts surgissaient des Trois Balais. L'un d'eux, plus intelligent que les autres, tenta le sortilège d'attraction sur la cape d'invisibilité de Harry qui la retint instinctivement. Mais il devait y avoir du vrai dans la légende : celle ci protégeait son propriétaire légitime de la mort et elle ne frémît même pas, les gardant à l'abri du mal.
Harry poussa un léger soupir de soulagement, tandis que les Mangemorts tentaient vainement de les provoquer et ils commencèrent à se diriger vers La Tête du Sanglier. Mais cette nuit là, les Mangemorts devaient être plus malins qu'à l'ordinaire : l'un d'eux proposa de lâcher les Détraqueurs qui, eux, n'étaient pas sensibles aux capes d'invisibilité, même celle offerte par la Mort. Il allait y avoir un souci : même si les Mangemorts n'étaient pas au courant de la nouvelle forme du Patronus de Harry, le fait même qu'une biche soit là les trahirait. À moins que...
Un froid glacial commença à les transpercer jusqu'à l'os et Harry espérait que son Patronus biche ferait illusion lorsqu'il le lancerait. Quelques secondes plus tard, la magnifique créature surgît de sa baguette et l'un des Mangemorts déclara, fort intelligemment :
« C'était pas un cerf... »
« Il y en a qui disent que Rogue a un Patronus comme ça... » Murmura un Mangemort.
« Sérieusement ? J'ai toujours pensé qu'il y avait quelque chose qui clochait chez lui. Pourquoi recourir à un Patronus quand on a les forces des ténèbres de son côté ? »
« Si tu tiens vraiment à poser cette question à celui qui est le bras droit du Seigneur des Ténèbres, vas y, je dirais un mot gentil à tes funérailles... »
« Mais comment peut-on être sûr que c'est lui ? Est ce qu'il ne se serait pas déjà dévoilé ? Et pourquoi les alarmes ont elles sonnées ? »
Edward décida de lancer son Patronus exactement à cet instant, le long serpent se faufilant d'un air menaçant et Harry eût une idée de génie de parler en Fourchelangue de la manière la plus menaçante possible. Avec sa cicatrice douloureuse, c'était facile.
Les Mangemorts pâlirent de concert et partirent précipitamment en s'excusant d'avoir dérangé leur seigneur.
« Grouillons nous avant qu'ils se souviennent que toi aussi tu sais parler Fourchelangue. » Conseilla Hermione sur un ton pressé.
Au moment où ils passaient devant une baraque plutôt mal entretenue, la porte s'ouvrît et une voix souffla :
« Par ici. »
« Une seconde, qui êtes vous ? »
« Tu me remets pas ? Le patron de la Tête du Sanglier, pardi. »
Derrière eux, des cris commençaient à retentir et Harry décida de faire le pari de la confiance quasi-aveugle et poussa ses amis à entrer. Une minute plus tard, le barman faisait dégager les Mangemorts en menaçant de ne plus servir de couverture à leurs trafics de potions. Les Mangemorts devaient avoir du mal à finir les fins de mois pour organiser un trafic aussi minable, franchement qui l'eût crût ?
« Merci Mr Dumble... » Commença Hermione avant de se faire couper :
« Pas de Dumbledore chez moi. Appelez moi Abelforth, ce sera le seul nom auquel je répondrais de toute manière. » Gronda le barman en apportant néanmoins hydromel, pain et fromage. Tout le monde mangea et bût avec avidité, le petit déjeuner n'étant plus qu'un très lointain souvenir.
« Vous n'auriez pas dû venir ici. Je vous indiquerais un passage pour sortir du village et vous me ferez le plaisir de ne plus jamais remettre les pieds ici. Ce lieu grouille de Mangemorts et il infesteront cet endroit encore longtemps. Je peux vous indiquer où se trouve Hagrid, il vous fera passer à travers les montagnes et ensuite, vous êtes suffisamment intelligents pour quitter le pays par vos propres moyens. »
« On n'est pas venu ici dans le but de quitter ce pays ! On est là pour une bonne raison. » Protesta Harry.
« Comme quoi ? Vous faire tuer ? Il y a eu suffisamment de morts sans avoir à y ajouter les autres. Je parie même que ce pauvre Elfe que j'ai envoyé à votre rescousse n'en a pas réchappé. Faîtes donc honneur à son sacrifice et foutez le camps de Grande Bretagne. Il n'y a plus rien pour vous ici. »
« Il y a un plan. Votre frère... » Commença Harry avant de se faire interrompre à nouveau :
« Ah oui, mon enquiquineur de frère. Même après la mort, il est capable de pourrir la vie des autres pour qu'ils exécutent ses quatre volontés. C'est sa spécialité. Laissez moi deviner, il vous a tenu de grands, de profonds et sages discours sur le bien, le mal ? Il vous a mis dans la confidence d'un secret dont vous étiez les seuls détenteurs, la preuve de l'immense confiance qu'il plaçait en vous ? Il vous a dit à quel point vous étiez indispensable pour abattre Vous Savez Qui ? » Nargua Abelforth.
« Dans les grandes lignes. » Marmonna Edward en recevant un coup de coude de Ron.
« Et puisque tu es un petit malin, je suis certain que tu sais exactement ce que cela implique, le fait d'éduquer un gosse pour qu'il fasse les sales besognes à sa place, en le manipulant pour qu'il s'y croit obligé de lui même. »
« Tout à fait, j'en suis bien conscient. » Déclara Edward qui songea qu'à peu de choses près, c'est ce que Harry avait eu comme vie.
Et à nouveau, il ressentît une vague reconnaissance envers Mustang pour ne lui avoir jamais caché qu'il le manipulait dans le but de grimper les échelons de sa hiérarchie. Le colonel s'était adressé à lui, sinon comme à un égal, au moins comme à un subordonné adulte, capable de comprendre ce que tout cela impliquait. Personne n'avait vraiment cherché à le ménager, à part la seule fois où Mustang avait dissimulé la mort de Hugues, ce moment là où il avait pris une consistance plus humaine que le colonel cynique et roublard. C'était triste à dire, mais comparé à Harry, Edward avait eu de la chance dans ses relations avec les adultes.
« Vous ne comprenez pas, il faut que ce soit moi ! » S'emporta Harry.
« Il faut que ce soit toi ? Ne fais jamais l'erreur de te croire indispensable, gamin, autrement, tu ne feras que te charger de toujours plus de fardeaux au cours de ta vie. Et si tu prends ce chemin, je peux te dire que cette vie sera très courte. » Rétorqua le vieux sorcier.
« J'ai une tâche à accomplir. »
« Oh ? Et je parie que c'est le genre de tâche facile qu'on donne à des gamins même pas encore sortis de Poudlard ? Bien sûr que non. Et bien entendu, je parie qu'il t'a dit tout ce que tu avais besoin de savoir pour accomplir cette fameuse tâche ? Bien sûr que non. Albus avait le goût des secrets et des mensonges, cultivés dans notre famille. »
« Votre famille ? Votre mère ? Votre sœur ? On en entend pas mal parler avec le bouquin de Skeeter. » Fît remarquer Ron.
« Bon, personnellement, je n'en ai rien à faire de vos histoires de famille. J'ai eu les miennes qui suffiraient à rendre fou n'importe qui. » Commença Edward, qui avait été servi sur ce point avec un père/pierre philosophale/immortel de 400 ans, une mère morte qu'il avait cherché à ressusciter et un frère qui pendant les deux tiers de sa vie, avait défié la définition de l'être humain… Il poursuivît néanmoins :
« Mais Harry mérite la vérité. Tout le monde mérite la vérité. La vôtre ne sera pas objective, mais elle apportera un nouvel éclairage pour Harry. Et après, ce sera à lui de se faire sa propre vision de votre frère. »
Abelforth poussa un soupir, avant de se mettre à raconter l'histoire d'Arianna, petite fille heureuse et pleine de vie, capable de magie, jusqu'à ce que des jeunes Moldus, voyant quelque chose qu'ils ne comprenaient pas, voulurent la forcer à ne plus le refaire. Y parvenant trop bien, au point où Arianna refusa sa propre magie qui se développa en une force terrible et destructrice. Abelforth raconta comment son père s'était laissé enfermer à Azkaban après avoir puni les vauriens ayant blessé sa petite fille. Comment il ne s'était même pas défendu pour ne pas que sa fille soit internée à Ste Mangouste pour toute sa vie.
Il parla aussi d'Albus, comment ce dernier préférait lire, établir un réseau de relations tandis que son cadet continuait d'apporter de l'amour et de la stabilité à sa sœur bien aimée. Edward avait déjà déterminé qui il préférait dans cette histoire. Pour lui, un frère (ou une sœur) devait passer avant toute considération. Mais il avait eu la chance, lui, d'avoir eu quelqu'un pour lui enseigner qu'il devait aimer son frère en la personne de son père avant son départ. La chose la plus importante qu'il lui ait enseigné.
Puis vint le jour où sa sœur tua sa mère par accident. Obligeant un jeune homme frustré dans ses ambitions et encore dans l'égoïsme à prendre le rôle de chef de la famille, malgré l'offre de son frère de prendre sa place. Il s'en sortît honorablement pendant quelques semaines avant de rencontrer Grindlwald. Un égal en intelligence, en puissance, porté sur les recherches ésotériques au sujet des reliques, ayant de grands idéaux qui n'avaient pas encore été confrontés à la réalité…
Jusqu'à ce que la réalité se rappelle à eux par le biais d'Abelforth rappelant qu'Arianna avait besoin de leur aide et non de deux dirigeants charismatiques. Il se reçût un crucio pour avoir osé dénigrer le projets des deux futurs leaders du monde sorcier, ceux qui allaient asservir les Moldus pour leur propre bien, pour le Plus Grand Bien.. Mais Albus se tînt aux côtés de son frère, voyant sans doute pour la première fois le monstre qu'il avait nourri. Leur sœur tenta d'empêcher ce combat, mais ce fût elle qui en paya le prix ultime, laissant une famille déchirée pour toujours, sans que nul ne sache qui était le responsable de sa mort.
Abelforth insinua que cette liberté était sans doute ce que désirait le plus Albus, mais de concert, Edward et Harry secouèrent la tête :
« Les remords devaient toujours être là, présents, avec sa culpabilité. Parmi les derniers mots que j'ai entendu de lui, il suppliait quelqu'un de ne pas vous faire de mal. »
« Je n'ai pas aimé beaucoup de choses à son sujet, sa façon de toujours penser avoir raison, son goût des secrets, sa façon de ne pas être toujours sensible aux sentiments d'autrui…De penser qu'il avait le droit de décider pour les autres, de les juger... Ironiquement, j'avais souhaité qu'il soit en mesure de regretter. Mais à la fin, je sais qu'il regrettait amèrement. Comme quoi, même à la fin de sa vie, on peut encore grandir. » Affirma Ed.
Abelforth resta silencieux avant de demander :
« Alors répondez moi honnêtement, surtout toi, Potter : Qu'est ce qui pourrait te faire penser que mon frère n'était pas intéressé par « le plus grand bien » plutôt que par toi ? Qu'est ce qui te fait croire qu'il t'aimait ? »
« Votre question n'est pas facile : mais je pense qu'il avait le plus grand bien en tête : il était impliqué dans la politique, il dirigeait une école, il n'avait pas de vie de famille en dehors des autres. Mais est ce que cela voulait dire pour autant qu'il n'éprouvait pas de l'affection pour moi ? Qu'il aurait préféré que je reste un enfant plus longtemps, quitte à me laisser impréparé face au péril qui approchait ? Ne peut on aimer quelqu'un et quand même penser au bien commun ? »
« Tu es bien jeune pour dire de telles choses. À dix sept ans, on devrait d'abord penser à sa sécurité.» Grommela le frère Dumbledore.
« Et pourtant, il y a des jeune, sorciers comme Moldus, qui ont déjà donné leur vie lors de guerres ou de conflits. Parce qu'il y avait quelque chose de plus important que leurs vies : ils se battaient pour préserver le futur : celui des autres, des futurs enfants, afin qu'eux n'aient pas à se battre. » Rétorqua Edward.
« Vous dîtes que je devrais d'abord penser à moi. Je vous en remercie, c'est la première fois qu'on me le dit. Mais la vie est injuste. Même si j'émigrais, Tom me chercherait sans répit et je vivrais le reste de ma vie dans la peur. Je ne ferais que survivre, aux dépends des souffrances des autres, qui plus est. Je refuse d'accepter cela. C'est tout. »Ajouta Harry.
« Maintenant, si vous pouviez nous indiquer un moyen d'accéder à Poudlard, ce ne serait pas de refus. Je nous vois mal frapper à la porte. » Acheva Ron.
Après ce long dialogue, rempli de vérités douloureuses et de trop de sagesse, Abelforth soupira, avant de se diriger vers le tableau d'une enfant aux yeux doux, la sœur des Dumbledore. Arianna se dirigea dans le fond de son tableau pour revenir escorté d'un jeune homme. Le tableau s'ouvrît alors à la manière d'une porte, dévoilant Neville. Un Neville au visage tailladé, aux longs cheveux tressés et avec les yeux d'un soldat qui avait vu trop de choses. Cela ne l'empêcha pas de se ruer dans leurs bras en déclarant qu'il savait qu'ils viendraient.
Sans perdre un instant, il les guida vers le passage secret et Edward déclara en plaisantant :
« Je vois que tu imites mon style : cheveux longs, des muscles et trop de cicatrices... »
« Ahah… Si seulement j'étais le seul… Les Carrows se déchaînaient toujours sur ceux qui se rebellaient. »
« Et je suppose que baisser la tête ne t'a même pas traverser l'esprit, pas vrai ? Totalement comme moi, je suis un si bon modèle. Dis moi que tu as quand même fini par entrer dans la clandestinité... » Poursuivît Edward.
« Aussi ! »
« Comment cela se passait ? » Demanda Harry plus sérieusement.
« Les Carrows. Le frère donnait des cours de magie noire, où l'on devait se lancer des Doloris dans la joie et la bonne humeur. J'ai refusé, d'où cette cicatrice. La sœur donnait des cours d'études des Moldus obligatoires pour les accuser de tous les maux et les présentant comme des animaux stupide. J'ai eu cette cicatrice en leur demandant leur propre degré de consanguinité. Elle n'a pas apprécié. »
« Et tu dis que c'est pire pour certains ? »
« Et bien… Les cicatrices les plus visibles restent. Mais celles du reste du corps, les blessures, les os brisés sont mystérieusement guéries lors d'une nuit à l'infirmerie. Tout le monde croit que c'est Pomfresh. Mais c'est le professeur Rogue que j'ai vu faire une nuit, mais il doit aussi rester très discret dans son aide. Je suis le seul qui sait, à présent que Ginny et Luna ne sont plus là. »
« On a secouru Luna quand elle s'est faîte capturer. Ginny devait accoucher. »
« On a eu du mal à l'empêcher de se rebeller ouvertement. Mais il le fallait. Si elle s'était reçue un maléfice de magie noire, cela aurait pu provoquer une fausse couche ou pire. Franchement, je ne sais pas ce qui vous a prit... Vous auriez pu prendre des précautions.» Commenta Neville avec un rien de reproche.
« Si la guerre empêchait de faire des bébés, je pense qu'un bon nombre d'entre vous ne seraient pas nés... » Fît remarquer Hermione d'un ton narquois.
« Bref… Ils se servent des enfants pour faire pression sur les parents. C'est quand ils ont essayé le contraire avec ma grand-mère pour me faire marcher droit que cela n'a pas fonctionné. Grand-mère est une ancienne duelliste de compétition et elle a envoyé Dawlish et sa bande de collabos droit à Ste Mangouste. Elle m'a écrit pour me dire qu'elle était fière de moi… Mais bon, après plus de nouvelles puisque nous étions entrés tous les deux en clandestinité... » Raconta Neville.
« On arrive par quel passage secret ? » Demanda Ron.
« Un créé par la Salle sur Demande. C'est notre QG. On a pris toutes nos précautions. On ne peut y accéder qu'avec mot de passe et non en pensant bien fort : je veux entrer dans le QG des résistants de Poudlard. Mais à part ça, on accepte tout le monde menacé directement par les Carrows. Je dirais qu'on a un bon tiers de Poudlard»
Au moment où ils surgissaient, tous les occupants de la pièce se précipitèrent en criant leurs noms et en poussant des acclamations. La salle ressemblait à un grand dortoir pour une soirée pyjama géante : il y avait des hamacs multicolores suspendus au plafond, des immenses bannières aux couleurs de toutes les Maisons de Gryffondor, des bibliothèques remplis de livres, des balais et une grande radio. Parmi les élèves, on trouvait des premières années jusqu'aux septièmes années et toutes les Maisons étaient représentées. On trouvait ci et là quelques Serpentards, moins nombreux, mais portant leurs couleurs sur des robes et des messages proclamant leur non-appartenance à Voldemort avec une pointe d'humour sarcastique.
« La salle nous donne de la place pour dormir, de la place pour s'entraîner, des endroits pour étudier des salles pour se laver quand les filles ont trouvé qu'on puait le bouc. La seule exception, c'est la nourriture à cause de la loi de Gamp... » Décrivît Padma.
« Donc Neville va nous chercher de la nourriture à la Tête du Sanglier et des Elfes de Maisons viennent nous approvisionner en toute discrétion. On n'aurait jamais tenu sans eux, c'est pas une mince affaire de nourrir plus de cent personnes. » Expliqua Seamus.
« Les entraînements se font sur le modèle de Edward, bien sûr. » Ajouta Lavande.
Harry sentît une douleur intense traverser son crâne : Voldemort avait découvert la cachette des Gaunt déjà vide. Il devait se presser. Il songea un instant à ordonner d'évacuer tout le monde vers Pré-au-Lard, mais il doutait que les autres l'écouteraient. Si Harry avait choisi de se battre, alors il devait aussi respecter leur choix de lutter contre Voldemort.
En plus de cela, des anciens élèves prévenus par le système des Gallions, se ramenaient, les uns après les autres. Ils avaient tous attendu dans l'ombre que le signal les avertisse de la bataille finale. Maintenant qu'elle était là, ils répondaient présents.
« Vous êtes prêts à combattre ? Personne ne doit se sentir forcé : je veux uniquement des volontaires. Je ne le cacherais pas, il y aura des morts, des blessés graves et vous ne serez sans doute pas épargné. Ce n'est pas lâcheté de vouloir vivre. »
« C'est bon, Potter, Ce n'est pas parce que tu étais dans la nature que c'était tout rose ici. » Déclara Nott d'un air nonchalant.
« C'est Théo, il est l'un des rares qui sait lancer le Doloris… Mais il avait tendance à très mal viser : curieusement, cela touchait toujours les Carrows ou ceux prenant du plaisir à exécuter leurs ordres. Je crois qu'il n'a jamais pardonné la mort de sa mère à cause de son père car elle avait un parent Moldu... » Souffla Neville.
« Qu'est ce qu'on doit faire ? »
« Formez des groupes, et que ça saute ! Qu'ils soient les plus hétérogènes possibles, mélangeant les maisons et les âges. Si je trouve des petits ensemble sans supervision d'élèves adultes, cela se passera mal. » Ordonna Edward.
Tout le monde obéît et personne n'osa faire remarquer à Edward que certains petits étaient plus grands que lui…
« Pas de groupe d'amis ? » Demanda Harry discrètement.
« Non. S'ils perdent un de leurs membres, cela pourrait les rendre vulnérables. » Répliqua Edward sur le même ton.
« La bataille va se dérouler à Poudlard. Il en faudrait certains pour faire diversion auprès des Carrows, voir les mettre hors d'état de nuire. »
« Pas de soucis. » Dît Neville, accompagné de Luna avec un sourire serein.
« D'autres devront en faire de même avec les collaborateurs des Carrows. »
« Il y en a dans chaque Maison, nous avons la liste... Elle est très complète.» Déclara Daphné avec une voix de givre.
« Apparemment, l'un des collaborateurs a tenté de la...forcer. Elle lui a lancé le seul sort de magie noire qu'elle connaissait, à savoir un sort de castration définitif...Puis elle nous a rejointe en nous mettant au défi de la refuser. On l'a accueillie les bras ouverts. Même Rogue avait du mal à empêcher ce type de nuire du fait de la protection des Carrows... »
Edward soupira : il allait forcément y avoir des règlements de comptes au moment de neutraliser ceux là…
« N'oubliez pas que la priorité est la rapidité. Vous les assommez, les ligotez, confisquez leurs baguettes et ensuite vous vous retrouverez dans la Grande Salle le plus vite possible. Rien de plus. Mettez vous à plusieurs pour en neutraliser un : pas la peine de risquer que l'un de vous soit hors de combat avant même le début de la bataille.» Prévînt Edward.
« Et Rogue ? » Demanda quelqu'un.
«Est ce que l'un de vous a déjà dû subir un seul maléfice de magie noire de sa part ? »
« Non, nos retenues avaient lieu avec McGonagal ou Chourave… Mais… Il a tué Dumbledore. »
« Dumbledore était déjà mourant. C'était leur plan pour que le professeur Rogue puisse vous protéger dans la mesure du possible. » Expliqua Edward, désirant éclaircir les choses au plus vite.
« Je le savais. » Murmura Tracey Davis, soulagée de la vraie nature de son ancien directeur de Maison.
« Tu n'oublierais pas quelque chose ? » Demanda Hermione.
« Ah, oui. Prévenez les professeurs…. »
« Et vous ? » Demanda un élève un peu curieux
« Nous, nous devons chercher un artefact de magie noire qui permet à Vous Savez Qui de rester tout puissant. » Expliqua Hermione sans en dévoiler trop non plus.
Personne ne discuta.
Un à un, les petits groupes commencèrent à sortir du QG, en toute discrétion, se servant des très nombreux articles que Fred et George mettaient à leur disposition. Ils avaient des stocks énormes et ils avaient profité du discours pour tout apporter. La salle sur Demande était noire de monde mais malgré l'imminence de l'attaque, tout le monde gardait son calme, réagissant avec un sérieux en s'équipant. Les membres des Cours de Soutien avaient eu droit à un entraînement intensif made in Edward deux ans auparavant. Et ils avaient profité de leur confinement forcé pour enseigner ses méthodes aux nouveaux.
Pendant ce temps, Harry, Hermione, Ron et Edward tinrent un mini conseil de guerre.
« Où trouve t-on ce fichu diadème ? »
« Il y en a une représentation dans la Salle Commune de Serdaigle. Tu crois vraiment que cela te servira de la voir ? » Dît Edward.
« Je sais qu'on manque de temps, mais autrement, autant chercher une aiguille dans une botte de foin. »
« Dans ce cas, ne perdons pas de temps. Ron et moi, nous allons dans la Chambre des Secrets pour le poison. On se donne rendez-vous devant la Salle Sur Demande. » Dît Hermione avant d'entraîner Ron à sa suite.
Edward, quant à lui, conduisît Harry vers son ancienne salle commune où la statue de l'aigle lui posa une question de niveau Alchimiste débutant. Une fois entrés, Harry pût contempler la statue de la sage et intimidante fondatrice de Serdaigle et surtout son couvre-chef, une tiare avec sa devise : Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit.
Quelques secondes plus tard, Alecto faisait son apparition et poussa un cri de triomphe en les apercevant. Alors qu'elle s'apprêtait à toucher sa marque pour avertir Voldemort de l'imminente capture du garçon, elle se reçût simultanément quatre ou cinq Stupefix de la part de Luna, Michel Corner, Cho Chang, Anthony Goldstein et Edward. Le choc fût assez brutal pour réveiller les élèves dans la tour qui commencèrent à descendre. Mais déjà les résistants faisaient le ménage en immobilisant ceux ayant fait l'erreur de collaborer avec le pouvoir en place.
Une minute plus tard, le professeur Mc Gonagall faisait irruption dans la salle commune des Serdaigles, prête à défendre les élèves contre les Carrows. Elle baissa aussitôt sa baguette en voyant la scène sous ses yeux. Harry contemplait le diadème, les résistants du CS surveillaient d'autres élèves ligotés et bâillonnés ainsi que Alecto Carrow portant d'énormes bosses et des effets secondaires que personne ne semblait très pressé de soigner…
« Potter, que faîtes vous là ? Vous devez fuir le plus vite possible ! » Commença l'enseignante de Métamorphose.
« L'heure n'est plus à la fuite ni au profil bas, professeur. Nous devons absolument trouver le diadème de Serdaigle, c'est la chose la plus cruciale pour le moment. » Déclara Harry en grimaçant tout en se frottant le front. Voldemort n'allait pas tarder à s'apercevoir de la perte du médaillon…
« Il a disparu depuis un millénaire ! » Protesta le professeur.
« C'est la mission confiée par Dumbledore. Nous devons trouver cet objet si nous voulons une chance de vaincre. »
« Dans ce cas… Nous devons protéger Poudlard et ses occupants contre Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom, sur le champs. Vous, concentrez vous sur votre mission. Pour les élèves, il faudrait les confiner dans leurs salles communes.»
« Il existe un passage secret non surveillé. Il vous faut évacuer les élèves les plus jeunes et ceux ne désirant pas s'impliquer. Et aussi...Ceux qui s'impliqueraient du mauvais côté. » Déclara Harry.
« Peut-être que les Mangemorts hésiteraient à attaquer s'ils savaient leurs enfants encore à l'intérieur. » Dît Edward d'un ton neutre.
« Je ne me comporterais pas comme Voldemort, à faire pression sur les parents ou les enfants. » Insista Harry.
« Je suis certain qu'ils verront cela comme un aveu de faiblesse. » La voix soyeuse du professeur Rogue.
Il évita avec aisance les nombreux sorts que Minerva, folle de rage, lui lançait tout en l'insultant de lâche, de meurtrier et toutes sortes de gentillesses.
« Professeur ! Pour s'assurer que Rogue soit implanté dans les rangs, Dumbledore a été jusqu'à utiliser sa propre mort. Alors faîtes passer le message et cessez de l'attaquer ! Il nous a aidé au cours de notre fuite, sans lui nous n'y serions jamais arrivé. » S'interposa Harry.
« Vraiment ? Severus, je suis... »
« Trêve de sensibleries. J'ai besoin de parler à Potter. J'ai un… dernier message de Dumbledore à lui transmettre. En privé. »
La bataille de Poudlard commence pour tous les participants et que le sort (et l'auteur) leur soit favorable !
Quelques remarques : J'avais été immensément frustrée par l'absence de Serpentards dans la résistance de Poudlard dans l'œuvre originale. Comme vous avez pu le remarquer, certains ne sont pas là forcément parce qu'ils croient pleinement dans toutes les convictions de la Résistance ni en adhérant à toutes les méthodes...
Notons que certains n'hésitent pas à utiliser des sorts de magie noire : il y a toujours des degrés de violence dans un rébellion contre un occupant, ce n'est pas seulement livrer des messages, sauver des vies, même si chaque acte de résistance est honorable. Mais des saboteurs ont agi en assassinant l'ennemi en sachant que leurs actes provoqueraient l'exécutions d'otages. Je vis à Nantes, nous avons les Cinquante (48 en fait) Otages pour nous le rappeler...
Et les règlements de compte à la fin d'une guerre d'occupation sont réels, avec meurtres via justice populaire, humiliations...même si curieusement, certaines personnes sont plus épargnées que d'autres grâce à leurs relations...
Ma famille paternelle a une histoire pour avoir hébergé à la fois des personnes fuyant lors de l'exode massif dans les années quarante et un collaborateur à la fin de la guerre. La vie est bizarre quelque part : mes grands-parents étaient juste des personnes aidant des personnes dans le besoin.
Mon grand père maternel, lui, se battait dans les troupes françaises venues d'Algérie. Il a été blessé à la bataille de Monte Cassino, en Italie.
Quelque part, je crois qu'ils savaient bien mieux que nous qu'il y avait de pires années dans l'Histoire que 2020. 536 était pas mal, dans le genre...
Voilà pour la petite histoire. Maintenant, si vous avez des remarques, des commentaires, un simple remerciement, des questions, n'hésitez pas à les poser, cela fait toujours plaisir.
Bonne semaine et bon courage à tous !
