Bonjour à tous.
Me revoici pour ce qui est selon moi l'un des plus importants chapitres de mon histoire. C'est toujours le moment où on est inquiet, comme un ingénieur qui relie les deux bouts de son pont et qui espère que ses calculs au millimètre près sont bien corrects. Surtout quand on a laissé ses lecteurs sur un cliffhanger... Je sais, pas bien...
Comme d'habitude, je me dois de remercier tous ceux et celles qui ont laissé une review lors du dernier chapitre ou simplement, de ceux qui viennent juste de la découvrir. C'est toujours sympa de lire vos réactions.
Je vois que vous avez apprécié la rédemption de Draco. Je me suis basée sur l'une des scènes à la fin de la Mélodie du Bonheur (Sound of Music, si vous préférez le titre anglais). . Si vous ne l'avez pas vu, regardez le, c'est un classique. Si vous l'avez vu, vous devez savoir à quoi je fais allusion.
La rédemption de Cho a moins fait parler, mais je comprends qu'on soit plus intéressé par Malfoy qui est là depuis le début de la série de Harry Potter.
Je vous laisse maintenant sur ce chapitre et bonne lecture !
T3 Chapitre 17
Edward s'était esquivé comme il en avait l'habitude : en se ménageant une nouvelle sortie dans un mur et en prenant grand soin de la refermer une fois sorti. Il n'avait pas eu l'intention de révéler à ses amis ce qu'il allait faire : c'était entre lui et la Vérité.
La Vérité… La prophétie qu'elle lui avait fait parvenir était on ne peut plus clair sur son rôle à jouer. Edward n'avait pas pour habitude de suivre aveuglément quelques prédictions dictées par une puissance supérieure, mais en l'occurrence, il allait le faire. Ne serait ce que parce que Luna courait un grave danger.
Bon, pour être tout à fait honnête, le monde magique tout entier courait un grave danger. Voldemort avait tenté de dévier la puissance de la Porte à son seul et unique profit en se servant de Luna et pendant quelques minute, cela avait fonctionné. Mais Luna était un vecteur imparfait : même si elle avait dû entrevoir la Porte lors de la tentative de sa mère de ramener son frère à la vie, ce n'était pas suffisant.
Si Voldemort et Rockwood persistaient à l'utiliser ainsi, cela ne tuerait pas Luna… Après tout, dans ce genre de rituel, les sacrifices avaient tendance à survivre quand un mégalomaniaque cherchait à s'emparer du pouvoir de la Porte. Dans son monde d'origine, Edward, ainsi que les autres sacrifices avaient été parmi les seuls à survivre, tout comme ceux exactement au dessus d'eux, parce qu'ils se trouvaient dans l'oeil du cyclone.
Le problème, c'est que Voldemort, contrairement à ce mégalomaniaque de Père, ne serait pas capable de contenir ce pouvoir. On pouvait dire ce qu'on voulait de l'Homonculus, il avait réfléchi et formé ce plan sur des centaines d'années pour être certain d'avoir assez de puissance via les âmes sacrifiées pour contenir un tel pouvoir. Pour être capable de reproduire la fusion nucléaire.
Voldemort ne détenait même pas de pierre philosophale en lui, il ne possédait pas l'énergie de millions d'âmes nécessaires pour s'emparer de celle de la Porte. Pire, il avait morcelé celle qu'il possédait. Pire du pire, il ne savait même pas ce qu'était la Porte ! Pour lui, c'était juste toute la magie du monde. En réalité, il s'était contenté de saisir au vol une idée qui convenait à son égo monumental, trop ravi de détenir un pouvoir divin.
Edward estimait qu'il ne lui faudrait pas plus d'une journée pour que le mage noir soit tenté de reproduire des phénomènes physiques par magie comme la fusion nucléaire pour montrer sa toute puissance...Et de provoquer ainsi l'anéantissement de l'humanité en perdant le contrôle. La science, la nature, la physique pardonnaient jamais ce genre d'erreur...Et la riposte était à la hauteur des forces engagées.
Est ce que Voldemort n'avait pas conscience de ce qui risquait de se produire s'il tentait d'accomplir l'impensable ? Là encore, c'était peut-être exactement ce qu'il voulait : éliminer toute vie et être le seul sur Terre. Il était sans doute persuadé de survivre par delà la mort via ses Horcruxes. Ou bien le morcellement de son âme l'empêchait de garder contact avec la réalité. Cela pouvait aussi être ça.
Mais Edward était passé par la Porte, il connaissait intimement l'échange équivalent, les risques si on ne respectait pas ce principe. Enfin, il connaissait l'élément le plus crucial quand on devait négocier avec la Vérité : on ne devait jamais chercher à être arrogant en croyant savoir mieux que n'importe qui. Rien n'empêchait, cependant, de se montrer créatif, comme Edward avait pu le faire en tentant d'échanger sa Porte contre la vie de son frère. Il fallait juste respecter la Vérité lorsqu'on négociait avec elle.
Edward poussa une profonde inspiration en arrivant à l'orée de la Forêt Interdite. Il la connaissait par cœur à force de s'y être rendu pendant deux ans pour se battre. Néanmoins, les Détraqueurs qui rodaient, eux, n'étaient pas une sinécure. Silencieusement, Edward invoqua son Patronus et son serpent argenté vient s'enrouler autour de lui tandis qu'il avançait. Au loin, il aperçût un centaure solitaire qui le fixait.
Edward commença alors à se remémorer la prophétie :
Alors que s'éteignait le dernier jour de ce siècle, il naquit, brillant de lumière
Il était né le 31 Décembre 1899, une date qui pouvait se reporter sur le calendrier de cet univers. De plus, ses cheveux et yeux dorés pouvaient faire référence à la lumière. Cela ne voulait pas dire qu'il ne trouvait pas cette dénomination un rien grandiloquente. Mais après tout, on ne choisissait pas sa prophétie...
Enfant sacrifié pour s'emparer d'un pouvoir infini
Les ténèbres n'auront de cesse de s'emparer de lui
Pour le voir sombrer pour toujours
Englouti dans un oubli sans retour,
Ce n'était pas la partie la plus optimiste. Mais là encore, cela ne voulait pas dire qu'il n'y survivrait pas. Après tout, il avait survécu au Jour Promis, même en ayant été utilisé comme sacrifice. Ce n'était pas parce que les ténèbres cherchaient à s'emparer de lui qu'il allait les laisser faire.
Sa venue pourra engendrer aussi bien la fin que la survie de ce monde.
Il se demandait parfois ce qu'il se serait passé s'il n'avait pas été balancé dans ce monde pour y mettre le boxon. Il avait remué la fourmilière rien que par sa présence, en se faisant adopter par Flamel. Était ce cet élément qui avait donné à Rockwood l'idée de se tourner vers l'alchimie ? Est ce que Voldemort aurait suivi ses plans de la même manière s'il n'était pas intervenu ?
Il était un Catalyseur, quelqu'un qui pour le meilleur ou pour le pire, allait changer les choses. C'est ce qui le définissait.
Mais si, ce sacrifice, seul en son âme et conscience
N'accepte pas le risque de se laisser engloutir
Alors tous verront le monde sombrer dans la violence
Et la magie elle même finira par se tarir et mourir.
Cela commençait déjà. En se servant de Luna, Voldemort était déjà parvenu à couper brièvement la connexion des sorciers au grand flux universel. Nul doute que cela avait été aussi ressenti par les autres Êtres issus de la magie. Une situation extrêmement préoccupante. La magie avait beau être une profonde source d'inégalités sur cette planète, là où l'alchimie de son monde était accessible à tous, elle n'en restait pas moins merveilleuse. Comme si quelque chose brillait en secret, rendant les choses plus belles.
Edward ne voulait pas la voir disparaître.
Envoyé de la Porte, au service de la Vérité, à cette énigme, tu possèdes déjà la clé.
Et si cette phrase ne s'adressait pas directement à lui...
Pour vivre, il te faudra mourir,
Pour protéger, il te faudra t'offrir,
Mais sache que la survie de ceux que tu aimes
Exigeras de ta part que tu t'oublies à toi même.
Il avait la réponse et à présent, il se tenait devant Voldemort et le reste des Mangemorts. Ce fût extrêmement difficile pour lui de ne pas lutter tant c'était inscrit dans son caractère. Néanmoins, il y parvint alors qu'ils s'emparaient de lui pour le traîner vers un cercle.
Ils n'avaient pas lié ses mains, une erreur qui aurait été fatale dans n'importe quelle autre circonstance. Mais il ne devait surtout pas se battre. Il commençait à ressentir une douleur insoutenable, sentant comme si ses entrailles se déchiraient. Pour se donner la force de surmonter cette épreuve, il s'adressa à la Vérité en lui même :
Prends et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence, toute ma volonté…
Mais permets moi de les protéger.
Reçois tout ce que j'ai, tout ce que je possède, c'est toi qui m'a tout donné et à toi je le rends.
Mais permets moi de les protéger.
Tout est à toi, dispose en selon ton entière volonté, mais donne moi le courage, cela seul me suffit.
Mais permets moi de les protéger.
Il se sentît partir et quand il rouvrît les yeux, il était dans un espace blanc.
Harry venait d'entendre l'ultimatum de Voldemort, son ton triomphal, alors qu'au même moment, ils subissaient une nouvelle coupure de magie, mais celle-ci bien plus longue. Le jeune garçon sentît ses entrailles se nouer. Il espérait de tout son cœur que Edward ne soit pas mort.
Bien peu pourraient se défendre si une nouvelle attaque devait arriver : la seule solution qui restait était qu'il se livre et meurt, pour ensuite espérer que les autres membres du Cercle survivent à la fois pour éliminer Nagini et ensuite pour tuer Voldemort. Ce dernier point risquait d'être problématique compte tenu que plus personne ne pouvait lancer de sorts avec sa baguette.
Cela avait terrifié les défenseurs au point de les faire sombrer dans un profond désespoir. Si Neville n'avait pas hurlé à ceux se trouvant à proximité d'esquiver ou de recourir à d'autres méthodes, ils se seraient laissés tuer comme des moutons livrés à l'abattoir. Son ami avait montré l'exemple en envoyant voler une hallebarde dans un crâne de Mangemort.
Alors qu'il passait parmi les rangs, Harry comptait les morts, le cœur lourd. Colin Crivey avait payé de sa vie son engagement, de même que Tonks, tuée par Bellatrix. Remus n'avait survécu que parce qu'une chute de pierre avait tué Dolohov, mais il souffrait de multiples malédictions. Lavande avait été défigurée par Grayback, le professeur Mc Gonagal avait perdu son bras mais continuait à veiller. Le professeur Rogue faisait mine d'aller bien, mais une personne observatrice aurait vu qu'il avait perdu l'usage de sa vue. Tellement de souffrances….
Il n'avait pas dit ce qu'il allait faire : il détestait les adieux. Harry avait laissé des instructions au Cercle concernant la suite des opérations. Peut-être avaient ils déjà compris ce qu'il comptait faire. Alors qu'il se dirigeait vers la forêt, il aperçût une chouette effraie mal en point se diriger vers lui. Harry ressentît un profond espoir en reconnaissant la forme de son amie.
À peine avait elle atterri que Luna redevint humaine pour éclater en sanglots dans ses bras. Comme Harry l'avait déjà deviné, Edward était parti se sacrifier à sa place. La croyant sur le point de mourir, les Mangemorts l'avaient balancée dans un coin de la forêt et elle était parvenue à se changer en chouette pour fuir et rejoindre ses amis. Quand Harry lui demanda si Edward était… Elle répondît avec une expression terrible :
« Il est au-delà de tout. »
Harry la plaça dans les bras de Neville avant de repartir pour la Forêt Interdite. Voyant les Détraqueurs et sachant que son heure était venue, il porta le Vif à ses lèvres en murmurant qu'il allait bientôt mourir.
Il ne savait pas si ses parents et Sirius étaient bien réels. Une part de lui ne pouvait s'empêcher de douter : des êtres chers chercheraient ils vraiment à l'encourager à mourir ? Était ce là un effet de la Pierre de résurrection qui visait à piéger ceux se raccrochant trop désespérément à leurs proches défunts ? Harry s'en fichait car une autre partie de lui ne voulait que du réconfort dans ses derniers moments.
Il avança ainsi, entouré de sa famille, presque serein sous sa cape d'Invisibilité. Il n'entendait que le son des feuilles qui craquaient sous ses pas. Il vît au loin des Centaures et se souvint que l'un d'eux avait été convaincu qu'il devait mourir ici. Au final, il avait eu raison…Sa destiné avait toujours été de mourir. Même Dumbledore l'avait su.
Il tentait de ne pas penser à Ginny qu'il laisserait seule, à Aletheia, qui comme lui, grandirait sans son père. Mais elle aurait des oncles et tantes, par famille ou adoption… Jamais elle ne se sentirait aussi seule et dénuée d'amour comme il l'avait été chez les Dursley. Ses amis sauraient poursuivre sans lui, à défaire Voldemort, à reconstruire un monde sorcier plus juste pour tous ses peuples. Ils y veilleraient.
Finalement, il parvint à la clairière où se tenait Voldemort et tout son camp de Mangemorts qui attendaient la fin de l'ultimatum. Mais ce qui horrifia Harry, ce fût de voir le corps d'Edward, les yeux fermés et son visage tordu par la souffrance. Dans un simulacre d'un symbole que Harry avait déjà vu sur certains de ses vêtements, il était crucifié à une croix et Nagini était enroulé autour de lui. Le tout était protégé par une puissante protection que Harry se savait incapable de briser.
Harry ne pouvait rien faire d'autre qu'accepter le sacrifice de son ami et tenter de conjurer la peine qui s'emparait de son âme en le voyant ainsi, humilié en étant transformé en le symbole de la victoire de Voldemort. Mais comme Edward, Harry avait une dernière mission à accomplir. Caché derrière un arbre, il plaça sa cape d'Invisibilité dans sa poche et la pierre dans l'autre.
Puis, avant qu'il n'ait le temps de changer d'avis et de fuir, il alla se confronter à Voldemort. Ce dernier ne perdît pas de temps avec un long discours avant de lui lancer un Avada Kedavra. Juste avant d'être touché par le sort de Mort, Harry fût frappé de voir que malgré le fait que ses traits étaient figés par la souffrance, Edward avait arboré un petit sourire.
Puis tout disparût dans une lumière verte.
Harry se trouvait dans un espace blanc, nu comme un ver et il ne sentait plus ni douleur, ni fatigue, ni inconfort. C'était, somme toute, assez reposant. La brume clair qui l'entourait, loin d'obscurcir les lieux, paraissait briller d'une lumière douce. Harry se redressa et se demanda où il pouvait bien se trouver.
Soudain, il entendît des gémissements émaner de quelque part. Pratiquement sans y penser, Harry conjura des vêtements sur lui, dans un pur souci de modestie. Autour de lui, les lieux commençaient à changer, prenant la forme d'une gare de King Cross déserte mais moins bruyante, beaucoup plus propre et belle que dans ses souvenirs. Il pouvait voir aussi un autre être dans ce lieu qui aurait dû rester désert.
Il s'approcha prudemment de la chose. Cela ressemblait à un bébé, excepté qu'un bébé aurait eu une aura d'innocence et de pureté que cette créature n'avait définitivement pas. Harry, malgré sa compassion, son envie d'aider, ne pouvait ressentir que répugnance et rejet de cette chose. Il ne désirait surtout pas la toucher.
« Tu ne peux vraiment pas l'aider, tu sais... »
Harry se retourna pour voir la silhouette familière d'Edward. Ce dernier portait son manteau rouge favori, ses cheveux nattés. Il n'y avait plus la trace des souffrances infligés par Voldemort. En fait, il semblait plutôt satisfait.
« Edward ? Est ce que je suis… mort ? »
« Et pourquoi tu tires une conclusion aussi rapide ? » Demanda son ami avec un sourire goguenard.
« Et bien… Je viens de voir ton corps crucifié avec Nagini te serrant dans ses anneaux. Si tu es mort et que je te vois ici et comme ça, alors nous sommes morts tous les deux. » Répondît Harry, très logiquement de son point de vue.
« Ne m'enterre pas si vite, s'il te plaît ! Si je devais mourir chaque fois que je visite cet endroit, je serais sans doute un pire phénomène de foire que je le suis déjà. » Edward paraissait un peu mécontent d'être considéré comme mort.
« Parce que tu vas à King's Cross ? »
« Oh, c'est ce que tu vois, toi ? Cela se tient, quelque part, un lieu de passage, comme une porte...symbolique identique, je suppose. » Dît Edward en regardant autour de lui.
« Tu es vraiment certain de ne pas être mort ? Tu es vivant ? » Demanda Harry.
« Bon, plutôt entre la vie et la mort. Pas une nouveauté, en soi... »
« Nous ne sommes pas vraiment à King's Cross. » Dît Harry.
« Non. Plutôt un lieu où on a le choix entre continuer sa route ou rebrousser chemin. Parfois tu as des emmerdeurs qui viennent te tenir un discours pour te montrer la Vérité ou des personnes venant te proposer de tailler la causette. Je pourrais avoir envoyer bouler Dumbledore à un moment. » Expliqua Edward.
« Tu as envoyé bouler le professeur Dumbledore. » Répéta Harry.
« Hum ? Oui ? Heu… Tu voulais peut-être lui parler ? Je suis certain qu'il sera ravi de t'expliquer ou de répondre à toutes tes interrogations. »
Harry y songea l'espace d'un instant. Pendant plusieurs mois, il s'était senti tourmenté par les révélations au sujet de Dumbledore. Tantôt un homme de bien, tantôt quelqu'un qui avait failli tourner mage noir, c'était difficile de se faire une idée juste d'une telle personne. Tant de voix discordantes, tant de secrets, tant de choses qu'il était curieux de savoir.
Et finalement, Harry songea que cela n'avait plus d'importance, au fond. Personne ne pouvait se vanter d'être parfait et Dumbledore avait été imparfait. Il était mort et ne pouvait plus avoir d'influence sur sa vie, sinon par les souvenirs que Harry aurait de lui. Des moments qui l'avaient modelé, mais qui n'appartenaient qu'à lui. Lui seul pouvait déterminer le poids qu'ils auraient dans sa vie.
Et Harry n'était pas certain de vouloir lui en donner plus encore.
« Non. Ça ira. Je préfère discuter avec toi. »
« Oh, je suis flatté que tu accordes tant d'importance au plaisir de ma compagnie. » Le taquina Edward avant de redevenir sérieux, voyant que Harry le contemplait d'un air grave.
« Edward ? Pourquoi t'es tu sacrifié ? Voldemort va avoir encore plus de pouvoir, à présent ! Plus personne ne peut faire de magie avec leur baguette ! Personne ne sera en mesure de lutter et... »
« Et pourtant, tu étais parfaitement capable de lancer des sorts sans ta baguette et nos amis aussi, ainsi que les quelques sorciers capables de puiser dans leur âme le pouvoir nécessaire pour utiliser la magie. J'ai toujours pensé que la baguette rend les gens paresseux. » Soupira Edward.
« Mais Voldemort... »
« Voldemort n'a fait que vous couper du flux de magie qui parcourt cette Terre. C'est l'une des définitions de la magie, tu sais : une énergie émanant de la vie et présente partout sur ce globe. Techniquement, vous faîtes partie de ce flux, mais vous êtes aussi un flux d'énergie magique à part entière. Un est Tout et Tout est Un. Tout le monde est une source de cette énergie, y compris Cracmols et Moldus, même si cette énergie ne peut s'exprimer par la magie comme vous autres. » Expliqua le jeune Alchimiste.
« Alors pourquoi tout le monde n'est pas capable de faire de la magie ? » Demanda Harry.
« Réponse courte ? Mutation et sélection naturelle. »
« Et la réponse longue ? »
« Parce que les sorciers ont muté et en évoluant, sont devenus plus habitués à puiser dans l'énergie universelle que dans leurs propres forces via des artefacts. Cela se tenait : c'est moins pénible, cela demande moins d'énergie, moins d'efforts. Je crois que vous en avez tous eu un aperçu l'an passé quand nous apprenions la magie sans baguette, ou à devenir des Animagus. C'est des actes magiques difficiles parce que cela puise en vous. Mais c'est aussi grâce à cela que vous pouvez utiliser la magie, même une fois votre accès au grand flux coupé. »
« Cela ne répond pas à ma question sur le pourquoi concernant Moldus et Cracmols incapables de faire de la magie. » Fît remarquer Harry.
« J'y viens, mais je suis fier que tu poses la question. Comme partout, il existe des personnes plus ou moins fortes en magie, tout comme il existe des personnes plus ou moins fortes physiquement, intellectuellement ou mentalement. C'est dans les gènes ou cela a eu lieu du fait de ton environnement. Cela ne signifie pas qu'on aurait moins de valeur de ce fait. Seulement... »
« Seulement ? »
« Les baguettes et autres artefacts ont un effet...paradoxal. Cela aide les personnes à accéder à l'énergie universel du moment qu'il y a une certaine quantité dans la personne. Autrement, ce serait trop risqué. Cela permet donc aux sorciers de lancer leurs sorts plus facilement. Mais cela rejette ceux considérés comme trop faibles magiquement… Excepté que ces personnes auraient pu apprendre à exploiter leur propre énergie et non celle du flux universel. Elles auraient pu devenir des sorciers à part entière, avec plus d'efforts, de temps et de volonté, certes. Mais elles y seraient parvenues. »
Harry écarquilla les yeux : cela avait le potentiel de changer… absolument tout. Mais comment Edward pouvait en être si sûr ?
« Comment le sais tu ? »
« Harry, quand je suis arrivé ici, personne ne m'avait identifié comme sorcier. C'est parce que j'ai toujours été habitué à fonctionner avec mon flux d'énergie vitale et pas celui universel. Mais j'ai appris à l'utiliser.»
C'était plus compliqué que cela, mais Edward n'avait pas l'intention d'expliquer à Harry que dans son monde, les alchimistes d'Amnestris étaient bridés. Il avait inconsciemment utilisé son énergie pour compenser l'alchimie contrôlée par l'Homonculus dans tout le pays. Il y avait une raison, après tout pour son épuisement et pas seulement le fait qu'il mangeait et dormait pour Alphonse et lui…. Ce n'était que lors du Jour Promis qu'il avait expérimenté pour la première fois une énergie saine et bien plus forte que tout ce à quoi il avait été habitué.
Mais cela, les sorciers n'auraient eu aucun moyen de le savoir. C'était seulement après être entré au contact régulièrement de personnes ayant accès au flux via la baguette comme Harry et en usant de l'alchimie dans ce monde qu'il avait pu « apparaître » sur les radars des sorciers.
« Edward ? D'où est ce que tu viens ? De quelle époque viens tu ? » Demanda Harry.
Edward oubliait parfois que Harry avait pu lire en partie la prophétie qui le concernait. Sachant qu'on le désignait comme né à la fin d'un siècle, sa question pouvait se comprendre. Fort heureusement, la Vérité lui avait accordé l'autorisation d'en révéler un peu plus.
« Je suis effectivement né en 1899, et j'ai vécu dans un endroit où il s'est passé ce que Voldemort est en train d'essayer de faire dans le tien. Vu que là d'où je viens, notre mégalomaniaque a été battu en partie par mes soins et ceux de mes amis, on a estimé que je pourrais faire potentiellement le même boulot. Oh, et peut-être aussi vous aider à changer vos façons de concevoir la magie. J'aurais apparemment une tendance… Comment dire… à chambouler les endroits par où je passe. » Expliqua Edward, même si la Vérité avait employé des termes moins diplomates.
Harry éclata d'un rire qui était clairement moqueur et Edward le rejoignît. Puis ils se calmèrent et Harry demanda :
« Qu'est ce qui s'est passé exactement, en ce qui me concerne ? »
« Et bien… Dans les grandes lignes, Voldemort avoir lancé sort de mort contre toi. Sort de mort qui a tué son propre Horcruxe comme prévu. » Répondît Edward.
« Mais est ce que cela m'a tué ? »
« Apparemment, non. Voldemort ayant apparemment pris ton sang dans lequel coulerait la protection de ta mère, cela aurait formé une sorte d'ancre qui te maintient en vie tant que lui est vivant. En gros, c'est basé sur le sacrifice de ta mère qui coule à la fois dans tes veines et dans celles de Voldemort. Tant qu'il sera en vie, tu as une chance de survie, ce qui est plutôt pratique, mais uniquement contre lui. »
« Donc, s'il avait simplement donné l'ordre à l'un de ses Mangemorts de me tuer, il aurait gagné depuis longtemps ? » Demanda Harry, abasourdi.
« Ha ha … Oui. J'adore quand les mégalomaniaques provoquent leur propre chute tout ça parce qu'ils insistent pour abattre leurs ennemis personnellement. Si je veux devenir maitre du monde un jour, rappelle moi de déléguer le boulot : ce sera moins risqué et moins fatiguant pour moi ! » Plaisanta Edward.
« Donc… Je suis en vie ? » Confirma Harry.
« Compte tenu de ce qu'il s'est passé, oui. Même si à ce stade, je n'ai honnêtement pas tout compris à l'explication, ni comment cela fonctionnerait scientifiquement...Mais oui tu es bien en vie. Mes félicitations, tu es encore en vie, ce qui signifie que tu vas quand même pouvoir te marier avec Ginny, avoir un boulot et payer tes impôts ! »
« C'est magnifique...Mais comment on va le battre à présent qu'il possède toute l'énergie magique de notre monde ? »
« Oh, si c'était le cas, nous aurions de fortes chances qu'il fasse sauter la planète parce qu'il est trop ignorant et arrogant à propos de règles à suivre. »
« Mais ce n'est pas le cas ? » Insista Harry.
L'expression de Edward devint douloureuse :
« Je me suis sacrifié, Harry, volontairement, de mon plein gré pour empêcher cela d'arriver. Il se trouve aussi que parce que je suis apparemment un habitué des sacrifices, je suis le seul capable de pouvoir contenir cette énergie sans provoquer un cataclysme. Je laisserais croire à Voldemort qu'il est au contrôle quand en réalité... »
« C'est toi qui sera au contrôle ? » S'exclama Harry, excité.
Edward éclata de rire, comme si ce qu'avait dit son ami était hilarant.
« Bien sûr que non. Un tel pouvoir ne pourrait jamais être manipulé par un simple humain et c'est ce que je suis, encore et toujours : un simple être humain. Mais je me suis sacrifié pour permettre que...quelqu'un d'autre le fasse à ma place. Pour lui permettre de rendre justice et d'empêcher qu'une telle chose se reproduise. »
« Qui ça ? » Demanda Harry, méfiant.
« Tu te souviens du cours d'alchimie de ce bon vieux Rogue ? Tu pourrais l'appeler un précepte divin comme la Nature, la Vie, la Vérité, ou Dieu… Cela restera toujours un mystère que tu ne pourras résoudre qu'en passant la Porte sans revenir… Ou dans ton cas, en prenant un train pour une destination inconnue. » Déclara Edward.
« Et cela ne te fait pas peur ? Et si cela te possédait définitivement ? »
«Je l'aurais sacrifié en pleine consciente et avec mon consentement. Mais je ne crois pas que mon corps étriqué l'intéressera... » Edward s'interrompît brutalement avant de grogner...
« Est ce que tu viens de dire que ton corps était... » Commença Harry trop ravi de l'occasion.
« LA FERME ! »
Edward redevint calme. Puis il dît :
« J'ai une demande à te faire parvenir de sa part, néanmoins, au sujet des Reliques de La Mort. Pourras tu me les confier ? »
« Pour quoi ? »
« Pour les détruire Elles ne font que semer la destruction en prétendant apporter une fausse réponse face à la Mort. Mais pour vaincre la mort, tu dois simplement accepter qu'elle fait partie de la vie de chacun d'entre nous. C'est le passage obligé pour tous nous retrouver un jour. »
Il y eut un long silence. Puis Harry déclara :
« Tu sais ce que tu me demandes. C'est la cape de mon père, la dernière chose qui reste de ma famille. Je sais qu'ils seront dans mon cœur et non pas la pâle copie offerte par la Pierre de Résurrection.»
« Je sais. »
« Je te les donnerai. Je te fais confiance. » Accepta Harry.
« Il serait peut-être temps pour toi de revenir… Joue le jeu jusqu'au bon moment. Normalement, plus aucun des nôtres ne devrait mourir. Ton sacrifice y veillera. »
« Et le tien aussi... »
« On se retrouve du bon côté ! »
« Edward ? Si tu ne voies pas King's Cross, est ce que cela signifie que ceci n'est pas réel ? »
« De par mon expérience, je peux te dire que chacun des moments que j'ai passé ici étaient très réels. Mais ne te base pas sur moi et fais confiance à ce que toi tu perçois. Nul autre que toi a le droit de penser que ce qu'il se passe en ton âme est réel ! »
Et tout s'effaça.
Et voilà, c'était le chapitre clé.
Nous approchons rapidement de la fin, à présent.
Comme d'habitude, les commentaires me font toujours plaisir, flatte mon égo, et peuvent servir comme simple remerciement si on a juste apprécié le chapitre. Ou vous pouvez laisser un pavé plein de questions, de critiques, je tâcherais d'y répondre.
Je vous souhaite un bon dimanche !
